{"id":151176,"date":"2024-05-22T23:38:13","date_gmt":"2024-05-22T21:38:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=151176"},"modified":"2024-05-23T18:50:45","modified_gmt":"2024-05-23T16:50:45","slug":"nouvellesboucle2-rencontres-blanches","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvellesboucle2-rencontres-blanches\/","title":{"rendered":"#nouvelles#boucle2 | \u00e0 la poursuite d&rsquo;Anastasia Mortensen"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"#proposition1\">1 _ premi\u00e8res rencontres<\/a> <br><a href=\"#proposition2\">2 _ Anastasia Mortensen<\/a> <br><a href=\"#proposition3\">3 _ famille en d\u00e9composition<\/a><br><a href=\"#proposition4\">4 _ un vent<\/a><\/p>\n\n\n\n<p id=\"proposition4\">4 _ un vent<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la terrasse du bar de la plage, le mistral chasse les nuages. La mer gondole d\u2019impatience sous les coups de fouet des rafales d\u2019air frais. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des Calanques, Marseille gromm\u00e8le la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9, les jours raccourcis et la rentr\u00e9e des classes. C\u2019est septembre. Anastasia ne sait pas ce qui l\u2019a amen\u00e9e l\u00e0 la premi\u00e8re fois. Derri\u00e8re la table la plus \u00e9loign\u00e9e sur la terrasse, celle d\u2019o\u00f9 on peut embrasser d\u2019un seul regard les falaises verticales de calcaire et le large horizon parsem\u00e9 de cargos en pointill\u00e9s, se dessine la silhouette d\u2019un homme assis face \u00e0 la mer. \u00c0 l\u2019ombre d\u2019un parasol, il tient un livre entre les mains. Une femme vient le rejoindre, elle pose sa main sur le front de l\u2019homme et s\u2019assoit \u00e0 son c\u00f4t\u00e9. Elle prend un livre, elle aussi, et l\u2019ouvre. Deux silhouettes lisent face au vide. Anastasia ne se souvient plus de ses parents fran\u00e7ais, elle avait trois heures d\u2019existence lorsqu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9s. Anastasia regarde ces silhouettes comme si elles \u00e9taient un voile que sa m\u00e9moire agite devant ses yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle sait si peu de choses sur les premi\u00e8res heures de sa vie. Anastasia en sait si peu sur ses origines, sur ses parents biologiques. Sur la plage, les derniers vacanciers \u00e9tirent l\u2019inexorable jusqu\u2019\u00e0 la limite. Ils emplissent leurs poumons des ultimes bouff\u00e9es d\u2019air iod\u00e9 et chaud. C\u2019est octobre. C\u2019est la fin. Si son p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 l\u00e0, elle aurait le souvenir de ses paroles lui disant qu\u2019il faut rentrer maintenant, qu\u2019elle avait encore des devoirs \u00e0 faire. Elle aurait huit ans. Si sa m\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 l\u00e0, elle aurait dit \u00e0 son mari qu\u2019ils pouvaient bien rester encore quelques heures, qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas press\u00e9s, qu\u2019ils devaient profiter. Elle aurait douze ans. Elle irait au coll\u00e8ge Marcel-Pagnol, elle ferait de la danse \u00e0 la MJC du Vieux-Port, elle ne serait jamais all\u00e9e plus loin qu&rsquo;Avignon. Elle ne serait pas Anastasia. Sur la terrasse du bar de la plage \u00e0 Cassis, elle regarde une table et deux chaises vides avec la mer horizontale et les falaises verticales pour d\u00e9cor. Une femme s\u2019approche d\u2019Anastasia, elle ne parle pas fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est Lizbeth Mortensen sa m\u00e8re. Son autre m\u00e8re. La voil\u00e0 sous la tonnelle, elle est pleine de sourires et d\u2019attentions. Sa pr\u00e9sence dit qu\u2019elle est Anastasia mais elle, elle n\u2019en est pas s\u00fbre. Sa pr\u00e9sence lui raconte une histoire sem\u00e9e d\u2019autres voyages, d\u2019autres pays, d\u2019autres rencontres. L\u2019histoire d\u2019une autre famille. Son histoire. Anastasia n\u2019est pas l\u2019enfant