{"id":148060,"date":"2024-04-26T15:15:03","date_gmt":"2024-04-26T13:15:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=148060"},"modified":"2024-05-01T15:51:29","modified_gmt":"2024-05-01T13:51:29","slug":"nouvelles-francoise-renaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-francoise-renaud\/","title":{"rendered":"#nouvelles | boucle 1 | fran\u00e7oise renaud"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>table des mati\u00e8res<\/strong><\/em><br><a href=\"#_installation\" data-type=\"internal\" data-id=\"#_installation\">#1 installation<\/a><br><a href=\"#_librairies\" data-type=\"internal\" data-id=\"#_librairies\">#2 librairies et libraires ador\u00e9s<\/a><br><a href=\"#_choses-perdues\">#3 perdu enseveli<\/a><br><a href=\"#4_levoyageparlaposte\">#4 le voyage par la poste<\/a><br><a href=\"#5_ubasute\">#5 ubasute<\/a><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center has-large-font-size\" id=\"_installation\"><em>1 installation<\/em><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190310-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-148061\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190310-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190310-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190310-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190310-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190310-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:21px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Dr\u00f4le de charni\u00e8re que ce deuxi\u00e8me hiver apr\u00e8s l\u2019installation dans un nouveau monde. \u00c9tag\u00e8re apr\u00e8s \u00e9tag\u00e8re les livres avaient \u00e9t\u00e9 rang\u00e9s en h\u00e2te dans des cartons couleur Kraft, entass\u00e9s en une impressionnante colonne, charri\u00e9s en brouette jusqu\u2019au camion gar\u00e9 sur la place du village o\u00f9 j\u2019habitais, transport\u00e9s sur 500 kilom\u00e8tres, d\u00e9charg\u00e9s puis stock\u00e9s dans un hangar sous un tapis berb\u00e8re et une b\u00e2che pour les d\u00e9fendre de l\u2019humidit\u00e9. Longtemps les livres sont rest\u00e9s hors vue, hors service. Longtemps les livres m\u2019ont manqu\u00e9. La plupart d\u2019entre eux avaient beaucoup compt\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9 de mon histoire \u2014&nbsp;je pense \u00e0 <em>Histoire de l\u2019\u0153il<\/em> ou <em>Une chambre \u00e0 soi<\/em> &nbsp;\u2014 au point de faire corps avec mon propre corps, et la plupart m\u2019ont servi pour grandir en vrai et en \u00e9criture. Dr\u00f4le d\u2019affaire que de les retrouver apr\u00e8s plusieurs longues saisons, les prendre chacun en main, les d\u00e9visager et les d\u00e9poussi\u00e9rer, les associer en fonction des niches et au gr\u00e9 de la configuration des rayonnages con\u00e7us pour les recevoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">J\u2019avais \u00e9crit certains noms sur le flanc des cartons. Rep\u00e8res insuffisants pour s\u2019y retrouver. Au bout d\u2019une heure le contenu de plusieurs caisses en vrac \u00e0 mes pieds r\u00e9clamant calme et patience.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Une chance finalement que d\u2019organiser un nouveau mur de livres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">S\u00fbr qu\u2019il va d\u00e9pendre de mes relations actuelles avec leurs auteurs et de mes derni\u00e8res acquisitions. Il sera bien diff\u00e9rent du pr\u00e9c\u00e9dent. Il va refl\u00e9ter le nouvel \u00e9tat de ma vie tout en laissant part belle au hasard. Certaines collections convoitent d\u00e9j\u00e0 les meilleures places. Verdier, Minuit, Corti, Verticales. Tout en haut, les polars et les vieux poches \u2014&nbsp;ceux qui lib\u00e8rent cette odeur douce\u00e2tre quand on les ouvre. Pr\u00e8s de la statue d\u2019homme bastar, la po\u00e9sie. Derri\u00e8re la chaise du bureau, les femmes, celles que je sens si proches qu\u2019elles