{"id":151190,"date":"2024-06-16T19:36:38","date_gmt":"2024-06-16T17:36:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=151190"},"modified":"2024-06-18T12:15:26","modified_gmt":"2024-06-18T10:15:26","slug":"nouvelles-chroniques-inveterees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-chroniques-inveterees\/","title":{"rendered":"#nouvelles #lire&amp;dire | Nouvelles chroniques (inv\u00e9t\u00e9r\u00e9es)"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vers <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-boucle-2-des-nouvelles-de-marcel\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Des nouvelles de Marcel | boucle 2<\/a><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vers <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-boucle-3-01-la-cour-du-silence-des-nouvelles-de-marcel\/\">Des nouvelles de Marcel | boucle 3<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/20240611_181720-bis-1-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-154547\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/20240611_181720-bis-1-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/20240611_181720-bis-1-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/20240611_181720-bis-1-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/20240611_181720-bis-1-768x768.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/20240611_181720-bis-1.jpg 1112w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#d1c9191c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-70e03e1473361be9059a85d5622b0ae1 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>16062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parfois, quand je sors marcher, c\u2019est de fa\u00e7on studieuse. Je r\u00e9fl\u00e9chis, de fa\u00e7on a priori dialectique, \u00e0 des sujets graves, des id\u00e9es difficiles, des probl\u00e8mes insolubles et des projets vains, entre autres. Je dis <em>a priori<\/em>, parce qu\u2019il faut bien se l\u2019avouer, si je transcrivais ce qui me traverse l\u2019esprit, si s\u00e9rieux alors, je ne sais pas si j\u2019en rirais ou pleurerais \u00e0 la relecture. Mais l\u2019int\u00e9r\u00eat n\u2019est pas l\u00e0, dans ce que je pense de ceci ou de cela, et qui peuvent bien finir par se contredire. Non, l\u2019int\u00e9r\u00eat, c\u2019est bien plut\u00f4t la marche de la pens\u00e9e, pas son point d\u2019arriv\u00e9e&nbsp;: c\u2019est sa r\u00e9flexion \u00e0 elle-m\u00eame, une esp\u00e8ce de lib\u00e9ration dans la d\u00e9lib\u00e9ration, et certainement une r\u00e9organisation, une fa\u00e7on de se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer, de se redynamiser. Une forme de renaissance&nbsp;? Paling\u00e9n\u00e9sie&nbsp;?<br>\u2014 On a dit marcher, les pieds sur terre, pas en l\u00e9vitation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Glisser dans le r\u00e9cit les conditions de la r\u00eaverie de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir \u00e9noncer librement, sans trop r\u00e9fl\u00e9chir, n\u2019importe quelle image. \u2014 M\u00eame celle de l\u2019ADN&nbsp;? \u2014 M\u00eame celle-l\u00e0. \u2014 Oui, enfin, quand tu sais que l\u2019inconscient, derri\u00e8re la r\u00eaverie, est structur\u00e9 comme un langage\u2026 \u2014 Raison de plus pour ne plus r\u00e9fl\u00e9chir et se fier \u00e0 ces images qui sont comme les points chauds du magma de la langue&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fait, l\u2019id\u00e9e des heures pour le petit Marcel et la petite Lulu, je l\u2019ai vol\u00e9e \u00e0 <em>La M\u00e9moire du monde<\/em>&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Fin d\u2019hiver \u2014 1917. Tranch\u00e9es, avec tout le confort possible. Loin de l\u2019oc\u00e9an de boue de la Picardie \u2014 et comme loin la guerre.<br>C\u2019est dans l\u2019Aisne. Un secteur tranquille. Une tranch\u00e9e dans les bois. Un plancher de <em>caillebotis<\/em> sur le sol pour ne pas se mouiller les pieds \u2014 des abris ou <em>guitounes<\/em> creus\u00e9s dans les parois&nbsp;: un luxe.<br>\u2014 Heure de l\u2019oiseau<br>\u2014 Heure des feuilles naissantes<br>\u2014 Heure de la promenade, des fleurs, des fraises sauvages<br>\u2014 Heure d\u2019Apollinaire<br>Jouer aux cartes, boire, s\u2019\u00e9pouiller, ne penser \u00e0 rien&nbsp;; la guerre est trop longue et la vie trop courte. Profitons de ce moment charmant.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voil\u00e0, le cycle est termin\u00e9.<br>Je m\u2019attendais \u00e0 une nouvelle boucle de <em>f<\/em>, mais non. <em>f <\/em>ouvre un nouveau cycle. Il l\u2019intitule <em>Anthologie<\/em>. Autant dire qu\u2019on sait pas vraiment de quoi il va retourner, sinon d\u2019un floril\u00e8ge en <em>work in progress<\/em>. Et d\u2019ailleurs, c\u2019est s\u00fbrement pas pour rien que la premi\u00e8re proposition consiste \u00e0 <em>trouver un registre o\u00f9 le soi s\u2019exprime en amont de toute possible autobiographie ou d\u00e9voilement [\u2026]&nbsp;: une impossibilit\u00e9 de sujet, puisque c\u2019est justement l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parole, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la marche, qu\u2019on va creuser et construire<\/em>. Et autant dire alors, mon vieux Marcel, que j\u2019ai plus rien \u00e0 dire parce que justement, et je dis <em>mon vieux<\/em> et plus <em>mon petit<\/em> pour \u00e7a, \u00e7a fait environ un an que je tiens ce carnet avec toi, m\u00eame si je t\u2019ai retrouv\u00e9 en cours de route, \u00e0 la fin du second tome, je crois, mais \u00e7a fait environ un an que je fais que \u00e7a, que je donne surtout dans \u00e7a, <em>une impossibilit\u00e9 de sujet<\/em>, qui est aussi une impossibilit\u00e9 d\u2019\u00e9crire puisque, pour celui qui d\u00e9sire \u00e9crire le sujet m\u00eame de l\u2019\u00e9criture c\u2019est l\u2019\u00e9criture m\u00eame, et pardon pour les n\u0153uds au cerveau hein&nbsp;? mais \u00e7a fait une ann\u00e9e que je me d\u00e9bats avec \u00e7a, et Dieu sait que c\u2019est pas si facile et que c\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019une impression, en fait, et que c\u2019est peut-\u00eatre m\u00eame impossible, on se d\u00e9bat parfois en vain, depuis environ un an et \u00e7a fait un anniversaire \u00e0 f\u00eater tiens&nbsp;! un an de ce carnet, et l\u2019anniversaire que t\u2019as pas eu aussi, Marcel, puisque t\u2019es mort juste avant, \u00e0 environ un an, et va savoir du coup si c\u2019est l\u2019anniversaire de ta naissance ou de ta mort qu\u2019on f\u00eate en m\u00eame temps, ou les deux mon vieux capitaine, m\u00eame si c\u2019\u00e9tait il y a de \u00e7a environ un si\u00e8cle, et alors tant mieux, \u00e7a fait un autre anniversaire \u00e0 f\u00eater&nbsp;! un si\u00e8cle qu\u2019on f\u00eate tes un an, pour environ un an d\u2019un carnet impossible, et alors oui, oui, dans ces n\u0153uds gordiens du temps&nbsp;: autant dire qu\u2019on a plus rien \u00e0 dire. Il serait peut-\u00eatre justement temps d\u2019ouvrir un nouveau cycle aussi&nbsp;? Ou de partir en vacances, \u00e0 l\u2019\u00e9tranger&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(En attendant, j\u2019ouvre un autre livre, <em>Sur le R\u00e9alisme<\/em> de Brecht, enfin. Et, ma foi, \u00e7a commence bien avec cette note initiale comme on n\u2019en fait plus&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;En ces temps de choix d\u00e9cisifs, l\u2019art aussi doit choisir. Il peut se faire l\u2019instrument de quelques-uns, qui jouent aupr\u00e8s du grand nombre le r\u00f4le des dieux et du destin, et exigent une foi dont la qualit\u00e9 premi\u00e8re soit d\u2019\u00eatre aveugle&nbsp;; ou il peut se ranger aux c\u00f4t\u00e9s du grand nombre, et remettre son destin entre ses propres mains. Il peut livrer les hommes aux ivresses, aux illusions et aux miracles, et il peut livrer le monde aux hommes. Il peut accro\u00eetre l\u2019ignorance, et il peut accro\u00eetre le savoir. Il peut en appeler aux puissances qui font leurs preuves dans la destruction, et \u00e0 celles qui font leurs preuves dans l\u2019aide apport\u00e9e aux hommes.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et Chevillard (tiens, <em>chevillard<\/em> selon le <em>Robert&nbsp;<\/em>: \u00ab&nbsp;Boucher qui vend la viande \u00e0 la cheville&nbsp;; boucher en gros.&nbsp;\u00bb), jamais <a href=\"https:\/\/autofictif.blogspot.com\/2024\/06\/5766.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">en reste<\/a> pour r\u00e9pondre \u00e0 Masson (\u00ab&nbsp;Le nom de famille \u00ab\u00a0Masson\u00a0\u00bb est d&rsquo;origine fran\u00e7aise et il est d\u00e9riv\u00e9 du mot \u00ab\u00a0ma\u00e7on\u00a0\u00bb, qui d\u00e9signait \u00e0 l&rsquo;origine un ouvrier qui travaillait la pierre ou le b\u00e9ton. Le nom a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 aux personnes qui exer\u00e7aient ce m\u00e9tier au Moyen \u00c2ge. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un nom de profession courant en France, en particulier dans les r\u00e9gions o\u00f9 la construction en pierre \u00e9tait r\u00e9pandue. Le nom a pu \u00e9voluer l\u00e9g\u00e8rement en fonction des r\u00e9gions et des dialectes locaux, mais il reste g\u00e9n\u00e9ralement reconnaissable sous la forme \u00ab\u00a0Masson\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Mason\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise le Chat Mistral)&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;J\u2019aime observer les all\u00e9es et venues des passants dans les rues, comme ils fl\u00e2nent ou vaquent, indolents ou r\u00e9solus, comme se croisent leurs trajectoires, sans heurt le plus souvent, chaque poisson dans sa rivi\u00e8re, et je me demande quand, comment et pourquoi va cependant germer dans l\u2019une ou l\u2019autre de ces t\u00eates l\u2019id\u00e9e puis le projet de la guerre.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-b1b8eedd4618eb63f07ba8e671eae0a9 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>15062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| \u00c0 la recherche du <em>Sur Nietzsche<\/em> de Georges Bataille, je suis tomb\u00e9 sur <a href=\"https:\/\/www.andrebreton.fr\/fr\/thewall\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">le mur interactif d\u2019Andr\u00e9 Breton<\/a>. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pas bien. Mais j\u2019aurais voulu l\u2019\u00e9trangler. C\u2019est pas bien parce que j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019homicide, j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de f\u00e9minicide vu que c\u2019est une femme, et j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019obscurantisme vu c\u2019est une philosophe, de terrorisme peut-\u00eatre vu que \u00e7a serait pass\u00e9 en pleine \u00e9mission t\u00e9l\u00e9 \u2014 sur Arte en plus&nbsp;! je serais pass\u00e9 pour un inculte&nbsp;! N\u2019emp\u00eache, j\u2019aurais voulu l\u2019\u00e9trangler tant je m\u2019\u00e9tranglais \u00e0 l\u2019\u00e9couter. Quel besoin, aussi, elle a eu d\u2019employer, cette m\u00e9taphore qui n\u2019en \u00e9tait pas une tant elle manquait de vivacit\u00e9&nbsp;? Quel besoin de r\u00e9p\u00e9ter ce clich\u00e9 de l\u2019ADN&nbsp;? Elle parle antis\u00e9mitisme, elle accuse M\u00e9lenchon, elle vise deux ou trois autres personnes, elle rejette leur parti, elle \u00e9largit la chose, elle croise et brouille les pistes, pourquoi&nbsp;?<br><em>\u00ab&nbsp;C\u2019est dans leur ADN, et pourquoi c\u2019est dans leur ADN&nbsp;? en fait parce que c\u2019est dans l\u2019ADN d\u2019une partie de la Gauche, \u00e0 travers le wokisme, \u00e0 travers l\u2019id\u00e9e que les Juifs, finalement sont hors du mouvement de l\u2019histoire, c\u2019est-\u00e0-dire que, ils s\u2019opposent aux partis progressistes\u2026 \u2014 Quel est le rapport entre le wokisme et l\u2019antis\u00e9mitisme, je, j\u2019comprends pas l\u00e0\u2026 le wokisme qui d\u2019ailleurs est une th\u00e9orie\u2026&nbsp;\u00bb<\/em> fumeuse, brumeuse, n\u00e9buleuse sous-entend l\u2019autre d\u2019un geste des mains, tel un illusionniste.<br>(C\u2019est vrai qu\u2019on a dit pas mal de conneries ces derniers temps autour de M\u00e9lenchon, mais de l\u00e0 \u00e0 enclencher une m\u00e9canique rh\u00e9torique qui engagerait toute la Gauche. \u00c0 moins de faire faire un tour complet \u00e0 l\u2019engrenage, avec le compte des petites phrases antis\u00e9mites du c\u00f4t\u00e9 de la Droite, histoire d\u2019\u00e9quilibrer au moins la balance&nbsp;? \u2014 sauf \u00e0 consid\u00e9rer que cela ne soit, dans l\u2019histoire, qu\u2019un d\u00e9tail.)<br>(Si elle avait dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est dans leur <em>histoire<\/em>&nbsp;\u00bb, le mot aurait \u00e9t\u00e9 plus juste, l\u2019argument aurait \u00e9t\u00e9 compr\u00e9hensible, les figures d\u2019amplification et de coq-\u00e0-l\u2019\u00e2ne auraient pris une autre tournure, les reflets de la technocratie et du biopouvoir ne seraient peut-\u00eatre pas apparus \u2014 parce qu\u2019il me semble qu\u2019il y a de \u00e7a, dans l\u2019image de l\u2019ADN, issue de la biologie la plus pointue qui n&rsquo;est rien sans la technologie la plus fine, quand on l\u2019applique \u00e0 la politique.)<br>Et voil\u00e0, le poisson est noy\u00e9&nbsp;: gagn\u00e9&nbsp;! Le programme de g\u00e9n\u00e9tique du discours mystificateur a produit ses effets dans le dialogue. Le fil coup\u00e9, on s\u2019\u00e9trangle. Envie de meurtre. CQFD<br>(On plaidera quand m\u00eame non coupable au proc\u00e8s.)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-light-gray-background-color has-background\">Il y avait aussi un gramophone au fond du grenier. Un gramophone valise je crois, sans pavillon. Il ne fonctionnait plus quand je l\u2019ai d\u00e9couvert, mais la petite Lulu l\u2019aura peut-\u00eatre entendu sa musique&nbsp;? Peut-\u00eatre l\u2019aura-t-elle fait tourner&nbsp;? Pour quelles voix, quelles chansons d\u2019avant-guerre&nbsp;? Quels cr\u00e9pitements&nbsp;?<br>Et elle avec le chien, \u00e0 l\u2019heure de petique-petoque sur le plancher du grenier. Le chien qui aboie apr\u00e8s la botte de foin o\u00f9 vient de se glisser une souris. Le chien qui l\u2019\u00e9coute raconter ses histoires, et qui se gratte l\u2019oreille. Le chien, la t\u00eate dans le cadre d\u2019une fen\u00eatre. Le chien qui saute, le chien qui plonge et ressort de la rivi\u00e8re une grosse pierre dans la gueule. Le chien qui s\u2019\u00e9broue, \u00e7a \u00e9clabousse. Le chien, la truffe en l\u2019air et qui \u00e9ternue. Et les pierres au fond de l\u2019eau. Un tas de pierres avec le temps. Un grand cairn. Une pyramide \u00e0 la limite. Et le petit pont de pierre dessous, au fond de la galerie. Le petit pont des milieux de chemin, \u00e0 l\u2019heure de se jeter \u00e0 l\u2019eau.<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette semaine, au Domaine des Foss\u00e9s \u2014 je n\u2019ai pas encore vraiment r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 la proximit\u00e9 de ce lieu avec le Domaine des dieux \u2014, il est aussi apparu que mon go\u00fbt pour <em>Madeleine project<\/em> \u2014 pour rappel, Clara Beaudoux, en emm\u00e9nageant dans son nouvel appartement, d\u00e9couvre dans la cave les affaires de Madeleine, la vieille dame d\u00e9c\u00e9d\u00e9e qui habitait l\u00e0 auparavant, et nous fait partager sa d\u00e9couverte et son enqu\u00eate (<em>Mais qui \u00e9tait Madeleine&nbsp;?<\/em>) en quelques mots et en images sur Twitter (un livre pour finir) \u2014 recoupe mes recherches du temps o\u00f9, pas encore entr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole, je montais dans le grenier fouiller dans les affaires du grand-p\u00e8re Roger (l\u2019arri\u00e8re-grand-p\u00e8re), et redescendait casque \u00e0 pointe sur la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et voil\u00e0 qui conviendra \u00e0 l\u2019\u00e9quipe d\u2019Une certaine Dose de po\u00e9sie, ce mot d\u2019Andr\u00e9 Masson, dans <em>La M\u00e9moire du monde<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il me para\u00eet fatal que certaines \u00e9preuves laissent des empreintes dans le laboratoire de la cr\u00e9ation, celle-ci serait-elle assez puissante pour transmuer en f\u00eates picturales les massacres.&nbsp;\u00bb<br><em>L\u2019Autofictif<\/em> <a href=\"https:\/\/autofictif.blogspot.com\/2024\/06\/5766.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">5765<\/a> ajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9crivain est bien tranquille. Que lui arracherait-on sous la torture qu\u2019il n\u2019ait confess\u00e9 si complaisamment dans ses m\u00e9moires&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-f63f8942cc0c8620e40b92ef2d108777 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>14062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| <em>Les Oisillons tomb\u00e9s du nid<\/em> \u2014 C\u2019\u00e9tait, disons, un groupe folk de l\u2019enfance-po\u00e8te qui interpr\u00e9tait des textes humoristiques et na\u00effs au premier abord, \u00e0 l\u2019image du titre de leur premier disque <em>Mangent de la terre<\/em> (\u00e0 lire avec le nom du groupe), \u00ab&nbsp;avec peu, une guitare, une batterie-jouet et des contre-chants scouts&nbsp;\u00bb, comme le disait Ludovic Perrin dans <em>Lib\u00e9ration<\/em> (il y a bien longtemps en 2001). On retrouve quelques chansons en \u00e9coute sur le compte <a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/patricecaumon\/les-oisillons-tombes-du-nid-larbre-de-la-vie\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Soundcloud de Patrice Caumon<\/a>, chanteur du groupe. Mais pas de trace du \u00ab&nbsp;Chant bureaucratique&nbsp;\u00bb. Tant pis, je me rabattrai sur \u00ab&nbsp;Le PDG et l\u2019Escargot&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Vas-y, Zizou&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Les Pommes et les Couilles&nbsp;\u00bb\u2026 et \u00ab&nbsp;La Foire aux plaisirs&nbsp;\u00bb qui d\u00e9note un peu avec sa nostalgie ambigu\u00eb un jour de f\u00eate foraine, devant un stand de tir o\u00f9&nbsp;: \u00ab&nbsp;la cible c\u2019est notre c\u0153ur d\u2019enfant que l\u2019on voudrait truffer de plomb.&nbsp;\u00bb ||<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-light-gray-background-color has-background\">Ce serait elle derri\u00e8re le drap blanc, un peu mit\u00e9, aux initiales brod\u00e9es en rouge. Le drap pris dans un buffet rempli de vieux linge pour d\u00e9limiter un espace de jeu dans le grenier, soit comme un rideau entre le mur et le conduit de chemin\u00e9e, soit comme une sorte de tente contre le conduit. Ou le toit d\u2019une cabane dans les bottes de paille, maintenu par le manche d\u2019une fourche. Le drap sous lequel elle se glisse parfois \u00e0 l\u2019heure d\u2019une autre peau. \u00c0 l\u2019heure des pas aveugles. \u00c0 l\u2019heure des mains invisibles et des mots chuchot\u00e9s.<br>Ce serait elle derri\u00e8re ce drap, quand elle joue avec le rouet. Elle quand elle actionne du pied la p\u00e9dale, quand la roue tourne \u00e0 vide, \u00e0 l\u2019heure des r\u00e9cits dont le h\u00e9ros principal est toujours diff\u00e9rent, et dont tu restes le personnage secondaire. Un figurant, un passant, r\u00e9gulier \u00e0 l\u2019heure du d\u00e9nouement. \u00c0 l\u2019heure des craquements du plancher. \u00c0 l\u2019heure des feuilles froiss\u00e9es d\u2019un cahier. \u00c0 l\u2019heure des paroles inaudibles dehors.<br>\u00c0 l\u2019heure de la grosse bouteille vide couverte de poussi\u00e8re et de toiles d\u2019araign\u00e9es. Quand elle la rapporte dans son aire de jeu et d\u2019histoires et la d\u00e9poussi\u00e8re du revers de la manche, en faisant tourner lentement son poignet. En d\u00e9couvrant le verre blanc de la grosse bouteille. Un verre \u00e9tonnamment fin et poli, souffl\u00e9. Et si c\u2019\u00e9tait la bouteille que j\u2019ai r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e et qui est l\u00e0, au sommet de la biblioth\u00e8que&nbsp;? Blanche, transparente, ronde, totalement, une esp\u00e8ce de bulle. Et ce serait \u00e7a qu\u2019elle recherchait en essuyant le verre du revers de la manche, la bulle de verre. De quoi souffler dedans par un trou imaginaire \u00e0 travers la poussi\u00e8re. De quoi traverser, passer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la poussi\u00e8re. \u00c0 l\u2019heure de se mettre dans sa bulle. Dans ta bulle.<br>Et ce serait elle encore avec ce casque qui a disparu. Un casque \u00e0 pointe rapport\u00e9 par on ne sait qui d\u2019une autre guerre. Peut-\u00eatre ton p\u00e8re, du temps on l\u2019avait envoy\u00e9 en Rh\u00e9nanie&nbsp;? Le casque pointe qu\u2019elle aura port\u00e9, la petite Lulu, \u00e0 l\u2019heure de la mobilisation, \u00e0 l\u2019heure de se creuser la t\u00eate, de b\u00e2tir les cabanes en paille, de se faufiler dans leurs galeries, \u00e0 l\u2019heure de sauter dans le foin. Et ressortir par la bulle de verre, tout blanc soi-m\u00eame, transparent. Comme ce figurant ou ce passant dont tout reste \u00e0 d\u00e9crire. T\u00eate la premi\u00e8re, la pointe en l\u2019air, dress\u00e9e sur son socle de nuit. \u00c0 l\u2019heure de sabrer les histoires.<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-dee15821c55417c6e68d3f08cc80d2da wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>13062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Strat\u00e9gie de communication \u2014 \u00e0 revoir.<br>(<em>Ce que j\u2019ai fait dans la semaine\u00a0? Pas grand-chose\u2026 \u2014 Justement, c\u2019est ce pas grand-chose qui m\u2019int\u00e9resse. Oubliez pas que ce qui revient souvent dans votre quotidien, et \u00e7a vous semble \u00e9vident, banal, sans int\u00e9r\u00eat, eh ben pour un autre \u00e7a peut \u00eatre quelque chose d\u2019assez nouveau, \u00e9trange, myst\u00e9rieux.<\/em> | Bon, pour Thomas, la semaine s\u2019est pass\u00e9e avec les myst\u00e8res de Super Mario et Battle Royal sur Switch, et pour Quentin avec ceux de Xenoblade Cross sur Xbox. J\u2019ai eu droit \u00e0 une poign\u00e9e d\u2019images, \u00e0 deux, des consoles et des pochettes des jeux, pour trois lignes chacun. Impossible de savoir ce qu\u2019ils avaient pris au petit-d\u00e9jeuner, Thomas s\u2019en fout, lui, avec de grands gestes, Quentin s\u2019immobilise, regarde dans le vide un instant comme pour m\u00e9diter sur le fait que, en fait, ben\u2026 non, l\u00e0, il sait plus. | Il faudrait, en sens inverse, que mes consignes d\u2019\u00e9criture investissent le champ du jeu vid\u00e9o. Sur le mod\u00e8le du CD-Rom de Chris Marker, <em>Immemory<\/em> (dat\u00e9, peut-\u00eatre, mais pas d\u00e9pass\u00e9)\u00a0?)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-ec11da5856613a2e1783b60237e8870e wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>12062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-light-gray-background-color has-background\">Tu sais, Lulu elle est plus toute jeune. Moi non plus d\u2019ailleurs, mais enfin, j\u2019ai encore un peu de temps devant moi. Je suis \u00e0 peu pr\u00e8s au milieu du chemin de ma vie. Enfin, statistiquement, sur l\u2019\u00e9chelle de l\u2019esp\u00e9rance de vie. J'suis pas \u00e0 l\u2019abri d\u2019un accident, d\u2019une maladie, d\u2019une guerre, d\u2019une r\u00e9volution ou d\u2019une involution. Ou de la folie.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais pourquoi Lulu elle serait pas non plus au milieu du chemin&nbsp;? est-ce qu\u2019on a bien compris ce que Dante voulait dire avec cette formule&nbsp;? est-ce qu\u2019on serait pas plut\u00f4t toujours au milieu du chemin, quel que soit l\u2019\u00e2ge&nbsp;? et c\u2019est seulement l\u2019horizon qui changerait&nbsp;? une clart\u00e9 bleue de petit matin&nbsp;? un cr\u00e9puscule rougeoyant&nbsp;? le ciel ouvert ou couvert selon l\u2019humeur, l\u2019inspiration&nbsp;? ou l\u2019expiration&nbsp;? toujours au milieu du chemin et nulle part o\u00f9 aller.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh oui, la folie, \u00e7a bouleverse la dimension espace-temps. Peut-\u00eatre m\u00eame que la vraie, \u00e7a l\u2019annihile. Comme le chemin qui se d\u00e9robe sous les pieds. Ouvert \u00e0 tous les vents\u2026 de folie.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oh je sais, je parle encore tout seul Marcel. Mais enfin c\u2019est pour te pr\u00e9venir, et moi avec, que la petite Lulu arrive au bout du milieu, ou que \u00e7a devient de plus en plus \u00e9troit le chemin, de plus en plus sombre. Il y a peut-\u00eatre un clair de lune pour la guider encore sur le chemin. Je me demande si elle sait o\u00f9 elle va. Je me demande, puisqu\u2019on dit qu\u2019avec l\u2019\u00e2ge on retourne un peu en enfance, si elle descend vers le pont de pierre, l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai imagin\u00e9 que tu te trouvais, comme si c\u2019\u00e9tait elle, peut-\u00eatre, qui l\u2019avait imagin\u00e9. Quelque chose comme \u00e7a.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et qu\u2019est-ce qu\u2019elle emporte avec \u00e7a&nbsp;? On y va pas comme \u00e7a, nu. \u00c7a c\u2019\u00e9tait pour toi, l\u2019enfant des limbes. Et encore, \u00e0 presque un an, pr\u00e8s de marcher sans t\u2019appuyer ou te retenir, pr\u00e8s de m\u00e2cher tes premiers mots, manipulant depuis longtemps ce qui te tombait sous la main, t\u2019\u00e9tais s\u00fbrement un petit homme en pleine possession de ses moyens. Le chemin \u00e9tait large, c\u2019est juste que la nuit est vite tomb\u00e9e, comme une \u00e9clipse de soleil totale, impr\u00e9vue. Est-ce que t\u2019as eu le temps d\u2019emporter avec toi ce bout du tissu que peut-\u00eatre tu su\u00e7ais, et qui t\u2019appartenait comme une partie de toi-m\u00eame&nbsp;? ou j\u2019sais pas quel objet informe, quel mot fragile, quelle \u00e9motion ou sensation fr\u00eales&nbsp;? J\u2019sais pas si tu saisis bien&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est \u00e7a que je me demande aussi. Qu\u2019est-ce qu\u2019elle emporte de toi&nbsp;? Elle t\u2019a jamais connu, mais quand on grandit comme \u00e7a toute seule, fille unique, et qu\u2019on sait \u00e0 un moment donn\u00e9 qu\u2019il y a eu un fr\u00e8re avant, un grand fr\u00e8re mort tout petit, qui reste pour le reste de la vie de cette petite fille comme le petit fr\u00e8re \u00e9ternel, pas comme celui qu\u2019on voudrait avoir, pas comme un possible \u00e0 venir, mais comme un souvenir qu\u2019elle aura jamais, et moi avec. Quelque chose comme \u00e7a. Moi, je me demande sur quoi \u00e7a se fixe, \u00e7a. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est idiot, mais quand je repense \u00e0 tout ce qu\u2019elle a conserv\u00e9, Lulu, \u00e0 tout ce qu\u2019elle a accumul\u00e9 dans le grenier, m\u00eame les bo\u00eetes en carton, tu sais, j\u2019t\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 du grenier, la caverne d\u2019Ali Baba que c\u2019\u00e9tait pour jouer, et les chais et les garages, les hangars, de dessous le balet, les granges et le fenil, et les p\u00e2rs\u2026 ben je me dis qu\u2019ici ou l\u00e0, il y a s\u00fbrement cette petite chose quelque part qui me ferait dire\u2026 c\u2019est comme \u00e0 la fin de <em>Citizen Kane<\/em>, tu sais, quand on aper\u00e7oit la luge d\u2019enfant de Kane, apr\u00e8s sa mort, en train de br\u00fbler avec d\u2019autres affaires, et c\u2019est elle, la luge, qui explique le dernier mot souffl\u00e9 au moment de mourir, Rosebud, et alors toi, Marcel, ce serait quoi pour la petite Lulu&nbsp;? ce serait quoi cette chose qu\u2019elle l\u2019emportera avec elle parce que c\u2019est toi, parce que c\u2019est elle, parce que c\u2019est elle quand elle se souvient de toi, c\u2019est elle quand elle a imagin\u00e9 ce souvenir qui lui manque. Tu saisis&nbsp;?<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9visons nos classiques |<br>Qu\u2019est-ce que le <em>ninisme<\/em>&nbsp;? C\u2019est, dit Barthes, \u00ab&nbsp;cette figure mythologique qui consiste \u00e0 poser deux contraires et \u00e0 balancer l\u2019un par l\u2019autre de fa\u00e7on \u00e0 les rejeter tous deux. (Je ne veux <em>ni<\/em> de ceci, <em>ni<\/em> de cela.)&nbsp;\u00bb \u2014 Un bon exemple dans la conf\u00e9rence de presse du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, lorsqu\u2019il renvoie dos \u00e0 dos, la droite r\u00e9publicaine et la gauche r\u00e9publicaine, coupables chacune dans leur camp d\u2019 \u00ab&nbsp;alliances contre nature aux deux extr\u00eames&nbsp;\u00bb.<br>Barthes poursuit son analyse en d\u00e9crivant le m\u00e9canisme \u00e0 l\u2019\u0153uvre. D\u2019abord sur un plan technique, rh\u00e9torique&nbsp;: \u00ab&nbsp;On retrouve ici la figure de la balance&nbsp;: le r\u00e9el est d\u2019abord r\u00e9duit \u00e0 des analogues&nbsp;; ensuite on le p\u00e8se&nbsp;; enfin, l\u2019\u00e9galit\u00e9 constat\u00e9e, on s\u2019en d\u00e9barrasse.&nbsp;\u00bb Ensuite sur le plan des valeurs, r\u00e9galiennes diraient certains, ou primitives&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a ici aussi une conduite magique&nbsp;: on renvoie dos \u00e0 dos ce qu\u2019il \u00e9tait g\u00eanant de choisir&nbsp;; on fuit le r\u00e9el intol\u00e9rable en le r\u00e9duisant \u00e0 deux contraires qui s\u2019\u00e9quilibrent dans la mesure seulement o\u00f9 ils sont formels, all\u00e9g\u00e9s de leur poids sp\u00e9cifique.&nbsp;\u00bb \u2014 D\u2019o\u00f9 la d\u00e9nonciation du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique des \u00ab&nbsp;bricolages d\u2019appareils&nbsp;\u00bb entre des associ\u00e9s \u00ab&nbsp;qui ne sont d\u2019accord \u00e0 peu pr\u00e8s sur rien, sinon les postes \u00e0 partager, et qui ne seront pas en capacit\u00e9 d\u2019appliquer un quelconque programme&nbsp;\u00bb&nbsp;?<br>On voit bien comment cette figure du <em>ninisme<\/em>, \u00e0 l\u2019inverse, entre en correspondance avec le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab&nbsp;en m\u00eame temps&nbsp;\u00bb du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Ce pourrait \u00eatre une figure \u00e0 part enti\u00e8re qui consisterait \u00e0 poser deux contraires et \u00e0 trouver l\u2019\u00e9quilibre qui permettent cette fois de les associer et de les conserver comme un cap \u00e0 suivre. Or, Barthes, jamais \u00e0 court d\u2019imagination dans ses analyses, avait justement pr\u00e9vu un cas de figure semblable. \u00ab&nbsp;Le ninisme peut avoir des formes d\u00e9grad\u00e9es&nbsp;: en astrologie, par exemple, les maux sont suivis de biens \u00e9gaux&nbsp;; ils sont toujours prudemment pr\u00e9dits dans une perspective de compensation&nbsp;: un \u00e9quilibre terminal immobilise les valeurs, la vie, le destin, etc. il n\u2019y a plus \u00e0 choisir, il faut endosser.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Strat\u00e9gie de communication. \u2014 Demain, je me retrouve dans la structure avec le groupe de taiseux. Pour faire tourner la parole \u00e0 la mani\u00e8re de l\u2019autre groupe (parler de ce qu\u2019on retient de sa semaine, de mani\u00e8re libre mais sans indisposer les autres autant que possible, avec un accident, une maladie, une guerre, etc.), on pourrait imaginer la semaine en image&nbsp;: \u00e0 chaque jour de la semaine la recherche d\u2019une image. Apr\u00e8s, on en parle ou pas \u2014 il faut savoir respecter et lib\u00e9rer autant la parole que le silence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-3e02c5d3edce46562a1da90bb870414c wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>11062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce soir, un documentaire sur le racisme dans les stades de foot. Quand on aime un sport, il faut savoir en appr\u00e9cier toutes les dimensions, pratiques sportives et valeurs sociales, beaut\u00e9 du geste et laideur des id\u00e9es. \u2014 La petite perspective historique m\u2019apprend que les groupes ultras sont apparus en Italie avec mai\u2026 67, au milieu de quelques grands drapeaux rouges, et que le mouvement skinhead na\u00eet en Angleterre pacifiquement au croisement des rythmes \u00e0 contretemps jama\u00efcains et de la pop, du rock (du punk, mais ce n\u2019est peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 plus la m\u00eame chanson) avec la mont\u00e9e en puissance du ska.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Qu\u2019est-ce qui fait que je m\u2019identifie \u00e0 un homme de gauche&nbsp;? Mon milieu social aurait d\u00fb faire de moi un imb\u00e9cile heureux dimanche soir. C\u2019est vrai, combien de fois j\u2019ai vu passer les fant\u00f4mes du bon n\u00e8gre, du chintok et du sale arabe&nbsp;? \u2014 Un jour, j\u2019ai entendu dire qu\u2019on pouvait \u00eatre nationaliste sans \u00eatre raciste. Je n\u2019ai jamais su s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une formule pour se persuader que le Front National \u00e9tait un bon parti, ou si elle \u00e9tait faite justement pour s\u2019en d\u00e9marquer. En tout cas, \u00e7a ne change rien \u00e0 mon affaire&nbsp;: je ne suis ni l\u2019un ni l\u2019autre. (\u2014 Ah oui&nbsp;? et quand tu regardes la coupe du monde de foot, par exemple&nbsp;? \u2014 Disons que je suis surtout un imb\u00e9cile bien\/mal\u00b7heureux ou malheureux, comme devant les soir\u00e9es \u00e9lectorales.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| Je m\u2019appr\u00eatais \u00e0 lire quand j\u2019ai entendu un dr\u00f4le de petit bruit contre la baie vitr\u00e9e. C\u2019\u00e9tait un oisillon tomb\u00e9 du nid sous les tuiles, accroch\u00e9 \u00e0 la base m\u00e9tallique de la baie. Je crois qu\u2019il cherchait \u00e0 entrer. Quand j\u2019ai ouvert, il est all\u00e9 se r\u00e9fugier dans le coin, contre le mur. Mais impossible de bien se cacher. Il est rest\u00e9 l\u00e0, prostr\u00e9 au pied du mur. Je ne sais plus ce que je lui ai dit. En approchant ma main pour le faire partir sur la terrasse, il s\u2019est en fait pr\u00e9cipit\u00e9 le long du mur jusqu\u2019au conduit de la dalle derri\u00e8re lequel il s\u2019est jet\u00e9. Il est tomb\u00e9 dans le regard. J\u2019ai d\u00fb ouvrir la trappe avec un tournevis et l\u2019attraper avec des gants. Je l\u2019ai rel\u00e2ch\u00e9 sur la terrasse. Terroris\u00e9, il n\u2019a pas boug\u00e9 pendant quelque temps. Il semblait m\u00eame crisp\u00e9, tendu sur ses pattes, en \u00e9quilibre instable. Je l\u2019ai laiss\u00e9 tranquille, je suis retourn\u00e9 \u00e0 mon livre, et il a fini par piailler. Il allait et venait sur la terrasse. Il est m\u00eame revenu taper contre la baie vitr\u00e9e. Et puis \u00e0 un moment donn\u00e9, plus rien. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et qu\u2019a dit <a href=\"https:\/\/autofictif.blogspot.com\/2024\/06\/5761.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>L\u2019Autofictif<\/em> Chevillard aujourd\u2019hui<\/a>&nbsp;?<br>\u00ab&nbsp;Il aurait mieux valu explorer le monde \u00e0 reculons afin de ne jamais perdre de vue les terres conquises et de veiller sur cet \u00e9den plut\u00f4t que de laisser derri\u00e8re nous cendres et d\u00e9solation.&nbsp;<br>Je n\u2019ai jamais personnellement connu de hareng. J\u2019imagine que \u00e7a me manque un peu.&nbsp;<br>Ce ne sont pas tant les opinions tranch\u00e9es qui me font peur que le tranchoir de ceux qui les \u00e9noncent.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-cd71bcfd4e5e1394b49fb2b069300e3a wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>10062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| nouvelle br\u00e8ve \u2014 comme une affiche sauvage sur le mur<br>hier soir, en ouvrant le site du Monde, j\u2019ai vu la France toute marron, je me suis d\u2019abord dit <em>Merde\u2026 une attaque massive de ballons des Conr\u00e9ens\u2026<\/em> mais non, en fait c\u2019est bien la merde qui remontait de l\u2019int\u00e9rieur ||<br><br>|| Pour comprendre, il fallait avoir lu le flyer de la veille, en papier recycl\u00e9, pi\u00e9tin\u00e9 huit fois au pied du mur, o\u00f9 l\u2019on apprend que les Cor\u00e9ens du Nord envahissent leurs voisins du Sud \u00e0 coups de ballons pleins de d\u00e9chets. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La distinction de Barthes, dans <em>Mythologies<\/em>, entre le mythe \u00e0 gauche et le mythe \u00e0 droite, il y a pr\u00e8s de soixante-dix ans, vaut-elle encore&nbsp;?<br>Dix ans avant mai 68 \u2014 mon Dieu, que cela me semble loin&nbsp;! presque inexistant, sinon sous la forme m\u00eame du mythe&nbsp;! \u2014, il y est encore question de <em>r\u00e9volution<\/em>.<br>Mais ce qui m\u2019\u00e9tonne le plus, c\u2019est le d\u00e9s\u00e9quilibre entre les deux mythes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 \u00ab&nbsp;la gauche se d\u00e9finit toujours par rapport \u00e0 l\u2019opprim\u00e9 prol\u00e9taire ou colonis\u00e9. Or, la parole de l\u2019opprim\u00e9 ne peut \u00eatre que pauvre, monotone, imm\u00e9diate&nbsp;: son d\u00e9nuement est la mesure m\u00eame de son langage&nbsp;: il n\u2019en a qu\u2019un, toujours le m\u00eame, celui de ses actes&nbsp;; le m\u00e9ta-langage est un luxe, il ne peut encore y acc\u00e9der&nbsp;\u00bb&nbsp;;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 en revanche, le mythe \u00e0 droite se d\u00e9finit par rapport \u00e0 l\u2019oppresseur, dont la parole se d\u00e9cline au moins en sept figures de rh\u00e9torique \u2014 dont le fameux <em>ninisme<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et la grande diff\u00e9rence tient en ceci&nbsp;que si \u00ab&nbsp;le langage de l\u2019un vise \u00e0 transformer, le langage de l\u2019autre vise \u00e0 \u00e9terniser&nbsp;\u00bb.<br>Le syst\u00e8me para\u00eetra simpliste, manich\u00e9en, assez peu subtil et sans nuances. C\u2019est vrai. Cela dit, la r\u00e9alit\u00e9, aujourd\u2019hui encore, est-elle vraiment plus complexe&nbsp;?<br>Et si la parole de la droite extr\u00eame consistait surtout \u00e0 \u00e9terniser l\u2019opprim\u00e9 en lui parlant, sans jamais le dire explicitement (des fois qu\u2019il faille l\u2019organiser), r\u00e9volution&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-ce2097650d9a9f25e6adf0d7b71ff4d1 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>09062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Et ma foi, au vu de ce que la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle politique fran\u00e7ais offre ce soir, je ne vois rien d\u2019autre \u00e0 faire.)<br>((Il y a bien le match de foot contre le Canada, diffus\u00e9 en diff\u00e9r\u00e9, mais les basses du projecteur public bourdonnent, la Marseillaise et les acclamations comme un seul homme sonnent trop fort, trop faux.))<br>(((Et le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique pi\u00e9g\u00e9, l\u2019Assembl\u00e9e nationale dissoute, \u00e9lections l\u00e9gislatives pr\u00e9vues le 30 juin, le jour de mes cinquante ans\u2026 Combien sommes-nous dans ce cas pr\u00e9cis, \u00e0 savoir d\u2019avance qu\u2019on ne pourra pas jubiler&nbsp;?)))<br>((((Ce matin, la radio m\u2019apprenait que la Cor\u00e9e du Nord avait encore envoy\u00e9 des ballons remplis de d\u00e9tritus \u00e0 son voisin du Sud. J\u2019ai alors pens\u00e9 \u00e0 ce qui pourrait faire une petite br\u00e8ve de comptoir&nbsp;: tout ce temps pass\u00e9 en dictature, ils savent plus comment se d\u00e9barrasser de la merde qu\u2019ils produisent et qu\u2019ils accumulent. La Cor\u00e9e du Sud r\u00e9pondra \u00e0 coup de flyers.))))<br>(((((En plus match nul&nbsp;: z\u00e9ro, z\u00e9ro.)))))<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette nuit, vers une heure, aux limites du jardin, l\u00e0 o\u00f9 les herbes sont hautes, cinq vers luisants. Des lueurs plus faibles que les lumignons des appareils en veille dans la maison. \u2014 D\u2019ailleurs, quand je suis rentr\u00e9, en allant chercher un petit pot de compote fra\u00eeche dans le frigo, je suis rest\u00e9 un instant aveugl\u00e9 en ouvrant la porte. \u2014 Plus faibles peut-\u00eatre que la sono de la guinguette port\u00e9e par le vent et le solo d\u2019un grillon. Un point blanc ici, un l\u00e0. Et pour mieux les percevoir, regarder ailleurs, faire confiance \u00e0 la vision p\u00e9riph\u00e9rique. J\u2019ai bien essay\u00e9 de m\u2019approcher de celui qui se trouvait un peu avanc\u00e9 dans le jardin, de me placer au-dessus, accroupi, et d\u2019attendre qu\u2019il s\u2019illumine, mais il aura surtout attendu que je m\u2019en aille. Je me demande quel son \u00e9met le vert luisant quand il s\u2019allume. Quelle infime vibration&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-251b3b0cc4f87e7aa6d7fe8c3926eec4 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>08062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;La r\u00e9ussite de la mort ne s\u2019\u00e9change pas contre l\u2019\u00e9chec de la vie.&nbsp;\u00bb (Biscornue Bitch, \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ra-XuOE97sQ\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">J\u2019ai 3 essais<\/a>&nbsp;\u00bb (pour rater ma vie), dans <em>Comme le nouvel album de Kim Gordon<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">IA-IPR |<br>En effet, j\u2019aurais bien besoin d\u2019une IA pas pour rien avec le laborieux travail que je fournis. Le m\u00e9moire de Master de Soso devrait compter une soixantaine de pages, annexes comprises, or, il en fait le double, annexes non comprises. Et, surprise, les annexes, c\u2019est le double du m\u00e9moire. Et, surprise, ce sont principalement des entretiens, des vid\u00e9os transcrites par je ne sais quel biais quelconque. Deux cents pages environ. M\u00eame avec mon correcteur Antidote, les mots et les expressions suppos\u00e9ment erron\u00e9s soulign\u00e9s en rouge, il faut rester vigilant \u00e0 cause d\u2019un mot manquant, d\u2019un mot en trop, de la ponctuation, de certaines tournures complexes, surcharg\u00e9es, alambiqu\u00e9es, de l\u2019oralit\u00e9 aux raccourcis tortueux. Apr\u00e8s huit ou neuf entretiens, j\u2019ai le texte tout retourn\u00e9, les phrases qui tremblent et des mots qui louchent.<br>Donc, oui, j\u2019aurais bien besoin d\u2019un assistant conversationnel apr\u00e8s \u00e7a. Une vraie intelligence, qui sache lire entre mes lignes. D\u2019ailleurs c\u2019est \u00e7a l\u2019origine \u00e9tymologique du mot <em>intelligence<\/em>&nbsp;: <em>inter legere&nbsp;<\/em>: \u00ab&nbsp;lire entre&nbsp;\u00bb (les lignes).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<pre class=\"wp-block-verse has-medium-gray-background-color has-background\">|| Microdialogue au pied du mur |<br><br><strong><em>X<br><\/em><\/strong>Il\u2026 manque la fin du texte ?<br>17 h | J\u2019aime | R\u00e9pondre<br><br><strong><em>Y<br><\/em><\/strong>X&nbsp;avec&nbsp;W, c\u2019est jamais fini.<br>15 h | J\u2019aime | R\u00e9pondre<br><br><strong><em>Z<br><\/em><\/strong>X&nbsp;non, c'est une double barre.<br>15 h | J\u2019aime | R\u00e9pondre<br><br><strong><em>X<br><\/em><\/strong>Z alors comment savoir si tu l\u2019as finalement laiss\u00e9 sur le mur, ce pochoir ?