{"id":165794,"date":"2024-07-21T11:46:20","date_gmt":"2024-07-21T09:46:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=165794"},"modified":"2024-07-21T13:59:12","modified_gmt":"2024-07-21T11:59:12","slug":"anthologie-25-du-carnet-comme-dun-flacon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-25-du-carnet-comme-dun-flacon\/","title":{"rendered":"#anthologie #25 | du carnet comme d&rsquo;un flacon"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00c0 quoi ressemblerait un carnet un calepin d\u2019odeurs, un fichier pour respirer ce qui flotte du vivant (et du mort d\u2019ailleurs, pourquoi pas)\u00a0? Il faudrait des pages bomb\u00e9es comme un flacon\u00a0; je le glisse dans ma poche, je le flaire d\u00e8s que flanche ma silhouette dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a pourrait \u00eatre un herbier\u00a0? Mais s\u00e9cher une odeur, c\u2019est comme mouiller l\u2019encre des mots \u2013 soudain quelque chose est perdu, s\u2019efface. Ici\u00a0: suffoque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces mots \u00e9crits dans l\u2019urgence du retard, le bout de souffle du quotidien \u2013 parfum du contretemps, pass\u00e9 d\u00e9j\u00e0 avant d\u2019avoir trouv\u00e9 son bouquet.<\/p>\n\n\n\n<p>Faire ce jeu, trouver l\u2019odeur qui se d\u00e9gage de chaque texte, au fil des propositions. Essayer\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>#0 saveur de neige fondue, sur la langue<\/li>\n\n\n\n<li>#1 quotidien d\u00e9pos\u00e9 juste sous le nez\u00a0; on ne le sent pas, c\u2019est la lettre de Poe mais on l\u2019appellerait\u00a0: le vent vol\u00e9<\/li>\n\n\n\n<li>#2 la perte, \u00e0 en faire tourner la t\u00eate<\/li>\n\n\n\n<li>#3 odeur jaune et \u00e2cre, qui grince sous la dent, fait remonter le mou naus\u00e9eux de la langue aux c\u00e2pres lorsqu\u2019on allait le dimanche manger chez la grand-m\u00e8re<\/li>\n\n\n\n<li>#4 Bribes d\u2019effluves instables\u00a0: baies et noisettes, enfance de fruits, parfois une pinc\u00e9e de houx<\/li>\n\n\n\n<li>#5 Haleine blanche (mais si on sent tr\u00e8s bien le blanc, le rance de sa sollicitude)<\/li>\n\n\n\n<li>#6 Facile\u00a0: oliviers, lavande, herbe br\u00fbl\u00e9e, essaims de joie<\/li>\n\n\n\n<li>#7 Notes de poivre en embuscade, on \u00e9ternue pour s\u2019aligner sur le bruit<\/li>\n\n\n\n<li>#8 Une menace qui monte, lourde de champignons<\/li>\n\n\n\n<li>#9 L\u2019air du matin, celui qui s\u2019engouffre vif, franc du collier, surgi par les deux battants de la fen\u00eatre ouverts d\u2019un grand geste sec<\/li>\n\n\n\n<li>#10 Muscade ambr\u00e9e, paprika azt\u00e8que, une pointe de piment qui fait gonfler les l\u00e8vres<\/li>\n\n\n\n<li>#11 Forc\u00e9ment l\u2019odeur de la nuit, odeur urbaine, odeur bitume, gris\u00e9e la m\u00e9moire s\u2019allonge sur le trottoir<\/li>\n\n\n\n<li>#12 Comment flairer les contours du mouvement ? Oblig\u00e9e d\u2019inventer un Schengen olfactif\u00a0: ensemble ce que s\u00e9cr\u00e8tent les bouleaux, la foule, les volets color\u00e9s. Je dis \u2013 odeur\u00a0! et la voil\u00e0 absente de tout bouquet.<\/li>\n\n\n\n<li>#14 Barbapapa et d\u00e9ception, cocktail d\u2019adulte<\/li>\n\n\n\n<li>#15 Difficile \u00e0 d\u00e9finir, mais progressive\u00a0; disons une sorte d\u2019acidul\u00e9 qui grignote doucement la pi\u00e8ce<\/li>\n\n\n\n<li>#16 Cette odeur-l\u00e0 est une sensation sous les molaires d\u2019enfant\u00a0: la paille m\u00e2chouill\u00e9e nerveusement sur fond de grenadine<\/li>\n\n\n\n<li>#17 Pastilles Ricola\u00a0; chez nous la m\u00e9moire collective se cuisine aux herbes des Alpes<\/li>\n\n\n\n<li>#18 Les images \u2013 toutes \u2013 gardent au fond d\u2019elles ce relent d\u2019int\u00e9riorit\u00e9 manqu\u00e9e<\/li>\n\n\n\n<li>#19 Ici \u00e0 peine une odeur, plut\u00f4t une nappe de sensations o\u00f9 l\u2019odeur prend sa place, oui, mais laquelle\u00a0? Trop d\u2019afflux, comme si l\u2019ensemble du pass\u00e9 revenait condens\u00e9 sous forme de pot-pourri [l\u2019expression ne rend pas justice aux traces furtives mais tenaces de bonheur]<\/li>\n\n\n\n<li>#20 Le texte ne l\u2019encapsule pas, elle est dans le hors champ des photos elle aussi, mais\u00a0: l\u2019odeur du produit de nettoyage dans les escaliers (sans doute une cire pour le bois), l\u2019odeur qui s\u2019ambre \u00e0 mesure que les persiennes tamisent la pi\u00e8ce du souvenir, l\u2019odeur iod\u00e9e qui vient dans ma parole<\/li>\n\n\n\n<li>#21 Une amertume sous les doigts \u00e0 renifler l\u2019universit\u00e9 dans ces footnotes\u00a0; comment ne pas lui abandonner l\u2019espace de la marge, comment reprendre go\u00fbt \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence joueuse, furtive, celle qui se d\u00e9barrasse de son arri\u00e8re-gout de preuve\u00a0?<\/li>\n\n\n\n<li>#22 Le parfum si \u00e9ph\u00e9m\u00e8re du magnolia qui surplombe la rue depuis le jardin de l\u2019enfance et qui ne me revient qu\u2019\u00e0 l\u2019instant\u00a0: il avait disparu du paysage<\/li>\n\n\n\n<li>#23 Bouquet terreux, gonfl\u00e9 d\u2019eau de pluie et de sous-entendus<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 quoi ressemblerait un carnet un calepin d\u2019odeurs, un fichier pour respirer ce qui flotte du vivant (et du mort d\u2019ailleurs, pourquoi pas)\u00a0? 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