{"id":15789,"date":"2019-10-16T19:07:28","date_gmt":"2019-10-16T17:07:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=15789"},"modified":"2019-10-16T19:07:31","modified_gmt":"2019-10-16T17:07:31","slug":"au-dehors-il-neige","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/au-dehors-il-neige\/","title":{"rendered":"Au dehors, il neige"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"720\" height=\"720\" src=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/140506_IMG_0709.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15791\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/140506_IMG_0709.jpg 720w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/140506_IMG_0709-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/140506_IMG_0709-420x420.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><figcaption>Au dehors, il neige<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">N\u00e9e un lundi\u00a0 \u00e0 05:00. Attendue, arriv\u00e9e. Parvenue. Connue. Reconnue. Bagu\u00e9e, lang\u00e9e, nomm\u00e9e, pr\u00e9nomm\u00e9e. Il existe divers papiers dument remplis pour en t\u00e9moigner. On dit que l\u2019on donne naissance. JE nais. Tu n\u2019es. Au dehors, il parait qu\u2019il neige. On \u00e9voque une grande lumi\u00e8re et des trains qui se sont crois\u00e9s \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re sous des cieux-scialytiques. Puis vaccin\u00e9e. Obligatoire. D\u2019autres divers papiers et certificats tamponn\u00e9s sont l\u00e0 pour en t\u00e9moigner, mais de courriers de loin venus, point. Montr\u00e9e,d\u00e9montr\u00e9e. Cela faisait neuf mois que. On calcule. Des mains s\u2019\u00e9cartent, des voix comptent sur des doigts. Pr\u00e9matur\u00e9e ? Peut-\u00eatre pas tout \u00e0 fait neuf mois pile mais tout comme. Puis couv\u00e9e.\u00a0 Bois, dors, dors \u00e0 poings plus ou moins ferm\u00e9s, pleure. Eveille, s\u2019\u00e9veille, r\u00e9veille, bois, dors. Le tout dans des lenteurs d\u2019aquariums et \u00e0 l\u2019abri de rideaux blancs. Je silence. Je neige. On ne sait rien d\u2019elle, \u00e0 part ce front qui se dessine, ces yeux qui appartiennent \u00e0 l\u2019autre. Oui, de \u00e7a on est s\u00fbrs. Inconnue qu\u2019on tente de modeler \u00e0 une forme qui va bient\u00f4t disparaitre, s\u2019effacer mais dont elle va emprunter les traits. Certaine moue. Quelques mots aussi sans doute. Mais dont elle ne saura rien. qu\u2019elle conservera. Elle. Sera arch\u00e9ologue. Mais, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il est peu probable qu\u2019un adulte de son entourage ait prononc\u00e9 ce mot. Le patois dont on la lange ne comporte pas assez de lettres pour le former. L\u2019envisager m\u00eame. On n\u2019aura pas non plus retenu le m\u00e9tier d\u2019antiquaire. La profession eut parue trop luisante. Et puis, les vieilleries on y vit encore dedans. On les prolonge. Collectionneuse peut-\u00eatre, mais \u00e7a n\u2019est toujours pas un m\u00e9tier, une \u00e9tiquette s\u00e9rieuse. \u00c7a sent trop le dimanche oisif, ou alors, et c\u2019est pire, la curieuse qui cherche, renifle, la fureteuse. On n\u2019appr\u00e9cie pas trop \u00e7a, ici. En tous cas elle gardera tout, boutons, tessons arrondis d\u2019anciennes vaisselles lui auront l\u2019air plus pr\u00e9cieux d\u00e9nich\u00e9s sous les couches de terre noire et venus l\u00e0 on ne sait plus comment. La petite, elle voudra savoir mais plus personne n\u2019aura en t\u00eate ces \u00e9clats de blancheurs ternies d\u00e9cor\u00e9es de quelques p\u00e9tales d\u00e9licats au rose pass\u00e9, d\u2019or frang\u00e9s, non, on n\u2019aura jamais vu \u00e7a ici o\u00f9 l\u2019on persiste dans le rustique. Le vite fait. Le sommaire. La plus belle pi\u00e8ce, l\u2019unique, c\u2019est<em> el piat\u2019 deul\u2019 Signor<\/em>, et peut-\u00eatre un pot ventru de fa\u00efence ancienne avec deux rameaux de feuillages verts retenus par un n\u0153ud \u2014 simple trait enlac\u00e9 \u00e0 la peinture marron \u2014 avec sur le ventre en lettres vertes W IL VINO. On rira de la voir se trainer \u00e0 quatre pattes,\u00a0 gratter cette terre noire autour de la source. finira jardini\u00e8re, cultivatrice. Pourtant dans le petit jardin o\u00f9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re semait graines et noyaux, rien n\u2019est venu. Ces mots que je mets dans leurs bouches ne s\u2019accordent pas au f\u00e9minin. Ici, on n\u2019aura jamais vu une femme tenir une ferme toute seule. Il faudra la marier. Quand m\u00eame, on mentionnera sa peau trop blanche, les yeux, les cheveux trop clairs, ici, le soleil sauvage mord d\u00e9j\u00e0 ses bras nus, il faut voir comment\u00a0! L\u2019\u00e9t\u00e9 on prendra garde de bien lui couvrir la t\u00eate, de calmer ses jeux, sinon, presque chaque jour, \u00e0 midi une fleur rouge \u00e9close se r\u00e9pand, dilu\u00e9e brutalement dans le verre d\u2019eau o\u00f9 elle se penchera. Les d\u00e9jeuners affol\u00e9s s\u2019\u00e9courteront. On gesticulera pour la calmer. L\u2019\u00e9norme cl\u00e9 de la cave appliqu\u00e9e dans son cou \u2014 on dit que c\u2019est un rem\u00e8de efficace \u2014 Elle les connait d\u00e9j\u00e0, \u00e0 peine invit\u00e9e depuis quelques heures, \u00e0 travers le lait qu\u2019elle t\u00eate et leurs germes filtr\u00e9s, et surtout les mots tamis\u00e9s, lointains, la langue, l\u2019histoire des femmes, et de tous ces hommes partis, puis revenus parfois, mais juste pour mourir. Pourrir sous des tombes bien \u00e0 eux. les \u00e9touffe sous divers \u00e9dredons de plumes. \u00c9touffe et \u00e9trangle sous les mots o\u00f9 la terre s\u2019accroche, lunes noires sous les ongles.<br><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e un lundi\u00a0 \u00e0 05:00. Attendue, arriv\u00e9e. Parvenue. Connue. Reconnue. Bagu\u00e9e, lang\u00e9e, nomm\u00e9e, pr\u00e9nomm\u00e9e. Il existe divers papiers dument remplis pour en t\u00e9moigner. On dit que l\u2019on donne naissance. JE nais. Tu n\u2019es. Au dehors, il parait qu\u2019il neige. On \u00e9voque une grande lumi\u00e8re et des trains qui se sont crois\u00e9s \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re sous des cieux-scialytiques. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/au-dehors-il-neige\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Au dehors, il neige<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":27,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1281],"tags":[],"class_list":["post-15789","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2019-10-il-elle-corps"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15789","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/27"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15789"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15789\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15789"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15789"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15789"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}