{"id":150052,"date":"2024-05-03T15:23:57","date_gmt":"2024-05-03T13:23:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=150052"},"modified":"2024-05-03T18:39:04","modified_gmt":"2024-05-03T16:39:04","slug":"nouvelles-marlen-sauvage-ed-2-du-15-avril","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-marlen-sauvage-ed-2-du-15-avril\/","title":{"rendered":"#nouvelle | Marlen Sauvage"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"proposition4\"><a href=\"#proposition1\">1 \u2013 de l&rsquo;art de ranger ses livres | dans le d\u00e9sordre<\/a><br><a href=\"#proposition2\">2 \u2013 histoire de mes librairies | du flou des souvenirs<\/a><br><a href=\"#proposition3\">3 \u2013 aller dans le perdu | traces<\/a><br><a href=\"#proposition4\">4 \u2013 le livre moins ce qu&rsquo;il dit | Et ce qu&rsquo;il dit encore<br><\/a><a href=\"#proposition5\">5 \u2013 quatre stations d\u2019un livre | la disparition<br><\/a><\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Nouvelle-MS.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Nouvelle-MS.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-4ed95af1-3b2e-4c3f-bc51-f735e7e06838\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Nouvelle-MS.pdf\">Nouvelle-MS<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Nouvelle-MS.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-4ed95af1-3b2e-4c3f-bc51-f735e7e06838\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-left\" id=\"proposition1\"><strong>1 \u2013 de l&rsquo;art de ranger ses livres | dans le <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-left\" id=\"proposition1\"><strong>d\u00e9sordre <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Ceux qui ont \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 Momox, \u00e0 la recyclerie, \u00e0 l\u2019oubli dans certains tiroirs et recoins de la grande maison, aux dons divers lors du d\u00e9m\u00e9nagement des C\u00e9vennes jusqu\u2019en Dr\u00f4me, ceux dont le nombre a doubl\u00e9 depuis leur migration, comme s\u2019ils \u00e9taient appel\u00e9s \u00e0 se reproduire, ceux qui enfin ont leurs propres lieux de vie, \u00e9clat\u00e9s, s\u00e9par\u00e9s, dispers\u00e9s \u2013 mais dans un m\u00eame appartement \u2013 et sans secret pour ce qui me concerne. <em>L\u2019espace du dedans ?<\/em>, <em>Un autre Moyen Age ?<\/em>, <em>L\u2019\u00e9coute : attitudes et techniques ?<\/em>\u2026&nbsp;dans la biblioth\u00e8que de la chambre d\u2019amis, un univers de casiers blancs, de m\u00eames largeur et profondeur, d\u2019in\u00e9gales hauteurs, et c\u2019est pourquoi aussi Lee Miller, <em>Photographies<\/em>, <em>Plis d\u2019excellence<\/em>, <em>Vermeer<\/em>, <em>L\u2019Autre c\u00f4t\u00e9 la mer<\/em>\u2026 Une maison de livres qui exige un classement par ordre alphab\u00e9tique et l\u2019on croit na\u00efvement que tout va bien se passer. Que nenni ! Il y a eu des installations, des interrogations, des d\u00e9n\u00e9gations, des remords\u2026&nbsp;Alors d\u00e9sinstallations, r\u00e9ponses temporaires, tentatives durables, accommodements. Et donc se c\u00f4toient les auteurs de langue fran\u00e7aise \u2013 Ameisen, Artaud, Attali, ainsi jusqu\u2019\u00e0 Zalberg, apr\u00e8s Yourcenar, Weil, Wiesel, Werth et quelques autres le long de l\u2019alphabet. Romans, nouvelles, essais, puis chacun dans son espace, biographies, peinture, photographie, histoire\u2026 Lus, \u00e0 lire, ouverts, effleur\u00e9s, caress\u00e9s, hum\u00e9s, referm\u00e9s, rang\u00e9s, repris, relus, annot\u00e9s, repos\u00e9s. Et je me demande souvent pourquoi tant de livres, pourquoi cette obsession \u00e0 poss\u00e9der ce que je pourrais emprunter \u2013 la m\u00e9diath\u00e8que est proche \u2013 pourquoi tant de centres d\u2019int\u00e9r\u00eat