{"id":15907,"date":"2019-10-18T14:10:15","date_gmt":"2019-10-18T12:10:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=15907"},"modified":"2019-10-18T14:14:02","modified_gmt":"2019-10-18T12:14:02","slug":"perspectives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/perspectives\/","title":{"rendered":"Perspectives"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/DSC09427-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15909\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/DSC09427-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/DSC09427-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/DSC09427-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>&nbsp;Perspectives 1 \/ &nbsp;la part cach\u00e9e <\/p>\n\n\n\n<p>T\u00e9nu d&rsquo;en presque\nrien il me vient toujours sans pr\u00e9venir d&rsquo;accrocher mes d\u00e9pouilles au\nporte-manteau de doubles indiff\u00e9rents. Ceux du hasard. N&rsquo;importe lesquels: deux\npassants pr\u00e9occup\u00e9s au bout des phrases derri\u00e8re la fum\u00e9e de leurs cigarettes, ondulent\ndevant les persiennes entrechoqu\u00e9es, \u00e9traves fendant rue soleil et \u00e9chappements.\nCelui-l\u00e0 d\u00e9gingand\u00e9 d&rsquo;une petite troupe agit\u00e9e sous l&rsquo;abribus, chahute bouscule\nrit crache. Lui le vieux blouson gris assis sur le banc vert-parc-municipal\nc\u0153ur entrav\u00e9 d&rsquo;initiales, plant\u00e9 en mouillage paisible dans l&rsquo;ocre, \u00e0 l&rsquo;escale devant\nla margelle en b\u00e9ton l\u00e9preux du bassin ras le sol, eau croupie et \u00eelots d&rsquo;escarres\nd\u00e9but d&rsquo;automne, vent froid d\u00e9j\u00e0. Elle entre jour et sommeil du matin m\u00e9tro, cal\u00e9e\nsur son strapontin, rencogn\u00e9e contre les secousses &#8212; torpeur de solitude anesth\u00e9si\u00e9e\n&#8212; lanc\u00e9e dans le boyau de multitude jaun\u00e2tre, ses bruits ses chocs ses\nchuintements ses grincements de freins et ses souffles poussi\u00e9reux. Tout d&rsquo;un\ncoup derri\u00e8re leurs yeux brouill\u00e9s (esp\u00e9rant me sauver peut-\u00eatre, trouver\nrefuge, je me suis gliss\u00e9 en douce, blotti d&rsquo;instinct derri\u00e8re leur front comme\non frotte et barbouille par r\u00e9flexe le bobo de l&rsquo;enfant livr\u00e9 au mal impensable\nd&rsquo;\u00eatre tomb\u00e9-d\u00e9chiquet\u00e9 alors le dedans tout le dedans se vomit dehors). Depuis\ncet observatoire distrait je flotte \u00e9vanescent et flou, figurant plant\u00e9 dans son\nd\u00e9cor carton-p\u00e2te. Depuis leurs pupilles d\u00e9saffect\u00e9es j&rsquo;effleure m\u00e9caniquement la\nsilhouette banale de ma fadeur lasse. Aussit\u00f4t \u00e9loign\u00e9s je regagne mon corps\npour l&rsquo;invention d&rsquo;une amorce de l&rsquo;histoire d&rsquo;eux (o\u00f9 ils seront attendus, quand\net comment ils vont retrouver leurs autres, ce qu&rsquo;ils vont se dire, de quelles\nheures sera leur journ\u00e9e, leurs gestes de rire ou de col\u00e8re, la fatigue d&rsquo;apr\u00e8s,\net puis \u00e0 nouveau j&rsquo;oublie tout: leurs visages labiles et volatiles, mes mots\npour eux, le r\u00eave fragile qu&rsquo;ils ont d\u00e9terr\u00e9.) Il me faudra donc me fortifier,\n(c&rsquo;est ce que je me r\u00e9p\u00e8te et puis&#8230;) prendre racines, fabriquer un temps\nsolaire, un lieu d&rsquo;avant les d\u00e9parts les regards baiss\u00e9s les silences rageurs\net la vie \u00e0 moiti\u00e9&#8230; J&rsquo;y engrangerai comme s&rsquo;ils coulaient des nuages des\nsouvenirs \u00e0 demi rong\u00e9s, d&rsquo;autres inconnus. Des plateaux de cailloux blancs et\nsecs (soleil bleu d&rsquo;herbes hardies, ronces et paille en bordure de chemins) et m\u00eame\nd&rsquo;ennui