{"id":16900,"date":"2019-10-31T12:26:55","date_gmt":"2019-10-31T11:26:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=16900"},"modified":"2019-10-31T12:31:17","modified_gmt":"2019-10-31T11:31:17","slug":"cinq-faits-de-lune-extraits-de-carnets-de-bords","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/cinq-faits-de-lune-extraits-de-carnets-de-bords\/","title":{"rendered":"Cinq faits de Lune \/ Extraits de Carnets de Bords."},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Lune-dorange-3-1024x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-16902\" width=\"372\" height=\"372\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Lune-dorange-3-1024x1024.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Lune-dorange-3-200x200.png 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Lune-dorange-3-420x420.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Lune-dorange-3-768x768.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Lune-dorange-3.png 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 372px) 100vw, 372px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-background has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color wp-block-paragraph\"><strong>Vendredi 27 septembre 2013 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align: Justify\" class=\"has-text-color has-background has-drop-cap has-dark-gray-color has-white-background-color\"><strong><em>3h15 du matin<\/em>&nbsp;:<\/strong>\nl\u2019insomnie s\u2019est install\u00e9e depuis des mois. Je profite maintenant de mes nuits\npour \u00e9crire, &nbsp;celles que j\u2019appelle mes\nnuits \u00ab&nbsp;daliniennes&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s l\u2019enl\u00e8vement du pl\u00e2tre il y a quelques\njours, une autre fracture se r\u00e9v\u00e8le. Est-ce l\u2019annonce d\u2019une mue\nprochaine&nbsp;? Plut\u00f4t &nbsp;les pr\u00e9mices\nd\u2019une rupture avec une vie professionnelle ali\u00e9nante. Une urgence \u00e0 comprendre ce\npassage d\u2019une coh\u00e9rence intime \u00e0 la co-errance g\u00e9n\u00e9rale et cette n\u00e9cessit\u00e9 qui\nfut la mienne de se (me) duper \u00e0 ce point. La d\u00e9cision reste \u00e0 prendre, ou \u00e0\naccepter si elle s\u2019impose de l\u2019ext\u00e9rieur. De quelle mani\u00e8re&nbsp;? En me tenant\npr\u00eate&nbsp;? J\u2019ai r\u00eav\u00e9 dans le peu de sommeil, d\u2019un bus et d\u2019oliviers&nbsp;;\nrappel des ann\u00e9es 70, une vir\u00e9e en Espagne, un vieux conducteur de bus\u2026 Mes\ncarnets de bords, toujours \u00e0 port\u00e9e de main, j\u2019ai l\u2019envie d\u2019\u00e9crire sur tout ce\nqui surgit, quitte \u00e0 entrem\u00ealer les id\u00e9es, \u00e0 m\u2019embrouiller l\u2019esprit, \u00e0 me\nperdre. Cette fracture d\u2019en-dessous invite un souvenir de lecture&nbsp;: ce\nlivre, de Paul Anselme, \u00ab&nbsp;la D\u00e9mocratie&nbsp;\u00bb \u00e9crit en 1953 et lu pendant\nmes \u00e9tudes de Droit. <strong><em>3h30&nbsp;:<\/em><\/strong> Caf\u00e9 double et\ncigarette. Un privil\u00e8ge \u00e0 cette heure-ci o\u00f9 je n\u2019ai plus \u00e0 \u00eatre sur les routes\nsur et sous la neige pour rouler vers un congr\u00e8s ou vers une urgence qui n\u2019en a\nque l\u2019apparence. Ce livre, &nbsp;le relire\npar petits bouts et m\u2019en inspirer pour anticiper cette rupture promise \u00e0 cette\nintention qui