{"id":148569,"date":"2024-04-29T12:56:44","date_gmt":"2024-04-29T10:56:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=148569"},"modified":"2024-04-29T12:56:46","modified_gmt":"2024-04-29T10:56:46","slug":"nouvelles-juliette-derimay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-juliette-derimay\/","title":{"rendered":"#nouvelles | Juliette Derimay | Khayy\u00e2m"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"577\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LivresTranche-1024x577.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-149092\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LivresTranche-1024x577.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LivresTranche-420x237.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LivresTranche-768x432.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LivresTranche-1536x865.jpeg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LivresTranche-2048x1153.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LaPetiteNouvellePDF4.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 LaPetiteNouvellePDF4.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-b8ee49b6-3ad9-45a0-9d5d-c79b3df060d5\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LaPetiteNouvellePDF4.pdf\">LaPetiteNouvellePDF4<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/LaPetiteNouvellePDF4.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-b8ee49b6-3ad9-45a0-9d5d-c79b3df060d5\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><strong>Table des mati\u00e8res<\/strong><br><a href=\"#proposition1\" data-type=\"internal\" data-id=\"#proposition1\">1 &#8211; Sur l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re<\/a><br><a href=\"#proposition2\">2 &#8211; Librairies sur carte<\/a><br><a href=\"#proposition3\">3 &#8211; Les pierres de Calanais<\/a><br><a href=\"#proposition4\">4 &#8211; Le tr\u00e8fle \u00e0 quatre feuilles<\/a><br><a href=\"#proposition5\">Khayy\u00e2m<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition1\">1 &#8211; Sur l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re<\/h2>\n\n\n\n<p>Non, pas une biblioth\u00e8que, une biblioth\u00e8que c\u2019est pour les livres avec du texte, des mots, des phrases, des \u00e9critures, des petits signes sombres sur du papier tr\u00e8s clair. Du noir sur blanc. Mais toi tu veux surtout du noir et blanc, des images et pas seulement du texte. La biblioth\u00e8que, c\u2019est pour les livres broch\u00e9s, ceux qu\u2019on ach\u00e8te tout de suite parce qu\u2019on ne peut pas attendre, ou ceux qui sont sortis \u00e0 si peu d\u2019exemplaires que jamais ils n\u2019auront le format d\u2019en dessous, celui des livres de poche ou des fameux Pl\u00e9iades de tes anniversaires qui sont de la m\u00eame taille que ces livres pochis\u00e9s. Les livres avec du texte resteront tranquillement dans la biblioth\u00e8que, toi, tu veux une \u00e9tag\u00e8re pour les livres de photos. Pour les images. Ceux-l\u00e0 sont toujours bien trop grands, bien trop larges, bien trop longs, avec beaucoup trop de pages, trop lourds, et surtout, tu aimes bien davantage voir leurs belles couvertures plut\u00f4t que leurs sobres dos. \u00c9videmment, tu en as beaucoup trop pour les mettre tous de face, tous couverture visible, alors il faut que ce soit un peu chacun son tour. Pour la place de choix, ce sera \u00e9videmment en fonction des envies, des humeurs, des coups de t\u00eate et des d\u00e9mangeaisons. Peut-\u00eatre de tes projets. Pour les autres, des casiers tr\u00e8s profonds pour les livres paysages, on ne verra que les dos, il suffira d\u2019attendre pour peut-\u00eatre en voir plus s\u2019ils ont enfin la chance d\u2019\u00eatre sur le lutrin. Hauteur et profondeur, les plus grands que tu aies pourraient donner le ton, tous les casiers pareils. Non, pas malin \u00e7a, tu