{"id":152563,"date":"2024-06-10T17:14:00","date_gmt":"2024-06-10T15:14:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=152563"},"modified":"2024-06-10T17:18:33","modified_gmt":"2024-06-10T15:18:33","slug":"nouvelles-boucle-2-helene-boivin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-boucle-2-helene-boivin\/","title":{"rendered":"# nouvelles, boucle 2 |H\u00e9l\u00e8ne Boivin"},"content":{"rendered":"\n<p>table des mati\u00e8res<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles\/\" data-type=\"page\" data-id=\"147193\">1- une rencontre<\/a><\/p>\n\n\n\n<p id=\"proposition-3\"><a href=\"http:\/\/2#proposition 2\">2- Job<\/a><\/p>\n\n\n\n<p id=\"proposition-3\"><a href=\"http:\/\/3-une famille recompos\u00e9e\">3-une famille recompos\u00e9e<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/4#proposition4\">4-le salon des refus\u00e9s<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impr\u00e9sario<\/p>\n\n\n\n<p id=\"proposition-1\">Midi, les rues chauff\u00e9es \u00e0 blancs se vident, les estivants du festival se d\u00e9p\u00eachent de gagner l\u2019ombre pour ne ressortir qu\u2019\u00e0 la fra\u00eeche et voir jouer les com\u00e9diens dans la cours des grands. Indiff\u00e9rents, enthousiastes et na\u00effs, nous jouons \u00e0 toutes les heures. Out du off du in dans cette grande foire estivale des spectacles vivants, dans cette avalanche de spectacles du matin jusqu\u2019au soir qui se succ\u00e8dent, s\u2019entrem\u00ealent, se chevauchent comme des s\u00e9ances de cin\u00e9ma. Les affiches du matin sont d\u00e9j\u00e0 \u00e0 moiti\u00e9 recouvertes par celles de l\u2019apr\u00e8s midi pour des spectacles le soir. Dans une heure, elles voletteront sans doute en lambeaux, ou seront transform\u00e9es en un gros mille feuilles de papier m\u00e2ch\u00e9 qui chutera des murs. Nous, on range la mise et les costumes du<em>Royaume de bois. L<\/em>es rares badauds qui nous ont suivis se diss\u00e9minent tandis que je d\u00e9croche le rideau du panneau \u00ab&nbsp;interdit au spectacles forains&nbsp;\u00bb pour le rouler et le caler en rouleau sur nos sacs, je plie d\u00e9licatement les vers, <em>aucune envie d\u2019\u00eatre un gruy\u00e8re, je n\u2019irai pas \u00e0 cette guerre, mes yeux s\u2019inondent et ruissellent sur mes joues delav\u00e9es, <\/em>quand il surgit, en se frappant la poitrine. D\u00e9boulant de nulle part, Pied nickel\u00e9 de chair et d\u2019os, plus Filochard que Ribouldingue, \u00e9nergum\u00e8ne \u00e9chapp\u00e9 d\u2019on ne sait d\u2019o\u00f9. Il s\u2019essuie les l\u00e8vres avec un mouchoir douteux&nbsp;\u00ab&nbsp; pour embrasser votre dame&nbsp;\u00bb, de l\u2019autre il chasse une larme du poing pour finalement nous tomber dans les bras, de nouveau sujet \u00e0 des soubresauts lacrymaux. \u00ab&nbsp; Depuis que G\u00e9rard nous a quitt\u00e9, dit-il en frappant son poitrail creux, depuis que mon fr\u00e8re de c\u0153ur a disparu, cueilli dans la fine fleur de sa jeunesse, que n\u2019aie je cherch\u00e9 sans les trouver mes \u00e2mes s\u0153ur et d\u2019\u00e9lection. Je les ai trouv\u00e9&nbsp;! Vous \u00eates l\u00e0 mes amis, gr\u00e2ce divine, je n\u2019ai jamais rien entendu d\u2019aussi \u00e9mouvant &nbsp;\u00bb. Nous ployons sous ses paroles impr\u00e9visibles, irr\u00e9sistibles emport\u00e9s par cet homme qui parle au subjonctif et au superlatif. \u00ab&nbsp; Nous allons faire de grande chose, d\u00e9sormais vous \u00eates sous ma protection, sous ma direction, je vous accueille dans mon th\u00e9\u00e2tre, le TBB, th\u00e9\u00e2tre du bateau \u00e0 boire.&nbsp;\u00bb Nous le suivons sans aucune forme de pens\u00e9es, \u00e0 travers le labyrinthe des rues, de plus en plus en p\u00e9riph\u00e9rie des remparts,charm\u00e9s par son son plan de bataille, notre future plan de carri\u00e8re qu\u2019il d\u00e9ploie sans boule de cristal.