quand le temps manque pour approfondir ce que je voudrais. Parce que bien s\u00fbr d\u2019autres niches dans le mur pour les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Sud-Am\u00e9ricains, et puis les auteurs du Maghreb et d\u2019Afrique noire, et encore les th\u00e9oriciens de la langue et des ateliers d\u2019\u00e9criture ; ceux qui ont \u00e9t\u00e9 conseill\u00e9s, offerts, ceux qui r\u00e9pondaient \u00e0 une envie compulsive, ceux d\u00e9got\u00e9s dans les \u00ab&nbsp;fabriques&nbsp;\u00bb et autres \u00ab&nbsp;triades&nbsp;\u00bb d\u2019ici, \u00e0 cinquante centimes d\u2019euros, gratis dans les biblioth\u00e8ques de rues, de porches, de pharmacies, et qui attendent leur tour d\u2019\u00eatre class\u00e9s, rang\u00e9s, et tra\u00eenent sur la table basse carr\u00e9e multicolore. Ailleurs, o\u00f9 l\u2019on aurait voulu un mur entier de livres, du sol au plafond, ceux qui se serrent sur cinq petites \u00e9tag\u00e8res : litt\u00e9rature anglo-saxonne, allemande, \u201cnordique\u201d \u2013 une brass\u00e9e d\u2019auteurs aux noms impronon\u00e7ables \u2013 ceux qui se contentent de deux modiques planches : les auteurs asiatiques, enfin un petit meuble \u00e0 casiers encore, enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 ceux qui me ravissent : les po\u00e8tes et les auteurs de th\u00e9\u00e2tre. On l\u00e8ve les yeux dans la pi\u00e8ce \u00e0 vivre et c\u2019est un d\u00e9sordre agenc\u00e9 de ceux qui, de toutes tailles, de tous genres \u2013 de la biblioth\u00e8que verte \u00e0 Stanley Milgram en passant par les guides touristiques et <em>Tintin au pays des mots<\/em>, ces vieux bouquins dont on ne peut se s\u00e9parer, mais que l\u2019on garde en hauteur, pr\u00e8s du plafond, debout, tandis que Rousseau avoue sa Faute, allong\u00e9 par dizaines pr\u00e8s des Anges dont on ne sait m\u00eame plus lire le Matricule. Ailleurs encore, rigides, au garde-\u00e0-vous, ceux \u00e0 la couverture de carton glac\u00e9 qui s\u2019\u00e9paulent encore sur un mur de la chambre, dictionnaires de toutes sortes, l\u00e0 o\u00f9 un bureau, avant, justifiait leur pr\u00e9sence. Certains sur le d\u00e9part. Ne le savent encore. Un d\u00e9chirement \u00e0 venir. Et je n\u2019oublie pas l\u2019espace \u00ab&nbsp;pr\u00e8s-du-lit&nbsp;\u00bb \u00e0 m\u00eame le sol, sous le lit parfois, quelle honte, ceux qui en cours, ceux qui pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, le Maulpoix \u00e0 d\u00e9guster, les Cahiers de Bassol\u00e9a, ceux qui s\u2019empilent parce qu\u2019achet\u00e9s tout r\u00e9cemment et que j\u2019en aime la couverture et la promesse.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-left\" id=\"proposition2\"><strong>2 \u2013 histoire de mes librairies | du flou des souvenirs<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Amiens, Librairie Al\u00e9atoire<br>C\u2019\u00e9tait au temps de la vie parisienne et des vir\u00e9es \u00e0 Amiens| probablement un week-end sans article \u00e0 rendre sans d\u00e9lai stressant | en mai | direction la baie de Somme et le parc de Marquenterre | on avait march\u00e9 le long d\u2019un parcours fl\u00e9ch\u00e9 dans une fra\u00eecheur ensoleill\u00e9e | d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9crire sur nos rencontres d\u2019un jour | portraits de gens crois\u00e9s dans les bistros sur les march\u00e9s | on avait d\u00fb pique-niquer d\u2019un sandwich en tentant de reconna\u00eetre le chevalier gambette l\u2019avocette la barge rousse | ces oiseaux migrateurs suppos\u00e9s se trouver l\u00e0 \u00e0 cette saison et nous n\u2019avions certainement reconnu que le h\u00e9ron cendr\u00e9 | parce qu\u2019il rasait les rivi\u00e8res de mon enfance | sur le chemin du retour arr\u00eat \u00e0 Amiens pour y passer la nuit et promesse du lendemain : la librairie Al\u00e9atoire | aucun souvenir de son nom mais c\u2019est celui que je retrouve en effectuant mes recherches | merci Internet | apr\u00e8s la cath\u00e9drale visit\u00e9e le matin | photographi\u00e9e dans ses d\u00e9tails ses rosaces ses sculptures | apr\u00e8s les ruelles pav\u00e9es | la salade dans une brasserie quelconque | on avait pris au plus simple rue Saint-Leu qui nous menait droit \u00e0 la librairie | je n\u2019ai que le souvenir d\u2019une devanture qui ne payait pas de mine | c\u2019est elle | je retrouve sa photo | on ne peut plus se passer d\u2019Internet alors que la m\u00e9moire fout le camp | c\u2019est le souvenir d\u2019un grand bazar o\u00f9 se pressaient toutes sortes de bouquins | un capharna\u00fcm | on plongeait dans la profondeur du b\u00e2timent comme dans des boyaux \u00e9troits&nbsp; | c\u2019est cela l\u2019image que je garde de cet endroit | il faisait sombre ou la lumi\u00e8re \u00e9tait chiche ou je n\u2019y voyais pas grand-chose | et nos pas s\u2019\u00e9taient d\u00e9solidaris\u00e9s | chacun dans sa trav\u00e9e | vers ses centres d\u2019int\u00e9r\u00eat | avec ses espoirs de trouvailles | on avait beaucoup parl\u00e9 avec le libraire toi surtout mais tu parlais avec tout le monde | je n\u2019ai plus que la m\u00e9moire des <em>Dieux maudits<\/em>, de Jean Mabire | parce que je croyais que Stef me l\u2019avait emprunt\u00e9 alors qu\u2019un jour j\u2019en ai retrouv\u00e9 trois exemplaires : le sien et les deux miens dispers\u00e9s dans la maison d\u2019alors | et puis aussi ce livre \u00e0 la couverture cartonn\u00e9e au titre basique comme <em>Couples d\u2019\u00e9crivains<\/em> ou les <em>Couples fameux de la litt\u00e9rature<\/em> qui m\u2019avait tent\u00e9 et que je ne me souviens pas d\u2019avoir lu ni m\u00eame conserv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mende, Librairie Chaptal<br>elle a chang\u00e9 de nom | quand ? | c\u2019est aujourd\u2019hui Les p\u2019tits papiers | la librairie Chaptal | un \u00ab&nbsp;monument&nbsp;\u00bb dans la ville | maison de la presse et librairie | il faut s\u2019\u00e9loigner de la cath\u00e9drale Urbain V | se perdre dans la vieille ville | fl\u00e2ner dans la rue Basse la rue de l\u2019Epine la rue de la Jarreti\u00e8re la rue Droite | je donne tout dans le d\u00e9sordre | je ne sais par o\u00f9 je passe mais je m\u2019y retrouve toujours | librairie Chaptal | le souvenir de <em>Mort o\u00f9 est ta victoire<\/em>, de Daniel-Rops | ce livre sorti de ma m\u00e9moire | \u00e0 la couverture verte et marron | une jeune femme peinte je crois | dans un bac \u00e0 livres anciens dehors | que j\u2019avais attrap\u00e9 incr\u00e9dule et achet\u00e9 aussit\u00f4t | le roman de mes dix-sept ans | probablement sorti de la biblioth\u00e8que familiale | retrouv\u00e9 ici au hasard de mes promenades apr\u00e8s les ateliers d\u2019\u00e9criture \u00e0 la prison ou \u00e0 la fac | relu dans la foul\u00e9e | repos\u00e9 sur une \u00e9tag\u00e8re de la grande maison aux milliers de livres | l\u2019ai-je emport\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>Arles, Le M\u00e9jan, Actes Sud<br>une vieille connaissance | j\u2019y retourne souvent bien s\u00fbr Arles n\u2019est pas si loin | le caf\u00e9 devant l\u2019enseigne o\u00f9 boire un verre | les rencontres internationales de la photo | des ann\u00e9es durant | les affiches de Michel Bouvet | les collections de \u00ab&nbsp;magnets&nbsp;\u00bb | poivrons pois rhinoc\u00e9ros citron cygne aubergine | dans le d\u00e9sordre des ann\u00e9es | et tant d\u2019autres | et donc la fameuse librairie | les canap\u00e9s o\u00f9 j\u2019ai pu reposer dos et hanches souvent | une