<br>15 h | J\u2019aime | R\u00e9pondre<br><br><strong><em>Z<br><\/em><\/strong>X&nbsp;comment jamais savoir avec&nbsp;W&nbsp;?<br>15 h | J\u2019aime | R\u00e9pondre<br><br><strong><em>Z<br><\/em><\/strong>Mais j'y vois plut\u00f4t un souhait\u2026<br>15 h | J\u2019aime | R\u00e9pondre&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;||<\/pre>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Voici donc ce que quelques-uns, dans une telle situation, auront choisi de faire&nbsp;: se retirer \u201chors du monde\u201d de la <em>lumi\u00e8re<\/em> tout en travaillant \u00e0 quelque chose qui p\u00fbt \u201c\u00eatre encore utile au monde\u201d, une <em>lueur<\/em> en somme.&nbsp;\u00bb<br>(<em>Survivance des lucioles<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-b16ce11f9b89e8ec34154c3a6592a4b5 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>07062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">IA-IPR \u2014 Annex<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| Et de l\u2019art de glisser un peu de po\u00e9sie dans les murs \u2014 ou les murets, les escaliers, les trottoirs, les caniveaux, les briques, les dalles, les pav\u00e9s, les pierres, les bouches\u2026 des plots, des c\u00e2bles, brins d\u2019herbe, ou des br\u00e8ches, des <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=tdnoimaAHpY\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">trous<\/a> improbables\u2026 \u2014, avec David Zinn. Des vid\u00e9os tr\u00e8s courtes, o\u00f9 l\u2019on voit comment il proc\u00e8de sur Insta, et on se laisse porter par le coup de main et le coup d\u2019\u0153il associ\u00e9s, et <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/p\/C4N06ItOKWP\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">je me fais avoir<\/a> syst\u00e9matiquement. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec ma femme, c\u2019est un peu comme Molina, l\u2019\u00e9boueur de New York dans le livre de Ga\u00eblle Obiegly, <em>Sans valeur<\/em>, avec sa femme. Elle aime pas sa passion et les objets insolites qu\u2019il r\u00e9cup\u00e8re dans les ordures et qu\u2019il stocke dans son garage pour en faire une sorte de mus\u00e9e de curiosit\u00e9s. Moi, ma copine, elle aime pas non plus ce que j\u2019\u00e9cris. Elle dit qu\u2019elle y comprend rien \u00e0 mes notes sans ordre, mes listes parfois, c\u2019est m\u00eame pas des descriptions, et les phrases \u00e0 rallonge pas toujours ponctu\u00e9es\u2026 Y a longtemps qu\u2019elle lit plus ce que j\u2019\u00e9cris. Elle jette un \u0153il, comme \u00e7a, mais c\u2019est tout. Apr\u00e8s, moi, j\u2019m\u2019en fiche. \u00c7a m\u2019a un peu piqu\u00e9 au d\u00e9but, mais maintenant\u2026 J\u2019m\u2019y suis fait. D\u2019autant que j\u2019ai appris aussi \u00e0 me d\u00e9tacher de ce que j\u2019\u00e9cris. Apr\u00e8s tous ces ateliers d\u2019\u00e9criture, je sais que ma seule fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire, en fait, c\u2019est de tenir un carnet sans fin. C\u2019est vrai, j\u2019m\u2019en suis aper\u00e7u avec l\u2019atelier sur le roman, <em>On fait un roman<\/em> \u00e7a s\u2019appelait, il y a bail maintenant. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 un atelier difficile. J\u2019sais pas pourquoi, y avait pas plus simple en fait dans les consignes, mais c\u2019\u00e9tait un atelier long. Et j\u2019ai d\u00fb me mettre un peu la pression. Mais en m\u00eame temps, \u00e7a m\u2019a lib\u00e9r\u00e9&nbsp;: j\u2019ai compris que j\u2019\u00e9tais pas fait pour le roman, j\u2019ai m\u00eame compris que \u00e7a m\u2019int\u00e9ressait pas vraiment. D\u2019en \u00e9crire, j\u2019veux dire, pas d\u2019en lire. J\u2019\u00e9cris pas des romans, mais ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est le d\u00e9sir d\u2019en \u00e9crire. \u00c7a oui, j\u2019aimerais bien, j\u2019ai quand m\u00eame ce d\u00e9sir-l\u00e0 au fond de moi. J\u2019aimerais beaucoup pouvoir \u00e9crire comme Orhan Pamuk dans ses carnets dessin\u00e9s&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Sur ma chaise longue sur le sable, j\u2019\u00e9labore mentalement le roman L\u2019Interpr\u00e8te, dont la colonne vert\u00e9brale m\u2019appara\u00eet d\u00e9sormais clairement, anim\u00e9e, vivante. C\u2019est un bonheur d\u2019inventer un nouveau roman, d\u2019y r\u00eaver&nbsp;: penser \u00e0 la foule imaginaire des citoyens en col\u00e8re. La rencontre entre K et X. la femme enrag\u00e9e, d\u00e9moniaque. L\u2019Interpr\u00e8te, etc., etc.&nbsp;\u00bb<br>R\u00eaver, oui, mais inventer\u2026 voir les choses s\u2019\u00e9clairer, s\u2019animer\u2026 non, \u00e7a ne tient pas longtemps\u2026 du moins, l\u2019atelier m\u2019a appris qu\u2019il me faut pour cela soulever, noter, bien d\u2019autres choses qui se recoupent sans se croiser, comme des v\u00e9hicules traversant un carrefour \u00e0 des moments diff\u00e9rents\u2026 et aujourd\u2019hui, l\u2019atelier sur la nouvelle ne fait que confirmer la chose\u2026 m\u00eame une nouvelle \u00e7a ne prend pas sans un fatras de notes qui la fait autant avancer qu\u2019elle l\u2019empi\u00e8tent\u2026 et j\u2019avoue, m\u00eame si je m\u2019suis habitu\u00e9, \u00e7a me fatigue de temps en temps\u2026 j\u2019aimerais que les choses soient parfois plus claires\u2026 c\u2019est vrai, pour un peu, j\u2019serais presque du m\u00eame avais que ma femme&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-1d11906ebfb02802fac45f8452d9c913 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>06062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand je propose le po\u00e8me d\u2019Ellen Renton au Chat Mistral, sans rien demander, le Chat \u00e9met d\u2019abord un avis \u00ab\u00a0personnel\u00a0\u00bb avant de proposer une traduction. (Le Chat GePeTo, lui, effectue une analyse d\u00e9taill\u00e9e en anglais.) La version du Chat semble meilleure ici, moins bonne l\u00e0, mais il a en tout cas bien compris que <em>spring<\/em> correspondait plut\u00f4t au <em>printemps&nbsp;<\/em>:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ce po\u00e8me est tr\u00e8s beau et \u00e9voque des th\u00e8mes profonds tels que l&rsquo;acceptation, la confiance et le l\u00e2cher-prise. Voici ma traduction en fran\u00e7ais&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<pre class=\"wp-block-verse has-background\" style=\"background-color:#d1c9191c\">J'apprends \u00e0 ne pas demander trop.<br>\u00c7a use le printemps plus vite.<br>\u00c7a affaiblit ma nuque.<br>\u00c0 ne pas m'inqui\u00e9ter des plans r\u00e9duits en miettes ou de la magie entrevue que je ne pouvais pas exploiter.<br>Peut-\u00eatre que je devrais faire confiance au vent qui sait ce qu'il y a de mieux pour mes cheveux au vent.<br>Peut-\u00eatre que je ne devrais pas me baser sur une phrase qui est tomb\u00e9e comme une pi\u00e8ce de monnaie derri\u00e8re le canap\u00e9 mais qui a atterri comme une catastrophe.<br>Pourquoi l'eau ne montre-t-elle jamais son \u00e2ge ?<br>Toute la semaine est dans mes genoux mais chacune de leurs courbures est un ballet.<br>Qu'est-ce qu'une matin\u00e9e d\u00e9sagr\u00e9able compar\u00e9e \u00e0 quelque chose d'ancien ?<br>J'apprends \u00e0 prendre un bain dans ce sentiment \u2014 l'insignifiance \u00e0 laisser inaper\u00e7ue.<\/pre>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<pre class=\"wp-block-verse has-background\" style=\"background-color:#d1c9191c\">La pluie effacera mes empreintes de pas, et mon bruit n'est rien.<br>Pas pour les oreilles les plus anciennes ni pour les \u00e9paules les plus aguerries.<br>Pourquoi la roche garde-t-elle sa posture comme un simple oui ou non\u2009?<br>Un choix facile ?<br>J'apprends \u00e0 faire ceux-l\u00e0.<br>La solution ne se trouvera pas derri\u00e8re la prochaine colline, une gourde \u00e0 la main.<br>Je ne peux pas la tirer d'un nuage.<br>Peut-\u00eatre que je devrais faire confiance \u00e0 son arriv\u00e9e comme je le fais pour un train ou un changement d'humeur.<br>J'apprends \u00e0 \u00eatre \u00e0 la merci du ciel et \u00e0 ne l'appeler que comme \u00e7a.<br>Peut-\u00eatre que je r\u00e9ussirai, peut-\u00eatre que je ferai demi-tour.<\/pre>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>J&rsquo;esp\u00e8re que cette traduction vous plaira et qu&rsquo;elle vous permettra de mieux appr\u00e9cier ce po\u00e8me !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Structure |<br>Aujourd\u2019hui, avec Guillaume, Quentin et Isabelle, qui ne parleraient peut-\u00eatre pas si je ne les interrogeais pas, leurs r\u00e9ponses se r\u00e9duisant souvent \u00e0 une phrase \u2014 en arrivant \u00e0 la Structure, il n\u2019y avait qu\u2019eux sous le petit auvent, chacun la t\u00eate dans son portable \u2014, on a jou\u00e9 \u00e0 <em>Silence&nbsp;! \u00e7a tourne quand m\u00eame<\/em>. D\u2019abord pour de la description, en d\u00e9but de matin\u00e9e&nbsp;: on choisit une photographie sur le blog de Graine de photographe, on la d\u00e9crit (de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, puis de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise et m\u00e9thodique&nbsp;: au besoin, 1<sup>er<\/sup> plan, 2<sup>d<\/sup> plan, arri\u00e8re-plan), et on recommence en prenant la place des autres \u2014 la semaine prochaine, on pourrait essayer \u00e0 la mani\u00e8re des <em>Fant\u00f4mes<\/em> de Sophie Calle, d\u00e9crire l\u2019image qu\u2019on n\u2019a plus sous les yeux. En fin de journ\u00e9e, narration avec les neuf d\u00e9s, soit cinquante-quatre ic\u00f4nes, de <em>Story cubes&nbsp;<\/em>: on prend trois d\u00e9s, on les jette, on imagine une phrase avec ce qu\u2019on voit&nbsp;; le suivant fait de m\u00eame avec ses d\u00e9s, mais il doit associer autant que possible sa phrase avec la pr\u00e9c\u00e9dente&nbsp;; quand chacun a formul\u00e9 sa phrase, on m\u00e9lange les d\u00e9s, on en choisit trois autres, et c\u2019est reparti pour prolonger le r\u00e9cit&nbsp;; on r\u00e9alise trois tours pour une microfiction surr\u00e9aliste de neuf phrases. \u2014 Et si on associait ce jeu avec des photos, pour raconter ce qu\u2019il se passe hors champ&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-9740170e78434d822d0c5dd293866d96 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>05062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Nous ne vivons pas dans un monde, mais entre deux mondes au moins. Le premier est inond\u00e9 de lumi\u00e8re, le second travers\u00e9 de lueurs. Au centre de la lumi\u00e8re, nous fait-on croire, s\u2019agitent ceux que l\u2019on appelle aujourd\u2019hui, par cruelle et hollywoodienne antiphrase, les quelques <em>people<\/em>, autrement dit les <em>stars<\/em> \u2014 les \u00e9toiles, on le sait, portent des noms de divinit\u00e9s \u2014 sur lesquelles nous regorgeons d\u2019informations le plus souvent inutiles. Poudre aux yeux qui fait syst\u00e8me avec la gloire efficace du \u201cr\u00e8gne\u201d&nbsp;: elle ne nous demande qu\u2019une seule chose, et c\u2019est l\u2019acclamer unanimement. Mais aux marges, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 travers un territoire infiniment plus \u00e9tendu, cheminent d\u2019innombrables peuples sur lesquels nous en savons trop peu, donc pour lesquels une contre-information appara\u00eet toujours plus n\u00e9cessaire. <em>Peuples-lucioles<\/em> quand ils se retrient dans la nuit, cherchent comme ils peuvent leur libert\u00e9 de mouvement, fuient les projecteurs du \u201cr\u00e8gne\u201d, font l\u2019impossible pour affirmer leurs d\u00e9sirs, \u00e9mettre leurs propres lueurs et les adresser \u00e0 d\u2019autres.&nbsp;\u00bb<br>(Georges Didi-Huberman, <em>Survivance des lucioles<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>f<\/em> deviendrait-il bipolaire&nbsp;? Dans sa derni\u00e8re lettre, il se demande ce qu\u2019on peut ajouter <em>sur ce th\u00e8me des archives, du jet\u00e9, de ce dont on se d\u00e9barrasse et comment ou pourquoi, v\u00eatements, sacs, photos, ou de ce qu\u2019on a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, de ce qu\u2019on garde parce qu\u2019anonyme ou r\u00e9cup\u00e9r\u00e9<\/em>. Alors que dans sa pr\u00e9c\u00e9dente lettre, il ne parlait que du silence\u2026 On passe du rien au tout. \u2014 Et s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une variation sur le m\u00eame th\u00e8me&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et voil\u00e0, il fait beau, il fait chaud, on en profite pour sortir d\u00e8s que possible, le texto pour le colis (des \u00e9couteurs pour son anniversaire de Jeanne) vaut une balade en voiture, fen\u00eatres grandes ouvertes, une compil dans le lecteur, l\u2019ordonnance du m\u00e9decin vaut une nouvelle marche dans les chemins, sur le coteau, t\u00e9l\u00e9phone en poche pour quelques photos \u00e9ventuelles \u2014 de <a href=\"http:\/\/monerbier.canalblog.com\/archives\/2012\/10\/15\/25337329.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">gaillet bor\u00e9al<\/a>, pr\u00e9cise Google, avec ses grappes ou panicules de toutes petites fleurs blanches. Mais les notifications du Monde glissent aussi dans la poche des r\u00e9alit\u00e9s moins belles et plus froides, dont l\u2019une, qui semblera peut-\u00eatre insignifiante par rapport \u00e0 d\u2019autres urgences et violences \u2014 \u00ab&nbsp;Lise Bo\u00ebll, ancienne \u00e9ditrice d\u2019\u00c9ric Zemmour, nomm\u00e9e \u00e0 la t\u00eate des \u00e9ditions Fayard&nbsp;\u00bb \u2014, ne peut pas ne pas me renvoyer, \u00e0 quelques jours des \u00e9lections europ\u00e9ennes, \u00e0 ce que disait C\u00e9cile Alduy&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;\u00c9ric Zemmour alterne l\u2019abject et le grotesque pour nous engluer dans la r\u00e9vulsion visc\u00e9rale et la jouissance sadique et abolir toute possibilit\u00e9 de r\u00e9flexion. Son manich\u00e9isme identitaire nous conditionne \u00e0 une logique d\u2019affrontement, tandis qu\u2019une dramatisation apocalyptique fabrique une France alternative. Ses r\u00e9cits ont la puissance explicative du mythe et nous plongent dans un \u00e9tat de sid\u00e9ration. La langue, essor\u00e9e de sa capacit\u00e9 \u00e0 nous faire penser, \u00e9couter et d\u00e9battre, devient un instrument de perversion antid\u00e9mocratique.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Survivances, de la petite Luluciole et du petit Marciol.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#d119191c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-cfe84b298e8506c28b163a58106c235e wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>04062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Structure |<br>Anna est enfin revenue. Je ne l\u2019avais pas revue depuis les vacances de P\u00e2ques \u00e0 la mi-avril. Quand elle est entr\u00e9e, elle n\u2019a reconnu personne&nbsp;: Nathalie, Claire, Prescillia, Kassandra, Val\u00e9rie, Anthony et Kelly (et la semaine prochaine, un autre Anthony et la toute jeune Emma). Que des nouveaux visages&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Silence&nbsp;! \u00e7a tourne.)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"has-light-gray-background-color has-background wp-block-list\">\n<li>Devant la porte ouverte, \u00e0 scruter la nuit derri\u00e8re la cour \u00e9clair\u00e9e d\u2019une faible ampoule, \u00e0 la braver en reculant d\u2019un pas les limites de la lueur, jusqu\u2019au coin du chemin et du pr\u00e9, jusqu\u2019aux barri\u00e8res ouvertes, les silhouettes flottantes des peupliers dress\u00e9es sous la lune, au chant des grillons et des grenouilles. Peut-\u00eatre encore un rossignol. Peut-\u00eatre jusqu\u2019au matin, quelque part \u00e0 la rivi\u00e8re, pr\u00e8s du pont ensoleill\u00e9. Peut-\u00eatre aux heures rousses de l\u2019\u00e9t\u00e9. Du chien qui patauge dans le passage \u00e0 gu\u00e9, faisant fuir les araign\u00e9es d\u2019eau, boit en quelques coups de langue, \u00e9ternue.<\/li>\n\n\n\n<li>Peut-\u00eatre \u00e0 remonter le cours d\u2019eau presque \u00e0 sec, quand pas une feuille ne bouge, pas une ombre. Les t\u00eatards immobiles sur un tapis de vase. \u00c0 remonter de pierre en pierre, parfois on <em>ripe<\/em> et \u00e7a \u00e9clabousse, le filet d\u2019eau jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la fontaine. Et la faire r\u00e9sonner d\u2019un mot ou d\u2019un claquement de doigts.<\/li>\n\n\n\n<li>Peut-\u00eatre \u00e0 remonter le chemin, \u00e0 courir dans le coteau, par un tunnel d\u2019herbes tr\u00e8s hautes, les \u00e9pillets ouverts \u00e0 tous les vents \u00e9lectriques de la vague noire qui monte, roule en grommelant. \u00c0 l\u2019entr\u00e9e du village, la masse du grand tilleul dans la palisse, presque noy\u00e9e dans le ciel, parle encore de sa colonie d\u2019\u00e9tourneaux.<\/li>\n\n\n\n<li>Devant la porte, \u00e0 regarder dans la cour la poussi\u00e8re se retourner sous les premi\u00e8res gouttes plomb\u00e9es. Et puis le conduit de la dalle par la fen\u00eatre, qui d\u00e9gueule tout ce qu\u2019il peut. Les g\u00e9raniums affaiss\u00e9s, la silhouette en retrait dans le cadre de la porte de la grange, le mur et le sol gondol\u00e9 par la pluie glissant sur la vitre.<\/li>\n\n\n\n<li>Le balancier de la pendule, la photo du p\u00e8re calot sur la t\u00eate et sac \u00e0 l\u2019\u00e9paule dans la niche du buffet, une marmite remplie de bocaux bouillonnant, cahier ouvert en bout de table pour une plume r\u00eache sur du papier \u00e0 lettres, les petits pois \u00e0 \u00e9cosser jet\u00e9s dans un plat \u00e0 l\u2019\u00e9mail saut\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>Derri\u00e8re la fen\u00eatre, l\u2019ampoule en suspension au milieu de la nuit tombante. La pi\u00e8ce invers\u00e9e dehors et quelques mouvements de corps furtifs pour une porte de buffet qui claque, ou le disque d\u2019acier de la cuisini\u00e8re \u00e0 bois, le manche \u00e0 balai sur le sol, une main contre la mouche verte sur le mur, la braise d\u2019un pet \u00e0 faire sursauter tout le monde.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et sous le silence, la petite histoire, toute petite (infime).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Du silence sous l\u2019esp\u00e8ce de la litote et du paradoxe avec le morceau <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=-zR1MSvPiZM\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>My Noise is nothing<\/em><\/a>, musique de Lord of the Isles, texte d\u2019Ellen Renton (difficile \u00e0 traduire, Deepl bloque sur <em>mingin<\/em>)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<pre class=\"wp-block-verse has-background\" style=\"background-color:#d119191c\"><em>I\u2019m learning not to ask too much.<br><br>It pulls the spring sooner.<br><br>It slackens my neck.<br><br>Not to worry about the plans made mince or some glimpsed magic I couldn\u2019t do more with.<br>Maybe I should trust that the wind knows what\u2019s best for my flailing hair.<br><br>Maybe I shouldn\u2019t operate on a phrase that was dropped like a coin down the sofa but landed like a catastrophe.<br><br>How come the water never shows its age&nbsp;?<br><br>The whole week is in my knees but its every bend is ballet.<br><br>What\u2019s a mingin morning to something ancient&nbsp;?<br><br>I\u2019m learning how to take a bath in this feeling \u2014 unimportance to leave unnoticed.<\/em><\/pre>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<pre class=\"wp-block-verse has-background\" style=\"background-color:#d119191c\"><em>The rain will get rid of my footprints, and my noise is nothing.<br><br>Not to the earliest ears nor veterans shoulders.<br><br>How come the rock holds its posture like a simply yes or no.<br><br>An easy choice&nbsp;?<br><br>I\u2019m learning how to make those.<br><br>The fix won\u2019t be over the next hill flask in hand.<br><br>I can\u2019t tease it out a cloud.<br><br>Maybe I should trust its coming like I do a train or change in temper.<br><br>I\u2019m learning to be at the sky\u2019s mercy and call it only that.<br><br>Maybe I\u2019ll manage, maybe I\u2019ll turn back.<\/em><\/pre>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-50ef5d61e0a1a14b0699e9a7bc5ce947 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>03062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Heureusement, Didi-Huberman, en lecteur attentif, arch\u00e9ologique d\u2019une certaine mani\u00e8re, reprend le cheminement de la pens\u00e9e d\u2019Agamben et, s\u2019appuyant sur les m\u00eames jalons (Walter Benjamin essentiellement), fait un pas de plus, un pas de c\u00f4t\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le cours de l\u2019exp\u00e9rience a chut\u00e9, mais il ne tient qu\u2019\u00e0 nous, dans chaque situation particuli\u00e8re, d\u2019<em>\u00e9lever cette chute<\/em> \u00e0 la dignit\u00e9, \u00e0 la \u201cbeaut\u00e9 nouvelle\u201d d\u2019une chor\u00e9graphie, d\u2019une invention de formes. L\u2019image n\u2019assume-t-elle pas, dans sa fragilit\u00e9 m\u00eame, dans son intermittence de luciole, cette puissance m\u00eame, chaque fois qu\u2019elle nous montre sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9appara\u00eetre, \u00e0 <em>survivre<\/em>&nbsp;? [\u2026] M\u00eame les r\u00eaves, ces r\u00e9bus cach\u00e9s au plus profond, peuvent nous parvenir \u2014 par bribes, \u00e9videmment, par lueurs intermittentes \u2014 comme autant d\u2019\u201cimages-lucioles\u201d.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(((Ou la valise de Madeleine.)))<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"has-light-gray-background-color has-background wp-block-list\">\n<li>De la poussi\u00e8re qui vole dans la cour, tourbillonne, une petite sorci\u00e8re pour quelques feuilles mortes sur les vitres tremblantes, \u00e0 faire claquer un volet, s\u2019assombrir le jour. Et le vent s\u2019engouffre, ronfle dans la chemin\u00e9e, la suie cr\u00e9pite, \u00e0 faire vaciller les flammes, la lumi\u00e8re de la pi\u00e8ce. On se parle sur le pas de la porte.<\/li>\n\n\n\n<li>D\u2019un matin bleu, le mur de la grange en face peinant \u00e0 sortir de son ombre grumeleuse. Les hirondelles prenant le relais des chauves-souris. L\u2019ar\u00eate du toit pour un jour oblique au chant du coq. D\u2019un bleu \u00e0 effacer d\u2019un souffle le noir de dessous le balet. \u00c0 ouvrir la porte de la grange d\u2019un coup de main sur la bu\u00e9e, et lib\u00e9rer les vaches. Quand \u00e7a buffe dans les naseaux \u00e0 coups d\u2019entrave sur la caillasse.<\/li>\n\n\n\n<li>De la cour blanchie par le soleil, se jetant en coupe nette, diagonale, sur le clapier. Du poulet attach\u00e9 par les pattes \u00e0 une ficelle, pendu \u00e0 un piton sur le mur, redressant tant bien que mal la t\u00eate de quelques coups de ses ailes \u00e0 demi \u00e9tendues. Des g\u00e9raniums d\u00e9sarticul\u00e9s, dans la ponne au pied du mur, l\u2019air d\u2019une structure en \u00e9quilibre instable.<\/li>\n\n\n\n<li>Des dos. D\u2019un sac qu\u2019on enfile d\u2019un coup d\u2019\u00e9paule, du visage qui se retourne, et qui parle. Des mots sur le bout des l\u00e8vres. De la croix rouge brod\u00e9e. Du chien qui saute. Du calot sur le museau, les coups de langue. Des mots sur les l\u00e8vres et un signe de la main. Au regard fixe.<\/li>\n\n\n\n<li>Des volets en tuile, comme quand on regarde par une meurtri\u00e8re les boulets de gr\u00eale glacer la cour en trombe sur le bois. Une poign\u00e9e d\u2019entre eux parviennent \u00e0 claquer sur la vitre. Et d\u2019o\u00f9 vient ce criquet sur le rebord de la fen\u00eatre, qui saute sur la vitre, bondit et dispara\u00eet vite dans la pi\u00e8ce quand on ouvre&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 cache-cache sous le lit, les lattes du parquet scintillent, des ombres, des bruits de pas qui s\u2019en vont. Et puis le chien qui petasse et fourre sa truffe. On d\u00e9gage et sort par la fen\u00eatre, avec le chien.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-1542044197dc01b6ec05c85a19610feb wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>02062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-light-gray-background-color has-background\">C\u2019est dr\u00f4le quand m\u00eame l\u2019imagination. Tu es l\u00e0, toi l\u2019enfant des limbes, le nez coll\u00e9 \u00e0 la vitre sous la forme du chien, qui \u00e9ternue et se gratte derri\u00e8re l\u2019oreille, pendant que la petite Lulu te raconte une histoire, et on sait rien d\u2019autre en fait, sauf l\u2019histoire de Lulu, mais on sait rien d\u2019autre du contexte, hormis vous et la fen\u00eatre, et c\u2019est quoi cette fen\u00eatre&nbsp;? c\u2019est rien au fond, en soi une fen\u00eatre\u2026 je reprenais juste une autre situation, dans le grenier, quand tu observes par une lucarne, mais l\u00e0 non, ou pas forc\u00e9ment, ou alors la fen\u00eatre ferm\u00e9e, mais on sait pas si c\u2019est dans le grenier, et ma foi \u00e7a peut \u00eatre en dessous, sous le grenier dans la pi\u00e8ce \u00e0 vivre, Lulu joue avec le feu et parle aux flammes, ou dans une chambre, allong\u00e9e sur le lit avec un cahier et un crayon et elle raconte son dessin, mais peut-\u00eatre, c\u2019est possible, mais on sait pas, tout ce qu\u2019on sait, c\u2019est le r\u00e9cit de Lulu et toit devant une fen\u00eatre, et elle a l\u2019air de rien cette fen\u00eatre, mais\u2026 ce que tu vois, et \u00e7a non plus on sait pas, tu le vois, mais tu l\u2019entends pas, c\u2019est couvert par le r\u00e9cit de Lulu, mais pas s\u00fbr que tu l\u2019entendes aussi, je me dis que c\u2019est comme un bruit de fond, en fait, comme un flux de paroles derri\u00e8re toi qui n\u2019est jamais qu\u2019un bruit continu, modul\u00e9, parfois entrecoup\u00e9 de silences, d\u2019un silence qu\u2019on entend que trop, celui peut-\u00eatre que tu as sous les yeux, en tous cas sous les miens, parce que si on sait pas, toi, ce que tu vois, moi je le vois, et c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 je me dis que c\u2019est dr\u00f4le l\u2019imagination, une sc\u00e8ne toute simple, avec rien au fond, gonfl\u00e9 pourtant du flair de ma m\u00e9moire, et de la mouche survolt\u00e9e contre la vitre couverte de gouttes de pluie.<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Terrible citation d\u2019Agamben dans <em>Survivance des lucioles<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans une journ\u00e9e d\u2019homme contemporain, il n\u2019est presque plus rien en effet qui puisse se traduire en exp\u00e9rience&nbsp;: ni la lecture du journal, si riche en nouvelles irr\u00e9m\u00e9diablement \u00e9trang\u00e8res au lecteur m\u00eame qu\u2019elles concernent&nbsp;; ni le temps pass\u00e9 dans les embouteillages&nbsp; au volant d\u2019une voiture&nbsp;; ni la travers\u00e9e des enfers o\u00f9 s\u2019engouffrent les rames du m\u00e9tro&nbsp;; ni le cort\u00e8ge de manifestants, barrant soudain toute la rue&nbsp;; ni la nappe des gaz lacrymog\u00e8nes, qui s\u2019effiloche lentement entre les immeubles du centre-ville&nbsp;; pas davantage les rafales d\u2019armes automatiques qui \u00e9clatent on ne sait o\u00f9&nbsp;; ni la file d\u2019attente qui s\u2019allonge devant les guichets d\u2019une administration&nbsp;; ni la visite au supermarch\u00e9, ce nouveau pays de Cocagne&nbsp;; ni les instants d\u2019\u00e9ternit\u00e9 pass\u00e9s avec des inconnus, en ascenseur ou en autobus, dans une muette promiscuit\u00e9. L\u2019homme moderne rentre chez lui le soir \u00e9puis\u00e9 par un fatras d\u2019\u00e9v\u00e9nements \u2014 divertissants ou ennuyeux, insolites ou ordinaires, agr\u00e9ables ou atroce \u2014 sans qu\u2019aucun d\u2019eux se soit mu\u00e9 en exp\u00e9rience.&nbsp;\u00bb<br>De l\u00e0, je me dis que l\u2019\u00e9criture, les pratiques artistiques en g\u00e9n\u00e9ral, sont une mani\u00e8re de refus, de r\u00e9sistance, une fa\u00e7on de tirer de l\u2019\u00e9v\u00e9nement l\u2019exp\u00e9rience. \u2014 Mais on peut \u00e9galement se demander, dans le fatras de mes notes, si en \u00e9crivant je fais v\u00e9ritablement l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00e9criture.<br>Agamben a l\u2019air de ne porter aucun jugement de valeur sur ce ph\u00e9nom\u00e8ne, pour lui il s\u2019agit d\u2019en \u00ab&nbsp;prendre acte&nbsp;\u00bb. Mais je le trouve un peu de mauvaise foi puisqu\u2019il affirme aussi&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est bien cette impossibilit\u00e9 o\u00f9 nous en sommes de la traduire en exp\u00e9rience qui rend notre vie quotidienne insupportable, plus qu\u2019elle ne l\u2019a jamais \u00e9t\u00e9.&nbsp;\u00bb Comment ne pas le d\u00e9plorer&nbsp;?<br>Cela dit, comment Agamben d\u00e9finit-il l\u2019<em>exp\u00e9rience<\/em>&nbsp;? D\u2019autant que l\u2019\u00e9poque nous rappelle r\u00e9guli\u00e8rement (syst\u00e9matiquement&nbsp;?) combien il faut faire l\u2019exp\u00e9rience des \u00e9v\u00e9nements, vivre (et dire&nbsp;?) pleinement les \u00ab\u00a0choses\u00a0\u00bb. \u2014 Mais m\u00e9fions-nous de ce genre de discours r\u00e9p\u00e9titif, de dispositif \u00e9clairant, signe que, justement, on ne parvient peut-\u00eatre plus \u00e0 les \u00e9prouver, ces \u00ab\u00a0choses\u00a0\u00bb (d\u00e9j\u00e0 parce qu\u2019on ne sait plus les nommer&nbsp;?).<br>Et si la d\u00e9finition d\u2019Agamben reste des plus communes, dans quel cadre de pens\u00e9e l\u2019inscrit-il, qui peut-\u00eatre l\u2019aur\u00e9ole d\u2019un suppl\u00e9ment de sens&nbsp;? Un point de vue arch\u00e9ologique qui en retracerait l\u2019aventure s\u00e9miologique \u00e0 travers l\u2019histoire, de fa\u00e7on \u00e0 faire comprendre en quoi les m\u00eames \u00e9v\u00e9nements qui, hier, relevaient simultan\u00e9ment de l\u2019exp\u00e9rience, tel le coup d\u2019\u00e9p\u00e9e du chevalier, restent aujourd\u2019hui des coups d\u2019\u00e9p\u00e9e n\u2019effleurant m\u00eame pas l\u2019eau de l\u2019exp\u00e9rience&nbsp;?<br>N&rsquo;en va-t-il pas aussi de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et de l\u2019exp\u00e9rience comme de l\u2019<em>information<\/em> et de la <em>connaissance<\/em> pour Michel Serres, quand il pense qu\u2019une des grandes questions de notre \u00e9poque concerne la capacit\u00e9 de <em>transformer<\/em> l\u2019information en connaissance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le texte d\u2019appui d\u2019Annie Dillard (un passage d\u2019<em>Apprendre \u00e0 parler \u00e0 une pierre<\/em> \u2014 je savais bien, Marcel, que j\u2019allais apprendre quelque chose)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a des anges dans ces champs, dans tous les champs, et partout ailleurs, je pr\u00e9sume. Ce que tout cela signifie sur la perception, le langage, les anges ou ma propre sant\u00e9 mentale, je n\u2019en ai aucune id\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y aurait ce dont on se souvient, ce qu\u2019on a vu dehors \u00e0 travers la vitre, dans la droite ligne des histoires de la petite Lulu. Et il y aurait ce qu\u2019on voit dans le reflet de la vitre, ce qu\u2019on voit du dedans, derri\u00e8re, mais comme projet\u00e9 dehors, plus ou moins en suspension, de ce que fait la petite Lulu, ou de ce qui se passe, \u00e0 elle aussi, dans son dos. (Et si je n\u2019\u00e9cris rien ce soir, c\u2019est moins par manque de temps que parce que je dois retourner travailler \u00e0 la Structure demain. L\u2019adr\u00e9naline du r\u00e9cit risque de m\u2019emp\u00eacher de dormir. La Structure se suffit largement \u00e0 elle-m\u00eame pour \u00e7a. (Il faudrait quand m\u00eame sortir dans la cour, ce soir. (Sur le mode de <em>Je me souviens<\/em>&nbsp;? ou <em>Je r\u00eave<\/em>&nbsp;?)))<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-b6e09d2eac917b13198a32cb60eb43a8 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>01062024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Petite d\u00e9finition de la po\u00e9sie, selon Didi-Huberman&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019art de fracturer le langage, de briser les apparences, de d\u00e9sassembler l\u2019unit\u00e9 du temps.&nbsp;\u00bb (<em>Survivance des lucioles<\/em>) Petit description de l\u2019image, quand elle \u00ab&nbsp;se caract\u00e9rise par son intermittence, sa fragilit\u00e9, son battement d\u2019apparitions, de disparitions, de r\u00e9apparitions et de redisparitions incessantes&nbsp;\u00bb, quand elle \u00ab&nbsp;est peu de chose&nbsp;: reste ou f\u00ealure&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;accident du temps qui le rend momentan\u00e9ment visible ou lisible&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tant pis pour la nouvelle synth\u00e9tique, passons \u00e0 la prochaine boucle, \u00e0 la nouvelle marche d\u2019approche. Alors, de quoi \u00e7a parle&nbsp;?&nbsp;\u2014 Du silence. \u2014 \u00c9crire le silence&nbsp;? encore&nbsp;? \u2014 Quoi encore&nbsp;? il en a pas \u00e9t\u00e9 question jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. \u2014 Pas pour toi, mais moi\u2026 c\u2019est \u00e0 chaque fois&nbsp;! ces derniers temps j\u2019ai l\u2019impression de me bagarrer avec dans chaque texte, comme si je devais d\u2019abord faire tourner en rond la langue dedans avant de pouvoir l\u2019extirper et obtenir un petit \u00e9cho de phrases ou de parole, et si c\u2019est pas dans le texte c\u2019est avant. \u2014 Tu plaisantes&nbsp;! avec ta pipelette de narrateur&nbsp;? \u2014 Jack&nbsp;? mais c\u2019est rien qu\u2019un baratineur, il te raconte un truc, il s\u2019arr\u00eate, il repart sur un autre truc, il s\u2019arr\u00eate, il reprend ce qu\u2019il racontait \u00e0 l\u2019origine, mais avec un d\u00e9calage, une autre version, etc., si tu crois que j\u2019comprends ce qu\u2019il raconte\u2026 j\u2019le laisse parler pour rien dire, c\u2019est tout&nbsp;! bon, en tous cas, en gros, du silence. \u2014 En gros, oui. \u2014 En gros\u2026 et dans le d\u00e9tail, qu\u2019est-ce qu\u2019on retient&nbsp;? \u2014 La<em> remont\u00e9e progressive, y compris par notre sensibilit\u00e9 r\u00e9veill\u00e9e, de l\u2019ensemble de ces microbruits qui t\u00e9moignent de la r\u00e9silience du non-humain.<\/em> \u2014 \u00c7a veut dire quoi&nbsp;? il veut parler de l\u2019<em>animalangue<\/em>&nbsp;? \u2014 J\u2019sais pas, mais j\u2019ai retenu \u00e7a, j\u2019aime bien. \u2014 Les fant\u00f4mes on peut en parler&nbsp;? \u2014 Tant qu\u2019ils font pas trop de bruit, s\u00fbrement. \u2014 Des bruits de frottement, \u00e7a ira&nbsp;? \u2014 J\u2019sais pas, mais moi, j\u2019pr\u00e9f\u00e9rerais des bruits de flottement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| <em>Apprendre \u00e0 parler \u00e0 une pierre<\/em>, d\u2019Annie Dillard. Il faudrait que je le lise. Je pourrais peut-\u00eatre apprendre \u00e0 parler \u00e0 mes murs. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-f7e9c4363623db373ccb1edcb1740a0a wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>31052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais qui m\u2019a offert le marque-page chinois&nbsp;? Ming Ming&nbsp;? En m\u00eame temps que la poule bloc-porte rouge&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai perdu le <em>f<\/em> du fil des ateliers. Et je ne le retrouve pas vraiment dans l\u2019exercice cens\u00e9 boucler la boucle des trois pr\u00e9c\u00e9dents en une <em>nouvelle autonome, ind\u00e9pendante et structur\u00e9e<\/em>. Pourquoi&nbsp;? \u2014 Parce que l\u2019exercice n\u2019existe pas&nbsp;: <em>f<\/em> n\u2019\u00e9nonce pas de consigne d\u2019\u00e9criture, il offre une lecture lin\u00e9aire du texte d\u2019appui pour en d\u00e9gager <em>un ensemble de crit\u00e8res, autant de points d\u2019appui<\/em> pour \u00e9crire. \u2014 Parce que tu l\u2019as d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit avant&nbsp;? apr\u00e8s tout, combien de textes \u00e9crits dans le cadre de telle ou telle consigne recoupe d\u2019autres exercices, et plut\u00f4t deux fois qu\u2019une&nbsp;? \u2014 Non, c\u2019est pas un argument \u00e7a, avoue que c\u2019est parce que tu as peur de l\u2019\u00e9crire, ce nouveau texte, \u00e7a me le fait souvent \u00e0 moi aussi, et puis comme tu as \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 et tr\u00e8s pris par ce m\u00e9moire sur l\u2019intelligence artificielle, si j\u2019ai bien compris, forc\u00e9ment difficile de reprendre le fil perdu. \u2014 C\u2019est peut-\u00eatre aussi que tu pr\u00e9f\u00e8res les marches d\u2019approche, j\u2019ai bien vu aussi dans le texte de Barthes cette note recompos\u00e9e&nbsp;: <em>Ce qui nous importe, c\u2019est de montrer des <\/em>d\u00e9parts<em> de sens, non des arriv\u00e9es (au fond, le sens est-il rien d\u2019autre qu\u2019un d\u00e9part&nbsp;?). Ce qui fonde le texte, ce n\u2019est pas une structure interne, ferm\u00e9e, comptabilis\u00e9e, mais le <\/em>d\u00e9bouch\u00e9<em> du texte sur d\u2019autres textes, d\u2019autres codes, d\u2019autres signes.<\/em> \u2014 C\u2019est aussi qu\u2019il faut qu\u2019on le plaigne, il aime \u00e7a se plaindre et se faire plaindre, hein&nbsp;? le pauvre petit bonhomme qui a perdu le fil, comment il va faire maintenant pour \u00e9crire&nbsp;? ma parole, il aurait oubli\u00e9 la le\u00e7on d\u2019Aragon, <em>Je n\u2019ai jamais appris \u00e0 \u00e9crire ou les incipit<\/em>&nbsp;? il aurait oubli\u00e9 que tout se passe, tout se structure et devient autonome, en \u00e9crivant les premiers mots&nbsp;? que l\u2019app\u00e9tit vient en mangeant&nbsp;? \u2014 Non, mais c\u2019est aussi parce qu\u2019il a pas lu l\u2019extrait, le texte d\u2019appui de l\u2019exercice, il les lit jamais, c\u2019est pas qu\u2019il veut pas, mais les explications de <em>f<\/em> suffisent en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 susciter le d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire et la r\u00e9flexion, sauf que l\u00e0, c\u2019est pas le cas, va falloir qu\u2019il se colle au texte d\u2019appui. \u2014 Ou alors un besoin de se laisser glisser dans le creux, le plus bas, le plus profond possible, pour \u00eatre s\u00fbr de ne pouvoir que remonter la pente, qui bien s\u00fbr n\u2019existe pas plus que le creux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alerte Noisette |<br>C\u2019est l\u2019histoire du lapin tranquillement install\u00e9, allong\u00e9, sur la table basse d\u2019un salon, l\u2019air de regarder le western moderne \u00e0 la t\u00e9l\u00e9. Quand soudain, les oreilles dress\u00e9es, commen\u00e7ant \u00e0 bouger d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de l\u2019autre, asynchrones, il se rel\u00e8ve et se met \u00e0 taper des deux pattes arri\u00e8re, \u00e0 faire claquer la table, une fois, deux fois, trois. Tr\u00e8s fort. Et puis il saute de la table, effectue des va-et-vient saccad\u00e9s, les oreilles aux aguets, et tape des pattes arri\u00e8re \u00e0 chaque arr\u00eat. <em>Noisette arr\u00eate&nbsp;!<\/em> mais Noisette alerte\u2026 de quoi&nbsp;? pas de chien ni de chat dehors, il a entendu quelque chose&nbsp;? quelque chose qu\u2019il est impossible d\u2019entendre&nbsp;? il ressent quelque chose d\u2019imperceptible&nbsp;? <em>Noisette arr\u00eate&nbsp;!<\/em> et \u00e7a continue, on ne voit rien, on n\u2019entend rien, sauf les coups de feu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, les cris, mais il en a vu et entendu d\u2019autres, on ne sent rien, pas de feu dans la maison, ni chez le voisin, alors quoi, l\u2019avion qui tourne dans le ciel auquel il ne pr\u00eatera pas attention le lendemain\u2026&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019aurais aim\u00e9 travailler dans un complexe plut\u00f4t que dans une structure. S\u2019il y a une diff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-2dc625d886787c90e10991fb52e69e3e wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>30052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Fini, fini\u2026 apr\u00e8s deux ou trois vaines corrections, j\u2019ai encore pass\u00e9 une bonne heure pour mettre patiemment les extraits bleus ou verts, ou surlign\u00e9s en jaune, noir sur blanc, en examinant la mise en page \u2014 pas de titre laiss\u00e9s seuls, sans deux ou trois lignes de texte, en bas de page, pas de trop grands espaces vides non plus&nbsp;: avec les sauts de lignes classiques, il a fallu jouer plus subtilement avec les espacements de caract\u00e8res, ici \u00e9tendus, l\u00e0 condens\u00e9s de quelques d\u2019un ou deux dixi\u00e8mes de point. J\u2019ai laiss\u00e9 les titres dans leur style quatre couleurs.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce soir, pour une autre id\u00e9e de l\u2019\u00e9criture, en haute d\u00e9finition, cet extrait du film de Ry\u016bsuke Hamaguchi, <em>Drive my car<\/em>&nbsp;<strong>:<\/strong><br>\u00ab&nbsp;Je me souviens de sa toute premi\u00e8re histoire. Elle est n\u00e9e apr\u00e8s qu\u2019on a fait l\u2019amour un soir. Juste apr\u00e8s avoir termin\u00e9, elle a commenc\u00e9 \u00e0 me raconter une histoire. Mais le lendemain matin, elle ne se souvenait plus de rien. Moi je m\u2019en rappelais encore, donc je lui ai racont\u00e9. Ensuite elle a \u00e9crit un sc\u00e9nario qu\u2019elle a envoy\u00e9 \u00e0 un concours, concours qu\u2019elle a gagn\u00e9, et \u00e7a a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9but de sa carri\u00e8re de sc\u00e9nariste pour la t\u00e9l\u00e9vision. Quand on faisait l\u2019amour \u00e7a lui arrivait de temps en temps. Elle racontait une histoire, moi je devais m\u2019en souvenir. Et je lui racontais \u00e0 nouveau le lendemain. Elle \u00e9coutait et prenait des notes. \u00c0 force c\u2019est devenu notre routine. Le sexe et ses histoires \u00e9taient toujours \u00e9troitement li\u00e9s, m\u00eame si elles n\u2019en avaient pas l\u2019air. Lorsqu\u2019elle arrivait \u00e0 l\u2019orgasme, elle saisissait le fil avec lequel elle tissait son histoire. C\u2019\u00e9tait sa fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire. Elle ne les \u00e9crivait pas toutes comme \u00e7a, mais\u2026 quand sa carri\u00e8re \u00e9tait bloqu\u00e9e par une page blanche, c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019elle s\u2019en sortait.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec un camembert bien \u00ab\u00a0fait\u00a0\u00bb sur un morceau de pain, je ne sais pas trop ce que je pr\u00e9f\u00e8re&nbsp;: confiture d\u2019oranges un peu am\u00e8re, ou confiture d\u2019abricots pas trop acide&nbsp;? Mais j\u2019ai encore faim.