&nbsp;Premi\u00e8rement, je me charge de tout. Dominique, pour vous servir, vendeur sur les march\u00e9s, bonimenteur et joueur de bonneteau, je suis votre impresario, l\u2019homme qu\u2019il vous faut&nbsp;. Deuxi\u00e8mement, nous ne nous quitterons plus. Nous partons en tourn\u00e9e nationale tous les trois. Je me charge de l\u2019intendance, avec un camping car, bien sur, j\u2019ai une piste.Troisi\u00e8mement, nous arrivons au centre du monde, pardon, de l\u2019univers, l\u00e0 o\u00f9 tout commence, le TBB, Th\u00e9\u00e2tre du bateau \u00e0 boire, un troquet douteux avec une pancarte, interdit de licence&nbsp;4, Th\u00e9\u00e2tre sans alcool. Un grand \u00e9chalas torse nu aux veines tr\u00e8s bleues et saillantes nous accueille, le regard embu\u00e9. Pr\u00e9sentation&nbsp;:Geg\u00e9, r\u00e9gisseur en chef. Il est tr\u00e8s affair\u00e9 \u00e0 bricoler une petite guitare en bois de cageot. Peux tu emmener Madame aux commodit\u00e9s et \u00e0 sa loge afin qu\u2019elle puisse se changer. Je disparais avec G\u00e9g\u00e9 qui pousse une porte de l\u2019\u00e9paule et me montre au fond de la cour les cabinets \u00e0 la turque. On doit se changer sans glisser dans le trou&nbsp;. Pendant ce temps, l\u2019impresario, Dominique, emm\u00e8ne Monsieur d\u00e9couvrir la sc\u00e8ne et appr\u00e9cier la jauge, ils descendent une \u00e9chelle de meunier pour arriver dans une cave au sol collant, une boule \u00e0 facette pendouillant au plafond et d\u2019un geste majestueux, ouvre une porte secr\u00e8te&nbsp;: le fumoir, un petit cagibi, avec dans la rotonde un conduit de po\u00eale qui sert d\u2019\u00e9vacuation. Puis, princier, il invite au repas, permettez moi de vous offrir ce premier repas qui scellera notre compagnie itin\u00e9rante, une salade de pois chiche, durs comme des roulements \u00e0 billes. Il pleure \u00e0 nouveau G\u00e9rard Philippe, son cancer, sa gueule, mais vous, mes nouveaux amis, vous redonnez un souffle \u00e0 ma vie et \u00e0 notre projet sublime&nbsp;! Comme Antoine s\u2019inqui\u00e8te de ma disparition, il rassure, oh, G\u00e9g\u00e9, il fait que des conneries. Quatri\u00e8mement, sieste avant la parade \u00e0 18 heures \u00e0 travers la ville, en costume de bois, je me charge de l\u2019annonce. Et la grande parade commence avec notre joueur de fl\u00fbte en avant, \u00e0 la voix entra\u00een\u00e9e, qui rivalise avec tous les hauts parleurs forains, Ce soir, grand spectacle exceptionnel, au Th\u00e9\u00e2tre du Bateau \u00e0 boire, nous avons l\u2019honneur d\u2019accueillir le Royaume de Bois, pi\u00e8ce en vers et contreplaqu\u00e9, qui, apr\u00e8s une tourn\u00e9e nationale, n\u2019a r\u00e9colt\u00e9 que des honneurs&nbsp;! depuis le p\u00e8re Ubu, vous n\u2019avez rien vu. Il faudrait que vous vinssiez \u00e0 vingt heures&nbsp;! Cinqui\u00e8mement&nbsp;: Dominique videur, service d\u2019ordre&nbsp;. Vingt heures, lui et ses sbires aux veines bleues bloquent toute la rue et dirigent les gens, badauds, touristes, \u00e9gar\u00e9s dans la salle du TBB&nbsp;; \u00e0 peine 30 m\u00b2. La salle est vite remplie, on verrouille les portes, le spectacle commence dans la chaleur moite et collante du Bateau \u00e0 Boire.<\/p>\n\n\n\n<p>2  grille wiki<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Job<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Discussion&nbsp;: article index\u00e9 au projet vie paysanne dans le Finist\u00e8re, pays du L\u00e9on 20 \u00e8me si\u00e8cle,ainsi qu\u2019au projet inventaire des enivr\u00e9s .<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Homonymie<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>job&nbsp;: anglicisme , n.m&nbsp;: travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 que l\u2019on ne consid\u00e8re pas g\u00e9n\u00e9ralement comme un v\u00e9ritable m\u00e9tier. Boulot.<\/p>\n\n\n\n<p>Job&nbsp;: de l\u2019h\u00e9breu, est un personnage de la Bible, h\u00e9ros du livre de Job. Livre class\u00e9 parmi les ketowim au sein de la bible h\u00e9bra\u00efque, et parmi les livres po\u00e9tiques de l\u2019Ancien Testament par les chr\u00e9tiens. Il est \u00e9galement cit\u00e9 dans le Coran en tant que proph\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Il repr\u00e9sente l\u2019arch\u00e9type du juste mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve avec la permission de Dieu. .