de ce lieu, elle est l\u2019autre. Celle qui a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, celle qui a \u00e9t\u00e9 redistribu\u00e9e, celle qui a remplac\u00e9 l\u2019enfant originel mort-n\u00e9. C\u2019est novembre. Le sable de la plage est froid et le ciel grisonne comme la chevelure d\u2019un vieillard. Sur la table \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du bar de la plage, un livre est pos\u00e9 ferm\u00e9. Sur la couverture, on peut lire <em>Du sang sur les draps<\/em> et en dessous, le nom de l\u2019auteure, Anastasia Mortensen. Un bandeau pr\u00e9cise <em>Prix Interalli\u00e9 1983<\/em>. La m\u00e8re soupire en regardant le livre : \u00ab\u00a0<em>It&rsquo;s useful to have several stories<\/em>\u00a0\u00bb. Anastasia ne sait pas si elle a plusieurs histoires, elle a plut\u00f4t l\u2019impression de n\u2019en avoir aucune, les zones d\u2019ombres sont si difficiles \u00e0 \u00e9clairer.<\/p>\n\n\n\n<p>La terrasse est d\u00e9serte. La pluie raye le ciel. La surface de la mer sombre renvoie vers le ciel les gouttes qui la constellent. L\u2019horizon est une nuance de gris, les falaises dorment. Devant l\u2019entr\u00e9e du bar de la plage, le rideau de fer est tir\u00e9. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, les chaises sont empil\u00e9es, les tables rang\u00e9es le long du comptoir. C\u2019est d\u00e9cembre. Un cir\u00e9 jaune se prom\u00e8ne le long de l\u2019eau. Anastasia est loin de cet endroit, ses parents aussi. Tous ses parents. Elle est loin et elle \u00e9crit. Elle \u00e9crit des histoires qui sont peut-\u00eatre les siennes. Elle raconte peut-\u00eatre ses vies, celles d\u2019Anastasia ou celles d\u2019une autre elle. \u00c0 Marseille, \u00e0 Buenos Aires, \u00e0 New York, en fran\u00e7ais, en anglais, en danois. Qu\u2019importe le lieu, qu\u2019importe la langue, qu\u2019importe qui elle est. Anastasia se fond dans un univers d\u2019elles par l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de ses doigts qui tapent sur un clavier d\u2019ordinateur et noircissent l\u2019\u00e9cran d\u2019un traitement de texte. Anastasia Mortensen apprivoise l\u2019opaque.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enfant est assis sur la table, il a l\u2019\u00e2ge de contr\u00f4ler cet \u00e9quilibre pr\u00e9caire, pas encore celui de se lever. Face \u00e0 lui, sa m\u00e8re lui tient les mains. La mer verdit sous les rayons de soleil, le ciel bleuit entre les nuages, l\u2019horizon jaunit. C\u2019est le printemps. Les premiers baigneurs osent un pied ou deux. Le bar de la plage est rempli de r\u00eaveurs. Paul a huit mois. L\u2019autre Paul est un souvenir imagin\u00e9, celui d\u2019un p\u00e8re effac\u00e9. Ce Paul-l\u00e0 a juste l\u2019\u00e2ge de se tenir assis en \u00e9quilibre, il ne peut pas encore raconter. Anastasia cherche \u00e0 lire dans les yeux clairs de son enfant les lignes qu\u2019elle n\u2019a pas \u00e9crites. Elle n\u2019y distingue rien d\u2019autre que la vie floue. Anastasia est une \u00e9crivaine volatile. Elle \u00e9crit le tout et le vide, elle \u00e9crit la pierre et l\u2019air, le concret et l\u2019absence. Elle \u00e9crit sous d\u2019autres noms, des noms qu\u2019elle s\u2019est donn\u00e9s, des noms d\u2019autres elles.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un jour d\u2019un mois d\u2019une ann\u00e9e. Cela n\u2019a plus d\u2019importance. Tant de personnes passent sous la tonnelle, tant de personnes glissent \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de ses doigts. Anastasia &#8211; est-ce vraiment elle ? &#8211; voit distinctement le trac\u00e9 incertain de la fronti\u00e8re entre la mer et le ciel. Elle porte son nom comme un masque anonyme. Elle est un nom, elle est un masque. Elle est ce que chacun d\u2019entre nous porte depuis sa plus petite enfance. Elle est \u00e0 la fois ce p\u00e8re inconnu et ce fils qui la sonde de ses yeux clairs, elle est le trait d\u2019union entre ces deux \u00eatres, entre l\u2019horizontal de la mer et le vertical des falaises. Elle est le paysage qui s\u2019\u00e9tale devant la terrasse du bar de la plage. Mais d\u00e9j\u00e0 son nom s\u2019efface. Anastasia &#8211; est-ce vraiment elle ? &#8211; s&rsquo;\u00e9vanouit lentement comme le soleil qui d\u00e9cline derri\u00e8re les falaises des Calanques. La nuit tombe sur la plage de Cassis. Anastasia Mortensen est un vent qui porte tant de questions.