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-450658ee2f88e939fae558d238ff0691 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>29052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peut-\u00eatre que ce dont j\u2019essaie de me souvenir, Marcel, c\u2019est ma vie ant\u00e9rieure. Et tu en serais comme le chaman, mais de l\u2019au-del\u00e0, pour me mettre en lien avec cette vie, avec mes souvenirs. Avec le chien qui te transportait. \u2014 M\u2019en souvenir, ou m\u2019en lib\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De <em>La Salle de bain<\/em> \u00e0 <em>Football<\/em>, de Toussaint \u00e0 Didi-Huberman, de <em>Survivance des lucioles<\/em> aux <em>\u00c9crits corsaires<\/em> \u2014 du pol\u00e9miste au cin\u00e9aste&nbsp;? \u2014, de Pasolini \u00e0 Denis Roche, de <em>La Disparition des lucioles<\/em> \u00e0 <em>La Chambre claire<\/em>, de la recherche de <em>L\u2019Obvie et l\u2019Obtus<\/em> \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un marque-page dans l\u2019<em>Analyse textuelle d\u2019un conte d\u2019Edgar Poe<\/em>, de la feuille de bambou sous plastique orn\u00e9e d\u2019un dessin repr\u00e9sentant sur son socle un homme avec une canne aux lignes de crayon de papier dans le texte et dans la marge, de la l\u00e9gende en caract\u00e8res chinois sous le dessin \u2014 <em>Sun Yat-tsen, 1866-1925, originaire du comt\u00e9 de Xiangshan, province du Guangdong, un grand pionnier r\u00e9volutionnaire de la Chine moderne. Il a dirig\u00e9 la r\u00e9volution de 1911 pour renverser la dynastie Qing, et son r\u00e8gne a mis fin au syst\u00e8me monarchique f\u00e9odal pendant plus de deux mille ans.<\/em> \u2014 \u00e0 la note recompos\u00e9e dans le texte&nbsp;: <em>L\u2019analyse textuelle ne cherche pas \u00e0 savoir par quoi le texte est d\u00e9termin\u00e9, mais plut\u00f4t comment il \u00e9clate et se disperse en essayant de rep\u00e9rer et de classer sans rigueur les formes, les codes, selon lesquels des sens sont possibles. Notre but est d\u2019arriver \u00e0 concevoir, \u00e0 imaginer, \u00e0 vivre le pluriel du texte, l\u2019ouverture de sa signifiance&nbsp;; il touche \u00e0 une th\u00e9orie, une pratique, un choix qui se trouvent dans le combat des hommes et des signes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Et fini le m\u00e9moire de l\u2019IA-IPR \u2014 les notes de bas de page principalement, la diff\u00e9rence entre <em>idem<\/em> et <em>ibidem<\/em>&nbsp;(<em>pareil<\/em> et <em>presque pareil<\/em>).)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-2830bcb2f99d81de5f5788e453f1bb11 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>28052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">mardi m\u00e9moire \u2014 mardi IA-IPR<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">est-ce que l\u2019IA-IPR est une sorte d\u2019intelligence artificielle&nbsp;? \u2014 Dis donc, c\u2019est pas tr\u00e8s gentil pour Soso&nbsp;! \u2014 Mais c\u2019est pas \u00e0 elle que je m\u2019adresse, c\u2019est \u00e0 ma fatigue\u2026 \u00e0 mon intelligence pour rien\u2026 \u2014 Ben tu ferais mieux d\u2019aller te coucher dans ce cas&nbsp;! \u2014 Non, j\u2019vais plut\u00f4t regarder la fin du film d\u2019hier soir, qui finissait trop tard. \u2014 C\u2019est quoi&nbsp;? encore du genre art et essai te connaissant&nbsp;? monsieur soigne sa culture p\u00e9dante&nbsp;? \u2014 <em>Vie sauvage<\/em>, pas pour toi en effet, c\u2019est sur la vie de famille quand \u00e7a devient impossible, mais tu peux rester. \u2014 S\u00fbrement pas&nbsp;! j\u2019te laisse avec le monde sauvage. \u2014 Tu vas continuer avec les lucioles j\u2019imagine\u2026 tu sais qu\u2019t\u2019en fais une belle&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et je d\u00e9couvre des fonctionnalit\u00e9s cach\u00e9es du traitement de texte dans le traitement des graphiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Maupassant aussi en fait de belles, dans cet \u00e9tonnamment long extrait des <em>S\u0153urs Rondoli<\/em> que je trouve dans le <em>Grand Robert<\/em>, en guise d\u2019illustration&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Et tout d&rsquo;un coup, j&rsquo;aper\u00e7us sous les arbres, le long de la voie, dans l&rsquo;ombre toute noire maintenant, quelque chose comme une pluie d&rsquo;\u00e9toiles. On e\u00fbt dit des gouttes de lumi\u00e8re sautillant, voletant, jouant et courant dans les feuilles, des petits astres tomb\u00e9s du ciel pour faire une partie sur la terre. C&rsquo;\u00e9taient des lucioles, ces mouches ardentes dansant dans l&rsquo;air parfum\u00e9 un \u00e9trange ballet de feu.<br>Une d&rsquo;elles, par hasard, entra dans notre wagon et se mit \u00e0 vagabonder jetant sa lueur intermittente, \u00e9teinte aussit\u00f4t qu&rsquo;allum\u00e9e. Je couvris de son voile bleu notre quinquet et je regardais la mouche fantastique aller, venir, selon les caprices de son vol enflamm\u00e9. Elle se posa, tout \u00e0 coup, dans les cheveux noirs de notre voisine assoupie apr\u00e8s d\u00eener. Et Paul demeurait en extase, les yeux fix\u00e9s sur ce point brillant qui scintillait, comme un bijou vivant sur le front de la femme endormie.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-acc578dda930c92ce4fb7ea78eea425d wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>27052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">on manque de sommeil, mais on ne le trouve pas<br>en retard dans le planning des exercices d\u2019atelier<br>le tout, c\u2019est que l\u2019\u00e9criture reste \u00e0 la bonne heure<br>le tout, c\u2019est que l\u2019\u00e9criture veille au rel\u00e2chement<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Structure |<br>Je n\u2019avais pas vu le groupe du lundi depuis un mois. \u2014 Au tour de table pour savoir comment s\u2019est pass\u00e9 ce mois de mai, tout le monde s\u2019est accord\u00e9 sur un <em>mois de merde<\/em>. Soucis \u00e9conomiques, climatiques, m\u00e9caniques, entre autres hic erratiques en famille, sant\u00e9, moral. Pass\u00e9 les premi\u00e8res vagues de hic hic hic hol\u00e0\u2026 on finit par trouver le tube, \u00e9troit, de l\u2019art d\u2019\u00eatre bien, d\u2019\u00eatre l\u00e0. Avec la voiture pour aller se promener dans les bois, les carreaux des escaliers m\u00eame si c\u2019est coll\u00e9 de travers, une partie de jeu vid\u00e9o en ligne, la collection d\u2019autocollants Panini, dans le jardin \u00e0 guetter le li\u00e8vre tapi sous le tas de branches, <em>Le Temps des secrets<\/em> qu\u2019on n&rsquo;avait pas relu depuis le coll\u00e8ge, une sortie au bord de la mer pour l\u2019Ascension. \u2014 Un peu d\u2019\u00e9criture, du calcul. On termine la journ\u00e9e en lecture, avec la saison deux de <em>Madeleine project<\/em>. \u2014 (Et je me dis que \u00e7a ne devrait pas \u00eatre plus compliqu\u00e9, l\u2019\u00e9criture&nbsp;: que \u00e7a devrait toujours \u00eatre comme si on trouvait une valise et qu\u2019on exposait, un \u00e0 un, les objets disparates et myst\u00e9rieux qu\u2019elle contient, les pens\u00e9es et les images qu\u2019ils \u00e9voquent, en reste d\u2019une vie disparue.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lulu est sortie de l\u2019h\u00f4pital. Combien de fois a-t-elle pr\u00e9par\u00e9 ses affaires, chemise de malade comprise, avant qu\u2019on l\u2019y autorise&nbsp;? <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hyperculte, <a href=\"https:\/\/hyperculteband.bandcamp.com\/track\/cabanes\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cabanes<\/a> pour le petit Marcel et la petite Lulu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-e69db363673641354395e053d59f26f1 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>26052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dimanche, m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La marche gourmande. On est partis vers 19 h sous le soleil, chaud. Chemins blancs entre les vignes, dans le coteau, chemins de terre, orni\u00e8res et tourni\u00e8res gorg\u00e9es d\u2019eau, sous-bois pleins de moustiques, quelques champs en friche. Stand ap\u00e9ro \u00e0 la cabane des chasseurs, une bicoque ciment \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un hangar abandonn\u00e9 (verre de jacqueline et petits g\u00e2teaux secs \u00e9touffe-chr\u00e9tiens). Le long des haies et des lev\u00e9es, de belles orchid\u00e9es sauvages. Des traces de chevreuil. La perc\u00e9e du soleil sous la couverture nuageuse. Le ronflement du groupe \u00e9lectrog\u00e8ne. Stand entr\u00e9e, bloc de p\u00e2t\u00e9 et salade de riz cuite dans son jus (servi dans une bassine en plastique bleue ou rouge, entre gamelle des chiens et seau \u00e0 serpilli\u00e8re). Les pieds dans l\u2019eau, le sinus bouch\u00e9 par le pollen, la jambe en vrac. Des \u00e9clats de rire. Des Espagnols. Arr\u00eat pipi dans un rang de vigne. Dans un bois. Stand grillade sous les peupliers, on fait la queue pour une entrec\u00f4te (mais plus de po\u00eal\u00e9e de l\u00e9gumes, on nous ressert le jus de salade de riz en rabe). Le hameau \u00e0 la nuit tombante, quand les murs deviennent des ombres. Des grenouilles bruyantes. Des chauves-souris filantes. Une voiture sans bruit, sinon le gravier sous les roues. Les \u00e9toiles et quelques gouttes. La ligne en pointill\u00e9 des lueurs de \u00ab\u00a0lightphones\u00a0\u00bb du haut du coteau. La guirlande du stand fromage au milieu des champs pour une part de brie, un verre de vin rouge, des portraits de vaches accroch\u00e9s au barnum, les serveuses made in Normandie (enceinte Bluetooth \u00e0 l\u2019appui). Les derniers kilom\u00e8tres dans les rangs de vignes, en boitant. On se fait d\u00e9passer. Le plus dur dans la descente, on finit en marche arri\u00e8re. L\u2019autre au bout de sa vie, vingt fois au moins <em>Qu\u2019est-ce que \u00e7a descend&nbsp;!<\/em> Les grillons. Les jeunes qui courent, qui crient. Qui sautent sur le muret de l\u2019\u00e9glise. Arriv\u00e9e salle des f\u00eates, stand dessert (part de tarte aux pommes, p\u00e2te br\u00fbl\u00e9e). On ne s\u2019entend plus. <em>On va chez Lilou&nbsp;?<\/em> On finit donc au stade, un verre \u00e0 la main. La pluie la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-50861b6e1c5f86e6ef14be56adbf2e35 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>25052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le m\u00e9moire de Soso sollicite beaucoup de mon temps de cerveau disponible. Plus dans la forme (avec les nombreuses fonctionnalit\u00e9s de Word) que sur le fond (trop technique pour y retenir vraiment quelque chose) \u2014 on ne devrait pas dire l\u2019inverse, <em>sur<\/em> la forme, <em>dans<\/em> le fond&nbsp;? Moi qui comptais lire, plut\u00f4t, lire la d\u00e9marche litt\u00e9raire de Gertrude Stein dans <em>Les Am\u00e9ricains<\/em>, sans souci de relecture-r\u00e9\u00e9criture. Et poursuivre en parall\u00e8le, doucement, quelques pages le soir, de temps en temps, les <em>Souvenirs des montagnes au loin<\/em>. Et ouvrir, peut-\u00eatre, <em>Survivance des lucioles<\/em> que je viens de recevoir, en m\u00eame temps que les le\u00e7ons de Bertolt Brecht, <em>Sur le r\u00e9alisme<\/em>. Mais je ne fais pas preuve de r\u00e9alisme, car le m\u00e9moire presse maintenant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut aussi savoir relever la t\u00eate, oublier tout \u00e7a, respirer et regarder autour de soi. Et ce soir, justement, on part pour une marche gourmande semi-nocturne, dans les chemins, les champs, les bois, qui devrait se terminer tard dans la nuit \u00e0 l\u2019\u00cele Verte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-f4c4f4a4415d4dd40be5d2a899c39dc3 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>24052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-medium-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">|| Nettoyage des murs |<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De quoi ai-je peur exactement&nbsp;? Ou plut\u00f4t&nbsp;: de quoi ai-je le plus peur&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Des champignons qui font des taches vertes, noires, rouges, vraiment&nbsp;? \u2014 Pourtant, quand on s\u2019approche, quand on regarde bien, de pr\u00e8s, les nuances de vert, de rouge, les tra\u00een\u00e9es noires, les taches blanch\u00e2tres rondes par-dessus (du lichen&nbsp;?), on se dit qu\u2019avec un peu de temps, le mur, couvert de pigments de toutes sortes (peut-\u00eatre des mousses, du lierre, comme sur les vieux murs&nbsp;?), se fera tableau. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 cas chez la voisine, tout un pan de mur en rouge et noir&nbsp;! Et puis certains, comme Michel Blazy, en font de l\u2019art depuis longtemps, des ordinateurs blancs, \u00e9cran noir, o\u00f9 la v\u00e9g\u00e9tation a fini par pousser, \u00e0 des murs orange et violet couverts de moisissures&nbsp;: parce que c\u2019est \u00e7a aussi la nature, <a href=\"https:\/\/artplastoc.blogspot.com\/2018\/08\/912-michel-blazy-timeline-nice-galerie.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">le vivant<\/a>&nbsp;!<\/li>\n\n\n\n<li>De l\u2019artisan, se disait-il, aspergeant sur un m\u00e8tre carr\u00e9 de mur un produit professionnel, disait-il, largement plus puissant que le v\u00f4tre, effa\u00e7ant en quelques minutes les traces les plus vertes, les plus noires, les plus rouges, et pour un peu la couleur \u00e9cru d\u2019origine, dirais-je&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>Du fait que les murs ext\u00e9rieurs n\u2019ont pas de plafond&nbsp;?<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(J\u2019aimerais bien laisser un grand pochoir de Banksy pendant vingt ou trente ans sur un mur, jusqu\u2019\u00e0 ce que le motif \u00e0 l\u2019air se soit naturellement pigment\u00e9 \u2014 et dessous, allez savoir quelle chimie la nature aura tram\u00e9e.) ||<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#1999d11c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-7d92e67b59a50adfae7820b44405ff7d wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>23052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Surprise de Soso, pour son m\u00e9moire \u2014 une belle \u00e9tude technique pour savoir comment l\u2019\u00e9valuation des \u00e9tablissements scolaires d\u00e9termine l\u2019identit\u00e9 professionnelle des inspecteurs d\u2019acad\u00e9mie (tout un programme pour ainsi dire\u2026) \u2014, des annexes \u00e0 int\u00e9grer, de grands tableaux avec des formats de page diff\u00e9rents \u2014 merci les sauts de section et les d\u00e9calages de lignes ou de colonnes incompr\u00e9hensibles (mais je n\u2019ai pas encore pens\u00e9 \u00e0 tous les param\u00e8tres&nbsp;; tiens, par exemple, le fait que l\u2019automatisation du style Normal change peut-\u00eatre l\u2019interligne \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des tableaux\u2026&nbsp;?) \u2014, et l\u2019annexe d\u2019entretiens avec une bonne vingtaine d\u2019inspecteurs, des pages LXII \u00e0 CCLX\u2009! \u2014 bonjour la relecture&nbsp;!&nbsp;; si elle a des enregistrements audio ou vid\u00e9o, je mettrai tout en ligne sur YouTube ou Soundcloud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourquoi dans chaque cabane y a-t-il une douceur \u00e0 manger&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| Quelqu\u2019un savait que <em>f<\/em> avait peur des murs et des plafonds&nbsp;?&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;vision de celui qui b\u00e2tissait un mur, et puis d\u2019un autre qui le palpait, le mur, pour passer, sans trouver (Samuel Beckett) \u2014 et si cela prot\u00e8ge<br>une fois que tu \u00e9tais enferm\u00e9&nbsp;: on a tous une fois \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9, bloqu\u00e9, plus moyen de sortir<br>vous \u00eates dans un labyrinthe et c\u2019est comme des rues \u00e0 plafond&nbsp;: des angles, des retraits, et nulle ombre \u2014 pas d\u2019issue, nulle part&nbsp;\u00bb ||<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-4ae85579b6c9be217ea70027a72c4448 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>22052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Emma Doude Van Troostwijk dans le 13\/14 de France Inter, <a href=\"https:\/\/www.radiofrance.fr\/franceinter\/podcasts\/le-prix-du-livre-inter\/emma-doude-van-troostwijk-j-avais-envie-de-laisser-mes-personnages-libres-4700647\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">hier<\/a>&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019avais envie d\u2019un livre qui\u2026 soit\u2026 constitu\u00e9 de couches de sens diff\u00e9rentes. \u2014 <em>Mais vous ne donnez jamais d\u2019explication justement. C\u2019est \u00e0 nous de le saisir.<\/em> \u2014 Oui. \u2014 <em>Vous \u00e9crivez, je disais, par fragments&nbsp;: comment avez-vous con\u00e7u cette forme&nbsp;?<\/em> \u2014 Je ne savais pas comment \u00e9crire un roman. En le saisissant par sc\u00e8nes, \u00e7a me paraissait plus accessible, et puis j\u2019avais cette envie de construire un ch\u00e2teau de cartes, en faisant en sorte que chaque carte tienne par elle-m\u00eame, et donc chaque fragment est comme un tableau qui pourrait \u00eatre extrait et qui raconte quelque chose, et, \u00e0 la fois j\u2019avais aussi envie de, d\u2019avoir un livre qui laisse de l\u2019espace \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation, j\u2019avais envie que, on puisse euh\u2026 se faire son propre chemin. \u2014 <em>Est-ce que le fragment, \u00e7a peut pas correspondre aussi au sujet qui est la m\u00e9moire qui s\u2019en va&nbsp;? donc la m\u00e9moire y a des trous&nbsp;? y a des mots qui restent&nbsp;? y a des mots qui s\u2019en vont&nbsp;?<\/em> \u2014 Oui, bien s\u00fbr, fragment \u00e7a veut dire morceaux d\u2019un objet bris\u00e9, et j\u2019aimais beaucoup \u00e7a cette id\u00e9e que, on ne puisse pas tout saisir, comme ces hommes qui ne saisissent plus tout et de cr\u00e9er des trous dans la langue, des trous dans le r\u00e9cit, euh c\u2019\u00e9tait pour moi une r\u00e9ponse formelle, euh\u2026 \u00e0 ces trois hommes qui sont en proie euh\u2026 en proie au doute, en proie \u00e0 la perte de m\u00e9moire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-light-gray-background-color has-background\">Les Missolin, ils existent pas. C\u2019est une famille fant\u00f4me. C\u2019est un nom flottant. Le nom de sa m\u00e8re, le nom de sa tante, quand elles \u00e9taient petites. Comme elle. Mais elles s\u2019appellent plus comme \u00e7a. Et elle s\u2019appelle pas comme \u00e7a non plus. Elle c\u2019est Fissou. Heureusement, Missolin c\u2019est un nom pour les fant\u00f4mes. Quand elle est n\u00e9e, ses grands-parents sont morts juste apr\u00e8s. En m\u00eame temps presque. Non, ensemble. Fran\u00e7ois et Augustine. Elle est morte en lui tendant la main, il l\u2019a prise juste \u00e0 temps. Le temps qu\u2019un vivant se rende compte qu\u2019il peut pas vivre sans l\u2019autre, qui vient de mourir. Il lui a pris la main, elle l\u2019a attir\u00e9 \u00e0 elle. Ils se sont retrouv\u00e9s. L'histoire ne dit pas comment.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et fini les Missolin. Fini. Pas de gars pour perp\u00e9tuer le nom, pour le faire vivre. Il y en a bien eu un, Eug\u00e8ne, l\u2019a\u00een\u00e9 de la fratrie. Il a eu tort d\u2019\u00eatre le premier. Il a eu tort d\u2019\u00eatre un gar\u00e7on. Il a eu tort d\u2019avoir l\u2019\u00e2ge d\u2019aller \u00e0 la guerre. Il a eu tort de tomber sur le champ de bataille. Il a eu tort le 6 octobre 1914 \u00e0 Meurival, dans l\u2019Aisne. Il a eu tort de pas prendre ces noms pour des signes. L\u2019histoire ne dit pas pourquoi. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sa m\u00e8re non plus lui a pas dit. Ni pourquoi c\u2019\u00e9tait au tour de son p\u00e8re \u00e0 elle, maintenant, d\u2019y retourner. Lui qu\u2019avait fait la fin de la Premi\u00e8re Guerre, voil\u00e0 qu\u2019il \u00e9tait parti faire le d\u00e9but de la Deuxi\u00e8me. Il aurait eu tort de vivre avec une Missolin&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Missolin, c\u2019est les fant\u00f4mes. C\u2019est la famille fant\u00f4me. \u00c9l\u00e9zia, la petite s\u0153ur de sa m\u00e8re, c\u2019est un vrai nom de fant\u00f4me. C\u2019est un nom qui existe pas. \u00c7a sonne comme le nom de la fille de Dracula, un nom pour les Enfers. Pas un nom pour les vivants. D\u2019ailleurs elle morte comme elle est n\u00e9e la petite \u00c9l\u00e9zia Missolin. Du 18&nbsp;au 26 janvier&nbsp;1902. Huit jours. Huit jours \u00e0 vivre, \u00e0 ciel ouvert sur les limbes. Huit jours \u00e0 mourir. L\u2019histoire ne dit pas de quoi. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et c\u2019\u00e9tait juste un d\u00e9but. Germaine, n\u00e9e deux ans apr\u00e8s, et morte deux ans apr\u00e8s, \u00e0 deux ans \u00e0 peu pr\u00e8s. C\u2019\u00e9tait pourtant pas un nom de fant\u00f4me. Et l\u2019histoire ne dit rien. Elle continue. Avec les filles Missolin, les survivantes. La Rousseau et la Fissou. Des mortes-vivantes. Isabelle, la grande s\u0153ur, la Missolin Rousseau, morte d\u2019un premier enfant mort-n\u00e9. Morte d\u2019un second m\u00e9ning\u00e9. Et Alice, la Missolin Fissou, morte du petit Marcel. Et l\u2019histoire ne dit rien. Elle continue. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La petite Lulu sait tout. Elle a \u00e9cout\u00e9 les histoires de famille, comme \u00e7a, que les s\u0153urs se racontaient. Elle a \u00e9cout\u00e9 les souvenirs du nom. Et elle s\u2019est dit, sans y penser, que la cabane Missolin se ferait dans la haie de la cour des poules et des canards. La haie d\u2019aub\u00e9pine, assez dense, mais avec un trou au milieu, comme si une b\u00eate avait travers\u00e9. Et \u00e7a tombait bien ce trou, pour s\u2019installer dans la haie en cassant des branches mortes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, en taillant les autres \u00e0 l\u2019aide du s\u00e9cateur de son p\u00e8re. En plus, au printemps, \u00e7a fera un beau mur de fleurs blanches ros\u00e9es avec de nombreux yeux \u00e9tamines jaune orang\u00e9. Un mur d\u2019yeux en suspension dans un calice de p\u00e9tales fant\u00f4mes. Un mur d\u2019ombre \u00e0 claire-voie. Id\u00e9al pour se cacher avec Loulou. G\u00e9nial pour faire quatre heures avec du pain, du beurre et du chocolat.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-228575d557561234f7bdab7673d4e605 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>21052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis plus d\u2019un mois, Gilbert ne vient plus \u00e0 la structure, et il ne souhaite plus revenir. Avec mes jours de r\u00e9cup\u00e9ration, ma journ\u00e9e d\u2019astreinte pour le Certificat Voltaire, un jour f\u00e9ri\u00e9, \u00e7a n\u2019a peut-\u00eatre pas aid\u00e9. Mais \u00e7a, c\u2019est comme les rendez-vous de derni\u00e8re minute pour Gilbert. La v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que je n\u2019aurai pas su l\u2019aider. Je n\u2019ai pas su lui faire faire la diff\u00e9rence entre M et N. Et pourtant il a essay\u00e9 de se souvenir du nom des lettres qui sonnent comme de vrais mots. H comme la hache qui tranche.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-light-gray-background-color has-background\">La cabane Richard se situe en fait derri\u00e8re la grange, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on stocke les petites bottes de foin et de paille sur plusieurs \u00e9tages, plus ou moins en escalier. La petite Lulu aime grimper au sommet de ces structures relativement instables. Une botte parfois se d\u00e9robe et tombe. <em>Attention, un rocher Loulou<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>!<\/em> Ou bien sa jambe s\u2019enfonce jusqu\u2019au genou dans une crevasse. Une fois, elle s\u2019est engouffr\u00e9e des deux pieds jusqu\u2019\u00e0 la poitrine. &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce qu\u2019elle aime surtout, c\u2019est le jeu de construction. C\u2019est d\u00e9placer les bottes, dresser des murs, am\u00e9nager des plateformes, glisser des couloirs, creuser des tunnels, refermer un abri. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les bottes de foin sont plus l\u00e9g\u00e8res et plus l\u00e2ches qu\u2019avec la paille, plus dense, et la ficelle est parfois serr\u00e9e.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle a appris chez les Richard.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je sais pas comment elle s\u2019est retrouv\u00e9e chez eux. C\u2019est pas la porte \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Ils habitent au sommet du coteau, \u00e0 la Garde, qui porte ce nom parce qu\u2019on voit loin aux alentours. On a m\u00eame vue sur l\u2019estuaire. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est pas une famille facile les Richard. La petite Lulu vit seule avec ses parents et le chien. Les Richard, c\u2019est six fr\u00e8res et s\u0153urs chamailleurs, une m\u00e8re stricte qui a pas sa langue dans sa poche et un p\u00e8re plus doux, laxiste, r\u00e9put\u00e9 coureur. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n\u2019a pas vu de mal, le jour o\u00f9 ils ont pris une bo\u00eete d\u2019allumettes. C\u2019\u00e9tait un jour o\u00f9 il faisait froid. Ils sont descendus dans le petit bois. Ils ont fait du feu, ils se sont r\u00e9chauff\u00e9s pr\u00e8s du feu, ils ont jou\u00e9 autour du feu, mais une robe a pris feu, ou la petite est tomb\u00e9e dans le feu. On lui a enlev\u00e9 ses v\u00eatements. Sa peau nue et br\u00fbl\u00e9e. On l\u2019a ramen\u00e9e \u00e0 la maison comme \u00e7a. Et le froid aura mordu dans les br\u00fblures. La petite est morte.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La m\u00e8re Richard, Antoinette, est devenue plus dure. Surtout avec elle-m\u00eame. Elle finissait toujours par se reprocher s\u00e8chement tout ce qu\u2019elle pensait trop vite, tout haut, bien fort. Mais elle restait ouverte. Elle traitait les amis des enfants comme les siens, d\u2019une belle part de tarte aux mirabelles ou d\u2019un bon coup de badine sur les fesses. Et elle en donnait, des coups. Pendant quelque temps, la fratrie s\u2019est d\u00e9chir\u00e9e. La jeune s\u0153ur a gliss\u00e9 un jour dans la soupe de la grande, qui avait pris les allumettes et allum\u00e9 le feu, des perles de son collier. <em>C\u2019\u00e9tait pour qu\u2019elle aille la retrouver et lui demander pardon<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>Tu diras rien \u00e0 ma m\u00e8re, hein&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>\u2014 Ben non<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>! Pourquoi j\u2019ferais \u00e7a&nbsp;? Elle dirait que j\u2019raconte des histoires et je m\u2019ferais attraper pour \u00e7a<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>!&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>\u2014 Allez viens, on va jouer dans la grange. Tu vas voir, on a commenc\u00e9 \u00e0 faire une cabane en paille avec Roland et Omer.<br>\u2014 C\u2019est quoi&nbsp;? vous jouez aux Trois Petits Cochons&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br><\/em>C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019elle aura eu l\u2019id\u00e9e, sans y penser vraiment, de trois cabanes chez elle. Une en botte de foin, et deux autres en paille, avec un tunnel de communication. <em>Tu vois Loulou, c\u2019est \u00e7a le village des Richard. &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>! j\u2019te vois en bas qu\u2019tu cherches ma voix&nbsp;? Regarde bien, j\u2019suis tout en haut. J\u2019me suis fait un petit abri dans le coin.<\/em><\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-e87f22e084973d8d395355d8c5f03c2f wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>20052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour accompagner Toussaint, R\u00e9gine Detambel, dans <em>Les Livres prennent soin de nous<\/em>, que j\u2019ouvre en rangeant <em>Lire pour relier<\/em> aux pages de ces deux petites languettes, l\u2019une sur la cr\u00e9ation, l\u2019autre sur l\u2019\u00e9tude&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Cr\u00e9er n\u2019est pas produire. \u00c0 tout \u00e2ge, cr\u00e9er, c\u2019est lib\u00e9rer les possibilit\u00e9s de vie susceptibles d\u2019accro\u00eetre \u00e0 la fois la puissance de la sensibilit\u00e9 et la jouissance du fait de vivre. Les cr\u00e9ateurs r\u00e9ussissent momentan\u00e9ment \u00e0 faire face \u00e0 la douleur caus\u00e9e par le d\u00e9sespoir, la peur ou la perte, en d\u00e9cidant de donner vie \u00e0 quelque chose qui n\u2019existait pas auparavant \u2014 quelque chose qui sans eux n\u2019aurait pu avoir lieu.&nbsp;\u00bb<br>\u00ab&nbsp;Je ne travaille pas, je ne b\u00fbche pas, je ne me creuse pas la t\u00eate, je ne prends pas de notes et ne cherche pas \u00e0 m\u00e9moriser de force des dates ou des noms, je me laisse simplement mitrailler par une gr\u00eale de nouveaut\u00e9s, d\u2019\u00e9v\u00e9nements \u00e9tincelants, de rois et de reines inconnus ou entraper\u00e7us autrefois au hasard d\u2019une classe de coll\u00e8ge et aussi flous dans ma m\u00e9moire que les dames \u00e0 toque blanche qui servaient \u00e0 la cantine.&nbsp;\u00bb<br>(\u00c0 moins que ce soit un effet de la relecture, je me demande si je n\u2019ai pas d\u00e9j\u00e0 copi\u00e9 ces extraits quelque part. Pas grave. Deux pr\u00e9cautions valant mieux qu\u2019une, c\u2019est l\u2019occasion de deux bonnes piq\u00fbres de rappel.)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-light-gray-background-color has-background\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Allez, viens Loulou, on va voir les cousins Rousseau. On va voir Camille. \u00c7a fait longtemps qu\u2019on les a pas vus. Viens, viens avec moi dans la cabane Rousseau. Tu vas voir, j\u2019ai tout bien m\u00e9nag\u00e9 dans le chai. Tu sais dans la grosse barrique vide qu\u2019on se sert plus&nbsp;? Ils seront bien l\u00e0 quand ils viendront les cousins. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ils sont pas venus depuis longtemps. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c7a serait bien qu\u2019ils reviennent. J\u2019pourrais leur montrer la grosse barrique. Tu sais que c\u2019est la barrique de Camille&nbsp;? Eh attention \u00e0 la marche, gros patapouf ! &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tiens regarde!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La derni\u00e8re fois ils ont pas beaucoup parl\u00e9, tu sais. Tonton un peu, avec papa qui allait partir. Il est infirmier dans l\u2019arm\u00e9e. Tu savais qu\u2019il \u00e9tait infirmier&nbsp;? C\u2019est bizarre, c\u2019est toujours maman qui nous soigne ici. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tonton il est pas parti. Heureusement parce que tata elle serait encore plus triste.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; T\u2019as remarqu\u00e9, \u00e7a&nbsp;? Elle parle d\u00e9j\u00e0 pas beaucoup, mais c\u2019est encore pire maintenant. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Regarde, j\u2019ai mis des coussins, une nappe, un service \u00e0 caf\u00e9. Il \u00e9tait dans le grenier, au fond, les bougies de la chemin\u00e9e, et mes cahiers d\u2019\u00e9cole qui devaient servir pour Camille.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le petit Camille il aimait bien venir se cacher dans la grosse barrique, tu sais. Et des fois je me dis qu\u2019il est encore l\u00e0, dedans. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est pour \u00e7a, j\u2019voudrais leur montrer \u00e0 tonton et tata. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019sais pas s\u2019ils voudront. Papa il disait qu\u2019ils avaient plus envie de rien. Que c\u2019\u00e9tait pire que pour maman. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tiens, tu veux du caf\u00e9 toi aussi&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu savais que t\u2019avais eu un grand fr\u00e8re ou une grande s\u0153ur, et qu\u2019on sait pas si c\u2019\u00e9tait un gar\u00e7on ou une fille&nbsp;? C\u2019est parce qu\u2019\u00e0 la naissance on lui a pas donn\u00e9 la vie en fait. Papa a dit que c\u2019\u00e9tait comme un ange.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il aurait peut-\u00eatre pu essayer de le soigner, papa&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dis donc, t\u2019arr\u00eates pas d\u2019\u00e9ternuer toi, t\u2019es malade&nbsp;? En plus t\u2019en mets partout!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On aurait quand m\u00eame pu lui donner un nom. Un nom de gar\u00e7on et de fille. Et c\u2019est peut-\u00eatre pour \u00e7a que tonton et tata ils t\u2019ont appel\u00e9 Camille&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tiens, j\u2019ai de la galette si tu veux. Non, pas toi patapouf. Apr\u00e8s tu pourras pas monter les marches.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu sais, quand papa reviendra de la guerre, il pourra peut-\u00eatre mieux te soigner. \u00c7a doit se soigner une m\u00e9nagite&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En attendant, tu peux rester l\u00e0. Y a tout ce qu\u2019il faut tu vois&nbsp;? Et le chien il vient souvent tu sais. Quand je rentre de l\u2019\u00e9cole, j\u2019le vois sortir du chai. \u00c0 croire qu\u2019il sent que t\u2019es l\u00e0.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; T\u2019aimais bien jouer avec lui quand il \u00e9tait tout petit, le faire courir. Et tonton aussi, qui l\u2019aga\u00e7ait avec une serviette. Et lui il la mordait et il tirait en grognant. Mais tata elle aimait pas quand il excitait le chien comme \u00e7a. \u00ab&nbsp;Arr\u00eate donc de le faire bisquer!&nbsp;\u00bb elle disait. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle \u00e9tait souvent comme \u00e7a en fait, toujours inqui\u00e8te. Et tonton il l\u2019aga\u00e7ait toujours un peu avec \u00e7a. <em>\u00ab&nbsp;Mais t\u2019inqui\u00e8te pas\u2026 prie&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bon, on va y aller. C\u2019\u00e9tait surtout pour montrer \u00e0 Loulou la cabane Rousseau. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019ils viendront voir tes parents. Maintenant on va voir les Richard dans la grange. Fini la galette. Allez, viens Loulou ! Attention \u00e0 la marche !<\/em><\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-cec459e726acc8602d513c3c70c83ebd wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>19052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">correction d\u2019un m\u00e9moire d\u2019une amie | mise en page pour l\u2019essentiel | gros travail sur la table des mati\u00e8res | param\u00e9trage des styles sur quatre niveaux | recherche des titres de chapitres, sous-chapitres, parties, sous-parties | (vu les listes num\u00e9rot\u00e9es, les listes \u00e0 puces, en traits, en points vides et pleins, et traits et fl\u00e8ches et m\u00eame soufflets, il doit y avoir d\u2019autres niveaux cach\u00e9s, crois\u00e9s, superpos\u00e9s, toujours le m\u00eame peut-\u00eatre qui se m\u00e9conna\u00eet, comme le myst\u00e9rieux escalier h\u00e9lico\u00efdal du ch\u00e2teau de Chambord) | l\u00e9gendes des images, sch\u00e9mas, tableaux | groupement | ajout de la mention \u00ab&nbsp;URL de r\u00e9f\u00e9rence&nbsp;\u00bb | (oui, il a fallu revoir les notes de bas de page) | interligne multiple, retrait gauche, espacement apr\u00e8s | saut de page et saut de section | pages paires et impaires diff\u00e9rentes | premi\u00e8re page diff\u00e9rente | marges, reliure, pages en vis-\u00e0-vis | espaces | lignes vides | pages vides<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une heure en fin d\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 travers champs. J\u2019ai regard\u00e9 fort partout en esp\u00e9rant que les \u00e9tendues de terre, d\u2019herbe, les lignes des arbres au loin et la vo\u00fbte bleue du ciel entrent dans ma bo\u00eete cr\u00e2nienne pour att\u00e9nuer les effets de l\u2019\u00e9cran rectangulaire, des touches carr\u00e9es, des bords verticaux des pages-\u00e9crans, du d\u00e9filement des lignes horizontales, et d\u2019autres lignes et des panneaux cach\u00e9s, un menu d\u00e9roulant derri\u00e8re quel onglet, pour quelle fonction, quelle couleur, quel mot, quel point \u00e0 effacer, quel vide \u00e0 faire. Pour la retourner comme un gant. Et avoir pour seul esprit le monde imm\u00e9diat tout autour de moi, que je traverse. N\u2019\u00eatre plus que cette travers\u00e9e. Et quelques boutons d\u2019or.<br>(Les jeunes arbres qui ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s comme de grands b\u00e2tons, ce sont des peupliers. Les feuilles ont bien pouss\u00e9.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La famille Rousseau, la famille Missolin, la famille Richard. Les Fissou&nbsp;? La famille via les enfants.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-6c1c10f8d704577a416e4338c67b2293 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>18052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On aurait cru que Jean-Philippe Toussaint allait multiplier les essais de descriptions d\u2019action, dans <em>Football<\/em>, s\u2019int\u00e9resser aux prouesses techniques, aux phases de jeu tactiques, \u00e0 des matchs historiques, \u00e0 d\u2019autres merdiques, aux commentaires critiques, entre br\u00e8ves de comptoir bibliques et mauvaise foi de bourrique. Mais non. Il se passe exactement l\u2019inverse. D\u00e8s le d\u00e9but du livre en fait, on rentre au vestiaire, un peu essouffl\u00e9, le c\u0153ur serr\u00e9 d\u2019une partie \u00e0 oublier, en pensant au livre qu\u2019on va retrouver et qui donnera \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que cr\u00e9er aujourd\u2019hui, dans le monde dans lequel nous vivions&nbsp;? C\u2019est proposer, de temps \u00e0 autre, dans un acte de r\u00e9sistance non pas modeste, mais mineur, un signal \u2014 un livre, une \u0153uvre d\u2019art \u2014 qui \u00e9mettra une faible lueur vaine et gratuite dans la nuit.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-light-gray-background-color has-background\">Ce qui frappe c\u2019est les chiens. On voit beaucoup de chiens dans les albums photos de Lulu. De plus en plus. Dans les vieilles photos, il y en a un ici, un l\u00e0, dans le champ. Et puis avec le temps, c\u2019est eux sur les photos. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il y a une photo o\u00f9 on en voit neuf, avec ceux de Lulu, de Ben et les miens. Sur une couverture en train de dormir. Et Ben allong\u00e9 au milieu, avec la Miss, Fanny, Magn\u00e9to, Belle, Candy, Souris, Poupette, Pirate et Louloute. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est \u00e7a aussi la famille. D\u2019ailleurs, parmi les portraits accroch\u00e9s aux murs, on voit sur la chemin\u00e9e, place de choix, une grande photo du dernier chien, un golden blond mort d\u2019un cancer. H\u00e9lios.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je me demande si Lulu se souvient de son premier chien, du chien de la petite Lulu.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je me demande si le petit Marcel s\u2019en souvient aussi. J\u2019imagine que oui. Quand on a habit\u00e9, hant\u00e9 le corps d\u2019un \u00eatre vivant, j\u2019imagine qu\u2019on s\u2019en souvient. Peut-\u00eatre m\u00eame qu\u2019il se souvient de son corps \u00e0 lui&nbsp;? Et peut-\u00eatre bien que c\u2019est pour tout le monde pareil, que dans la mort on se souvient de son corps, du corps qui nous a h\u00e9berg\u00e9s&nbsp;? Ou en sens inverse, si la mort c\u2019\u00e9tait \u00e7a, que pour le corps gisant on vive en lui comme un vieux souvenir, comme un r\u00eave, ou un cauchemar, qui peut plus le r\u00e9veiller&nbsp;? Et on vivrait l\u00e0, comme \u00e7a, en esp\u00e8ce de corps flottant de la m\u00e9moire comme un autre, au milieu de tous ceux qui nous ont travers\u00e9 l\u2019esprit, habit\u00e9, hant\u00e9, \u00e9chapp\u00e9. Lib\u00e9r\u00e9s, enfin. En sons, en lumi\u00e8re, quelques mots. En attendant l\u2019oubli. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non. Il aura pas oubli\u00e9 le chien le petit Marcel. Et tiens, personne en fait\u2026 comment oublier le chien qu\u2019on a \u00e9t\u00e9, hein\u2026&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et le chien, lui, est-ce qu\u2019il se souvient du Marcel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9&nbsp;? Il se rappelle quand il restait assis, la petite Lulu par l\u00e0, qui lui raconte ses histoires, lui assis \u00e0 observer dehors, le nez au vent par la fen\u00eatre ou la porte ouverte, ou le nez contre un carreau, \u00e0 laisser la trace de sa truffe pommel\u00e9e&nbsp;? \u00e0 \u00e9ternuer dessus&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avec la petite Lulu qui lui raconte sa nouvelle histoire, son nouveau jeu. Elle veut lui faire visiter les cabanes qu\u2019elle a construites.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-c4990124ae6b71a37495d981a6747545 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>17052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ou la petite Lulu dans le grenier, \u00e0 faire tourner le fil de ses histoires avec le vieux rouet, les liens familiaux et ce serait entre le jeu des sept familles et une s\u00e9ance de spiritisme. Et alors <em>dans la famille Rousseau je demande\u2026 le cousin.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Camille&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; T\u2019es l\u00e0 Camille\u2026&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bon on va dire que oui. Tu pourrais r\u00e9pondre quand m\u00eame<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les douleurs \u00e0 la poitrine, entre moi et Lulu&nbsp;: comme un signe puisque j\u2019en parle, alors que c\u2019est une simple co\u00efncidence. | Au jeu de la r\u00e9p\u00e9tition et de la diff\u00e9rence, les signes ne sont-ils pas le fruit de co-incidences&nbsp;? | Ce que je lis comme un signe, c\u2019est surtout le lien qui nous unit, qui nous rapproche, qui nous regarde, f\u00fbt-ce-t-il de la douleur. | <em>\u00ab&nbsp;Ainsi va la vie, chacun se souvient toujours de quelqu\u2019un qui ressemble \u00e0 celui qu\u2019il est en train de regarder. Ainsi, ils se r\u00e9p\u00e8tent, chacun est lui-m\u00eame \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de lui et chacun ressemble aux autres, et c\u2019est toujours int\u00e9ressant.&nbsp;\u00bb<\/em> (Gertrude Stein)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ou la grange, derri\u00e8re, le fenil, \u00e0 jouer dans les bottes de paille ou de foin, \u00e0 les d\u00e9placer pour en faire des cabanes, un village. Mais avant la guerre, je ne suis pas s\u00fbr qu\u2019on bottelait. Du moins pas chez les Fissou, il n\u2019y avait pas de tracteur. En fait, c\u2019est un jeu de mon enfance. Apr\u00e8s les battages, on grimpait sur les bottes, tout en haut, on sautait tout en bas sur le tas de paille des bottes d\u00e9faites. Ou on d\u00e9pla\u00e7ait les bottes, on les arrangeait pour \u00e9riger des murs, laisser des trous, faire un tunnel si possible. De la paille, du foin, dans les cheveux, les chaussettes, jusque dans le slip.