{"id":165320,"date":"2024-07-20T12:28:34","date_gmt":"2024-07-20T10:28:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=165320"},"modified":"2024-07-21T11:34:26","modified_gmt":"2024-07-21T09:34:26","slug":"anthologie-28-lart-en-ital-dans-le-texte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-28-lart-en-ital-dans-le-texte\/","title":{"rendered":"#anthologie # 28 | l&rsquo;art en ital. dans le texte"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-06-seuls-les-oiseaux\/\">#anthologie #06&nbsp;|&nbsp;seuls les oiseaux<\/a><br>Il est seul au monde ton p\u00e8re disait ma m\u00e8re. Question de point de vue. Il avait plut\u00f4t un monde dans la t\u00eate, son monde \u00e0 lui. Il n\u2019en parlait pas. Sans doute, quand il ne r\u00e9pondait pas \u00e0 une question ou qu\u2019il quittait la pi\u00e8ce sans rien dire, ou qu\u2019il faisait quelque chose sans se pr\u00e9occuper de personne, sans se justifier, sans demander \u00e0 quiconque si \u00e7a g\u00eanait, il semblait bien \u00eatre seul au monde. Pourtant, il parlait beaucoup, il se parlait beaucoup, en dedans. Le monde, il le recevait en \u00e9coutant seul et fort la radio; en regardant seul et fort la t\u00e9l\u00e9vision; en lisant seul le journal. Il n\u2019en commentait rien du monde qui peuplait sa t\u00eate, jour apr\u00e8s jour, de tout un tas d\u2019inqui\u00e9tudes. Parfois, glissait-il dans un souffle c\u2019est quand m\u00eame triste. Il parlait \u00e0 sa femme, il parlait \u00e0 ses enfants, il parlait \u00e0 Paul, il parlait \u00e0 ceux \u00e0 qui il dirait deux mots quant il les verrait. Dans sa t\u00eate. Il leur disait les mots forts, les mots d\u2019amour, les mots tendres qu\u2019il ne prononcerait jamais, sauf \u00e0 sa petite femme. Ma petite femme, \u00e7a, il le disait. On pouvait penser qu\u2019il aurait aim\u00e9 vivre seul parce qu\u2019il ne supportait pas les petits d\u00e9rangements venus d\u2019autrui. Mais la solitude lui pesait. \u00c7a, personne ne le sait car personne ne l\u2019a vu pleurer quand il passait des journ\u00e9es enti\u00e8res de solitude, restant en pyjama, buvant simplement un caf\u00e9 noir le matin avec une tartine de miel, n\u2019allumant m\u00eame pas la t\u00e9l\u00e9. La tristesse efface les envies. Les siennes \u00e9taient simples. Seul, elles disparaissaient. Seuls alors les oiseaux lui apportaient un peu de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Il regardait les m\u00e9sanges, le rouge-gorge, la bergeronnette, les pies, assis depuis son fauteuil, la tapette \u00e0 mouche pos\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. Seuls les oiseaux qu\u2019il n\u2019entendait plus lui tenaient compagnie, parfois aussi un couple d\u2019\u00e9cureuil,<\/p>\n\n\n\n<p><em>les photos accroch\u00e9es au mur aussi, \u00e0 la place d\u2019un reproduction de tableau, mais quel tableau absent aurait pu prendre place sur le mur du salon entre la t\u00e9l\u00e9 et la baie vitr\u00e9e,<\/em> La Joconde\u00a0<em>?\u00a0_La laiti\u00e8re<\/em>\u00a0<em>de Vermeer, plut\u00f4t, comme il y en avait tant dans les fermes autour. Il l&rsquo;aurait regard\u00e9e, aurait pens\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re, \u00e0 sa tante, il se serait souvenu du lait bourru vers\u00e9 dans un bol de caf\u00e9, une soupe, de cette odeur du lait lorsqu\u2019elle se m\u00eale \u00e0 celle des b\u00eates, en regardant pensivement, perdu tristement dans sa solitude, il se serait souvenu de son fr\u00e8re avec qui il cavalait enfant dans les pr\u00e8s, de son cousin et des truites braconn\u00e9es \u00e0 la main. Mais il n\u2019y avait pas de Vermeer. Alors,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>il regardait les oiseaux et revoyait les ann\u00e9es o\u00f9 avec sa petite femme ils allaient danser. Seul, le pass\u00e9 le submergeait, le futur l\u2019angoissait. Qu\u2019est-ce que vous allez faire? Hein? Quand je ne serai plus de ce monde.