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"proposition3\">3 _ famille en d\u00e9composition<\/p>\n\n\n\n<p>Comme je le disais, Anastasia a eu plusieurs familles. Il y a celle de ses parents biologiques, Paul et Jacqueline Roques, celle de ses parents adoptifs, Lizbeth et Hans Mortensen, et d&rsquo;autres familles dont les liens sont difficiles \u00e0 \u00e9tablir. Comme si Anastasia prenait plaisir \u00e0 emmener les fils de ses origines jusqu\u2019\u00e0 ce que les n\u0153uds soient impossibles \u00e0 d\u00e9faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme je le disais, au moment o\u00f9 le premier et unique enfant de Paul et Jacqueline Roques venait au monde, rien n\u2019autorisait \u00e0 penser qu\u2019ils devraient assurer leur fonction de parents de fa\u00e7on si \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Paul Roques \u00e9tait un Marseillais pur jus, n\u00e9 dans l\u2019entre-deux-guerres, dans l\u2019entre-deux-mondes. Entre le poids des traditions familiales qui le sommaient de suivre le m\u00eame chemin ombrag\u00e9 que son p\u00e8re L\u00e9opold, chef de gare comme l\u2019\u00e9taient son grand-p\u00e8re Hippolyte et son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, Hippolyte lui aussi (on ne s\u2019embarrassait gu\u00e8re \u00e0 choisir des pr\u00e9noms \u00e0 l\u2019\u00e9poque), et celui de ses justes aspirations dans l\u2019\u00e9ther de son \u00e2me po\u00e9tique. La grand-m\u00e8re paternelle d\u2019Anastasia \u00e9tait la femme du chef de gare. Pour \u00eatre complet, on peut dire qu\u2019elle se pr\u00e9nommait Ir\u00e8ne, mais voil\u00e0 les seuls \u00e9l\u00e9ments qui restent \u00e0 ce jour de sa biographie.<br>Pour en revenir au p\u00e8re d\u2019Anastasia, comme je le dis bien souvent, lorsqu\u2019on est tiraill\u00e9 par des destins aussi \u00e9loign\u00e9s, on se perd dans un no man\u2019s land manquant cruellement de saveurs. \u00c0 d\u00e9faut de laisser couler son \u00e9criture dans des livres, Paul Roques a pass\u00e9 sa vie parmi ceux des biblioth\u00e8ques, \u00e9crits par d\u2019autres et lus par d\u2019autres. Lus, notamment, par Jacqueline Morel, qui avait une consommation boulimique de romans de gares. Et de biblioth\u00e8ques. Mademoiselle Morel, Picarde de naissance et Marseillaise de circonstance (elle avait pass\u00e9 la ligne de d\u00e9marcation durant l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;42), devint Madame Roques en pleine reconstruction nationale en 1949, le moment choisi par l\u2019Histoire pour que les enfants r\u00eavent un peu plus fort que leurs parents. Sa m\u00e8re (la grand-m\u00e8re d\u2019Anastasia), Madeleine, \u00e9tait veuve depuis que le gaz moutarde inhal\u00e9 dans les tranch\u00e9es de la Somme en 1916 avait d\u00e9truit les poumons de son mari au terme d\u2019une agonie de pr\u00e8s de dix ans. Madeleine, n\u00e9e Cousin, a perdu son unique fr\u00e8re Alfred, pilote d\u2019avion descendu dans le ciel de l\u2019Artois par l\u2019ennemi allemand, durant cette m\u00eame et sombre Grande Guerre. Quant \u00e0 son mari Marcel, avant de succomber aux douceurs de l\u2019yp\u00e9rite en 1925, il avait peint quelques tableaux, pour l\u2019essentiel des copies de commande. Sa famille avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9chir\u00e9e en deux par le sabre bris\u00e9 du Capitaine Dreyfus. Le pauvre Marcel avait pass\u00e9 l\u2019essentiel de sa courte vie \u00e0 errer entre les deux camps familiaux