peux aussi faire un casier plus petit ou plus large et moins haut, aussi un sp\u00e9cialement con\u00e7u pour les revues et donc plus de casiers. Un moins profond peut-\u00eatre, avec un fond en faux qui serait en retrait. Les casiers ce sera bien pour les garder bien droits, \u00e9viter qu\u2019ils ne tombent, se d\u00e9forment, s\u2019arrondissent. Et qui dans les casiers&nbsp;? les noirs et blancs ensemble, paysages et nature, photo de rues, b\u00e2timents&nbsp;? Ou d\u2019apr\u00e8s les auteurs, les gens que tu connais, les amis, les copains, ou juste les connaissances crois\u00e9es une ou deux fois au coin d\u2019un festival ou d\u2019une expo photo&nbsp;? Rien que du compliqu\u00e9 quand dans certains bouquins, tout va \u00eatre m\u00e9lang\u00e9 pour les r\u00e9trospectives ou pour les collectifs, les catalogues d\u2019expo. Alors un autre classement, couleur de couverture, hauteur ou \u00e9paisseur et puis se d\u00e9brouiller pour y retrouver son livre, qu\u2019il y ait une logique, m\u00eame si elle est sp\u00e9ciale et ne convient qu\u2019\u00e0 toi. Ou bien chronologique pour voir l\u2019\u00e9volution depuis les chambres immenses et les plaques de verre jusqu\u2019au plat num\u00e9rique, voir le t\u00e9l\u00e9phonique. Oui mais o\u00f9 les classer ceux qui reviennent maintenant au collodion humide ou \u00e0 la plaque de verre&nbsp;? Et puis le choix du bois, couleur claire ou fonc\u00e9e, les livres de photos sont souvent color\u00e9s, ou bien noirs ou bien blancs. Le grand classique en ch\u00eane, du sapin bien moins cher ou m\u00eame du noyer, ou bien plusieurs essences en fonction des parties, le planches ou les montants, les renforts, le lutrin. Il faudra faire des plans, penser aux assemblages pour \u00eatre d\u00e9montable, remontable sans soucis, sans vis qui ne tiennent plus ou parois qui gondolent. Commencer d\u00e8s tout de suite par mesurer les livres, ceux que tu as d\u00e9j\u00e0, si l\u2019un d\u00e9passe un peu ce sera pas si grave, tant que c\u2019est dans le bon sens, mais quand m\u00eame garder tout le monde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chacun des casiers pour \u00e9viter quand m\u00eame que \u00e7a ait l\u2019air tordu, vraiment trop mal fichu. Tu devrais quand m\u00eame peut-\u00eatre commencer par en ajouter un, enfin acheter ce livre que tu as vu l\u00e0-bas, celui qui est tout rempli de photos magnifiques de belles biblioth\u00e8ques<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition2\">2 &#8211; Librairies sur carte<\/h2>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.google.com\/maps\/d\/edit?mid=1Y0MTjo5vfZ3KPywFWPOb5Cx3YQBawEA&amp;usp=sharing\">Carte Google pour suivre les textes<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Furet du Nord, Grand\u2019 Place, Lille<\/em><br>C\u2019\u00e9tait il y a longtemps, un souvenir un peu flou, lecture de mots peut-\u00eatre, de dessins plus s\u00fbrement, des bulles, des cases, des couleurs et de ces personnages dont tu r\u00e9p\u00e9tais les r\u00e9pliques dans la cour de l\u2019\u00e9cole \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9. Tu aurais partag\u00e9 si volontiers les aventures&nbsp;: il suffirait simplement qu\u2019ils aient une case en trop et elle serait pour toi. Un chose \u00e9tait s\u00fbre, plus grande tu aurais une mouette et puis des espadrilles, comme le Gaston de Franquin et tu saurais dessiner comme ce voisin de classe, sp\u00e9cialiste des Tuniques Bleues, mais seulement de profil, de face c\u2019\u00e9tait trop dur. Allong\u00e9s sur le ventre avec les pieds emm\u00eal\u00e9s qui battent la mesure des pages et des histoires, se crispent o\u00f9 se d\u00e9tendent ou bien parfois se figent, c\u2019\u00e9tait il y a longtemps et la dame de la librairie vous demandait juste de vous pousser un peu quand vous g\u00eaniez le