{"id":160058,"date":"2024-07-03T11:21:23","date_gmt":"2024-07-03T09:21:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=160058"},"modified":"2024-07-03T11:21:24","modified_gmt":"2024-07-03T09:21:24","slug":"anthologie-12-voyages-voyages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-12-voyages-voyages\/","title":{"rendered":"#anthologie #12 | Voyages, voyages"},"content":{"rendered":"\n<p>De G\u00f6teborg, tout d\u2019abord, je n\u2019ai rien vu, rien qu\u2019un quai de gare peu \u00e9clair\u00e9, une silhouette famili\u00e8re qui restait seule, derri\u00e8re les gros heurtoirs en b\u00e9ton. Je crois que j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 amoureux de la langue dont j\u2019ignorais presque tout, mais les annonces diffus\u00e9es au dessus de ma t\u00eate chantaient en marquant fortement les finales, des mots, des phrases. Un r\u00eave ancien, celui d\u2019\u00eatre immerg\u00e9 dans une autre culture, d\u2019en ma\u00eetriser un jour la langue, les codes, la culture \u00e9tait en passe de s\u2019accomplir. Depuis le bus qui nous conduisait chez Cristina, je ne voyais que grandes avenues, j\u2019aurais pu me trouver \u00e0 Bruxelles ou \u00e0 Grenoble, mais par moments, nous passions de larges ponts sur des rivi\u00e8res ou des canaux, des fleuves ou des bras de mer, une activit\u00e9 industrielle et portuaire illuminait soudain tout le flanc droit de ce quartier que nous longions par une voie en corniche. Nous gagnons une banlieue aux petits immeubles modernes, une cit\u00e9-dortoir o\u00f9 des services, des commerces donnent une impression de confort, de vie locale. Un court d\u00e9placement par les rues pav\u00e9es jusqu\u2019au <em>fisk halle<\/em> me fera mettre un pied dans la cuisine locale et son culte du hareng.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>En 1960, quand j\u2019ai d\u00e9couvert Madrid, j\u2019ai eu la sensation de passer brusquement du plateau Castillan pel\u00e9, \u00e0 la grande ville. Dans le train, depuis le lever du jour, je m\u2019emplissais le regard d\u2019un paysage illumin\u00e9 par le soleil&nbsp;; parti de Barcelone, j\u2019avais pass\u00e9 une nuit p\u00e9nible et cet \u00e9veil \u00e0 la lumi\u00e8re \u00e9tait d\u2019autant plus fort. Un voyageur me demanda ce que je pensais de ces terres, de l\u2019ocre sans nuance, \u00ab&nbsp;aride&nbsp;\u00bb lui r\u00e9pondis-je en faisant une \u00e9norme faute d\u2019accent tonique, il avait compris\u2026 A peine r\u00e9pondu, nous \u00e9tions en ville, dans la capitale, pas de banlieue qui se tra\u00eene en longueur, pas de pavillons sans \u00e2me, pas de nains de jardin, mais le grouillement automobile aper\u00e7u de mon couloir aux fen\u00eatres ouvertes. La petite SEAT qui m\u2019emm\u00e8ne \u00e0 destination, chez ma logeuse, ne me permet qu\u2019une vision limit\u00e9e de l\u2019environnement, je suis curieux de cette foule qui se presse sur les trottoirs, je ressens le besoin de me lancer dans le dialogue, d\u2019essayer de parler cette langue \u00e9tudi\u00e9e depuis deux ans&nbsp;; je pose question sur question au chauffeur tr\u00e8s fier de me servir de guide, ravi de trimballer un Fran\u00e7ais \u00ab&nbsp; trabaj\u00e9&nbsp;diez anos i Francia&nbsp;\u00bb\u2026 Quand je lui annonce que je vais s\u00e9journer d\u00e8s demain pr\u00e8s de