sans jamais vraiment choisir le sien. Jusqu\u2019\u00e0 ce que le gaz choisisse pour lui sa destin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme je le disais, cette famille Roques n\u2019a \u00e9t\u00e9 celle d\u2019Anastasia que durant une paire d\u2019heures. Deux heures et quarante-cinq minutes pour \u00eatre exact. Il ne lui en a fallu gu\u00e8re plus, trois heures et dix minutes pour \u00eatre pr\u00e9cis, pour avoir de nouveaux parents, le soleil de son premier jour parmi les hommes n\u2019\u00e9tait pas couch\u00e9 qu\u2019Anastasia avait d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu ce que beaucoup d\u2019entre nous ne vivront jamais. Les Mortensen sont arriv\u00e9s dans la vie d\u2019Anastasia dans un instant d\u2019une grande violence.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne vous l\u2019ai sans doute pas dit, Lizbeth Hopper est la fille d\u2019un fermier du Midwest Robert Hopper, lui aussi enfant de fermiers, et de Margaret Sullivan, de descendance irlandaise (son p\u00e8re \u00e9tait originaire de Cork et sa m\u00e8re de Limerick), qu\u2019il a \u00e9pous\u00e9e l\u2019ann\u00e9e de la grande d\u00e9pression en 1929. N\u00e9e \u00e0 North Vernon dans le comt\u00e9 de Jenkins dans l\u2019Indiana durant l\u2019automne&nbsp;1931, rien ne semblait pr\u00e9destiner Lizbeth Hopper \u00e0 un autre horizon que celui des champs de bl\u00e9 qui entouraient la ferme familiale. Fille unique, elle a d\u00fb son salut de quitter la ferme \u00e0 la visite de son oncle et de sa famille durant l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;50. Elle avait dix-neuf ans et, d\u00e9j\u00e0, elle se sentait condamn\u00e9e \u00e0 vivre dans ce trou alors quand ses cousins Dennis et Bruce lui ont propos\u00e9 de les suivre \u00e0 Los Angeles, lui proposant de travailler dans l\u2019industrie florissante du cin\u00e9ma, elle n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 longtemps. Attach\u00e9e de production, elle a fait une belle carri\u00e8re dans les traces de ses cousins. Lizbeth a rencontr\u00e9 Hans Mortensen en 1955 sur le tournage du film  <em>La peur au ventre<\/em> (titre original : <em>I Died a Thousand Times<\/em>), dans les studios d\u2019Hollywood. Son cousin Dennis Hopper (r\u00e9alisateur g\u00e9nial d\u2019<em>Easy rider<\/em> quatorze ans plus tard) y tenait un r\u00f4le secondaire. Dans l\u2019ambiance hippie gorg\u00e9e de LSD du tournage du long m\u00e9trage sign\u00e9 Stuart Helsler, elle est tomb\u00e9 dans les bras d\u2019un technicien son.&nbsp;<br>Je ne vous l\u2019ai sans doute pas dit, Hans Mortensen (n\u00e9 en 1928) est de nationalit\u00e9 danoise. Baroudeur, il a parcouru le globe encha\u00eenant les petits boulots et les pays. Il a \u00e9t\u00e9 ramasseur de cannes \u00e0 sucre \u00e0 Cuba, orpailleur en Argentine, ma\u00e7on au Japon, b\u00fbcheron en Australie, vendeur de machines agricoles en Afrique du Sud, p\u00eacheur en Islande, charpentier en Roumanie. Et technicien cin\u00e9ma sur la c\u00f4te est des \u00c9tats-Unis. Hans Mortensen a tr\u00e8s vite quitt\u00e9 le cocon familial (inexistant), \u00e0 cause d\u2019un p\u00e8re trop souvent derri\u00e8re les barreaux et d\u2019une m\u00e8re alcoolique. Le seul lien familial qui lui est longtemps rest\u00e9 dans son pays d\u2019origine \u00e9tait sa s\u0153ur Karyn (mari\u00e9e tardivement \u00e0 Christian Kristensen) de laquelle il a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s proche.