{"id":165854,"date":"2024-07-21T15:20:26","date_gmt":"2024-07-21T13:20:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=165854"},"modified":"2024-07-21T15:22:59","modified_gmt":"2024-07-21T13:22:59","slug":"anthologie-28-oeuvres-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-28-oeuvres-3\/","title":{"rendered":"#anthologie #28 | \u0153uvres"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-03-le-crayon-papier\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-03-le-crayon-papier\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">3<\/a> : Il aimait les pliages, les d\u00e9coupages, l\u2019origami et jouer avec les mots. Il avait affich\u00e9 une feuille blanche au mur avec une plaquette\u00a0: <em>\u00e7a ne fait pas un pli<\/em>. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, une autre feuille blanche avait \u00e9t\u00e9 pendue \u00e0 un clou avec une ficelle au bout de laquelle \u00e9tait attach\u00e9 un crayon. Il appela cela <em>crayon papier<\/em>. Enfin, il s\u2019\u00e9tait attaqu\u00e9 \u00e0 son chef-d\u2019\u0153uvre, bricoler un <em>crayon de papier<\/em> \u00e0 partir d\u2019une troisi\u00e8me feuille, qu\u2019il exposait dans un plumier lui aussi de papier au centre de son bureau.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-07-puis-la-nuit\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-07-puis-la-nuit\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">7<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-07-puis-la-nuit\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-07-puis-la-nuit\/\">&nbsp;<\/a>: Natures mortes de g\u00e9raniums fan\u00e9s. Quelques-uns r\u00e9sistent, vaillants. Le peintre est minutieux. Il n\u2019a pas rendu ces plantes dont on ne sait comment s\u2019occuper plus belles qu\u2019elles ne le sont en vrai. On les a accroch\u00e9es \u00e0 la barri\u00e8re, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du vrai bac \u00e0 fleurs. Chaque ann\u00e9e, le peintre revenait et le nouveau tableau repr\u00e9sentait les m\u00eames g\u00e9raniums, tant\u00f4t roses tant\u00f4t bruns, secs, pourris, le m\u00eame jour, en plein \u00e9t\u00e9. L\u2019hiver, on rangeait les tableaux en m\u00eame temps que les vraies fleurs. Avec le temps, tout avait cram\u00e9. Le peintre mourut. On br\u00fbla les tableaux avec lui.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-11-retour-a-la-grotte\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-11-retour-a-la-grotte\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">11<\/a>&nbsp;: Dans le hameau des Arbognes, au fond de la vall\u00e9e, au bord de la rivi\u00e8re, on entend, entre le moulin, la scierie et le bistrot, tout un orchestre d\u00e9pareill\u00e9 qui r\u00e9p\u00e8te pour un prochain bal ou pour un prochain d\u00e9fil\u00e9, Hubert au baryton, Marcel tant\u00f4t \u00e0 la clarinette tant\u00f4t au piano, Conrad au violon, Edmond \u00e0 la baguette. Les femmes chantonnent devant leur potager. S\u00e9raphine tend l\u2019oreille, n\u2019entend que l\u2019eau de l\u2019Arbogne qui s\u2019\u00e9coule, <em>l\u2019Arbogne de ses eaux claires lui sert d\u2019un gai miroir<\/em>, la m\u00e9lodie lui revient. Il n\u2019y a plus de moulin mais un facteur de piano. C\u2019est Jacques, le fils de Marcel, et Hubert, en face, bricole dans son garage. Il aime le son du m\u00e9tal quand on le travaille.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-15-quand-est-ce-que-tu-arretes-de-grandir\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-15-quand-est-ce-que-tu-arretes-de-grandir\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">15<\/a>&nbsp;: Les corps d\u2019abord roul\u00e9s en boule, recroquevill\u00e9s, ramass\u00e9s sur eux-m\u00eames, coll\u00e9s au sol, petit \u00e0 petit, tr\u00e8s lentement, se d\u00e9plient. On voit \u00e9merger des t\u00eates, des yeux, des cous, puis des mains, des bras, des jambes, des pieds. Ils sont debout mais \u00e7a ne suffit pas. La musique avait commenc\u00e9 confus\u00e9ment, al\u00e9atoire et touffue, mais la voil\u00e0 qui s\u2019\u00e9pure, cherche \u00e0 rassembler les lignes diverses qui la composaient. Les corps s\u2019\u00e9tirent puis ils \u00e9tirent les autres corps, les articulations se tendent, les coudes craquent, les genoux se d\u00e9chirent et soudain, dans un fracas tonitruant, les jointures se brisent, les membres s\u2019envolent, les corps sont devenus d\u2019interminables fils qui transpercent le plafond pour se jeter, \u00e9toiles filantes, vers le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-25-ca-sent\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-25-ca-sent\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">25<\/a>&nbsp;: <em>Ang\u00e8le au verre de rouge<\/em>. C\u2019\u00e9tait \u00e9crit dans le testament. On a ouvert le corps, on a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019embaumement et c\u2019est devenu ce monstre qu\u2019on recouvre d\u2019ordinaire d\u2019un drap. Un m\u00e9canisme actionne le corps quand on d\u00e9bouche une bouteille et la voix d\u2019un perroquet r\u00e9p\u00e8te le mot <em>coco <\/em>pendant dix minutes, la t\u00eate vibrant l\u00e9g\u00e8rement. Les invit\u00e9s n\u2019osent pas tremper les l\u00e8vres. Ils attendent qu\u2019Ang\u00e8le l\u00e8ve son verre \u00e0 leur sant\u00e9 et que la machine s\u2019arr\u00eate. On s\u2019empresse alors de la ranger dans l\u2019armoire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>3 : Il aimait les pliages, les d\u00e9coupages, l\u2019origami et jouer avec les mots. Il avait affich\u00e9 une feuille blanche au mur avec une plaquette\u00a0: \u00e7a ne fait pas un pli. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, une autre feuille blanche avait \u00e9t\u00e9 pendue \u00e0 un clou avec une ficelle au bout de laquelle \u00e9tait attach\u00e9 un crayon. Il appela cela crayon papier. Enfin, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-28-oeuvres-3\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#anthologie #28 | \u0153uvres<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":97,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[6750,6056],"tags":[],"class_list":["post-165854","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-28-edouard-leve-oeuvres","category-cycle-ete-2024"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165854","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/97"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=165854"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165854\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=165854"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=165854"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=165854"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}