passage<\/p>\n\n\n\n<p><em>La librairie de Laguiole, 1 bis Rue du Valat, Laguiole<\/em><br>C\u2019est une ville qui a un nom de couteau. Le couteau avec les rivets qui font une croix sur le manche, avec l\u2019abeille sur le fermoir, le couteau pour trancher dans le b\u0153uf d\u2019Aubrac, pour \u00e9plucher les patates et couper le fromage de l\u2019aligot. Une ville qui sent davantage le grill\u00e9, le rissol\u00e9, le mijot\u00e9 et le saisi \u00e0 feu vif que le verbe d\u2019antan. Et pourtant. Dans une petite rue \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la place des couteliers il y a une librairie. Toute petite, sombre, blottie presque invisible au fond d\u2019un renfoncement, presque sous un escalier mais avec plus de livres que de cartes postales. Et une libraire qui lisait ce jour-l\u00e0, assise derri\u00e8re sa caisse. Une libraire qui lit c\u2019est toujours bon signe : on n\u2019est pas dans la pharmacie qui ne vend plus que des cr\u00e8mes de jour. Alors je suis entr\u00e9e et comme je ne cherchais rien j\u2019ai trouv\u00e9 ce que je voulais. Pour payer il faut sortir avec le terminal pour les cartes, le lever bien haut au milieu de la rue, et attendre. \u00c7a permet de prolonger la discussion en grands cercles excentriques tout autour de ce livre qu\u2019on vient de se choisir<\/p>\n\n\n\n<p><em>Librairie du Renard, 8 rue de l\u2019\u00e9glise, Paimpol<\/em><br>Ta librairie d\u2019escale, de pause entre deux stages. Du bleu, du blanc, des poissons et des bateaux, ou des choses plus color\u00e9es, toujours une vitrine affriolante, vacanci\u00e8re, enfantine, jamais aust\u00e8re. Et pour les livres avec du texte et moins d\u2019images, c\u2019est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Dans le fond de la librairie, plus au calme, trouver de quoi lire, pas trop gros et pas trop cher parce qu\u2019ensuite on va avoir un peu de temps, sur la chaise en plastique du lavomatic pendant que la lessive tourne, dans une chaude odeur de frais. Quand le linge sera sec, quitter le lavomatic pour un banc sur le port et finir le bouquin ou au moins le chapitre avant de repartir sur un autre bateau, avec du linge tout propre et une t\u00eate toute neuve, toute remplie de lecture<\/p>\n\n\n\n<p><em>Librairie Le Bleuet, rue Saint-Just, Banon<\/em><br>Il fallait partir t\u00f4t, emmener de l\u2019eau et la bo\u00eete pour les fromages. Parce qu\u2019on faisait le grand tour, aller par le col du N\u00e9gron et retour par le col de L\u2019homme Mort. Ou l\u2019inverse, histoire de faire une vraie balade, mais quand m\u00eame, sans trop trainer dans la descente, \u00e0 cause des fromages. Il restait quand m\u00eame un peu de temps pour se perdre au frais dans les \u00e9tages, s\u2019arr\u00eater sur les piles pos\u00e9es sur les marches es escaliers, faire de grandes d\u00e9couvertes tout en bas des rayons, faire une pause bd en haut de l\u2019escalier en colima\u00e7on, penser au petit neveu et passer au rayon albums jeunesse, feuilleter plus longtemps que n\u00e9cessaire, juste pour les couleurs, les dessins et les histoires simples et belles, alors \u00ab&nbsp;qu\u2019on avait pas tout \u00e7a quand nous on \u00e9tait petits&nbsp;\u00bb, ramener quand m\u00eame un livre de cuisine, mais cuisine proven\u00e7ale, en pensant \u00e0 Tata Rose et puis quand m\u00eame payer, tout caser dans le sacs pour ne rien abimer sans pour autant avoir un coin dur dans les c\u00f4tes. Puis passer aux fromages en jetant un long coup d\u2019\u0153il \u00e0 la fa\u00e7ade de bois et repartir ensuite, tout en se rassurant, aller, maintenant, \u00e7a descend&nbsp;! Mais le soir en rentrant, on s\u2019endormait trop vite, les yeux se fermaient tout seuls bien avant qu\u2019on ait pu se plonger pour de bon dans ce qu\u2019on venait d\u2019acheter<\/p>\n\n\n\n<p><em>Accrolivres, 16 rue