<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9nom qui signifie rejet\u00e9, \u00e9cart\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Biographie<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Job est n\u00e9 Jobic Guena dans la commune de Dihouet en octobre 1934. Les registres de la commune ayant \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9s lors des attaques a\u00e9riennes du port de Brest et du littoral, les sources actuellement disponibles sont d\u00e9duites de la carte d\u2019appel\u00e9 au contingent 38, corrobor\u00e9es par une carte d\u2019invalidit\u00e9 de soldat d\u2019Alg\u00e9rie, retrouv\u00e9es dans un carton \u00e0 chaussures sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re d\u2019une grange. Il est le troisi\u00e8me enfant de Renan et Soizic Gu\u00e9na, journaliers. A la mort des ses parents, alors qu\u2019il n\u2019a qu\u2019une huitaine d\u2019ann\u00e9e, son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Fran\u00e7ois ouvrier journalier devient chef de famille. Sa s\u0153ur Germaine rentre comme employ\u00e9e de maison bourgeoise \u00e0 Brest l\u2019ann\u00e9e suivante, on perd apr\u00e8s sa trace. Il suit son fr\u00e8re qui se marie avec L\u00e9onie Le Guintec. Il les suit quand ces derniers deviennent fermiers dans la commune. En 54, il quitte le village pour faire son arm\u00e9e. Il est envoy\u00e9 en Alg\u00e9rie, dans la commune de Siddi bel Abbes, il y restera deux ans avant de passer une ann\u00e9e \u00e0 Tizi-Ouzou. En 58, il rentre dans la ferme familiale o\u00f9 il restera jusqu\u2019en 1985. Il y reste toute sa vie avec des passages r\u00e9guliers \u00e0 la d\u00e9ratisation. (Voir cure de d\u00e9sintoxication, dans l\u2019\u00e9tablissement du professeur Le goff, \u00e0 Brest, la Cavale Blanche.). En 1995, il suit son fr\u00e8re et sa belle s\u0153ur dans la commune voisine, Ploud\u00e9niau. Il meurt six mois apr\u00e8s son fr\u00e8re, \u00e0 l\u2019hospice de Saint Renan en Avril 1995.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u0152uvres<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Les bottes<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans les champs<\/p>\n\n\n\n<p>Vue du foss\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Par les terres<\/p>\n\n\n\n<p>Les c\u00f4tes flottantes<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Influences&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le noroit et le suroit<\/p>\n\n\n\n<p>la vie secr\u00e8te des coquillages<\/p>\n\n\n\n<p>le comptoir de Nicole<\/p>\n\n\n\n<p>Sidi Brahim<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une famille recompos\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Blaise est le dernier n\u00e9 de la g\u00e9n\u00e9ration Y de la famille Le Timonier. Quand on a d\u00e9couvert l\u2019arbre g\u00e9n\u00e9alogique en rangeant la maison de la grand-m\u00e8re, qu\u2019on l\u2019a d\u00e9roul\u00e9, Laurent a tout de suite vu son absence et fait pousser une nouvelle feuille avec son nom et sa date de naissance, l\u2019arbre ayant \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 \u00e0 la fin du 20 \u00e8me si\u00e8cle, g\u00e9n\u00e9ration X. La plupart des grands airs de famille, les mythes qui se racontent en fin de repas, \u00e9taient toujours d\u2019avant. D\u00e9cal\u00e9 d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, encore plus que ses fr\u00e8res et s\u0153urs qui avaient eu la bonne id\u00e9e de na\u00eetre encore au 20 \u00e8me, il se retrouve presque seul sur son \u00eelot futuriste. Il y a bien des cousins mais largement plus ag\u00e9s, et il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 oncle dans le berceau. S\u2019ensuit un sentiment d\u2019oubli et celui de pousser \u00e0 la lisi\u00e8re de la for\u00eat g\u00e9n\u00e9alogique. Appartenir \u00e0 la famille Le Timonier est un rep\u00e8re dans le village, essentiellement compos\u00e9 de deux souches oppos\u00e9es, chacune allant sur une plage diff\u00e9rente, lisant des journaux diff\u00e9rents, avec des convictions contraires, l\u2019une fumeuse, l\u2019autre pas, l\u2019une m\u00e9prisant l\u2019autre, l\u2019autre ignorant l\u2019une. La famille Le Timonier est une famille recompos\u00e9e qui avec les nouvelles boutures op\u00e9r\u00e9es sur la souche d\u2019origine prendra une grande envergure \u00e0 travers les diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations. Monsieur Antonin Le Timonier, l\u2019anc\u00eatre, \u00e9tait comme il arrive souvent sur le bord de cette c\u00f4te Bretonne, Amiral. Il