{"id":165322,"date":"2024-07-20T10:32:30","date_gmt":"2024-07-20T08:32:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=165322"},"modified":"2024-07-20T12:09:39","modified_gmt":"2024-07-20T10:09:39","slug":"anthologie28-focus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie28-focus\/","title":{"rendered":"#anthologie #28 | focus"},"content":{"rendered":"\n<p>(#23 Dans l\u2019infini) <br>La peau est tatou\u00e9e. Une fleur d\u2019artichaud sur l\u2019int\u00e9rieur du bras droit, c\u2019est ce qu\u2019il a toujours voulu. Une toile d\u2019araign\u00e9e sur la main droite. Et p\u00eale-m\u00eale, des doigts au cou&nbsp;: un l\u00e9go voiture, une cassette audio, une \u00e9ponge, un dictaphone, un pied, une t\u00eate de mort, un fil \u00e0 linge sans linge avec des pinces, une fen\u00eatre dont un seul pan est ouvert, une t\u00e9l\u00e9commande, une tong, un bidon d\u2019essence, un cou de girafe, un revolver en mousse, une cage ouverte, une veste en jean, un tuyau d\u2019arrosage et&nbsp;<em>Stalker<\/em>&nbsp;\u00e9crit en russe.<\/p>\n\n\n\n<p>(#22 Les Chardons) <br>Devant les boutiques (apr\u00e8s tr\u00e8s r\u00e9cente visite, il n\u2019y a finalement plus de distributeur automatique mais un magasin&nbsp;<em>Saveurs d\u2019ailleurs<\/em>&nbsp;et \u00e0 c\u00f4t\u00e9,&nbsp;<em>\u00c0 tout poil<\/em>), il y a trois statues de bois. La plus imposante, une femme en taille r\u00e9elle, avec une robe d\u2019avant, coiffe bretonne sans doute, portant un panier, elle est pench\u00e9e. Est-ce qu\u2019elle s\u2019est pench\u00e9e avec le temps et l\u2019usure (le bois est blanc aujourd\u2019hui, vermoulu et l\u2019ensemble est assez laid), ou \u00e9tait-elle pench\u00e9e au d\u00e9part, dans son \u00e9lan d\u2019acheter, dans sa pr\u00e9cipitation d\u2019\u00eatre la premi\u00e8re aux l\u00e9gumes et au poisson, ou dans un mouvement naturel de marche de femme en robe longue et \u00e9paisse et sabots de bois.<\/p>\n\n\n\n<p>(#18 Figer) <br>Le Moa\u00ef du British Museum est un Moa\u00ef comme on l\u2019imagine. On voudrait mettre sa main sur son torse mais on n\u2019a pas le droit. On ne peut qu\u2019admirer le colosse en tournant autour. On voudrait creuser dessous pour voir le reste du corps et des inscriptions qu\u2019on n\u2019a jamais su d\u00e9chiffrer mais il est coup\u00e9 en deux, celui-l\u00e0 \u00e9tait tomb\u00e9, celui-l\u00e0 sans doute n\u2019a jamais pu \u00eatre dress\u00e9 dos \u00e0 la mer, t\u00eate vers le ciel, \u00e0 guetter le retour des oiseaux g\u00e9ants.<\/p>\n\n\n\n<p>(#17 Jane) <br>Le faux Nicolas Poussin a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9. Il n\u2019est plus au-dessus de la chemin\u00e9e car la peinture s\u2019ab\u00eeme avec la chaleur des flammes. Il est \u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9cal\u00e9 de deux m\u00e8tres. Il est fait d\u2019apr\u00e8s, avec ses arbres vert de vessie, son ambiance faussement dominicale de d\u00e9jeuner sur l\u2019herbe avec un joueur de fl\u00fbte, un panier qui d\u00e9gorge et deux ch\u00e8vres sans corde. Mais au deuxi\u00e8me plan, derri\u00e8re les heureux, dans la rivi\u00e8re o\u00f9 des s\u00e9rieux sont \u00e0 p\u00eacher, un cadavre (de l\u00e9preux, d\u2019h\u00e9r\u00e9tique, de mendiant) descend le cours de la rivi\u00e8re dans l\u2019insouciance des poissons qui s\u2019agitent autour. Les truites s\u2019enflamment.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>(#16 Les aiguilles) <br>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019horloge, une affiche de Picasso, celle de l\u2019oiseau avec sa branche. C\u2019est une lithographie qui a \u00e9t\u00e9 punais\u00e9e plusieurs fois puisqu\u2019il y a des trous \u00e0 chaque coin. Elle est jaunie sur sa partie droite, signe d\u2019une ancienne insolation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(#23 Dans l\u2019infini) La peau est tatou\u00e9e. Une fleur d\u2019artichaud sur l\u2019int\u00e9rieur du bras droit, c\u2019est ce qu\u2019il a toujours voulu. Une toile d\u2019araign\u00e9e sur la main droite. 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