{"id":15357,"date":"2019-10-11T16:08:07","date_gmt":"2019-10-11T14:08:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=15357"},"modified":"2019-10-11T16:27:57","modified_gmt":"2019-10-11T14:27:57","slug":"toujours-autre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/toujours-autre\/","title":{"rendered":"Toujours autre"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"480\" height=\"640\" src=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Toujours-autre-il-je-corps.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15358\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Toujours-autre-il-je-corps.jpg 480w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Toujours-autre-il-je-corps-315x420.jpg 315w\" sizes=\"auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce qui pousse \u00e0 revenir au m\u00eame endroit, toujours autre,\ntoujours d\u00e9plac\u00e9. Ce qui tient le toit, tient du toit, &nbsp;et forme le toit&nbsp;: un assemblage de\nfragments serr\u00e9s, dessinant &nbsp;l\u2019espace\nprot\u00e9g\u00e9&nbsp; et d\u00e9clenchant la pr\u00e9sence de l\u2019horizon,\nau-dehors. &nbsp;Ce qui pousse hors des\nretranchements, comme dans la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9m\u00e9nager les mots qui br\u00fblent, de\nles transporter avec les objets dans des cartons jusqu\u2019\u00e0 la lie, &nbsp;derni\u00e8re s\u00e9paration, sans c\u00e9der \u00e0 la tentation\nde l\u2019incendie. &nbsp;Ce qui fait que la\nfen\u00eatre s\u00e9pare les deux temps comme disait le petit enfant observant les lieux\ntout juste investis. Ce qui \u00e9gare \u00e0 cause de l\u2019irruption du r\u00eave&nbsp;agissant\ncomme le rappel d\u2019une origine dont les contours forment un battement, peut-\u00eatre\nle chemin du corps. Il y a bien une silhouette&nbsp;: la question de fond. En\nfermant les yeux, on la voit, on la retrouve. La question cherche. A t\u00e2tons.\nCherche apr\u00e8s. Et sur les c\u00f4t\u00e9s, dans la coulisse, quelqu\u2019un tente de murmurer\npour elle les paroles manquantes. Mais la question n\u2019entend rien et ne supporte\nni les r\u00e9ponses, ni les portes ferm\u00e9es. Elle n\u2019en fait qu\u2019\u00e0 sa t\u00eate, invente\nune langue vivante et incompr\u00e9hensible qui transporte ce qui se pr\u00e9sente, ce\nqui attend. Quelqu\u2019un attend dans l\u2019entr\u00e9e et quel travail pour comprendre la question,\nquand le terrain &nbsp;en temps de guerre est\npi\u00e9g\u00e9 par tous les malentendus qui errent dans la langue. La question est aussi\n&nbsp;question du visage. Lancinante, comme\ntoute question de fond. Elle ne peut dispara\u00eetre, et lui non plus, le visage.\nTendre et dangereux comme dans la chanson qui existe, puisqu\u2019elle est \u00e9crite et\nqu\u2019on peut la retrouver en \u00e9coutant. Retrouver le corps. &nbsp;&nbsp;Et le\ncorps de la question, ce serait quoi, si on cherchait \u00e0 voir plus loin&nbsp;?\nIl \u00e9mergerait des&nbsp; strates, des\nentassements, &nbsp;des d\u00e9perditions, &nbsp;des disparitions&nbsp;; il y aurait son &nbsp;ventre o\u00f9 circule l\u2019\u00e9trange douceur, un fruit\nsans explications, n\u00e9 de la mort elle-m\u00eame. Qui peut comprendre&nbsp;?