na\u00eet en moi. L\u2019accident \u00e9tait opportun, avec cette obligation de\nmise \u00e0 distance. Apr\u00e8s ces derni\u00e8res semaines de repos forc\u00e9 (et b\u00e9ni), j\u2019interroge\nle sens de ces mots et leur utilit\u00e9&nbsp;: valeur, qualit\u00e9, intelligence, exigence,\nesp\u00e9rance et surtout choix, engagement&nbsp;et dignit\u00e9 ? Comment en sortir\nvivante&nbsp;? <strong><em>18h&nbsp;:<\/em> <\/strong>texte \u00e9crit \u00ab&nbsp;De co-errances en\nduperies&nbsp;\u00bb. J\u2019ai cru ne pas arriver au terme. Au premier terme, puisque\nl\u2019id\u00e9e s\u2019impose de le compl\u00e9ter par une s\u00e9rie de mini-sketchs pour mise en\nsituation. D\u00e9dramatiser participe \u00e0 l\u2019\u00e9tape de s\u00e9paration\u2026 <strong><em>22h&nbsp;:<\/em><\/strong> aujourd\u2019hui,\nj\u2019ai oubli\u00e9 le Monde.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-background has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color wp-block-paragraph\"><strong>Mardi 27 septembre 2017<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align: Justify\" class=\"has-text-color has-background has-drop-cap has-dark-gray-color has-white-background-color\"><strong><em>4h30 du matin&nbsp;:<\/em> <\/strong>Presque une ann\u00e9e \u00e0 basculer dans l\u2019\u00e9criture d\u2019une fiction longue avec \u00ab&nbsp;Jeanne De\u2026&nbsp;\u00bb Jeanne, qui n\u2019est pas moi et que j\u2019\u00e9cris avec ardeur, pour qui j\u2019\u00e9prouve tant d\u2019empathie. Je la questionne sur ses intentions&nbsp;; elle me r\u00e9pond, m\u2019oriente dans son histoire. Je l\u2019observe les yeux ferm\u00e9s&nbsp;; je parviens \u00e0 ressentir sa respiration, son parfum, ses humeurs. Au c\u0153ur de ce petit matin, je reste attentive \u00e0 ce qui se passe \u00e0 l\u2019entre-deux du d\u00e9tail et du global. \u00c0 regarder \u00e9voluer Jeanne &#8211; qui n\u2019existe pas &#8211; j\u2019apprends d\u2019elle cela&nbsp;: me placer au centre pour le v\u00e9cu et le \u00e0 vivre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 pour la compr\u00e9hension de l\u2019architecture d\u2019un moment de vie, &nbsp;les pourquoi et pour quoi elle se tient l\u00e0, \u00e0 ce croisement de son histoire et du th\u00e8me choisi. Je me confronte \u00e0 la difficult\u00e9 d\u2019expliquer aux lecteurs de mes premiers chapitres qu\u2019Elle n\u2019est pas moi. Je m\u2019interroge si trop de proximit\u00e9 ne tue pas le contrat pass\u00e9 avec eux. Garder de la distance, ou du secret&nbsp;? R\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un nom de plume \u00e0 connotation neutre ou masculine&nbsp;? J\u2019en ai quelques-uns en t\u00eate. \u00c0 creuser\u2026 <strong><em>11h&nbsp;:<\/em><\/strong> Nuages bas et brouillard qui s\u2019installe. Une journ\u00e9e \u00e0 Ha\u00efkus. <strong><em>14h&nbsp;:<\/em><\/strong> Frappe a\u00e9rienne am\u00e9ricaine sur Kaboul, Impact sur l\u2019espace Schengen, les saoudiennes autoris\u00e9es \u00e0 conduire pendant que l\u2019usage de l\u2019avortement se restreint dans une partie de l\u2019Europe. Une \u00e9chelle particuli\u00e8re des valeurs, encore, au centre des d\u00e9cisions et toujours cette question persistante \u00e0 propos de la dignit\u00e9. <strong><em>15h05&nbsp;:<\/em><\/strong> Jeanne au c\u0153ur de mes pens\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-background