l\u2019Escorial, il m\u2019assure que je vais voir \u00ab&nbsp;una maravilla, de verdad&nbsp;\u00bb. Le soir venu, je participe au \u00ab&nbsp;paseo&nbsp;\u00bb, coutume de promenade nocturne, on se croise, on se sourit, on fait demi-tour, o\u00f9 que l\u2019on se trouve dans Madrid, il y a une avenue au paseo, il suffit d\u2019emboiter le pas aux petits groupes de jeunes gens sachant, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence o\u00f9 ils vont. A San Lorenzo del Escorial, je retrouverai cette habitude avec les madril\u00e8nes en vill\u00e9giature.<\/p>\n\n\n\n<p>Lisbonne <\/p>\n\n\n\n<p>Castelho San Jorge.  Pr\u00e8s d&rsquo;un vieux canon point\u00e9 sur la ville et le large\/J&rsquo;attends le coucher du soleil \/Mes jambes allong\u00e9es, mes pieds fatigu\u00e9s violent par leur seule pr\u00e9sence les pierres de ce lieu\/Toutes les langues parl\u00e9es ici\/En contrebas, les marteaux-piqueurs des promoteurs avides\/R\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;envie de bouger<\/p>\n\n\n\n<p>Lisbonne Gulbenkian<\/p>\n\n\n\n<p>Surtout les salles Persanes ; les miniatures ; les plats \u00e9maill\u00e9s Turcs avec ces fleurs, probablement des vulves stylis\u00e9es. Les deux costumes de soie de Samarcande (\u00f4 \u00e9crire sans fin ce mot !). Une collection pour le seul plaisir d&rsquo;un homme. Le Salazarisme aurait-il eu au moins un r\u00e9sultat int\u00e9ressant ? Aussi le choc, d\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e face aux deux petits portraits flamands de Van der Weiden. Oublier ce couple am\u00e9ricain midwest qui parle tr\u00e8s haut et \u00ab\u00a0fait\u00a0\u00bb les salles d&rsquo;art europ\u00e9en au galop en s&rsquo;extasiant devant tout ce qu&rsquo;ils ne comprennent pas. Pluie aujourd&rsquo;hui, je pourrais passer la journ\u00e9e ici, dans le mus\u00e9e de ce \u00ab\u00a0monsieur 5 %\u00a0\u00bb, qui avait un go\u00fbt tellement s\u00fbr. Je croise les touristes arriv\u00e9s hier en m\u00eame temps que moi. Il y a un couple \u00e2g\u00e9 Allemand ou Hollandais ; un couple Anglais \u2013 elle, Indienne \u2013 et quelques Japonaises \u00e0 chapeau-cloche. Au restaurant, beaucoup de monde. Comme je suis arriv\u00e9 t\u00f4t, j&rsquo;occupe une table pour quatre. J&rsquo;invite un couple portant ses plateaux \u00e0 me rejoindre. Ils sont Espagnols : Barcelone et Grenade et viennent ici tous les hivers. Aux regards, \u00e0 la timidit\u00e9, je devine une histoire d&rsquo;amour cach\u00e9e&#8230; Cela fait du bien de parler, de faire des phrases, malgr\u00e9 la perte de mon vocabulaire. En espagnol, la grammaire, les structures demeurent ; j&rsquo;ai parfois l&rsquo;impression que le portugais ne demanderait pas un gros effort mais un peu d&rsquo;audace.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir je me suis perdu dans le Bairro Alto, apr\u00e8s une halte au jardin botanique. Arriv\u00e9 dans des rues au relief accentu\u00e9. Les pentes sont retenues par des sortes d&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tres ceints de murailles blanches&#8230; je suppose qu&rsquo;il doit y avoir un nom d&rsquo;architecture pour les d\u00e9signer. Des galeries et des b\u00e2timents immenses, aust\u00e8res. Tout \u00e0 coup, une place illumin\u00e9e entour\u00e9e d&rsquo;\u00e9glises aux fa\u00e7ades baroques, puis une rue commer\u00e7ante et populaire. Un autre versant du Bairro Alto que je n&rsquo;avais pas encore d\u00e9couvert. Pas de panique, je finirai bien par arriver quelque part ? Oui, voil\u00e0 Pessoa, \u00e0 la terrasse du Caf\u00e9 Brasileiro. Ap\u00e9ritif assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la c\u00e9l\u00e8bre statue.