grande partie de ma biblioth\u00e8que | tous \u00ab&nbsp;mes&nbsp;\u00bb Henry Bauchau | Nina Berberova | Julien Gracq | Blanchot je crois viennent d\u2019ici et tant d\u2019autres | mais loin de mes livres je n\u2019en retrouve plus les auteurs ni les titres |<\/p>\n\n\n\n<p>Florac, Livre et Lyre<br>une librairie associative \u00e0 la vie tr\u00e8s br\u00e8ve | d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 | un fonds r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par l\u2019initiatrice du lieu qu\u2019elle voulait alternatif | une traductrice de Pessoa | qui trimballa avec force bras b\u00e9n\u00e9voles des milliers de livres d\u2019une adresse \u00e0 l\u2019autre | car le lieu changea de rue de b\u00e2timent | la derni\u00e8re en date dans mon souvenir fragile rue du P\u00eacher | une pi\u00e8ce tout en longueur des tables au milieu quelques chaises ici et l\u00e0 | j\u2019y a trouv\u00e9 des Tabucchi forc\u00e9ment et un auteur roumain ? hongrois ? | un roman dont le titre contenait le mot \u00ab&nbsp;vin&nbsp;\u00bb, lu aim\u00e9 oubli\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Florac-Trois-Rivi\u00e8res, La Berlue<br>depuis les ann\u00e9es 2000, la ville a chang\u00e9 de nom | arriv\u00e9 place de la mairie | il faut aller en direction de l\u2019ancien tribunal de justice |place du palais | on tombe au coin de la rue sur cette jolie enseigne La Berlue | \u00ab&nbsp;un nom vieillot, po\u00e9tique, f\u00e9minin\u2026&nbsp;\u00bb dont on se moque pas mal du sens| une petite librairie foisonnante d\u2019ouvrages tri\u00e9s sur le volet | ici on est rebelle ou on n\u2019est pas | on est exigeant | des auteurs \u00e9colos | des auteurs engag\u00e9s | de petites maisons d\u2019\u00e9dition mises en valeur sur les rayons | des papiers artisanaux | des carnets des crayons des bo\u00eetes | des m\u00e8tres lin\u00e9aires de livres pour enfants | des jeux intelligents | et l\u2019accueil de la jeune femme audacieuse qui a choisi ce coin de Loz\u00e8re en 2012 pour y installer cette librairie ind\u00e9pendante| \u00e0 chaque vir\u00e9e dans ce coin de C\u00e9vennes j\u2019y cours | mes derniers achats parlaient d\u2019ailleurs : <em>Kukum<\/em>, de Michel Jean, <em>Les \u00e2mes sauvages<\/em>, de Nastassya Martin, <em>Le Divan d\u2019Istanbul<\/em>, d\u2019Alessandro Barbero.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition3\"><strong>3 \u2013 aller dans le perdu | traces <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les barques photographi\u00e9es par Mesdemoiselles Mignon et Mespoulet en 1913 | la chaumi\u00e8re du village de Curendalla et son muret de pierres s\u00e8ches | les huit personnes qui posaient au <em>fish market<\/em> \u00e0 Galway | la foire au b\u00e9tail de Galway | la femme qui fabriquait des franges de ch\u00e2le | la petite maison attenante \u00e0 droite du ch\u00e2teau fortifi\u00e9 de Claregalway | la fileuse et son rouet primitif | les deux vieux marins et le jeune gar\u00e7on de la c\u00f4te | l\u2019\u00e2nier et son \u00e2ne portant un panier rempli de tourbe | le p\u00eacheur d\u2019anguilles du lac Ree au nord d\u2019Athlon, comt\u00e9 de Westmeath | les inscriptions sur les tombes du cimeti\u00e8re de Glendalough | le charron du village qui pr\u00e9parait les instruments de labour<\/p>\n\n\n\n<p>Ah&nbsp;! les curraghs&nbsp;! Ces petites barques primitives faites d\u2019une carcasse de branches de noisetiers recouverte de peau de vache&nbsp;nous auront fait marcher et poser des questions \u00e0 toutes sortes de gens. Aucune n\u2019\u00e9tait plus visible lors de notre passage, sur aucun point d\u2019eau\u2026 Ces embarcations de cuir, de forme tr\u00e8s arrondie, utilis\u00e9es d\u00e8s avant l\u2019an mil, verront