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-2d3264c125e4a733c451413009dceb0f wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>16052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand j\u2019\u00e9coute <em>f<\/em> parler de Gertrude Stein \u2014 <em>dans le d\u00e9fi de dire \u00ab&nbsp;tout&nbsp;\u00bb un personnage, on aura r\u00e9uni \u00ab&nbsp;tous&nbsp;\u00bb les personnages qu\u2019il serait possible de d\u00e9crire<\/em> \u2014 <em>membres, histoire, secrets&nbsp;: ce qui d\u00e9finit une&nbsp;famille&nbsp;\u00e0 travers mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chacun de ses membres pris isol\u00e9ment <\/em>\u2014, j\u2019ai le sentiment que, \u00e7a, ce genre de situation, elle l\u2019a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu, et que c\u2019est inscrit l\u00e0, quelque part, sinon dans ce qu\u2019elle pense de la litt\u00e9rature, du moins dans sa pratique d\u2019\u00e9criture, qu\u2019elle aussi \u00e9coutait d\u00e9j\u00e0 <em>f<\/em> lui parler d\u2019elle, de sa r\u00e9flexion litt\u00e9raire, de sa technique. Je ne sais pas ce je me fais bien comprendre. En tous cas, Stein semble le dire comme \u00e7a&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019\u00e9cris pour moi et pour les \u00e9trangers. Je le fais pour moi et pour ceux qui savent que je sais qu\u2019ils ressemblent aux autres, qu\u2019ils sont s\u00e9par\u00e9s et pourtant toujours r\u00e9p\u00e9t\u00e9s.&nbsp;\u00bb<br>\u00c0 lire les autres, je me dis qu\u2019on pourrait faire d\u00e9filer les familles dans un m\u00eame lieu (le pont de pierre), ou les retrouver chez elles au m\u00eame moment (la mort du petit Marcel, ou le d\u00e9part du p\u00e8re Fissou \u00e0 la guerre). Mais comment faire que le lieu ou le moment ne soient jamais que le cadre discret des portraits de famille \u2014 comme ces paysages \u00e9tranges et discordants derri\u00e8re la Joconde&nbsp;? Ou chez Lulu, on parlerait de quelques familles en feuilletant quelques albums photos. Mais pas besoin en fait, quand aujourd\u2019hui encore, \u00e0 table, on parle de la m\u00e8re Machin, du fils Bidule, des cousins Trucmuche, et c\u2019est toujours de la famille qui se dessine. Et pourquoi pas le chien, quand il va chez les voisins&nbsp;?<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-8ceaa0eb37910106eaca238d62935f66 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>15052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans <em>Ouistreham<\/em>, le film d\u2019Emmanuel Carr\u00e8re diffus\u00e9 hier soir, ce passage (je ne crois pas qu\u2019il apparaisse dans <em>Le Quai de Ouistreham<\/em>, ce doit \u00eatre une r\u00e9flexion de Carr\u00e8re)&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;\u00c7a y est je le tiens, je le tiens le livre. C\u2019est comme \u00e7a que \u00e7a se passe, on t\u00e2tonne, on patauge, on gribouille des trucs dans tous les sens, \u00e7a ressemble \u00e0 rien, on croit que\u2026 qu\u2019on s\u2019en sortira jamais, et puis, \u00e0 un moment, quelque chose arrive, quelque chose ou\u2026 ou plut\u00f4t quelqu\u2019un. Ouais, on\u2026 on voyait \u00e7a comme un portrait de groupe et\u2026 c\u2019est bien un portrait de groupe, mais, tout \u00e0 coup, quelqu\u2019un se d\u00e9tache du groupe. Et on comprend que le livre, ce sera son portrait.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier, au r\u00e9veil, douleur \u00e0 la poitrine. On inspire profond\u00e9ment pour sonder les poumons, jusqu\u2019\u00e0 la pointe du fond, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 des bronchioles. Rien. La douleur reste en surface. D\u2019ailleurs elle finit par dispara\u00eetre dans la matin\u00e9e.<br>Aujourd\u2019hui, vers midi, un appel de<em>\u2026 pour te dire que mamie est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de toi. \u2014 Quoi \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi\u2026&nbsp;? l\u2019h\u00f4pital&nbsp;? \u2014 Eh oui, depuis hier. Elle avait trop mal \u00e0 la poitrine, elle arrivait pas \u00e0 bien respirer. Je l\u2019ai emmen\u00e9e chez le m\u00e9decin et puis aux urgences. C\u2019est qu\u2019elle avait mal. Elle disait qu\u2019elle tiendrait pas jusqu\u2019\u00e0 l\u00e0-bas. \u2014 Et l\u00e0 elle est toujours aux urgences&nbsp;? \u2014 Oui, elle a pass\u00e9 la nuit. C\u2019est une infection pulmonaire. Elle devrait aller dans une chambre\u2026 <\/em>7310, au fond d\u2019un couloir du second b\u00e2timent, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 le premier, en suivant les traces de pas rouges jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ascenseur, touche 33.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-3b818e4292c21dd5905706981e23d254 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>14052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jean-Philippe Toussaint, <em>Football<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il ne peut rien nous arriver pendant qu\u2019on regarde un match de football&nbsp;: comme dans la proximit\u00e9 b\u00e9n\u00e9fique et frontale d\u2019un sexe de femme dans certaines positions de l\u2019acte amoureux, qui fait se dissiper instantan\u00e9ment l\u2019angoisse de la mort, qui l\u2019anesth\u00e9sie et la fait fondre dans l\u2019humidit\u00e9 et la douleur de l\u2019\u00e9treinte, le football, pendant qu\u2019on le regarde, nous tient radicalement \u00e0 distance de la mort.&nbsp;\u00bb \u2014 Autant je vois o\u00f9 la comparaison veut en venir, autant elle ne me serait pas venue \u00e0 l\u2019esprit. D\u2019autant moins que je ne suis pas s\u00fbr qu\u2019elle soit r\u00e9versible. En revanche, j\u2019approuve le point de conclusion&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je fais mine d\u2019\u00e9crire sur le football, mais j\u2019\u00e9cris, comme toujours, sur le temps qui passe.&nbsp;\u00bb Et je souscris au point de comparaison.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Structure |<br>La situation est celle-ci&nbsp;: toutes les missions et actions de formation et d\u2019insertion r\u00e9alis\u00e9es rapportent des sommes dont profite l\u2019ensemble du personnel de la Structure&nbsp;; mais, la perte d\u2019une action de formation impacte seulement le personnel qui en avait la charge, et qui se retrouve en activit\u00e9 partielle&nbsp;; ce qui n\u2019emp\u00eachera pas un recrutement prochain pour une autre action de formation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour un article Wikip\u00e9dia fantoche, il faut bien int\u00e9grer quelques faux liens internes, soit de faux liens (les mots bleus), soit des liens falsifi\u00e9s (les homophones <em>auteur<\/em> et <em>Otter<\/em>), soit des liens erron\u00e9s (<em>Lucanie<\/em>, par erreur d\u2019orthographe), soit des liens morts (\u00ab&nbsp;Ce site est inaccessible&nbsp;\u00bb).<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#d190191c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-2aeab260438d26b5bbcf612d7a24ecc8 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>13052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Longue journ\u00e9e de r\u00e9unions dans la Structure | \u00e9quipe \u2013 conseil \u2013 d\u2019administration \u2013 Bureau \u2013 conseil social et \u00e9conomique | ordre du jour, d\u00e9sordre des mots, caf\u00e9 | les fleurs d\u2019acacia dans le g\u00e2teau d\u2019Aur\u00e9lie | on rentre avec les larmes d\u2019Anne-Claire et C\u00e9cile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| Ce matin, pour l&rsquo;oral blanc de brevet, Jeanne a pr\u00e9sent\u00e9 son \u00e9tude d\u2019une \u0153uvre de Banksy&nbsp;: une gymnaste peinte au pochoir au pied du mur d\u2019un immeuble d\u00e9truit par un missile russe \u00e0 Borodianka, en Ukraine&nbsp;; elle se tient en \u00e9quilibre sur les mains, t\u00eate en bas, les jambes en l\u2019air formant une figure hi\u00e9roglyphique&nbsp;; les mains pos\u00e9es sur des gravats, en \u00e9quilibre instable&nbsp;; les restes d\u2019un mur dont on per\u00e7oit la trace, une ligne sur un pan de mur, comme une trace fant\u00f4me&nbsp;; le corps de la gymnaste, en noir et blanc, coup\u00e9 par cette ligne&nbsp;; mais le corps soutenant aussi, en cet axe, le reste de l\u2019immeuble \u00e0 ciel ouvert&nbsp;; <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/p\/Ck1bqL6MsMu\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">les murs souffl\u00e9s<\/a>. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-723b27f8729864b872a996e815f1ad23 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>12052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>Articles connexes&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">Au fait, j\u2019ai supprim\u00e9 la page sur l\u2019<a href=\"https:\/\/ta.wiktionary.org\/wiki\/auteur\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">auteur<\/a>. Il y a trop peu \u00e0 dire sur lui et je ne parviens pas \u00e0 comprendre o\u00f9 veulent en venir ses notes. Mais il en existe d\u2019autres en langue \u00e9trang\u00e8re. \u2014 <mark style=\"background-color:#eeeeee;color:#d11919\" class=\"has-inline-color\">Jack <\/mark>| 13 mai 2024 \u00e0 00:08<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Cette note a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9jeuner chez Lulu aujourd\u2019hui, avec Ben et mes parents. Maman avait pr\u00e9par\u00e9 des \u00e9cras\u00e9s d\u2019avocat avec un peu d\u2019\u00e9chalotes et du thon, Ben du steak frites, moi une cr\u00e8me renvers\u00e9e. \u2014 Impossible de retrouver la l\u00e8chefrite que Lulu dit avoir rang\u00e9e, ni dans le chai, ni dans la grange, ni sous le hangar. \u2014 Elle ne peut pas regarder la t\u00e9l\u00e9 en mangeant, c\u2019est l\u2019un ou l\u2019autre, et comme elle n\u2019a jamais faim\u2026 \u2014 Parfois elle tousse, et la toux r\u00e9veille une vive douleur \u00e0 la poitrine qui la fait se redresser et basculer vers l\u2019arri\u00e8re. \u2014 <em>Tu vois, faudrait que quelqu\u2019un vienne tous les jours, \u00e7a irait mieux pour manger.<\/em> \u2014 Quand elle regarde la t\u00e9l\u00e9, c\u2019est toujours un peu bouche b\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-13fefe61952dc4b6fb5cd22cd4b7ad9a wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>11052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>DISCUSSION&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>K\u00e9zako&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><strong><u><\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faudrait penser \u00e0 dire ce que signifient plus pr\u00e9cis\u00e9ment <em>Moien<\/em> et <em>O\u00f9ti<\/em>. D\u2019accord, les jeux de mots, on comprend bien (au cas o\u00f9&nbsp;:<em> moyen<\/em> et <em>outil<\/em>). Mais d\u2019o\u00f9 proviennent-ils&nbsp;? Comment sont-ils construits&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Moien<\/em>&nbsp;: le moi comme un moyen, un outil (d\u00e9j\u00e0)&nbsp;? ou le moi passablement moyen&nbsp;? d\u2019o\u00f9 le mot-valise dans les deux cas&nbsp;?&nbsp;; \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019une faute de frappe&nbsp;: moien au lieu de <em>moine<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant \u00e0 <em>O\u00f9ti<\/em>&nbsp;: une correspondance lointaine avec l\u2019<em>Ousia<\/em> des Grecs anciens (qui est comme la substance ou l\u2019essence d\u2019une chose), mais alors quel rapport avec l\u2019<em>outil<\/em> fait <em>o\u00f9ti<\/em>&nbsp;? (de la valeur pratique comme de la valeur locale&nbsp;?)&nbsp;; ou bien une construction \u00e9trange par association de l\u2019adverbe <em>o\u00f9<\/em> (pour d\u00e9signer un lieu ou sa recherche&nbsp;?) et la particule interrogative populaire <em>ti<\/em> (comme dans <em>j\u2019y va-ti, j\u2019y va-ti pas&nbsp;?<\/em>) sans l\u2019interrogation&nbsp;? (pour mieux mettre en valeur le pronom impersonnel \u00e9cras\u00e9&nbsp;?) \u2014 et alors qu\u2019est-ce que \u00e7a peut bien vouloir dire\u2026&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela dit, ces deux mots participent peut-\u00eatre d\u2019une logique de l\u2019absurde&nbsp;: \u00e7a ne signifierait donc rien d\u2019autre en soi&nbsp;; il n\u2019y aurait alors rien \u00e0 en dire&nbsp;? \u2014 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jacques_Capelovici#\/media\/Fichier:Tombe_Jacques_Capelovici,_Cimeti%C3%A8re_du_Montparnasse.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Capelo<\/a> 13 mai 2024 \u00e0 00:14<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ah ben merci, j\u2019y vois d\u00e9j\u00e0 plus clair. Je comprends mieux pourquoi je trouvais \u00e7a creux. Pour info, j\u2019ai cr\u00e9\u00e9 un article sur l\u2019<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Otter\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">auteur<\/a>. \u2014 Jack 12 mai 2024 \u00e0 22:45<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Personnellement, tout me va aussi, tout est l\u00e0 dans ses contradictions et son incongruit\u00e9. Je ne vois rien de mieux \u00e0 ajouter. Vous devriez en faire un article. \u2014 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Discussion:Servage#comprend_pas\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">WillS<\/a> 12 mai 2024 \u00e0 23:55<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>Chien fant\u00f4me&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><strong><u><\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Si un chien reste toujours pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame, en action, Loulou se trouve parfois dans une sorte d\u2019\u00e9tat contemplatif.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais bien s\u00fbr que non, le chien n\u2019est pas toujours pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame. Il dort, comme nous, et m\u00eame il lui arrive de r\u00eaver&nbsp;! \u00cates-vous pr\u00e9sents \u00e0 vous-m\u00eames lorsque vous r\u00eavez&nbsp;? Oui, peut-\u00eatre, et justement \u00e0 ce moment-l\u00e0, mais alors tellement loin de ce que vous vous imaginez \u00eatre en pleine conscience que, <em>Non, il ne s\u2019agissait pas moi, \u00e7a me ressemblait beaucoup mais il ne pouvait pas s\u2019agir de moi, <\/em>pensez-vous,<em> c\u2019est impossible&nbsp;!<\/em> Eh bien, je soutiens que c\u2019est pareil pour les chiens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avez-vous bien observ\u00e9 un chien r\u00eaver, g\u00e9mir, glapir presque, comme s\u2019il essayait d\u2019aboyer, babines \u00e0 demi retrouss\u00e9es, et le corps se balan\u00e7ant, le bout des pattes fr\u00e9tillant&nbsp;? On imagine facilement qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0, il court. Mais il dort, il r\u00eave&nbsp;! Il court apr\u00e8s son r\u00eave&nbsp;! Apr\u00e8s lui-m\u00eame peut-\u00eatre, sous la forme de son ma\u00eetre qui veut le battre&nbsp;? Et m\u00eame s\u2019il court apr\u00e8s un gibier, r\u00eavant \u00e0 la suite d\u2019une journ\u00e9e de chasse, qui dit que dans cette journ\u00e9e il s\u2019est vraiment appartenu&nbsp;? Qui dit que dans sa course, dans sa chasse, il n\u2019\u00e9tait pas hant\u00e9 par son gibier, habit\u00e9 par l\u2019univers de l\u2019autre justement pour mieux le surprendre&nbsp;? Ainsi de l\u2019araign\u00e9e et de la mouche, selon Giorgio Agamben&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019araign\u00e9e ne sait rien de la mouche, et ne peut en prendre les mesures comme le fait un tailleur avant de confectionner un habit pour son client. Cependant, elle d\u00e9termine la grandeur des mailles de sa toile selon les dimensions du corps de la mouche et mesure la r\u00e9sistance des fils en proportion exacte de la force de choc du corps de la mouche en vol.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on sait cela, quand on en prend vraiment la mesure, on pourrait presque affirmer que <em>Non, personne, aucun \u00eatre vivant, ne s\u2019appartient en propre et ne peut \u00eatre pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame.<\/em> Du moins pas sans un autre, ou de l\u2019autre, ce qu\u2019Agamben, plus pr\u00e9cis\u00e9ment (s\u2019appuyant cela dit largement sur les travaux de l\u2019\u00e9thologue Jakob von Uexk\u00fcll), dit ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;aucun animal ne peut entrer en relation avec un objet comme tel, mais seulement avec ses <a href=\"http:\/\/0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">porteurs de signification<\/a>.&nbsp;\u00bb Donc, pour moi, le Loulou en question ne me semble pas si \u00e9trange dans son comportement. Si ce n\u2019est qu\u2019il entre en relation avec les <a href=\"http:\/\/0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">porteurs de signification<\/a> d\u2019un\u2026 petit fant\u00f4me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un petit fant\u00f4me qui semble, lui, \u00e0 l\u2019inverse, ne pas savoir avec quels <a href=\"http:\/\/0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">porteurs de signification<\/a> il doit entrer en relation. Mais n\u2019est-ce pas l\u00e0 la nature m\u00eame du fant\u00f4me, d\u2019\u00eatre \u00e0 la recherche de ces \u00e9l\u00e9ments, alors que leur d\u00e9couverte est impossible&nbsp;? Mais c\u2019est l\u00e0 l\u2019objet d\u2019une autre discussion, non&nbsp;? \u2014 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Will_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cyn\u00e9fil<\/a> 11 mai 2024 \u00e0 11:04<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>Hurbinek&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><strong><u><\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Moi, ce personnage, il m\u2019a fait penser au petit Hurbinek de Primo Levi, dans <em>La Tr\u00eave<\/em>. Pourquoi, c\u2019est ce que je cherche encore, je l\u2019avoue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019univers du Petit Marcel n\u2019a pourtant rien \u00e0 avoir avec l\u2019univers concentrationnaire&nbsp;! Mais il est vrai qu\u2019on ne sait rien d\u2019eux, qu\u2019ils n\u2019ont pas appris \u00e0 parler et qu\u2019ils n\u2019ont pas vraiment de nom (si j\u2019ai bien compris, le Petit Marcel n\u2019aura enfin \u00ab&nbsp;pour nom v\u00e9ritable Marcel Fissou que lorsque j\u2019aurai achev\u00e9 ma vie, ma vie pleine et enti\u00e8re&nbsp;\u00bb, dit-il, \u00e0 travers l\u2019\u0153uvre de Will Serf).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis il y a ces mots forts de Levi, qui formulent certainement une volont\u00e9, mais entrent en correspondance avec cette \u00e9trange inversion des r\u00f4les entre l\u2019auteur et son personnage&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il ne reste rien de lui&nbsp;: il t\u00e9moigne \u00e0 travers mes paroles.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>P.-S.<\/em> Si courte soit-elle, la vie n\u2019est-elle pas toujours pleine et enti\u00e8re&nbsp;? \u2014 <a href=\"https:\/\/techgnosisrecords.bandcamp.com\/album\/cosmic-rumble\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Henek<\/a> 11 mai 2024 \u00e0 23:04<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| Seconde journ\u00e9e de nettoyage des murs. Avec une d\u00e9monstration de Z\u00e9z\u00e9 au pulv\u00e9risateur, parce qu\u2019il faut bien arroser les murs\u2026 <em>\u2014 Mais sur le bidon ils disent de ne pas surcharger. \u2014 Mais non&nbsp;! faut y aller&nbsp;! c\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas si fort que le chlore, faut en mettre&nbsp;! regarde, on voit rien de ce que t\u2019as pass\u00e9 hier\u2026 \u2014 Mais c\u2019est pas instantan\u00e9&nbsp;! faut laisser agir, \u00e7a demande un peu de temps. \u2014 Mais non&nbsp;! moi quand j\u2019en mets faut pas dix minutes&nbsp;! \u2014 Oui, mais c\u2019\u00e9tait pas le m\u00eame produit. \u2014 Ah ben non, c\u2019\u00e9tait du chlore\u2026 j\u2019vois pas ce que tu t\u2019emb\u00eates avec ton produit\u2026 en plus c\u2019est moins cher le chlore. \u2014 Ben peut-\u00eatre, mais \u00e7a reste un produit toxique.<\/em> \u2014 Mais le plus difficile, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 quand il a parl\u00e9 de brosse m\u00e9tallique et quand il a pris la brosse \u00e0 d\u00e9crotter les bottes, avec des poils en plastique dur, pour la passer sur la tache plus sombre au pied du mur que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 att\u00e9nu\u00e9e. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-a004c9d26e98deca91aac96385b77018 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>10052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\"><strong><u>Microfiction&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\"><em>En attendant Marcel <\/em>est un ensemble de notes disparates racontant l\u2019errance du Petit Marcel \u00e0 la recherche de lui-m\u00eame (Marcel Fissou, enfant des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Limbes\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">limbes<\/a> mort peu avant son premier anniversaire) sous plusieurs formes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">D\u2019abord, celle, fantomatique, de l\u2019<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pseud%C3%A9pigraphe\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00e9crivain<\/a> qui, apprenant l\u2019existence de celui qui aurait \u00e9t\u00e9 un parent s\u2019il avait surv\u00e9cu il y a environ un si\u00e8cle, part en qu\u00eate de l\u2019identit\u00e9 et de la tombe de ce parent, sans comprendre qu\u2019il s\u2019agit des siennes dans la mesure o\u00f9 le Petit Marcel, qu\u2019il croit \u00eatre son personnage, infl\u00e9chit en v\u00e9rit\u00e9 sa recherche, ses faits et gestes, son \u00e9criture m\u00eame. Comme si les r\u00f4les finissaient par s\u2019inverser, l\u2019auteur n\u2019est jamais que le personnage utile \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles\/index-des-autrices-auteurs\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">anti-personnage<\/a> que devient le Petit Marcel qui veut devenir cette personne qu\u2019il n\u2019a pas pu \u00eatre sous le nom de Marcel Fissou.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">Ensuite, sous une forme <mark style=\"background-color:#eeeeee\" class=\"has-inline-color has-blue-color\">alt\u00e9ritaire<\/mark> dont les autres personnages ou \u00eatres qui interviennent dans la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Micronouvelle\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">microfiction<\/a> (le p\u00e8re et la m\u00e8re Fissou, la petite Lulu, le chien, un <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lucanie_(r%C3%A9gion_historique)\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">lucane<\/a>), sentent d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre la pr\u00e9sence, souvent sous l\u2019esp\u00e8ce de manifestations plus ou moins naturelles, ou d\u2019une nature surr\u00e9elle en quelque sorte, li\u00e9e \u00e0 un endroit pr\u00e9cis formant une sorte de cuvette, et donc symboliquement un monde clos, repli\u00e9 sur lui-m\u00eame&nbsp;: le petit pont de pierre, la rivi\u00e8re, prot\u00e9g\u00e9s par un bosquet, ouverts sur un pr\u00e9, au milieu des coteaux. Parfois, le lieu semble m\u00eame \u00eatre hant\u00e9 par elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">C\u2019est notamment le cas de la troisi\u00e8me forme que prend aussi le Petit Marcel dans certaines notes&nbsp;: le chien, gr\u00e2ce auquel il d\u00e9couvre le petit monde de sa famille. Son nom appara\u00eet une seule fois, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trois_Contes#\/media\/Fichier:Pionus_menstruus_-in_captivity.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Loulou<\/a>. Mais c\u2019est un nom doublement fictif dans la mesure o\u00f9 il appara\u00eet dans une histoire de la petite Lulu, qui l\u2019a peut-\u00eatre d\u2019autant mieux imagin\u00e9 en transformant le nom commun d\u00e9signant un chien, un <em>loulou<\/em>, en nom propre, qu\u2019il s\u2019agit aussi d\u2019un terme d\u2019affection adress\u00e9 au chien. Au chien ou au gar\u00e7on en lui, \u00e0 quoi renvoie aussi le mot <em>loulou<\/em> (comme dans l\u2019expression <em>un dr\u00f4le de loulou<\/em>)&nbsp;? Si la petite Lulu ne s\u2019en rend pas vraiment compte, le comportement du chien semble parfois moins canin qu\u2019humain et enfantin. Cela se manifeste dans les jeux avec elle, mais surtout par une soudaine fa\u00e7on de s\u2019isoler ou d\u2019\u00eatre absent. Si un chien reste toujours pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame, en action, Loulou se trouve parfois dans une sorte d\u2019\u00e9tat contemplatif. Parfois, il s\u2019arr\u00eate, s\u2019assoit, et, sourd \u00e0 la petite Lulu, observe tout autour de lui comme pour mieux d\u00e9couvrir le lieu. Et il n\u2019aime jamais tant que monter, seul la plupart du temps, dans le grenier pour \u00e9couter les souris jouer dans le fond, et observer par la lucarne le paysage. \u2014 Pour autant, le chien qui passe pour une sorte de pr\u00eate-corps du Petit Marcel ne se laisse pas faire. Sentant la pr\u00e9sence \u00e9trang\u00e8re en lui, il ne cesse d\u2019\u00e9ternuer et d\u2019essayer de chasser l\u2019esprit dans sa t\u00eate en se grattant les oreilles ou en essayant de se mordre la queue, en vain.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| Premi\u00e8re journ\u00e9e de nettoyage des murs de la maison.<br>Avant tout, r\u00e9duire les taches les plus noires ou les plus rouges \u00e0 l\u2019aide d\u2019une brosse assez dure. Les noires s\u2019att\u00e9nuent assez bien pour former des taches d\u2019un gris plut\u00f4t clair. Les rouges sont plus tenaces&nbsp;: d\u2019un rouge sanguin mat, elles forment des taches d\u2019un \u00e9tonnant brun orang\u00e9 vif, un pigment id\u00e9al pour la peinture.<br>Le plus difficile, c\u2019est la pulv\u00e9risation du produit qui vous revient comme un crachin en pleine figure. Mieux vaut s\u2019\u00e9quiper de gants, d\u2019un masque et d\u2019une casquette. On pense que l\u2019industrie de la chimie a fait des efforts \u2014 et la <em>Fiche produit relative aux qualit\u00e9s ou caract\u00e9ristiques environnementales<\/em> l\u2019affirme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pr\u00e9sence de substances dangereuses \u2013 No | Pr\u00e9sence de perturbateurs endocriniens \u2013 No&nbsp;\u00bb \u2014, mais le produit distille quand m\u00eame une odeur qui prend au nez et \u00e0 la gorge et fait tousser.<br>(Parmi les <em>Recommandations<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ne pas pulv\u00e9riser sur les pelouses, plantes et fleurs | \u00c9loigner les animaux domestiques durant la dur\u00e9e du traitement&nbsp;\u00bb.) ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-f6db6d596a03d3aa03bb527dbfba5647 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>09052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme une pens\u00e9e |<br>\u00c0 l\u2019heure de l\u2019auto\u00e9dition, il faudrait que l\u2019(auto-)lecteur comprenne bien que, d\u00e9sormais, la coquille dans une page n\u2019en est plus une&nbsp;: bien que l\u2019(auto-)\u00e9crivain fasse tout son possible pour l\u2019\u00e9viter, elle fait partie de l\u2019(auto-)\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-align-center has-huge-font-size wp-block-paragraph\" id=\"2.2\"><strong><em>Petit Marcel<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>ARTICLE&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><br><em><em>Pour les articles homonymes, voir <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Le_Petit_Marcel\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Petit Marcel<\/a>.<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Cet article est une&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Aide:%C3%89bauche\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>\u00e9bauche<\/strong><\/a><strong>&nbsp;concernant un&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Personnage_de_fiction\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>personnage de fiction<\/strong><\/a><strong>.<br><\/strong>Vous pouvez partager vos connaissances en l\u2019am\u00e9liorant (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Aide:Comment_modifier_une_page\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>comment&nbsp;?<\/strong><\/a>) selon les recommandations des&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Projet:Accueil\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">projets correspondants<\/a>.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Cet article peut contenir un&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Wikip%C3%A9dia:Travaux_in%C3%A9dits\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>travail in\u00e9dit<\/strong><\/a><strong>&nbsp;ou des d\u00e9clarations&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Wikip%C3%A9dia:V%C3%A9rifiabilit%C3%A9\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>non v\u00e9rifi\u00e9es<\/strong><\/a><strong>&nbsp;(ao\u00fbt 1927).<br>Vous pouvez aider en ajoutant des r\u00e9f\u00e9rences ou en supprimant le contenu in\u00e9dit. Voir la&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Discussion:Micronouvelle\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>page de discussion<\/strong><\/a><strong>&nbsp;pour plus de d\u00e9tails.<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Cet article&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Wikip%C3%A9dia:Citez_vos_sources\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>ne cite pas suffisamment ses sources<\/strong><\/a><strong>&nbsp;(ao\u00fbt 1926).<br>Si vous disposez d&rsquo;ouvrages ou d&rsquo;articles de r\u00e9f\u00e9rence ou si vous connaissez des sites web de qualit\u00e9 traitant du th\u00e8me abord\u00e9 ici, merci de compl\u00e9ter l&rsquo;article en donnant les&nbsp;r\u00e9f\u00e9rences utiles \u00e0 sa&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Wikip%C3%A9dia:V%C3%A9rifiabilit%C3%A9\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>v\u00e9rifiabilit\u00e9<\/strong><\/a><strong>&nbsp;et en les liant \u00e0 la section \u00ab&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Aide:Ins%C3%A9rer_une_r%C3%A9f%C3%A9rence\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Notes et r\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/a><strong>&nbsp;\u00bb.<br>En pratique&nbsp;:&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Wikip%C3%A9dia:Citez_vos_sources#Qualit%C3%A9_des_sources\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Quelles sources sont attendues&nbsp;?<\/strong><\/a><strong>&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Aide:Ins%C3%A9rer_une_r%C3%A9f%C3%A9rence_(%C3%89diteur_visuel)\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Comment ajouter mes sources&nbsp;?<\/strong><\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Petit Marcel est un <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles\/index-des-autrices-auteurs\/\" data-type=\"page\" data-id=\"147197\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">anti-personnage<\/a> fictif du recueil de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Micronouvelle\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">microfictions<\/a> <em><mark style=\"background-color:#eeeeee;color:#d11919\" class=\"has-inline-color\">En attendant Marcel<\/mark><\/em> de <mark style=\"background-color:#eeeeee;color:#d11919\" class=\"has-inline-color\">Will Serf<\/mark>. Il repr\u00e9sente le type de personnage qui renie sa seule existence imaginaire, litt\u00e9raire, en pr\u00e9tendant \u00eatre l\u2019auteur m\u00eame de la nouvelle \u00ab&nbsp;\u00e9clat\u00e9e \u2014 non, \u00e9corch\u00e9e, c\u2019est \u00e7a, comme un <em>\u00e9corch\u00e9<\/em>, je suis un \u00e9corch\u00e9, un \u00e9corch\u00e9 vif de sa mort&nbsp;\u00bb dit Marcel \u2014 qui le concerne \u00e0 travers les nombreuses notes de Will Serf diss\u00e9min\u00e9es dans les quatre volumes des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mod%C3%A8le:Cr%C3%A9er_un_article\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em><mark style=\"background-color:#eeeeee;color:#d11919\" class=\"has-inline-color\">Chroniques nouvelles<\/mark><\/em><\/a>. L\u2019\u00e9crivain ne serait que \u00ab&nbsp;le Moien, l\u2019O\u00f9ti propre \u00e0 s\u2019incarner dans le corps du texte en autobiographe larv\u00e9&nbsp;\u00bb pour Marcel, c\u2019est-\u00e0-dire une sorte de m\u00e9dium comme dans une s\u00e9ance de spiritisme, \u00ab&nbsp;\u00e0 ceci pr\u00e8s que c\u2019est l\u2019entit\u00e9 elle-m\u00eame qui, de l\u00e0 o\u00f9 elle se trouve dans l\u2019au-del\u00e0, fait appel \u00e0 lui, moi en l\u2019occurrence, pour rejoindre l\u2019ici-bas, l\u2019au-del\u00e0 de son point de vue, qu\u2019il a jadis connu comme une \u00e9tincelle sait ce qu\u2019est la lumi\u00e8re, l\u2019\u00e9nergie, et qui lui manque terriblement, follement, parce qu\u2019elle n\u2019est pas parvenue \u00e0 en faire le deuil&nbsp;\u00bb, selon Serf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>Inspiration&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Petit Marcel serait inspir\u00e9 par Marcel Fissou, enfant n\u00e9 le 25 ao\u00fbt 1926 et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 10 ao\u00fbt 1927.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour <mark style=\"background-color:#eeeeee;color:#d11919\" class=\"has-inline-color\">Will Serf<\/mark>, Marcel Fissou est un grand-oncle. Jusque vers son cinquanti\u00e8me anniversaire, il n\u2019en avait jamais entendu parler. Il apprend son existence de la bouche de sa m\u00e8re, et surtout de sa grand-m\u00e8re, la s\u0153ur de Marcel Fissou n\u00e9e apr\u00e8s la mort de son fr\u00e8re (la petite Lulu des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Micronouvelle\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">microfictions<\/a>). Personne, dans la famille, n\u2019a connu Marcel, hormis ses parents qui en ont parl\u00e9 \u00e0 leur fille, plus tard \u00e0 leurs petits-enfants. Et c\u2019est \u00e0 travers ces r\u00e9cits rapport\u00e9s que Serf conna\u00eet Marcel&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est une histoire de famille dont on m\u2019a parl\u00e9 tard, je ne sais plus comment elle est venue dans la conversation, mais la premi\u00e8re fois, et chaque fois qu\u2019on m\u2019en reparlait en fait, j\u2019avais l\u2019\u00e9trange sentiment d\u2019une sorte de conte pour enfants fragmentaire. Un r\u00e9cit identique \u00e0 lui-m\u00eame dans ses lacunes et ses nombreuses variations, ses d\u00e9tails incongrus, incoh\u00e9rents entre eux, qui d\u00e9passaient de loin la m\u00e9moire et la parole de ma m\u00e8re et de ma grand-m\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le Petit Marcel, enfant des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Limbes\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">limbes<\/a>, Marcel Fissou serait comme son essence. En effet, depuis le d\u00e9c\u00e8s de cet enfant, il chercherait, \u00e0 travers les \u00e9crits dispers\u00e9s que Serf lui consacre, \u00e0 s\u2019incarner dans la s\u00e9rie de microfictions comme l\u2019\u00e9crivain lui-m\u00eame pour mieux dire la vie que le petit Fissou mort trop t\u00f4t n\u2019a jamais eue. C\u2019est ainsi que le faisant revivre pleinement et mourir d\u2019une<mark style=\"background-color:#eeeeee\" class=\"has-inline-color\"> <\/mark><mark style=\"background-color:#eeeeee\" class=\"has-inline-color has-blue-color\">mort de pleine conscience<\/mark>, f\u00fbt-ce sous l\u2019esp\u00e8ce fictive, le Petit Marcel rassemble les ann\u00e9es de \u00ab&nbsp;cette vie qui fut plus fictieuse que la pure fiction&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Serf, et retrouve, \u00e0 l\u2019instant de la mort du vieux Fissou imagin\u00e9, sa place en t\u00eate pour sortir le premier des recoins sans fond des limbes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>Microfiction&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>En attendant Marcel <\/em>est un ensemble de notes disparates racontant l\u2019errance du Petit Marcel \u00e0 la recherche de lui-m\u00eame (Marcel Fissou, enfant des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Limbes\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">limbes<\/a> mort peu avant son premier anniversaire) sous plusieurs formes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019abord, celle, fantomatique, de l\u2019<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pseud%C3%A9pigraphe\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00e9crivain<\/a> qui, apprenant l\u2019existence de celui qui aurait \u00e9t\u00e9 un parent s\u2019il avait surv\u00e9cu il y a environ un si\u00e8cle, part en qu\u00eate de l\u2019identit\u00e9 et de la tombe de ce parent, sans comprendre qu\u2019il s\u2019agit des siennes dans la mesure o\u00f9 le Petit Marcel, qu\u2019il croit \u00eatre son personnage, infl\u00e9chit en v\u00e9rit\u00e9 sa recherche, ses faits et gestes, son \u00e9criture m\u00eame. Comme si les r\u00f4les finissaient par s\u2019inverser, l\u2019auteur n\u2019est jamais que le personnage utile \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles\/index-des-autrices-auteurs\/\" data-type=\"page\" data-id=\"147197\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">anti-personnage<\/a> que devient le Petit Marcel qui veut devenir cette personne qu\u2019il n\u2019a pas pu \u00eatre sous le nom de Marcel Fissou.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ensuite, sous une forme <mark style=\"background-color:#ffffff\" class=\"has-inline-color has-blue-color\">alt\u00e9ritaire <\/mark>dont les autres personnages ou \u00eatres qui interviennent dans la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Micronouvelle\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">microfiction<\/a> (le p\u00e8re et la m\u00e8re Fissou, la petite Lulu, le chien, un <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lucanie_(r%C3%A9gion_historique)\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">lucane<\/a>), sentent d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre la pr\u00e9sence, souvent sous l\u2019esp\u00e8ce de manifestations plus ou moins naturelles, ou d\u2019une nature surr\u00e9elle en quelque sorte, li\u00e9e \u00e0 un endroit pr\u00e9cis formant une sorte de cuvette, et donc symboliquement un monde clos, repli\u00e9 sur lui-m\u00eame&nbsp;: le petit pont de pierre, la rivi\u00e8re, prot\u00e9g\u00e9s par un bosquet, ouverts sur un pr\u00e9, au milieu des coteaux. Parfois, le lieu semble m\u00eame \u00eatre hant\u00e9 par elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est notamment le cas de la troisi\u00e8me forme que prend aussi le Petit Marcel dans certaines notes&nbsp;: le chien, gr\u00e2ce auquel il d\u00e9couvre le petit monde de sa famille. Son nom appara\u00eet une seule fois, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trois_Contes#\/media\/Fichier:Pionus_menstruus_-in_captivity.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Loulou<\/a>. Mais c\u2019est un nom doublement fictif dans la mesure o\u00f9 il appara\u00eet dans une histoire de la petite Lulu, qui l\u2019a peut-\u00eatre d\u2019autant mieux imagin\u00e9 en transformant le nom commun d\u00e9signant un chien, un <em>loulou<\/em>, en nom propre, qu\u2019il s\u2019agit aussi d\u2019un terme d\u2019affection adress\u00e9 au chien. Au chien ou au gar\u00e7on en lui, \u00e0 quoi renvoie aussi le mot <em>loulou<\/em> (comme dans l\u2019expression <em>un dr\u00f4le de loulou<\/em>)&nbsp;? Si la petite Lulu ne s\u2019en rend pas vraiment compte, le comportement du chien semble parfois moins canin qu\u2019humain et enfantin. Cela se manifeste dans les jeux avec elle, mais surtout par une soudaine fa\u00e7on de s\u2019isoler ou d\u2019\u00eatre absent. Si un chien reste toujours pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame, en action, Loulou se trouve parfois dans une sorte d\u2019\u00e9tat contemplatif. Parfois, il s\u2019arr\u00eate, s\u2019assoit, et, sourd \u00e0 la petite Lulu, observe tout autour de lui comme pour mieux d\u00e9couvrir le lieu. Et il n\u2019aime jamais tant que monter, seul la plupart du temps, dans le grenier pour \u00e9couter les souris jouer dans le fond, et observer par la lucarne le paysage. \u2014 Pour autant, le chien qui passe pour une sorte de pr\u00eate-corps du Petit Marcel ne se laisse pas faire. Sentant la pr\u00e9sence \u00e9trang\u00e8re en lui, il ne cesse d\u2019\u00e9ternuer et d\u2019essayer de chasser l\u2019esprit dans sa t\u00eate en se grattant les oreilles ou en essayant de se mordre la queue, en vain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>DISCUSSION&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>K\u00e9zako&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faudrait penser \u00e0 dire ce que signifient plus pr\u00e9cis\u00e9ment <em>Moien<\/em> et <em>O\u00f9ti<\/em>. D\u2019accord, les jeux de mots, on comprend bien (au cas o\u00f9&nbsp;:<em> moyen<\/em> et <em>outil<\/em>). Mais d\u2019o\u00f9 proviennent-ils&nbsp;? Comment sont-ils construits&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Moien<\/em>&nbsp;: le moi comme un moyen, un outil (d\u00e9j\u00e0)&nbsp;? ou le moi passablement moyen&nbsp;? d\u2019o\u00f9 le mot-valise dans les deux cas&nbsp;?&nbsp;; \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019une faute de frappe&nbsp;: moien au lieu de <em>moine<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant \u00e0 <em>O\u00f9ti<\/em>&nbsp;: une correspondance lointaine avec l\u2019<em>Ousia<\/em> des Grecs anciens (qui est comme la substance ou l\u2019essence d\u2019une chose), mais alors quel rapport avec l\u2019<em>outil<\/em> fait <em>o\u00f9ti<\/em>&nbsp;? (de la valeur pratique comme de la valeur locale&nbsp;?)&nbsp;; ou bien une construction \u00e9trange par association de l\u2019adverbe <em>o\u00f9<\/em> (pour d\u00e9signer un lieu ou sa recherche&nbsp;?) et la particule interrogative populaire <em>ti<\/em> (comme dans <em>j\u2019y va-ti, j\u2019y va-ti pas&nbsp;?<\/em>) sans l\u2019interrogation&nbsp;? (pour mieux mettre en valeur le pronom impersonnel \u00e9cras\u00e9&nbsp;?) \u2014 et alors qu\u2019est-ce que \u00e7a peut bien vouloir dire\u2026&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela dit, ces deux mots participent peut-\u00eatre d\u2019une logique de l\u2019absurde&nbsp;: \u00e7a ne signifierait donc rien d\u2019autre en soi&nbsp;; il n\u2019y aurait alors rien \u00e0 en dire&nbsp;? \u2014 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jacques_Capelovici#\/media\/Fichier:Tombe_Jacques_Capelovici,_Cimeti%C3%A8re_du_Montparnasse.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Capelo<\/a>13 mai 2024 \u00e0 00:14<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Ah ben merci, j\u2019y vois d\u00e9j\u00e0 plus clair. Je comprends mieux pourquoi je trouvais \u00e7a creux. Pour info, j\u2019ai cr\u00e9\u00e9 un article sur l\u2019<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Otter\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">auteur<\/a>. \u2014 <mark style=\"background-color:#eeeeee;color:#d11919\" class=\"has-inline-color\">Jack <\/mark>12 mai 2024 \u00e0 22:45<\/li>\n\n\n\n<li>Personnellement, tout me va aussi, tout est l\u00e0 dans ses contradictions et son incongruit\u00e9. Je ne vois rien de mieux \u00e0 ajouter. Vous devriez en faire un article. \u2014 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Discussion:Servage#comprend_pas\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">WillS<\/a> 12 mai 2024 \u00e0 23:55<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>Chien fant\u00f4me&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Si un chien reste toujours pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame, en action, Loulou se trouve parfois dans une sorte d\u2019\u00e9tat contemplatif.