me parlent \u00e0 l\u2019oreille quand je travaille. Woolf, Duras, Sarraute, Ernaux, Lafon \u2014&nbsp;impossible de les nommer toutes. Autant je peux disperser les hommes selon leur nationalit\u00e9 ou le genre de leurs \u0153uvres, elles demeurent ensemble envers et contre tout. Leurs textes entre eux sont devenus compagnons. Un peu excentr\u00e9e, la litt\u00e9rature de langue latine. Un rayon pour le Japon. Un autre pour les auteurs scandinaves \u00e0 l\u2019\u00e9criture sobre et percutante. D&rsquo;autres encore et puis des parties en d\u00e9sordre. Le coin pour les revues. Objets rapport\u00e9s de voyages lointains en terre cuite ou m\u00e9tal intercal\u00e9s en fonction des espaces restants \u2014&nbsp;bo\u00eetes, encriers, statues, min\u00e9raux \u2014, n\u00e9cessaires, compl\u00e9mentaires, comme une m\u00e9moire visuelle. Photographies aussi, en particulier celles de mes petits morts. Quelques beaux livres en \u00e9vidence, ceux offerts par une amie de go\u00fbt, qui viennent rompre par leur format les lignes de rangement. Les ouvrages d\u2019art vont trouver place ailleurs, dans une autre pi\u00e8ce, une autre biblioth\u00e8que. Ici, tout pr\u00e8s, seulement ceux qui parlent d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Mais elle est encore trop neuve, trop guind\u00e9e. Elle a besoin de fr\u00e9quentations, de traces d&rsquo;usure, de toiles d&rsquo;araign\u00e9e, d&rsquo;\u00e9raflures, de fouilles et de d\u00e9rangements, de jours de pluie et de d\u00e9sordre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190346-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-148062\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190346-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190346-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190346-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190346-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190346-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph\"> <em>Photographies \u00a9Fran\u00e7oise Renaud, d\u00e9but 2024<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:38px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center has-large-font-size\" id=\"_librairies\"><em>2 librairies et libraires<\/em> <em>ador\u00e9s<\/em><\/h3>\n\n\n\n<div style=\"height:23px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size wp-block-paragraph\"><em>Nantes, librairie&nbsp;sans nom, hiver 1975<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Aucun souvenir du nom du lieu ni de sa situation dans la ville. \u00c9tait-ce dans le quartier de la cath\u00e9drale ou du c\u00f4t\u00e9 de la place Graslin ? Franchement aucune id\u00e9e. En revanche je suis s\u00fbre que cette librairie \u00e9tait la premi\u00e8re que je visitais. Espace \u00e9troit et sombre, atmosph\u00e8re confidentielle et craquements de parquet. Je me souviens de la compagnie de Fabrice dit Fab, camarade de fac. Il avait tenu \u00e0 me pr\u00e9senter cet endroit connu de lui seul. Sur la table de l\u2019entr\u00e9e, quelques livres propos\u00e9s aux clients lecteurs. La table \u00e9tait pareille \u00e0 un autel, les livres \u00e0 des offrandes. On s\u2019\u00e9tait parl\u00e9 en chuchotant et personne n\u2019\u00e9tait venu nous d\u00e9ranger. On avait feuillet\u00e9 avec d\u00e9licatesse, on n\u2019avait pas d\u2019argent pour acheter, on n\u2019avait rien vol\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size wp-block-paragraph\"><em>Montpellier, librairie Moli\u00e8re, fin 1997<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Proche de la Com\u00e9die, en haut de la rue des \u00c9tuves, cette librairie \u00e9tait devenue c\u00e9l\u00e8bre pour sa cave o\u00f9 se d\u00e9roulaient des rencontres avec les \u00e9crivains, bond\u00e9e souvent. C\u00e9l\u00e8bre aussi pour Jean et Fanette qui la tenaient avec amour et bienveillance. Le local s\u2019\u00e9tendait en profondeur et, malgr\u00e9 son \u00e9troitesse, on r\u00e9ussissait \u00e0 se perdre dans le d\u00e9dale des rayonnages tant ils \u00e9taient resserr\u00e9s et hauts \u00e0 toucher le plafond. L\u00e0 aussi, du bon vieux plancher sous les pieds. L\u2019odeur de papier oxyd\u00e9 et de calcaire humide m\u2019est rest\u00e9 et j\u2019aimais cette fa\u00e7on qu\u2019ils avaient l\u2019un et l\u2019autre de prendre les livres entre leurs mains, d\u2019en caresser la couverture, de les ouvrir tout en parlant de l\u2019intrigue et en vantant la mani\u00e8re. Jean, \u00e9crivain lui-m\u00eame, portait une attention particuli\u00e8re aux jeunes auteurs. Il m\u2019avait invit\u00e9e pour mon premier roman. Toujours il parlait avec une voix douce et se montrait encourageant. Quelques jours avant de mourir il m\u2019avait t\u00e9l\u00e9phon\u00e9, il avait dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Laisse-moi parler, je n\u2019ai plus beaucoup de force&nbsp;\u00bb. Dans cet instant grave, j\u2019avais \u00e9cout\u00e9 ses mots qui parlaient d\u2019effort, de r\u00e9sistance et de t\u00e9nacit\u00e9. Ce lieu dans la ville o\u00f9 j\u2019ai v\u00e9cu pas loin de quarante ans, est fix\u00e9 dans ma m\u00e9moire, indissociable de ces deux amoureux de litt\u00e9rature qui tenaient leur monde comme une chocolaterie, voire une bijouterie. Une fois Jean parti de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, la librairie est devenue magasin de v\u00eatements et plus personne n\u2019avait le c\u0153ur de passer devant pour se rendre \u00e0 Saint Denis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size wp-block-paragraph\"><em>Montpellier, librairie Rouchal\u00e9ou, 2006<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Un fourre-tout de livres d\u2019occasion ins\u00e9r\u00e9 entre une banque et un grand magasin boulevard Jeu de Paume. J\u2019y passais en rentrant chez moi dans le quartier Figuerolles. La boutique \u00e9tait en d\u00e9sordre et g\u00e9n\u00e9reuse en propositions pas ch\u00e8res. Le g\u00e9rant, \u00e0 demi cach\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et absorb\u00e9 dans un \u00e9cran, levait \u00e0 peine les yeux quand quelqu\u2019un entrait. Toujours des habitu\u00e9s. Et m\u00eame qu\u2019il devait \u00eatre propri\u00e9taire, le fonds ayant appartenu \u00e0 son p\u00e8re, d\u2019o\u00f9 le nom donn\u00e9 \u00e0 la librairie, et il connaissait \u00e0 fond la peinture r\u00e9gionale. Il avait une voix tr\u00e8s douce et me mettait de c\u00f4t\u00e9 les romans japonais, \u00e0 l\u2019occasion m\u2019invitait \u00e0 d\u00e9couvrir des ouvrages de peinture. D\u2019ailleurs je lui dois la rencontre avec les s\u0153urs Richarme. Quelques ann\u00e9es plus tard, j\u2019\u00e9crirai une biographie sur l\u2019artiste qu\u2019avait \u00e9t\u00e9 leur m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size wp-block-paragraph\"><em>Le Somail, Le Trouve-tout du livre, 2012<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">On y arrive par le chemin qui longe le canal du Midi. Poussi\u00e8re et vent dans les arbres. La lourde porte de l\u2019ancienne cave viticole est entrouverte. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur c\u2019est une caverne immense, un univers en marge. Apr\u00e8s le chaud du dehors, l\u2019atmosph\u00e8re y est fra\u00eeche. On y perd la notion du temps, on a le sentiment d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9 des temp\u00eates. Depuis la mezzanine on d\u00e9couvre le ventre de la librairie, large, opulent, explor\u00e9 par les vacanciers et les voyageurs en p\u00e9niche. 50&nbsp;000 livres anciens. J\u2019y d\u00e9niche <em>Le livre de l\u2019intranquillit\u00e9<\/em> volume II, Christian Bourgois \u00e9diteur 1992. Pas de majuscules aux titres en couverture. Il est recouvert d\u2019une enveloppe plastique et porte le num\u00e9ro 3047.