leur peau remplac\u00e9e plus tard par de la toile goudronn\u00e9e. Sur la photo de couverture, nous les prenons d\u2019abord pour d\u2019immenses paniers \u2013 mais les rames sont l\u00e0 \u2013 avec un homme au chapeau melon en partie cach\u00e9 derri\u00e8re l\u2019une d\u2019elles, pos\u00e9e debout dans l\u2019herbe verte. | Sur la route de Headford \u00e0 Claregalway, il nous semble reconna\u00eetre une chaumi\u00e8re dans le village de Curendalla. Sur la photo originale, on aper\u00e7oit le muret de pierre s\u00e8che, je me souviens de tous les rep\u00e9rages pour nous persuader qu\u2019il s\u2019agissait bien de \u00ab&nbsp;l\u2019endroit&nbsp;\u00bb. La chaumi\u00e8re fait partie d\u2019un petit hameau de deux ou trois maisons, on aper\u00e7oit une femme et deux petits enfants dans l\u2019herbe, deux vaches nous tournent le dos. Le reste du hameau est en ruine. Mais apr\u00e8s discussion avec une habitante, nous restons perplexes. La dame nous renvoie vers Brother Connal qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019histoire locale et que nous rencontrerons \u00e0 15&nbsp;h, \u00e0 la sortie des classes, \u00e0 l\u2019\u00e9cole du village. Ce monsieur ne reconna\u00eet pas non plus la maison, la topographie des lieux est diff\u00e9rente. Il nous apprend que les villages dans le coin et \u00e0 l\u2019\u00e9poque de M &amp; M \u00e9taient plut\u00f4t des <em>towns lands<\/em>, maisons dispers\u00e9es dans la lande. | Sur le clich\u00e9 original, \u00e0 droite de la photo, un groupe d\u2019une huitaine de&nbsp;personnes dont seules trois n\u2019ont pas boug\u00e9. Ce sont les femmes, \u00ab&nbsp;moins patientes&nbsp;\u00bb qui sont la cause du flou\u2026 Une femme toute de noir v\u00eatue, la t\u00eate recouverte d\u2019un grand ch\u00e2le, deux hommes chapeaut\u00e9s, l\u2019un porte sous le bras gauche ce qui pourrait \u00eatre du poisson envelopp\u00e9 dans un papier journal. Plus loin trois hommes discutent. Les maisons \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan, tr\u00e8s grises sous un ciel de pluie, ont chang\u00e9, mais elles restent reconnaissables. Celle de gauche aujourd\u2019hui \u00e0 la porte et \u00e0 la vitrine rouges affichait une chemin\u00e9e sur son pignon, c\u2019\u00e9tait le lieu d\u2019une boutique qui mentionnait un nom \u00ab&nbsp;M. CONNOLLY&nbsp;\u00bb, \u00e9crit ainsi, en lettres capitales.|<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition-4\">4 <strong>\u2013<\/strong> Le livre moins ce qu&rsquo;il dit | Et ce qu&rsquo;il dit encore&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Enfance. Elle a son lot de souvenirs t\u00e9nus. Celui \u00e0 huit ans de <em>David Copperfield,<\/em> raide dans sa couverture de Biblioth\u00e8que Verte qui illustrait pour moi avant de l\u2019avoir lu la duret\u00e9 d\u2019une vie. \u00c0 cause de l\u2019image d\u2019un jeune homme au visage vieux d\u00e9j\u00e0. Et me reste seulement en m\u00e9moire la tristesse engendr\u00e9e par cette lecture dont je ne sais m\u00eame pas si je l\u2019ai termin\u00e9e. \u00c0 l\u2019adolescence se pressaient des titres plus que des auteurs dans la biblioth\u00e8que familiale. <em>Le n\u0153ud de vip\u00e8res<\/em>, <em>Les \u00e2mes mortes<\/em>, <em>J\u2019ai choisi la libert\u00e9<\/em>, <em>Les derniers rois de Thul\u00e9<\/em>, m\u2019attiraient bien davantage que les \u00ab&nbsp;classiques&nbsp;\u00bb obligatoires des cours de fran\u00e7ais. Aucune couverture pour d\u00e9cider de leur sort entre mes mains. La tranche seule avec le titre ouvrait un univers. Je les lisais sur les conseils de ma m\u00e8re parmi d\u2019autres Cronin, Slaughter, Agatha Christie ou Mazo de la Roche, car ma pourvoyeuse de livres avait des go\u00fbts plus