has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color wp-block-paragraph\"><strong>Jeudi 27 septembre 2018<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align: Justify\" class=\"has-text-color has-background has-drop-cap has-dark-gray-color has-white-background-color\"><strong><em>5h50&nbsp;:<\/em><\/strong> le Vaucluse, son\nsoleil, sa lumi\u00e8re de chaque matin avec son dr\u00f4le d\u2019air \u00e0 respirer. Un mois que\nje joue avec les cartons d\u2019emm\u00e9nagement et les contraintes administratives. Une\nsoupe au ras-le-bol mais \u00e0 l\u2019humeur joyeuse. Je souris aux vertus de l\u2019\u00e2ge et\naux rencontres de coworkers&nbsp;; il y a chez eux de la tonicit\u00e9, pas toujours\nnaturelle&nbsp;: l\u2019\u0153il est cern\u00e9, la peau gris\u00e2tre. Je vis des rencontres\nanachroniques&nbsp;: il y a les Start-uppers et moi. Il y a ceux qui croient \u00e0\nla vitesse, \u00e0 l\u2019agitation, et moi qui n\u2019en veux plus, qui n\u2019en \u00e9prouve plus le\nbesoin pour cr\u00e9er et commencer (start-up) un autre projet. Citations de\ncirconstances&nbsp;: \u00ab&nbsp;L&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr c&rsquo;est la p\u00e9riode de la vie qui pr\u00e9c\u00e8de\nl&rsquo;\u00e2ge pourri.&nbsp;\u00bb Pierre Desproges. \u00ab&nbsp;Les trois grandes \u00e9poques de\nl&rsquo;humanit\u00e9 sont l&rsquo;\u00e2ge de la pierre, l&rsquo;\u00e2ge du bronze et l&rsquo;\u00e2ge de la retraite.&nbsp;\u00bb\nJean-Charles. \u00ab&nbsp;Les vieux croient \u00e0 tout ; les gens d&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr mettent tout\nen doute ; les jeunes savent tout.&nbsp;\u00bb Oscar Wilde. L\u2019\u00e2ge&nbsp;!\nAujourd\u2019hui, tout se r\u00e9sout en dix points\u2026 Parce qu\u2019il s\u2019agit, l\u00e0 encore,\nd\u2019\u00eatre efficace. Alors, comment assumer mon \u00e2ge en dix points&nbsp;? Je doute\nque cela soit suffisant. Je tente&nbsp;: 1\/ Tu commences \u00e0 d\u00e9cliner et cela\nn\u2019ira pas en s\u2019arrangeant. Pense \u00e0 prot\u00e9ger tes illusions, elles te serviront\nen cas de n\u00e9cessit\u00e9, face aux attaques perfides. 2\/Mod\u00e8re tes ambitions : pense\nen mois ou en semaines, voire en jours, et non en ann\u00e9es. Les dizaines restent\n\u00e0 proscrire. 3\/ Remplace tes doutes par des certitudes, et inversement. Pour\ncela, prend quelques vessies pour des lanternes, elles \u00e9claireront tes jours \u00e0\nvenir d\u2019une douce lumi\u00e8re et, \u00e0 d\u00e9faut, ton incontinence prochaine. 4\/ Ne dis\npas : \u00ab Je fais du sport \u00bb, on ne te croira pas. Ne dis pas : \u00ab Je fais de la\nrandonn\u00e9e \u00bb, dis plut\u00f4t : \u00ab Je pars d\u00e9busquer l\u2019inspiration dans la nature. \u00bb\nOn te croira \u00e0 moiti\u00e9, ce sera d\u00e9j\u00e0 \u00e7a de gagn\u00e9. 5\/ Ne porte plus ton sac \u00e0\nmain (ou ta sacoche) en bandouli\u00e8re, tu r\u00e9v\u00e8lerais l\u2019usage abusif du portage \u00e0\nl\u2019\u00e9paule, endolorie par l\u2019ancien filet garni qui abrita ton lourd pass\u00e9. 6\/ Aux\nchaussures confortables et \u00e0 semelles compens\u00e9es, qui te font des pieds de\nveau, pr\u00e9f\u00e8re celles qui rattrapent les centim\u00e8tres d\u00e9j\u00e0 perdus. Pr\u00e9vois\nlarge&nbsp;! 