&nbsp;<br>Je ne vous l\u2019ai sans doute pas dit, de la rencontre psych\u00e9d\u00e9lique entre Lizbeth Hopper et Hans Mortensen, est apparu, contre toute attente, un couple d\u2019amoureux tr\u00e8s \u00e9pris l\u2019un de l\u2019autre. Ils ont eu deux fils, Viggo n\u00e9 en 1958, et Niels, n\u00e9 en 1961. Sourd-muet de naissance, ce dernier est parvenu \u00e0 s\u2019exprimer par la peinture et est devenu un artiste engag\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de Keith Haring et du photographe Robert Mapplethorpe. Quant \u00e0 Viggo Mortensen, il a embrass\u00e9 une carri\u00e8re d\u2019acteur de cin\u00e9ma \u00e0 succ\u00e8s (il est Aragorn dans la trilogie du Seigneur des Anneaux), mais a aussi brill\u00e9 en qualit\u00e9 de r\u00e9alisateur, sc\u00e9nariste, producteur, musicien, photographe, peintre et po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne vous l\u2019ai sans doute pas dit, Lizbeth Mortensen (elle s\u2019est mari\u00e9e en 1960 avec Hans) est tomb\u00e9e enceinte pour la troisi\u00e8me fois fin&nbsp;1966. Pour la naissance de leur troisi\u00e8me enfant, le couple a d\u00e9cid\u00e9 de rejoindre Copenhague afin que Lizbeth accouche sur la terre des anc\u00eatres de son mari. Malheureusement, lors d\u2019une escale \u00e0 Marseille (en ao\u00fbt 1967), sa grossesse a connu de tragiques complications qui l\u2019ont contrainte \u00e0 se faire hospitaliser. L\u2019enfant n\u2019a pas surv\u00e9cu. Comme je le disais, quelques heures apr\u00e8s ce drame, Lizbeth et Hans Mortensen adoptaient dans la maternit\u00e9 d\u2019un h\u00f4pital marseillais, une petite fille qui venait, elle, de perdre subitement ses deux parents d\u2019une mort (pr\u00e9tendument) accidentelle. Comme je le disais, il n\u2019a fallu que six heures d\u2019existence pour que la fille de Paul et Jacqueline Roques devienne Anastasia Mortensen. Comme je le disais aussi, Anastasia Mortensen a eu un parcours de vie dont il est difficile de suivre la trace. Devenue \u00e9crivaine \u00e0 succ\u00e8s sous son propre nom, mais aussi derri\u00e8re de nombreux pseudonymes, il est difficile de suivre la carri\u00e8re et la vie d\u2019Anastasia Mortensen. Son nom est aujourd\u2019hui associ\u00e9 \u00e0 divers mouvements contestataires dans le monde sans que l\u2019on connaisse r\u00e9ellement sa r\u00e9elle implication.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, je suis certain de ne pas vous l\u2019avoir dit, il s\u2019av\u00e8re que les Roques et les Mortensen ont une lointaine ascendance commune. Au d\u00e9but du XIIIe si\u00e8cle, dans le duch\u00e9 de Franconie pr\u00e8s de Gelnhausen, une femme accus\u00e9e de sorcellerie est morte sur le b\u00fbcher laissant deux nourrissons.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"proposition2\"><strong>2 _ Anastasia Mortensen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Se peut-il qu\u2019Anastasia Mortensen soit l\u2019auteure du <em>Livre de pierre<\/em> qui r\u00e9git le monde des Endormis depuis, croyait-on, pr\u00e8s de deux mille ans ? C\u2019est l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un couple de chercheurs compos\u00e9 de <em>Barnard Oswald<\/em>, historien \u00e9tats-unien et professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Colombia (New York) sp\u00e9cialiste de l\u2019Antiquit\u00e9 et de la Canadienne <em>Gervaise Streckton<\/em>, professeur en sciences sociales \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 McGill de Montr\u00e9al. Selon l\u2019article co-sign\u00e9 par les deux scientifiques nord-am\u00e9ricains paru dans la revue <em>New Science<\/em> (B. Oswald, G. Streckton \u00ab&nbsp;The stone book is not a stone&nbsp;\u00bb, New Science #1285-Volume V, 2021, pp.34-67), la d\u00e9couverte du <em>Livre de pierre<\/em> le 7 septembre 1995 dans une grotte du d\u00e9sert de Gobi par l\u2019explorateur n\u00e9erlandais <em>Arjen McNamara<\/em> serait une mise en sc\u00e8ne. Si de nombreux doutes ont accompagn\u00e9 cette d\u00e9couverte (comme le rel\u00e8ve l\u2019ouvrage de l\u2019historien chinois <em>Heng Jian-Yun<\/em> \u00ab&nbsp;\u9519\u8bef\u7684\u53d1\u73b0 &#8211; The false discovery, Pilgrim \u00e9diting, 1999), les r\u00e9v\u00e9lations des chercheurs nord-am\u00e9ricains pr\u00e9sentent tout autant des zones d\u2019ombre. Les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9signant l\u2019auteure de roman