Gambetta, Albertville<\/em><br>Une fois pouss\u00e9e la porte on sait qu\u2019on est bien l\u00e0 o\u00f9 il faut que l\u2019on soit, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019odeur du chien, surtout les jours de pluie. Il est toujours couch\u00e9 juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la caisse, sous le rayon polar, plu tout jeune et tranquille, mais presque indispensable, une pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9 de cette librairie qui a chang\u00e9 de lieu au moins trois ou quatre fois depuis que tu la connais, toujours dans le m\u00eame quartier, toujours un peu plus grand, un peu mieux \u00e9clair\u00e9. Tu aimes cette libraire parce qu\u2019elle est bien rang\u00e9e&nbsp;: litt\u00e9rature d\u2019abord, le reste tout au fond ne sera accessible qu\u2019apr\u00e8s tous les grands noms de la litt\u00e9rature, et tout \u00e7a bien rang\u00e9 par ordre alphab\u00e9tique. Enfin, le plus souvent par ordre alphab\u00e9tique, parce qu\u2019au d\u00e9tour d\u2019une pile, d\u2019un montant vertical ou d\u2019un bouquin pench\u00e9 qui pleure son voisin parti se faire lire ailleurs, on tombe dans l\u2019ab\u00eeme de ne plus avoir le E quand on voudrait Ernaux. C\u2019est parfois l\u2019occasion de tomber sur du rare, un peu jaune, plus tout jeune, sur un petit volume qui vous fait un clin d\u2019\u0153il et puis de repartir bizarrement plus charg\u00e9 que ce qui \u00e9tait pr\u00e9vu<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition3\">3 &#8211; Les pierres de Calanais<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Inventaire de quelques choses disparues<br>1 - Le chocolat Delespaul<br>2 - Les \u00e9chouages \u00e0 quai \u00e0 Tr\u00e9beurden<br>3 - Les cavales du Trieux<br>4 - Le dossier du tuyau<br>5 - Le vieux tilleul devant la bergerie du Monmon<br>6 - Le myst\u00e8re du th\u00e9or\u00e8me de Fermat<br>7 - Les photos de Berlin<br>8 - Le dernier des carnets d\u2019avant la fin du monde&nbsp;<br>9 - Les voix d\u2019Achille et de L\u00e9one&nbsp;<br>10 - La recette des croquets aux amandes de Tata Rose<br>11 - Le dessin \u00e0 la plume de la chouette hulotte<br>12 - Le Mamiya 135<br>13 - Le pourquoi et le comment des pierres de Callanish<br>14 - La serrure qui va avec la grosse cl\u00e9<br>15 - Le d\u00e9partement du Nord<br>16 \u2013 Les Ruba\u00efyat d\u2019Omar Khayyam dans la petite version format carnet \u00e0 10 francs avec sa couverture si us\u00e9e qu\u2019on ne pouvait m\u00eame plus lire le titre<\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Calanais (Callanish) standing stones<\/strong>&nbsp;<br><em>L\u2019\u00eele de Lewis et Harris dans les H\u00e9brides ext\u00e9rieures en \u00c9cosse abrite plusieurs sites m\u00e9galithiques dont le plus important se situe \u00e0 proximit\u00e9 de Callanish (Calanais en ga\u00e9lique). Ce site principal comporte un cercle central form\u00e9 de 13 pierres pour un diam\u00e8tre de 13 m\u00e8tres. D\u2019autres pierres moins hautes forment une double rang\u00e9e vers le nord de 83 m de long, et des lignes simples en direction de l&rsquo;est, de l&rsquo;ouest et du sud. Les pierres sont du gneiss lewisien dont la hauteur varie de 1 \u00e0 5 m. L\u2019origine de ce site remonte au N\u00e9olithique, environ 3000 ans av. JC avec un cercle central ajout\u00e9 aux environs de 2200 av. JC, dont une large pierre centrale qui cache l\u2019entr\u00e9e d\u2019un cairn dans lequel des restes humains ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts. Les th\u00e9ories avanc\u00e9es pour expliquer la disposition de ces pierres \u00e9voquent un calendrier astronomique bas\u00e9 sur les positions de la lune, un site d\u00e9di\u00e9 aux rites anciens tandis que les l\u00e9gendes de l\u2019\u00eele parlent de g\u00e9ants qui auraient \u00e9t\u00e9 p\u00e9trifi\u00e9s pour avoir refus\u00e9 de se convertir au christianisme.