au grelot assourdi des sonnailles. Des maisons pierreuses et sombres d&rsquo;avant\nles toits et croix couronn\u00e9s d&rsquo;\u00e9pines, des rencontres avort\u00e9es sur les quais de\ngare. (J&rsquo;irai peut-\u00eatre \u00e0 celle de Cahors puis m&rsquo;en irai lentement dessous le\ndiable du Pont Valentr\u00e9, chercherai une silhouette mince et press\u00e9e peut-\u00eatre la\nsuivrai enjou\u00e9e rieuse chuchoteuse en cascade au bras d&rsquo;une autre comme souvent\nles filles jeunes.) Ecouterai ses mots pour rire, de la fra\u00eecheur l\u00e9g\u00e8re, un\npeu moins de murs un peu moins de peine &#8212; aurai moins fracas profond de ses silences\net de sa col\u00e8re furieuse blessure d&rsquo;entaille profonde &#8212; comme un n\u0153ud dans le\nbois &#8212; \u00e9ruptive comme les volcans vieux soumis aux pouss\u00e9es des laves pr\u00e9historiques.\nPour lui qui la rejoindra \u00e0 l&rsquo;autre bout du quai tracerai une g\u00e9ographie fabuleuse\nd&rsquo;anciens voyages au tableau du noir, et puis de l\u00e0 verrai si du plus clair. (Je\nvoudrais surtout je le crois inventer un peu de leur force du premier d\u00e9part,\ncelle qui les a faits s&rsquo;atteler et laisser leurs familles paysages et amis sans\ntrop r\u00e9fl\u00e9chir pour filer de l&rsquo;avant avec l&rsquo;allant pluriel de leur promesse\nd&rsquo;\u00eatre deux.) <\/p>\n\n\n\n<p>Perspectives 2 \/les filaments\ndu multiple :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230; plus vite\npapa plus vite &#8230; parce que <em>vivre<\/em> <em>ici<\/em> est incommensurable foison, aussi changeant et\ninsaisissable que les reflets argent\u00e9s de ces arbres qu&rsquo;agitent et \u00e9bouriffent\nles rafales, pile \u00e0 la l\u00e8vre de l&rsquo;\u00e9troit virage qui s&rsquo;\u00e9loigne \u00e0 angle droit de\nla ruelle bord atlantique. Depuis quelques journ\u00e9es Septembre installe avec un\npeu plus de lenteur, un peu plus de gris, ses silhouettes \u00e9parses \u00e0 l&rsquo;allure de\nfamiliers. (Je le devine \u00e0 leur fa\u00e7on tranquille et parfois maussade d&rsquo;habiter\nles lieux, longer les palissades berchues, parsemer les plages juste sous les\ntouffes d&rsquo;oyats ou en d\u00e9ambulation lente sur l&rsquo;estran ; squatter les all\u00e9es et\n\u00e9tals clairsem\u00e9s du march\u00e9). Les sacs \u00e0 dos d&rsquo;\u00e9coliers ont remplac\u00e9 les\nplanches de surf, les parasols vagabonds et les draps de bain. Il rengaine une\ntra\u00eene de beau et doux, plus encore la derni\u00e8re frange d&rsquo;apr\u00e8s-midi en ultime\nregain de soleil, comme si marchant \u00e0 pas paisibles et accord\u00e9s \u00e9t\u00e9 et jour\nconsommaient jusqu&rsquo;au bout leur fin,&nbsp; c\u00e9l\u00e9braient\nleur soif de lumi\u00e8re avant de s&rsquo;\u00e9chouer dans l&rsquo;automne et dans la nuit, comme\nces \u00e9paves d\u00e9mantel\u00e9es sous l&rsquo;ultime mue de vase bossel\u00e9e. Maintenant les\narbres soud\u00e9s en lente procession sous le banc de feuilles \u00e9caill\u00e9es en milliers\nd&rsquo;\u00e9clats fugitifs brossent le d\u00e9licat ciel moutonneux &#8212; pose sa plume sur le\nminuscule rond-point rase goudron rond-point pour jouer man\u00e8ge d\u00e9suet de f\u00eate\nforaine rase cicatrice blanche des pieds \u00e0 courir bras \u00e0 pousser un de ces\ntourniquets de terrain de jeu municipal &#8212; renvers\u00e9 t\u00eate \u00e9tourdie dans l&rsquo;\u0153il du\ntourbillon. Plus vite papa plus vite ! Seule l&rsquo;usuelle c\u00e9cit\u00e9 occulte\nl&rsquo;immensit\u00e9 des jours confondus &#8212; plus vite &#8212; tous les pas multipli\u00e9s &#8212; ceux\nqui pr\u00e9c\u00e8dent l&rsquo;\u00e9cole la mairie