{"id":159863,"date":"2024-07-02T18:41:55","date_gmt":"2024-07-02T16:41:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=159863"},"modified":"2024-07-03T08:06:02","modified_gmt":"2024-07-03T06:06:02","slug":"anthologie-12-tamanrasset-tananarive-gustavia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-12-tamanrasset-tananarive-gustavia\/","title":{"rendered":"#anthologie #12 | Tamanrasset, Tananarive, Gustavia"},"content":{"rendered":"\n<p>Aller \u00e0 Tamanrasset. Atterrir et prendre la route qui conduit de l\u2019a\u00e9roport \u00e0 la ville est d\u00e9j\u00e0 une exp\u00e9rience. On jouit de vues sur le d\u00e9sert, sur des formations rocheuses inconnues, plus loin sur des montagnes. C\u2019est blanc, ocre, bistre, brun, voire rouge. Le ciel est laiteux, charg\u00e9 de sable. \u00c7a r\u00e9jouit nos yeux, avides de changement. Mais constater que le ruban d\u2019asphalte plus ou moins entretenu sur lequel roule votre taxi est bord\u00e9 d\u2019arbustes ch\u00e9tifs fleuris de vieux plastiques noirs fait instantan\u00e9ment baisser de plusieurs degr\u00e9s votre barom\u00e8tre \u00ab\u00a0aventure \u00e0 Tamanrasset\u00a0\u00bb. Pas de signes de vie sur les bas-c\u00f4t\u00e9s, si on excepte ces drapeaux de plastique, pas de chameau, aucun touareg, pas m\u00eame une ch\u00e8vre. On entre dans la ville, une ville plate. Quelques heures plus tard, on est sur un march\u00e9, cosmopolite, vivant. Enfin des Touaregs aux ch\u00e8ches indigo et aux regards de braise, des arabes, venus pour commercer, des membres de peuples subsahariens s\u00e9dentaires ou en partance, parmi lesquels on reconna\u00eet des Peuls \u00e0 leur silhouette aristocratique. Des femmes tatou\u00e9es au henn\u00e9, derri\u00e8re des \u00e9tals d\u2019\u00e9pices. Des chameaux, des ch\u00e8vres et les senteurs qui vont avec. Le temps de marchander, en fran\u00e7ais, quelque croix d\u2019Agadez ou une paire de sandales \u00e0 l\u2019odeur persistante, de boire un th\u00e9 saharien, de manger un couscous, de passer un moment dans un hammam pour touristes, Tamanrasset, c\u2019est fini. L\u2019aventure sera pour demain, vous partez pour huit jours, en quads, dans le d\u00e9sert avec des amis alg\u00e9riens.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque vous arrivez par temps clair, en avion, \u00e0 Tananarive, le spectacle est formidable. Surtout au printemps. La ville est serr\u00e9e, \u00e0 \u00e9tages, vous ne savez o\u00f9 poser les yeux. Les rizi\u00e8res en terrasses donnent un aspect g\u00e9om\u00e9trique aux collines, en bas le lac Anosy est entour\u00e9 de jacarandas en fleurs. La ville haute poss\u00e8de de beaux \u00e9difices, des ruelles en descendent par escaliers, les maisons traditionnelles en brique rouge qui les bordent sont coiff\u00e9es de toits de t\u00f4le qui scintillent au soleil. Ce qui vous r\u00e9jouit surtout, c\u2019est la lumi\u00e8re, chaude, intense, vibrante, \u00e9clatante, je dirais m\u00eame fascinante, car elle accuse les contrastes entre les objets dans l\u2019ombre et les objets \u00e9clair\u00e9s. Elle magnifie tout. J\u2019ai v\u00e9cu \u00e0 Tananarive, j\u2019ai \u00e9cras\u00e9 au printemps les fleurs violettes de jacaranda tomb\u00e9es dans la cour du lyc\u00e9e. Elles explosaient sous nos talons d\u2019\u00e9l\u00e8ves de la haute ville. J\u2019ai d\u00e9gringol\u00e9 les escaliers pour attraper \u00e0 la gare un taxi brousse qui m\u2019emm\u00e8nerait chez mes parents. Je me souviens que tout le long du chemin, il y avait, par terre, des grains de riz cuit. Tout le monde mangeait du riz, \u00e0 tous les repas. On jetait l\u2019eau de vaisselle dans la rue. \u00c7a ne s\u2019invente pas des d\u00e9tails pareils. Pas s\u00fbr que les gentils Malgaches mangent aujourd\u2019hui du riz \u00e0 chaque repas. Leur pays est le plus pauvre du monde. Leur reste la lumi\u00e8re de leur \u00eele pour ne pas d\u00e9sesp\u00e9rer tout \u00e0 fait.<\/p>\n\n\n\n<p>Gustavia, capitale de Saint Barth\u00e9l\u00e9my dans les Antilles fran\u00e7aises est dot\u00e9 d\u2019un a\u00e9roport consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des plus difficiles du monde. Sa piste est courte (646m) et d\u00e9licate, elle surplombe la plage Saint Jean. Seuls les petits avions \u00e0 h\u00e9lice et les jets l\u00e9gers peuvent l\u2019utiliser. L\u2019approche finale est acrobatique, il faut faire le saut de puce d\u2019une colline, puis piquer aussit\u00f4t en surveillant seconde par seconde la m\u00e9t\u00e9o qui est tr\u00e8s changeante. Faire attention de bien s\u2019aligner avec la piste d\u00e8s la descente, et se pr\u00e9parer \u00e0 un freinage rapide, voire \u00e0 remettre les gaz si l\u2019op\u00e9ration s\u2019av\u00e8re trop p\u00e9rilleuse. On tentera alors une nouvelle approche. De plus, il faut d\u00e9gager la piste rapidement et proc\u00e9der \u00e0 une v\u00e9rification compl\u00e8te de l\u2019appareil qui a pu souffrir d\u2019un atterrissage de cascadeur. Si vous avez tent\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience, vous \u00eates r\u00e9compens\u00e9 de votre hardiesse. La vue est spectaculaire. Les eaux de la mer Cara\u00efbe sont turquoise, les plages de sable blanc. La petite ville est construite autour d\u2019un port naturel. Ses maisons dispos\u00e9es en arc de cercle sont peintes de couleurs vives et joyeuses. Les toits sont souvent en tuile rouge, les fa\u00e7ades garnies de balcon en fer forg\u00e9. Les jardins explosent de fleurs&nbsp;: hibiscus, bougainvilliers, frangipaniers, orchid\u00e9es\u2026 Montez sur le morne au-dessus de la ville, regardez vers le large, en oubliant tous les yachts qui encombrent la baie, clignez des yeux, vous verrez, vous verrez les voiles d\u2019un navire fant\u00f4me de flibustiers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aller \u00e0 Tamanrasset. Atterrir et prendre la route qui conduit de l\u2019a\u00e9roport \u00e0 la ville est d\u00e9j\u00e0 une exp\u00e9rience. On jouit de vues sur le d\u00e9sert, sur des formations rocheuses inconnues, plus loin sur des montagnes. C\u2019est blanc, ocre, bistre, brun, voire rouge. Le ciel est laiteux, charg\u00e9 de sable. \u00c7a r\u00e9jouit nos yeux, avides de changement. Mais constater que <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-12-tamanrasset-tananarive-gustavia\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#anthologie #12 | Tamanrasset, Tananarive, Gustavia<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":670,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[6375,6056],"tags":[],"class_list":["post-159863","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-12-claude-simon-14-villes","category-cycle-ete-2024"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/159863","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/670"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=159863"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/159863\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=159863"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=159863"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=159863"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}