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le vent te saoule. Tu ne marches plus droit, tes pens\u00e9es partent dans tous les sens, tu es secou\u00e9e par tout ce qui est \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, pas sur le m\u00eame rythme, c\u2019est rapide dehors et si lent dedans, pourtant tu te sens bien, si bien. C\u2019est une saoulerie de d\u00e9but de saoulerie. L\u00e0 o\u00f9 tu devrais t\u2019arr\u00eater quand tu es dans un pub devant un verre, au chaud et \u00e0 l\u2019abri du vent qui te saoule. Le vent te saoule aussi un peu dans l\u2019autre sens du mot saouler, celui de trop d\u2019un coup, de \u00e7a suffit maintenant, de \u00e7a me casse les pieds, me fatigue, \u00e7a m\u2019\u00e9nerve, de tu voudrais vraiment que \u00e7a cesse. L\u00e0 tu voudrais que le vent tombe, ne plus avoir froid, ne plus devoir tenir ta capuche, pourvoir regarder loin devant, ouvrir les yeux face \u00e0 toutes les directions de la rose des vents, pas juste dans les directions oppos\u00e9es \u00e0 celles du vent, aller ou tu veux, pas juste o\u00f9 il te pousse, ce vent, ce souffle, cette brise (forte brise&nbsp;!), ce blizzard dont tu ne connais pas le nom. Il te manque le petit nom qu\u2019on donne au vent d\u2019ici, \u00e0 celui d\u2019aujourd\u2019hui et aux autres, qui souffle depuis ailleurs, mais aujourd\u2019hui en particulier, \u00e0 celui qui vient de l\u00e0, juste du nord-ouest, de la mer, du grand oc\u00e9an. Enfin en ce moment, cette question du nom du vent qui te saoule, tu ne te la poses pas plus que \u00e7a, tu tiens ta capuche, tu essayes de respirer encore m\u00eame quand tu tournes la t\u00eate un peu trop pr\u00e8s du souffle qui te d\u00e9robe ton souffle, t\u2019emp\u00eache de respirer avec cette nonchalance et cette indiff\u00e9rence qui te fait inspirer et expirer chaque jour des milliers de fois sans jamais y penser, sans y penser du tout, tout au plus quand tu souffles, quand tu t\u2019essouffles ou que tu aimerais tant qu\u2019on ne t\u2019entende pas, m\u00eame pas pour ton souffle. Mais aujourd\u2019hui \u00e7a souffle, \u00e7a cingle, \u00e7a gifle, \u00e7a coupe, \u00e7a fouette. Tu en frissonnes. Parfois une accalmie, tu peux lever la t\u00eate en tenant ta capuche comme ce matin au pied de ce grand phare tout au nord de Lewis et Harris, le phare de Butt of Lewis, tout entier de briques rouges alors que ceux que tu rencontres, depuis que tu es en \u00c9cosse, sont en grand habit blanc avec un peu de ce jaune qui se prolonge vers l\u2019ocre, le dor\u00e9, l\u2019orang\u00e9. Depuis ton arriv\u00e9e sur cette \u00eele \u00e0 deux noms, pas encore un seul arbre, les seules choses qui d\u00e9passent sont les toits des maisons, les constructions humaines et encore pas trop hautes. Alors ce si grand phare tu l\u2019as suivi des yeux sur toute sa hauteur, du pied \u00e0 la lumi\u00e8re et au-dessus \u00e0 l\u2019antenne. Pens\u00e9e \u00e9videmment pour le nom de Stevenson, ing\u00e9nieurs concepteurs de la plupart des phares sur les c\u00f4tes \u00e9cossaises, et pas moyen de manquer de rapprocher des phares, ces livres qui t\u2019ont marqu\u00e9e et qui ont en commun, tout autant que les phares, de vivre pleinement la nuit, quant au d\u00e9tour d\u2019une page, tu te laissais embarquer aux c\u00f4t\u00e9s des pirates, des matelots, des capitaines f\u00e9roces, perroquet sur l\u2019\u00e9paule, au large des mers du sud. Maintenant tu as grandi, tu es venue en voiture, voiture dans le ferry, et voiture \u00e9galement o\u00f9 tu te r\u00e9fugies, bien \u00e0 l\u2019abri du vent apr\u00e8s le salut au phare, \u00e0 la vue sur le loin, jusqu\u2019au-del\u00e0 des mers. Longer la c\u00f4te, route droite, un \u0153il sur le goudron, le reste de tes regards dans l\u2019eau turquoise des \u00eeles