{"id":16398,"date":"2019-10-30T08:40:10","date_gmt":"2019-10-30T07:40:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=16398"},"modified":"2019-10-30T09:33:08","modified_gmt":"2019-10-30T08:33:08","slug":"bas-de-page-premieres-confidences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/bas-de-page-premieres-confidences\/","title":{"rendered":"Bad page(s)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Avertissement :La question de savoir comment un paratexte se distingue du texte hante de nombreux chercheurs pour lesquels, souvent, le caract\u00e8re ind\u00e9cidable de la question est incontestable. Hors cette impasse, l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une scripture totalement d\u00e9di\u00e9e au paratexte offre cependant une possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 la question. Si, en effet, un paratexte \u00e9tait \u00e9crit en l\u2019absence totale de texte, c\u2019est bien le m\u00e9tatexte (ou paratexte) qui devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme texte lui m\u00eame. Pour prendre le cas d\u2019un paratexte basique tel que les notes de bas de page, il suffit que celles-ci occupent \u00e0 elles seules la totalit\u00e9 de la page pour rendre impossible la distinction texte vs paratexte. Pour le dire autrement : des notes de bas de page \u00e9crites pour elles-m\u00eames sans r\u00e9f\u00e9rence aucune \u00e0 un texte, sont le texte. L\u2019avantage de cette option, d\u00e9passant la distinction texte\/paratexte, r\u00e9side dans le fait que le non-texte n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre \u00e9crit. Autant de temps \u00e9conomis\u00e9 pour le scripteur qui peut ainsi mieux s\u2019appliquer \u00e0 l\u2019\u00e9criture du paratexte. La question de savoir si un ouvrage ne contenant aucun texte autre que des notes de bas de page, serait susceptible de trouver son public, est \u00e0 poser aux \u00e9diteurs. L\u2019audace d\u2019une \u00ab collection paratexte \u00bb dans le catalogue d\u2019une maison d\u2019\u00e9dition s\u00e9rieuse aurait-elle une chance ? Cette audace aurait-elle seulement un sens dans la mesure o\u00f9, le paratexte \u00e9tant le texte m\u00eame, les livres d\u2019une telle collection n\u2019auraient absolument rien \u00e0 envier aux ouvrages des collections traditionnelles ? Seul le prix de revient des livres dont le paratexte est le seul texte pourrait motiver les \u00e9diteurs dans la mesure o\u00f9 le co\u00fbt serait moindre puisqu\u2019il n\u2019y a pas de texte proprement dit \u00e0 imprimer. Il n\u2019est pas certain pour autant que l\u2019impression du seul paratexte (devenu texte) induise la mise en circulation de livres \u00e0 prix modiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Adela\u00efde Biancucci, n\u00e9e, de parents inconnus, en 1892 \u00e0 Magione, province de Perugia. Inscrite \u00e0 sa naissance sous le surprenant patronyme de Tirainnanzi, Adela\u00efde fut officiellement reconnue par sa m\u00e8re, Consiglia Biancucci, en 1922, l\u2019ann\u00e9e de son mariage, \u00e0 Cannes (Alpes Maritimes) avec Ugo Pandolfi, typographe, n\u00e9 en 1890 \u00e0 Palaia, province de Pisa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><s>Cet op\u00e9ra-comique en quatre actes de Georges Bizet, sur un livret d&rsquo;Henri Meilhac et Ludovic Hal\u00e9vy, d&rsquo;apr\u00e8s la nouvelle Carmen, de Prosper M\u00e9rim\u00e9e, fut cr\u00e9\u00e9 le 3 mars 1875. Sources : https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Carmen<\/s><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><s>Philosophe cynique grecque de la fin du IV\u1d49 si\u00e8cle av. J.-C., s\u0153ur de M\u00e9trocl\u00e8s et \u00e9pouse de Crat\u00e8s de Th\u00e8bes. Sources : Wikip\u00e9dia<\/s><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">NDA : Les deux notes qui pr\u00e9c\u00e8dent n&rsquo;ont pas lieu d&rsquo;\u00eatre puisqu&rsquo;elles supposent un texte contenant les mots \u00ab\u00a0Carmen\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Hipparchia\u00a0\u00bb. Or, si un tel texte existe bien, nous supposons ici qu&rsquo;il n&rsquo;est pas \u00e0 prendre en compte et qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9crire un m\u00e9tatexte, i.e un texte sur un texte, sur un texte inexistant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Au mus\u00e9e d\u2019Orsay \u00e0 Paris, je suis rest\u00e9 longtemps, plusieurs fois, devant les Raboteurs de parquet, tableau du peintre fran\u00e7ais Gustave Caillebotte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Je me suis rendu \u00e0 deux reprises dans la plus grande des \u00eeles de l\u2019archipel des Loyaut\u00e9s, en 1988, quelques semaines avant la trag\u00e9die d\u2019Ouv\u00e9a. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Rencontre en 1989 \u00e0 Awala-Yalimapo avec Thomas Appolinaire et F\u00e9lix Tiouka, pionniers Kali\u2019na de l\u2019\u00e9mergence politique des peuples autochtones de Guyane. Ils acceptent de se livrer devant une cam\u00e9ra \u00e0 deux s\u00e9ries de longs entretiens. Durant les quatre ann\u00e9es qui suivirent, j\u2019ai tent\u00e9 en vain de faire \u00e9couter-voir ces paroles kali\u2019na au sein de chaines du service public audiovisuel (La Sept-Arte, RFO, France 3). A la veille du cinqui\u00e8me centenaire de la \u00ab d\u00e9couverte \u00bb de l\u2019Am\u00e9rique, en 1992, l\u2019un des principaux d\u00e9cideurs des programmes de La Sept-Arte m\u2019assura que ce sujet (des revendications am\u00e9rindiennes en France) n\u2019\u00e9tait pas compatible avec la ligne \u00e9ditoriale de la cha\u00eene franco-allemande. En 2018, j\u2019ai confi\u00e9 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ces entretiens \u00e0 l\u2019Institut National de l\u2019Audiovisuel qui en est d\u00e9sormais le conservateur num\u00e9rique. La transcription et pr\u00e9sentation de ces entretiens, sous le titre \u00ab Paroles kali\u2019na \u00bb , est \u00e9galement disponible en impression \u00e0 la demande.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Louise Forestier chante \u00ab il m\u2019appelle, je t\u2019aime \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Court Antoinette, Marie (1875-1966). Elle \u00e9tait la fille de Court Jean-Joseph et Guechard Marguerite.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Miquelis Maurice (1874-1961). Il \u00e9tait le fils de Miquelis\nVictor et de Inghebert Philoum\u00e8ne. Il \u00e9pousa Antoinette-Marie Court en 1897.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Miquelis Rose, Jos\u00e9phine, Maria &#8211; \u00e9pouse Crozier &#8211; n\u00e9e en 1898, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 1999.  Rose, figure omnipr\u00e9sente dans mes scriptures. L\u2019atelier en 2018 sur la nouvelle en t\u00e9moigne : Fin des ann\u00e9es 20, Rose Miquelis, ma future grand-m\u00e8re maternelle, est une belle jeune fille proven\u00e7ale. Son p\u00e8re, Maurice, est boulanger la nuit et ol\u00e9iculteur dans la journ\u00e9e. Sa m\u00e8re, Marie, s\u2019occupe de la ferme, des poules et des lapins. T\u00f4t le matin, Rose travaille \u00e0 la collecte des fleurs de jasmins \u00e0 Grasses. Les apr\u00e8s-midis, elle est employ\u00e9e \u00e0 la boutique d\u2019un grand parfumeur de la ville. Rose fr\u00e9quente Lucien, un gar\u00e7on gentil. Ils sont fianc\u00e9s. Jusqu\u2019au jour o\u00f9 le riche, \u00e9l\u00e9gant et beau Claude Crozier, en vill\u00e9giature sur la C\u00f4te d\u2019Azur, visite l\u2019usine \u00e0 parfum, s\u2019arr\u00eate \u00e0 la boutique et rencontre Rose. Il demande sa main. Les fian\u00e7ailles sont rompues. Rose devient Madame Crozier et part vivre une autre vie en Savoie o\u00f9 son \u00e9poux, propri\u00e9taire d\u2019un grand h\u00f4tel-restaurant \u00e0 Annecy, est un notable, passionn\u00e9 de chasse, de belles voitures et d\u2019Action Fran\u00e7aise. Lucien qui n\u2019a plus de fianc\u00e9e s\u2019engage dans la gendarmerie. Une guerre et une Lib\u00e9ration plus tard, Rose se retrouve veuve sans l\u2019\u00eatre \u00e0 coup s\u00fbr : son milicien de mari, condamn\u00e9 \u00e0 mort par la R\u00e9sistance, a fui en Espagne o\u00f9 il serait mort. En ma\u00eetresse femme, Rose sauve les meubles et sa fille. Elle retrouve la C\u00f4te d\u2019Azur et les oliveraies que soignent son p\u00e8re. Elle devient agent immobilier et vivra autonome, autoritaire, c\u00e9libataire et toujours s\u00e9duisante de tr\u00e8s longues ann\u00e9es. Mais si Rose, dans les ann\u00e9es 50, n\u2019avait plus besoin de personne pour mener sa vie, elle n\u2019accepta pas moins le retour de Lucien dans la sienne. Retrait\u00e9 de la gendarmerie nationale, Lucien avait fini sa carri\u00e8re en Guyane fran\u00e7aise. De retour en m\u00e9tropole, il avait ouvert un magasin de graines dans les environs de Grasses. Ils \u00e9taient donc presque voisins et pas rancunier l\u2019un