{"id":165744,"date":"2024-07-21T10:37:04","date_gmt":"2024-07-21T08:37:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=165744"},"modified":"2024-07-21T14:36:20","modified_gmt":"2024-07-21T12:36:20","slug":"anthologie28-de-lart-dans-mes-ecrits","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie28-de-lart-dans-mes-ecrits\/","title":{"rendered":"#anthologie #28 | De l&rsquo;art dans mes \u00e9crits"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a01\/ Clair obscur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La luminosit\u00e9 de mon \u00e9cran&nbsp; d\u2019ordinateur fait deviner les ombres de mes grands compagnons,&nbsp; bureau,&nbsp; stylos, livres et cahiers en vrac. Encore en chemise de nuit, je me mets en place . J\u2019attends que \u00e7a vienne. Mon cerveau est endormi.&nbsp; H\u00e9misph\u00e8re droit&nbsp; rien, h\u00e9misph\u00e8re gauche rien. Je visualise mes deux cervelets. Ils ronflent encore et me laisse vide.<\/p>\n\n\n\n<p>Un petit ha\u00efku de rien du tout. \u00abToute la pluie tombe, \u00e0 la ligne. Sur mon c\u0153ur , \u00e0 la ligne. Endormi, \u00e0 la ligne\u00bb.&nbsp; Nul, archi nul&nbsp; . Un conte&nbsp; alors : \u00ab&nbsp;il \u00e9tait une fois,&nbsp; un d\u00e9but d\u2019histoire ,&nbsp;&nbsp; pas de ch\u00e2teau, pas de prince , pas de princesse, pas d\u2019enfant,&nbsp; le chaos\u2026&nbsp;\u00bb encore rat\u00e9. Autobio alors\u2026 n\u00e9e le 7 09 1966, paris 15 \u00e8me, sexe f\u00e9minin&nbsp;. Pas envie de raconter ma vie. N\u2019int\u00e9resse personne. Roman&nbsp;: &nbsp;Ressortir mes carnets&nbsp; et relire tous mes d\u00e9buts d\u2019histoire. Peut-\u00eatre que \u00e7a va venir\u2026 rien. 7h30&nbsp;, le r\u00e9veil sonne.<\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est un r\u00e9veil manuel qui fait tic-tac. Quand je ne veux plus le remonter avec sa petite manivelle, il se tait et c\u2019est tr\u00e8s bien. Je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019en s\u00e9parer. Il est argent\u00e9. Je l\u2019ai achet\u00e9 \u00e0 Monoprix . &nbsp;Ses aiguilles et sa trotteuse sont de style ancien. Il&nbsp; a un c\u00f4t\u00e9 kitch. Il me rappelle celui de ma grand-m\u00e8re qui a disparu dans les d\u00e9m\u00e9nagements. Le r\u00e9veil, pas ma grand- m\u00e8re. Une grand- m\u00e8re , \u00e7a ne disparait pas dans un d\u00e9m\u00e9nagement\u2026 sauf\u2026 tiens un d\u00e9but d\u2019histoire\u2026 Il a des sortes d\u2019oreilles en aluminium qui tintent quand c\u2019est l\u2019heure et qui nous r\u00e9veillent , car \u00e7a r\u00e9sonne la dedans . Un bruit sourd avec les ann\u00e9es et la poussi\u00e8re accumul\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Irr\u00e9cup\u00e9rable. Le petit marteau entres les deux oreilles devint fou , il est prisonnier du syst\u00e8me. J\u2019aurai bien envie qu\u2019il se casse. Mais non, il restera l\u00e0 jusqu\u2019\u00e0 la fin\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a y est , c\u2019est fini pour aujourd\u2019hui.&nbsp; Ma deuxi\u00e8me journ\u00e9e commence. Je referme mon ordi. Mince j\u2019 ai oubli\u00e9 de sauvegarder . On ne sait jamais\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;2\/ Une histoire de ponts<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je montrai bien dans le 28 pour la travers\u00e9e de Lisbonne. \u00c7a monte, \u00e7a monte. Le tramway fait le job depuis 1908 , je pourrai lui faire confiance\u2026 mais on ne sait jamais. Et si juste , le c\u00e2ble c\u00e9dait\u2026j\u2019ai l\u2019habitude de compter sur mes jambes mais l\u00e0, je n\u2019 en peux plus&nbsp;; la chaleur\u2026 et se dire que je suis venue jusque-l\u00e0\u2026 pouss\u00e9e par la curiosit\u00e9 , j\u2019 oublie ma soif , j\u2019oublie mes jambes enfl\u00e9es&nbsp;, j\u2019oublie mon dos courb\u00e9 sous le sac \u00e0 dos , et en avant , je veux voir les murs de Street art, c\u2019est marqu\u00e9 dans le guide. C\u2019est bon \u00e7a&nbsp; sonne, \u00e7a roule, \u00e7a grimpe . Soulagement&nbsp;. On y arrive, mes yeux&nbsp; s\u2019embrasent. Je le savais . Les couleurs du sud sont merveilleuses&nbsp;, les couleurs de la r\u00e9volution. De l\u2019amour , du sexe . Les artistes