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais bien s\u00fbr que non, le chien n\u2019est pas toujours pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame. Il dort, comme nous, et m\u00eame il lui arrive de r\u00eaver&nbsp;! \u00cates-vous pr\u00e9sents \u00e0 vous-m\u00eames lorsque vous r\u00eavez&nbsp;? Oui, peut-\u00eatre, et justement \u00e0 ce moment-l\u00e0, mais alors tellement loin de ce que vous vous imaginez \u00eatre en pleine conscience que, <em>Non, il ne s\u2019agissait pas moi, \u00e7a me ressemblait beaucoup mais il ne pouvait pas s\u2019agir de moi, <\/em>pensez-vous,<em> c\u2019est impossible&nbsp;!<\/em> Eh bien, je soutiens que c\u2019est pareil pour les chiens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avez-vous bien observ\u00e9 un chien r\u00eaver, g\u00e9mir, glapir presque, comme s\u2019il essayait d\u2019aboyer, babines \u00e0 demi retrouss\u00e9es, et le corps se balan\u00e7ant, le bout des pattes fr\u00e9tillant&nbsp;? On imagine facilement qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0, il court. Mais il dort, il r\u00eave&nbsp;! Il court apr\u00e8s son r\u00eave&nbsp;! Apr\u00e8s lui-m\u00eame peut-\u00eatre, sous la forme de son ma\u00eetre qui veut le battre&nbsp;? Et m\u00eame s\u2019il court apr\u00e8s un gibier, r\u00eavant \u00e0 la suite d\u2019une journ\u00e9e de chasse, qui dit que dans cette journ\u00e9e il s\u2019est vraiment appartenu&nbsp;? Qui dit que dans sa course, dans sa chasse, il n\u2019\u00e9tait pas hant\u00e9 par son gibier, habit\u00e9 par l\u2019univers de l\u2019autre justement pour mieux le surprendre&nbsp;? Ainsi de l\u2019araign\u00e9e et de la mouche, selon Giorgio Agamben&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019araign\u00e9e ne sait rien de la mouche, et ne peut en prendre les mesures comme le fait un tailleur avant de confectionner un habit pour son client. Cependant, elle d\u00e9termine la grandeur des mailles de sa toile selon les dimensions du corps de la mouche et mesure la r\u00e9sistance des fils en proportion exacte de la force de choc du corps de la mouche en vol.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on sait cela, quand on en prend vraiment la mesure, on pourrait presque affirmer que <em>Non, personne, aucun \u00eatre vivant, ne s\u2019appartient en propre et ne peut \u00eatre pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame.<\/em> Du moins pas sans un autre, ou de l\u2019autre, ce qu\u2019Agamben, plus pr\u00e9cis\u00e9ment (s\u2019appuyant cela dit largement sur les travaux de l\u2019\u00e9thologue Jakob von Uexk\u00fcll), dit ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;aucun animal ne peut entrer en relation avec un objet comme tel, mais seulement avec ses <a href=\"http:\/\/0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">porteurs de signification<\/a>.&nbsp;\u00bb Donc, pour moi, le Loulou en question ne me semble pas si \u00e9trange dans son comportement. Si ce n\u2019est qu\u2019il entre en relation avec les <a href=\"http:\/\/0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">porteurs de signification<\/a> d\u2019un\u2026 petit fant\u00f4me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un petit fant\u00f4me qui semble, lui, \u00e0 l\u2019inverse, ne pas savoir avec quels <a href=\"http:\/\/0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">porteurs de signification<\/a> il doit entrer en relation. Mais n\u2019est-ce pas l\u00e0 la nature m\u00eame du fant\u00f4me, d\u2019\u00eatre \u00e0 la recherche de ces \u00e9l\u00e9ments, alors que leur d\u00e9couverte est impossible&nbsp;? Mais c\u2019est l\u00e0 l\u2019objet d\u2019une autre discussion, non&nbsp;? \u2014 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Will_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cyn\u00e9fil<\/a> 11 mai 2024 \u00e0 11:04<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>Hurbinek&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Moi, ce personnage, il m\u2019a fait penser au petit Hurbinek de Primo Levi, dans <em>La Tr\u00eave<\/em>. Pourquoi, c\u2019est ce que je cherche encore, je l\u2019avoue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019univers du Petit Marcel n\u2019a pourtant rien \u00e0 avoir avec l\u2019univers concentrationnaire&nbsp;! Mais il est vrai qu\u2019on ne sait rien d\u2019eux, qu\u2019ils n\u2019ont pas appris \u00e0 parler et qu\u2019ils n\u2019ont pas vraiment de nom (si j\u2019ai bien compris, le Petit Marcel n\u2019aura enfin \u00ab&nbsp;pour nom v\u00e9ritable Marcel Fissou que lorsque j\u2019aurai achev\u00e9 ma vie, ma vie pleine et enti\u00e8re&nbsp;\u00bb, dit-il, \u00e0 travers l\u2019\u0153uvre de Will Serf).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis il y a ces mots forts de Levi, qui formulent certainement une volont\u00e9, mais entrent en correspondance avec cette \u00e9trange inversion des r\u00f4les entre l\u2019auteur et son personnage&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il ne reste rien de lui&nbsp;: il t\u00e9moigne \u00e0 travers mes paroles.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>P.-S.<\/em> Si courte soit-elle, la vie n\u2019est-elle pas toujours pleine et enti\u00e8re&nbsp;? \u2014 <mark style=\"background-color:#eeeeee;color:#d11919\" class=\"has-inline-color\"><a href=\"https:\/\/techgnosisrecords.bandcamp.com\/album\/cosmic-rumble\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Henek<\/a><\/mark> 11 mai 2024 \u00e0 23:04<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><u>Articles connexes&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fait, j\u2019ai supprim\u00e9 la page sur l\u2019<a href=\"https:\/\/ta.wiktionary.org\/wiki\/auteur\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">auteur<\/a>. Il y a trop peu \u00e0 dire sur lui et je ne parviens pas \u00e0 comprendre o\u00f9 veulent en venir ses notes. Mais il en existe d\u2019autres en langue \u00e9trang\u00e8re. \u2014 <mark style=\"background-color:#eeeeee;color:#d11919\" class=\"has-inline-color\">Jack <\/mark>| 13 mai 2024 \u00e0 00:08<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019aime bien la micronouvelle en deux mots d\u2019\u00c9ric Lequien Espoti&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je\u2026 <\/em>\u2014&nbsp;<em>Arr\u00eate&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-c635d97969678541f4bab1536de28268 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>08052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4 h 44 et je ne dors plus depuis une heure environ. Je repense aux insomnies d\u2019Orhan Pamuk&nbsp;: \u00ab&nbsp;Insomnies. R\u00eaves affreux, mais sans que la raison m\u2019en vienne au r\u00e9veil. Dormi 6 heures. Et regarde le plafond pendant 1 h 30. Vide de l\u2019existence. Une grande peur. Comme si j\u2019\u00e9tais perdu dans l\u2019espace.&nbsp;\u00bb<br>6 heures de sommeil, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 bien. Je ne sais pas ce qui m\u2019a r\u00e9veill\u00e9 en pleine nuit. J\u2019avais soif (\u00e0 cause du lentilles saucisse d\u2019hier soir, un peu sal\u00e9&nbsp;?). Aucun souvenir de r\u00eave. Pas vraiment de peur. J\u2019aurais aim\u00e9 que Pamuk d\u00e9crive un peu l\u2019espace, le vide. Est-ce que le plafond, dans l\u2019obscurit\u00e9 rehauss\u00e9e de la faible lueur du t\u00e9l\u00e9phone, avait l\u2019air fluide, comme un \u00e9cran de cristaux liquides pr\u00eat \u00e0 se d\u00e9chirer, se d\u00e9sagr\u00e9ger, se dissoudre, sous l\u2019effet d\u2019une tension permanente, d\u2019un champ de force magn\u00e9tique affolant les atomes&nbsp;?<br>5 h bient\u00f4t. J\u2019ai la fringale. Une tranche de brioche devrait faire l\u2019affaire. Mon rossignol chante encore. Je devrais me rendormir dans une bonne heure, quand le soleil se l\u00e8vera.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on en vient \u00e0 prendre un bouquet d\u2019herbe en photo \u2014 parce qu\u2019il ne faut pas croire, l\u2019herbe, quand on la laisse pousser, les tiges peuvent vous arriver \u00e0 l\u2019\u00e9paule, et ce qui a l\u2019air d\u2019un \u00e9pi battu par le vent finit par s\u2019ouvrir et se ramifier comme un arbre, en forme de sapin disons, avec au bout de chaque branche une grappe d\u2019\u00e9pillets bleus, mauves, un bouquet en soi \u2014, et quand on grossit la photo pour observer des d\u00e9tails qui vous \u00e9chappent \u2014 l\u2019image devient de plus en plus floue, sa texture tend \u00e0 celle de la peinture \u2014, qu\u2019est-ce qu\u2019on regarde exactement&nbsp;? qu\u2019est-ce qu\u2019on cherche \u00e0 voir, \u00e0 l\u2019\u0153il (l\u2019image) et au doigt (le zoom)&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De <em>f<\/em> aujourd\u2019hui, avec une trame d\u2019\u00e9criture emprunt\u00e9e \u00e0 Wikip\u00e9dia \u2014 reste \u00e0 d\u00e9finir les cat\u00e9gories, elles sont nombreuses&nbsp;: <em>bribes lacunaires qui concernent notre personnage en devenir<\/em>&nbsp;; <em>cette grille ou matrice, on la rend reconnaissable&nbsp;<\/em>; liste<em>&nbsp;de ces liens en bleu, dans la page absente (et pour cause) de notre personnage<\/em>&nbsp;; <em>la pr\u00e9sence cit\u00e9e et pr\u00e9sente de la grille, ou matrice vide qui est la norme de ces pages, conf\u00e9rera \u00e0 la part lacunaire qu\u2019on en aura \u00e9crite ce principe d\u2019illusion qu\u2019on recherche<\/em>.<br>On pourrait commencer par \u00ab&nbsp;<em>cette page d\u2019homonymie [qui] r\u00e9pertorie les diff\u00e9rents sujets et articles partageant un m\u00eame nom<\/em>&nbsp;\u00bb, avec les cat\u00e9gories&nbsp;: Patronyme (sous-cat\u00e9gories&nbsp;: Fissou et Personnages de fiction) | Musique (Albums ou Chansons) | Toponyme | Divers, Variantes ou Autres | Notes et r\u00e9f\u00e9rences&nbsp;: Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue fran\u00e7aise.<br>(On renverrait aussi \u00e0 la \u00ab\u00a0chanson\u00a0\u00bb (sept secondes) de Ludwig von 88, \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=hzXVfrK7Moo\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Marcel est amn\u00e9sique<\/a>&nbsp;\u00bb. \u2014 <em>Done!<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-1f7fc1511cf1d9b0ec3589dd54702b4a wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>07052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sauveterre \u2014 Je reprends les param\u00e9trages de l\u2019<em>Atlas Sauveterre<\/em>, blog laiss\u00e9 en plan depuis quelques mois. Pour la mise en page, le th\u00e8me, etc., je m\u2019en tiens \u00e0 ce qu\u2019il y a de plus simple et lisible (et gratuit)&nbsp;: \u00e9crit noir sur blanc. Histoire de voir \u00e0 quoi ressemble une page compl\u00e8te, j\u2019ai cr\u00e9\u00e9 un premier article en reprenant le dernier de l\u2019atelier Tiers Livre (l\u2019\u00e9t\u00e9 des 40 jours), qui mettait encore l\u2019\u00e9criture en perspective avec tout ce qui restait \u00e0 \u00e9crire, Et\u2026 tout ce blanc, cette lumi\u00e8re, l\u2019\u00e9cran halog\u00e8ne&nbsp;: un aveuglement&nbsp;!<br>(Je pr\u00e9f\u00e8re le <a href=\"http:\/\/willweb.unblog.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">willweb<\/a>, lignes blanches sur fond noir, et des touches de couleurs vives, des \u00e9tiquettes ou des tuiles rouges, bleues, vertes, orange, roses, qui accompagnent les titres des articles, encadrent les images. Mais le site de cr\u00e9ation du blog manque de souplesse.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une s\u00e9rie de messages amicaux, Anne s\u2019est enthousiasm\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e que tu t\u2019\u00e9crives toi-m\u00eame, au moyen de moi-m\u00eame (je ne serais donc qu\u2019un <em>moien<\/em>&nbsp;?). Mais cette id\u00e9e, quand on y pense, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 celle de Flaubert dans sa c\u00e9l\u00e8bre formule&nbsp;: \u00ab&nbsp;Madame Bovary, c\u2019est moi&nbsp;\u00bb \u2014 si tu veux bien oublier que Flaubert n\u2019a pas \u00e9crit cette phrase, comme le rappelle Yvan Leclerc sur le site <a href=\"https:\/\/flaubert.univ-rouen.fr\/labo-flaubert\/ressources-par-%C5%93uvre\/madame-bovary\/madame-bovary-cest-moi-formule-apocryphe\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Flaubert<\/a>, et qu\u2019elle provient d\u2019un t\u00e9moignage oral d\u2019autant plus incertain que \u00ab&nbsp;la d\u00e9claration de Flaubert ne s\u2019accorde pas avec ce qu\u2019il dit de son roman et de son personnage \u00e9ponyme dans ses lettres&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Texte \u00e0 trous |<br>Et si, en fait, l\u2019\u00e9criture \u00e0 trous \u00e9tait une fa\u00e7on d\u2019en appeler \u00e0 ce que la conscience continue, bouillonnante, de celui qui veut \u00e9crire est incapable de faire elle-m\u00eame. Des trous comme des cartes blanches (des pages blanches \u00e0 \u00e9crire) offertes aux \u00e9motions, contre l\u2019incessant flux cognitif \u2014 cognitif, oui, moins pour la connaissance que parce qu\u2019on s\u2019y cogne&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me cogne aussi contre les barres transversales et les poteaux des cages \u2014 on disait \u00e7a il y a une quarantaine d\u2019ann\u00e9es, <em>J\u2019vais dans les cages<\/em> \u2014 de l\u2019\u00e9quipe allemande de Dortmund qui vient de battre Paris en demi-finale de la Ligue des Champions. Sur les matchs aller et retour, j\u2019en compte cinq, peut-\u00eatre six ou sept (c\u2019est du foot, forc\u00e9ment on exag\u00e8re un peu&nbsp;; pas trop quand m\u00eame, Marseille joue dans deux jours contre les Italiens de Bergame, r\u00e9servons-nous) \u00e0 z\u00e9ro. \u2014 On a les victoires qu\u2019on peut\u2026<br>(Est-ce parce que le petit Marcel me ram\u00e8ne \u00e0 une enfance \u00e0 imaginer, j\u2019ai un retour de ballon rond dans la t\u00eate, \u00e0 d\u00e9faut des jambes qui ne suivent plus. Au point d\u2019avoir achet\u00e9 le <em>Football<\/em> de Jean-Philippe Toussaint et englouti <em>La M\u00e9lancolie de Zidane<\/em> \u2014 douze pages, \u00e0 lire et relire avec la musique du long album <em>Zidane&nbsp;: a 21st century portrait<\/em> de Mogwa\u00ef.<br>(Et la m\u00e9lancolique \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/video\/xheh7e\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Sevilla 82<\/a>&nbsp;\u00bb d\u2019Arca, pour les d\u00e9faites contre les \u00e9quipes allemandes avec des barres.))<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#2ad1191c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-a65a71c65070bfe59a5d95ade9392d81 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>06052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Tu sais mon Loulou, aujourd\u2019hui, on a re\u00e7u une lettre pour toi. Une lettre importante, y avait le tampon de l\u2019arm\u00e9e de Bordeaux. C\u2019est pour la guerre. Ils ont dit que tu pourras y aller toi aussi et que tu seras chienfirmier&nbsp;! Tu vas partir bient\u00f4t. Il faudrait que tu soignes ton rhume avant. \u00c7a fait pas bien \u00e0 l\u2019h\u00f4pital d\u2019\u00eatre malade. Et tu te tiendras bien. Quand on dira garde \u00e0 vous, il faudra s\u2019asseoir la t\u00eate haute et pas renifler ni se retourner&nbsp;! Et il faut arr\u00eater de se gratter derri\u00e8re l\u2019oreille&nbsp;! C\u2019est des tiques qui te d\u00e9mangent&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu vas partir bient\u00f4t. Je sais que c\u2019est pas facile pour toi, mais ce serait bien si t\u2019apprenais un peu \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire. Au moins \u00e0 lire, j\u2019pourrais t\u2019envoyer des lettres. Et tu me r\u00e9pondras avec l\u2019aide de papa. Il \u00e9crira pour toi, et toi tu signeras de la papatte avec un peu d\u2019encre, comme le tampon du colonel. Ou d\u2019un coup de langue. Tant pis si elle devient bleue, comme ces chiens qui ressemblent \u00e0 des petits ours.<\/em><\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Emma Corde a imagin\u00e9 cet ethnologue, le professeur Geiger, sp\u00e9cialiste en \u00ab&nbsp;conte et oralit\u00e9 des confins&nbsp;\u00bb, dans le confidentiel <em>Smalldog Campus<\/em>. Mais je ne suis pas dupe. La connaissant (un peu), je sais qu\u2019elle l\u2019a cr\u00e9\u00e9 pour \u00e9tudier cette communaut\u00e9 en elle qui ne peut parler sans finir par d\u00e9ployer en chaque mot d\u2019une phrase, qui aurait d\u00fb rester simple, une histoire, avec un dialogue impromptu, et par suite des contes pour mille et un jours. Heureusement, suivant \u00e0 la lettre la le\u00e7on de compactage des \u00e9v\u00e9nements dans les mots comme les atomes fissiles dans le c\u0153ur d\u2019un r\u00e9acteur nucl\u00e9aire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Jamais \u201cle conteur Geiger\u201d n\u2019explose.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un jour, viendra peut-\u00eatre le moment o\u00f9 l\u2019univers d\u2019\u00e9criture dans lequel je m\u2019inscris devra se d\u00e9tacher des ateliers d\u2019\u00e9criture, et alors il faudra \u00e9crire en parall\u00e8le, non plus en s\u00e9rie. En attendant, je viens d\u2019explorer l\u2019univers du petit Marcel en \u00e9tudiant les six phases de la derni\u00e8re consigne de <em>f<\/em>&nbsp;: atmosph\u00e8re, odeurs et obscurit\u00e9, fugace pr\u00e9sence&nbsp;; premier instant de rep\u00e9rage, reconnaitre et isoler, primaut\u00e9 des perceptions&nbsp;; voix, premier \u00e9change, \u00e0 peine une situation&nbsp;; contexte ext\u00e9rieur, conscience des perceptions&nbsp;; discours indirect, allusion \u00e0 l\u2019\u0153uvre en cours&nbsp;; mise en ab\u00eeme.<br>(\u00c9tudier ne signifie pas suivre \u00e0 la lettre, sinon au goulot de la bouteille dans laquelle elle se trouve, pleine de l\u2019oc\u00e9an dans lequel on sombre.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-f5822d64a793257514f064c33301a5af wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>05052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je connaissais les canards \u00e0 trois pattes, les moutons \u00e0 cinq, pigeons \u00e0 une seule patte, mais pas les grillons \u00e0 trois. Pour sauter, c\u2019est toujours en faisant une vrille. Je l\u2019ai remis dans l\u2019herbe, il \u00e9tait bien trop visible sur la terrasse.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Dehors, des pas, des voix. Le bruit des sabots, des entraves tra\u00eenant au sol. Des oiseaux et le vent dans les feuilles. Peut-\u00eatre une s\u00e9rie de nuages. Dans le grenier, la lumi\u00e8re faiblit, s\u2019intensifie trois ou quatre fois. Comme un clignotement. Mais comme si les murs eux-m\u00eames clignotaient, \u00e0 faire croire que la lumi\u00e8re, dehors, a faibli. \u00c0 faire croire aux nuages. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et puis toujours un petit bruit possible dans le fond. Quelque chose qui se faufile sur entre les planches. Ou de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019escalier, dans l\u2019autre grenier plein de fagots, quand \u00e7a <em>racasse<\/em> va savoir pourquoi. Quelque chose qui lui fait jeter un coup d\u2019\u0153il derri\u00e8re.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne l\u00e2che pas des yeux le rouet, la roue qui tourne. Sauf pour se gratter l\u2019oreille gauche ou \u00e9ternuer. Ce qui d\u00e9range la petite Lulu. Tout en continuant \u00e0 p\u00e9daler, elle lui dit qu\u2019il n\u2019\u00e9coute pas bien, qu\u2019il va lui faire perdre le fil \u00e0 se gratter si souvent, qu\u2019il devrait mieux se tenir, ce n\u2019est plus un enfant depuis longtemps maintenant, qu\u2019il faudrait rester un peu concentrer, d\u2019autant qu\u2019elle n\u2019invente rien, c\u2019est le vieux rouet qui lui dicte l\u2019histoire, il en sait des choses, et qu\u2019il en a sous la p\u00e9dale, des mots.<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| Quand je vois sur l&rsquo;\u00e9cran de la t\u00e9l\u00e9 une publicit\u00e9 pour les produits d\u2019Eau thermale Jonzac, et son slogan final, \u00ab&nbsp;la dermo-cosm\u00e9tique bio&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;la preuve de la bio-affinit\u00e9&nbsp;\u00bb, je me dis que par justice Sauveterre devrait \u00eatre \u00e0 Jonzac ce que <a href=\"https:\/\/www.arte.tv\/fr\/videos\/063395-000-A\/one-day-in-dismaland\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Dismaland<\/a> a \u00e9t\u00e9 aux parcs d\u2019attractions. (Et <em>Le Park<\/em> de Bruce B\u00e9gout.)<br><br>Et quand tu d\u00e9couvres le mur Facebook des Dull Men\u2019s Club, et que tu t\u2019arr\u00eates sur la vid\u00e9o de quatre types dans une cuisine remplissant un verre d\u2019eau au robinet, et c\u2019est \u00e0 celui dont la goutte fera d\u00e9border le <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/reel\/1503348330527679\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">vase<\/a>\u2026 \u2014 \u00c0 Sauveterre, il n\u2019est pas impossible que les Cha\u00eenes Termales du Soleil organisent un jour un concours du m\u00eame genre.<br><br>(Pour rappel, <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-11-heurtebise\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Heurtebise<\/a> \u2014 o\u00f9 je me demande si je ne devrais pas supprimer le H des <em>termes<\/em> qui en poss\u00e8dent un. || ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au pied de la porte du bureau, un petit papillon de nuit. Il aurait pu frapper dans ses ailes pour pr\u00e9venir, j\u2019ai failli l\u2019\u00e9craser&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-4bb6328b0d27d834dc0364ab34ed5721 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>04052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Les lucarnes sont ouvertes. La lumi\u00e8re \u00e9claire par zones le fatras du grenier, sauf le fond, amas d\u2019ombres. La petite Lulu se trouve derri\u00e8re le manteau de la chemin\u00e9e, un \u00e9norme bloc de pierre qui surgit du plancher et traverse le grenier. Il ne la voit pas, mais il la sent et l\u2019entend parler et trafiquer. Il s\u2019avance d\u2019abord vers la premi\u00e8re lucarne et y passe la t\u00eate. Il a l\u2019air d\u2019observer quelque chose au loin, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, de l\u2019autre. Du c\u00f4t\u00e9 de la rivi\u00e8re. Il \u00e9ternue deux ou trois fois et s\u2019assoit pour se gratter l\u2019oreille et jeter un \u0153il derri\u00e8re. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Non, mais dis donc&nbsp;! t\u2019entends plus quand je t\u2019appelle&nbsp;? t\u2019es devenu sourd&nbsp;?&nbsp;\u00bb Et elle l\u2019attrape \u00e0 bras le corps et l\u2019emm\u00e8ne tant bien que mal. Il ne dit rien, se laisse faire. Il glisse doucement. \u00ab&nbsp;L\u00e0&nbsp;! maintenant reste un peu avec moi. Je vais te raconter une histoire si tu veux. Regarde, avec le rouet. Tu sais ce que c\u2019est un rouet&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non&nbsp;? tu dis rien&nbsp;?&nbsp;\u00bb Elle s\u2019assoit sur la vieille chaise en paille d\u00e9chiquet\u00e9e, contre le manteau de la chemin\u00e9e chaud, et se met \u00e0 actionner du pied la p\u00e9dale. Lui reste assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Il observe la grande roue tourner \u00e0 vide, et l\u2019ourson en peluche \u00e9chevel\u00e9 et borgne pris dans les bras de l\u2019\u00e9pinglier. \u00ab&nbsp;Regarde&nbsp;! \u00e7a marche comme \u00e7a. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et il faut imaginer un grand\u2026 fil qui tourne.&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu\u2019est devenue la bobine&nbsp;?<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Coup\u00e9&nbsp;! On a eu besoin de mes services pour un transfert de donn\u00e9es d\u2019un vieux mobile \u00e0 un neuf. L\u2019op\u00e9ration a r\u00e9ussi, mais commenc\u00e9e vers 17 h 30 \u00e0 la maison elle s\u2019est achev\u00e9e chez Z\u00e9z\u00e9 vers 22 h 30 \u2014 \u00e0 cause de tout un tas de probl\u00e8mes techniques, de connexion impossible, d\u2019applications disparues, de transfert de m\u00e9dias tr\u00e8s lent, d\u2019identifiants oubli\u00e9s, de mots de passe \u00e0 refaire, du carnet avec les codes qu\u2019on n\u2019a pas not\u00e9s. <em>D\u00e9sol\u00e9 pour ta soir\u00e9e bouff\u00e9e\u2026<\/em> La nuit portera conseil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-e2645b877b133f8e3d997fafd527e40d wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>03052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Faut pas s\u2019\u00e9tonner, apr\u00e8s, des r\u00eaves o\u00f9 tu te retrouves dans la campagne environnante, faite de colline et de grands champs, t\u2019es pas tout seul, mais qui te suit\u2026&nbsp;? et vous longez un bois, le bois de Balzac, qui se trouve ailleurs en fait, et que vous contournez par la droite, mais normalement c\u2019est par la gauche \u2014 on le voit comme dans un miroir \u2014, et le chemin le long du coteau, le chemin d\u2019un coteau de l\u00e0-bas, de la campagne du bois de Balzac \u2014 il a d\u00fb servir de miroir pour passer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 \u2014, et l\u00e0, \u00e0 gauche, un autre chemin, un chemin qui monte, tu dis que tu y vas, en te retournant vers l\u2019autre, que tu vois, sauf le visage, ou moins le regard, tu montes, et plus tu montes, plus le chemin se resserre, plus des arbres subitement apparus deviennent gros, hauts, des thuyas peut-\u00eatre, et le tunnel qu\u2019il forme est sombre, et le chemin devient un escalier de terre, au bout se trouve une petite porte sur la gauche, ou alors le passage est ouvert, mais il fait noir \u2014 comme pour aller dans le grenier chez Lulu \u2014, je crois que tu te retournes encore une fois, tu dis que tu vas entrer, l\u2019autre derri\u00e8re dit <em>Attends&nbsp;!<\/em> et au moment o\u00f9 tu veux avancer tu glisses, les marches se sont d\u00e9rob\u00e9es, l\u2019escalier est une pente raide, glissante, et tu glisses, et dans la chute inexorable surgissent derri\u00e8re toi des cercueils caricaturaux, fantomatiques, des noirs et des blancs formant une esp\u00e8ce de train, et se pla\u00e7ant ici et l\u00e0 comme des cubes dans un jeu vid\u00e9o, et la chute n\u2019a pas de fin.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rossignols |<br>Si l\u2019on tend un peu l\u2019oreille, aux premi\u00e8res heures de la nuit, le rossignol chante de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re environ tous les deux \u00e0 trois coassements. Et, entre deux chants, on entend d\u2019autres rossignols aux alentours. Face \u00e0 la haie d\u2019arbres o\u00f9 se trouve le rossignol maison, un autre se situe dans la m\u00eame direction, plus loin, peut-\u00eatre dans un arbre de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du champ. Et un autre encore plus loin, peut-\u00eatre, vers le hameau de la Grolli\u00e8re. Un autre semble se situer \u00e0 droite, en allant vers la rivi\u00e8re. Et un autre bien plus loin, dans la m\u00eame direction, mais derri\u00e8re mon \u00e9paule.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c7a commence avec le chien. On le suit, on le voit descendre le chemin vers la rivi\u00e8re en trottinant. Il s\u2019arr\u00eate une fois ou deux pour dresser les oreilles, jeter un \u0153il ici et l\u00e0. Il rel\u00e8ve la t\u00eate et renifle quelque chose. Il poursuit jusqu\u2019au pont de pierre. Il s\u2019arr\u00eate devant, t\u00eate droite, oreilles en pointe. L\u2019\u0153il fixe. Va savoir ce qu\u2019il per\u00e7oit, quelles odeurs, quels ultrasons. Et encore, mes mots c\u2019est trop fade pour la pr\u00e9sence, l\u00e0, qui le met un instant en arr\u00eat. Et pourtant, rien. Au contraire, c\u2019est plut\u00f4t accueillant ce bruissement dans les feuilles des arbres et le flottement des ombres sur l\u2019eau. On l\u2019entend s\u2019\u00e9couler doucement. Mais le chien reste en arr\u00eat. Il <em>pime<\/em> une fois ou deux. Et puis il s\u2019avance \u00e0 petits pas sur le pont, en pistant quelque chose la truffe au sol, sur une poign\u00e9e de brins d\u2019herbe dans une fissure, les mousses au bord, et son reflet voil\u00e9 \u00e0 la surface de l\u2019eau. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il se met \u00e0 \u00e9ternuer \u00e0 plusieurs reprises. Une bonne crise. Et \u00e7a, on le voit seulement dans le reflet sur l\u2019eau. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0, je crois, qu\u2019a eu lieu la rencontre avec ce que le chien venait de percevoir l\u00e0, juste sur le pont, dans la vibration qui lui chatouillait le nez et les oreilles.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s, il remonte \u00e0 la maison par le jardin, en se retournant deux trois fois. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le grenier. C\u2019est la fra\u00eecheur, en entrant dans le chai par la porte entrouverte, l\u2019obscurit\u00e9 des recoins, les silhouettes des outils sur le mur, une humidit\u00e9 de salp\u00eatre, le vin et la terre au pied des vieux tonneaux noircis, c'est bois\u00e9 et rance. Des sacs de charbon dans un coin, un tas de pommes de terre o\u00f9 le chien va renifler. Et puis il monte l\u2019escalier, une \u00e9chelle presque, prestement. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Petique petoque petique petoque<\/em>.<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Orhan Pamuk avec Roland Barthes |<br>\u00ab&nbsp;\u00catre plong\u00e9 dans un roman, vivre chaque jour en accord avec lui\u2026 Je ne peux pas vivre sans \u00e7a. <em>Si le monde ne devient pas texte, s\u2019il n\u2019appelle pas \u00e0 \u00eatre \u00e9crit\u2026 difficile de l\u2019habiter.<\/em> Mon admiration pour Rousseau s\u2019enflamme de nouveau. \u00c9crire, contempler le paysage, p\u00e9n\u00e9trer dans la vie des autres\u2026&nbsp;\u00bb (<em>Souvenirs des montagnes au loin<\/em>, Orhan Pamuk, 2010)<br>\u00ab&nbsp;Je me mets en effet dans la position de celui qui fait quelque chose, et non plus de celui qui parle sur quelque chose&nbsp;: je n\u2019\u00e9tudie pas un produit, j\u2019endosse une production&nbsp;; j\u2019abolis le discours sur le discours&nbsp;; <em>le monde ne vient plus \u00e0 moi sous la forme d\u2019un objet, mais sous celle d\u2019une \u00e9criture<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une pratique&nbsp;: je passe \u00e0 un autre type de savoir (celui de l\u2019Amateur) et c\u2019est en cela que je suis m\u00e9thodique.&nbsp;\u00bb (<em>Proust et moi<\/em>, Barthes, 1978)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-4138f6011008514dbd701d57b049afb1 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>02052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les podcasts du docteur Nasio, on trouve cette histoire incroyable et poignante de Clara, un b\u00e9b\u00e9 d\u00e9pressif qui mange et dort trop peu, parce qu\u2019elle voulait soigner sa m\u00e8re, celle-ci ne trouvant pas la force de bien s\u2019en occuper apr\u00e8s le suicide de sa s\u0153ur. Il la r\u00e9sume ainsi (pour illustrer le travail de l\u2019inconscient instrumental au travers de la triple empathie)&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Clara, d\u00e9laiss\u00e9e par sa m\u00e8re, s\u2019\u00e9teignait peu \u00e0 peu en se laissant mourir, j\u2019ai ressenti sa tristesse. Ensuite, j\u2019ai ressenti aussi que malgr\u00e9 sa tristesse, Clara se crispait pour trouver la force d\u2019\u00eatre la m\u00e8re de sa m\u00e8re. Vous voyez, je la voyais toute amorphe, sur les genoux de sa maman, en m\u00eame temps je sentais qu\u2019inconsciemment elle \u00e9tait crisp\u00e9e, son corps \u00e9tait hypertonique. Pourquoi&nbsp;? parce que Clara voulait avoir la force d\u2019\u00eatre la m\u00e8re de sa m\u00e8re. Et troisi\u00e8mement, troisi\u00e8me empathie, j\u2019\u00e9prouvais le ressenti inconscient de la personne la plus proche de Clara, c\u2019est-\u00e0-dire de sa maman. J\u2019ai ressenti le d\u00e9sarroi d\u2019une maman impuissante qui s\u2019avoue \u00e0 elle-m\u00eame&nbsp;: <em>Je suis trop mal, je ne peux pas m\u2019occuper de ma fille.<\/em> Quand j\u2019ai vu la m\u00e8re pleurer, rappelez-vous, j\u2019ai senti qu\u2019elle se disait \u00e0 elle-m\u00eame&nbsp;: <em>Je n\u2019ai pas su m\u2019occuper de ma petite s\u0153ur qui aujourd\u2019hui est morte, et maintenant je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019occuper de ma petite fille qui s\u2019\u00e9tiole.<\/em>&nbsp;\u00bb<br>Clara a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e, quelqu\u2019un allait pouvoir prendre soin de sa m\u00e8re. Mais il y a un si\u00e8cle, aurait-elle \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e&nbsp;? aurait-on ressenti ce qu\u2019elle vivait&nbsp;? aurait-on compris la situation&nbsp;? aurait-on re\u00e7u ensemble Clara et sa m\u00e8re&nbsp;? Surtout dans un milieu rural, paysan, comme Semoussac, o\u00f9 l\u2019analyste le plus proche est bien loin, et o\u00f9 l\u2019on ne sait probablement m\u00eame pas de quoi il s\u2019agit. Ce d\u00e9tour pour imaginer comment, dans le sens inverse de l\u2019histoire, le petit Marcel aurait pu \u00eatre sauv\u00e9. On m\u2019a dit qu\u2019il s\u2019agissait de \u00ab\u00a0mort subite du nourrisson\u00a0\u00bb, peu avant son premier anniversaire. Mais peut-\u00eatre y a-t-il eu des signes, des indices, quelques sympt\u00f4mes qu\u2019on n\u2019aura pas interpr\u00e9t\u00e9s, pas vus, pas sentis&nbsp;? Peut-\u00eatre le chagrin a-t-il fini par l\u2019emporter sur les forces de la vie, tant pour le petit Marcel que pour ses parents&nbsp;? Apr\u00e8s tout, Martial, son p\u00e8re n\u2019a presque pas connu ses parents, il avait deux ans quand sa m\u00e8re Fran\u00e7oise est morte, et son p\u00e8re Pierre est mort six mois apr\u00e8s. Et sa m\u00e8re Alice, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 9 ans, a perdu une petite s\u0153ur, Germaine, \u00e2g\u00e9e de deux ans (et le grand fr\u00e8re Eug\u00e8ne au front, en 1914).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019imagine le petit Marcel, dans sa vie (essence&nbsp;?) limbique, trouvant le moyen de rejoindre la petite s\u0153ur qu\u2019il ne conna\u00eetra pas, jouant dans le grenier avec le rouet, en se glissant dans la peau du chien (et \u00e7a le d\u00e9mange, lui, derri\u00e8re les oreilles). \u2014 Une fa\u00e7on de poursuivre la hantise du moment avec la question de l\u2019animal (animalangue \u2014 apparue le 6 juin 2023 \u2014, mais je me demande, au fond, si dans ce recoupement du fant\u00f4me et de l\u2019animal, il ne s\u2019agit pas de la m\u00eame chose).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(\u00ab&nbsp;J\u2019imagine ce que le patient sent, et en l\u2019imaginant, je le sens moi-m\u00eame.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-b4e93ea36a73d6e8c70f74f1bf327c96 wp-block-paragraph\" style=\"color:#d11919\"><strong>01052024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Marches d\u2019approche<\/em>, dit <em>f<\/em>. J\u2019ai l\u2019impression de ne pas \u00e9crire autrement que de cette mani\u00e8re, sur la route, en chemin vers l\u2019\u00e9criture. Reste \u00e0 savoir si la piste se trouve sur son territoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019allusion \u00e0 l\u2019inconscient marque une perte du fil de l\u2019\u00e9criture, un n\u0153ud d\u2019abstraction st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9. Je dois m\u2019en rendre compte puisque je le refuse et me d\u00e9bats avec en lui opposant une image sortie du film de David Lynch (qu\u2019il vaudrait mieux ne pas mentionner, d\u2019ailleurs), <em>Mulholland Drive<\/em>. Heureusement, la voix off fait tampon. Je ne suis pas le seul responsable de ce que j\u2019\u00e9cris, du moins de ce qui se raconte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(\u00c0 propos de n\u0153ud psychanalytique et de responsabilit\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9e, le docteur Nasio, dans la s\u00e9rie de podcasts <em>L\u2019Inconscient<\/em>, cite pour terminer son \u00e9mission, sans le nommer, \u00ab&nbsp;le po\u00e8te&nbsp;\u00bb&nbsp;:<br><em>\u00ab&nbsp;Certes, ma vie est d\u00e9j\u00e0 pleine de morts, mais le plus mort des morts est le petit gar\u00e7on que je fus. Et pourtant, une fois l\u2019heure venue, c\u2019est lui qui retrouvera sa place \u00e0 la t\u00eate de ma vie, rassemblera mes pauvres ann\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re, et entrera le premier dans la lumi\u00e8re sacr\u00e9e.&nbsp;\u00bb<br><\/em>Ce sont les mots de Georges Bernanos, extraits des <em>Grands Cimeti\u00e8res sous la lune<\/em>. Mais pourquoi ne pas le nommer&nbsp;? Et pourquoi ne pas dire que la fin a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e&nbsp;? Car la derni\u00e8re phrase se termine, en fait, ainsi&nbsp;: <em>Et pourtant, l\u2019heure venue, c\u2019est lui qui reprendra sa place \u00e0 la t\u00eate de ma vie, rassemblera mes pauvres ann\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re, et comme un jeune chef ses v\u00e9t\u00e9rans, ralliant la troupe en d\u00e9sordre, entrera le premier dans la maison du p\u00e8re.<\/em> \u2014 J\u2019avoue que je chipote. Peut-\u00eatre parce que j\u2019aime rendre \u00e0 C\u00e9sar le glaive qui lui appartient, bien nettoy\u00e9 et lustr\u00e9, sans trace de ce qui a \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9. Mais je pr\u00e9f\u00e8re quand m\u00eame la version retouch\u00e9e du docteur, ou de son inconscient.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme revenu \u00e0 mes \u00e9tudes il y a une trentaine d\u2019ann\u00e9es, je lis le commentaire de <em>f<\/em> parall\u00e8lement au texte de Paul Morand pour la seconde boucle du cycle de l\u2019atelier Nouvelles. (Ce qui doit faire trois boucles&nbsp;: d\u2019\u00e9criture \u00e0 venir, de lecture en cours, de temps. Sacr\u00e9e spirale \u2014 et c\u2019est par l\u00e0 qu\u2019il faudrait commencer&nbsp;: le vieux rouet, par exemple, dans le grenier, m\u00eame s\u2019il est cass\u00e9.)<br>Et qu\u2019est-ce que faut-il retenir de la le\u00e7on&nbsp;? \u2014 <em>qu&rsquo;on s\u2019approprie une technique narrative | aucun enjeu \u00e0 cette contribution | synth\u00e8se, ce sera une nouvelle strate d\u2019invention | chacun \u2014 plus qu\u2019un paysage \u2014 un \u00ab&nbsp;territoire&nbsp;\u00bb d\u2019\u00e9criture | sera rendu possible le saut vers la nouvelle.<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20240429_191036-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-151223\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20240429_191036-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20240429_191036-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20240429_191036-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20240429_191036-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/20240429_191036-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#d1c9191c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-7f21dc43b6148bb54ab441a1289c66c9 wp-block-paragraph\"><strong>30042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Ce matin, petite gymnastique de mise en page en sauts de section, de ligne, trame de fond, couleur de police, corrections, groupements d\u2019entr\u00e9es. Et pour la mise en ligne, les entr\u00e9es en sens inverse, la t\u00eate retourn\u00e9e. Du travail vers du livre dans ses possibles, en somme.)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ryoko en vid\u00e9o (Tiers Livre)&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est de dire que <em>de toute fa\u00e7on ceux qui ne sentent pas dans la r\u00e9alit\u00e9 ne pourront jamais sentir&nbsp;!<\/em> \u2014 <em>Si, euh si, si, si\u2026<\/em> ceux qui ne voient pas, euh peuvent voir par la litt\u00e9rature, gr\u00e2ce \u00e0 la litt\u00e9rature, et euh, on peut combler les sens <em>par<\/em> les mots, c\u2019est, c\u2019est, en fait ce sont, <em>seuls<\/em> les mots <em>seuls<\/em>, la langue, qui est\u2026 euh qui est synesth\u00e9sique, qui est\u2026 qui\u2026 qui\u2026 <em>[et il faut voir comment la main et les doigts tournent, un peu comme le ferait une cheffe d\u2019orchestre, ou comme une cuisini\u00e8re m\u00e9langeant des ingr\u00e9dients, ou une magicienne pour activer sa formule]<\/em> qui rend impossible possible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ryoko dans le texte (<em>Ce n\u2019est pas un hasard<\/em>)&nbsp;: \u00ab&nbsp;On coince l\u2019\u00e9v\u00e9nement entre des mots, des phrases, pour le compacter, l\u2019enfermer comme on enferme dans le r\u00e9acteur des particules radioactives.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| J\u2019ai re\u00e7u le produit pour nettoyer les murs&nbsp;: STARWAX| Destructeur de d\u00e9p\u00f4ts verts CONCENTRE A DILUER | \u00c9limine les d\u00e9p\u00f4ts verts et algues rouges | Toitures, murs et sols | Action curative, algicide et fongicide | Facilit\u00e9 l\u2019\u00e9limination des traces noires | Fabriqu\u00e9 en France.<br>Sur le site du fabricant, on retrouve sur un tableau (\u00e0 trois entr\u00e9es&nbsp;: composants \u2013 cas \u2013 noms INCI) la composition compl\u00e8te du produit&nbsp;: EAU \u2013 7732-18-5 \u2013 AQUA | CHLORURE DE DIDECYLDIMETHYLAMMONIUM \u2013 7173-51-5 \u2013 DIDECYLDIMONIUM CHLORIDE | ETHANOL \u2013 64-17-5 \u2013 ALCOHOL | PROPAN-2-OL \u2013 67-63-0 \u2013 ISOPROPYL ALCOHOL | 2-BUTANONE \u2013 78-93-3 \u2013 MEK<br>L\u2019histoire de l\u2019\u0153il rel\u00e8ve aussi d\u2019une esth\u00e9tique de fa\u00e7ades et de l\u2019\u00e9conomie de la mati\u00e8re \u00e0 la chimie de langage tr\u00e8s pr\u00e9cise. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Cette note a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De la langue du bouton-d\u2019or |<br>Autres noms&nbsp;: sur le site internet Promesse de fleurs, <em>renoncule \u00e2cre<\/em>, <em>bassinet<\/em>, <em>fleur de beurre<\/em>, <em>pied-de-coq<\/em>&nbsp;; Wikip\u00e9dia \u00e9largit le champ du nom \u00e0 plusieurs esp\u00e8ces de renoncules (\u00e2cre, bulbeuse, gramin\u00e9e, rampante) et ajoute <em>grenouillette<\/em>, <em>fleur de l\u2019impatience<\/em>, <em>goblet du diable<\/em>&nbsp;; dans le Grand Robert, on trouvera aussi <em>populage<\/em> (une autre plante dont la fleur ressemble au bouton-d\u2019or), et de l\u00e0 <em>colthra<\/em> et <em>souci d\u2019eau<\/em>.<br>Le bouton-d\u2019or est en soi un nuage de noms (de quelques dialectes et patois).