{"id":166705,"date":"2024-07-26T13:21:42","date_gmt":"2024-07-26T11:21:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=166705"},"modified":"2024-07-27T23:28:33","modified_gmt":"2024-07-27T21:28:33","slug":"anthologie-33-rien-le-paysage-intact-et-du-delire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-33-rien-le-paysage-intact-et-du-delire\/","title":{"rendered":"#anthologie #33 | Rien le paysage intact et du d\u00e9lire"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-file\"><a id=\"wp-block-file--media-e2176195-a2a8-4037-b961-5b6312f71e71\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Rien-le-paysage-intact-et-du-delire-Poeme-de-la-maison-deau.docx\">Rien le paysage intact et du d\u00e9lire (Po\u00e8me de la maison d&rsquo;eau)<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Rien-le-paysage-intact-et-du-delire-Poeme-de-la-maison-deau.docx\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-e2176195-a2a8-4037-b961-5b6312f71e71\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La lumi\u00e8re est une ligne qui traverse les maisons, un oiseau dans un corps de femme. L\u2019humidit\u00e9 partout, sans r\u00e9f\u00e9rence, les ailes pli\u00e9es, ici, parmi les formes d\u00e9pec\u00e9es, aval\u00e9es la paroi des murs, une somme, nous avan\u00e7ons, de nuit en nuit un texte qui bruisse, nos souffles au fond ont bascul\u00e9. Les cimes calcin\u00e9es de la mati\u00e8re, le paysage un rythme, a tant de souffle. Sable, jeu perdu, l\u2019\u00e9cran de l\u2019eau le verre bris\u00e9 de l\u2019autre qui nous tancent. <br><br>Au sol debout le pied de l\u2019arbre un val rien le paysage intact et du d\u00e9lire. Les corps mati\u00e8res, la main, la nuit, laisse des empreintes. Qui osera lui dire ce qui d\u2019un mythe tremble et se d\u00e9vide. Temps d\u00e9pourvu de parois, derri\u00e8re vitre et poussi\u00e8re du papier jauni en d\u00e9pit de la lumi\u00e8re. Ailleurs le duvet de l\u2019homme peaux d\u2019oiseaux au ciel du gris des yeux. <br><br>Je ne suis pas la femme que tu cherches personne ne parlera de ce qui ne s\u2019oublie, le ch\u00eane satur\u00e9 d\u2019eau. Jusqu\u2019aux bords rauques de la derni\u00e8re nuit elle avancera les choses les b\u00eates noy\u00e9es dans la rivi\u00e8re. De l\u2019aveuglement au temps de l\u2019enfance mais qui en ton absence parle de temps perdu et de fillette n\u00e9glig\u00e9e ? Les mots les flots une cro\u00fbte sculpt\u00e9e qui se fixe \u00e0 la bouche. <br><br>Au silence les flots s\u2019opposent, ta m\u00e8re est condamn\u00e9e. M\u00eame dans l\u2019oubli ne rien c\u00e9der. M\u00e8re-dents. Corps-ruines. Noir relent doublure de bouche miroir rejette le contenu de contamination. La for\u00eat d\u2019une nuit travers\u00e9e de r\u00f4deurs, sommeil sur le seuil tout le long du seuil la forme d\u2019un corps loin entre vos formes et mon \u00e9moi. De la maison \u00e0 l\u2019abri une m\u00eame dormeuse toi la m\u00e8re attel\u00e9e. Elle allonge sa forme. <br><br>Quand les dents quittent la bouche quittent le corps et la m\u00e8re qui les porte quand l\u2019eau s\u2019assigne \u00e0 tout le corps fils homme p\u00e8re jug\u00e9 figures marqu\u00e9es d\u2019autres passages quand fr\u00e8re chute sur le puits la ronde des enfants ronds comme des balles ovales les ombres des arbres \u00e0 jamais dans le quereu. Les couloirs de la maison son seul outrage. Elle, mue band\u00e9e infertile. <br><br>Femme de pl\u00e2tre \u00e9paules et cou sous robe aux plis rampants. Les remparts les deux tours souvenirs de vieille femme attach\u00e9e pierre au cou. Souvenirs en accord\u00e9on, dans la t\u00eate les petites voix rapi\u00e9c\u00e9es, ensevelies entre les pattes noires, les jambes pour tristesse ne sentent plus l\u2019innocence, loin robe fleurie loin odeurs de bi\u00e8res et de cigarettes avec plage \u00e0 la Grand\u2019Rive, ensevelies entre les pattes noires de l\u2019eau les atroces adieux et les rires amoureux. <br><br>Cendre de cigarettes petit corps seul dire pardon \u00e0 l\u2019enfant entre les mains tenu. Voulant aimer encore a r\u00e9par\u00e9 