o\u00f9 on trouve des bonnets, des gants et des \u00e9charpes \u00e9chou\u00e9s sur les plages. Une petite heure de voiture, le temps de ne plus penser que dehors le grand vent ne r\u00eave que de coucher tout ce qui est \u00e9rig\u00e9. Te voil\u00e0 arriv\u00e9e au pied des pierres lev\u00e9es, des cailloux verticaux, plant\u00e9s l\u00e0 dans la tourbe on ne sait plus bien pour quoi, mais verticaux toujours, malgr\u00e9 les 5000 ans de vents horizontaux. Vertical, horizontal, tu te prends \u00e0 penser&nbsp;: si le vent balayait tout, plaquait tout contre un mur, contre un \u00e9cran g\u00e9ant, notre monde tout entier serait soudain projet\u00e9 en deux plates dimensions<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition4\">4 &#8211; Le tr\u00e8fle \u00e0 quatre feuilles<\/h2>\n\n\n\n<p>Tu les as tous lus. S\u00fbrement tous lus, les quatrains du bouquin, et certains plusieurs fois, mais peut-\u00eatre pas tous. \u00c0 force de picorer, \u00e7a et l\u00e0, au hasard, tu as certainement lu plusieurs fois le m\u00eame po\u00e8me mais c\u2019est quand m\u00eame possible que l\u2019un ou l\u2019autre t\u2019ait, par hasard, \u00e9chapp\u00e9. Le livre devait, s\u00fbrement par habitude, par faiblesse de la colle, par une pliure du dos plus fortement marqu\u00e9e, s\u2019ouvrir plus facilement \u00e0 certaines pages qu\u2019\u00e0 d\u2019autres. Tu ne t\u2019en souviens plus. Tu ne te souviens plus de la couleur exacte de la couverture, du jaune et puis du sombre, plus rien de tr\u00e8s pr\u00e9cis. Mais tu la reverrais, tu la reconna\u00eetrais, en bondissant de joie et sans h\u00e9sitation. Petit livre format poche, plut\u00f4t format carnet, du A6 environ, une feuille pli\u00e9e en quatre, ces bouquins \u00e0 dix francs rang\u00e9s astucieusement juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la caisse dans cette grande librairie. Il est rest\u00e9 longtemps, et m\u00eame tr\u00e8s longtemps tout au fond de ton sac, parfois sous tout le reste, mais toujours bien pr\u00e9sent, juste des petits po\u00e8mes, toujours juste quelques mots mais contenant tout un monde. Le papier n\u2019\u00e9tait pas de ces pages nobles et fines, quelque chose de grossier, voir m\u00eame un peu r\u00e2peux, du mat chaud voire jauni qui ne permettait pas une impression trop fine, pas d\u2019assauts de d\u00e9tails, aucune enluminure, juste le texte tout brut. Tu l\u2019avais s\u00fbrement lu un soir d\u2019humidit\u00e9, tu grignotais souvent quelques petits po\u00e8mes en attendant le bus, tu te souviens encore que les pages gondol\u00e9es faisaient gonfler la tranche, lui donnait du volume sans changer le nombre de feuilles. La couverture us\u00e9e dans les coins et blanchie \u00e0 l\u2019endroit des frottements. S\u2019il y avait un dessin, tu ne t\u2019en souviens plus, s\u00fbrement des arabesques, de la d\u00e9co facile, pour rester dans le style avait pens\u00e9 le graphiste. Des arabesques, d\u00e9tail plein d\u2019ironie pour un auteur persan. Mais l\u2019important \u00e9tait surtout dans le format, dans le fait qu\u2019il \u00e9tait toujours l\u00e0 avec toi, que tu le lises ou pas, il fallait qu\u2019il soit l\u00e0, comme une patte de lapin, un tr\u00e8fle \u00e0 quatre feuilles ou un vieux fer \u00e0 cheval<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition5\">Khayyam<\/h2>\n\n\n\n<p>De chaque c\u00f4t\u00e9 de ce couloir, un m\u00fbr. Des murs \u00e0 travers lesquels on peut voir, grillages et barbel\u00e9s, rouleaux pos\u00e9s en haut. Pas des barbel\u00e9s \u00e0 vaches avec des piquants qui d\u00e9passent, des barbel\u00e9s \u00e0 hommes, avec des lames qui d\u00e9passent. Pas des barbel\u00e9s pour avertir, des barbel\u00e9s pour interdire, pour blesser si jamais. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de ces barbel\u00e9s, des soldats en uniforme-carapace, avec casque et gilet pare-balles, malgr\u00e9 la chaleur, et des chiens dont on oublie le pelage tant ils montrent les dents, grondent, aboient au moindre pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la ligne du milieu. Au milieu de la terre battue par tous les pas de ceux qui passent l\u00e0, de la poussi\u00e8re, trop de lumi\u00e8re sous le soleil de plomb, et au bout du couloir, une simple cabane de t\u00f4les et de planches, peinte en blanc pour faire neuf et pour que les couleurs du drapeau ressortent bien. Et puis les \u00e9cussons officiels. Tu avances avec ton gros sac sur le dos, ton autre sac, le petit, ils te l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 pris. Tes yeux roulent d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l\u2019autre du couloir barbel\u00e9, tes yeux qui ne voient rien, qui ne regardent pas vraiment tant se bousculent dans ta t\u00eate des questions et des peurs qui prennent toute la place. Tout \u00e0 l\u2019heure, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du couloir, ils fouillaient tes affaires et tout se passait bien. \u00c9pluchage des papiers, tampons et signatures, beaucoup de temps pass\u00e9 \u00e0 attendre puis attendre, rien de particulier. Et dans ton petit sac, ils ont trouv\u00e9 le livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nom d\u2019Omar Khayy\u00e2m, tu le tiens des cours d\u2019alg\u00e8bre. Des \u00e9quations myst\u00e8res et puis de leurs racines qui racontent les histoires de l\u2019envol\u00e9e des courbes et de leurs br\u00e8ves rencontres avec ma\u00eetre z\u00e9ro. De l\u2019histoire de chose, de chai, de xai, de x, et puis de son carr\u00e9 et m\u00eame de son cube, toutes les jolies figures de la g\u00e9om\u00e9trie. Ton Khayy\u00e2m du d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait les gros calculs pour retrouver la chose quand on a l\u2019\u00e9quation. Du po\u00e9tique, parfois, mais quand m\u00eame bien cach\u00e9 dans les cours de la fac, au moment des partiels, des copies grand format avec le coin en haut pour y mettre, son nom, son num\u00e9ro d\u2019\u00e9tudiante et puis bien en-dessous ses r\u00e9sultats au propre, une fois toutes barbouill\u00e9es les feuilles de brouillon d\u2019une couleur diff\u00e9rente de celles de ses voisins, qu\u2019on esp\u00e8rera justes, pour avoir une bonne note et passer \u00e0 la suite. \u00c0 la suite peut-\u00eatre bien ou bien \u00e0 autre chose, si la chose en question, tu ne l\u2019as pas trouv\u00e9e, pas celle qu\u2019il te fallait. Pourtant en y repensant, c\u2019est l\u00e0 que tu l\u2019as trouv\u00e9, tout ce qui te manquait. Le Khayy\u00e2m en po\u00e8te, toi tu le tiens de l\u00e0, des amphis \u00e0 gradins, avec les tables en bois tout juste assez larges pour une feuille A4, les si\u00e8ges qui se rabattent pour te laisser passer, tout juste de profil, et puis loin tout en bas, la kyrielle de tableaux qui montent et qui descendent attach\u00e9e \u00e0 leur chaine qu\u2019un professeur souverain fait bouger poussivement, le doigt un peu crisp\u00e9 sur un des deux boutons fix\u00e9s sur les c\u00f4t\u00e9s de la cage \u00e0 tableaux. Alors pendant que \u00e7a monte ou bien que \u00e7a descend, le prof en profitait pour parler d\u2019autre chose, ouvrir la parenth\u00e8se au d\u00e9but de l\u2019appuie, fermer la parenth\u00e8se au moment de l\u00e2cher. Parfois un peu plus long s\u2019il fallait effacer ce qui \u00e9tait \u00e9crit pour se faire de la place. Et un jour d\u2019\u00e9quations, tu as su pour Khayy\u00e2m, et pour ses Rubaiyat.