7\/ R\u00e9siste \u00e0 la tentation de \u00ab faire jeune \u00bb, tu serais gratifi\u00e9\u00b7e\nde \u00ab vieille belle \u00bb ou de \u00ab&nbsp;vieux beau&nbsp;\u00bb ; c\u2019est pire. 8\/ Ajoute-toi\ndes ann\u00e9es, on ne r\u00e9sistera pas \u00e0 l\u2019envie de te dire que tu ne fais pas ton\n\u00e2ge. Ne cherche pas \u00e0 savoir lequel, tu risques d\u2019\u00eatre d\u00e9\u00e7u\u00b7e. La d\u00e9ception\n\u00e9tant un plat qui se mange tr\u00e8s chaud, tu joues avec le feu. 9\/ Si tes seins\n(ou autres) partent en chute libre, contiens-les, \u00e0 moins que tu ne pr\u00e9f\u00e8res la\npri\u00e8re pour qu\u2019ils regagnent le ciel au plus vite. Sinon, raccroche-les au\npoint 1. 10\/ Un dernier conseil : envers et contre tous, cultive la confiance\nen toi ! &nbsp;&nbsp;\u00c0 \u00e9crire \u00ab&nbsp;Assumer son \u00e2ge pour les \u00ab&nbsp;\u00e0\nquarante ans&nbsp;\u00bb et les \u00ab&nbsp;\u00e0 vingt ans\u2026 et demi&nbsp;\u00bb. Troisi\u00e8me\ncaf\u00e9&nbsp;! Les cigarettes ne sont plus \u00e0 compter.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-background has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color wp-block-paragraph\"><strong>Vendredi 27 septembre 2019 <\/strong>(compl\u00e9t\u00e9 quelques jours plus tard)<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align: Justify\" class=\"has-text-color has-background has-drop-cap has-dark-gray-color has-white-background-color\"><strong><em>6h10 :<\/em><\/strong> Plus j\u2019avance en \u00e9criture et plus je doute. Un doute f\u00e9roce. Je signe toujours au bas de la page la croyance en mon inculture, renforc\u00e9e par la soif d\u2019apprendre davantage et par mon appr\u00e9ciation virulente sur mes \u00e9carts de connaissances. Un an que je me suis mise en retrait, mes textes avec. Plateforme oubli\u00e9e et sites en jach\u00e8re et en maintenance pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e. Je bascule dans mes m\u00e9moires erron\u00e9es, celles qui me rendent timide, frileuse, peureuse en \u00e9criture. Mais ces incertitudes annoncent un changement, je le sais. Mes carnets de bords se remplissent&nbsp;; les projets s\u2019accumulent. Quand s\u2019ouvriront \u00e0 nouveau les vases communicants&nbsp;? Besoin de sinc\u00e9rit\u00e9 dans tout cela, d\u2019honn\u00eatet\u00e9 vis-\u00e0-vis de moi et de neutralit\u00e9 de mon \u00e9diteur interne. Il est demand\u00e9 (propos\u00e9) d\u2019\u00e9crire nos \u00ab&nbsp;27 septembre&nbsp;\u00bb. Une commande a posteriori. Christa Wolf savait qu\u2019elle avait \u00e0 \u00e9crire ces futurs 27 septembre&nbsp;; pas moi. Les miens sont dispers\u00e9s, noy\u00e9s dans une masse de feuillets, d\u2019agendas, de bouts de papiers, de carnets ou au milieu d\u2019autres dates&nbsp;&#8211; celles d\u2019avant ou d\u2019apr\u00e8s. Comment me resituer dans cet a priori&nbsp;? Comment me projeter dans un pass\u00e9 qui n\u2019est plus, ni \u00e9crit, ni photographi\u00e9 ou film\u00e9&nbsp;? Prendre conscience de l\u2019absence du jour dat\u00e9 et dans lequel j\u2019ai v\u00e9cu pour constater une non date, un jour inexistant, absent pour la plupart des ann\u00e9es sollicit\u00e9es\u2026 <strong><em>18h&nbsp;:<\/em><\/strong> aujourd\u2019hui, Jacques Chirac est mort. Mes personnages s\u2019en fichent&nbsp;; ils sont bien trop autocentr\u00e9s, concentr\u00e9s sur leur histoire, leurs