envers l\u2019autre. Lucien venait r\u00e9guli\u00e8rement chez ma grand-m\u00e8re faire les gros travaux du jardin. Il ne dormait jamais \u00e0 la maison. Il travaillait beaucoup pendant que Rose, grand lectrice de Elle et fumeuse de Craven A, assurait en \u00e9change du jardinage la comptabilit\u00e9 du gentil Lucien. Dire que ce brave homme s\u2019est tu\u00e9 \u00e0 la t\u00e2che pour les beaux yeux de Rose n\u2019est pas t\u00e9s loin de la r\u00e9alit\u00e9 : Lucien est mort vers la fin des ann\u00e9es 60 des suites d\u2019une mauvaise chute d\u2019un figuier qu\u2019il taillait chez ma grand-m\u00e8re. Le seul vrai souvenir que je garde de Lucien sont deux toiles, ramen\u00e9es de Guyane, qu\u2019il avait achet\u00e9 et offert \u00e0 Rose et que celle-ci du reste n\u2019appr\u00e9ciait gu\u00e8re. L\u2019une de ces toiles figure une crique dite du Lamantin. L\u2019autre montre deux pirogues monoxyles bushinenge sur le fleuve Maroni.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Le Concert, une toile g\u00e9ante de 3,5 m sur 6 m, est l\u2019\u0153uvre ultime du peintre Nicolas de Sta\u00ebl, n\u00e9 le 23 d\u00e9cembre 1913 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, mort le 16 mars 1955 \u00e0 Antibes. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Sur le Maroni, la fronti\u00e8re naturelle entre le Suriname et la Guyane, longue et difficile discussion avec une femme Bushinengu\u00e9. Elle ne veut pas me vendre la planche \u00e0 laver avec laquelle elle est en train de faire sa lessive dans le fleuve. Parce qu\u2019elle est us\u00e9e, m\u2019explique-t-elle en me conseillant d\u2019en acheter une toute neuve au menuisier-sculpteur du village qui les fabrique. Nous parvenons \u00e0 un accord : je vais acheter une planche neuve et elle l\u2019accepte en \u00e9change de sa planche usag\u00e9e. C\u2019\u00e9tait, entre Maripasoula et Grand-Santi, \u00e0 Papaichton.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Souvent tent\u00e9 de convaincre mon m\u00e9decin qu\u2019il y a une explication anthropologique \u00e0 l\u2019addiction au tabac : le besoin s\u00e9curisant de conserver entre ses mains le feu et \u00e9galement, sans doute, le fait que la dur\u00e9e de ce qui se consume permet au fumeur de prendre la mesure du temps qui s\u2019\u00e9coule et donc, d\u2019une certaine mani\u00e8re, de penser la mort. Ces arguments n\u2019ont jamais convaincu mon toubib g\u00e9n\u00e9raliste, ni son coll\u00e8gue pneumologue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">XYZ Pour en  finir, revenir a du d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit lors d&rsquo;un atelier pr\u00e9c\u00e9dent: Faut-il s\u2019interroger sur un corpus de petits textes, aussi peu satisfaisants soient ces derniers ? Au risque d\u2019ajouter au corpus et, sans fin, de devoir s\u2019interroger \u00e0 nouveau ? La r\u00e9ponse est : oui, peut \u00eatre, sans doute. Pour autant, s\u2019interdire de le faire, n\u2019est pas interdit. Aussi, faire le choix de ne rien ajouter, de ne pas en rajouter, autorise la d\u00e9finition du corpus comme un texte clos rendant, par l\u00e0 m\u00eame, possibles ses lectures infinies. Ce choix, arbitraire privil\u00e8ge du scripteur, ferme, certes, des portes, mais, transformant le corpus des textes en objet, il ouvre des libert\u00e9s, en lectures seules, \u00e0 tout autre que le scripteur. D\u00e9tachement, objectivation, d\u00e9laissement, cet abandon n\u2019en est pas moins porteur de richesses possibles. Qui sait si dans le tas de gravats des mots devenu un simple objet, un passant curieux ne rencontrera pas un d\u00e9chet recyclable, un rebut r\u00e9parable, voire une p\u00e9pite utile ? Il y a un temps o\u00f9 le scripteur doit couper le cordon. Et comme dirait l\u2019autre (stalinien) : il faut savoir terminer une \u00e9criture ! Et voir la mer avant tout. Voir la mer, toujours. Jusqu\u2019\u00e0 la fin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avertissement :La question de savoir comment un paratexte se distingue du texte hante de nombreux chercheurs pour lesquels, souvent, le caract\u00e8re ind\u00e9cidable de la question est incontestable. Hors cette impasse, l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une scripture totalement d\u00e9di\u00e9e au paratexte offre cependant une possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 la question. 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