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size wp-block-paragraph\"><em>La Souterraine, Librairie L\u2019apothicaire, d\u00e9cembre 2024<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Dehors l\u2019hiver et la petite ville d\u00e9serte. J\u2019ai franchi le raidillon au long de l\u2019immense \u00e9glise en granit noir et suis entr\u00e9e dans le magasin \u00e0 14 h 30 tapantes. Cinq minutes plus tard, les petites pi\u00e8ces se sont remplies de monde. Ancienne pharmacie herboristerie. Encore les grands casiers en bois o\u00f9 \u00e9taient m\u00e9ticuleusement rang\u00e9s les pots d\u2019herbes et de fleurs s\u00e9ch\u00e9s et une odeur ind\u00e9finissable \u00e0 la fois piquante et sucr\u00e9e. Un charme in\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:53px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\" id=\"_choses-perdues\"><em>3 perdu enseveli<\/em><\/h3>\n\n\n\n<div style=\"height:39px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-normal-font-size\">choses perdues, ensevelies \u2014 peut-\u00eatre \u00e0 jamais \u2014 bon sang qu\u2019est-ce qu\u2019on aurait bien pu perdre en route et jamais retrouver, tout ce mal qu\u2019on se donne \u00e0 fouiller l\u2019histoire loin de soi \u00e0 partir de l\u2019enfance, \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter de ne rien d\u00e9nicher de particulier qui manquerait aujourd\u2019hui, sans doute parce qu\u2019on n\u2019a jamais rien poss\u00e9d\u00e9 en dehors de quelques coquillages rapport\u00e9s de la plage, d\u2019un ballon d\u00e9gonfl\u00e9 et d\u2019une poussette bricol\u00e9e pour promener des poup\u00e9es de chiffon h\u00e9rit\u00e9es d\u2019une cousine jusqu\u2019\u00e0 ce que la vie prenne un autre virage. Alors quitter le domaine des objets, des petites possessions mat\u00e9rielles, pour se tourner du c\u00f4t\u00e9 des sens, des odeurs, des d\u00e9cors, l\u00e0 o\u00f9 quelque chose palpite encore, ensabl\u00e9 ou tapi dans le fourr\u00e9, quelque chose d\u2019unique qui serait pass\u00e9 par le corps et ensuite aurait disparu. Et non, on ne le retrouverait pas parce que d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9 et personnages d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, quelque chose de d\u00e9finitif, quelque chose d'impossible \u00e0 reconstituer sinon avec des lettres qui s\u2019assembleraient en mots, et puis<br><br>\u00e7a s\u2019annonce peu \u00e0 peu, \u00e7a se fait tirer par les cheveux, on guette, \u00e7a vient comme une ligne fragile sur l\u2019horizon au lever du soleil, juste une ligne vibrante derri\u00e8re laquelle hurlent des \u00e9motions jamais signifi\u00e9es <br>et on en aurait peut-\u00eatre jamais rien su si on n\u2019avait pas fouill\u00e9, ou alors<br><br><\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">la bo\u00eete aux 6 petits suisses<br> la voix d\u2019\u00c9dith<br> le chien sage assis devant la ferme de la Corbeilli\u00e8re<br> les grandes mar\u00e9es au Pr\u00e9 aux Goths<br> la promenade sur le m\u00f4le<br> le visage du p\u00e8re dans les derniers temps<br> le pr\u00e9 de la tante Marie<br> la flore des grands chemins<br> la maison de Maurice Freulon<br> le cheval de bois sans t\u00eate<br> les rivages de Parangtritis<br> la librairie sans nom<br> les ruines de Montferrand \u00e9mergeant des falaises<br> les lettres de Freiburg im Breisgau<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:52px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">et maintenant laquelle de ces pistes emprunter pour me relier \u00e0 l\u2019une ou l\u2019autre de ces figures de chair ou de pierre qui sont pos\u00e9es au bord du chemin telles des st\u00e8les par endroits patin\u00e9es ou couvertes de lichens, j\u2019\u00e9vite de choisir et m\u2019oriente naturellement vers cette absence, l\u2019absence de l\u2019enfant qui aurait d\u00fb grandir et se comporter comme tous les autres enfants, vers cette douleur de la perte, vers l\u2019\u00e9rosion fatale des souvenirs \u2014&nbsp;oui trop longtemps que \u00e7a