probl\u00e9matiques, leur \u00e9poque, leurs enjeux. Il ne reste que moi. Ai-je de la disponibilit\u00e9 pour lui, de l\u2019espace pour ressentir entre ceux qui l\u2019honorent et ceux qui l\u2019abhorrent&nbsp;? Est-ce que mon ressenti&nbsp; est important bien que na\u00eff et spontan\u00e9&nbsp;? Pourquoi s\u2019exposer moins pour lui que pour d\u2019autres comme Jessye Norman ou Philippe Tome. Il y a les ressentis dits \u00e9litistes parce que culturels. Les autres sont souvent associ\u00e9s \u00e0 la col\u00e8re des uns, au cynisme de certains et soumis \u00e0 l\u2019ironie ambiante. Tous ceux qui m\u2019ont parl\u00e9 de Jacques Chirac ce 27 septembre ont parl\u00e9 d\u2019eux-m\u00eames. Ce qui revient \u00e0 dire&nbsp;: en des termes peu glorieux, m\u00e9prisants au nom d\u2019un sens politique qui n\u2019est qu\u2019un sens personnel, celui qu\u2019ils donnent \u00e0 leur vie. Je ne souhaite pas cela \u00e0 ma mort, ni \u00e0 la leur. Cela va durer quelques jours encore, abond\u00e9s par des r\u00e9v\u00e9lations de \u00ab&nbsp;sources s\u00fbres&nbsp;\u00bb. Le certain&nbsp;: de ceci, j\u2019en ferai quelque chose. <strong><em>23 h&nbsp;:<\/em><\/strong> trois 27 septembre retrouv\u00e9s. Difficile d\u2019en appr\u00e9cier l\u2019int\u00e9r\u00eat. Des ann\u00e9es charni\u00e8res&nbsp;? Peut-\u00eatre\u2026 Les placer en ordre chronologique. \u00c0 remodeler, ou pas.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-background has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color wp-block-paragraph\"><strong>Jeudi 27 septembre 2029<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align: Justify\" class=\"has-text-color has-background has-drop-cap has-dark-gray-color has-white-background-color\"><strong><em>2h du matin<\/em><\/strong>&nbsp;: \u00e0 mon intention, \u00e0 celle qui vivait en 2019. Pour reprises, corrections, modifications ou \u00e0 garder en l\u2019\u00e9tat. Contre toute attente, Jeanne, Edmond, Victor, Marguerite et d\u2019autres ont pris leur envol. J\u2019ai aujourd\u2019hui l\u2019\u00e2ge de Jeanne dont j\u2019ai \u00e9crit l\u2019histoire, il y a plus de dix ans. Commenc\u00e9 il y a quinze ans, pour \u00eatre pr\u00e9cise. Le doute sur mon \u00e9criture s\u2019est transform\u00e9 en trac. Un trac violent avant chaque publication, m\u00eame si je m\u2019autopublie avec une facilit\u00e9 d\u00e9concertante pour avoir os\u00e9, encore et encore. Je m\u2019\u00e9tais fix\u00e9 ce rendez-vous&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et dans dix ans, que sera mon 27 septembre&nbsp;?&nbsp;\u00bb avec l\u2019alternative d\u2019\u00eatre soit toujours pr\u00e9sente \u00e0 la vie soit disparue, envol\u00e9e, essaim\u00e9e aux quatre vents paysans. En une d\u00e9cennie, tous mes paysages ont chang\u00e9. Les plus intimes d\u2019abord, \u00e0 finir de me lib\u00e9rer d\u2019anciens carcans li\u00e9s \u00e0 une \u00e9ducation dans laquelle je m\u2019\u00e9tais lov\u00e9e depuis l\u2019enfance, parce que n\u00e9e vieille et sous contraintes. Plus j\u2019avance en \u00e2ge et plus je d\u00e9veloppe une libert\u00e9 peu autoris\u00e9e auparavant. Je me lib\u00e8re dans un monde qui vient de traverser les plus fortes restrictions. Il y a deux ans, en septembre 2027, ce fut la r\u00e9volution. Elle couvait depuis 2017. Ce fut une r\u00e9volution profonde, loin