qu\u2019\u00e9clectiques. Aucune po\u00e9sie l\u00e0 et c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quinze ans un premier Aragon qui a nourri mes r\u00e9bellions, ce <em>Roman inachev\u00e9<\/em> \u00e0 la couverture de glace, blanche et lisse, aux portraits orang\u00e9, rouge, rose, noir et blanc du po\u00e8te, que je lisais entre deux cours, dans la chambre et le silence du pensionnat avant l\u2019extinction des feux, isol\u00e9e sur les marches du th\u00e9\u00e2tre \u2013 laissant \u00e0 une port\u00e9e de voix l\u2019excitation ambiante \u2013 quelques minutes avant la repr\u00e9sentation organis\u00e9e par une professeure de sport amoureuse de litt\u00e9rature et de po\u00e9sie. Ces ann\u00e9es-l\u00e0, Aragon, Eluard, Apollinaire, Pr\u00e9vert\u2026&nbsp;tous publi\u00e9s dans la m\u00eame collection, donnaient \u00e0 mes r\u00eaves leur consistance, m\u2019ouvraient les yeux et les oreilles. De m\u00eame que pour Roger Caillois les pierres, les livres pour moi sont \u00ab&nbsp;objets de contemplation, presque supports d\u2019exercice spirituel&nbsp;\u00bb. Avec chacun d\u2019eux, un temps suspendu avant la d\u00e9couverte. Ici, la couverture glac\u00e9e suffisait \u00e0 mon d\u00e9sir, et le po\u00e8te dont je d\u00e9couvrais quelques mots au hasard des pages emportait ma d\u00e9cision. J\u2019aimais l\u2019odeur du livre, dont je respirais le souffle, l\u2019\u00e2me peut-\u00eatre, en feuilletant l\u2019ouvrage le nez coll\u00e9 aux pages, avant de m\u2019y engouffrer \u2013 dire la douceur de la texture du papier sur les joues&nbsp;\u2013 j\u2019aimais sa blancheur, j\u2019aimais sa mise en page, j\u2019aimais la rondeur de sa police de caract\u00e8res \u2013 bien s\u00fbr je ne qualifiais pas ceci alors \u2013 j\u2019aimais tout inconditionnellement (avant de crier au scandale quand les pages se sont d\u00e9tach\u00e9es d\u2019un bloc au cours d\u2019une promenade, je parle d\u2019Aragon et son <em>Roman inachev\u00e9<\/em>). La collection nrf Po\u00e9sie\/Gallimard, avec cette couverture unique, cette esth\u00e9tique sobre, des dimensions id\u00e9ales \u2013 les livres tiennent dans la main, dans un sac, dans la poche d\u2019un manteau \u2013&nbsp;il se serrent amicalement sur un m\u00eame rayon, et parce qu\u2019ils se laissent vraiment d\u00e9couvrir \u00e0 n\u2019importe quelle page, cette collection a engendr\u00e9 une obsession : en poss\u00e9der tous les titres. Irr\u00e9alisable bien s\u00fbr. Mais ces dizaines de livres debout les uns pr\u00e8s des autres me rappellent chacun une histoire, une discussion, dans une biblioth\u00e8que, une librairie, chez un bouquiniste ; le choc d\u2019un nom, d\u2019un titre, ou d\u2019un v\u00e9ritable t\u00eate \u00e0 t\u00eate avec un auteur. Et je r\u00e9alise que personne, non personne, ne m\u2019a jamais offert un livre de po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"proposition-5\"><strong>5 \u2013 quatre stations d\u2019un livre|la disparition<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>jour de march\u00e9 et de soleil | un couple s\u2019avance parmi les mara\u00eechers | quelques l\u00e9gumes sous le bras | dans la minute o\u00f9 l\u2019\u0153il les retrouve | ils marchent dans les all\u00e9es se sourient bavardent | devant une foule de livres comme autant de gens rassembl\u00e9s dans un immense bac en bois | couvertures cartonn\u00e9es glac\u00e9es color\u00e9es vieillies piles qui s\u2019effondrent et mains qui plongent l\u00e0 dans ce foisonnement d\u2019histoires | \u00e0 lire ou \u00e0 d\u00e9laisser | elle lui montre celui-ci avec son titre \u00e0 rallonge | ils rient | Irlande 1913. Clich\u00e9s en couleur pris pour Monsieur Kahn&#8230; par Mesdemoiselles Mespoulet et Mignon |tout ce