{"id":162210,"date":"2024-07-10T18:20:56","date_gmt":"2024-07-10T16:20:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=162210"},"modified":"2024-07-10T18:50:28","modified_gmt":"2024-07-10T16:50:28","slug":"anthologie19-cartographie-des-ombres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie19-cartographie-des-ombres\/","title":{"rendered":"#anthologie #19 | cartographie des ombres"},"content":{"rendered":"\n<p><em>(J&rsquo;ai repris quelques extraits du texte publi\u00e9 en 2021. Ils sont en italique. Et j&rsquo;ai \u00e9crit en \u00e9cho ou dans leur ombre.)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Tout n\u2019est rien. <\/em>Cette phrase insidieusement gliss\u00e9e dans l&rsquo;esprit pendant des ann\u00e9es, \u00e9crite en lettres rouges, par le p\u00e8re, face \u00e0 la porte d&rsquo;entr\u00e9e dans la maison de famille, si simple \u00e0 m\u00e9moriser et \u00e0 marquer l&rsquo;esprit, image au fer rouge tatou\u00e9e sur la peau. Quand une sentence est un nid o\u00f9 l&rsquo;on est assign\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>sur une place un dimanche soir d\u2019hiver, des marrons chauds dans un cornet de papier journal, la chaleur au bout des doigts. <\/em>Rien de grand. Rien d&rsquo;extraordinaire. Une main chaude en somme gliss\u00e9e entre mes doigts..<\/p>\n\n\n\n<p><em>le long couloir sombre au bas de l\u2019immeuble de trois \u00e9tages, le c\u0153ur qui bat trop vite, les escaliers mont\u00e9s quatre \u00e0 quatre. <\/em>Les peurs de l&rsquo;enfance, toujours pr\u00eates \u00e0 resurgir. On les voit encore les rats qui se faufilaient vers les caves. On les sent encore les battements de c\u0153ur qui s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8rent. En moi, ces tunnels sombres \u00e0 traverser.<\/p>\n\n\n\n<p><em>sous la table, <\/em><em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Le club des cinq<\/em><em>\u00ab\u00a0<\/em><em> entre les mains, la vie tout autour bien r\u00e9elle, se sentir en s\u00e9curit\u00e9<\/em><em>. <\/em>Et tout n&rsquo;est pas dit; car la m\u00e8re au-dessus de la table pr\u00e9parait une tarte aux pommes en chantant un air d&rsquo;op\u00e9ra. Vouloir garder cette image encore et encore.<\/p>\n\n\n\n<p><em>face aux autres, les regarder, soupeser l\u2019\u00e9preuve, abandonner les feuilles de l\u2019expos\u00e9 sur le bureau et sortir de la classe<\/em><em>. <\/em>Cette image, on voudrait bien la rayer des arcanes de la m\u00e9moire, mais elle refait surface, comme un trousseau de cl\u00e9s que l&rsquo;on agite dans la poche.<\/p>\n\n\n\n<p><em>il y a quelque chose d\u2019un clo\u00eetre dans ce jardin d\u2019enfance o\u00f9 l\u2019on n\u2019en finit pas de tourner, de laisser ses pens\u00e9es vagabonder<\/em><em>.<\/em>Et des ombres me suivent d\u00e9sormais, et alourdissent les \u00e9paules. Et c&rsquo;est ainsi que les ombres me parlent et s&rsquo;insinuent dans mes mots.<\/p>\n\n\n\n<p><em>il y a quelque chose qui apaise la main qui caresse l\u2019\u00e9corce en un geste rituel, \u2013 qui b\u00e9nit qui \u2013 une sorte d\u2019\u00e9change entre peaux bless\u00e9es<\/em><em>. <\/em>La main pos\u00e9e avec tendresse sur l&rsquo;arbre. La s\u00e8ve dessous qui ne se voit pas.<\/p>\n\n\n\n<p><em>pr\u00e8s d\u2019une rivi\u00e8re, cadrer ce qui se noie, un reflet, une lumi\u00e8re, un songe, ne plus voir que ce qui se donne. <\/em>Capturer la lumi\u00e8re pour les jours d&rsquo;ombres, s&rsquo;inspirer de son audace. La refl\u00e9ter \u00e0 son tour.<\/p>\n\n\n\n<p><em>l\u00e0, dans une ruelle de Venise, la main pos\u00e9e sur un cr\u00e9pi qui s\u2019\u00e9caille, sentir les battements de la vie<\/em><em>. <\/em>C&rsquo;est presque la langue qui se craquelle l\u00e0, presque une source, pourquoi pas des entrailles.<\/p>\n\n\n\n<p><em>le <\/em><em>premier <\/em><em>regard <\/em><em>\u00e9chang\u00e9 avec un b\u00e9b\u00e9 qui vient de na\u00eetre<\/em><em>,<\/em><em>sa main dans la <\/em><em>m<\/em><em>ienne, <\/em><em>manina bella<\/em><em> qui se murmure, d<\/em><em>&lsquo;un<\/em><em>e grand-m\u00e8re \u00e0 <\/em><em>une <\/em><em>grand-m\u00e8re<\/em><em> toute nouvelle.<\/em> Les l\u00e9gendes se perp\u00e9tuent, les mots se transmettent, et ce premier regard plein de larmes de joie. L&rsquo;image de la cha\u00eene de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p><em>comment capturer ce regard flou pos\u00e9 sur d<\/em><em>es bouts de pas grand-chose<\/em><em>. <\/em>\u00c9gar\u00e9e en soi, affronter le blasph\u00e8me du dehors; mais le bonheur d&rsquo;\u00eatre soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces riens qui font un tout. Cette cartographie des ombres en strates, en courbes de niveau qui b\u00e2tissent un squelette. Si d&rsquo;autres images mentales s&rsquo;\u00e9taient inscrites en moi, serais-je quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(J&rsquo;ai repris quelques extraits du texte publi\u00e9 en 2021. Ils sont en italique. Et j&rsquo;ai \u00e9crit en \u00e9cho ou dans leur ombre.) Tout n\u2019est rien. 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