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-03-la-tapette-a-mouche-en-plastique-vert\/\">#anthologie #03 | la tapette \u00e0 mouche en plastique vert<\/a><br>Je suis tomb\u00e9 sur la tapette \u00e0 mouche en plastique vert. Si c\u2019\u00e9tait une raquette de tennis, j\u2019aurais dit qu\u2019il y avait des trous dans la raquette. Mais c\u2019est une tapette \u00e0 mouche en plastique vert. J\u2019aurais voulu la prendre mais je ne pouvais pas. Elle \u00e9tait pos\u00e9e l\u00e0, sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re, dans ce qu\u2019on appelle l\u2019\u00e9curie. Je l\u2019ai longtemps regard\u00e9e. Je me suis dit, dans ma t\u00e8te, il y a des trous dans la tapette comme j\u2019aurais dit il y a des trous dans la raquette. La derni\u00e8re fois que j\u2019ai entendu l\u2019expression, elle venait d\u2019un haut fonctionnaire du minist\u00e8re de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Il avait dit: \u00ab\u00a0il y a des trous dans la raquette mais\u2026\u00a0\u00bb. Mais quoi? Je ne m\u2019en souviens pas. L\u00e0, devant la tapette en plastique vert \u00e7a ne m\u2019est pas revenu. Il voulait dire qu\u2019il y avait encore du boulot, que c\u2019\u00e9tait pas gagn\u00e9, qu\u2019il restait du chemin \u00e0 parcourir, que ce n\u2019\u00e9tait pas parfait. Il a dit: \u00ab\u00a0il y a des trous dans la raquette mais\u2026\u00a0\u00bb. Et moi, l\u00e0, devant la tapette \u00e0 mouche en plastique vert, je l\u2019entendais parler de raquette. Je la regardais la tapette. Et plus je la regardais, plus je voyais un homme la tenir et sourire. Il la tenait comme un sceptre la tapette \u00e0 mouche en plastique vert. Il \u00e9tait assis sur un fauteuil en cuir, en short, avec des charentaises trou\u00e9es et un tee-shirt rouge d\u00e9lav\u00e9. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9t\u00e9. Il y avait des mouches. L\u2019homme parfois disait salet\u00e9 de mouches. Quand il ne brandissait pas la tapette \u00e0 mouche en plastique vert, il la gardait pos\u00e9e \u00e0 sa droite sur le fauteuil. \u00c0 sa gauche, reposait la t\u00e9l\u00e9commande de la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00c7a aurait pu \u00eatre une installation. Un artiste aurait dispos\u00e9 disons dans un mus\u00e9e, un int\u00e9rieur de maison populaire ou qu\u2019il aurait jug\u00e9e populaire en tant qu\u2019artiste ou qui aurait ressembl\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chez lui enfant ou \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ses grands-parents quand il \u00e9tait enfant. Et cet artiste, non, cette artiste aurait \u00e9t\u00e9 attentive aux d\u00e9tails. Il y aurait eu sur l\u2019accoudoir d\u2019un fauteuil une tapette \u00e0 mouche et une t\u00e9l\u00e9commande mais la tapette \u00e0 mouche aurait \u00e9t\u00e9 rouge et neuve, mais il y aurait eu un exemplaire de journal sur une table basse ouvert \u00e0 la page des mots crois\u00e9s avec un crayon \u00e0 papier et une