&nbsp; Question. Celle de la langue qui charrie tous\nles \u00e9clats, lourds et h\u00e9t\u00e9roclites&nbsp; dans &nbsp;la p\u00e9niche nomm\u00e9e Evidence sur le bassin de\nl\u2019Arsenal. Pour l\u2019instant immobilis\u00e9e, encore attach\u00e9e au quai, sous la pluie\ncomme dans le Nord. &nbsp;Entrav\u00e9e&nbsp;: il\nfaudrait pouvoir la d\u00e9crire et surtout savoir comment elle &nbsp;partira, tr\u00e8s lentement, remise au niveau de l\u2019eau\npar le jeu de l\u2019\u00e9cluse. Ecrire son attente, \u00e9crire la question du visage\nmigrant &nbsp;sur la rambarde, celui qui guette\nau tournant l\u2019ombre d\u2019un sourire. Seulement l\u2019ombre. &nbsp;La question est pensive. Sur le banc d\u2019une\nancienne place aux quatre &nbsp;fontaines\nbruissantes, elle se pose, &nbsp;regarde les marronniers\n&nbsp;qui encerclent une statue cavali\u00e8re &nbsp;et sur le sol martel\u00e9, des bogues vides. Les\nmarrons d\u2019Inde&nbsp;: tous ramass\u00e9s \u00e0 cause de la nostalgie? Question. A\nl\u2019angle de la place, devant la maison de l\u2019auteur prise dans les barricades&nbsp;:\n&nbsp;&nbsp;cris,\ncavalcades, sir\u00e8nes qui s\u2019approchent et &nbsp;course des policiers dans la diagonale de la\nstatue. Qui poursuit quoi&nbsp;? Accourir pour comprendre, dans l\u2019instant exact\nde l\u2019\u00e9criture, mais d\u00e9j\u00e0 l\u2019attroupement se d\u00e9fait, elle est&nbsp; sem\u00e9e sur place&nbsp; et rena\u00eet au contact des endroits travers\u00e9s &nbsp;dans la ville qui ressemble \u00e0 tout ce qui lui\n\u00e9chappe. La question qui s\u2019\u00e9crit est une cam\u00e9ra. Au sortir d\u2019une bouche de\nm\u00e9tro, elle saisit &nbsp;une figure de l\u2019inlassable&nbsp;:\nun guitariste amplifi\u00e9 joue \u00e0 l\u2019infini, tellement plong\u00e9 en lui-m\u00eame qu\u2019il voyage\ntout p\u00e2le dans le miroir sonore, &nbsp;m\u00eame si\naucune pi\u00e8ce ne le rejoint dans l\u2019escarcelle. Alors la question tombe avec un\nbruit m\u00e9tallique aux pieds du musicien qui rel\u00e8ve la t\u00eate, sourit, &nbsp;puis reprend son visage secret. Celui d\u2019avant.\nR\u00e9verb\u00e9ration. Plus loin, une file d\u2019attente&nbsp;: elle est dedans pour\ninaugurer encore un &nbsp;d\u00e9placement. Attendre\npour entrer. Penser en m\u00eame temps. L\u00e0, seuls les objets pr\u00e9sent\u00e9s sont\n\u00e9clair\u00e9s, pas les visiteurs. Des \u00e9crans aussi,&nbsp;\n&nbsp;des projections en noir et blanc\npartout dans les cavit\u00e9s, ce qui est muet et ce qui ne l\u2019est pas. Des\nspectateurs, une sc\u00e9nographie en dents de scie, un espace pour les questions de\nfond. Une histoire est n\u00e9e. Je cherche apr\u00e8s. &nbsp;Tout le monde sait et tout le monde s\u2019interroge.\nTitine, la question&nbsp;: rit&nbsp; dans les\nengrenages,&nbsp; plante son c\u0153ur dans les\npetits pains, d\u00e9coupe &nbsp;des morceaux choisis\ndans l\u2019atelier pour cr\u00e9er l\u2019animation qui en dira long sur elle.&nbsp; D\u00e9j\u00e0 elle&nbsp;\nn\u2019est &nbsp;plus l\u00e0, elle s\u2019\u00e9chappe \u00e0 chaque\nrespiration, \u00e9chappe \u00e0 la facilit\u00e9. Elle fuit l\u2019exposition en courant, perd ses\nmoyens, une chaussure sur deux, s\u2019engouffre dans la bouche, compte les stations\net se retrouve hors d\u2019haleine, hors d\u2019atteinte, telle qu\u2019en elle-m\u00eame. En\n\u00e9crivant. Jusqu\u2019o\u00f9&nbsp;? Question.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce qui pousse \u00e0 revenir au m\u00eame endroit, toujours autre, toujours d\u00e9plac\u00e9. 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