policier Anastasia Mortensen comme la v\u00e9ritable auteure du livre tant recherch\u00e9 depuis douze si\u00e8cles (le <em>Livre de Pierre<\/em> est l\u2019ouvrage fondateur de la civilisation des Endormis qui a r\u00e9gn\u00e9 sur l\u2019Asie depuis la chute de la dynastie Tang en 883 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement de <em>Gengis Khan<\/em> et l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de l\u2019Empire Mongol en 1290) seraient trop l\u00e9gers pour convaincre unanimement les historiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Anastasia Mortensen [<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/API_%CB%88\">\u02c8<\/a>anastazja&nbsp;\u02c8m\u0254\u02d0rt\u0259ns\u0259n] est une \u00e9crivaine poss\u00e9dant la triple nationalit\u00e9 \u00e9tats-unienne, danoise et fran\u00e7aise. Elle est n\u00e9e le 13 ao\u00fbt 1967 \u00e0 Marseille (France). Ses parents biologiques sont fran\u00e7ais. <em>Paul et Jacqueline Roques<\/em> d\u00e9c\u00e8dent tous les deux moins de trois heures apr\u00e8s sa naissance (victimes d\u2019un empoisonnement au mercure, l\u2019enqu\u00eate diligent\u00e9e par la police n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tablir le caract\u00e8re criminel). Seulement six heures apr\u00e8s \u00eatre venue au monde, la petite fille qui n\u2019a pas encore de nom ni de pr\u00e9nom, est adopt\u00e9e par un couple am\u00e9ricano-danois <em>Lizbeth et Hans Mortensen<\/em> qui lui donneront leur nom et la baptiseront Anastasia, pr\u00e9nom d\u2019origine grecque li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9surrection. Le couple Mortensen venait de perdre leur enfant mort-n\u00e9 dans la m\u00eame maternit\u00e9 quelques heures avant d\u2019adopter la petite orpheline.<\/p>\n\n\n\n<p>Anastasia Mortensen passe les trois premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie en Argentine, \u00e0 Cordoba et \u00e0 Buenos Aires. \u00c0 la suite du divorce de ses parents adoptifs, elle part vivre aux \u00c9tats-Unis, dans le nord de l&rsquo;\u00c9tat de New York, avec sa m\u00e8re et ses deux fr\u00e8res. Elle est la petite soeur de <em>Viggo Mortensen<\/em>,&nbsp;acteur, r\u00e9alisateur, sc\u00e9nariste, producteur, musicien,&nbsp;photographe,&nbsp;peintre&nbsp;et&nbsp;po\u00e8te am\u00e9ricano-danois. Anastasia Mortensen a un fils pr\u00e9nomm\u00e9 Paul (comme son p\u00e8re biologique).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e2ge de seize ans, Anastasia Mortensen publie son premier roman en fran\u00e7ais <em>Du sang sur les draps<\/em> (\u00e9ditions de Minuit, 1983). Ce premier ouvrage est salu\u00e9 par la critique et re\u00e7oit le prix Interalli\u00e9. N\u00e9anmoins, un d\u00e9bat est ouvert sur la r\u00e9elle identit\u00e9 de l\u2019auteur du livre par le journaliste <em>Jean Droitecourt<\/em> qui fustige l\u2019adolescente dans une tribune (Arr\u00eatez de nous mentir, le Figaro, 23 octobre 1983). D\u00e8s lors, Anastasia Mortensen n\u2019aura de cesse de jouer de son identit\u00e9 pour signer des ouvrages de toutes sortes, allant d\u2019un manuel de couture (Le point coul\u00e9 en confiance, \u00e9ditions Marabout, 1995) jusqu\u2019\u00e0 un guide ornithologique (Les oiseaux de nos for\u00eats, Delachaux et Niestl\u00e9, 2002). \u00c0 l\u2019inverse, sa trace se perd dans l\u2019utilisation fr\u00e9quente de pseudonymes. \u00c0 ce jour, il est \u00e9tabli qu\u2019elle a utilis\u00e9 les signatures de <em>Claude Veillard<\/em> (Le clocher meurtrier, Mercure noir, 1990), <em>Ir\u00e8ne Wilberg<\/em> (La saga des aventures de l\u2019inspecteur Moutarde, parue chez Grasset) et <em>Jean-Paul Louis<\/em> (Noirs desseins, \u00e9ditions XO, 2010). Il semblerait qu\u2019elle ait \u00e9crit sous d\u2019autres noms plusieurs autres ouvrages.