<br>Renoncule&nbsp;: du latin <em>ranunculus<\/em> signifiant \u00ab&nbsp;petite grenouille&nbsp;\u00bb&nbsp;; d\u00e9signe au figur\u00e9 un habitant d\u2019un lieu mar\u00e9cageux&nbsp;; renvoie aussi, dans le Dictionnaire historique, \u00e0 <em>bouton-d\u2019argent<\/em>, <em>douve<\/em>, <em>ficaire<\/em>, <em>gobelet<\/em>, <em>grenouille<\/em>, <em>rainette<\/em>, <em>sardonie<\/em>.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-23ee3318244a878d58cc5ede8b1238a6 wp-block-paragraph\"><strong>29042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au retour de la Structure, une bonne marche dans les chemins, les champs, le long de la rivi\u00e8re, le chant des oiseaux. J\u2019ai fait quelques photos de fleurs, des orchid\u00e9es bleues cach\u00e9es dans de hautes herbes. Et puis un nuage de boutons-d\u2019or au bord de l\u2019eau. J\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 Ryoko Sekiguchi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment on peut \u00eatre \u00e0 la place de, aussi, \u00e0 la place des autres, \u00e0 la place des oiseaux, \u00e0 la place des plantes\u2026 \u00e7a aussi pour moi c&rsquo;est l&rsquo;acte de traduction.&nbsp;\u00bb<br>(Et maintenant, on peut faire un pas de plus avec Silvia Baron-Supervielle, <em>L\u2019Alphabet du feu<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;La traduction du silence est importante. Ceux qui n\u2019en tiennent pas compte s\u2019\u00e9cartent du contenu du texte. Ils le d\u00e9pouillent de sa structure. De ce sur quoi il s\u2019appuie pour rayonner doucement. Traduire le silence d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re rapproche les deux versions&nbsp;: la distinction des langues se dissipe.&nbsp;\u00bb Mais c\u2019est comment le silence d\u2019un bouton-d\u2019or&nbsp;? Et sa langue&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo5.1\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Tu veux que j\u2019te dise&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des mois que j\u2019suis \u00e0 la recherche de cette foutue tombe, du petit Marcel, depuis No\u00ebl j\u2019crois bien, plus de trois mois, \u00e7a commence \u00e0 faire, j\u2019en ai appris des trucs sur lui, et sur d\u2019autres au passage, j\u2019en ai rectifi\u00e9 des petites v\u00e9rit\u00e9s qu\u2019en \u00e9taient pas, m\u00eame si forc\u00e9ment \u00e7a rend tout chose la v\u00e9rit\u00e9 retrouv\u00e9e, et que tout content de la d\u00e9couvrir c\u2019est pas impossible que j\u2019l\u2019ai fantasm\u00e9e et que j\u2019l\u2019ai un peu affabul\u00e9e chaque fois que j\u2019ai essay\u00e9 d\u2019en parler. Bref&nbsp;! \u00e7a m\u2019fait des histoires vraies, comme \u00e7a. Mais depuis tout ce temps, rien \u00e0 faire, j\u2019ai pas retrouv\u00e9 cette foutue tombe.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu sais ce que j\u2019me dis&nbsp;? c\u2019est qu\u2019apr\u00e8s toutes ces notes pour retrouver cette tombe qui n\u2019existe s\u00fbrement pas, je m\u2019dis qu\u2019en changeant juste le point de vue, et peut-\u00eatre un ou deux pronoms par-ci par-l\u00e0, ben en fait j\u2019ai rien \u00e9crit. Rien. Ce serait pas moi, mais le petit Marcel lui-m\u00eame&nbsp;! C\u2019est fou non&nbsp;? de s\u2019dire comme \u00e7a qu\u2019on est le jouet de son personnage, que c\u2019est comme si ce petit bonhomme, qu\u2019a pas demand\u00e9 \u00e0 vivre ni \u00e0 mourir au moment o\u00f9 il apprenait \u00e0 marcher et \u00e0 parler une poign\u00e9e de mots, dans le plus grand \u00e9quilibre instable\u2026 c\u2019est fou de s\u2019dire que cette personne qu\u2019a pas eu le temps de le devenir finisse par trouver le moyen, le temps, et \u00e7a il en avait le petit Marcel, moi j\u2019pleurniche sur une poign\u00e9e de mois, lui il avait l\u2019\u00e9ternit\u00e9\u2026&nbsp;! c\u2019est fou de s\u2019dire \u00e7a, qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de pouvoir \u00eatre une personne, il se fait personnage et s\u2019\u00e9crit, s\u2019invente son histoire, ou la d\u00e9couvre, en manipulant ma plume&nbsp;!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le pauvre, il est peut-\u00eatre pas si bien tomb\u00e9. Moi, ma plume\u2026 qu\u2019est-ce qu\u2019elle a ma plume\u2026&nbsp;? Bon, apr\u00e8s, on choisit pas sa famille comme dit l\u2019autre.&nbsp;&nbsp;<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La seconde version du <em>Horla <\/em>se pr\u00eatera mieux \u00e0 la lecture. Le r\u00e9cit est plus long. Il s\u2019est \u00e9toff\u00e9 par petits bouts de descriptions, d\u2019anecdotes et de dialogues qui m\u00e9nagent et prolongent plus s\u00fbrement le suspense que les explications et les images brutes, arriv\u00e9es trop vite, de la premi\u00e8re version. Le format journal de bord de l\u2019angoisse permet d\u2019instaurer des pauses. D\u2019une entr\u00e9e \u00e0 l\u2019autre, le r\u00e9cit est rompu, la lin\u00e9arit\u00e9 bris\u00e9e. Mais c\u2019est pour mieux ajouter \u00e0 la tension dramatique, en reculant parfois pour mieux sauter, un peu comme dans une s\u00e9rie dont on attend le prochain \u00e9pisode.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo5.2\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Le plus \u00e9trange\u2026 c\u2019est ce qui s\u2019est pass\u00e9 avant. Ce livre du petit Marcel, avant que je mette la main \u00e0 la p\u00e2te, avec bonheur, m\u00eame si c\u2019\u00e9tait pas toujours une partie de plaisir, mais bien malgr\u00e9 moi, donc\u2026 l\u2019\u00e9trange, c\u2019est de savoir que ce livre a eu sa vie avant. Qu\u2019il aurait son histoire avant que je la re\u00e7oive, en quelque sorte, avant que j\u2019en h\u00e9rite pour essayer de la coucher sur le papier. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment les histoires qu\u2019on raconte elles nous arrivent&nbsp;? C\u2019est \u00e7a le truc. Il y a la mort du petit Marcel, un \u00e9v\u00e9nement fou qui fait des histoires, si on peut dire, parce qu\u2019on va en parler dans tous les foyers de \u00e7a, la famille, les amis, les voisins. Le petit Marcel, m\u00eame pas un an, il se dressait sur ses jambes, il allait pas tarder \u00e0 marcher, et il parlait d\u00e9j\u00e0, presque, deux trois mots peut-\u00eatre, papa, mama, mine pour le minou, le chat noir, et voil\u00e0. Fini. On en a parl\u00e9 loin de cette histoire. Et j\u2019en sais rien de ce qu\u2019on a dit. On l\u2019a dit, \u00e7a s\u2019est oubli\u00e9. Comme tout le monde en a oubli\u00e9 beaucoup parce que tous ceux qui l\u2019ont dit, avant, tous ceux qui ont v\u00e9cu la chose sont partis aussi. Ils restent leurs r\u00e9cits dans quelques fonds de m\u00e9moires trou\u00e9es. Des r\u00e9cits rong\u00e9s. D\u2019autant mieux qu\u2019on aura s\u00fbrement refoul\u00e9 la chose, ou affabul\u00e9 un peu pour la faire passer, pour mieux la raconter \u00e0 son tour, un jour. Un jour qu\u2019on attend encore. Et en fait, non. On pr\u00e9f\u00e9rerait oublier.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et si c\u2019\u00e9tait de \u00e7a qu\u2019elle survit, l\u2019histoire du petit Marcel&nbsp;? si c\u2019\u00e9tait \u00e0 \u00e7a qu\u2019il se raccrochait en me faisant \u00e9crire, en disant <em>je<\/em> \u00e0 travers le mien&nbsp;? et pourquoi pas&nbsp;? tout le monde dit je, sauf lui, il a pas eu le temps. Si c\u2019\u00e9tait de l\u2019oubli qu\u2019elle survit sa vie \u00e0 lui&nbsp;? enfin un truc comme \u00e7a parce que, ma parole, c\u2019est pas si simple \u00e0 dire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans chaque pi\u00e8ce de la maison, dans chaque pi\u00e8ce on a d\u00fb en parler, on a d\u00fb y penser. Et elle est l\u00e0 l\u2019histoire du r\u00e9cit, en h\u00e9ritage. Oh oui, c\u2019est peut-\u00eatre toujours un peu les m\u00eames mots, un peu les m\u00eames sc\u00e8nes. Surtout au d\u00e9but, les premi\u00e8res fois, du r\u00e9cit original. Les m\u00eames larmes, les m\u00eames soupirs, les visages d\u00e9compos\u00e9s, et les gestes. Du moins \u00e7a se ressemble. Mais \u00e7a appartient qu\u2019\u00e0 soi aussi. Et m\u00eame, \u00e7a nous r\u00e9v\u00e8le, \u00e7a le d\u00e9couvre ce soi-m\u00eame. C\u2019est jamais vraiment le m\u00eame monde qui tremble. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est \u00e7a\u2026 c\u2019est le Qui des larmes, le Qui des plaintes, des yeux fuyants, le Qui des mains tordues\u2026 et \u00e7a jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, jusqu\u2019\u00e0 maintenant peut-\u00eatre quand j\u2019t\u2019en parle\u2026 c\u2019est \u00e7a et\u2026 le voil\u00e0 le r\u00e9cit du petit Marcel, \u00e0 se renverser de lui-m\u00eame, \u00e0 se retourner comme un gant\u2026 quand tu prends tout \u00e7a, Sanglots, Cris, Silences, Gestes, Regards, du m\u00eame r\u00e9cit en modulations de fr\u00e9quence depuis toutes ces ann\u00e9es, tout ce temps travers\u00e9, de pi\u00e8ce en pi\u00e8ce, de maison en maison o\u00f9 les dieux savent o\u00f9, et tiret, deux points, ouvrez les guillemets, t\u2019en fais des personnages, t\u2019en fais un dialogue, des s\u00e9ries de monologues et pas s\u00fbrs qu\u2019ils se r\u00e9pondent d\u2019ailleurs\u2026 \u00e0 chacun son r\u00e9cit m\u00eame, comme pour s\u2019expliquer et\u2026 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u2019accord, le personnage qui s\u2019\u00e9crit lui-m\u00eame, l\u2019\u00e9crivain qui n\u2019est qu\u2019un moyen, et c\u2019est lui le v\u00e9ritable personnage, la marionnette de sa cr\u00e9ature, et m\u00eame moi l\u00e0, qui parle, c\u2019est peut-\u00eatre encore lui, je ne serais jamais que sa voix porteuse\u2026 c\u2019est pas nouveau. Mais c\u2019est pas si courant j\u2019crois. C\u2019est surtout essentiel. Suffit juste d\u2019inverser les <em>je<\/em>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De tous les pr\u00e9noms de tous ceux qui pleurent, qui crient, quand c\u2019est \u00e0 se cogner la t\u00eate sur les murs peut-\u00eatre, non, toujours, quand on y pense, quand on en parle c\u2019\u00e9tait toujours un peu \u00e7a au fond de nous, m\u00e9dus\u00e9s\u2026 et ben c\u2019est avec \u00e7a, \u00e0 d\u00e9faut de savoir vraiment ce qui s\u2019est dit et pass\u00e9, ces pr\u00e9noms, qu\u2019tu fais des phrases\u2026 des phrases, des \u00eatres articul\u00e9s, des mondes recoup\u00e9s\u2026 c\u2019est avec \u00e7a, le dialogue des Pleurs, des Cris, des Blancs, des L\u00e8vres, des tremblements. Le r\u00e9cit du petit Marcel\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce serait mieux avec une valise trouv\u00e9e au fond d\u2019une cave, pleine de petits objets, de cahiers et livres, de v\u00eatements, des lettres et des photos, comme Clara avec Madeleine. Mais non. Avec Marcel c\u2019est rien. Quelques vagues souvenirs en h\u00e9ritage d\u2019un malheur centenaire. Et c\u2019est \u00e9crit dans le vieux livret de famille. Non, inscrit. L\u2019\u00e9criture \u00e7a vient apr\u00e8s. Avec tout ce qui s\u2019est dit et pass\u00e9 apr\u00e8s, que personne a not\u00e9. Avec Marcel c\u2019est pas vraiment un projet, c\u2019est une bataille. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\t\t\tQuand j\u2019disais que c\u2019\u00e9tait pas nouveau cette id\u00e9e que ce sont les personnages, en fait, qui appellent et dirigent l\u2019\u00e9criture, ceux qui penseront \u00e0 l\u2019inconscient auront pas tout \u00e0 fait tort. Mais c\u2019est pas de \u00e7a qu\u2019il s\u2019agit pour moi. Non. Trop facile. Avec \u00e7a, tu dis tout et tu dis plus rien. C\u2019est comme la bo\u00eete noire qui tombe au sol dans une chambre, une fois qu\u2019elle est l\u00e0, tu sais pas ce que c\u2019est, tu peux pas l\u2019ouvrir. Et normal, t\u2019es dedans depuis longtemps. C\u2019\u00e9tait dans un film.  \t\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>En attendant Marcel<\/em>, ce serait le titre du livre. Et faut consid\u00e9rer que c\u2019est lui qui l\u2019aurait \u00e9crit. Comme pour combler l\u2019attente d\u2019\u00eatre enfin lui-m\u00eame, quand il n\u2019y aurait plus rien \u00e0 dire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oui. Que sont devenus ses v\u00eatements de nourrisson, ses langes, peut-\u00eatre les seules choses qui puissent conserver la trace vive de son passage. Les tissus d\u2019une vie \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, pris dans la toile du si\u00e8cle. S\u2019ils se trouvaient l\u00e0, quelque part au fond d\u2019un buffet, d\u2019un tiroir, d\u2019un coffre, d\u2019un carton&nbsp;? Avec, pourquoi pas, pour pleurer la nouvelle, deux trois lettres de qui&nbsp;?<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-62fb5408272d0a14fcc9c8365494799b wp-block-paragraph\"><strong>28042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ryoko Sekiguchi, lors de la rencontre Tiers Livre&nbsp;: \u00ab&nbsp;La question \u00e9tait de comment on peut inviter\u2026des\u2026phrases\u2026 sans les \u00e9craser sans, sans voir, avoir le\u2026 les relations de pouvoir parce que les citations c\u2019est de, c\u2019est quand m\u00eame \u00e7a, on fait venir les textes euh\u2026 au sein de nos propres textes, mais euh souvent euh\u2026 ben y a des, des \u00e9carts, on les traite pas bien.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La musique de Boards of Canada, avec <em><a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/boardsofcanada\/sets\/geogaddi-1?utm_source=clipboard&amp;utm_medium=text&amp;utm_campaign=social_sharing\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Geogaddi<\/a><\/em> (\u00e9couteurs <em>wireless<\/em> implant\u00e9s dans les oreilles), me semble appropri\u00e9e pour la lecture du <em>Horla<\/em>. Mais la lecture du <em>Horla<\/em> n\u2019est peut-\u00eatre pas souhaitable dans la Structure. \u00ab&nbsp;Figurez-vous un homme qui dort, qu\u2019on assassine, et qui se r\u00e9veille avec un couteau dans la gorge&nbsp;; et qui r\u00e2le couvert de sang, et qui ne peut plus respirer, et qui va mourir, et qui ne comprend pas \u2014 voil\u00e0&nbsp;!&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Maupassant dans la premi\u00e8re version du <em>Horla<\/em>. J\u2019avais oubli\u00e9. Si les amateurs de films gore s\u2019en amuseront, dans la Structure, on prend souvent les choses au pied de la lettre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Espace Culturel de Barbezieux&nbsp;: un grand panneau annonce la venue prochaine de l\u2019\u00e9crivain local (Sauveterre, pr\u00e9cis\u00e9ment) Jean-Claude Chapuzet, pour une rencontre-d\u00e9dicace \u00e0 l\u2019occasion de son nouveau roman, <em>Bandit<\/em>. Mais pourquoi sur la couverture des livres empil\u00e9s sur une table lit-on, au lieu de Jean-Claude, Jean-Charles Chapuzet&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(La \u00ab\u00a0table rase\u00a0\u00bb, c\u2019est une tension, une tendance du moment&nbsp;? N\u2019\u00e9tait-ce pas ce que je cherchais d\u00e9j\u00e0 en imaginant un atelier d\u2019\u00e9criture \u00e0 partir d\u2019<em>Aveugles<\/em>, le livre de photos de Sophie Calle, et la bande dessin\u00e9e <em>Deep<\/em>, aux cases noires rehauss\u00e9es de quelques bulles, quelques mots&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier, maman et mamie Lulu sont pass\u00e9es \u00e0 l\u2019improviste. Elles arrivaient du fun\u00e9rarium. La femme de Roland. L\u2019occasion de reparler de la famille, des fr\u00e8res et s\u0153urs du grand-p\u00e8re Omer. De leurs cousins aussi, dont je n\u2019avais encore jamais entendu parler. Et une s\u0153ur d\u00e9c\u00e9d\u00e9e toute jeune. Le pr\u00e9nom leur \u00e9chappe, mais pas les circonstances de l\u2019accident&nbsp;:&nbsp;qu\u2019on avait fait du feu dans un pr\u00e9, que la petite a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9e, qu\u2019on l\u2019aurait ramen\u00e9e nue, que ce jour-l\u00e0 il faisait froid. Une congestion&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ryoko Sekiguchi, avec l\u2019application <em>R\u00e9sum\u00e9 ChatGPT YouTube sans limite<\/em> (en texte brut&nbsp;; commentaires inutiles&nbsp;; biffures m\u00e9rit\u00e9es)&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;quand on \u00e9crit en parall\u00e8le en parall\u00e8le enfin simultan\u00e9ment c&rsquo;est que par exemple supposons que vous avez une id\u00e9e comme \u00e7a qui me vient et qui vient enfin vous avez qui vien mais en ENF <em>[onomatop\u00e9e \u00e9tir\u00e9e&nbsp;\u2014 les majuscules marquent quoi&nbsp;? la pause&nbsp;?]<\/em> par exemple en fran\u00e7ais j&rsquo;\u00e9cris mais mais \u00e0 toute vitesse<br>(41:56) et et un peu m\u00e9lang\u00e9 de japonais par exemple supposons et donc il y a ce ce texte comme \u00e7a le premier texte que <s>j&rsquo;ai des doubl<\/s> <em>[<u>je d\u00e9double<\/u>&nbsp;! \u2014 d\u2019accord, il y a le petit accent de Ryoko, mais dans ce cas-l\u00e0 l\u2019appli pourrait au moins ne pas commettre d\u2019erreur]<\/em> et \u00e7a fait deux textes avec <s>des trop<\/s> <em>[non&nbsp;! non&nbsp;! \u2014 <u>des trous<\/u>&nbsp;!]<\/em> diff\u00e9rents et j&rsquo;essaie de combler vient de mais par exemple supposons que je ne trouve pas le le mot \u00e9quivalent ici et dans ce casl\u00e0 <em>[et le tiret&nbsp;! c\u2019est pas parce que c\u2019est dit vite qu\u2019il faut pas l\u2019inscrire]<\/em> peut-\u00eatre soit j&rsquo;essayie <em>[c\u2019est quand m\u00eame pas \u00e0 cause de l\u2019accent&nbsp;? elle l\u2019a bien dit&nbsp;! aucun effort cette appli\u2026]<\/em> de trouver \u00e9quivalent autrement ou bien soit c&rsquo;est le mot qui est par exemple en fran\u00e7ais qui \u00e9tait pas bon donc pour ce texte donc j&rsquo;essaie de changer ce ce mot-l\u00e0 pour une autre<br>(42:40) un autre pardon et et ainsi j&rsquo;avance et mais \u00e7a \u00e7a \u00e7a peut \u00eatre tr\u00e8s riche parce que parfois ce que qu&rsquo;on trouve pas comme solution dans une <s>lue<\/s> <em>[<u>langue<\/u>&nbsp;! \u2014&nbsp;\u2026?]<\/em> qu&rsquo;on trouve dans l&rsquo;autre et qu&rsquo;on peut ensuite rapporter \u00e0 \u00e0 l&rsquo;autre langue&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Et sinon, on s\u2019y met quand au cinqui\u00e8me exercice d\u2019\u00e9criture&nbsp;? \u2014 Comme si t\u2019avais encore rien fait&nbsp;? C\u2019est plut\u00f4t que tu sais pas te relire&nbsp;!)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-807ff0fbb87561680ea06651f901bddc wp-block-paragraph\"><strong>27042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo4.4\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div id=\"exo4.4\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">(Il aurait fallu parler du papier des photos, des dentelures, du noir et blanc, du jaunissement, des couleurs feutr\u00e9es, voil\u00e9es, ou trop vives, des contrastes trop fort. Quoi d\u2019autre&nbsp;? Au dos une date, le nom du photographe&nbsp;? Une note \u00e9crite \u00e0 la main, illisible&nbsp;? Et la place dans la niche&nbsp;? Pourquoi au fond, pour quoi \u00e0 gauche&nbsp;? Jusqu\u2019au miroir en arri\u00e8re-plan, et ce qu\u2019il y a derri\u00e8re l\u2019image, dans l\u2019ombre&nbsp;?)<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le jardin, il y avait un petit \u0153uf bleu turquoise au sol, assez p\u00e2le, comportant de petites taches d\u2019un brun gris, comme des pois, et quelques traces blanches. Il n\u2019\u00e9tait ni cass\u00e9 ni fendu. Mais froid. Comme m\u00fb par cette sorte d\u2019instinct qui pousse certains animaux \u00e0 prendre soin des petits d\u2019une autre esp\u00e8ce, je l\u2019ai pris dans le creux de ma main et l\u2019ai conserv\u00e9 pour le r\u00e9chauffer. J\u2019imaginais d\u00e9j\u00e0 que le petit \u00e9tourneau allait sortir d\u2019ici une vingtaine de jours. Malheureusement, il y a de fortes chances pour que l\u2019\u0153uf, st\u00e9rile, ait \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 du nid. Et puis un \u0153uf ne s\u2019incube pas si facilement, il faut reconstituer les conditions complexes du nid, l\u2019abri, la lumi\u00e8re, la chaleur et un peu d\u2019humidit\u00e9, peut-\u00eatre m\u00eame p\u00e9pier, piailler, criailler. Et quand bien m\u00eame, que faire de l\u2019oisillon sorti de sa coquille&nbsp;?<br>Arriv\u00e9 au bureau, j\u2019ai plut\u00f4t demand\u00e9 au Chat Noir&nbsp;:<br><em>\u2014 Bonjour. Je viens de trouver un petit \u0153uf bleu turquoise au sol. Est-il possible de le fossiliser ?<\/em><br>Le Chat Noir me r\u00e9pond d\u2019abord que s\u2019il est int\u00e9ressant de vouloir pr\u00e9server un \u0153uf bleu turquoise \u2014 sur quoi repose l\u2019int\u00e9r\u00eat de la pr\u00e9servation, sur l\u2019\u0153uf en tant que tel, fragile, ou du fait de son \u00e9tonnante couleur&nbsp;? \u2014, la fossilisation n&rsquo;est peut-\u00eatre pas la meilleure m\u00e9thode&nbsp;parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019 \u00ab&nbsp;un processus naturel qui prend g\u00e9n\u00e9ralement des milliers \u00e0 des millions d&rsquo;ann\u00e9es pour se produire, et il n\u00e9cessite des conditions environnementales tr\u00e8s sp\u00e9cifiques&nbsp;\u00bb.<br>Il m\u2019invite alors simplement \u00e0 faire s\u00e9cher l\u2019\u0153uf \u00e0 l&rsquo;air libre ou de le conserver dans un r\u00e9cipient herm\u00e9tique. Mais, avant d\u2019agir, il me demande de m\u2019assurer de la l\u00e9galit\u00e9 et de la moralit\u00e9 de mon acte. \u00ab&nbsp;Il est \u00e9galement important de consid\u00e9rer que l&rsquo;\u0153uf pourrait appartenir \u00e0 un oiseau en voie de disparition ou prot\u00e9g\u00e9, et qu&rsquo;il pourrait \u00eatre pr\u00e9f\u00e9rable de le laisser dans son environnement naturel.&nbsp;\u00bb<br>Il me propose ensuite, dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral de la fossilisation, d\u2019acheter des kits pour cr\u00e9er mes propres fossiles \u00e0 partir de coquillages ou de feuilles, en m\u2019expliquant le fonctionnement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ces kits utilisent g\u00e9n\u00e9ralement de l&rsquo;argile ou du pl\u00e2tre pour cr\u00e9er un moule autour de l&rsquo;objet, qui est ensuite rempli de mat\u00e9riau de fossilisation pour cr\u00e9er une r\u00e9plique durable.&nbsp;\u00bb<br>Apr\u00e8s avoir essay\u00e9 de me faire peur avec la loi et la morale, il me vend du r\u00eave, comme dans un t\u00e9l\u00e9-achat \u2014 ou <em>t\u00e9l\u00e9 \u00e0 Chat<\/em>\u2026 Et puis, d\u00e8s lors que j\u2019aurai obtenu un moule de mes feuilles et une r\u00e9plique instantan\u00e9e ayant l\u2019aspect d\u2019un fossile \u2014 d\u2019un <em>fauxile<\/em>\u2026 quelle forme je tiens aujourd\u2019hui mon Chat&nbsp;! \u2014, une fois les feuilles d\u00e9compos\u00e9es, puisque c\u2019est dans l\u2019ordre de leur nature, une fois le fossile d\u00e9laiss\u00e9, puisqu\u2019il rel\u00e8ve d\u2019un pur artifice (sauf dans quelques millions d\u2019ann\u00e9es)&nbsp;: le moule, lui, que dit-il&nbsp;? la reproduction, la standardisation, la valeur, la cr\u00e9ativit\u00e9, l\u2019authenticit\u00e9 et l\u2019identit\u00e9, que deviennent-elles&nbsp;? \u2014 hein mon Chat&nbsp;?<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-753f30bb6dfb62ba31d90a5bfc2fbc29 wp-block-paragraph\"><strong>26042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le blocage provient d\u2019une sorte de confrontation, de percussion entre l\u2019atelier, les consignes d\u2019\u00e9criture, le quotidien et les notes qu\u2019on en retire comme des fragments d\u2019un r\u00eave, et le d\u00e9sir, sinon une hantise, d\u2019un livre avec le petit Marcel, doubl\u00e9 d\u2019une plong\u00e9e terrible au fond de soi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier soir, peu avant minuit, ME a retrouv\u00e9 Jeanne et Lou sur le toit en train de se photographier. Elles ont d\u00fb bien entendre, quelque part dans la haie en face, le rossignol qui chante toute la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u2019y a-t-il pas une forme de table rase, sur le plan du travail dans la structure \u2014 o\u00f9 l\u2019on est syst\u00e9matiquement connect\u00e9, o\u00f9 il faut toujours d\u00e9velopper, expliquer, justifier, clarifier \u2014, avec la lecture \u00e0 voix haute, propre \u00e0 communiquer, dit R\u00e9gine Detambel, \u00ab&nbsp;du texte brut, non pas seulement le sens du texte mais la caresse de la voix incarn\u00e9e, non pas forc\u00e9ment une pens\u00e9e mais parfois uniquement du sensible, port\u00e9 par le souffle [\u2026] d\u00e8s lors qu\u2019on propose de nouvelles exp\u00e9riences de vie, qu\u2019on offre du rythme, de la musicalit\u00e9, des images po\u00e9tiques et m\u00e9taphoriques aptes \u00e0 toucher profond\u00e9ment la psych\u00e9.&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Durant le m\u00e9nage de printemps du garage, j\u2019ai trouv\u00e9 dans un grand pot rempli de terre une pousse, une tige blanche qui serpentait comme elle pouvait \u00e0 la recherche d\u2019un peu de lumi\u00e8re, et deux micro feuilles p\u00e2les. En la d\u00e9racinant doucement, j\u2019ai retrouv\u00e9 le noyau de brugnon dans la coque protectrice ouverte que j\u2019avais enterr\u00e9e l\u00e0, ferm\u00e9e, quelques mois plus t\u00f4t. Je l\u2019ai rempot\u00e9 dans un pot plus petit avec la terre dans laquelle il s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9, bien arros\u00e9, et plac\u00e9 la lumi\u00e8re non loin de la baie vitr\u00e9e. Depuis, il se redresse, ses feuilles se sont d\u00e9ploy\u00e9es et d\u2019autres ont pouss\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une petite sieste de quelques minutes et, au r\u00e9veil, au hasard du livre d\u2019Henri Michaux sur la table de chevet, \u00ab&nbsp;Le Grand violon&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Mon violon est un grand violon-girafe ;<br>j&rsquo;en joue \u00e0 l&rsquo;escalade,<br>bondissant dans ses r\u00e2les,<br>au galop sur ses cordes sensibles et son ventre affam\u00e9 aux d\u00e9sirs \u00e9pais,<br>que personne jamais ne satisfera,<br>sur son grand c\u0153ur de bois enchagrin\u00e9,<br>que personne jamais ne comprendra.<br>Mon violon-girafe, par nature a la plainte basse et importante, fa\u00e7on tunnel,<br>l&rsquo;air accabl\u00e9 et bond\u00e9 de soi, comme l&rsquo;ont les gros poissons gloutons des hautes profondeurs,<br>mais avec, au bout, un air de t\u00eate et d&rsquo;espoir quand m\u00eame,<br>d&rsquo;envol\u00e9e, de fl\u00e8che, qui ne c\u00e8dera jamais.<br>Rageur, m&rsquo;engouffrant dans ses plaintes, dans un amas de tonnerres nasillards,<br>j&rsquo;en emporte comme par surprise<br>tout \u00e0 coup de tels accents de panique ou de b\u00e9b\u00e9 bless\u00e9, per\u00e7ants, d\u00e9chirants,<br>que moi-m\u00eame, ensuite, je me retourne sur lui, inquiet, pris de remords, de d\u00e9sespoir,<br>et de je ne sais quoi, qui nous unit, tragique, et nous s\u00e9pare.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo4.3\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Ce que j\u2019voulais dire aussi, avec la niche \u00e0 photos\u2026 y a pas de livres chez Lulu, y a jamais vraiment eu de livres. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les livres, c\u2019\u00e9tait France Loisirs. C\u2019\u00e9tait dans les pages du magazine o\u00f9 il fallait remplir le bon de commande chaque mois, et chaque fois, on cochait la case pour rien recevoir ce mois-ci. C\u2019\u00e9tait \u00e7a le syst\u00e8me si je m\u2019souviens bien. On envoyait un bon de non commande. Comme Julien Pr\u00e9vieux a envoy\u00e9 des lettres de non motivation&nbsp;!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Y avait s\u00fbrement quelques livres dans les tables de chevet, et s\u00fbrement aussi dans le placard fait maison, en contreplaqu\u00e9, dans la chambre de Ben. L\u00e0 o\u00f9 se trouvait l\u2019encyclop\u00e9die en images \u00e0 deux ou trois couleurs. S\u00fbr, y avait un dictionnaire. Un vieux Larousse, je crois, en loques. Une couverture en toile grise, les premi\u00e8res pages ratatin\u00e9es, \u00e9corn\u00e9es, qui tenaient plus qu\u2019\u00e0 quelques fils. La tranche avait disparu. On voyait bien comment s\u2019\u00e9tait foutu la reliure, la couture. Lulu \u00e9tait couturi\u00e8re, elle aurait peut-\u00eatre pu faire quelque chose&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les pages roses au milieu, les expressions, les locutions latines. Les noms des habitants des pays, des villes. Je sais plus si c\u2019\u00e9tait une version illustr\u00e9e.&nbsp; \u00b2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019aimais bien feuilleter les France Loisirs. J\u2019aimais bien lire les titres des livres, les noms des auteurs, regarder les images des couvertures. Les BD \u00e0 la fin. Mais on les achetait en magasin, quand on allait faire les grandes courses. Ast\u00e9rix et Boule et Bill surtout.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non, les livres, chez Lulu\u2026 c\u2019\u00e9tait pas comme on pense que c\u2019est. Les livres c\u2019\u00e9tait dans la niche du buffet, les photos. C\u2019\u00e9tait dans le placard les gros albums photos. De gros albums \u00e0 spirales dor\u00e9es. Deux, y en avait deux principaux. Un \u00e0 couverture vert fonc\u00e9, \u00e9meraude, l\u2019autre d\u2019un rouge sombre. C\u2019\u00e9tait pas du cuir, mais tout comme. Et les photos bien rang\u00e9es dedans, recouverte d\u2019un film plastique. J\u2019aimais bien le bruit de ce film quand on voulait sortir une photo. Et \u00e7a avait l\u2019aire fragile parce qu\u2019il fallait bien attraper le coin pour le relever. Sur le c\u00f4t\u00e9, comme on tourne une page, c'\u00e9tait risquer de le replier sur lui-m\u00eame, et le pli \u00e9tait irr\u00e9cup\u00e9rable, le film restait marqu\u00e9 et apr\u00e8s les photos glissaient.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chez Dada, c\u2019\u00e9tait un gros dictionnaire sur le bureau, le Lexis, et un tas de petits T\u00e9l\u00e9 Z au papier gris, r\u00eache. On les feuilletait pour les blagues \u00e0 deux balles et pour une esp\u00e8ce de s\u00e9rie, vraiment Z, en roman-photo. J\u2019crois que c\u2019\u00e9tait dans ce magazine t\u00e9l\u00e9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non, y a pas de texte, pas de phrases. Quelques mots au dos des photos, comme \u00e7a, et je m\u2019souviens pas quoi. Des dates s\u00fbrement, des lieux peut-\u00eatre. Mais si, si, c\u2019est des livres ces albums photos. Y avait rien d\u2019\u00e9crit, mais y avait quand m\u00eame des mots, des phrases sur chaque photo. J\u2019aimais bien les feuilleter de temps en temps, les poser sur la table, avec Lulu ou maman, et je posais des questions. C\u2019est qui l\u00e0&nbsp;? on \u00e9tait o\u00f9&nbsp;? c\u2019\u00e9tait quand \u00e7a&nbsp;? t\u2019\u00e9tais pas l\u00e0&nbsp;? comment il s\u2019appelle le chien&nbsp;? c\u2019est moi \u00e7a&nbsp;? mais c\u2019est qui Marcel&nbsp;? Des questions de narratologie pour du texte en puissance. Toujours le m\u00eame, peut-\u00eatre, mais en recombinaison perp\u00e9tuelle. Chaque fois il fallait refaire le m\u00eame r\u00e9cit et c\u2019\u00e9tait jamais le m\u00eame \u00e0 l\u2019oral. Surtout quand j\u2019ai plus eu besoin d\u2019\u00e9couter, quand je me suis mis \u00e0 \u00e9couter les photos tout seul. Il manquait un truc, ou y avait des pr\u00e9cisions, une anecdote de plus. Ou l\u2019histoire se faisait par un autre bout, \u00e0 l\u2019envers. J\u2019en sais rien en fait, mais si, c\u2019\u00e9tait des textes. C\u2019\u00e9tait des livres ces albums.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des magazines, y en avait un peu partout en fait. y en avait dans le placard, France Loisirs et pour le jardinage et d\u2019autres pour la couture. Y en avait dans le grenier, tous les magazines t\u00e9l\u00e9 et les journaux locaux, des Salut les copains, collectors aujourd\u2019hui, des Paninis de foot. Et les Pif Gadget, les Rahan, les Panth\u00e8re Rose et les Mickey Parade dans les cartons. Mais c\u2019est avec nous. D\u2019autres magazines avant nous, y en avait aussi dans la salle de bain. Ou avant que \u00e7a devienne la salle de bain, j\u2019sais plus ce que c\u2019\u00e9tait exactement cette pi\u00e8ce, et que \u00e7a finisse \u00e0 c\u00f4t\u00e9, dans le p\u00e2r \u00e0 gorets sur un tas de tuile. J\u2019me demande si c\u2019\u00e9tait pas des romans-photos, mais j\u2019dois plut\u00f4t affabuler avec ce que j\u2019viens de raconter. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et dans la niche\u2026 les portraits de famille\u2026 m\u00eames d\u00e9cousus \u00e7a devait \u00eatre l\u2019anthologie. Ou la hantologie tiens&nbsp;!<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#d119191c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-14062ab4821b9a64a9c8f07fc3cfda3c wp-block-paragraph\"><strong>25042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n\u2019est pas si souvent qu\u2019on apprend un mot nouveau avec un film (<em>EX_MACHINA<\/em>, d\u2019Alex Garland)&nbsp;: <em>stochastique<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;qui d\u00e9pend, qui r\u00e9sulte du hasard&nbsp;\u00bb dit le <em>TLFI<\/em>&nbsp;; mais dans le film relatif \u00e0 l\u2019informatique, sp\u00e9cialement l\u2019intelligence artificielle des assistants conversationnels (sous forme de robot humano\u00efde), il s\u2019agit certainement de la d\u00e9finition math\u00e9matique et statistique (qu\u2019entre <em>liaison<\/em>, <em>processus<\/em>, <em>variable<\/em>, <em>calcul<\/em>, <em>matrice<\/em>, <em>effet<\/em>, <em>trame<\/em> ou <em>\u00e9quation diff\u00e9rentielle<\/em> stoschastiques, je ne veux m\u00eame pas chercher \u00e0 comprendre) \u2014 et s\u2019il s\u2019agissait plut\u00f4t de la d\u00e9finition musicale de Iannis Xenakis qu\u2019on trouve ainsi dans l\u2019<em>Universalis<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;La polyphonie lin\u00e9aire se d\u00e9truit d&rsquo;elle-m\u00eame par sa complexit\u00e9 actuelle. Ce qu&rsquo;on entend n&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;amas de notes \u00e0 des registres vari\u00e9s. [\u2026] Il y a par cons\u00e9quent contradiction entre le syst\u00e8me polyphonique lin\u00e9aire et le r\u00e9sultat entendu, qui est surface, masse&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ariane. C\u2019est ainsi qu\u2019elle s\u2019appelle la premi\u00e8re personne \u00e0 qui j\u2019ai fait passer l\u2019\u00e9preuve Voltaire ce matin. Une femme d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9es pass\u00e9e (merci la carte d\u2019identit\u00e9) qui en paraissait une dizaine de moins, visage fin, joues ros\u00e9es, des yeux ronds, noisette, cheveux ch\u00e2tains en chignon d\u00e9braill\u00e9. Gilet rose, jean bleu. En reconversion, peut-\u00eatre pour l\u2019enseignement ou la formation. Ou une reprise d\u2019\u00e9tudes en psychologie, m\u00eame si c\u2019est loin. \u2014 On voulait nous installer dans la salle \u00ab\u00a0Amorce\u00a0\u00bb, pour plus de tranquillit\u00e9. Mais le chauffage n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 allum\u00e9, il faisait froid, et de ces vieux pr\u00e9fabriqu\u00e9s au plancher en bois us\u00e9, poussi\u00e9reux et un peu humide, \u00e7a sentait surtout le renferm\u00e9. J\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la salle \u00ab\u00a0info\u00a0\u00bb. \u2014 L\u2019autre personne n\u2019est pas venue. \u2014 Pendant qu\u2019elle enfile les erreurs de ses 195 lignes, en noircissant environ la moiti\u00e9 des cases de la trame qui en comporte 780 (avec mon stylo), j\u2019en profite pour en savoir un peu plus sur la stochastique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c7a arrive aux meilleurs.<br>\u00ab&nbsp;On dirait que j\u2019ai perdu ma capacit\u00e9 de concentration, ce talent que j\u2019avais de rester plong\u00e9 en apn\u00e9e dans un roman. Aujourd\u2019hui, donc, je me suis d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 la loi martiale. Interdiction de quitter ma chaise, obligation d\u2019\u00e9crire une certaine quantit\u00e9 de texte en un temps imparti, toutes sortes de recettes que j\u2019appliquais volontiers autrefois. Ce qui rend heureux, c\u2019est le labeur d\u2019un roman pour lequel on a l\u2019impression de se faire violence, l\u2019\u0153il riv\u00e9 \u00e0 la page blanche, aux notes, aux textes pr\u00e9c\u00e9dents, au r\u00e9sultat concret. Autrement dit, que l\u2019imagination permette toujours de fuir ce monde-ci pour entrer dans l\u2019autre, merveilleux, du roman.&nbsp;\u00bb \u2014 (Orhan Pamuk, Souvenirs des montagnes au loin)<br>Alors, imaginez, quand on n\u2019est pas romancier\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>f<\/em> 5&nbsp;: <em>un livre dont l\u2019histoire a commenc\u00e9 avant vous ou qui d\u00e9j\u00e0 continue sa vie apr\u00e8s vous [\u2026] d\u2019accord, mais venant d\u2019o\u00f9, de quelle couleur, et avec qui dedans&nbsp;?<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-7d9dbe391f5cd364a5ead03e44e4d35a wp-block-paragraph\"><strong>24042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>D\u00e9ch\u00e8terie <\/em>ou <em>d\u00e9chetterie<\/em>&nbsp;? \u2014 Grand m\u00e9nage de printemps dans le garage. Il y avait beaucoup de cartons \u00e0 jeter, des objets et des mati\u00e8res diverses dans la benne \u00ab\u00a0tout venant\u00a0\u00bb, des piles, quelques pots de peinture et flacons de produits toxiques, un peu de polystyr\u00e8ne, deux cartouches d\u2019imprimantes et un clavier sans touches. Au dernier virage, je m\u2019aper\u00e7ois que le nouveau panneau indiquant la <em>d\u00e9ch\u00e8terie<\/em> a chang\u00e9 l\u2019orthographe du mot. Pourquoi&nbsp;? Sur Internet, l\u2019orthographe est double&nbsp;: tant\u00f4t avec redoublement du <em>t<\/em> et sans accent, tant\u00f4t avec accent grave et un seul <em>t<\/em>. Mais le site principal c\u2019est Horaires D\u00e9chetteries. En route, les panneaux du r\u00e9seau d\u2019ici indiquaient surtout <em>d\u00e9chetterie<\/em>. Ailleurs, les r\u00e9seaux proches \u2014 sur la route de la structure o\u00f9 je travaille \u2014 utilisent l\u2019autre orthographe. Dans le <em>Grand Robert<\/em>, je trouve <em>d\u00e9chetterie<\/em>. Mais le logiciel date un peu, et je m\u2019aper\u00e7ois que le <em>Petit Robert<\/em> en ligne, tout comme le <em>Larousse<\/em>, accepte aujourd\u2019hui les deux orthographes (et sur Wikip\u00e9dia, on parle aussi de <em>recyparc<\/em>, <em>\u00e9cocentre<\/em> ou <em>\u00e9copoint<\/em>). Soit. Mais si les deux orthographes sont correctes, comment expliquer qu\u2019on en change&nbsp;? Il s\u2019agit d\u2019une homog\u00e9n\u00e9isation de la signalisation routi\u00e8re&nbsp;? Ou bien l\u2019une, peut-\u00eatre plus phon\u00e9tique, est en train de prendre le pas sur l\u2019autre&nbsp;? Et pourquoi, moi, je pr\u00e9f\u00e8re l\u2019autre, \u00e0 consonne double&nbsp;? C\u2019est mon c\u00f4t\u00e9 scribe moyen\u00e2geux&nbsp;? Un penchant pour la discussion byzantine&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Ces notes <s>ont \u00e9t\u00e9<\/s> d\u00e9connect\u00e9es<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 quoi peut bien servir un index&nbsp;? La fonction est d\u2019abord r\u00e9f\u00e9rentielle. Mon <em>Grand Robert<\/em> indique&nbsp;: \u00ab&nbsp;Table alphab\u00e9tique des mots, des termes correspondant aux sujets trait\u00e9s, des noms cit\u00e9s dans un livre\u2026, accompagn\u00e9s des r\u00e9f\u00e9rences permettant de les retrouver.&nbsp;\u00bb Mais, d\u00e9tach\u00e9 de ses r\u00e9f\u00e9rences, que devient un index isol\u00e9&nbsp;? une simple liste&nbsp;? ne peut-on pas le concevoir, le lire, comme un texte \u00e0 part enti\u00e8re&nbsp;? comme une forme de langage non plus annexe, accessoire, mais essentielle&nbsp;? valant par elle-m\u00eame, pour elle-m\u00eame peut-\u00eatre&nbsp;? mais pas seulement, peut-\u00eatre aussi par et pour quelque chose d\u2019autre&nbsp;? pour ce \u00e0 quoi elle se r\u00e9f\u00e8re, mais quoi au juste&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La lecture de R\u00e9gine Detambel redynamise un peu mes s\u00e9ances de formation avec les stagiaires. Je me suis essay\u00e9 lundi \u00e0 de la lecture \u00e0 voix haute&nbsp;: la lecture m\u00eame de <em>Lire pour relier<\/em>, dans une sorte de performance o\u00f9 <em>faire<\/em> (lire \u00e0 haute voix) <em>c\u2019est dire<\/em> (parler de la lecture \u00e0 voix haute). Un extrait \u00e0 valeur de d\u00e9fense et illustration, afin que chacune puisse lire \u00e0 son tour un texte de son choix. \u2014 Un choix orient\u00e9 et improvis\u00e9. Comme il n\u2019y a pas v\u00e9ritablement de livre dans la structure (ni roman, ni essai, ni recueil po\u00e9tique, je me suis appuy\u00e9 sur une poign\u00e9e de blogs et de sites Internet&nbsp;: <em>Madeleine Project<\/em> de Clara Beaudoux, <em>La Grange<\/em> de Karl, <em>Dreamlands<\/em> d\u2019Olivier Hodasava, <em>L\u2019Autofictif<\/em> d\u2019\u00c9ric Chevillard et <em>Poetica<\/em> pour Baudelaire et compagnie.<br>(Claire, l\u2019Anglaise nouvellement entr\u00e9e dans la structure, s\u2019est essay\u00e9e \u00e0 la lecture d\u2019<em>\u00c0 une passante<\/em>. Apr\u00e8s quoi, nous avons \u00e9cout\u00e9 les versions classique de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=CpIKEW7PWrU\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">L\u00e9o Ferr\u00e9<\/a> et pop de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=OoOVhEYV2Zg\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Fr\u00e0n\u00e7ois Atlas<\/a>.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-3e8baf72e8c175a6556893229c295152 wp-block-paragraph\"><strong>23042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est fou le temps qu\u2019on peut passer pour mettre \u00e0 jour son CV. Int\u00e9grer quelques lignes pour la formation Voltaire, le score et le logo dans la cat\u00e9gorie Langues (avec l\u2019anglais et l\u2019italien \u2014 que je lis d\u2019autant mieux aujourd\u2019hui que l\u2019extension Deepl n\u2019est jamais tr\u00e8s loin, Wordreference et Reverso au besoin, ou le traducteur du navigateur pour aller vite\u2026 mais quant \u00e0 pratiquer ces langues\u2026). Et c\u2019est toute la mise en page qui a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e&nbsp;: les interlignes, l\u2019espacement avant et apr\u00e8s des paragraphes, la taille de la police ici et l\u00e0, les couleurs, les zones de textes, les trames de fond, les remplissages, les bordures adoucies \u00e0 tant de points, aligner, centrer, couper-coller, supprimer, t\u00e9l\u00e9charger d\u2019autres ic\u00f4nes de t\u00e9l\u00e9phone, de courrier, d\u2019email, changer le format de forme, placer, ajuster, modifier les couleurs, les dates en marge, d\u2019autres dans la zone de texte, travaux et publications regroup\u00e9s, et c\u2019est quoi en fait la temporalit\u00e9 d\u2019un <em>curriculum<\/em>&nbsp;?