<\/p>\n\n\n\n<p>Juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la caisse, il y en avait une pile. \u00c9ditions mille et une nuit, comme un heureux pr\u00e9sage, une promesse all\u00e9chante. La couverture est verte, enfin globalement verte. Tout en haut juste un nom, mais sans aucun pr\u00e9nom, Khayy\u00e2m, lettres sobres en b\u00e2tons, juste quelques diff\u00e9rences dans l\u2019\u00e9paisseur des traits pour faire plein et d\u00e9li\u00e9s, avec un accent droit pos\u00e9 sur le deuxi\u00e8me a qui ressemble presque au tilde de l\u2019alphabet espagnol. De l\u2019ext\u00e9rieur vers l\u2019int\u00e9rieur, deux cadres, un plus terne, l\u2019autre plus vif, motifs noirs sur fond vert, des motifs de tapis. Tout \u00e7a pour encadrer le dessin du milieu. Fond bleu, soleil orange, arbre rouge et une sorte de minaret avec un escalier sans aucune \u00e9paisseur sur lequel monte un homme, silhouette \u00e0 turban, barbe noire et manteau. En bas de l\u2019escalier, lanterne ou lampadaire. Sous les illustrations, le titre, Quatrains, dans cette \u00e9dition-l\u00e0, le choix du traducteur. Quatre en persan se dit&nbsp;:&nbsp;\u0686\u0647\u0627\u0631. Robyat serait peut-\u00eatre mieux, surement question d\u2019accent, alors va pour Rubaiyat, robayat, rob\u00e2\u2018iy\u00e2t ou rouba\u00efyat selon la traduction, du persan :&nbsp;\u0631\u0628\u0627\u0639\u06cc\u0627\u062a&nbsp;\u0639\u0645\u0631&nbsp;\u062e\u06cc\u0627\u0645.&nbsp;Dire bonjour \u00e0 la caissi\u00e8re, monter le livre pour qu\u2019elle lise l\u2019\u00e9tiquette, sortir l\u2019argent, le donner, r\u00e9cup\u00e9rer la monnaie, dire au revoir \u00e0 la caissi\u00e8re, mettre le livre dans ton sac et sortir de la librairie qui n\u2019avait pas le trait\u00e9 d\u2019alg\u00e8bre que tu \u00e9tais venue chercher. Mettre le livre dans ton sac, un livre de po\u00e9sie achet\u00e9 un peu comme \u00e7a sur un coup de t\u00eate, ou plut\u00f4t un coup de c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la sortie de la librairie, depuis que tu as mis le livre dans ton sac, il n\u2019en est jamais sorti, sauf pour que tu le lises, mais ensuite il y retourne d\u00e8s que tu passes \u00e0 autre chose. Pas d\u2019\u00e9tag\u00e8re, pas de biblioth\u00e8que, pas de table, toujours ton sac, il n\u2019a pas d\u2019autre maison. Pourtant chez toi, des livres il y en a un peu partout, des piles, des lignes, des tas improvis\u00e9s, m\u00eame un carton sous l\u2019escalier pour ceux que tu veux donner. Mais pas les quatrains. Il est l\u00e0, comme un talisman, un fer \u00e0 cheval, une patte de lapin. Pour te rappeler l\u2019histoire, pour faire introduction \u00e0 ceux qui te demandent comment on en vient l\u00e0, \u00e0 \u00e9tudier le persan alors qu\u2019on fait des maths et qu\u2019en plus le dimanche on \u00e9crit des po\u00e8mes. Alors tu sors le livre, son usure parle pour lui, pour l\u2019\u00e2ge de ton id\u00e9e d\u2019apprendre le persan. Et tu parles de l\u2019alg\u00e8bre, de la g\u00e9om\u00e9trie, et des calendriers et de tout ce qu\u2019il a fait, ton auteur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Et tu dis ton id\u00e9e d\u2019aller voir en Iran ce qu\u2019il reste de lui presque mille ans apr\u00e8s, des quatrains sur la vie, sa douceur et son aigre.<br>Avancez\u00a0! Restez pas l\u00e0, \u00e7a \u00e9nerve le chien. Le chef il a dit suivez-moi, alors vous le suivez. Il a des questions \u00e0 vous poser, vous avez un document interdit dans vos affaires<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Table des mati\u00e8res1 &#8211; Sur l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re2 &#8211; Librairies sur carte3 &#8211; Les pierres de Calanais4 &#8211; Le tr\u00e8fle \u00e0 quatre feuillesKhayy\u00e2m 1 &#8211; Sur l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re Non, pas une biblioth\u00e8que, une biblioth\u00e8que c\u2019est pour les livres avec du texte, des mots, des phrases, des \u00e9critures, des petits signes sombres sur du papier tr\u00e8s clair. Du noir sur blanc. 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