se maria avec Simone n\u00e9e Guillou, et naquit de cette union trois enfants. Leurs noms, leurs sexes, il n\u2019importe quoiqu\u2019\u00e0 chaque fois qu\u2019on \u00e9voquait cette premi\u00e8re branche, pour expliquer \u00e0 un nouvel arrivant la structure organique de la famille, la grand-m\u00e8re tenait vraiment \u00e0 donner les pr\u00e9noms, les surnoms et les dates, qui bien s\u00fbr lui \u00e9chappaient. Il fallait pouvoir retrouver les identit\u00e9s avant que la m\u00e9moire ne l\u2019efface et que les g\u00e9n\u00e9rations suivantes ne puissent plus savoir qui est qui sur les photographies d\u00e9j\u00e0 voil\u00e9es. On dressait alors avec elle des petits pense b\u00eate avec les noms de chacun, ceux d\u2019avant et ceux d\u2019apr\u00e8s. Aussi les enfants de ce premier lit avaient bien s\u00fbr des noms d\u2019anc\u00eatre, Yvonne dite Vonnette, Roger ou Epinard, enfin Guy dit Kiki. Simone Guillou mourut en couche ou de la grippe espagnole ou de la tuberculose ou de je sais plus quoi, laissant l\u2019enseigne de vaisseaux avec trois enfants en bas \u00e2ge. La s\u0153ur d\u2019Yvonne, Elizabeth, la tante des enfants, vint s\u2019occuper de la fratrie et du mari. De tante, elle devint la femme puis la m\u00e8re des autres enfants. C\u2019\u00e9tait fr\u00e9quent \u00e0 cette \u00e9poque, on restait en famille. Deuxi\u00e8me lit mais m\u00eame chambr\u00e9e. Les enfants du premier lit \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s par leur tante avec leurs demi-fr\u00e8res et s\u0153ur-cousins, et les enfants du deuxi\u00e8me lit \u00e9taient \u00e9lev\u00e9es par leur m\u00e8re avec leur demi- soeurs et fr\u00e8res-cousins. La famille s\u2019agrandit encore. A chaque d\u00e9part en mer, l\u2019enseigne laissait \u00e0 sa femme un enfant \u00e0 couver. Suzanne, Gabrielle, Claude et Ren\u00e9e ne tard\u00e8rent pas \u00e0 arriver. Les enfants se demandaient toujours qui \u00e9taient la branche pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e&nbsp;: l\u2019originale avant que la mort ne prenne la m\u00e8re&nbsp;? Il faut bien dire que les enfants du premier lit consid\u00e9raient leur tante plus comme une mar\u00e2tre un peu pimb\u00eache que comme une m\u00e8re aimante. Le second lit se disant qu\u2019il n\u2019aurait pas vu le jour sans la mort providentielle de leur tante. Il en r\u00e9sultait une dichotomie, une certaine schizophr\u00e9nie avec cette famille \u00e0 deux t\u00eates qui faisait qu\u2019\u00e0 chaque fois qu\u2019on demandait \u00e0 un enfant s\u2019il \u00e9tait de la famille Le Timonier, il r\u00e9pondait par l\u2019affirmative vite suivi d\u2019un avenant, oui mais ou d\u2019un non mais oui. Finalement, ils se d\u00e9signaient en sous titre par le surnom de leur m\u00e8re, les Monette ou les Zabett. Jusqu\u2019ici, les embranchements sont assez faciles, mais la situation se complexifie \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration suivante. Les premiers lits \u00e9taient essentiellement compos\u00e9s de m\u00e2les, gardant leur nom &#8211; l\u2019unique fille n\u2019ayant jamais voulu se reproduire, pr\u00e9f\u00e9rant la sculpture et la terre \u00e0 la chair&nbsp;; Les enfants du deuxi\u00e8me lit, toutes filles \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on se mariait, qu\u2019on prenait le nom de sa moiti\u00e9, et que les familles oscillaient entre cinq et six enfants, on perd vite le fil. Les Gannat, Brincart, Reynaud, Sordet-Mautin et j\u2019en passe. Soixante huit est une explosion patronymique, une bombe \u00e0 fragmentation, et la situation devient tr\u00e8s embrouill\u00e9e dans les ronces g\u00e9n\u00e9alogiques. Il n\u2019y a plus de mariage, il n y a que du collage, ce sont tous des communistes, vivement la mort, disait la grand m\u00e8re. Si bien que les g\u00e9n\u00e9rations suivantes, m\u00e9prisant ces histoires de familles bourgeoises, se retrouvant chaque \u00e9t\u00e9 dans le m\u00eame village, ignor\u00e8rent rapidement qu\u2019elles appartenaient \u00e0 une seule et m\u00eame souche, qu\u2019ils \u00e9taient peut \u00eatre cousins, et c\u2019est souvent avec effroi qu\u2019ils d\u00e9couvrirent que leurs amours d\u2019\u00e9t\u00e9 manquaient en fait d\u2019alt\u00e9rit\u00e9, et ne pouvaient \u00eatre que contrari\u00e9es. Sous la boule \u00e0 facettes de l\u2019\u00e9trier-club, la belle blonde prenait une toute autre couleur. Et tout cela c\u2019est la partie visible de l\u2019arbre&nbsp;! Il y a bien sous les racines, des histoires adult\u00e9rines et d\u2019enfant n\u00e9 sous le nom d\u2019un autre pour ne pas troubler les familles.