de celle attendue ou imagin\u00e9e, avec l\u2019ach\u00e8vement de ce syndrome du culte du Tout-Bien-\u00eatre-Bonheur \u00e0 l\u2019individualisme forcen\u00e9 et d\u00e9connecteur de r\u00e9alit\u00e9. La disparition de quelques pays, dont certains en Europe, a secou\u00e9 avec force les esprits et les pouvoirs en place. Mon village est devenu une ville. La paysanne de c\u0153ur se voit banlieusarde d\u2019Aix-Marseille depuis que Marseille a \u00e9t\u00e9 engloutie par les eaux et que les populations se sont d\u00e9plac\u00e9es et implant\u00e9es entre Aix et Avignon. Il para\u00eet que mon esp\u00e9rance de vie n\u2019a plus de limites. Je ne me le souhaite pas bien que les mots \u00ab&nbsp;Jeunisme&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;\u00c2gisme&nbsp;\u00bb ont disparu du langage et de la compr\u00e9hension du monde. Les maisons de retraite n\u2019existent plus, pour cause de profit. Non pas que le profit soit interdit mais devenu inutile s\u2019il ne sert pas la collectivit\u00e9, et la proximit\u00e9. Je me souviens de l\u2019\u00e9clatement de la bulle de massification o\u00f9 le trop grand, le trop ramass\u00e9, le trop concentr\u00e9 s\u2019est retrouv\u00e9 isol\u00e9 faute d\u2019investisseurs en soutien. Impossible de dire qui a fait le choix de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle je vis aujourd\u2019hui. Oui, il y a eu la R\u00e9volution de 27. On y a tous particip\u00e9\u2026 de chez nous. Pas de grands rassemblements comme en 1968, en 1995 ou en 2018. Il y a eu un stop, un arr\u00eat sur image de la population, en silence. Ce silence, n\u00e9 du vide intellectuel install\u00e9, a \u00e9t\u00e9 plus fort que le bruit, plus violent que la violence, plus efficace que n\u2019importe quelle action de d\u00e9stabilisation. Une r\u00e9volution humaine au-del\u00e0 de la terreur&nbsp;; il n\u2019y a pas eu de terreur mais le silence et l\u2019absence. Chacun s\u2019est mis en absence du Monde. En trois mois, c\u2019\u00e9tait r\u00e9gl\u00e9. Il y a eu agitation et r\u00e9sistance de certains&nbsp;: ceux aux pouvoirs. Face \u00e0 l\u2019abandon et au repli du plus grand nombre, il y a eu effondrement des syst\u00e8mes mon\u00e9taire, politique et m\u00e9diatique. Pendant un mois, plus aucune \u00e9nergie n\u2019a \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9e. Il y eut des morts, et des naissances. Un chaos, en silence.<em> <\/em><strong><em>Lever du jour&nbsp;:<\/em> <\/strong>Il y a dix ans, je n\u2019appr\u00e9ciais que la fiction et refusais l\u2019autobiographie par inapp\u00e9tence. Dans cette p\u00e9riode interm\u00e9diaire et depuis quelques mois, je n\u2019\u00e9cris plus que pour les enfants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vendredi 27 septembre 2013 3h15 du matin&nbsp;: l\u2019insomnie s\u2019est install\u00e9e depuis des mois. Je profite maintenant de mes nuits pour \u00e9crire, &nbsp;celles que j\u2019appelle mes nuits \u00ab&nbsp;daliniennes&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s l\u2019enl\u00e8vement du pl\u00e2tre il y a quelques jours, une autre fracture se r\u00e9v\u00e8le. Est-ce l\u2019annonce d\u2019une mue prochaine&nbsp;? Plut\u00f4t &nbsp;les pr\u00e9mices d\u2019une rupture avec une vie professionnelle ali\u00e9nante. 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