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s d\u00eener dans un restaurant populaire du Baixa, remont\u00e9 vers 22h au Bairro Alto jusqu&rsquo;au 13 rue Atalaya qui est bien le bar le plus crado&#8230; mais l\u00e0, deux guitares et le miracle. Un jeune homme au visage lumineux (mystique ?) commence \u00e0 chanter, puis se redresse en prenant appui sur ses avant-bras&#8230; Il est h\u00e9mipl\u00e9gique, les jambes appareill\u00e9es. Debout, il lance un Fado puissant, inspir\u00e9, les yeux ferm\u00e9s. C&rsquo;est un choc, les larmes ! Les guitares sont un peu primaires mais le chant emporte tout avec lui. La salle \u2013\u00e9tonnamment pleine de militaires en uniformes &#8211; ne s&rsquo;y trompe pas, et, vibrante, chaloupe un peu dans la bi\u00e8re et les mots frott\u00e9s comme une corde par son archet.<\/p>\n\n\n\n<p>Lisbonne, Pra\u00e7a des Restaudores&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Billet de train \u00e0 l&rsquo;agence des wagons-lits o\u00f9 un grand sourire accueille le client. Jusque l\u00e0, j&rsquo;avais trouv\u00e9 les commer\u00e7ants Lisbo\u00e8tes plut\u00f4t froids avec les touristes&#8230; Puis, des rues \u00e0 n&rsquo;en plus finir. D\u00e9jeuner \u00e0 la Baixa, go\u00fbter le riz aux fruits de mer. D\u00e9licieux, pr\u00e9cieux Guide du Routard. D\u00e9ambulation, encore, visite d&rsquo;une imposante \u00e9glise baroque \u2013 Sta Catarina \u2013 o\u00f9 un christ m&rsquo;effraie presque en \u00e9mergeant de l&rsquo;ombre. Partout de l&rsquo;or et quelques femmes prostern\u00e9es. D\u00eener de folie Pra\u00e7a de Comercio, l\u00e0 o\u00f9 Pessoa avait ses habitudes, et son portrait en azulejos. J&rsquo;ai laiss\u00e9 une addition de 5550 escudos pour la meilleure sole du monde, une mangue et un vin blanc capiteux. Quel pays !!! Demain, sandwiches !<\/p>\n\n\n\n<p>Lisbonne, transports.<\/p>\n\n\n\n<p>Que faire ce matin ? Tout d&rsquo;abord changer de cr\u00e8merie pour le petit d\u00e9jeuner. Ma pastelaria pr\u00e8s du petit square avec jolie vue est tr\u00e8s bien mais&#8230; le Caf\u00e9 Chinois, un peu plus cher, propose d&rsquo;aussi savoureux pasteis de nata. Puis le tram 28 pour le p\u00e8lerinage. Il monte vers le Castelho San Jorge, je descends \u00e0 Gra\u00e7a. Rue tr\u00e8s vivante et populaire. Pi\u00e9ton, j&rsquo;\u00e9vite les trams qui me serrent contre les murs et je pense que les Lisbo\u00e8tes se sont longtemps serr\u00e9 la ceinture&#8230; Enfin, les portes coch\u00e8res sont les bienvenues. A Gra\u00e7a, le conducteur du tram fait le plein de sable et j&rsquo;observe que, dans les mont\u00e9es raides, un tuyau fait descendre cet anti d\u00e9rapant naturel devant les roues. La r\u00e9serve de sable est sous les si\u00e8ges, et les stations strat\u00e9giques sont \u00e9quip\u00e9es d&rsquo;une caisse et d&rsquo;un seau. On fait le plein en demandant aux passagers de se lever, en toute simplicit\u00e9. Depuis l&rsquo;ex cin\u00e9ma devenu magasin INO, je