sont tous l\u00e0. Dans une extr\u00eame libert\u00e9. Il fait frais l\u00e0-haut. L\u2019air est pur. L\u2019inspiration aussi . Le Fado, la nature luxuriante, toutes les esp\u00e8ces de fleurs et d\u2019arbres. Je n\u2019 ai jamais vu de couleurs pareilles sur ces tableaux grandeurs nature . Et l\u00e0 , &nbsp;devant moi, un mur, l\u2019artiste a peint&nbsp; mon histoire de ponts, les deux fr\u00e8res, celui de San Fransisco et celui de Lisbonne , mes deux ponts rouges plant\u00e9s aux dessus des eaux, je tourne la t\u00eate , et je l\u2019aper\u00e7ois du haut de cette colline . Je redescends , une envie irr\u00e9sistible de le traverser\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Et devant l\u2019entr\u00e9e du pont, une statue gigantesque , en acier rouill\u00e9 et bleue turquoise \u00e0 cause du sel et de l\u2019oxydation.&nbsp; C\u2019est Vasco de Gama qui a ralli\u00e9 l\u2019inde en contournant l\u2019Afrique. J\u2019ai googlelis\u00e9 pour savoir ce qu\u2019il a d\u00e9couvert. Depuis j\u2019ai oubli\u00e9\u2026<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00a03\/ <\/em>La maison<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Vincennes,&nbsp; Bus 124, direction&nbsp; m\u00e9tro Od\u00e9on .Lever 6h00 retour 20h00. Coucher 20h30&nbsp;.<\/p>\n\n\n\n<p>Traverser du bd Saint Germain sans se faire renverser . \u00c7a serait dommage&nbsp; pour ce&nbsp; job de d\u00e9but de vie&nbsp; . Stop au feu, passage pi\u00e9ton. Reprendre sa respiration, franchir le seuil de la Maison d\u2019Edition.&nbsp; B\u00e2tisse \u00e0 balcon&nbsp; sans jardini\u00e8re, ni jardinier d\u2019ailleurs. Trop de pollution et de gaz d\u2019\u00e9chappement . A l\u2019\u00e9poque ,&nbsp;&nbsp; pas d\u2019impact Carbone. Fronton&nbsp; type art- d\u00e9co.<\/p>\n\n\n\n<p>Portail \u00e0 battant en fer forg\u00e9.&nbsp; Pousser&nbsp; de toutes ces forces pour franchir le seuil.&nbsp; M\u00e9riter le recrutement, raconter ces dipl\u00f4mes, dire qu\u2019on est c\u00e9lib. Montrer son int\u00e9r\u00eat pour toutes choses qui ressemblent \u00e0 un livre . Oui , faire sentir que c\u2019est de l\u2019encre qui coule dans ses veines. Franchir le seuil de cette Maison, qui ne ressemble pas \u00e0 son deux pi\u00e8ces-cuisine de la rue de la r\u00e9sistance&nbsp; 94300.<\/p>\n\n\n\n<p>Un escalier&nbsp; s\u2019\u00e9rigeant l\u00e0 devant soi, l\u00e0, depuis toujours. Une rampe en bois&nbsp; , qu\u2019on a recouvert d\u2019un tapis couleur cerise pour pas faire de bruit.<\/p>\n\n\n\n<p>Rez de chauss\u00e9e, droits \u00e9trangers et administration, pointeuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Premier \u00e9tage , \u00e9dito, direction, faire silence, montrer qu\u2019on est arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019heure voire en avance.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me \u00e9tage , salle de r\u00e9union, service des secr\u00e9taires d\u2019\u00e9dition. Que des filles. Les hommes , c\u2019est \u00e0 la direction. A non.&nbsp; La Femme. L\u2019assistante de direction. Elle, est au premier. Tailleur Chanel 36-38. Chignon banane&nbsp; d\u2019une blondeur \u00e0 faire p\u00e2lir de jalousie une h\u00f4tesse de l\u2019air. Escarpin Louboutin&nbsp; per\u00e7ant la moquette, tapant&nbsp; les bandes restantes&nbsp; de parquets de ch\u00eane. Son aig\u00fc, rythmant des pas d\u2019aller-retour. Elle , elle sait tout ,de tout ,par tout, elle&nbsp; est l\u2019ombre du Grand-P , son oreille, ses yeux , ses mains, sa bouche, son sexe. Lui,&nbsp; jamais vu. Il ne se montre&nbsp; pas,&nbsp;&nbsp; il est&nbsp; le chef, non, la t\u00eate, non, le cerveau, non, l\u2019In-te-ll-igence. La d\u00e9-ci-sion. Le droit de vie ou de mort, sur&nbsp; les manuscrits, les auteurs, les imprimeurs, les graphistes, les illustrateurs\u2026 les petites mains, les abeilles du service de fab. Trois salles par mati\u00e8res, une pour les beaux-livres. Une pour les broch\u00e9s-collections universit\u00e9s, une pour les cartonn\u00e9s papiers. Trois bureaux par salles, trois placards \u00e0 casiers pour les stockages des \u00e9preuves&nbsp; s\u2019accumulant , s\u2019accumulant.