dont le livre parle a v\u00e9cu le long d\u2019une route de Spiddle \u00e0 Glendalough dans le comt\u00e9 de Galway et de Louth |<\/p>\n\n\n\n<p>un si\u00e8cle plus tard le long de la m\u00eame route |c\u2019est le livre dans les mains qu\u2019elle part \u00e0 la d\u00e9couverte du Claddagh | petit village de p\u00eacheurs aux chaumi\u00e8res dignes des chaumi\u00e8res bretonnes | immortalis\u00e9 en vert p\u00e2le et ocre brun | l\u00e0 o\u00f9 la pauvret\u00e9 s\u00e9vissait si fort au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle que tout a \u00e9t\u00e9 ras\u00e9 | une minuscule maison au toit de chaume | encastr\u00e9e entre deux b\u00e2tisses t\u00e9moigne peut-\u00eatre de ce pass\u00e9-l\u00e0 | mais qui porte encore le ch\u00e2le \u00e0 franges ou le costume rouge traditionnel | sauf les statues de cire dans les mus\u00e9es |o\u00f9 a disparu le regard de la femme qui les fabriquait un rouet dans les mains |et quel homme encore b\u00eache la tourbe fleurie de jaune au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9 | tout cela elle se le demande en tournant les pages du livre | devant les ruines de ch\u00e2teaux fortifi\u00e9s | d\u2019abbayes d\u00e9vast\u00e9es | de porches d\u00e9cr\u00e9pits| de croix celtiques dressant leurs entrelacs vers le ciel tourment\u00e9 | jetant leur ombre sur les tombes pench\u00e9es des cimeti\u00e8res | l\u00e0 o\u00f9 se rend la vie | \u00e0 sa plus grande extr\u00e9mit\u00e9 comme \u00e0 ses tout d\u00e9buts | elle a continu\u00e9 la route de Galway \u00e0 Glendalough | s\u2019en \u00e9cartant parfois \u00e0 Ross \u00e0 Glaregalway | la reprenant de Roscam \u00e0 Athlone | s\u2019attardant sur les rives du lac Ree | avant de retrouver le long de la Boyne Knowth Newgrange Oldbridge et Drogheda | enfin Glendalough avec en point de mire la tour ronde au toit conique o\u00f9 elle rejoint l\u2019homme | lui tend le livre | et le reprend aussit\u00f4t| avec la route |<\/p>\n\n\n\n<p>elle a ouvert tous les cartons | sorti tous les livres les a empil\u00e9s | a fini par imaginer un rangement \u00e0 peu pr\u00e8s coh\u00e9rent pour cette masse d\u00e9m\u00e9nag\u00e9e de la petite maison en meuli\u00e8re de 1932 | cela lui a pris des jours | ici quelle place quelle classe quelle folie | des m\u00e8tres lin\u00e9aires de rangement sur une hauteur inesp\u00e9r\u00e9e de deux m\u00e8tres cinquante | tant de place qu\u2019elle a cru un moment ne jamais y arriver et tout laisser en plan | ils se rangeront eux-m\u00eames | les a vus sauter sur les \u00e9tag\u00e8res en vieux bois tout juste teint\u00e9s de lasure capucine | s\u2019invitant au hasard de leur acquisition de leurs affinit\u00e9s peut-\u00eatre pourquoi pas | s\u2019alignant par auteurs par pays par genres par th\u00e8mes | elle s\u2019active depuis des heures | ne voit pas le temps passer en leur compagnie | c\u2019est ainsi elle leur parle leur raconte des histoires | le monde \u00e0 l\u2019envers | le comble | s\u2019installe au milieu de la pi\u00e8ce \u00e0 m\u00eame les dalles de pierre froides | a chaud de s\u2019\u00eatre d\u00e9pens\u00e9e ainsi | grignote des biscuits secs qu\u2019elle sort de leur paquet | tourne sur elle-m\u00eame pour admirer son \u0153uvre | des milliers de livres enfin \u00e0 peu pr\u00e8s dans leur nouvelle demeure | le jour se couche | elle a d\u00e9ploy\u00e9 sur le sol une couette et une couverture | se roule dedans | s\u2019endort | dans son r\u00eave elle cherche un livre | marche dans des pi\u00e8ces immenses blanches lumineuses | croise des gens qu\u2019elle questionne | se perd parmi les boyaux d\u2019une \u00e9trange librairie |fini la lumi\u00e8re ce n\u2019est plus qu\u2019ombres et fant\u00f4mes | ses pas