<br>Des heures \u00e0 retravailler une feuille alors je ne compte pas l\u2019envoyer \u00e0 qui que ce soit. \u00c0 moins qu\u2019en le retravaillant \u00e0 vide, je l\u2019envoie d\u2019une certaine mani\u00e8re, et donc aussi&nbsp;: je pars de la structure. Je me l\u2019envoie \u00e0 moi-m\u00eame. Des heures \u00e0 retravailler une feuille, recto et verso, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un vrai texte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Avec tout \u00e7a, j\u2019ai failli oublier mon rendez-vous au Domaine des Foss\u00e9s. J\u2019\u00e9tais encore en pyjama quand je me suis aper\u00e7u que j\u2019avais dix minutes pour m\u2019habiller et y aller. Tant pis pour la douche.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-8a4b430a28e6575cb6ad74f4fe0e7c6b wp-block-paragraph\"><strong>22042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout le chapitre de R\u00e9gine Detambel sur \u00ab&nbsp;la page comme pansement&nbsp;\u00bb devrait \u00eatre cit\u00e9 pour illustrer le quatri\u00e8me exercice de <em>f<\/em> sur les Nouvelles. Je m\u2019en tiendrai seulement \u00e0 cette note sur cette pratique qui m\u2019est famili\u00e8re, m\u00eame si plut\u00f4t discr\u00e8te&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Les lecteurs et lectrices qui griffonnent dans la marge de leurs livres pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s mettent toutes les chances de leur c\u00f4t\u00e9&nbsp;: d\u2019abord ils entament un conciliabule avec l\u2019auteur par un partage imm\u00e9diat de leurs r\u00e9actions, ensuite ils jouent \u00e0 des jeux de r\u00f4le avec les personnages, enfin ils reportent dans ces marges les \u00e9l\u00e9ments de leur monologue int\u00e9rieur, s\u2019offrant ainsi un lieu d\u2019expression privil\u00e9gi\u00e9. \u00c9crire, m\u00eame seulement dans les marges, peut amener un moment d\u2019apaisement, une v\u00e9ritable oasis de bien-\u00eatre, qui d\u00e9noue les tensions.<br>Comment expliquer cela&nbsp;?<br>Parce que griffonner m\u00eame seulement quelques mots est d\u00e9j\u00e0 un acte cr\u00e9atif. Il y va de notre volont\u00e9, nous faisons des choix, nous d\u00e9cidons. Nous glissons tout notre corps entre les lignes, ce qui arr\u00eate le d\u00e9filement des id\u00e9es noires et nous fait prendre conscience de notre unit\u00e9, pour \u00eatre pr\u00e9sents ici et maintenant. Et puis griffonner \u00e0 m\u00eame la page lue est aussi une mani\u00e8re de d\u00e9sacraliser le livre et de refuser sa domination unilat\u00e9rale. Il s\u2019agit de se d\u00e9gager de l\u2019emprise de l\u2019auteur pour revenir \u00e0 soi. Pour inventer \u00e0 sa mani\u00e8re. Pour c\u00e9l\u00e9brer ses propres perceptions, ses sensations, ses exp\u00e9riences.<br>Livre, je te gribouille pour te montrer que j\u2019existe&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, \u00c9milie est pass\u00e9e \u00e0 la structure. Elle est venue signer la fin de sa formation, et dire au revoir en nous offrant un dessin au pastel sur une feuille de papier \u00e9paisse carr\u00e9e. Elle a choisi le motif et les couleurs en fonction de qui allait le recevoir. Pour moi, il s\u2019agit d\u2019un paysage de montagnes et de nuages en nuances de gris. Sur un pic, un personnage de dos, \u00e0 longue chevelure noire dans le vent, drap\u00e9 de rouge, observe sur l\u2019horizon nuageux un soleil non moins rouge. Qui se couche, ou se l\u00e8ve&nbsp;?<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-be9a15122e53ea26fcb705669281494a wp-block-paragraph\"><strong>21042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Un Tonnerre d\u2019appauvrissements&nbsp;<\/em>: ce serait un second recueil de fables antisociales. \u2014 Je m\u2019\u00e9tonne qu\u2019il n\u2019existe pas encore de site sur Internet appel\u00e9 Sentiers de la Terre. En revanche, il existe un parcours de randonn\u00e9e, dans le parc national du Gros-Morne sur l\u2019\u00eele de Terre-Neuve, baptis\u00e9 Sentier de la Terre d\u00e9nud\u00e9e. Sur <a href=\"https:\/\/www.alltrails.com\/fr\/randonnee\/canada\/newfoundland-and-labrador\/tablelands-trail\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Alltrails<\/a>, on lit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un \u00ab&nbsp;sentier d\u2019interpr\u00e9tation&nbsp;\u00bb, que la terre est dite d\u00e9nud\u00e9e du fait de son soul\u00e8vement \u00ab&nbsp;lorsque les continents sont entr\u00e9s en collision&nbsp;\u00bb au moment de la cr\u00e9ation \u00ab&nbsp;du supercontinent appel\u00e9 la Pang\u00e9e&nbsp;\u00bb (lit-on <a href=\"https:\/\/parcs.canada.ca\/pn-np\/nl\/grosmorne\/activ\/experiences\/tablelands\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ailleurs<\/a>), du fait aussi de la composition de la terre, \u00ab&nbsp;la roche est pleine de m\u00e9taux toxiques&nbsp;\u00bb, rien ne pousse, \u00ab&nbsp;il n\u2019y a pas d\u2019ombre le long de ce sentier&nbsp;\u00bb, et l\u2019on marche ainsi dans \u00ab&nbsp;un paysage orang\u00e9 surr\u00e9el, d\u00e9pourvu de v\u00e9g\u00e9tation \u2014 l&rsquo;\u00e2me profonde de la Terre&nbsp;\u00bb, mais dans une vaste zone \u00ab&nbsp;similaire \u00e0 la surface de Mars&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Cette note a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelque chose me travaille aussi avec cette niche \u00e0 photos, dans le buffet chez Lulu, et les albums photos dans un placard de la chambre. Et le petit Marcel n\u2019est pas bien loin. Mais ce n\u2019est pas m\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9gine Detambel&nbsp;: \u00ab&nbsp;Parfois, le fait de donner une signification \u00e0 ce qu\u2019on lit est accessoire. C\u2019est l\u2019infusion qu\u2019on recherche, la fusion avec les signes sur la page, l\u2019imbibition par le texte, non sa compr\u00e9hension. La question du sens est alors secondaire. Tout le plaisir est l\u00e0. Et le vertige.&nbsp;\u00bb \u2014 Je crois qu\u2019il en va de cette fusion textuelle, dans la lecture, de la m\u00eame fa\u00e7on avec l\u2019\u00e9criture. Parfois, on voudrait \u00e9crire, mais quoi&nbsp;? Ce ne sont pas les sujets qui manquent, m\u00eame les plus insignifiants en apparence, et pourtant, rien qui vienne, rien qui parle. Et pourtant, le d\u00e9sir est l\u00e0, d\u2019\u00e9crire pour rien. Du signifiant sans signifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo4.2\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le premier soir, j\u2019ai d\u00fb lire les premi\u00e8res pages du livre dans la chambre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ME. Comme j\u2019\u00e9tais fatigu\u00e9, je n\u2019ai pas lu longtemps. J\u2019ai retourn\u00e9 le livre ouvert pour ne pas perdre la page et l\u2019ai gliss\u00e9 dans la niche lat\u00e9rale de la t\u00eate de lit. Et j\u2019ai d\u00fb relire les m\u00eames pages le lendemain matin.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (Il y avait aussi, en \u00e9pigraphe, le th\u00e9or\u00e8me de Pythagore&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le carr\u00e9 de l\u2019hypot\u00e9nuse est \u00e9gal \u00e0 la somme des carr\u00e9s des deux autres c\u00f4t\u00e9s.&nbsp;\u00bb Que venait faire l\u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie&nbsp;? Pour la traduction en termes simples, clairs, des relations complexes et abstraites de l\u2019espace et des nombres&nbsp;? Pour une phrase parfaite&nbsp;?)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le livre, je l\u2019ai aussi utilis\u00e9 dans la petite cuisine de l\u2019appartement. Assis sur un tabouret en bois, l\u2019ordinateur ouvert sur une petite table ovale en faux marbre, un peu g\u00ean\u00e9 par le plateau de petit-d\u00e9jeuner (avec sachet de biscottes, brioche, des Petit Prince au chocolat, paquet de sucre en poudre) et un vase vide, je me suis aid\u00e9 du bloc 13 du chapitre Hypot\u00e9nuse pour mes notes sur le match de foot entre le Bar\u00e7a et le PSG vu dans un bar \u00e0 Irun.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rideau ouvert, c\u2019\u00e9tait lecture avec vue sur la Bidassoa, la montagne et la Rhune au loin quand ce n\u2019\u00e9tait pas couvert. Mais c\u2019\u00e9tait toujours couvert le matin. Il y a aussi la route et le grand parking d\u2019une entreprise, o\u00f9 l\u2019on a fait un exercice de s\u00e9curit\u00e9 avec alarme, descente par les escaliers, et regroupement au fond du parking. Sans se presser.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; S\u2019il avait fait beau, si on y \u00e9tait all\u00e9s, j\u2019aurais pu lire <em>La Salle de bain<\/em> \u00e0 la plage, le soleil sur l\u2019\u00e9chine, la mer \u00e0 mes pieds, et le ciel sur la t\u00eate, de temps \u00e0 autre, quand un avion d\u00e9colle.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nouvelle s\u00e9quence m\u00e9canique |<br>Apr\u00e8s le d\u00e9marreur de la voiture, le c\u00e2ble de traction de la tondeuse a l\u00e2ch\u00e9. C\u2019est moins g\u00eanant puisqu\u2019on peut encore tondre, mais il faut pousser et la machine n\u2019est pas l\u00e9g\u00e8re et d\u2019autant moins maniable que les \u00e9l\u00e9ments de la poign\u00e9e branlent et grincent \u2014 c\u2019est qu\u2019elle va sur ses vingt ans. Le probl\u00e8me venait du ressort li\u00e9 au levier de la courroie, sous le carter&nbsp;: son coude a c\u00e9d\u00e9&nbsp;; le c\u00e2ble fix\u00e9 a l\u00e2ch\u00e9&nbsp;; la poign\u00e9e de traction est rest\u00e9e sans force. Vu les prix d\u00e9fiant l\u2019achat pratiqu\u00e9s sur Internet pour ce genre de pi\u00e8ce d\u00e9tach\u00e9e, j\u2019ai r\u00e9par\u00e9 le ressort cass\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de deux pinces&nbsp;: une pour maintenir le ressort, l\u2019autre pour en plier le bout et cr\u00e9er un nouveau coude, en n\u2019oubliant pas de distendre un peu le bout du ressort, sinon, la tondeuse avance toute seule d\u00e8s le d\u00e9marrage et ne s\u2019arr\u00eate plus \u2014 la chose pouvant \u00eatre particuli\u00e8rement dommageable en ce mois d\u2019avril quand on essaie de sauver le plus possible les orchid\u00e9es sauvages. On enfile le coude dans le trou du levier, on d\u00e9marre pour voir comment se comporte la machine, et on remonte le carter quand tout est bien qui finit bien.<br>(Je devrais plut\u00f4t me filmer pour mettre en ligne un tuto sur YouTube.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-04d1d3e567b7f91679b0aebaee032acf wp-block-paragraph\"><strong>20042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une s\u00e9ance d\u2019\u00e9tiopathie se d\u00e9roule en deux temps (discontinus). Le premier, du bout des doigts le long de la colonne vert\u00e9brale, \u00e0 palper, appuyer, faire glisser pour suivre la ligne int\u00e9rieure du cou jusqu\u2019aux reins. Le second pour attraper le cou, manipuler la t\u00eate en tous sens, tirer d\u2019un c\u00f4t\u00e9, tordre, une fois, deux fois, remettre dans l\u2019axe, <em>Rel\u00e2chez bien\u2026<\/em> retordre en deux trois coups plus secs, en fermant les yeux pour s\u2019oublier. <em>Soufflez\u2026<\/em>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Mais est-ce vraiment si \u00e9trange qu\u2019une personne ach\u00e8te des livres sans avoir le temps ou la volont\u00e9 de les lire&nbsp;? En fait, notre rapport \u00e0 ces objets mythiques passe par des voies infiniment plus subtiles que la simple relation de cause \u00e0 effet qui voudrait que les livres ne soient faits que pour \u00eatre lus\u2026<br>Car il peut arriver de souhaiter seulement s\u2019abriter entre leurs pages, sous leur couverture, derri\u00e8re la muraille de leurs piles. Au fond, on ach\u00e8te aussi un livre pour tenir un objet contre soi, pour se r\u00e9conforter au contact de cette chose pr\u00e9cieuse, qui a une odeur, une chaleur, des couleurs\u2026 Un livre est un doudou qui peut nous offrir rien moins que la catharsis.&nbsp;\u00bb \u2014 (R\u00e9gine Detambel, <em>Lire pour relier<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Sur le Sentier de la Terre<\/em>&nbsp;: ce pourrait \u00eatre un joli titre pour un recueil de fables modernes, mi-\u00e9cologiques, mi-politiques, fonci\u00e8rement sociales, pratiques et radicalement po\u00e9tiques. Je ne sais pas quelle serait la premi\u00e8re fable. Mais il y en aurait une m\u00e9chante, une histoire de vieille tondeuse quasiment aveugle, d\u2019herbes folles terribles pour la faire caler et d\u2019orchid\u00e9es sauvages d\u00e9capit\u00e9es. Quel est l\u2019\u00e9quivalent de sanglant avec la s\u00e8ve&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour l\u2019instant, je me contenterai du livre des vacances. Les souvenir sont tout frais.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo4.1\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Mon dernier livre, c\u2019est <em>La Salle de bain<\/em>. Je l\u2019ai lu principalement dans le salon de l\u2019appartement d\u2019Hendaye. Dans le petit canap\u00e9 gris et son plaid \u00e0 carreaux en nuances de gris, assis en tailleur, avec un coussin sur les genoux et le livre dessus. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La version poche est tr\u00e8s sobre, avec sa couverture blanche et une image en noir et blanc tir\u00e9e de l\u2019adaptation filmique de John Lvoff&nbsp;: une moiti\u00e9 de baignoire sur pieds, la t\u00eate de Tom Novembre assis dedans. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il \u00e9tait tard quand je me mettais \u00e0 lire. J\u2019\u00e9tais tout seul, les autres \u00e9taient partis se coucher. Je baissais l\u2019intensit\u00e9 de la lumi\u00e8re avec le variateur, mais pourquoi&nbsp;? Pour ne pas d\u00e9ranger les autres dans les chambres&nbsp;? Ou pour adapter le lieu \u00e0 l\u2019espace de la lecture, quand on n\u2019y voit pas bien&nbsp;? Et quand \u00e7a peut s\u2019\u00e9claircir \u00e0 tout moment&nbsp;? C\u2019est \u00e7a&nbsp;: pour ne pas g\u00eaner les lueurs du livre&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quand les fourmis commencent \u00e0 se faire sentir, je place le coussin sur l\u2019accoudoir, \u00e0 gauche, me cale du mieux que je peux contre lui en repliant mes jambes vers la droite, le livre sur le bout de l\u2019accoudoir. Mais je reprends toujours la position tailleur, apr\u00e8s m\u2019\u00eatre d\u00e9gourdi les jambes en allant boire un verre d\u2019eau par exemple, ou en pr\u00e9parant le caf\u00e9 pour le lendemain matin. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019avais pas de marque-pages, d\u2019abord. Au retour de la sortie \u00e0 San-S\u00e9bastien, un ticket de Topo blanc estampill\u00e9 Euskotren, et sa ligne bleue sinueuse, a fait l\u2019affaire. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (Je me souviens que le livre ne m\u2019avait presque rien co\u00fbt\u00e9. C\u2019\u00e9tait un jour de braderie dans le l\u2019Espace Culturel de Barbezieux, il se trouvait dans le bac des livres invendables. Le nom de l\u2019auteur m\u2019a tout de suite interpel\u00e9. Et puis, en feuilletant, les blocs-paragraphes num\u00e9rot\u00e9s.) &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quand je vais me coucher, je referme le livre et le pose sur la table devant, \u00e0 nappe synth\u00e9tique blanche et lignes bleues, sur l\u2019ordinateur ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du portefeuille, des clefs. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je lisais le soir, et un peu le matin apr\u00e8s le caf\u00e9. Une fois avant, le matin o\u00f9 la nuit a \u00e9t\u00e9 \u00e9court\u00e9e, dans la lueur bleut\u00e9e du rideau, la larme \u00e0 l\u2019\u0153il hagard.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#1999d11c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-b93c2eef531fe49573b3aa4f62c6ad1b wp-block-paragraph\"><strong>19042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Suite d\u2019<em>Into the abyss<\/em>, de Werner Herzog&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Un homme en chemise bleue, dans un salon faiblement \u00e9clair\u00e9. Une chemin\u00e9e en arri\u00e8re-plan, des ouvertures donnant sur un jardin. Des stores strient les vitres.<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00c0 16 h, un type va venir prendre vos empreintes. Peu apr\u00e8s, vous aurez le droit de prendre une douche, et ensuite vous vous habillerez en habits normaux. Des habits comme vous et moi, on met. Vers 17 ou 18 h, ils apporteront ce que vous avez demand\u00e9 pour votre dernier repas, vous vous assi\u00e9rez et mangerez. Si vous voulez quelque chose, vous pouvez le demander. Si vous voulez encore du jus de fruits, ou autre chose, demandez-moi. Parfois, on a de dr\u00f4les de demandes. Tant que c\u2019est faisable, je le fais.<\/li>\n\n\n\n<li><em>Donnez-moi un exemple de ces demandes.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li>Une fois, un type m\u2019a dit qu\u2019il aimerait bien fumer un joint. Mais \u00e7a, c\u2019est pas possible. | Le type qui a la clef ouvre la porte. Il ouvre en grand. Il y a un gardien derri\u00e8re lui et un derri\u00e8re moi. Quand il a ouvert la porte, il me suit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Les gardiens entrent juste derri\u00e8re lui. il y a deux gardiens devant le prisonnier et trois derri\u00e8re. Je lui dis de sauter sur le lit\u2026<\/li>\n\n\n\n<li><em>C\u2019est juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la cellule&nbsp;?<\/em><\/li>\n\n\n\n<li>Il n\u2019y a pas plus de dix pas \u00e0 faire, et encore. Je me mets de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du lit, je m\u2019occupe de la jambe gauche. D\u00e8s qu\u2019il est allong\u00e9, je m\u2019occupe de la jambe gauche, le gardien devant moi de la droite. Sur les trois entr\u00e9s en dernier, un gardien s\u2019occupe du bras droit, l\u2019autre, du bras gauche, et le troisi\u00e8me est l\u00e0 pour s\u2019assurer qu\u2019une fois allong\u00e9 le prisonnier\u2026 n\u2019essaie pas de se relever. Il doit lui tenir les \u00e9paules sur le lit. Une fois qu\u2019on y est, on y est. Comme on est quatre, on met environ 15 secondes pour le sangler. C\u2019est rapide, parce qu\u2019on sait o\u00f9 sont les sangles et ce qu\u2019on doit faire. Le temps. Le processus. On a \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9s pour \u00e7a. C\u2019est la derni\u00e8re fois que je le vois avec les yeux ouverts.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et je d\u00e9couvre seulement maintenant le quatri\u00e8me exercice <em>sur comment la m\u00e9moire du livre lu c\u2019est aussi celles des conditions mat\u00e9rielles de cette lecture<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019\u00e9tais en vacances quand j\u2019ai re\u00e7u ma note Voltaire, pr\u00e8s d\u2019un mois apr\u00e8s l\u2019\u00e9preuve, quand m\u00eame, alors que la feuille aux cases noircies est faite pour \u00eatre scann\u00e9e et lue en un clin d\u2019\u0153il. \u2014 \u00c9trange chose, de v\u00e9rifier les comp\u00e9tences linguistiques en retrouvant, \u00e0 travers un ensemble de phrases simples en g\u00e9n\u00e9ral, ind\u00e9pendantes les unes des autres (ou alors, le texte a \u00e9t\u00e9 d\u00e9construit), le \u00ab\u00a0code erreur\u00a0\u00bb sous un format binaire de cases blanches et de cases noircies, dans une s\u00e9rie de colonnes donnant \u00e0 la feuille un air de partition musicale (du genre papier perfor\u00e9 pour orgue de Barbarie), ind\u00e9chiffrable.<br>(Encore que&nbsp;: il suffirait d\u2019aligner les colonnes pour voir qu\u2019il n\u2019y a, en fait, qu\u2019une seule et m\u00eame note r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des centaines de fois. Je pourrais peut-\u00eatre la jouer sans trop de difficult\u00e9 au pipeau. Il suffit simplement de faire attention \u00e0 la longueur du vide entre la note et ses doubles.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-aabca99220e6af40eb58f3ddbbe6e2b5 wp-block-paragraph\"><strong>18042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai termin\u00e9 la lecture de <em>La Salle de bain<\/em>, de Jean-Philippe Toussaint, emport\u00e9 pour le s\u00e9jour. Quel personnage est le plus \u00e0 la d\u00e9rive&nbsp;? Le narrateur, install\u00e9 dans la salle de bain chez son amie Edmondsson, avant de partir pour Venise sans bagage&nbsp;? Elle, qui le rejoint l\u00e0-bas je ne sais combien de temps d\u00e8s qu\u2019il l\u2019appelle, avant de repartir \u00e0 Paris apr\u00e8s un coup de fl\u00e9chette sur le front&nbsp;? Ou le m\u00e9decin qui fr\u00e9quente le narrateur, install\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour une sinusite, et l\u2019invite \u00e0 d\u00eener, \u00e0 jouer au tennis&nbsp;? Ou l\u2019auteur, qui \u00e9crit \u00e0 coup de blocs-paragraphes num\u00e9rot\u00e9s, pour une histoire fonci\u00e8rement fragmentaire, plus ou moins saccad\u00e9e&nbsp;?<br>(J\u2019avais aussi emport\u00e9 <em>Lire pour relier<\/em>, mais je ne l\u2019ai pas ouvert.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a encore plu ce matin, le ciel est charg\u00e9 et il fait frais.<br>Derni\u00e8re journ\u00e9e, on en profite pour faire quelques courses dans la venta Peio de la fronti\u00e8re et dans le Mendibil d\u2019Irun. Je ne vais pas dans le magasin de v\u00eatement. Je reste devant, \u00e0 regarder les gens entrer, sortir, passer. Et la petite fille qui s\u2019installe dans une petite voiture man\u00e8ge, descend, monte sur le capot, fait le tour, court vers les tirettes, revient \u00e0 la voiture, se cache derri\u00e8re le pilier en entendant sa m\u00e8re assise contre la vitrine, l\u2019air f\u00e2ch\u00e9e, parle \u00e0 la petite fille dans le miroir qui lui tend la main, lui tire la langue et court rejoindre sa m\u00e8re qui a hauss\u00e9 le ton.<br>Le restaurant o\u00f9 nous voulons d\u00e9jeuner avant de partir est ferm\u00e9&nbsp;: <em>completo<\/em>, \u00e0 cause de <em>la feria profesional de la industria de la movilidad sostenible<\/em> dans le parc des expositions \u00e0 c\u00f4t\u00e9. On rentre \u00e0 l\u2019appartement manger des p\u00e2tes. On s\u2019en va.<br>Il a fait beau tout le trajet du retour.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-497475279b18424908ff90d6a22ed246 wp-block-paragraph\"><strong>17042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Grisaille et pluie. Le ciel a fini par se d\u00e9gager en fin de matin\u00e9e. Nous sommes all\u00e9s \u00e0 la chapelle San-Martial visible depuis l\u2019appartement, dans la montagne. Une b\u00e2tisse blanche dans la for\u00eat. De l\u00e0-haut, vue sur Irun et Hendaye, Fontarabie et la montagne, la Rhune et la c\u00f4te d\u00e9gag\u00e9e, l\u2019oc\u00e9an, le port et l\u2019a\u00e9roport. Les m\u00e9andres de la Bidassoa. Au pied de la chapelle, la table d\u2019orientation est une plaque de m\u00e9tal argent\u00e9 pour un paysage grav\u00e9 comme une esquisse \u00e9pur\u00e9e.<br>L\u2019apr\u00e8s-midi, promenade au phare de Fontarabie. Nous avons emprunt\u00e9 le m\u00eame sentier bois\u00e9, sinueux et pentu, aux parois rocheuses orang\u00e9es, trou\u00e9es, couvertes souvent d\u2019un tapis v\u00e9g\u00e9tal, qu\u2019il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, et nous avons retrouv\u00e9 la crique, et sa petite plage de gros galets couverts de mousses \u00e0 l\u2019odeur de fra\u00eechin, o\u00f9 nous nous \u00e9tions baign\u00e9s. C\u2019\u00e9tait, alors, l\u2019\u00e9t\u00e9. Il ne devait pas y avoir toutes ces petites fleurs printani\u00e8res \u00e0 trois, quatre ou cinq p\u00e9tales, blanches, ros\u00e9es et bleut\u00e9es, mauves, jaunes, bleues, en forme de boutons, de coupes, de trompettes, d\u2019\u00e9toiles, de v\u00e9nus (orchid\u00e9es sauvages), par grappes dans je ne sais quel arbre, des bouquets dans je ne sais quel autre, \u00e0 feuillage persistant. Ni ces parfums doux, sucr\u00e9s, de miel, et quelque chose de poivr\u00e9 ici ou l\u00e0 (et vici\u00e9, de ferment acide, en croisant un coureur). \u2014 Sur une langue rocheuse s\u2019enfon\u00e7ant dans les vagues qui la battaient, un p\u00eacheur aussi visible qu\u2019une ombre. Par o\u00f9 est-il pass\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(En vacances, le cycle du sommeil est syst\u00e9matiquement contrari\u00e9 (celui de la digestion est perturb\u00e9, encombr\u00e9). Comment faire que l\u2019esp\u00e8ce d\u2019\u00e9veil paradoxal qu\u2019est l\u2019heure insomniaque (irr\u00e9ductible) corresponde, par \u00e9cho, au sommeil paradoxal, de sorte que la nuit blanche prolonge le r\u00eave ou le cauchemar r\u00e9parateur interrompu&nbsp;? \u2014 D\u2019origine gauloise, le bas latin <em>combrus<\/em> d\u00e9signe des \u00ab\u00a0abattis d\u2019arbres\u00a0\u00bb.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-f37bb653865782b045af17adae73b67e wp-block-paragraph\"><strong>16042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sortie avec les amis \u00e0 San-S\u00e9bastien.<br>Nous avons retrouv\u00e9 le bar \u00e0 tapas, dans le vieux quartier, o\u00f9 nous \u00e9tions venus il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, le Basztan, et nous nous sommes install\u00e9s pour commander une trentaine de pintxos en tous genres et quelques verres.<br>Avant, un long aller-retour sur le front de la baie pour aller voir, tout au bout de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les <em>Peignes du vent<\/em> de Chillida&nbsp;: de grosses barres de m\u00e9tal rouille fich\u00e9es dans des rochers et tordues, formant des boucles pour un jeu de roche, d\u2019eau, de fer et de vent. Sur l\u2019esplanade, quelques trous dans lesquels remontait l\u2019air en gueulant.<br>Nous ne sommes pas mont\u00e9s au pied de la Vierge, mais nous avons fait le tour de l\u2019\u00e9cueil, le long de l\u2019oc\u00e9an. Les vagues s\u2019\u00e9crasaient sur la digue, et au pied du front de mer, contre des tas de blocs de roche marbr\u00e9e, fendue, cubiques.<br>Une jeune maman a demand\u00e9 qu\u2019on la prenne en photo avec son fils et son chien, l\u2019oc\u00e9an et les nuages gris m\u00eal\u00e9s pour fond.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Paris-Saint-Germain affrontait le FC Barcelone en quart de finale retour de la Champions Cup. Le match avait lieu au Camp Nou. Pour nous, \u00e0 Irun, dans l\u2019Eguzki Bar. Un bar tout en longueur, avec un grand \u00e9cran \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, un petit au fond de la salle et un autre en vitrine pour les deux p\u00e9quins sirotant leurs bi\u00e8res sur le trottoir. Ils restaient des places assises, mais toutes les tables \u00e9taient prises et la fa\u00e7on de se vautrer dans la chaise un peu en arri\u00e8re, le coude sur l\u2019autre \u00e0 c\u00f4t\u00e9, vide, comme \u00e0 la maison le bras sur l\u2019accoudoir du canap\u00e9, signalait bien que tout \u00e9tait pris. On est rest\u00e9s debout au bar (\u00e7a faisait bien longtemps), \u00e0 regarder le match en se tournant le dos et en laissant le verre se r\u00e9chauffer durant une bonne heure. Avec le bonheur, justement, de voir l\u2019\u00e9quipe fran\u00e7aise renverser la situation. Men\u00e9 d\u00e9j\u00e0 d\u2019un but quand nous sommes arriv\u00e9s (de deux, en comptant la d\u00e9faite du match aller), les Catalans, vite r\u00e9duits \u00e0 dix par l\u2019arbitre intraitable qui aura sorti pr\u00e8s d\u2019une dizaine de cartons en tout, ont ferm\u00e9 leur jeu pour se replier en d\u00e9fense. Mais les Parisiens, multipliant quelques belles actions, sont revenus au score et ont fini par mener la partie d\u2019un point gr\u00e2ce \u00e0 un p\u00e9nalty. Devant moi, un type, commentant les actions en espagnol avec le barman, et mettant r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 jour une machine de paris pour conna\u00eetre le score de l\u2019autre quart de finale (Dortmund contre l\u2019Athletico Madrid&nbsp;; les Allemands l\u2019ont emport\u00e9 4 \u00e0 2), commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019exciter en parlant dans sa barbe dans un fran\u00e7ais familier sans accent. En terrain espagnol, je m\u2019effor\u00e7ais de garder mon calme. D\u2019autant que les joueurs fran\u00e7ais ont ralenti le rythme du jeu, faisant tourner la balle entre eux sans produire d\u2019actions offensives, contrairement aux Barcelonais oblig\u00e9s d\u2019aller de l\u2019avant, de d\u00e9couvrir leur d\u00e9fense. La seconde moiti\u00e9 de la deuxi\u00e8me mi-temps \u00e9tait anim\u00e9e. La d\u00e9fense parisienne \u00e9tait un peu d\u00e9sordonn\u00e9e, leur gardien italien sollicit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. Lorsque, d\u2019une combinaison de corner \u00e0 deux parisienne, une s\u00e9rie de tirs fa\u00e7on billard permet \u00e0 Mbapp\u00e9 de marquer le but lib\u00e9rateur \u00e0 quelques minutes de la fin du match. Nulle \u00e9motion dans le bar. Sauf le Franco-espagnol qui applaudit, met une derni\u00e8re fois la machine \u00e0 jour, finit son verre d\u2019un trait et s\u2019en va en saluant le barman. Et moi qui ne pus r\u00e9primer un <em>Yes&nbsp;!<\/em> en serrant les poings. <em>Eh\u2026 la cuenta per dos ca\u00f1as et\u2026 dos Kas lemon per favor.<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-344fe9c5740bbef00182d66ff4c2c576 wp-block-paragraph\"><strong>15042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelques jours de vacances \u00e0 Hendaye \u2014 Nous sommes partis hier soir, par un temps superbe et une trentaine de degr\u00e9s. Aujourd\u2019hui, pas plus de quinze, ciel bas et noir. Cela ne nous a pas emp\u00each\u00e9 de randonner dans la montagne, du c\u00f4t\u00e9 du col de Jaizkibel en partant de la chapelle de Guadalupe, par le bois dans une pente escarp\u00e9e. Nous nous sommes retrouv\u00e9s dans le brouillard et la bruine. Vue ni sur la vall\u00e9e de la Bidassoa ni sur l\u2019oc\u00e9an. Sur la piste, nous avons rencontr\u00e9s quelques pottoks, deux tours en ruines et un dolmen fant\u00f4me signal\u00e9 au sol par des balises vertes et une borne pour cartel. \u00c0 un moment donn\u00e9, la couverture nuageuse s\u2019est ouverte et l\u2019oc\u00e9an est apparu. L\u2019horizon semblait haut et les vagues immobiles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La nuit pass\u00e9e, j\u2019ai r\u00eav\u00e9 qu\u2019on me pr\u00e9sentait, je ne sais o\u00f9, un livre souple, sans titre, sans texte, ou quelques rares phrases ici et l\u00e0, qui semblaient faites pour illustrer les images, les paysages en noir et blanc, au d\u00e9tour d\u2019une languette \u00e0 soulever ou d\u00e9plier. On pouvait le lire dans le sens qu\u2019on voulait, de gauche \u00e0 droite, ou de droite \u00e0 gauche. Et bien que rien n\u2019\u00e9tait inscrit sur la couverture, il s\u2019intitulait <em>Comme un oiseau<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Demain, journ\u00e9e \u00e0 San-S\u00e9bastien avec des amis. On ira en Topo.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo3.5\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Je m\u2019dis aussi qu\u2019avec une photo, une vraie, un certain \u00e9quilibre, une certaine justice, serait r\u00e9tabli. Je sais bien qu\u2019y en a pas des photos du petit Marcel, y en a pas. Mais m\u00eame une photo d\u2019aujourd\u2019hui \u00e7a ferait l\u2019affaire. Une photo de l\u00e0 o\u00f9 on l\u2019a enterr\u00e9, dans un caveau de famille \u00e0 Saint-Thomas. Mais lequel&nbsp;? \u00c7a non plus on sait pas vraiment. Ce serait la famille Bossuet, mais y en a quatre des caveaux, et pas un pr\u00e9nom grav\u00e9 dessus&nbsp;! &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le cousin Camille il se trouve l\u00e0, lui aussi. Et il a sa tombe \u00e0 lui tout seul. Deux vieilles plaques grises et fissur\u00e9es, et une petite gerbe florale en c\u00e9ramique. Pourquoi il a pas eu quelque chose comme \u00e7a le petit Marcel&nbsp;? Pourquoi pas une petite tombe \u00e0 lui avec son nom \u00e0 lui&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En tous cas, de l\u00e0 o\u00f9 il se trouve, quelque part non loin du petit cousin, on a une belle vue sur l\u2019estuaire.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-cd816bb73fc0cb8eaf82b15276a9fee8 wp-block-paragraph\"><strong>14042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-medium-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">|| <em>Amazon serendipity<\/em> \u2014 J\u2019\u00e9tais \u00e0 la recherche des \u00e9tag\u00e8res fines Berlin 2010 pour agrandir mon mur de CDs. En faisant d\u00e9filer la page, je suis tomb\u00e9 sur un \u00ab&nbsp;aimant de r\u00e9frig\u00e9rateur Berlin | mur de Berlin avec graffiti | forte tenue&nbsp;\u00bb, repr\u00e9sentant un grand pan du Mur couvert de graffiti color\u00e9s, stylis\u00e9s. Au dos, sur l\u2019\u00e9tiquette prix, on lit ce conseil&nbsp;: \u00ab&nbsp;Keep some souvenirs of your past, or how will ever prove it wasn\u2019t all a dream&nbsp;?&nbsp;\u00bb On trouve aussi le nom de la soci\u00e9t\u00e9 marchande, United1871, et son site Internet renvoyant, en fait, \u00e0 Berlin Souvenirs. On peut acheter des clich\u00e9s en tous genres de la RDA sous forme de porte-clefs, de d\u00e9capsuleur, de magnets, de boules \u00e0 neige\u2026 et quelques fragments du Mur, plus ou moins gros, avec ou sans Trabant. On trouve m\u00eame un \u00e9clat de Mur log\u00e9 dans la capsule des marque-pages. La pr\u00e9sentation de cet objet est ici et l\u00e0 \u00e9difiante&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00ab&nbsp;En direct de la manufacture de Berlin&nbsp;: depuis 1990, la premi\u00e8re manufacture du mur de Berlin fabrique des pi\u00e8ces uniques \u00e0 partir de fragments du mur de Berlin, en travaillant minutieusement \u00e0 la main&nbsp;\u00bb \u2014 comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une entreprise familiale d\u2019artisanat d\u2019art&nbsp;; depuis 1990, on n\u2019a pas ch\u00f4m\u00e9&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab&nbsp;notre manufacture a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9e \u00e0 de nombreuses reprises dans des m\u00e9dias connus tels que Forbes, SPIEGEL Online et Daily Telegraph, entre autres. Nous fournissons des murs de Berlin \u00e0 des mus\u00e9es, des universit\u00e9s, au Bundestag allemand et \u00e0 d&rsquo;autres institutions&nbsp;\u00bb \u2014 le Mur comme patrimoine, au fondement de l\u2019identit\u00e9 nationale rayonnant \u00e0 travers le monde, on comprend mieux le mur entre les USA et le Mexique&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab&nbsp;poss\u00e9dez un morceau de l&rsquo;histoire allemande [\u2026] ou faites-vous plaisir avec ce marque-page particulier [\u2026] parfait comme cadeau sp\u00e9cial ou comme souvenir, ou encore pour les nostalgiques&nbsp;\u00bb \u2014 les nostalgiques\u2026 ceux de la cr\u00e9ation de l\u2019\u00c9tat allemand le 18 janvier 1871, avec la proclamation du II<sup>e<\/sup> Reich dans la galerie des Glaces du ch\u00e2teau de Versailles qui boucle la politique de Bismarck \u00e9nonc\u00e9e le 30 septembre 1862 dans son c\u00e9l\u00e8bre discours o\u00f9 il avance que les grands probl\u00e8mes ne se r\u00e9soudront pas par les discours et les votes, <a href=\"https:\/\/histoire-image.org\/etudes\/bismarck-chancelier-fer\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00ab&nbsp;mais par le fer et le sang&nbsp;\u00bb<\/a>&nbsp;? ||<\/li>\n<\/ul>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div id=\"exo3.4\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">J\u2019suis all\u00e9 chez Lulu l\u2019autre jour, manger. C\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu, mais ce foutu d\u00e9marreur qui tournait dans le vide \u00e7a a pris du temps. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c7a faisait longtemps que j\u2019y \u00e9tais pas all\u00e9. Rien a vraiment chang\u00e9 l\u00e0-bas. Peut-\u00eatre une poign\u00e9e de porte, un carreau, une po\u00eale, une ampoule, un nouveau bibelot. Mon couteau \u00e9tait nouveau, m\u00eame s\u2019il coupait d\u00e9j\u00e0 plus. En tous cas rien a vraiment boug\u00e9 l\u00e0-bas. Tout est \u00e0 la m\u00eame place. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Y a toujours les photos dans la niche du buffet. Ces photos que j\u2019ai toujours connues l\u00e0. La photo de Lulu en belle et jeune mari\u00e9e, celle de son p\u00e8re en infirmier militaire entre deux \u00e2ges. Y a la photo d\u2019Alice dans l\u2019\u00e2ge d\u00e9j\u00e0, et dans je ne sais quel jardin. Elle tourne la t\u00eate, la maladie devait commencer \u00e0 la travailler. Et puis la ribambelle des enfants, des petits-enfants de Lulu et des arri\u00e8res. T\u2019es toujours l\u00e0, avec ta mine de clown. Mais y en a un, je l\u2019connais pas\u2026 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les cons quand m\u00eame&nbsp;! Faut croire qu\u2019il avait fait la premi\u00e8re guerre trop sur le tard, le p\u00e8re Fissou, pour aller jeter les derni\u00e8res grenades sur le front et puis occuper la Rh\u00e9nanie&nbsp;: ils l\u2019ont rappel\u00e9 pour la seconde&nbsp;!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019\u00e9tais l\u00e0, \u00e0 regarder les photos, et surtout les plus anciennes, et j\u2019ai eu cette dr\u00f4le d\u2019id\u00e9e que le noyau de la famille, ici, \u00e9tait dispers\u00e9. C\u2019est vrai&nbsp;: pas une photo avec Lulu et ses parents. M\u00eame eux ils sont pas ensemble, ni sur une photo de groupe, ni dans le temps&nbsp;: lui c\u2019est encore la guerre, repartie comme en quarante&nbsp;! et elle c\u2019\u00e9tait la vieillesse au tournant de la folie, \u00e0 peu pr\u00e8s au moment de ta naissance. Mais j\u2019\u00e9tais l\u00e0 \u00e0 regarder les photos, quand j\u2019ai eu le sentiment qu\u2019il en manquait une. Quand j\u2019ai repens\u00e9 au petit Marcel.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et au petit Camille aussi, le cousin. Tu sais, celui qu\u2019a fait une m\u00e9ningite aigu\u00eb. Lulu avait une douzaine d\u2019ann\u00e9es quand il est mort, en quarante. Lui, il en avait sept. J\u2019sais pas s\u2019il existe une photo de lui et de ses parents, quelque part. \u00c7a m\u2019\u00e9tonnerait.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les photos \u00e0 l\u2019\u00e9poque, surtout dans ce milieu-l\u00e0 de paysans, j\u2019crois que c\u2019\u00e9tait surtout pour la communion. Y en a quelques-unes comme \u00e7a des enfants de Lulu, de la fratrie. Maman avec ses belles anglaises. Mais d\u2019eux tout petits, rien. Pas de photo de Lulu toute petite, alors tu penses pour le cousin\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et pourtant je me dis que pour le petit Marcel, il en manque une. Ou plut\u00f4t, c\u2019est bizarre, c\u2019est comme si elle \u00e9tait l\u00e0 et brillait par son absence. Elle brille du fait que le noyau de la famille tient sous une forme disparate. D\u00e9sarticul\u00e9 dans le temps en plusieurs photos. Bizarre non&nbsp;?<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-8b3e394c1d699cf9738ee49856868eb9 wp-block-paragraph\"><strong>13042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Les livres dits <em>pop-up<\/em>. Une fa\u00e7on de repr\u00e9senter la lecture m\u00eame&nbsp;? Id\u00e9alement, ce sont des bulles iris\u00e9es qui s\u2019envolent des pages avec, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, une sc\u00e8ne de la vie pass\u00e9e, ou imagin\u00e9e, qui se construit en s\u2019\u00e9levant, active comme une machine brinquebalante de Tinguely, \u00e9clate comme un feu d\u2019artifice.)<br>Dans certaines messageries instantan\u00e9es, on lit parfois que <em>Ce message a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9<\/em>. \u00c0 quel moment pourrait-on indiquer, dans un carnet, une chronique, un journal\u2026 que \u00ab&nbsp;ce fragment a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;? Il faudrait qu\u2019il soit \u00e9crit (C.Q.F.D.), et qu\u2019il reste l\u00e0 quelque temps, tel quel, pendant que d\u2019autres notes apparaissent au fil des jours, jusqu\u2019\u00e0 ce que \u2014 allez savoir pourquoi \u2014 on y revienne, qu\u2019on le relise, le modifie, une fois, deux fois, trois \u2014 et puis finalement, non&nbsp;: <em>ce fragment a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9<\/em>. Avant qu\u2019on y revienne, avant de le r\u00e9\u00e9crire \u2014 et ce serait signal\u00e9&nbsp;: <em>ce fragment a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9crit<\/em>&nbsp;?<br>Si l\u2019<em>inventaire de ce qui, dans notre propre histoire, nos propres int\u00e9r\u00eats, est perdu<\/em>, participe de ce que <em>f<\/em> appelle <em>marches d\u2019approche, constitutions de silos, mati\u00e8res narratives rassembl\u00e9es, \u00e9bauche d\u2019un territoire \u00e0 chacune et chacun personnel<\/em>, il ne faut pas oublier que cela <em>inclut aussi des disparitions d\u2019\u00e9crits ou de livres<\/em>, ou de ce qui s\u2019y apparente de pr\u00e8s ou de loin. De l\u00e0, hormis la vieille Fiat, les \u00e9l\u00e9ments de ma premi\u00e8re liste, inachev\u00e9e, correspondent.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo3.3\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">- une photo du petit Marcel (au milieu des petits cadres dans la niche du buffet)<br>- ces fascicules rouges de quelques pages remplies d\u2019images (pour d\u00e9couvrir tel sujet, le nom m\u2019\u00e9chappe)<br>- la maison rue Baudelaire \u00e0 Belleville (au 26, sans conna\u00eetre Baudelaire)<br>- les petits personnages en coquillages de Lulu (dans une enveloppe accompagn\u00e9e d\u2019une lettre)<br>- d\u2019anciens cahiers d\u2019\u00e9colier dans un carton du grenier (avec des sch\u00e9mas \u00e0 encre violette)<br>- le mini album de mes propres photos de famille (avec pas mal de chiens)<br>- l\u2019esp\u00e8ce de vieille et petite encyclop\u00e9die illustr\u00e9e pour enfants (en rouge et bleu les images, de m\u00e9moire)<br>- les dessins sur des cartons plastifi\u00e9s, accroch\u00e9s au mur (un village de montagne \u00e9pur\u00e9, un bateau de pirate fauve, un bouquet de fleur tricolore, un moulin \u00e0 eau en sous-bois)<br>- les pochettes des nouveaux vinyles (le samedi soir)<br>- un \u00e9pisode de <em>La Panth\u00e8re rose<\/em> en film Super 8 (o\u00f9 un moustique l\u2019emp\u00eache de dormir)<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#d190191c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-4a283f9c63fc23313a5f7e28a09122df wp-block-paragraph\"><strong>12042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier, sortie de la structure pour une exposition \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que. Malheureusement, l\u2019\u00e9v\u00e9nement a d\u00fb \u00eatre report\u00e9 \u00e0 aujourd\u2019hui. On s\u2019est alors ajout\u00e9 \u00e0 l\u2019animation pr\u00e9vue avec le Tr\u00e8fle, le foyer d\u2019accueil m\u00e9dicalis\u00e9, pour quatre personnes pr\u00e9sentant des handicaps physiques et mentaux (deux en fauteuils roulants, deux autres accompagn\u00e9s pour les aider \u00e0 marcher). \u00c0 l\u2019\u00e9tage, dans une salle lumineuse et color\u00e9e, avec des petites chaises et des bacs de livres, on s\u2019est install\u00e9s derri\u00e8re eux. Patricia, l\u2019animatrice, leur a pr\u00e9sent\u00e9 des livres d\u2019o\u00f9 se d\u00e9ployaient des cr\u00e9atures et des paysages extraordinaires. Elle leur lisait la petite histoire, elle leur donnait \u00e0 toucher les figures de papier, elle leur posait des questions, ils r\u00e9pondaient d\u2019un mot, et elle nous a fait chanter <em>Une Souris verte<\/em>, <em>Loup y es-tu&nbsp;?