s\u2019est pass\u00e9 et j\u2019\u00e9tais si petite&nbsp;\u2014, d\u2019ailleurs \u00e0 chaque fois je vais visiter sa tombe, je rel\u00e8ve les dates aux deux bouts de sa vie 1950-1960 et je calcule quel \u00e2ge elle aurait aujourd\u2019hui, inimaginable, et ce qui me trouble alors que sa figure rena\u00eet, t\u00eate ronde orn\u00e9e de boucles retenues par un ruban blanc, c\u2019est l\u2019absence totale de vision de son corps de petite fille, je ne la revois pas en train de jouer ni de manger son go\u00fbter, je ne la vois qu\u2019allong\u00e9e dans son lit blanc dans les derniers temps, dans les temps o\u00f9 le souffle traversait encore sa poitrine, et je cherche sa voix, rien ne vient, je cherche encore, mais o\u00f9 est donc all\u00e9 se cacher le son de sa voix, un peu rauque sans doute et d\u00e9form\u00e9 par sa langue qui ne voulait pas rester en place dans sa bouche, ou alors ne poussait-elle que des cris et peu de mots \u2014&nbsp;&nbsp;il faut que je me tourne sans tarder vers sa m\u00e8re qui est aussi la mienne, encore vivante, dont la m\u00e9moire envers son a\u00een\u00e9e est infaillible et aussi tranchante que l\u2019amour qu\u2019elle nourrissait pour elle et aussi pr\u00e9cise et longue que la douleur de la perdre&nbsp;\u2014, et bien s\u00fbr la voix est aussi absente des photographies et c\u2019est quelque chose de cruel, je n\u2019en avais jamais pris conscience, ma s\u0153ur n\u2019\u00e9tait pas muette pourtant, elle \u00e9tait si douce \u00e0 ce que racontent les gens et elle devait raconter des petites choses toutes simples et avoir des murmures de moineau, alors voil\u00e0 o\u00f9 j\u2019en suis avec ce fardeau qui<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\" id=\"4_levoyageparlaposte\"><em>4 le voyage par la Poste<\/em><\/h3>\n\n\n\n<div style=\"height:42px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Les livres s\u2019associent avec d\u2019autres livres, s\u2019empilent, se confondent, finissent par se perdre dans la mar\u00e9e des livres sauf s\u2019ils se distinguent par leur couleur de couverture ou leur \u00e9paisseur singuli\u00e8re ou au contraire leur format si petit qu\u2019ils doivent \u00eatre rang\u00e9s \u00e0 part. Une question de g\u00e9om\u00e9trie, de s\u00e9dimentation. Mais il n\u2019y a pas eu de livres au d\u00e9but de ma vie ou si peu. Rien de notable sinon ceux dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 comme les seize volumes de Tout L\u2019Univers, l\u2019encyclop\u00e9die s\u00e9rie rouge des seventies, ou <em>L\u2019Allumeur de r\u00e9verb\u00e8res<\/em>, gros livre brun avec gravures offert \u00e0 mon p\u00e8re en r\u00e9compense \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Comment puis-je choisir dans le si peu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Je fouille ma m\u00e9moire-biblioth\u00e8que d\u2019o\u00f9 rien n\u2019\u00e9merge, encore des choses qui se seraient perdues dans la masse confuse des mati\u00e8res et des odeurs, des choses impossibles \u00e0 retrouver et m\u00eame \u00e0 identifier \u2014&nbsp;j&rsquo;aurais d\u00fb mieux relever les choses pendant que je vivais. Maintenant je cherche, me d\u00e9sesp\u00e8re, m\u2019accroche \u00e0 la description de ces corps de papier, \u00e0 leurs texture, odeur, couleur des dos, jauni des tranches. Lequel retenir&nbsp;? Des livres cristallis\u00e9s dans le souvenir, m\u00e9tamorphis\u00e9s telles des g\u00e9odes d&rsquo;am\u00e9thyste ou de marcassite. Des livres d\u00e9pouill\u00e9s de leur histoire \u2014&nbsp;histoire aspir\u00e9e d\u00e9sapprise&nbsp;\u2014, finalement de peu d\u2019importance parce qu\u2019au fond, c\u2019est leur compagnie qui a compt\u00e9 bien plus que ce qu\u2019ils racontent, leur douceur sous la main, leur pr\u00e9sence longue dans le temps et dans nos solitudes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Ce livre-l\u00e0 m\u2019a fait un effet tr\u00e8s sp\u00e9cial quand je