l&rsquo;\u00e9glise l&rsquo;usine la porte des maisons la pierre\nde l&rsquo;escalier son trou plonge dans le vert l&rsquo;h\u00f4pital-couloir autour depuis pour\ntoujours ses vitrines fun\u00e9raires (le souvenir bat dans le c\u0153ur des hommes le\nc\u0153ur des hommes vit dans le souvenir le vivant palpite dans le c\u0153ur des\nsouvenirs les morts vivent \u00e9ternellement dans le c\u0153ur des vivants les vivants\nvivent \u00e9ternellement au c\u0153ur des morts) l&rsquo;enclos certain du cimeti\u00e8re les assembl\u00e9es\nde noir en r\u00e9p\u00e9titions menues remontent les heures \u00e0 petites lamp\u00e9es de mots\nt\u00eates baiss\u00e9es poussent du front le sable du silence et les peines \u00e0 venir ;\npas multipli\u00e9s feront l&rsquo;\u00e9cho poursuivront le jour apr\u00e8s le jour tremperont les\nnuits brille l&rsquo;ond\u00e9e brouille les reflets pendus aux fen\u00eatres les souffles retenus\ndans les maisons les regards tremp\u00e9s sous la pluie les histoires en colliers de\nperles diamants-rivi\u00e8res en bords de cils essuy\u00e9s d&rsquo;un revers de main&#8230; &nbsp;je tourne tourne toujours c\u2019est moi\nmaintenant parti qui dans l\u2019aquarium mais arr\u00eate un peu tu files le tournis\ntout \u00e7a absolument certain c\u2019est r\u00e9versible interchangeable et m\u00eame toujours la\nroue tourne plus vite je crois c\u2019est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur&#8230; Plus vite papa plus vite\n!<\/p>\n\n\n\n<p>Perspectives 3 \/ la\nsubstance invisible qui relie les hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lis ces jours l&rsquo;histoire que rassemble pour le\nplus tard, quand c&rsquo;est fini, une amie retrouv\u00e9e d&rsquo;enfance. (R\u00e9cit transmis par\namiti\u00e9 &#8212; par l&rsquo;importance injustifi\u00e9e dont elle m&rsquo;honore &#8212; pour se rassurer\n\u00e9galement, que je lui en fasse \u00e9cho, preuve que quelqu&rsquo;un entend et donc qu&rsquo;elle\nexiste &#8212; et plus encore.) Elle a connu un aquarium de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, une de\ncelles qui s&rsquo;effacent p\u00e2les et tremblantes, s&rsquo;engloutissent de terreur terrible\n(elle sait l&rsquo;\u00e9paisseur, le poids, la densit\u00e9 la glace le feu comme jamais,\ncomme personne, terreur terrible) se d\u00e9sastrent de catastrophes calcinant de l&rsquo;int\u00e9rieur,\npuis meurent \u00e9chou\u00e9es s&rsquo;effilochent en vagues \u00e9puis\u00e9es, laissent flamm\u00e8ches de\nsable, minuscules dendrites accroch\u00e9es au c\u0153ur noir d&rsquo;un caillou, refluent se\nnoient au large infini. Elle dit qu&rsquo;elle n&rsquo;aura rien de plus \u00e0 laisser (ni\nargent ni pierres), qu&rsquo;elle s&rsquo;est souvent tromp\u00e9e croyant bien faire (que c&rsquo;est\npeut-\u00eatre le lot), qu&rsquo;elle en a bien des regrets mais aussi bien des bonheurs, elle\ndit qu&rsquo;elle veut raconter pour \u00e9viter aux enfants maintenant grands la m\u00eame\nerreur horrible horreur, qu&rsquo;ils soient un peu avertis, ne pas couler leurs pas\ndans l&#8217;empreinte m\u00eame. Elle \u00e9crit son admiration ancr\u00e9e de Balzac lui qui p\u00e9trit\n<em>la substance invisible<\/em> qui relie les\nhommes. Elle lit Virginia Woolf qui a tant souffert, une fois v\u00e9cu pas loin ou\nbien l&rsquo;a r\u00eav\u00e9. Elle \u00e9crit le monde doux l\u00e9ger troublant son frisson d&rsquo;abeille\net le soir pos\u00e9 au dos des collines repues de chaleur. Elle \u00e9crit le ciel\nd&rsquo;\u00e9toiles sem\u00e9es sur la tente clic-clac se jette se d\u00e9ploie d&rsquo;un coup tant bien\nfacile, elle \u00e9crit le go\u00fbt profond des choses quand