gomme, un verre \u00e0 moiti\u00e9 plein, une t\u00e9l\u00e9, une photo dans un cadre en bois sur un buffet\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai finis par prendre la tapette \u00e0 mouche. J\u2019ai fendu l\u2019air avec comme Zorro, pfffft pfffft pfffft, et j\u2019ai chant\u00e9 \u00ab\u00a0un Z qui veut dire Zorro\u00a0\u00bb. Je me suis promen\u00e9 avec la tapette \u00e0 mouche en plastique vert, elle \u00e9tait vraiment ab\u00eem\u00e9e, trou\u00e9e, d\u00e9chir\u00e9e m\u00eame. J\u2019ai fait le Z de Zorro deux ou trois fois puis j\u2019ai port\u00e9 l\u2019estocade, \u00e0 la fin de l\u2019envoi je touche. Puis j\u2019en ai eu assez. Je n\u2019avais pas envie de jouer. Je l\u2019ai prise contre ma poitrine la tapette \u00e0 mouche en plastique vert, comme un fusil port\u00e9 au garde-\u00e0-vous mais pas comme un soldat, comme un gamin qui se souvient. Je tenais le manche de la main droite, la main gauche \u00e9tait pos\u00e9e \u00e0 plat sur le filet d\u00e9chir\u00e9 mais pas assez pour faire rire les mouches. Je l\u2019ai gard\u00e9e comme \u00e7a un moment au chaud de ma main la tapette \u00e0 mouche en plastique vert. Je r\u00eavais ou bien je me souvenais ou je ne pensais \u00e0 rien, je ne sais plus. Je l\u2019ai repos\u00e9e sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re. Cette tapette, c\u2019est le genre de tapette \u00e0 mouche en plastique vert qu\u2019on ne jette pas.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-10-polaire\/\">#anthologie #10 | Polaire<\/a><br>Elle a seize ans, elle rejoint Paris o\u00f9 vit d\u00e9j\u00e0 son fr\u00e8re. Il est dans la chanson, le music-hall, le caf-conc. Elle d\u00e9bute tr\u00e8s vite \u00e0&nbsp;<em>l\u2019Europ\u00e9en<\/em>, 5, rue Biot, Paris, dix-septi\u00e8me arrondissement. Elle ne le sait pas encore mais elle va devenir une vedette. En avait-elle l\u2019ambition? Elle est morte depuis dix ans quand Georges Simenon qui \u00e9crit depuis l\u2019Arizona l\u2019\u00e9voque dans une enqu\u00eate de Maigret. Elle marque des g\u00e9n\u00e9rations de spectateurs. Elle est moqu\u00e9e dans&nbsp;<em>l\u2019Assiette au beurre<\/em>. Elle a trente-neuf ans, elle fait la couverture&nbsp;<em>d\u2019Iskry<\/em>. Le magazine affiche son visage en gros plan. Elle porte au nez un anneau.&nbsp;<em>Il d\u00e9couvre cette image, ce ne peut pas encore \u00eatre un piercing mais l\u2019id\u00e9e est l\u00e0<\/em>. Elle a seize ans, elle quitte l\u2019Alg\u00e9rie. Pendant la travers\u00e9e en bateau elle r\u00eave \u00e0 ce qu\u2019elle pourra faire \u00e0 Paris. Elle a du mal \u00e0 contr\u00f4ler sa joie. Le soir, elle danse dans le noir, rejette la t\u00eate en arri\u00e8re les cheveux d\u00e9tach\u00e9s. Son corps \u00e9lastique semble parcouru d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Personne ne le voit, pas encore. Bient\u00f4t, \u00e7a viendra vite, il sera vu, comment\u00e9, croqu\u00e9, d\u00e9sir\u00e9. Elle a six ans, il est dit d\u2019elle que c\u2019est une petite noiraude \u00e0 la tignasse de Mauresque. Elle a la peau mate, les cheveux \u00e9pais, aile de corbeau, les yeux comme deux amandes sombres. Elle ne tient pas en place, cavale pieds-nus avec les gamins du village. Ils sont plus \u00e2g\u00e9s qu\u2019elle mais elle les suit partout. Les vieilles Berb\u00e8res sont ses f\u00e9es.