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/a\/ACg8ocLUXOv_9ST_URrJLl2FuaIIlx3GB-rxHkNsm5j-Tq_oQDDyGA=s40-p-mo\" alt=\"\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p id=\"proposition-2\"><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le pays des abers, l\u00e0 o\u00f9 la Manche et l\u2019oc\u00e9an se rencontrent, au large un tanker glisse sur le rail d\u2019Ouessant, pour \u00e9viter la c\u00f4te pav\u00e9e de gros rochers, v\u00e9n\u00e9rables \u00e9l\u00e9phants. Blaise le Timonier est allong\u00e9 sur un transat \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la citerne de la maison. Elle jouxte la porte de la cuisine \u00e0 laquelle on acc\u00e8de par cinq degr\u00e9s en granit. Le r\u00e9servoir en b\u00e9ton, ne sert plus depuis qu\u2019il y a l\u2019eau courante mais constitue une estrade o\u00f9 les langues se d\u00e9nouent bien mieux que pendant le c\u00e9r\u00e9monial des repas, o\u00f9 des successions d\u2019enfants y ont fait leur th\u00e9\u00e2tre invitant les parents autour. Des \u00e9rigerons volatiles partagent les anfractuosit\u00e9s avec la mousse. C\u2019est le 31 Ao\u00fbt\u00a0; les hirondelles ne rasent plus bas la prairie pour piquer sur la haie de tro\u00e8nes et d\u2019hortensias et s\u2019engouffrer sous le perron; les nids et les fils \u00e9lectriques sont vacants; Les ao\u00fbtiens ont tass\u00e9s leurs bagages dans les coffres pour reprendre la voie rapide jusqu\u2019\u00e0 la rocade de Rennes. Blaise flotte dans une robe de chambre antique tir\u00e9e d\u2019une penderie qui a vu d\u00e9filer des g\u00e9n\u00e9rations cherchant une petite laine. Hier encore \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Il a vingt ans, a perdu vingt kilos et gagn\u00e9 un trou dans le cr\u00e2ne dans l\u2019oreille droite o\u00f9 il entend une soufflerie continue. C\u2019est l\u2019harmonie. Le sifflement de la cocotte qui s\u2019\u00e9chappe de la cuisine, sert de basse continue. Le soleil r\u00e9appara\u00eet derri\u00e8re une caravane de cumulus couleur d\u2019ardoise pass\u00e9e de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du toit, c\u00f4t\u00e9 mer. Il se trouve sur la pente ensoleill\u00e9e du monde, l\u2019ombre des aulnes s\u2019est r\u00e9duite elle aussi pour se tenir dans la marge. L\u2019herbe, les feuilles, le ciel, tout brille apr\u00e8s la derni\u00e8re averse. Il est ravi du ciel apr\u00e8s trois mois allong\u00e9, les yeux coll\u00e9s au plafond, connaissant ses moindres d\u00e9tails, attrapant le bleu du ciel quand il a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 au CHU. Depuis qu\u2019il a pris la descente du S\u00e9maphore, en trois minutes avec une mouche dans son oreille, sa vie a chang\u00e9. Ses jours lui \u00e9chappent en spirale ; tumeur maligne\u00a0; on lui explique, cr\u00e2ne en main, comment le chirurgien va s\u2019y prendre pour le tr\u00e9paner; oraux des concours aux calendes; la belle assistante le retrouvant au Val de Gr\u00e2ce; les greffes rat\u00e9es\u00a0; le chirurgien Sterkof \u00e0 qui il doit la vie\u00a0; les gueules cass\u00e9s crois\u00e9s dans les couloirs, le paravent devant le lit voisin\u00a0; et cet air joyeux auquel il s\u2019accroche <em>Je suis heureux, j\u2019ai tout et j\u2019ai rien, je chante sur les chemins<\/em>. <em>Je dors la nuit sur l\u2019herbe des bois, les <\/em><em>Piti\u00e9 <\/em><em>mouches ne me piquent pas. <\/em>Il ne peut plus perdre son temps, il doit fabriquer ses machines, il sera le M\u00e9li\u00e8s du papier m\u00e2ch\u00e9, mais pour l\u2019instant, il a un \u00e9norme besoin de dormir. Ses joues se gonflent puis se creusent en petites bouff\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le voil\u00e0 enfant qui marche dans un champs h\u00e9riss\u00e9 de ma\u00efs; il enjambe les sillons en veillant \u00e0 ne pas casser les tiges&nbsp;; les \u00e9pis m\u00fbrs avec leurs barbes