redescends \u00e0 la Se pour visiter. C&rsquo;est totalement nu, contrairement au baroque habituel. Un air de Vezelay sans la colline&#8230; En repartant, heure de sortie des bureaux, j&rsquo;admire la discipline des queues aux stations de trams ; ici, la resquille, connais pas ! Apr\u00e8s-midi \u00e0 Bel\u00e8n, en train de banlieue, choc de la stature du couvent des Hieronimites, avec sa cour-clo\u00eetre Manueline. J&rsquo;\u00e9coute un guide qui explique \u00e0 des Espagnols que le Manuelin se caract\u00e9rise par ses cordes et ses coquilles en relief. Je visite l&rsquo;\u00e9glise \u00e9tonnante avec ses fines colonnes int\u00e9rieures et l&rsquo;ombre fantastique de ses murailles ; l&rsquo;autel, comme un feu, tout au fond. Dans la foul\u00e9e, mus\u00e9e de la Marine, tout proche. Des bateaux comme j&rsquo;adore ; des gal\u00e8res d&rsquo;apparat et des canons filigran\u00e9s comme des \u0153uvres d&rsquo;art. Puis un jardin tropical o\u00f9 je ramasse quelques graines mais qui ferme trop t\u00f4t. Alors je reprends le tram jusqu&rsquo;\u00e0 San Amaro qui est leur garage. Comme je suis perdu, il me faut marcher longtemps pour atteindre la gare d&rsquo;Alcantara, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 sous le pont du 25 avril ( r\u00e9volution des \u0153illets ! ). Le bus qui me ram\u00e8ne vers Pombal \u2013 du moins j&rsquo;esp\u00e8re- est conduit par un \u00e9l\u00e8ve d&rsquo;Ayrton Senna. A chaque virage, on est projet\u00e9, tout en gardant un flegme tr\u00e8s portugais, sur le voisin d&rsquo;en face, qui vous rend la pareille au tournant suivant ! C&rsquo;est beaucoup plus dr\u00f4le que le tramway, sans provoquer aucun incident.<\/p>\n\n\n\n<p>Lisbonne Bairro Alto<\/p>\n\n\n\n<p>En tram 28. Je reconnais le chauffeur. Puis d\u00e9ception, une rue en travaux interrompt le trajet. Dommage, une rue des plus \u00e9troites qui promettait du rase-fa\u00e7ades et du rentrez-bedaine ! Alors je continue \u00e0 pied, plus on se perd, plus on se retrouve : voil\u00e0 le jardin botanique. J&rsquo;entre au Museo de Ciencias, plus pour le b\u00e2timent \u00e9norme que pour ses collections qui se r\u00e9v\u00e8lent poussi\u00e9reuses. Achat de cartes postales d&rsquo;animaux \u00e9tranges qui inaugurent une journ\u00e9e tourn\u00e9e vers la zoologie (d\u00e9jeuner saumon au vin ).  Apr\u00e8s-midi au parc zoologique en triste \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral mais bien habit\u00e9. Je tombe amoureux d&rsquo;une antilope aux yeux immenses et doux. Des ours bruns et noirs se serrent dans un angle de leur cage ; ils ne veulent plus jouer pour ces humains qui leur balancent ordures et m\u00e9chancet\u00e9s. Devant chaque cage, il y a une publicit\u00e9 genre Disney qui me h\u00e9risse un peu plus. Les gosses regardent Mickey plut\u00f4t que les v\u00e9ritables \u00eatres vivants devant eux. Puis un couple d&rsquo;ours blancs parfaits danseurs : dix pas \u00e0 gauche, demi-tour, dix pas \u00e0 droite, demi-tour, dix pas \u00e0 gauche, en voulez-vous encore ? Apr\u00e8s cinq jours pass\u00e9s \u00e0 lire Malaurie, ce ballet ininterrompu fait pleurer. Par un chemin qui semble oubli\u00e9, je d\u00e9couvre un parapet dominant un cimeti\u00e8re de chiens tr\u00e8s fleuri. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que je vois cela, je suis tellement surpris que je n&rsquo;arrive pas \u00e0 en penser quoi que ce soit, sinon \u00e0 en inventer des \u00e9pitaphes stupides.<\/p>\n\n\n\n<p>Lisbonne \u00e0 minuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Pra\u00e7a do Comercio, la f\u00eate guin\u00e9enne bat son plein. Si j&rsquo;ai bien compris, les hauts-parleurs d\u00e9veloppent une puissance de 70 000 watts. Je n&rsquo;ai jamais senti mon c\u0153ur emport\u00e9 o\u00f9 il ne veut pas par une telle pulsation, qui n&rsquo;est pas la sienne. La musique afro-portugaise, cependant, ne met pas en mouvement cette foule bonasse, venue en famille pour f\u00eater le nouvel-an. Je me dis qu&rsquo;en France ou en Espagne, toute la place aurait ondul\u00e9 (au moins) au rythme de cette musique forte et douce \u00e0 la fois. Effet de la r\u00e9serve, d&rsquo;une certaine morgue sans tristesse (attention aux lieux-communs, mais&#8230;)\u00a0; je laisse aller mes hanches et ce balancement m&rsquo;appara\u00eet souverain pour r\u00e9cup\u00e9rer des errances urbaines. Apr\u00e8s les Guin\u00e9ens, un fl\u00fbtiste avec un groupe indien (Goa ?). Une musique douce avec de l&rsquo;accord\u00e9on en basse continue. Puis un Portugais tr\u00e8s connu des fillettes locales qui se p\u00e2ment d\u00e8s qu&rsquo;il saute sur sc\u00e8ne pour d\u00e9biter un rap insipide.Petit \u00e0 petit arrivent des groupes de chanteurs anglophones, je n&rsquo;ai plus rien \u00e0 faire ici, ce sont les m\u00eames que chez nous. Les jeunes porteurs de bouteilles se font plus pressants autour des brunettes, on ne sait pas tr\u00e8s bien ce qu&rsquo;ils brandissent. La nuit \u00e0 la pension est plus agit\u00e9e que les pr\u00e9c\u00e9dentes, avec un contr\u00f4le renforc\u00e9, la porte ferm\u00e9e aux importuns. A l&rsquo;interphone, le portier doit faire face \u2013 avec une infinie patience et courtoisie- \u00e0 des demandes de chambres manifest\u00e9es jusqu&rsquo;au matin.<\/p>\n\n\n\n<p>Train pour Bordeaux<\/p>\n\n\n\n<p>Cette histoire en forme de journal est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 toutes les gardes-barri\u00e8res rurales du Portugal. Avec une identique rigueur dans le maintien, elles ont salu\u00e9 le train international \u00e0 tous les passages-\u00e0-niveau de la campagne aux orangers charg\u00e9s de fruits. Parfois, aussi, un amandier en fleurs \u2013est-ce possibles un premier janvier ? Revenons aux gardes-barri\u00e8res rurales ! Leur salut, drapeau lev\u00e9 \u00e0 45 degr\u00e9s est un rien fasciste mais il suffit de bien les observer pour comprendre qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien. Ce sont les authentiques t\u00e9moins du progr\u00e8s qui passe, chaque chemin vicinal rayonne de leur pr\u00e9sence rassurante.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De G\u00f6teborg, tout d\u2019abord, je n\u2019ai rien vu, rien qu\u2019un quai de gare peu \u00e9clair\u00e9, une silhouette famili\u00e8re qui restait seule, derri\u00e8re les gros heurtoirs en b\u00e9ton. Je crois que j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 amoureux de la langue dont j\u2019ignorais presque tout, mais les annonces diffus\u00e9es au dessus de ma t\u00eate chantaient en marquant fortement les finales, des mots, des phrases. 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