&nbsp;<em>Il n\u2019a pas encore entendu parler de sa taille mais d\u00e8s qu\u2019il voit la photo il la reconnait. Elle est assise, on la voit de dos, le visage tourn\u00e9 vers la gauche<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Elle n\u2019a pas encore vingt-et-un-an, le grand Toulouse-Lautrec la caricature en pantin dans une robe jaune pour&nbsp;<\/em>Le Rire<em>. En bas, la signature de l\u2019artiste, dans un cercle le T et le L li\u00e9s pour former une sorte de signe chinois, le T devenant F, formant un A li\u00e9 au L, \u00e0 droite sur trois lignes&nbsp;<\/em><br>Que de Paimpol \u00e0 S\u00e9bastopol erre<br>Le vieux monsieur, l\u2019air pot, l\u2019air pot l\u2019air.<br>Pourrait-il d\u00e9goter \u00e9toile plus\u2026 polaire?<br><em>On voit d\u00e9j\u00e0 dans la mani\u00e8re de se tenir qu\u2019a saisi le peintre qu\u2019elle bouge comme personne.<\/em> <em>D\u2019autres portraits suivront, d\u2019autres caricatures aussi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><br>Elle a cinq ans, son p\u00e8re meurt d\u2019une mauvaise fi\u00e8vre. Sa m\u00e8re lui raconte que son grand-p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 sept ans de vill\u00e9giature forc\u00e9e en Guyane pour avoir particip\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution de 1848. La Guyane puis l\u2019Alg\u00e9rie, pour les citoyens r\u00e9calcitrants.&nbsp;<em>Il s\u2019attache \u00e0 cette danseuse de music-hall \u00e0 la taille si fine. Il se demande comment en faire une histoire<\/em>. Elle a quarante ans quand la Guerre est d\u00e9clar\u00e9e. Elle est chez Lecomte, le coiffeur de la rue Daunou, lorsqu\u2019elle l\u2019apprend. Elle part \u00e0 Londres. Puis en Am\u00e9rique. Elle revient \u00e0 Paris. L\u2019ann\u00e9e suivante, un soldat avant de partir au front lui offre le bracelet que portait sa m\u00e8re, morte. Elle a cinquante-cinq ans, elle est d\u00e9pressive. Elle est seule. Les contrats se font rares. Elle joue peu puis elle ne joue plus.&nbsp;<em>Il se caresse le menton, le regard dans le vide, il l\u2019imagine, seule chez elle, basculant la t\u00eate pench\u00e9e en avant, cheveux d\u00e9tach\u00e9s, secou\u00e9s par les sanglots.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-17\/\">#anthologie #17 |&nbsp;lieux de vie<\/a><br><em>Lautaro ne dormait pas<\/em><br>27 d\u00e9cembre 1990, Carrer del Lloro, Blanes, Espagne<br>J\u2019\u00e9tais mont\u00e9 quatre \u00e0 quatre, une bouteille de vin \u00e0 la main. La porte de l\u2019appartement \u00e9tait entrouverte, je n\u2019avais qu\u2019\u00e0 entrer. Roberto Bola\u0144o m\u2019accueillit une cigarette \u00e0 la main et le sourire affectueux. Derri\u00e8re lui, Carolina essayait de calmer Lautaro. Elle me sourit aussi, m\u2019indiquant d\u2019un haussement d\u2019\u00e9paule que le gamin n\u2019arrivait pas \u00e0 s\u2019endormir. Elle s\u2019assit sur une chaise de la cuisine, remonta son pull et lui donna le sein. Lautaro s\u2019endormit en t\u00e9tant. Il s\u2019\u00e9tait endormi vite, le temps que Roberto me serve une bi\u00e8re et se fasse un caf\u00e9. Il me parlait de po\u00e9sie, d\u2019auteurs que je ne connaissais pas. Il avait encore peu \u00e9crit. J\u2019avais lu dans une traduction anglaise&nbsp;<em>Consejos de un disc\u00edpulo de Morrison a un fan\u00e1tico de Joyce<\/em>&nbsp;et quelques po\u00e8mes. Je me souviens que Carolina nous avait rejoints apr\u00e8s avoir couch\u00e9 Lautaro.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Je me souviens d\u2019un livre de Borges, pos\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la machine \u00e0 \u00e9crire,&nbsp;<\/em>Historia universal de la infamia,<em>&nbsp;la version originale de 1935.