les pi\u00e8ces la maison de son corps d\u00e9mont\u00e9. Corps tubes et la nuit les plantes, soupirs de nos pupilles dilat\u00e9es, rien voir de l\u2019humidit\u00e9 sans voir l\u2019humidit\u00e9, la perte des eaux et la mont\u00e9e des eaux (corps \u00e0 corps nous serons li\u00e9s), si l\u2019eau est rentr\u00e9e une marque un niveau sur le dehors une affiche municipale aurait d\u00fb nous alerter. <br> <br>La fi\u00e8vre dans les sables l\u2019horizon gondole \u00e0 l\u2019aube le corps gonfle un r\u00eave de cr\u00eate un cort\u00e8ge exceptionnel. Prise \u00e0 la gorge dans un engrenage liquide Elle s\u2019avancera au miroir la fen\u00eatre l\u2019attente plomb\u00e9e un int\u00e9rieur de voix c\u2019est la voix de t\u00eate de Jean. Elle l\u2019entend elle attend son retour : sans les dents la bouche mastiquent une pri\u00e8re d\u2019eau et les gouttes se retirent de la maison. <br><br>Petit corps de petite m\u00e8re toute bleue dans la maison d\u2019eau seule abandonn\u00e9e. Silence de l\u2019\u00e9cume de flocons noirs coagul\u00e9s. Son tronc s\u2019expose d\u00e9borde laisse place au cri. \u00c0 qui de droit constatera l\u2019horreur du simulacre dans le cristal de l\u2019ombre. Il ira \u00e0 la nage face au ciel recouvert d\u2019eau d\u00e9couvrir la d\u00e9pouille de sa m\u00e8re. L\u2019onde sera molle apr\u00e8s sa venue et la paresse des sables une lumi\u00e8re diffuse. <br><br>Petit corps de petite m\u00e8re toute bleue dans la maison d\u2019eau seule abandonn\u00e9e. Corps inerte \u00e0 la pliure de l\u2019eau, H\u00e9l\u00e8ne, Hermine du silence, b\u00eate h\u00e9raldique sommeille dans le sommeil, dans la maison d\u2019eau cruellement hiberne. La m\u00e8re sous ses dehors blind\u00e9e s\u2019est enfuie, elle est morte. <br><br>La lumi\u00e8re est une ligne qui traverse les maisons. Elle se r\u00e9percute sur les murs de la maison d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame l\u2019obscurit\u00e9, dans sa forme la plus opaque, la plus drue, vaudrait mieux que cette atroce lumi\u00e8re. M\u00eame un d\u00e9sespoir sans fond, verd\u00e2tre et naus\u00e9eux. Ou la truffe d\u2019un animal mort.<br><br><em>D\u00e8s que je ne respire plus, tout n\u2019est que silence et harmonie, plus rien ne grince plus rien ne s\u2019effondre, nulle trace de cataclysme nul instinct de mort ne r\u00f4dent autour de moi. Mon errance se traduit par une succession d\u2019images aux contrastes sans nuance. Tout devient de noir et de blanc, comme la neige ou le sable. Sous cette lumi\u00e8re, ma vie se r\u00e9sume en une infinit\u00e9 de fissures, de taches et de trous. C\u2019est comme si une faille s\u2019\u00e9tait ouverte jusqu\u2019\u00e0 laisser s\u2019infiltrer une incandescence odieuse, comme si on ne sait quelle gangue ou paupi\u00e8re avait soudain \u00e9clat\u00e9 et abandonn\u00e9 toute chose \u00e0 sa carbonisation, \u00e0 sa dissolution. L\u2019indiff\u00e9rence s\u2019est craquel\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 s\u2019\u00e9crouler, jusqu\u2019\u00e0 n\u2019\u00eatre plus qu\u2019un monceau de ruines autour d\u2019une b\u00e9ance. Soudain je lutte contre de minuscules ronds de cuivre. Ils se d\u00e9placent. Ils se jouent de moi. On dirait qu\u2019un jet de vapeur m\u00e9tallique flotte dans l\u2019air, qu\u2019il impr\u00e8gne les lieux d\u2019une odeur \u00e9pic\u00e9e, un peu \u00e2cre par instants. Tout porte \u00e0 croire qu\u2019un m\u00e9lange r\u00e9pugnant d\u2019urine et de laiton a inond\u00e9 la pi\u00e8ce. <\/em><br><br><em>Et l\u2019esprit qui aime les petits objets s\u2019en trouve d\u00e9contenanc\u00e9.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La lumi\u00e8re est une ligne qui traverse les maisons, un oiseau dans un corps de femme. L\u2019humidit\u00e9 partout, sans r\u00e9f\u00e9rence, les ailes pli\u00e9es, ici, parmi les formes d\u00e9pec\u00e9es, aval\u00e9es la paroi des murs, une somme, nous avan\u00e7ons, de nuit en nuit un texte qui bruisse, nos souffles au fond ont bascul\u00e9. 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