marrons qui pendigouillent&nbsp;; La terre craquel\u00e9e en grosses mottes s\u00e8ches, bris\u00e9es, s\u00e9par\u00e9es comme des falaises&nbsp;; une flottille de camomille au pied des \u00e9pis&nbsp;; la lisi\u00e8re d\u2019un autre champ aux herbes hautes remplies d\u2019ombelles&nbsp;; des gendarmes aux bouclier rouges et le casques ray\u00e9s grouillent dans les diff\u00e9rents bouquets ; combien d\u2019ombellules sur chaque ombelle&nbsp;, r\u00e9soudre l\u2019\u00e9quation&nbsp;; les bottes de Job \u00e0 l\u2019angle du talus et son pantalon dedans, la chemise \u00e0 carreaux et la casquette qui couvre \u00e0 demi son visage \u00e9bloui, avec l\u2019\u0153il qui en clignant, rel\u00e8ve le pli de la bouche d\u00e9couvrant la dent. <em>C\u2019est toi Blaise, \u00e9teins la lumi\u00e8re, <\/em><em>mignon<\/em><em>. <\/em>Il y a l\u2019\u00e9lectricit\u00e9&nbsp;\u00e0 la ferme des Gu\u00e9na? Pour les vaches et la trayeuse, mais dans la pi\u00e8ce, le rayon oblique venant de la petite fen\u00eatre qui \u00e9claire la terre battue, le tourbillon des particules de lumi\u00e8re avec les moucherons au dessus des b\u00eates, l\u2019odeur chaude de la cr\u00e8me. Il veut les m\u00eames bottes noires que Job. Il n\u2019aime pas quand les autres le traite de fruit sec. Job lui parle d\u2019homme \u00e0 homme. Il lui dit o\u00f9 il peut trouver des vieilles planches et des sacs de ciment pour ses cabanes et son train fant\u00f4me et des roues de kart pour la 704.<\/p>\n\n\n\n<p>Job d\u00e9bouche de derri\u00e8re la courbe du puits, et de son pas chaloupant, les bras en l\u2019air, vient saluer celui qui revient des enfers qu\u2019il conna\u00eet bien aussi quand on l\u2019emm\u00e8ne \u00e0 la d\u00e9ratisation, \u00e0 la clinique des docteurs de la cavale Blanche. Blaise est juch\u00e9 sur le bord de la citerne pour rester dans la flaque de lumi\u00e8re du soleil couchant. Job lui remet un cadeau emball\u00e9 dans un vieux T\u00e9l\u00e9gramme pli\u00e9 dedans duquel y a un Napol\u00e9on. Il enl\u00e8ve sa casquette et ses yeux bord\u00e9s de rouge ont l\u2019air de supporter une grosse larme qui ne tombera pas car les rigoles sont hydrofuges. Faut qu\u2019il sorte son mouchoir pour essuyer tout \u00e7a. Bon surtout, d\u00e8s qu\u2019il sera sur pied, il lui a mis de c\u00f4t\u00e9 un carbu solex avec une calandre de traction et une roue de brouette increvable. Arrive la cousine qui les rejoint. Elle vient demander s\u2019il n\u2019y a pas un \u0153uf pour la d\u00e9panner mais surtout imperm\u00e9able, imperm\u00e9able aux d\u00e9flagrations dans l\u2019oreille cass\u00e9e, vient poursuivre sa col\u00e8re de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente contre ces malades qui nous lobotomisent avec leur injection et balancent des tra\u00een\u00e9es de poison dans le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a fait bien longtemps qu\u2019il n\u2019est pas revenu s\u2019asseoir l\u00e0 bas, Blaise. Les absents flottent dans la maison qui s\u2019impr\u00e8gne d\u2019humidit\u00e9, volets trop longtemps ferm\u00e9s, le papier se d\u00e9colle dans les chambres; les miroirs, les photos accroch\u00e9es de plus en plus piqu\u00e9es, ne renvoient plus de visage, mais des contours, les souris ont entam\u00e9 le velours des fauteuils. Les fen\u00eatres aux dormants gonfl\u00e9s d\u2019eau, les gonds rouill\u00e9s par la mer tiennent par miracle et chaque temp\u00eate menace d\u2019entrer dans la maison. Blaise rattrape le temps perdu, il a tent\u00e9 de rentrer dans les clous, en devenant ing\u00e9nieur \u00e0 Sochaux , mais il s\u2019ennuie tellement pendant les r\u00e9unions sur les roulements \u00e0 bille, qu\u2019il \u00e9vite de sombrer dans le sommeil en \u00e9crivant sa premi\u00e8re pi\u00e8ce, le royaume de bois, en vers et en contreplaqu\u00e9. Toujours cette folie des planches qui ne s\u2019est pas calm\u00e9. Il couvre son bloc note d\u2019\u00e9critures baroques sous l\u2019\u0153il \u00e9tonn\u00e9 de son polytechnicien de chef qui pense qu\u2019il s\u2019y est mis enfin, qu\u2019il r\u00e9volutionne les boites de vitesse. Le soir, il remet les sc\u00e8nes \u00e0 Claire qui les tape le lendemain entre deux conclusions chez son avocat marron. Ils ont trouv\u00e9 le bon