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviens que je me sentais bien et que nous avions mang\u00e9 des calamars. Je me souviens que j\u2019\u00e9tais parti tr\u00e8s tard. C\u2019est quand m\u00eame pas grand chose comme souvenirs.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-19-meme-pas-en-photo\/\">#anthologie # 19 | m\u00eame pas en photo<\/a> (extrait)<br>Le pantalon pattes d\u2019\u00e9l\u00e9phant en velours orange qui \u00e9tait port\u00e9 avec quel type de chaussures?<br>Les lunettes de soudeur, pos\u00e9es sur l\u2019\u00e9tabli au bois gras, dans l\u2019atelier \u00e9clair\u00e9 par un n\u00e9on qui clignote longtemps avant de se fixer pour donner une lumi\u00e8re blanche. Comment prend-on la photo d\u2019un n\u00e9on qui clignote?&nbsp;<br>Les roses comment\u00e9es chaque ann\u00e9e car elles n\u2019\u00e9closent pas au m\u00eame moment et ne viennent pas du m\u00eame endroit, regarde comme elles sont belles, nous les avions achet\u00e9es \u00e0 la roseraie de M. avec ton p\u00e8re.<br>La prison, ras\u00e9e. Sur son emplacement, aujourd\u2019hui, l&rsquo;universit\u00e9.<br>Le camion de livraison de celui que j\u2019ai toujours entendu appel\u00e9 \u00ab&nbsp;le grand-p\u00e8re&nbsp;\u00bb. Il livrait du vin. Partout. Dans les auberges, dans les fermes, dans les bars, et il y en avait des bars.<gwmw style=\"display:none;\"><\/gwmw><gwmw style=\"display:none;\"><\/gwmw><br><em>Ta t\u00eate, au th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 tu n&rsquo;allais jamais, au th\u00e9\u00e2tre donc pour voir Piccoli que tu adorais dans <\/em>Minetti<em> au TNP, oui, ta t\u00eate \u00e0 la fin du spectacle, au moment pr\u00e9cis o\u00f9 tu r\u00e9pondais \u00e0 \u00ab\u00a0\u00e7a t&rsquo;a plu?\u00a0\u00bb, non pas \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, juste avant, lorsque tu pr\u00e9parais ta r\u00e9ponse et qu&rsquo;elle s&rsquo;affichait sur ton visage, \u00ab\u00a0bof\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#anthologie #06&nbsp;|&nbsp;seuls les oiseauxIl est seul au monde ton p\u00e8re disait ma m\u00e8re. Question de point de vue. Il avait plut\u00f4t un monde dans la t\u00eate, son monde \u00e0 lui. Il n\u2019en parlait pas. Sans doute, quand il ne r\u00e9pondait pas \u00e0 une question ou qu\u2019il quittait la pi\u00e8ce sans rien dire, ou qu\u2019il faisait quelque chose sans se pr\u00e9occuper <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-28-lart-en-ital-dans-le-texte\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#anthologie # 28 | l&rsquo;art en ital. dans le texte<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":171,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[6750,6056,1],"tags":[],"class_list":["post-165320","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-28-edouard-leve-oeuvres","category-cycle-ete-2024","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165320","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/171"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=165320"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165320\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=165320"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=165320"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=165320"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}