<\/p>\n\n\n\n<p>Discr\u00e8te sur la sc\u00e8ne publique, le nom d\u2019Anastasia Mortensen est associ\u00e9 \u00e0 divers mouvements contestataires dans le monde sans que l\u2019on connaisse r\u00e9ellement l\u2019implication de l\u2019\u00e9crivaine. Aux Etats-Unis, un groupe nomm\u00e9 <em>Mortensen\u2019s Circle<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant une branche physique du mouvement cyberactiviste des <em>Anonymous<\/em>. On a retrouv\u00e9 trace de ses actions lors des manifestations autour du meurtre de <em>George Floyd<\/em> ou de l\u2019affaire <em>Wikileaks<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-normal-font-size\" id=\"proposition1\">1 _ Premi\u00e8res rencontres<\/h2>\n\n\n\n<p>M\u00e9lange de blancs. Blanc immacul\u00e9 des draps, rougis par le sang dans des taches \u00e9parses, froiss\u00e9 par les mains avec lesquelles tu t\u2019accroches. Blanc d\u2019une peau diaphane qui ne conna\u00eet pas encore le soleil. Blanc, des murs blancs, des bruits blancs, une lumi\u00e8re blanche, un instant blanc comme une parenth\u00e8se muette suspendue au temps. Un cri blanc. Musique blanche de bips cadenc\u00e9s qui rythment la vie, de voix douces et imp\u00e9rieuses. Il y a eu les r\u00e2les d\u2019un souffle saccad\u00e9. Il y a eu une autre voix qui comptait un-deux-trois pour encourager. Il y a maintenant ce blanc qui coule dans mes veines.<\/p>\n\n\n\n<p>Le visage si longtemps crisp\u00e9, d\u00e9form\u00e9. Une boule de p\u00e2te \u00e0 martyriser qui recouvre lentement les traits de ton visage laissant pour stigmates de ta douleur des gouttes de sueur qui perlent sur ton front. Allong\u00e9e sur le lit apais\u00e9, tu disparais dans l\u2019\u00e9puisement pendant que ton autre toi se gonfle d\u2019air pour la premi\u00e8re fois suspendue par les pieds et des mains autoritaires. Que ton premier souffle soit un pleur, soit un cri sans savoir si tes yeux voient comme moi ce monde \u00e0 l\u2019envers. Tu es encore deux pour un court moment. Vous \u00eates encore une le temps de couper le cordon.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne parle pas. Je dis juste que ce que mon sang m\u2019autorise \u00e0 expulser de ma bouche, trop occup\u00e9 \u00e0 bouillir, projet\u00e9 dans mes veines par un c\u0153ur emball\u00e9. \u00ab\u2009Comment tu te sens\u2009?\u2009\u00bb r\u00e9sonne timidement en fausse note dans l\u2019ambiance surchauff\u00e9e de la salle de spectacles. Toi1 me sourit sans n\u2019avoir rien entendu. Toi2 se bat encore pour faire sa place dans le nouveau monde. Je crois avoir entendu dans ton d\u00e9chirant soupir une r\u00e9ponse \u00e0 mon souffle. J\u2019imagine que tu me parles de l\u2019\u00e2cret\u00e9 de l\u2019air et de la douceur perdue du placenta de ton autre toi. Toi1 expire \u00ab\u2009et toi\u2009?\u2009\u00bb. Moi, ma blancheur me ronge encore.<\/p>\n\n\n\n<p>Les couleurs des bruits reviennent peu \u00e0 peu. Une sir\u00e8ne de pompiers \u00e9claire le son blanc de l\u2019instant. J\u2019entends des conversations qui viennent de dehors, qui sortent de la terre, qui r\u00e9sonnent dans l\u2019air. Le blanc s\u2019estompe comme un brouillard qui se dissipe laissant dans son sillage les premi\u00e8res couleurs aux tons enrichis. Le rouge n\u2019est plus le m\u00eame rouge, le bleu a gagn\u00e9 en profondeur, le jaune illumine jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aveuglement mes yeux d\u00e9blanchis. Ta peau rosit, ton visage s\u2019affirme. Aux deux extr\u00e9mit\u00e9s d\u2019un cordon fragile, ta vie se d\u00e9double. D\u2019un coup de ciseaux expert, vous voil\u00e0 deux.<\/p>\n\n\n\n<p>Je te d\u00e9couvre m\u00e8re, notre premi\u00e8re rencontre. Sur l\u2019oreiller sur\u00e9lev\u00e9 repose ton visage agrandi de femme nouvelle et \u00e9puis\u00e9e. Une lueur en plus, je ne la connaissais pas. J\u2019essaie de rire, tu parviens \u00e0 pleurer. Tes hormones d\u00e9bordent en larmes de joie qui se r\u00e9pandent dans une rivi\u00e8re folle et se transforment en cascade. Au bord du gouffre, nous avons le vertige.