<\/em> et crier <em>cot cot<\/em>, <em>gruik gruik<\/em>, <em>b\u00ea\u00ea\u00ea<\/em>, <em>hi han hi han<\/em>, <em>meuh<\/em>\u2026 Seul Jack, peut-\u00eatre, semblait \u00e9tranger \u00e0 tout cela, comme prostr\u00e9 sur sa chaise, recroquevill\u00e9 la t\u00eate en avant, l\u2019air renfrogn\u00e9, les yeux ferm\u00e9s, la langue tir\u00e9e, tendue le plus possible, avec un bruit sourd \u00e9cumant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La liste devrait constituer l\u2019<em>inventaire de ce qui, dans notre propre histoire, nos propres int\u00e9r\u00eats, est perdu<\/em>. Il faudrait une dizaine d\u2019\u00e9l\u00e9ments. C\u2019est peu, apparemment. Pourtant, je ne parviens pas \u00e0 la d\u00e9ployer. Au contraire, les deux ou trois \u00e9l\u00e9ments que j\u2019ai pu ajouter ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9s. Comment l\u00e2cher-prise&nbsp;? Qu\u2019est-ce qui me retient ainsi&nbsp;? La question serait mal formul\u00e9e&nbsp;? <em>f<\/em> parle de <em>choses perdues<\/em>, mais si je parlais des choses que je voudrais retrouver&nbsp;? ou de celles que je voudrais simplement trouver, comme une photo du petit Marcel&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div id=\"exo3.2\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">les petits personnages en coquillages de Lulu<br>le paletot du p\u00e8re Fissou<br>la pi\u00e8ce manquant du puzzle 10&nbsp;000 pi\u00e8ces de Ben<br>les stickers des livrets de foot Panini de Dominique<br>la casquette \u00e0 carreaux et \u00e0 crasse de papi Omer<br>le cro\u00fbte rouge de Dada<br>la tondeuse manuelle pour couper les cheveux de Yves<br>les foulards transparents de mamie Alice<br>le martinet \u00e0 chambre \u00e0 air de v\u00e9lo pour les chiens<br>les flacons vert, bleu, rose d\u2019eau de Cologne<br><br>(On dirait plut\u00f4t une version familiale du <em>Je me souviens<\/em> de Perec.)<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-f7a6e3357b6bbc51ccebdadb218a097b wp-block-paragraph\"><strong>11042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019avoue&nbsp;: introduire un fragment de Pascal en cinq points, c\u2019\u00e9tait comme un coup d\u2019essai pour les \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/les-causes-perdues-nouvelles-3\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Philosoficelles<\/a>&nbsp;\u00bb perdues de Philippe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Domaine des Foss\u00e9s \u2014 un espace pour l\u2019attente, trois fauteuils noirs en ska\u00ef vides \u2014 \u00e0 droite la porte d\u2019entr\u00e9e, verre et aluminium, \u00e0 gauche, un petit escalier vers un autre espace derri\u00e8re \u2014 (des panneaux avec des noms, une porte) \u2014 en face, d\u00e9rob\u00e9 sur la droite, un c\u00f4t\u00e9 le couloir, linol\u00e9um gris, mur blanc, impostes \u00e0 grosses menuiseries acajou \u2014 juste devant, le mur bleu, intense \u2014 le plan d\u2019\u00e9vacuation.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo3.1\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Une photo du petit Marcel<br>La vieille Fiat Uno H. S. sur le parking des pompiers<br>Ces feuillets rouges de quelques pages, remplis d\u2019images<br>la rue Baudelaire \u00e0 Belleville<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Into the abyss<\/em>, de Werner Herzog&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Un vieil homme, en chemise blanche et cravate \u00e0 carreaux gris. Derri\u00e8re lui, un espace vert, des dizaines de croix romaines, une haie d\u2019arbres. il fait beau.<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Racontez-nous une rencontre avec un \u00e9cureuil.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li>Une rencontre avec un \u00e9cureuil&nbsp;? Je conduisais une voiturette, j\u2019\u00e9tais sur le chemin, et j\u2019ai vu deux \u00e9cureuils qui se couraient apr\u00e8s. J\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 avancer, ils ont travers\u00e9 le chemin, j\u2019ai frein\u00e9, ils se sont arr\u00eat\u00e9s en pleine course et m\u2019ont regard\u00e9. C\u2019\u00e9tait incroyable. Si je n\u2019avais pas frein\u00e9, j\u2019aurais \u00e9cras\u00e9 un des \u00e9cureuils. Ils seraient morts et \u00e7a m\u2019a fait penser\u2026 \u00e0 toutes ces personnes\u2026 que j\u2019ai accompagn\u00e9es\u2026 lorsqu\u2019elles ont rendu leur dernier souffle. \u00c0 cause de mauvais choix ou d\u2019erreurs qu\u2019elles ont commises, leur vie leur est prise. Subitement\u2026 Alors\u2026 la vie est pr\u00e9cieuse, que ce soit pour un \u00e9cureuil, ou pour un \u00eatre humain. Parfois, je m\u00e9dite sur cette exp\u00e9rience. il suffit d\u2019un peu de bruit, et les \u00e9cureuils s\u2019en iront et continueront \u00e0 vivre. Mais je n\u2019ai pas ce pouvoir. Pour le condamn\u00e9, sur le lit, je ne peux pas arr\u00eater le processus\u2026 Pourtant j\u2019aimerais tant.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-9a38f3f1d4dcb60ebb3ccdee7cc7d040 wp-block-paragraph\"><strong>10042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background wp-block-paragraph\">|| Bient\u00f4t, nettoyer les murs. Monter l\u2019\u00e9chafaudage aux barres tordues cr\u00e9pies de b\u00e9ton sec. Acheter un produit algicide et fongicide, et des gants. Remplir le pulv\u00e9risateur. Pomper, pomper, pomper. Grimper sur les barres. Ne pas regarder en bas. Appuyer sur la d\u00e9tente. Balayer le mur. Ne pas pulv\u00e9riser contre le vent. Un masque, il aurait fallu un masque. Insister sur les parties rouges, noires. ||<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5) <em>Poser la probl\u00e9matique d\u2019\u00e9criture \u2014 <s>pas d\u2019<\/s>annonce de plan.<\/em> Est-ce que \u00e7a ne fonctionnerait pas un peu comme des axes de lecture possibles, au choix, r\u00e9pondant \u00e0 la situation du moment dans les livres dont vous \u00eates le h\u00e9ros&nbsp;? <em>La conception de Pascal selon laquelle la vie humaine ne serait \u00ab&nbsp;qu\u2019une illusion perp\u00e9tuelle&nbsp;\u00bb proviendrait en fait d\u2019un paradoxe de com\u00e9die g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e fond\u00e9 sur la parole <\/em>\u2014 je n\u2019ai pas vingt ans, je ne l\u2019ai pas encore lu, mais je connais ce titre fascinant de l\u2019ouvrage de Diderot sur lequel le prof s\u2019est r\u00e9guli\u00e8rement appuy\u00e9, et je me sens oblig\u00e9 de le citer de fa\u00e7on un peu hasardeuse<em>. L\u2019\u00e9tude portera donc sur ce paradoxe o\u00f9 l\u2019illusion, la tromperie, appara\u00eet d\u2019abord comme une n\u00e9cessit\u00e9 de la vie (I). <\/em>\u2014 \u00ab&nbsp;Mais il faut l&rsquo;illusion, il faut cette ivresse l\u00e9g\u00e8re et permanente qui rend possible une vie m\u00eame empoisonn\u00e9e par tous les p\u00e9rils et toutes les erreurs&nbsp;\u00bb, \u00e9crit d\u2019ailleurs Georges Duhamel dans <em>R\u00e9cits des temps de guerre.<\/em> \u2014 <em>Or, si toute vie \u00e0 ses contradictions \u00e0 vaincre, ce qui appara\u00eet \u00e0 Pascal comme un d\u00e9faut provient, en fait, des limites de la parole pour d\u00e9crire le monde et r\u00e9gir les hommes (II). La tromperie dont parle Pascal rel\u00e8verait alors bien d\u2019une \u00e8re du soup\u00e7on, mais appliqu\u00e9e moins aux relations humaines en soi, qu\u2019\u00e0 la nature du langage dans un cadre social, voire politique (III).<\/em> \u2014 Ah, la politique pour finir, comme si \u00e7a r\u00e9glait tout. Ce qu\u2019on peut user d\u2019une langue si vieille quand on est encore si jeune&nbsp;! Sinon, \u00e7a se tient, m\u00eame si \u00e7a reste fragile&nbsp;? Pour un plan d\u00e9taill\u00e9, on verra avec le Chat Noir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Les livres prennent vie sous mes yeux d\u2019abord gr\u00e2ce \u00e0 une image, une sc\u00e8ne. Je ne peux imaginer d\u2019autres types de romans\u2026 Je dois d\u00e9couvrir des lieux et des paysages qui feront travailler ma fantaisie. Une fois devant le paysage, le processus de fusion entre le roman que je d\u00e9sire \u00e9crire et la vue qui s\u2019offre \u00e0 moi se met en route de lui-m\u00eame. \u00c7a ne marche pas partout. Certains paysages me donnent seulement envie de les dessiner.&nbsp;\u00bb<br>(Orhan Pamuk, <em>Souvenirs des montagnes au loin<\/em>)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-c871833e5ae7b99e91c78cdfc84f83a2 wp-block-paragraph\"><strong>09042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c7a y est, le d\u00e9marreur ne tourne plus \u00e0 vide, il a enfin accroch\u00e9 la roue interne. Elle est libre. Il \u00e9tait d\u00e9cal\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Soit cet extrait des <em>Pens\u00e9es<\/em> de Pascal&nbsp;: <mark style=\"background-color:#ffde47\" class=\"has-inline-color\">\u00ab&nbsp;La vie humaine n\u2019est qu\u2019une illusion perp\u00e9tuelle&nbsp;: on ne fait que s\u2019entre-tromper et s\u2019entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre pr\u00e9sence comme il en parle en notre absence. L\u2019union qui r\u00e8gne entre les hommes n\u2019est fond\u00e9e que sur cette mutuelle tromperie&nbsp;; et peu d\u2019amiti\u00e9s subsisteraient si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu\u2019il n\u2019y est pas, quoiqu\u2019il en parle alors sinc\u00e8rement et sans passion.&nbsp;\u00bb<\/mark> \u2014 Il s\u2019agit du texte que mon grand, en classe pr\u00e9pa scientifique, doit travailler en d\u00e9gageant un plan d\u2019analyse d\u00e9taill\u00e9. Le probl\u00e8me, dans ce genre de sujet de dissertation \u00e9tendu, relativement philosophique, c\u2019est qu\u2019il faudrait d\u2019abord r\u00e9aliser une sorte de micro commentaire compos\u00e9 pour bien distinguer les lignes de fracture du texte et en comprendre les tenants, les aboutissants, et leurs enjeux pour nous aujourd\u2019hui. J\u2019ai deux jours pour m\u00e9diter la chose et la jeter sur un brouillon. \u2014 Qu\u2019en dirait le Chat Noir&nbsp;?<br>D\u2019abord, n\u2019oublions pas que je suis un jeune \u00e9tudiant, que je n\u2019ai pas encore vingt ans. Les m\u00e9thodes apprises sont encore loin d\u2019\u00eatre acquises. Donc, premi\u00e8re chose \u00e0 faire&nbsp;: reprendre la fiche de m\u00e9thode d\u2019explication de texte revue avec <em>Les Amours jaunes<\/em> de Tristan Corbi\u00e8re \u2014 une fiche qui se r\u00e9duit \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019une introduction, mais qui \u00e9tait suffisante pour le professeur dans la mesure o\u00f9, pour chaque partie, on pouvait proc\u00e9der de la m\u00eame fa\u00e7on en se concentrant sur les \u00e9l\u00e9ments les plus pertinents r\u00e9pondant \u00e0 la probl\u00e9matique&nbsp;; soit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1) <em>Situer le texte dans le mouvement g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u0153uvre&nbsp;; donner son r\u00f4le dans une progression narrative en parlant des textes encadrants<\/em>. Comme le fragment de Pascal concerne une dissertation sur le th\u00e8me du <em>Faire croire<\/em>, situons-le dans un mouvement historique ou social contemporain, en essayant de savoir quel r\u00f4le il peut encore jouer aujourd\u2019hui, pour nous, et dans quelle mesure il encadre \u00e0 nos pratiques et nos valeurs de carnaval. De l\u00e0&nbsp;: <em>\u00e0 l\u2019heure des r\u00e9seaux sociaux o\u00f9 l\u2019expression est l\u00e9gion\u2026 \u00e0 l\u2019heure des likes, des dislikes, des \u00e9motic\u00f4nes en guise de commentaires\u2026 \u00e0 l\u2019heure des <\/em>fakenews<em> r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, amplifi\u00e9es, inv\u00e9t\u00e9r\u00e9es\u2026 \u00e0 l\u2019heure des chroniqueurs et des influenceurs en tous genres\u2026 \u00e0 l\u2019heure des march\u00e9s et des guerres de l\u2019information et contre l\u2019information\u2026 \u00e0 l\u2019heure des intelligences artificielles et des assistants conversationnels\u2026<\/em> Quelqu\u2019un a d\u2019autres exemples&nbsp;? on en conclut quoi&nbsp;? que <em>la parole semble entr\u00e9e dans une \u00e8re du soup\u00e7on et du doute g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s faisant pression sur nos vies et nos identit\u00e9s&nbsp;<\/em>?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2) <em>Lecture du texte avec la bonne tonalit\u00e9&nbsp;; la bonne longueur des vers<\/em>. \u2014 Je rappelle qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une fiche de m\u00e9thode pour une explication de texte, pas pour une dissertation (je ne sais pas ce que j\u2019en ai fait\u2026 on n\u2019est pas s\u00e9rieux quand on n\u2019a pas vingt ans\u2026 alors j\u2019adapte, je r\u00e9invente). Mais dans ce cadre-l\u00e0, il s\u2019agit du moment o\u00f9 l\u2019on doit citer le sujet, ou au besoin, s\u2019il est long, des extraits en les caract\u00e9risant pour mieux justifier les coupes. <em>Si bien que la parole de Pascal semble tout \u00e0 fait d\u2019actualit\u00e9, lorsqu\u2019il affirme que <mark style=\"background-color:#ffde47\" class=\"has-inline-color\">\u00ab&nbsp;la vie humaine n\u2019est qu\u2019une illusion perp\u00e9tuelle&nbsp;: on ne fait que s\u2019entre-tromper et s\u2019entre-flatter.&nbsp;\u00bb<\/mark> Mais la r\u00e9flexion de Pascal se concentre sur la parole en fonction de la pr\u00e9sence et de l\u2019absence de l\u2019interlocuteur. Dans un cas l\u2019image qu\u2019on donne de celui-ci est diff\u00e9rente, sinon oppos\u00e9e, \u00e0 celle qu\u2019on donne dans l\u2019autre cas. En sa pr\u00e9sence, on le flatte, mais on le trompe puisque, en son absence, dans une parole vraie qui se livre <mark style=\"background-color:#ffde47\" class=\"has-inline-color\">\u00ab&nbsp;sinc\u00e8rement et sans passion&nbsp;\u00bb<\/mark>, on le critique, le d\u00e9nigre ou le m\u00e9dit<\/em> \u2014 \u00e0 vingt ans, \u00e0 peine, on exag\u00e8re un peu<em>. <\/em>\u2014 Quel bavardage pour faire croire qu\u2019on explique ce que tout le monde comprend d\u2019un trait avec Pascal&nbsp;! \u2014 <em>L\u2019illusion consiste donc en un renversement de la parole. Pour Pascal, personne ne tient pas parole, et cela vaut pour un syst\u00e8me&nbsp;puisque&nbsp;: <mark style=\"background-color:#ffde47\" class=\"has-inline-color\">\u00ab&nbsp;L\u2019union qui r\u00e8gne entre les hommes n\u2019est fond\u00e9e que sur cette mutuelle tromperie.&nbsp;\u00bb<\/mark><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4) <em>D\u00e9terminer le mouvement du texte et ses diff\u00e9rentes \u00e9tapes.<\/em> (Le troisi\u00e8me point, <em>caract\u00e9riser le texte, la fa\u00e7on dont il est \u00e9crit, les premiers effets tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9raux<\/em>, a \u00e9t\u00e9 englob\u00e9 dans le pr\u00e9c\u00e9dent avec les coupes.) Le passage est court, il n\u2019y a qu\u2019une seule \u00e9tape. Je dirais n\u00e9anmoins que le mouvement, lui, est double. D\u2019abord, <em>Pascal semble employer une argumentation classique<\/em> (attendue dans une dissertation par exemple)&nbsp;: <em>j\u2019\u00e9nonce un argument (\u00ab&nbsp;illusion perp\u00e9tuelle&nbsp;\u00bb), et je le justifie \u00e0 l\u2019aide d\u2019un exemple concret (parler d\u2019untel, en sa pr\u00e9sence ou non) et analys\u00e9 (\u00ab&nbsp;mutuelle tromperie&nbsp;\u00bb des hommes et cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses sur l\u2019amiti\u00e9&nbsp;?)<\/em> \u2014 la jeunesse fait qu\u2019on peut s\u2019identifier \u00e0 son sujet et assumer le \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb<em>. Ce faisant, son discours s\u2019articule autour du paradoxe d\u2019une parole qui, jouant la com\u00e9die, balanc\u00e9e entre l\u2019art de <mark style=\"background-color:#ffde47\" class=\"has-inline-color\">\u00ab&nbsp;s\u2019entre-tromper et s\u2019entre-flatter&nbsp;\u00bb<\/mark>, rel\u00e8ve de l\u2019entre-soi. Et la parole trouve l\u00e0 d\u2019autant mieux son caract\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9 que, d\u2019une part, elle fonde la communaut\u00e9 des hommes, et d\u2019autre part elle ne sonne jamais aussi vraie qu\u2019au moment o\u00f9 elle trompe et fausse les rapports humains.<\/em> \u2014 Et maintenant, peut-on dire tout cela plus simplement pour mon grand&nbsp;? (Il faudrait d\u2019abord savoir ce que vaut cette introduction de dissertation quand les fragments seront r\u00e9unis.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019\u00e9tait une faisane. Je l\u2019ai reconnue au dernier moment, mais dans l\u2019instant, sur cette esp\u00e8ce de rampe gris-bleu que je descendais en voiture entre deux hautes lev\u00e9es de terre, c\u2019est une touffe de plume couleur sable qui roulait pour traverser la route. \u2014 Avec celui de la derni\u00e8re fois, sur le bas-c\u00f4t\u00e9, les faisans ne volent-ils donc plus&nbsp;?<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-685650e21d3c58b74e7e54007801406e wp-block-paragraph\"><strong>08042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les grands lecteurs, il s\u2019agira peut-\u00eatre d\u2019une \u00e9vidence. Mais il sera d\u2019autant plus utile de le rappeler, avec R\u00e9gine Detambel dans <em>Lire pour relier<\/em>, que cela leur apparaitra aussi comme une surprise&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Car on ne lit pas les livres, on les vit.<br>Mieux, on se lit soi-m\u00eame dans les livres.&nbsp;\u00bb<br>Et j\u2019ajouterais qu\u2019on se relie, se rejoint, se r\u00e9unit \u00e0 soi-m\u00eame dans les personnages. On lit plus loin&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Les personnages de fiction sont des r\u00e9serves d\u2019\u00e9nergie. Ils nous offrent de nouveaux mod\u00e8les, ou plut\u00f4t de nouvelles mod\u00e9lisations de notre devenir. C\u2019est au plus profond de nous que nous exp\u00e9rimentons leurs aventures de papier, que nous les transformons en interrogations personnelles pour modifier nos propres sch\u00e9mas. Les personnages agrandissent notre monde au-del\u00e0 de notre seule exp\u00e9rience.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Je ne sais pas comment faire pour qu\u2019on entende dans le titre une porte battante&nbsp;: d\u2019abord, l\u2019adjectif devant le nom&nbsp;; ensuite, l\u2019inverse, les mots n\u2019ayant pas chang\u00e9s de place mais de cat\u00e9gories. Je ne sais pas si la parenth\u00e8se du participe adjectival suffit. \u2014 \u00c9videmment, ce serait aux textes de le faire entendre. Mais comment&nbsp;?)<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#2ad1191c\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-7543ae916d0e95c69d9827d33880b065 wp-block-paragraph\"><strong>07042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ga\u00ebtan Picon, interrogeant l\u2019opposition de Rauschenberg entre l\u2019art <em>litt\u00e9ral<\/em> et l\u2019art <em>litt\u00e9raire<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;si tout un courant de la peinture, actuellement, raconte, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 inscrire la l\u00e9gende au bas du dessin, ou le dialogue dans les petits nuages qui s\u2019envolent de la bouche des personnages, ce n\u2019est pas pour restituer au temps sa signification&nbsp;! Ce peut \u00eatre un jeu ouvert, ambigu, un texte qu\u2019il nous appartient de produire, librement, \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments cependant donn\u00e9s&nbsp;: ce qui sugg\u00e8re que si la syntaxe est \u00e0 r\u00e9inventer, le vocabulaire demeure&nbsp;? Mais il s\u2019agit le plus souvent d\u2019un pi\u00e8ge tendu \u00e0 l\u2019anecdote, comme le trompe-l\u2019\u0153il \u00e9tait un pi\u00e8ge pour l\u2019objet&nbsp;: il s\u2019agit de faire \u00e9clater le non-sens de tout ce que l\u2019on peut dire.&nbsp;\u00bb \u2014 Est-ce que, pour celui qui vise l\u2019art par le bout de la lorgnette de l\u2019\u00e9criture, il s\u2019agirait de faire \u00e9clater le non-sens de tout ce que l\u2019on peut donner \u00e0 voir, syntaxe et vocabulaire compris, lecture m\u00eame \u2014puisqu\u2019il en va d\u2019une certaine visualisation, spatialisation (et, tr\u00e8s certainement, l\u2019imagination doit tenir l\u00e0 quelque r\u00f4le majeur), \u00e0 partir de la discrimination visuelle (lettres, mots, ponctuation), tactile (les groupes de petits points sous la pulpe des doigts) ou sonore (phon\u00e8mes, mon\u00e8mes, hauteur et intensit\u00e9 de la voix)&nbsp;?<br>(Pour une m\u00eame conclusion&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le sens vide la parole et rend chacun esclave de ce vide.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Incapable d\u2019accrocher le nouvel atelier Nouvelles. De la premi\u00e8re proposition, li\u00e9e \u00e0 l\u2019atelier pr\u00e9c\u00e9dent des Gestes et Usages (et dans le prolongement du pr\u00e9c\u00e9dent encore, comme un creusement, un confinement des Enfances), j\u2019avais retenu&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>la superposition des strates qui conduisent, simultan\u00e9ment, \u00e0 cette marche en avant du r\u00e9cit, avec cl\u00f4ture&nbsp;<\/em>\u00bb. Pour la seconde, au sujet de nos librairies&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;descriptions m\u00e9morielles \u2014 donc subjectives, et m\u00eame au plus singulier de la perception subjective \u00e0 distance et donc incluant les visages, les villes, les ouvrages qu\u2019on s\u2019y est procur\u00e9s ou telle anecdote.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div id=\"exo2.1\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de certaines librairies, sur Bordeaux en particulier (l\u2019\u00e9t\u00e9 2023, je crois&nbsp;; il \u00e9tait question du temps o\u00f9 j\u2019y allais r\u00e9guli\u00e8rement, vingt ans auparavant). Je pourrais reprendre les textes.<br><br>La premi\u00e8re librairie n\u2019existe pas vraiment. Il s\u2019agit soit du coin livre de la Maison de la Presse \u00e0 Jonzac (o\u00f9 le grand-p\u00e8re Omer achetait des journaux), soit celui de la papeterie Landreau \u00e0 Saint-ciers-du-Taillon (chez qui on a achet\u00e9 mon premier sac d\u2019\u00e9cole et mes premi\u00e8res fournitures et command\u00e9 quelques livres). Ces deux lieux ont ferm\u00e9.<br><br>Mes librairies actuelles sont surtout virtuelles (Amazon, FNAC), mes livres achet\u00e9s d\u2019occasion le plus souvent (Rakuten, Momox) \u2014 quand ils ne sont pas num\u00e9riques, mais c\u2019est rare (et alors, je les vole avec Z-library, YGGTorrent), je ne parviens jamais \u00e0 les finir&nbsp;: d\u00e9crochage au bout de dix pages.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Il y aurait aussi la question de l\u2019approche du livre, du texte, ou m\u00eame de l\u2019\u00e9criture, o\u00f9&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;on ne cherche pas d\u00e9montrer quoi que ce soit, mais juste construire progressivement un paysage, qui sera notre territoire d\u2019auteur pour les constructions ult\u00e9rieures.&nbsp;\u00bb<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div id=\"exo2.2\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Les librairies r\u00e9elles dans lesquelles je vais n\u2019en sont pas v\u00e9ritablement. Les deux Espace Culturel des Leclerc de Barbezieux et Jonzac, en temples open space de la consommation de masse ou les livres sont en quelque sorte livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames le long des murs dans des niches (assez larges, quand m\u00eame), quand les biens de la high tech, la vid\u00e9o et l\u2019audio, et l\u2019\u00e9lectrom\u00e9nager \u00e0 Barbezieux \u2014 \u00e0 Pons, je ne me souviens, je n\u2019y suis all\u00e9 qu\u2019une fois ou deux, et \u00e7a remonte \u2014, sont mis en avant. La culture, aujourd\u2019hui, c\u2019est avant tout le son et lumi\u00e8re&nbsp;?<br><br>Mes anciennes librairies&nbsp;:<br><br>- Mon Livre (Pessac&nbsp;; \u00e0 deux pas de universit\u00e9s Montaigne et Montesquieu&nbsp;; ferm\u00e9)&nbsp;;<br>- chez Mollat (Bordeaux centre&nbsp;; un air de biblioth\u00e8que pour appartement cossu et labyrinthique)&nbsp;;<br>- la Machine \u00e0 lire (dans le vieux Bordeaux&nbsp;; salle vo\u00fbt\u00e9e d\u2019un chai de ch\u00e2teau)&nbsp;;<br>- la Nuit des Rois et la Bouquinerie Plus (des bouquinistes en fait&nbsp;; l\u2019un devant l\u2019ilot de verdure de la place Gambetta, l\u2019autre \u00e0 l\u2019ombre de la cath\u00e9drale Saint-Andr\u00e9)&nbsp;;<br>- (de ces cinq lieux, je dois encore poss\u00e9der un marque-pages perdu dans je ne sais quel livre)&nbsp;;<br>- la librairie Georges (Talence centre&nbsp;; en face de l\u2019\u00e9glise et de la station-service&nbsp;; un beau b\u00e2timent aux parois de m\u00e9tal en dentelle d\u2019\u00e9toiles)&nbsp;;<br>- le Passeur (Bordeaux rive droite&nbsp;; au d\u00e9but de la grande avenue Thiers&nbsp;; jamais entr\u00e9, on passait devant pour rentrer \u00e0 la maison ou \u00e0 l\u2019appartement).<br><br>C\u2019est dommage, quand m\u00eame, tous ces livres num\u00e9riques en vrac dans la machine. Surtout le Boomerang de Michel Butor que j\u2019attendais, introuvable en version papier (ou \u00e0 des prix astronomiques), et que Tristan m\u2019a gentiment transf\u00e9r\u00e9 via Messenger (je ne comprenais le fonctionnement d\u2019Internet Archive et son Open Library).<br><br>Je ne sais pas o\u00f9 a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 Mon Premier Livre de Nature, mon premier livre tout court.<br><br>Ga\u00ebtan Picon, r\u00e9fl\u00e9chissant sur la repr\u00e9sentation et la signification du temps dans l\u2019art (il y a une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, les cartes ont d\u00fb \u00eatre rebattues)&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019art vit de ne pouvoir r\u00e9aliser son supr\u00eame d\u00e9sir. Dans l\u2019\u00e9chec de l\u2019\u0153uvre, le d\u00e9sir de l\u2019art lui est redonn\u00e9. Il est restitu\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame dans l\u2019instant o\u00f9 il veut se perdre, et o\u00f9 il croit y parvenir.&nbsp;\u00bb Rempla\u00e7ons art par \u00e9criture, \u0153uvre par livre&nbsp;: je me demande si son discours ne tient pas d\u2019autant mieux qu\u2019on gardera bien en t\u00eate ces espaces ouverts de la grande distribution (m\u00eame, au fond, les sp\u00e9cialistes comme la FNAC ou Cultura, ou feu Virgin&nbsp;?), et leurs livrets r\u00e9clames qu\u2019on re\u00e7oit dans nos bo\u00eetes aux lettres (faux&nbsp;: Leclerc ne les livre plus pour des raisons \u00e9cologiques&nbsp;; mais en fait, on se prend \u00e0 les r\u00e9cup\u00e9rer soi-m\u00eame au magasin&nbsp;: un r\u00e9flexe pavlovien&nbsp;?).<br><br>La derni\u00e8re vraie librairie dans laquelle je suis entr\u00e9 c\u2019\u00e9tait \u00e0 Bagn\u00e8res-de-Luchon, en 2022 pendant les vacances d\u2019hiver, la librairie des Thermes. J\u2019\u00e9tais en convalescence apr\u00e8s une semaine d\u2019h\u00f4pital. Interdit de skier. J\u2019ai achet\u00e9 trois ouvrages pol\u00e9miques de la collection Libelle, au Seuil (Mesurer le racisme, vaincre les discriminations de Thomas Piketty&nbsp;; Pour une t\u00e9l\u00e9 libre contre Bollor\u00e9 de Julia Cag\u00e9&nbsp;; La Langue de Zemmour de C\u00e9cile Alduy). Quelque chose en moi devait se d\u00e9battre.<br><br>Le dernier command\u00e9 chez Landreau, c\u2019\u00e9tait aussi une commande pour No\u00ebl il y a quelques ann\u00e9es&nbsp;: L\u2019Art en guerre.<br><br>Qui aurait un exemplaire papier de Boomerang \u00e0 me pr\u00eater&nbsp;?<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-5db9ce6c310dd4a030ec8867bd85e80d wp-block-paragraph\"><strong>06042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis retourn\u00e9 \u00e0 la structure, hier, alors que je n\u2019aurais pas d\u00fb, pour r\u00e9cup\u00e9rer mon mobile oubli\u00e9 la veille. Je suis rest\u00e9 environ trois heures pour discuter un peu et d\u00e9jeuner avec les coll\u00e8gues. Je ne voulais pas rester longtemps et ne pas trop d\u00e9ranger, mais on a surtout parl\u00e9&nbsp;: de Guillaume, de sa lettre de motivation pour r\u00e9pondre \u00e0 une annonce de ferronnier, ce qu\u2019il n\u2019a pas fait&nbsp;; de Quentin, qui n\u2019a jamais appris \u00e0 faire du v\u00e9lo, il faudrait mettre en contact avec l\u2019association Cyclofficine&nbsp;; de Gilbert, qui n\u2019avance pas, qui donne tout le matin, qui ne vaut plus rien l\u2019apr\u00e8s-midi&nbsp;; d\u2019Elfie, qui termine sa formation bient\u00f4t, qu\u2019on trouvait rayonnante&nbsp;; de Patrick, avec qui C\u00e9cile a travaill\u00e9 hier pour pr\u00e9senter la structure, elle ne comprend pas o\u00f9 il veut en venir&nbsp;; d\u2019une activit\u00e9 collective \u00e0 tester, une sorte d\u2019<em>escape game<\/em> avec un meurtre et un texte auquel il manque des mots \u00e0 retrouver&nbsp;; de la fa\u00e7on de s\u00e9curiser les dossiers des stagiaires \u00e0 l\u2019aide d\u2019un mot de passe&nbsp;; etc. Je n\u2019ai pas du tout d\u00e9rang\u00e9. Je crois m\u00eame avoir travaill\u00e9. M\u00eame pendant le d\u00e9jeuner, il est souvent question de ceci, de cela, souvent ce qu\u2019il y a \u00e0 faire, qui le fait, avec qui ou pas, et de comment on le fait, de pourquoi et pourquoi pas.<br>Jean-Marc, arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019improviste pour d\u00e9jeuner, nous a quand m\u00eame racont\u00e9 l\u2019histoire de deux mecs habill\u00e9s en femme, tout de rouge, pour une soir\u00e9e au petit cabaret de Jarnac-Champagne o\u00f9 on a vu en eux des extincteurs de d\u00e9sir. Et Muriel nous a montr\u00e9 la photo d\u2019une rainette sur une feuille, un petit bloc resserr\u00e9 vert tendre sur fond vert fonc\u00e9, avec de petits yeux noirs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019herbe a pouss\u00e9 vite. Pass\u00e9 la tondeuse aura \u00e9t\u00e9 sportif. D\u2019autant plus que la tondeuse fatigue. Il y a toujours un moment o\u00f9 son r\u00e9gime baisse et acc\u00e9l\u00e8re ensuite. Et il baisse d\u2019autant plus vite que la masse d\u2019herbe \u00e0 couper est importante. Or, il ne faut pas qu\u2019elle cale, sinon il faut lui laisser le temps de refroidir. Ce qui me permet d\u2019aller boire quelques verres d\u2019eau et de me reposer. Mais comme je veux r\u00e9duire les temps morts, je m\u2019arrange pour cabrer la tondeuse, afin de d\u00e9gager le hachis herbeux qui s\u2019agglutine autour de la lame, voire reculer de quelques pas pour lui permettre de reprendre son souffle et lui donner un peu d\u2019\u00e9lan. Et le temps pass\u00e9 \u00e0 aller et venir, tourner, virer, se d\u00e9double. \u2014 Que cela ne m\u2019emp\u00eache pas de profiter des p\u00e2querettes et de laisser ici et l\u00e0, en bordure de jardin, quelques lignes blanches.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-7ffc0906ebf548ed8b8bdfae21e30e88 wp-block-paragraph\"><strong>05042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Cette note a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Les \u0153uvres vivantes sont autant de souffles, souffles du corps second o\u00f9 nous \u00e9coutons, magnifi\u00e9, celui du corps premier dont il est venu. Comment pourrions-nous aimer, s\u2019il en \u00e9tait autrement, des \u0153uvres dont les mod\u00e8les se contredisent&nbsp;?&nbsp;\u00bb<br>(Ga\u00ebtan Picon, <em>Admirable tremblement du temps<\/em>)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-99d2cad5b38582fa95e519f184d833b4 wp-block-paragraph\"><strong>04042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon Voyageur analphab\u00e8te est entr\u00e9 dans la structure il y a maintenant plus d\u2019un mois, et il ne parvient pas \u00e0 conna\u00eetre, \u00e0 apprendre, l\u2019alphabet. Les cinq premi\u00e8res lettres, oui, les cinq derni\u00e8res aussi, \u00e0 peu pr\u00e8s. Entre les deux, il y a eu un peu de progr\u00e8s, mais il faut toujours qu\u2019il r\u00e9cite dans l\u2019ordre, qu\u2019il reprenne depuis le d\u00e9but. \u00c0 l\u2019aide de cartes de syllabes simples \u00e0 deux lettres, parfois trois, il identifie facilement certaines consonnes et souvent la voyelle. Il ne retient pas le U. \u2014 Peut-\u00eatre faudrait-il commencer l\u2019exercice en identifiant seulement les voyelles, qui reviennent souvent&nbsp;? Puis les consonnes et les voyelles dans un second temps, dans le m\u00eame ordre de passage&nbsp;? Puis dans le d\u00e9sordre&nbsp;? \u2014 Et d\u00e8s qu\u2019il se trompe de lettre, l\u2019erreur se poursuit en catastrophe avec une s\u00e9rie d\u2019autres lettres, m\u00eame celles avec lesquelles il n\u2019a pas commis pas d\u2019erreur auparavant. \u2014 En partant, il laisse sur la table une poign\u00e9e de bonbons dans du papier dor\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Romy Schneider&nbsp;: Tu sais ce que je veux&nbsp;? je veux qu\u2019on fasse la plus belle chose, la plus formidable chose, je veux aussi que \u00e7a choque tout le monde&nbsp;! \u00c7a je le veux. <em>(Un temps.)<\/em> Voil\u00e0. | Je ne me g\u00eane pas, tu sais. Pas du tout, j\u2019ai plus peur, de certaines choses. J\u2019ai plus peur de me laisser aller, j\u2019ai plus peur de me comporter euh\u2026 librement.<br>Alice Schwarzer&nbsp;: C\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un ex-tr\u00ea-mement\u2026 extr\u00eamement d\u00e9chir\u00e9. Et c\u2019\u00e9tait toujours les deux en m\u00eame temps&nbsp;! elle pouvait \u00eatre dominante et soumise. C\u2019est, c\u2019\u00e9tait tr\u00e8s troublant&nbsp;! | Elle pouvait \u00eatre tr\u00e8s faible et tr\u00e8s fort, en m\u00eame temps, tr\u00e8s s\u00fbre d\u2019elle, et en v\u00e9rit\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb \u2014 (<em>Conversation avec Romy Schneider<\/em>, de Patrick Jeudy)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Oh Romy, j\u2019ai bien envie d\u2019\u00eatre cette jeune ado d\u2019une quinzaine d\u2019ann\u00e9es qui va te d\u00e9dier \u00ab&nbsp;Weightless&nbsp;\u00bb, la chanson \u00e9lectro pop de cette compositrice anglaise qui s\u2019appelle comme toi. Au moins pour le d\u00e9but&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>I know maybe this came out of the blue<br>Maybe what I&rsquo;m saying is a little too soon<br>But it&rsquo;s getting hard to resist<br>Bending over backwards under my skin<br>Is this how it feels when something begins?<br>Every part is weightless<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais impossible de ne pas repenser \u00e0 la chanson la plus triste du monde, \u00e0 faire craquer un vieux punk de fa\u00e7ade, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ia-YbhCw7d4&amp;list=RDia-YbhCw7d4&amp;start_radio=1&amp;rv=_LkD-ckvNg4\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">La Chanson d\u2019H\u00e9l\u00e8ne<\/a>.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-0cc36f3c70615b70a918db3f06609483 wp-block-paragraph\"><strong>03042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fausse manipulation, pour une petite exp\u00e9rience surprise |<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je venais de copier un texte pour demander au Chat Noir d\u2019en lister les noms propres, quand j\u2019ai appuy\u00e9 m\u00e9caniquement sur la touche Entr\u00e9e sans avoir formul\u00e9 ma demande \u00e0 l\u2019IA conversationnelle. Et voil\u00e0 que le Chat me fournit cette petite lecture&nbsp;:<br><em>Le texte que vous avez fourni est un monologue introspectif dans lequel le narrateur r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 un petit livre qu&rsquo;il a lu et relu, compos\u00e9 de petits textes sans histoire apparente. Le narrateur est attir\u00e9 par ces textes, bien qu&rsquo;il ne puisse pas expliquer pourquoi. Il r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la fa\u00e7on dont les sc\u00e8nes d\u00e9crites dans les textes sont comme des instantan\u00e9s, des moments fig\u00e9s dans le temps et l&rsquo;espace, et \u00e0 la fa\u00e7on dont les personnages sont d\u00e9crits \u00e0 travers des images de corps. Il se souvient avoir d\u00e9couvert le livre dans une librairie et l&rsquo;avoir \u00e9tudi\u00e9 dans le cadre d&rsquo;un programme d&rsquo;\u00e9tudes. Il r\u00e9fl\u00e9chit \u00e9galement \u00e0 la fa\u00e7on dont l&rsquo;\u00e9criture peut r\u00e9v\u00e9ler quelque chose de profond\u00e9ment enfoui, de primitif, d&rsquo;animal chez l&rsquo;\u00eatre humain. Le narrateur revient sans cesse sur l&rsquo;id\u00e9e que ces textes apparemment sans importance ont quelque chose de fascinant, bien qu&rsquo;il ne puisse pas expliquer pourquoi.<\/em><br>Et bien s\u00fbr, je recommence l\u2019op\u00e9ration, avec la m\u00eame fausse manipulation \u2014 fauss\u00e9e disons, parce que je ne sais pas comment changer de ligne (il faut appuyer, en m\u00eame temps, sur la touche Shift) et je me doute qu\u2019en appuyant sur Entr\u00e9e, le Chat va y aller de son commentaire spontan\u00e9, et il est quelque peu diff\u00e9rent&nbsp;:<br><em>Le texte en question semble \u00eatre un monologue introspectif dans lequel le narrateur r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 un petit livre qu&rsquo;il a lu et relu. Le livre est d\u00e9crit comme \u00e9tant compos\u00e9 de petits textes sans histoire apparente, mais qui ont n\u00e9anmoins quelque chose de fascinant pour le narrateur. Le narrateur \u00e9voque des images de corps et de sc\u00e8nes de la vie quotidienne, ainsi que la question du temps et de l&rsquo;espace. Il mentionne \u00e9galement l&rsquo;image du gant retourn\u00e9 comme \u00e9tant une m\u00e9taphore pour d\u00e9crire ce qui se joue dans l&rsquo;\u00e9criture. Le narrateur a d\u00e9couvert le livre dans une librairie et l&rsquo;a \u00e9tudi\u00e9 dans le cadre d&rsquo;un programme d&rsquo;\u00e9tudes. Il se souvient de la fa\u00e7on dont les textes ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s de mani\u00e8re collective et associative, et de la difficult\u00e9 qu&rsquo;il a eue \u00e0 comprendre certains \u00e9l\u00e9ments. Il \u00e9voque \u00e9galement des souvenirs personnels, comme son ann\u00e9e de ma\u00eetrise et son m\u00e9moire, ainsi que des r\u00e9flexions sur la langue et l&rsquo;animalit\u00e9. Le texte est \u00e9crit dans un style fragment\u00e9 et elliptique, avec des phrases courtes et des r\u00e9p\u00e9titions, ce qui donne l&rsquo;impression d&rsquo;un flux de pens\u00e9es et d&rsquo;\u00e9motions.<\/em><br>Merci le Chat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(J\u2019ai pass\u00e9 la journ\u00e9e l\u00e0, au bureau, \u00e0 prendre de la distance avec les textes et les notes des trois derniers cycles d\u2019atelier d\u2019\u00e9criture sur les neuf derniers mois \u2014 <em>il serait temps d\u2019accoucher, non&nbsp;? \u2014 tiens Jack, t\u2019es l\u00e0&nbsp;? \u2014 non, c\u2019est Marcel&nbsp;! t\u2019as pas reconnu ma voix&nbsp;?<\/em> \u2014 de la distance, autant que possible, pour essayer de comprendre comment l\u2019ensemble s\u2019articule, s\u2019il y a bien un ensemble comme je me l\u2019imaginais chemin faisant \u2014 temps remontant tu veux dire, \u00e0 passer des ann\u00e9es de jeunesse estudiantine, \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 l\u2019enfance d\u2019avant toi fantasm\u00e9e \u2014 c\u2019est pas une remont\u00e9e, c\u2019est une chute \u2014, pour reformuler les titres, et les sous-titres \u2014 <em>tricheur, forc\u00e9ment comme \u00e7a, \u00e7a va s\u2019articuler \u2014 comme un brouillon, tout s\u2019articule dans un brouillon, c\u2019est l\u2019avantage<\/em> \u2014 et surtout cr\u00e9er des listes de noms propres pour le premier ensemble \u00e0 l\u2019aide du Chat Noir \u2014 <em>oui, on sait, tu viens d\u2019en parler \u2014 et pourquoi le Chat Noir d\u2019abord&nbsp;? il est plus intelligent que le gros GPT&nbsp;? \u2014 avoue-la, la r\u00e9f\u00e9rence litt\u00e9raire, on t\u2019en voudra pas, tout le monde la conna\u00eet&nbsp;!<\/em> \u2014, alors que les deux autres poss\u00e8dent un index commun, et \u00e0 mettre en page, \u00e0 jouer de la police, des colonnes, des sauts de section \u2014 <em>ma parole, se mettre \u00e0 la page comme \u00e7a c\u2019est de l\u2019exercice militaires&nbsp;! \u2014 replions-nous&nbsp;! replions-nous&nbsp;! \u2014 fuyez&nbsp;!<\/em>)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-af88af327d940ca0d6769847a3d36572 wp-block-paragraph\"><strong>02042024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme un pavillon neuf dans une zone vaguement commerciale, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019abandon. Dans la petite salle d\u2019attente \u00e0 trois chaises et pas de table basse aux magazines en vrac, la radio (France Inter, et vu l\u2019heure, <em>Grand bien vous fasse<\/em>, \u00e7a tombait bien). Derri\u00e8re la porte, une voix d\u2019enfant. On entend une porte se fermer, et la porte s\u2019ouvre. Elle est l\u00e0, en blouse blanche et sa mine accueillante. L\u2019air un peu fatigu\u00e9e peut-\u00eatre, en tout cas marqu\u00e9e. Depuis juillet, elle \u00e9tait arr\u00eat\u00e9e pour sa grossesse et son accouchement. Elle vient de reprendre il y a peu. <em>Et comment va le b\u00e9b\u00e9&nbsp;? \u2014 Elle se porte bien, merci. \u2014 Mieux que moi c\u2019est s\u00fbr. \u2014 Allons, allons\u2026 qu\u2019est-ce qui vous am\u00e8ne d\u2019abord&nbsp;?<\/em><br>On se retrouve en sous-v\u00eatements assis, allong\u00e9, sur le c\u00f4t\u00e9, l\u2019autre, sur le ventre, la t\u00eate dans une fente \u00e0 moiti\u00e9 \u00e9cras\u00e9e, les yeux aveugl\u00e9s par la lumi\u00e8re des r\u00e9flecteurs, et quelques cadres sur le mur illustrant le syst\u00e8me nerveux, le digestif, le musculaire dans un corps fantoche mais color\u00e9, en se rel\u00e2chant le plus possible pour se faire d\u00e9sarticuler-r\u00e9articuler, craquer \u00e0 l\u2019occasion, et une jambe, et un bras, et le dos, et le ventre, et le cou, et la t\u00eate, m\u00eame les pieds. <em>Ah\u2026 \u2014 Rel\u00e2chez bien\u2026 inspirez et\u2026 soufflez\u2026<\/em> comme si on avait le choix, pendant qu\u2019elle se laisse choir de tout son poids sur vous. <em>Vous aviez oubli\u00e9 mes c\u00e2lins&nbsp;?<\/em> Non. Mais on pr\u00e9f\u00e8re l\u2019instant pr\u00e9liminaire o\u00f9 elle ausculte, observe, \u00e9coute, prend note, du bout des doigts, des lignes le long du corps, en palpant, en glissant. Et je me demande si \u00e7a se sent, la d\u00e9ferlante de frissons sur la peau.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vers Des nouvelles de Marcel | boucle 2 Vers Des nouvelles de Marcel | boucle 3 16062024 Parfois, quand je sors marcher, c\u2019est de fa\u00e7on studieuse. Je r\u00e9fl\u00e9chis, de fa\u00e7on a priori dialectique, \u00e0 des sujets graves, des id\u00e9es difficiles, des probl\u00e8mes insolubles et des projets vains, entre autres. 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