l\u2019ai trouv\u00e9 dans ma bo\u00eete aux lettres \u2014&nbsp;et voil\u00e0 que je retombe sur lui encore une fois&nbsp;\u2014, mais quoi m\u2019a s\u00e9duite d\u2019embl\u00e9e et m\u2019a presque prise \u00e0 la gorge quand j\u2019ai d\u00e9fait l\u2019enveloppe en papier Kraft, et puis dedans il y avait un \u00e9tui cadeau \u00e0 motifs incarnats avec des cordons en ruban blanc o\u00f9 il \u00e9tait bien prot\u00e9g\u00e9, et quoi m\u2019est rentr\u00e9 dans le corps sit\u00f4t que je l\u2019ai sorti de l\u2019\u00e9tui pour que je mette \u00e0 le ch\u00e9rir autant, vite ab\u00eem\u00e9 \u00e9corn\u00e9 gondol\u00e9 parce que trimball\u00e9 \u00e0 travers la maison et m\u00eame emport\u00e9 au jardin, une sorte de possession dans le toucher, la couverture \u00e9paisse avec minuscules stries d\u00e9tectables sous la pulpe des doigts, le papier confortable pas trop blanc agr\u00e9able au toucher, la graphie, la disposition des paragraphes, l\u2019\u00e9lan du texte \u00e0 travers le feuillet\u00e9 des pages, la folie qui prend \u00e0 le lire \u2014&nbsp;et pourtant rien \u00e0 voir avec le r\u00e9cit lui-m\u00eame&nbsp;\u2014, enfin toute l\u2019\u00e9motion ramass\u00e9e au fil du long voyage du livre vers moi, dans l\u2019attention de la personne qui l\u2019avait choisi expr\u00e8s pour moi, l\u2019avait achet\u00e9 dans une librairie, envelopp\u00e9 d\u2019un si beau papier puis rang\u00e9 dans un colis pour l\u2019emporter au bureau de poste et me l\u2019adresser avec toutes ses pens\u00e9es, cet acte d\u2019offrir qui l\u2019a rendu si particulier au point qu\u2019il s\u2019est enfonc\u00e9 dans ma chair avec tout son poids d\u2019ombres et de miracles<br>r\u00e9veillant le d\u00e9sir de lire<br>d\u2019\u00e9crire<br>un d\u00e9sir fragile et inquiet pareil \u00e0 un petit animal enferm\u00e9 par m\u00e9garde dans un cellier ou une cabane de jardin qui chahute toute la nuit pour qu&rsquo;on l&rsquo;en d\u00e9livre.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:34px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\" id=\"5_ubasute\"><em>5 ubasute<\/em><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190419-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-150914\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190419-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190419-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190419-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190419-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/P1190419-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:52px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">D\u00e9sormais l\u2019\u00e2ge la prend, elle sait qu\u2019il est temps, elle sait qu\u2019elle doit d\u00e9cider, partir, s\u2019extraire de la vie quotidienne pour l\u2019ultime vie. Aborder le d\u00e9pouillement. L\u00e2cher l\u2019esp\u00e9rance du terrestre. Elle regarde le grand jardin autour de la maison dont l\u2019homme s\u2019occupait, ratissait avec soin les all\u00e9es. S\u2019en d\u00e9tache. Pense au grand jardin de montagne dans lequel elle veut se perdre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\"><br>Ubasute. Elle conna\u00eet la pratique mythique. Elle la r\u00e9clame \u00e0 son fils \u00e0 pr\u00e9sent, en silence. Depuis plusieurs mois elle y pense. Mais il y a les livres autour d\u2019elle, beaucoup de livres, des couvertures du noir dense au bleu p\u00e2le en passant par le blanc. Des murs de livres. Et ce sont eux, les livres, qui la retiennent encore. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\"><br>Elle en prend un, puis un autre. Elle veut n\u2019en choisir qu\u2019un seul. Elle veut qu\u2019il contienne tout ce qui a compt\u00e9&nbsp;: la beaut\u00e9 des fleurs, l\u2019intensit\u00e9 du blanc de la neige. Elle veut qu\u2019il contienne toutes les sortes de vents et de parfums, les odeurs piquantes des \u00e9motions, l\u2019amour de la m\u00e8re pour le fils, l\u2019ac\u00e9r\u00e9 de la solitude. Elle veut qu\u2019il contienne les bruits de la terre du levant au couchant et les chants de la nuit apr\u00e8s une soir\u00e9e chaude. Quand elle aura trouv\u00e9 le livre, elle pourra le dire au fils, fixer le jour avec lui. Une promesse qu\u2019il doit lui faire parce que la vie la quitte chaque soir un peu plus. Et elle sait o\u00f9 elle veut qu\u2019il la conduise, elle a rep\u00e9r\u00e9 le lieu, elle le guidera quand il la prendra sur son dos avec le livre qu\u2019elle pourra serrer dans ses mains. Et le jour est arriv\u00e9. Elle est sur son dos. Ils avancent sur le flanc de la montagne. La vie d\u2019ici-bas s\u2019\u00e9pure, se tasse dans la vall\u00e9e, demeure avec les hommes et les femmes des villages. La m\u00e8re et le fils qui la porte s\u2019\u00e9l\u00e8vent, atteignent rapidement le seuil de la neige et reconnaissent la cabane dans la fissure au bord de la for\u00eat. La nuit sera dense et froide. Ensuite il partira.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:20px\">Derni\u00e8re station. Deux randonneurs marchent dans la neige fra\u00eeche. Ils sont bien \u00e9quip\u00e9s pour le froid. Ils ne vont pas la remarquer, elle couch\u00e9e sur le lit de branches, ensevelie. Ils voient juste le livre pos\u00e9 sur le banc \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la cabane. Un livre l\u00e0, inattendu. Ils en reviennent au commencement du livre apr\u00e8s avoir lanc\u00e9 le feu pour se r\u00e9chauffer. L\u2019un d&rsquo;eux d\u00e9cide d&rsquo;en faire lecture \u00e0 l\u2019autre dans la lumi\u00e8re des flammes. L\u2019un tourne les pages du livre tandis que l\u2019autre nourrit le feu de b\u00fbches jusqu\u2019\u00e0 la toute fin de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em>Photographie \u00a9Fran\u00e7oise Renaud, au jardin, janvier 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>table des mati\u00e8res#1 installation#2 librairies et libraires ador\u00e9s#3 perdu enseveli#4 le voyage par la poste#5 ubasute 1 installation Dr\u00f4le de charni\u00e8re que ce deuxi\u00e8me hiver apr\u00e8s l\u2019installation dans un nouveau monde. \u00c9tag\u00e8re apr\u00e8s \u00e9tag\u00e8re les livres avaient \u00e9t\u00e9 rang\u00e9s en h\u00e2te dans des cartons couleur Kraft, entass\u00e9s en une impressionnante colonne, charri\u00e9s en brouette jusqu\u2019au camion gar\u00e9 sur la place <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-francoise-renaud\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#nouvelles | boucle 1 | fran\u00e7oise renaud<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-francoise-renaud\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#nouvelles | boucle 1 | fran\u00e7oise renaud<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":149,"featured_media":148062,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5736,5737,5795,5837,5862,5902],"tags":[2401,5802,5803,5885,5907,5906],"class_list":["post-148060","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles-1","category-01-ranger-ses-livres","category-02-histoire-de-mes-librairies","category-03-schalansky-inventaire-de-choses-perdues","category-04-le-livre-dans-sa-materialite","category-05-4-stations-pour-un-livre","tag-bibliotheque","tag-installation","tag-livres-compagnons","tag-memoire-des-livres","tag-ubasute","tag-un-livre-avec-soi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148060","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/149"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=148060"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/148060\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/148062"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=148060"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=148060"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=148060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}