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pr\u00e8s de la fen\u00eatre, il y une plante verte, un immense cahoutchouc des ann\u00e9es 70&nbsp; qui veille. C\u2019est une esp\u00e8ce en voie de disparition dont il faut prendre soin et qu\u2019il faut arroser tous les jours , un verre d\u2019 eau seulement . Il faut d\u00e9poussi\u00e9rer ses grandes feuilles douces , larges et brillantes. Elle ne fleurit pas. Mais elle a des pousses vertes claires qui montrent sa bonne sant\u00e9. Elle est l\u00e0 depuis au moins vingt ans. C\u2019\u00e9tait un cadeau du&nbsp; premier mariage du patron. Il a ramen\u00e9 apr\u00e8s son divorce. Apr\u00e8s, elle n\u2019a plus boug\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;4\/ Le dernier enregistrement 1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et elle&nbsp; va en voiture sur la route en direction de cette maison <em>, je veux dire de cet appartement o\u00f9 il y a la photo du cadre au collier ivoire je dis au collier parce que je ne sais pas comment dire , c\u2019est une sorte d\u2019encadrement ouvrag\u00e9 avec des grosses perles ivoires de la plus petite \u00e0 la plus grosse&nbsp; le fond est un aplat gris on distingue tr\u00e8s clairement les traits du visage fig\u00e9 de ce grand-p\u00e8re inconnu qui a cependant un air un peu s\u00e9v\u00e8re pour une petite fille de huit ans<\/em> qui ne comprend pas tr\u00e8s bien pourquoi il porte des lunettes noires qui le mettent tout le temps dans la nuit&nbsp; Mais il faut d\u2019abord regarder la route qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019appartement car les yeux \u00e7a sert \u00e0 conduire et quand quelqu\u2019un devait le conduire en voiture ou \u00e0 pieds avec ses lunettes noires il ne devait rien voir du tout se dit la petite fille \u2026<em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>5\/ <\/em><strong>G<\/strong><strong>orgone 2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A ces mots , les corps de Gorgone se transforma sous mes yeux, sa colonne vert\u00e9brale durcit et son dos devint dur comme de la pierre et se recouvra d\u2019une sorte d\u2019\u00e9corce, puis ce fut le tour de ses jambes et de ses pieds palm\u00e9s qu\u2019elle ramena autour de ses bras&nbsp;. Elle rentra sa t\u00eate dans ses genoux repli\u00e9s, et le tout se mit \u00e0 fondre et \u00e0 se reconstituer&nbsp; en une sorte de bo\u00eete rectangulaire , puis cette bo\u00eete se recouvrit d\u2019une sorte de croute en cuir brune, et une lumi\u00e8re irradiait de ses bords alors qu\u2019un tremblement, &nbsp;&nbsp;dans un bruit assourdissant se fit entendre. Je cachai mes yeux dans mes mains pour ne pas \u00eatre avoir les pupilles br\u00fbl\u00e9es , la chaleur et l\u2019 incandescence de l\u2019objet allaient bient\u00f4t me consumer &nbsp;quand &nbsp;il se refroidit comme par miracle, cheveux, visage, et corps de&nbsp; Gorgone avaient disparu pour laisser place \u00e0 un \u00e9norme manuscrit tel que peut en trouver dans les librairies de livres anciens.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019objet fumait encore , et mais un halo de lumi\u00e8re entourait le manuscrit. Ma curiosit\u00e9 \u00e9tait telle que je voulais ouvrir cette sorte d\u2019ouvrage dont il \u00e9manait une odeur d\u2019encens , je dirai&nbsp; une odeur de k\u00e9toret.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Sur la premi\u00e8re de couverture , s\u2019inscrit alors en lettres de feu, Livre des Phylact\u00e8res.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je pressenti que&nbsp; j\u2019avais l\u00e0, un livre des origines, qui m\u2019 \u00e9tait parvenu des profondeurs de la terre et des mers&nbsp;; &nbsp;qu\u2019il devait exister un monde sous-terrain, qui devait \u00eatre l\u2019origine de notre <\/em><em>monde&nbsp;; et que Gorgone \u00e9tait venue me pr\u00e9venir d\u2019un immense danger\u2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a01\/ Clair obscur La luminosit\u00e9 de mon \u00e9cran&nbsp; d\u2019ordinateur fait deviner les ombres de mes grands compagnons,&nbsp; bureau,&nbsp; stylos, livres et cahiers en vrac. Encore en chemise de nuit, je me mets en place . 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