&nbsp;<br>Je te d\u00e9couvre fille, notre premi\u00e8re rencontre. Pos\u00e9e sur le ventre de ta chair, tu philosophes avec gourmandise des bienfaits de la vie. Jamais ton avenir ne sera si radieux, jamais la vie qui t\u2019attend ne sera aussi longue. Je t\u2019entends r\u00eaver si fort que je ne m\u2019entends plus penser. Et ces voix que je ne connais pas qui racontent de dr\u00f4les d\u2019histoires. Au bord du gouffre, je suis tomb\u00e9.<br>Je me d\u00e9couvre p\u00e8re, ma premi\u00e8re rencontre. Je vois mes cheveux blanchir et les tiens pousser. Je vois mes cheveux tomber et les tiens blanchir. Je te vois allong\u00e9e sur ce lit d\u2019h\u00f4pital. Je vois la lumi\u00e8re et les bruits et l\u2019air qui me br\u00fble les poumons. Je me vois expulser d\u2019une voix blanche toute l\u2019ombre qui m\u2019habite. Je me vois pos\u00e9 sur ton ventre de fille devenue m\u00e8re. Je me vois p\u00e8re devenu fils.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/daniele-levis-pelusi-mkMSXR86kYY-unsplash-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-151177\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/daniele-levis-pelusi-mkMSXR86kYY-unsplash-683x1024.jpg 683w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/daniele-levis-pelusi-mkMSXR86kYY-unsplash-280x420.jpg 280w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/daniele-levis-pelusi-mkMSXR86kYY-unsplash-768x1152.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/daniele-levis-pelusi-mkMSXR86kYY-unsplash-1024x1536.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/daniele-levis-pelusi-mkMSXR86kYY-unsplash-1365x2048.jpg 1365w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/daniele-levis-pelusi-mkMSXR86kYY-unsplash-scaled.jpg 1707w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Photo de&nbsp;<a href=\"https:\/\/unsplash.com\/fr\/@yogidan2012?utm_content=creditCopyText&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=unsplash\">Daniele Levis Pelusi<\/a>&nbsp;sur&nbsp;<a href=\"https:\/\/unsplash.com\/fr\/photos\/textile-blanc-sur-textile-blanc-mkMSXR86kYY?utm_content=creditCopyText&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=unsplash\">Unsplash<\/a><\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 _ premi\u00e8res rencontres 2 _ Anastasia Mortensen 3 _ famille en d\u00e9composition4 _ un vent 4 _ un vent Sur la terrasse du bar de la plage, le mistral chasse les nuages. La mer gondole d\u2019impatience sous les coups de fouet des rafales d\u2019air frais. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des Calanques, Marseille gromm\u00e8le la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9, les jours raccourcis <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvellesboucle2-rencontres-blanches\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#nouvelles#boucle2 | \u00e0 la poursuite d&rsquo;Anastasia Mortensen<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":352,"featured_media":151177,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5908,5909,5947,5966,5991],"tags":[1886,5979,5980,1193,940,2288],"class_list":["post-151176","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles-boucle-2","category-boucle-2-01-paul-morand","category-boucle-2-02-faux-wikipedia","category-boucle-2-03-gertrude-stein-familles","category-boucle-2-04-pierre-michon","tag-blanc","tag-danemark","tag-hollywood","tag-marseille","tag-naissance","tag-rencontre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151176","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/352"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=151176"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151176\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/151177"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=151176"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=151176"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=151176"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}