s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent son souffle s\u2019\u00e9puise elle transpire c\u2019est la panique | elle ne retrouve pas le livre | s\u2019\u00e9veille en sursaut | le soleil inonde la pi\u00e8ce \u00e0 travers les baies vitr\u00e9es | comme la vie est belle comme elle lui est reconnaissante d\u2019\u00eatre l\u2019unique h\u00e9riti\u00e8re de cette merveilleuse b\u00e2tisse dont elle r\u00eave depuis l\u2019enfance | et l\u2019unique h\u00e9riti\u00e8re aussi de ce fonds litt\u00e9raire | et ce n&rsquo;est qu\u2019en buvant sa premi\u00e8re gorg\u00e9e de caf\u00e9 que lui revient en m\u00e9moire le r\u00eave du livre perdu | et son titre | ce ne peut \u00eatre que celui-ci Irlande 1913. Clich\u00e9s en couleur pris pour Monsieur Kahn&#8230; par Mesdemoiselles Mespoulet et Mignon |d\u2019ailleurs elle n\u2019a pas souvenir d\u2019avoir tenu dans ses mains la couverture illustr\u00e9e de deux curraghs recouvertes de peau de vache ou de toile goudronn\u00e9e | avec cet homme en arri\u00e8re-plan dans le flou d\u2019une prairie portant un chapeau melon | les deux rames l\u2019une pos\u00e9e sur le sol l\u2019autre renvers\u00e9e sur une des barques | non elle n\u2019a rien vu de ceci parmi les milliers de livres empil\u00e9s port\u00e9s d\u00e9plac\u00e9s |et elle part \u00e0 sa recherche | d\u2019abord calme puis prise d\u2019une fr\u00e9n\u00e9sie inqui\u00e9tante | grimpant sur son \u00e9chelle qu\u2019elle d\u00e9place au fur et \u00e0 mesure de son inspection | et ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s plusieurs heures de traque&nbsp; | les yeux explos\u00e9s d\u2019avoir voulu la tranche | noire | le titre Irlande 1913. Clich\u00e9s en couleur pris pour Monsieur Kahn&#8230; par Mesdemoiselles Mespoulet et Mignon | qu\u2019elle comprend que sa disparition proc\u00e8de d\u2019une loi sournoise | la m\u00eame qui voulait que le livre retrace tout ce qui n\u2019\u00e9tait plus |<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 \u2013 de l&rsquo;art de ranger ses livres | dans le d\u00e9sordre2 \u2013 histoire de mes librairies | du flou des souvenirs3 \u2013 aller dans le perdu | traces4 \u2013 le livre moins ce qu&rsquo;il dit | Et ce qu&rsquo;il dit encore5 \u2013 quatre stations d\u2019un livre | la disparition 1 \u2013 de l&rsquo;art de ranger ses livres | dans <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-marlen-sauvage-ed-2-du-15-avril\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#nouvelle | Marlen Sauvage<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":165,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5736,5737,5795,5837,5862,5902],"tags":[5896,5933,5854,2384,5859,3936,5894,1628,1288,4177,5865,5856,5864,5866,5895,5916,5873,5874],"class_list":["post-150052","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles-1","category-01-ranger-ses-livres","category-02-histoire-de-mes-librairies","category-03-schalansky-inventaire-de-choses-perdues","category-04-le-livre-dans-sa-materialite","category-05-4-stations-pour-un-livre","tag-5896","tag-albert-kahn","tag-aleatoire","tag-aragon","tag-chaptal","tag-couverture","tag-galway","tag-glace","tag-henri-michaux","tag-irlande","tag-jean-artaud","tag-la-berlue","tag-le-mejan","tag-lee-miller","tag-mignon-et-mespoulet","tag-poesie-gallimard","tag-werth","tag-yourcenar"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150052","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150052"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150052\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150052"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=150052"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=150052"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}