elles fondent chair. Bient\u00f4t\nil faudra plus encore nommer: quels canaux pour la substance invisible comment\nse r\u00e9pand se manifeste par quel alchimie quel m\u00e9lange, le dosage optimal des\ningr\u00e9dients (un peu comme l&rsquo;essence des mobylettes plus vacarme et vibrations\norgastiques du c\u00f4t\u00e9 du jouisseur \u00e0 cheval sur sa b\u00e9cane trafiqu\u00e9e tandis qu&rsquo;au\nverso du m\u00eame ruban d&rsquo;instants, m\u00eal\u00e9s tous accroch\u00e9s en ribambelle les uns aux\nautres, c&rsquo;est brise-tympan et la ranc\u0153ur d&rsquo;elle renfrogn\u00e9e &#8212; enfouie en toute\nh\u00e2te et en vain sous l&rsquo;oreiller \u00e9ponge des bruits du monde moul\u00e9 dessus la t\u00eate,\ndescendue en stridente vrille, priv\u00e9e d&rsquo;un r\u00eave dans ce con matin mort-n\u00e9 que l&rsquo;autre\nnul a quitt\u00e9 puis fracass\u00e9 en trombe.) Il faudra tenir inventaire des \u00e9clats d&rsquo;humains\ndiffract\u00e9s: celle qui dit je suis toute cr\u00e9pitante, agite ses mains fr\u00e9tillent\nde joie, celle pleure ses morceaux, ses doigts et la vie la quittent, celle son\nfils a plong\u00e9 dans l&rsquo;acier en fusion, retourne \u00e0 sa vie de comptine papa est en\nhaut, celui trapu souriant chaloupe entre les rang\u00e9es de vignes, sac en\nbandouli\u00e8re, on en profite faut pas croire on se laisse des bouff\u00e9es de puissance\ninattendues, on le sent quand \u00e7a vient on choisit d&rsquo;\u00eatre emport\u00e9, celui s&rsquo;enflambe\naux sources de la lumi\u00e8re crie te voil\u00e0 revenu regarde j&rsquo;ai pendu haut le\nsoleil pour nous deux, celle je suis ici allong\u00e9e, conduite sur le dur brancard\nnocturne au royaume des morts blancs, me contemplent autour du lit de fer\nm&rsquo;attachent dans le puits de carreaux verts et bleus ferment la porte lourde de\nnoir \u00e9pais comme un bandeau de silence ; il faudra \u00e9crire comment \u00e7a se\nreconna\u00eet au sable qui peu \u00e0 peu s&rsquo;insinue sous les yeux les grignote en\nalourdit les poches arase les paupi\u00e8res quand \u00e0 peine entr\u00e9, debout, escort\u00e9 de\nchaque c\u00f4t\u00e9, ou born\u00e9 aux extr\u00e9mit\u00e9s nord\/sud du brancard &#8212; (les ambulanciers\nparfois les pompiers) &#8212; le nouvel arrivant d\u00e9bite sa limaille d&rsquo;histoire\n\u00ab\u00a0alors dites moi un peu qu&rsquo;est-ce qui vous arrive ? \u00a0\u00bb &#8212; (<em>et moi qui demandais et d\u00e9j\u00e0 soupirais d\u00e9j\u00e0\nsombrais dans suie dans sac dans cendres)<\/em> frotte contre les murs las son\nabrasif de mots \u00e0 moudre, raconte depuis le toujours du toujours combien c&rsquo;est\nrat\u00e9 rap\u00e9 foir\u00e9 (il r\u00e9p\u00e8te cahote m\u00e9andres et circonvolutions, dedans la mar\u00e9e\nde sons tout bien noy\u00e9 dissimul\u00e9 l&rsquo;arc vif du harpon propre \u00e0 \u00e9pingler\nn&rsquo;importe quel petit soldat blanc minable harass\u00e9 froiss\u00e9 de nuit dedans\nl&rsquo;aquarium, ne lui reste plus qu&rsquo;\u00e0 le crocheter l&rsquo;estourbir \u00e0 son tour, se\nr\u00e9pandre en lui trouver asile dans son enveloppe de peau, s&rsquo;inventer un\nd\u00e9barras, une niche, un havre, enfin du repos!) &#8212; chim\u00e8res &#8212; foutaises &#8212;\nfoutre froid d&rsquo;infortun\u00e9es mornes nuits mortes et plus \u00e0 venir&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>4. et tas d&rsquo;inachev\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&#8230; r\u00e9pertoire des instants lieux et fa\u00e7ons de\npropagation des flux et remous de substances invisibles, tapis en recoins d&rsquo;univers\naux apparences \u00e9tranges et famili\u00e8res (souvent \u00e9quip\u00e9s par fallacieuse \u00e9vidence\nde d\u00e9marcations mat\u00e9rialis\u00e9es, fixes ou portables : verre &#8212; parpaings &#8212;\nbriques &#8212; bois &#8212; b\u00e9ton &#8212; fronti\u00e8res &#8211; \u00e9crans d&rsquo;objets num\u00e9riques et num\u00e9riseurs\n&#8211; documents plastifi\u00e9s &#8212; v\u00e9hicules \u00e0 moteur terrestres marins a\u00e9riens vers de\ntunnel &#8212; yeux mont\u00e9s sur lentilles urbaines) ou biologico-psycho-symboliques\n(tout ce qui ordonne classe range divise et fait rotationner l&rsquo;engrenage hors\ndu chaos d&rsquo;humains \u00e0 moudre: \u00e2ge, sexe, appartenance tribale des ceux-d&rsquo;ici\noppos\u00e9s \u00e0, typologie d&rsquo;anc\u00eatres et fr\u00e9quentations, phr\u00e9nologie, baquets de\nMesmer, psychotropismes, banquets d&rsquo;\u00e9nonciations selon la langue bienparl\u00e9e \u00e0\nsavoir choses nomm\u00e9es pour le plaisir additionnel de l&rsquo;apparat qu&rsquo;elles\nsignalent, &nbsp;la puissance qu&rsquo;elles\nmanifestent en petites oriflammes d\u00e9licieuses ou jouissance simple du bruit de\nla langue (le muscle) claqu\u00e9e contre le palais en faisant des petits ttttt de\ncondescendance voire de m\u00e9pris carr\u00e9ment franc du collier sous rire narquois ; parfois\nc&rsquo;est institutionnalis\u00e9 dans les grandes baraques, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 ceux qui errent en\nmal d&rsquo;esprit de sant\u00e9 et de solidit\u00e9, de l&rsquo;autre ceux du banal quotidien\napparent, chacun de son c\u00f4t\u00e9 pour tenir l&rsquo;entre-deux, comme les deux petits\n\u00e9l\u00e9phants d&rsquo;\u00e9b\u00e8ne sur une \u00e9tag\u00e8re d&rsquo;enfance, lourds serre-livre arc-bout\u00e9s du\nfront de chaque c\u00f4t\u00e9 des reliures, empil\u00e9es de mots \u00e0 effeuiller le monde, mais\npour de vrai je dis on sait jamais je dis c&rsquo;est comme une br\u00fblure &#8212; comme le\ntison de rire d&rsquo;entre deux visages, deux reflets pareils plong\u00e9s dans les yeux\ndu je te tiens tu me tiens, substances invisibles en irruptions non ma\u00eetris\u00e9es\n: un hoquet acide de la langue barbare,\nune d\u00e9raison de pens\u00e9es qui surviennent puis l\u00e2chent aussit\u00f4t le bonhomme\npantin, vagues indiscernables d&rsquo;humains qui passent tr\u00e9buchent et se\nsuperposent boueux confondus d&rsquo;\u00e2ge en \u00e2ge, changent de corps de visage font\nmirage lanterne magique passent de main en main, s&rsquo;affranchissent des nomenclatures\nde chimies arachno\u00efdes du cerveau, des neurones des affects des ondes miroir \u00e0\nefflorescences cartographi\u00e9es, des fronti\u00e8res imaginaires ; le cerceau du cr\u00e2ne\nimpuissant \u00e0 encager les \u00e2mes qui volent en dedans comme des papillons ou des\nchauve-souris &#8212; effluves murmures chocs larmes rires \u00e9treintes nuque et seins\ncitadelles un jour nouveau s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve sans r\u00e9serve et c&rsquo;est par-dessus les toits\nl\u00e9gers, filez plein ciel flottez volez multipliez comme des bonhommes Folon en fentes\nailes immobiles&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;Perspectives 1 \/ &nbsp;la part cach\u00e9e T\u00e9nu d&rsquo;en presque rien il me vient toujours sans pr\u00e9venir d&rsquo;accrocher mes d\u00e9pouilles au porte-manteau de doubles indiff\u00e9rents. Ceux du hasard. N&rsquo;importe lesquels: deux passants pr\u00e9occup\u00e9s au bout des phrases derri\u00e8re la fum\u00e9e de leurs cigarettes, ondulent devant les persiennes entrechoqu\u00e9es, \u00e9traves fendant rue soleil et \u00e9chappements. 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