rythme, des planches sur les chantiers, les accessoires dans les grands encombrants. Ils ne savent pas coudre alors ils d\u00e9couperont leur costume dans le bois. Roi et reine dans un royaume de bois est aussi simple que de jouer \u00e0 la bataille. Bien loin des phares et des balises, ils foncent dans une petite ln charg\u00e9e de toute la structure de leur th\u00e9\u00e2tre, des costumes, et de leur inconscience pour Avignon. Ils ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y croire et ont pris en stop une femme au cheveux bleu qui descend elle aussi pour le Festival. Elle lit \u00e0 l\u2019arri\u00e8re le livre des mutations.<\/p>\n\n\n\n<p>Midi, les rues chauff\u00e9es \u00e0 blancs se vident, les estivants du festival se d\u00e9p\u00eachent de gagner l\u2019ombre pour ne ressortir qu\u2019\u00e0 la fra\u00eeche et voir jouer les com\u00e9diens dans la cours des grands. Indiff\u00e9rents, enthousiastes et na\u00effs, Blaise et Claire jouent \u00e0 toutes les heures. Out du off du in dans cette grande foire estivale des spectacles vivants, dans cette avalanche de spectacles du matin jusqu\u2019au soir qui se succ\u00e8dent, s\u2019entrem\u00ealent, se chevauchent comme des s\u00e9ances de cin\u00e9ma. Les affiches du matin sont d\u00e9j\u00e0 \u00e0 moiti\u00e9 recouvertes par celles de l\u2019apr\u00e8s midi pour des spectacles le soir. Dans une heure, elles voletteront sans doute en lambeaux, ou seront transform\u00e9es en un gros mille feuilles de papier m\u00e2ch\u00e9 qui chutera des murs. Ils rangent la mise et les costumes du<em> Royaume de bois. L<\/em>es rares badauds qui les ont suivis se diss\u00e9minent tandis que Blaise d\u00e9croche le rideau du panneau \u00ab&nbsp;interdit au spectacles forains&nbsp;\u00bb pour le rouler et le caler en rouleau sur leurs sacs, il plie d\u00e9licatement les vers, <em>aucune envie d\u2019\u00eatre un gruy\u00e8re, je n\u2019irai pas \u00e0 cette guerre, mes yeux s\u2019inondent et ruissellent sur mes joues d\u00e9lav\u00e9es, <\/em>quand il surgit, en se frappant la poitrine. D\u00e9boulant de nulle part, Pied nickel\u00e9 de chair et d\u2019os, plus Filochard que Ribouldingue, \u00e9nergum\u00e8ne \u00e9chapp\u00e9 d\u2019on ne sait d\u2019o\u00f9. Il s\u2019essuie les l\u00e8vres avec un mouchoir douteux&nbsp;\u00ab&nbsp; pour embrasser votre dame&nbsp;\u00bb, de l\u2019autre il chasse une larme du poing pour finalement leur tomber dans les bras, de nouveau sujet \u00e0 des soubresauts lacrymaux. \u00ab&nbsp; Depuis que G\u00e9rard nous a quitt\u00e9, dit-il en frappant son poitrail creux, depuis que mon fr\u00e8re de c\u0153ur a disparu, cueilli dans la fine fleur de sa jeunesse, que n\u2019aie je cherch\u00e9 sans les trouver mes \u00e2mes s\u0153ur et d\u2019\u00e9lection. Je les ai trouv\u00e9&nbsp;! Vous \u00eates l\u00e0 mes amis, gr\u00e2ce divine, je n\u2019ai jamais rien entendu d\u2019aussi \u00e9mouvant &nbsp;\u00bb. Ils ploient sous ses paroles impr\u00e9visibles, irr\u00e9sistibles emport\u00e9s par cet homme qui parle au subjonctif et au superlatif. \u00ab&nbsp; Nous allons faire de grande chose, d\u00e9sormais vous \u00eates sous ma protection, sous ma direction, je vous accueille dans mon th\u00e9\u00e2tre, le TBB, th\u00e9\u00e2tre du bateau \u00e0 boire.&nbsp;\u00bb Ils le suivent sans aucune forme de pens\u00e9es, \u00e0 travers le labyrinthe des rues, de plus en plus en p\u00e9riph\u00e9rie des remparts,charm\u00e9s par son son plan de bataille, leur futur plan de carri\u00e8re qu\u2019il d\u00e9ploie sans boule de cristal.&nbsp;\u00ab&nbsp;Premi\u00e8rement, je me charge de tout. Dominique, pour vous servir, vendeur sur les march\u00e9s, bonimenteur et joueur de bonneteau, je suis votre impresario, l\u2019homme qu\u2019il vous faut&nbsp;. Deuxi\u00e8mement, nous ne nous quitterons plus. Nous partons en tourn\u00e9e nationale tous les trois. Je me charge de l\u2019intendance, avec un camping car, bien sur, j\u2019ai une piste.Troisi\u00e8mement, nous arrivons au centre du monde, pardon, de l\u2019univers, l\u00e0 o\u00f9 tout commence, le TBB, Th\u00e9\u00e2tre du bateau \u00e0 boire&nbsp;\u00bb, un troquet douteux avec une pancarte, interdit de licence&nbsp;4, Th\u00e9\u00e2tre sans alcool. Un grand \u00e9chalas torse nu aux veines tr\u00e8s bleues et saillantes les accueille, le regard embu\u00e9. Geg\u00e9, r\u00e9gisseur en chef. Tr\u00e8s affair\u00e9 \u00e0 bricoler une petite guitare en bois de cageot. \u00ab&nbsp;Peux tu emmener Madame aux commodit\u00e9s et \u00e0 sa loge afin qu\u2019elle puisse se changer&nbsp;\u00bb. Claire dispara\u00eet avec G\u00e9g\u00e9 qui pousse une porte de l\u2019\u00e9paule et lui montre au fond de la cour les cabinets \u00e0 la turque. On doit se changer sans glisser dans le trou&nbsp;. Pendant ce temps, l\u2019impresario, Dominique, emm\u00e8ne Monsieur Blaise d\u00e9couvrir la sc\u00e8ne et appr\u00e9cier la jauge, ils descendent une \u00e9chelle de meunier pour arriver dans une cave au sol collant, une boule \u00e0 facette pendouillant au plafond et d\u2019un geste majestueux, ouvre une porte secr\u00e8te&nbsp;: le fumoir, un petit cagibi, avec dans la rotonde un conduit de po\u00eale qui sert d\u2019\u00e9vacuation. Puis, princier, il invite au repas, \u00ab&nbsp;permettez moi de vous offrir ce premier repas qui scellera notre compagnie itin\u00e9rante, une salade de pois chiche&nbsp;\u00bb, durs comme des roulements \u00e0 billes. Il pleure \u00e0 nouveau G\u00e9rard Philippe, son cancer, sa gueule, \u00ab&nbsp;mais vous, mes nouveaux amis, vous redonnez un souffle \u00e0 ma vie et \u00e0 notre projet sublime&nbsp;! \u00ab&nbsp;Comme Blaise s\u2019inqui\u00e8te de ne plus revoir sa reine, il rassure, oh, G\u00e9g\u00e9, il fait que des conneries. \u00ab&nbsp;Quatri\u00e8mement, sieste avant la parade \u00e0 18 heures \u00e0 travers la ville, en costume de bois, je me charge de l\u2019annonce.&nbsp;\u00bb Et la grande parade commence avec le joueur de fl\u00fbte en avant, \u00e0 la voix entra\u00een\u00e9e, qui rivalise avec tous les hauts parleurs forains. Ce soir, grand spectacle exceptionnel, au Th\u00e9\u00e2tre du Bateau \u00e0 boire, nous avons l\u2019honneur d\u2019accueillir le Royaume de Bois, pi\u00e8ce en vers et contreplaqu\u00e9, qui, apr\u00e8s une tourn\u00e9e nationale, n\u2019a r\u00e9colt\u00e9 que des honneurs&nbsp;! depuis le p\u00e8re Ubu, vous n\u2019avez rien vu. Il faudrait que vous vinssiez \u00e0 vingt heures&nbsp;!&nbsp;\u00bb Cinqui\u00e8mement&nbsp;: Dominique videur, service d\u2019ordre&nbsp;. Vingt heures, lui et ses sbires aux veines bleues bloquent toute la rue et dirigent les gens, badauds, touristes, \u00e9gar\u00e9s dans la salle du TBB&nbsp;; \u00e0 peine 30 m\u00b2. La salle est vite remplie, on verrouille les portes, le spectacle commence dans la chaleur moite et collante du Bateau \u00e0 Boire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>table des mati\u00e8res 1- une rencontre 2- Job 3-une famille recompos\u00e9e 4-le salon des refus\u00e9s L\u2019impr\u00e9sario Midi, les rues chauff\u00e9es \u00e0 blancs se vident, les estivants du festival se d\u00e9p\u00eachent de gagner l\u2019ombre pour ne ressortir qu\u2019\u00e0 la fra\u00eeche et voir jouer les com\u00e9diens dans la cours des grands. Indiff\u00e9rents, enthousiastes et na\u00effs, nous jouons \u00e0 toutes les heures. Out <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/nouvelles-boucle-2-helene-boivin\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># nouvelles, boucle 2 |H\u00e9l\u00e8ne Boivin<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":169,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[5908,5909,5947,5966,5991],"tags":[4657,228,923],"class_list":["post-152563","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles-boucle-2","category-boucle-2-01-paul-morand","category-boucle-2-02-faux-wikipedia","category-boucle-2-03-gertrude-stein-familles","category-boucle-2-04-pierre-michon","tag-arbre-genealogique","tag-enfance","tag-personnage"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152563","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/169"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=152563"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152563\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152563"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=152563"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=152563"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}