{"id":1694,"date":"2019-06-18T21:06:47","date_gmt":"2019-06-18T19:06:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=1694"},"modified":"2019-06-18T21:06:48","modified_gmt":"2019-06-18T19:06:48","slug":"de-la-terre-noire-au-tarmac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/de-la-terre-noire-au-tarmac\/","title":{"rendered":"De la terre noire au tarmac"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Atelier Fran\u00e7ois Bon \u2013 \u00e9t\u00e9&nbsp; 19 \u2013 Pousser la langue #1 \u2013 Un phrase, des sols<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le son mou, aussi doux \u00e0 l\u2019oreille que la terrifiante douceur aux pieds nus, aux mains nues de la terre fine et noire, froide, autour du bassin o\u00f9 s\u2019imprimaient, se superposant, malax\u00e9es en \u00e9toiles, en bouquets serr\u00e9s et&nbsp; surpeupl\u00e9s,&nbsp; en creux, les pattes aux doigts \u00e9cart\u00e9s des poules, et dans le sillon creux un mince lac d\u2019infusion noire remontait dans un bruit de succion courte et giclante, giflante, juste avant leurs voix levant des v\u00f4\u00f4\u00f4\u00f4oo\u00f4\u00f4\u00f4t\u2019 comme d\u2019\u00e9tonnement interrogateur, tandis que, par-dessus le rebord du bassin l\u2019eau continuait de se perdre tombant par paquets rythm\u00e9s, sang clair pomp\u00e9 par le c\u0153ur de la source et que la terre noire gorg\u00e9e avait du mal \u00e0 absorber&nbsp;; un seul reflet, une courte lame de lumi\u00e8re montait en m\u00eame temps que l\u2019odeur renouvel\u00e9e froide et bleue et les chocs sourds des becs durs revenus piquer, picorer entre les \u00e9toiles pattues tandis que des morceaux d\u2019une dinette oubli\u00e9e, tessons bleus piqu\u00e9s en travers affleurent \u00e0 nouveau parmi les cailloux moussus serr\u00e9s en petits tas autour du bassin.<\/p>\n\n\n\n<p>Terre battue des sabots des b\u00eates, des sabots des hommes et des femmes, des enfants, longs brins de paille s\u00e8che, m\u00eal\u00e9s \u00e0 l\u2019urine et la bouse dans l\u2019obscurit\u00e9 douce et suffocante.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cailloux blancs de la cour qui roulent, frott\u00e9s aux vernis \u2013 noirs certainement \u2013 la poussi\u00e8re grise en dessous, les cailloux blancs et ronds, d\u2019une rondeur parfaite que la main voudrait soupeser, tenir, apr\u00e8s lustration sur la belle robe du dimanche,&nbsp; les cailloux ovales gris avec une veine blanche, roulent sous les semelles et frottent, et d\u00e9forment les poches, on ne sait jamais lequel choisir, \u00e9lire, celui-ci est d\u2019une rondeur encore plus parfaite que celui-l\u00e0, et l\u2019autre l\u00e0, a une veine, un accident, une \u00e9toile encore plus pr\u00e9cieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Macadam fumant de l\u2019apr\u00e8s averse, le moment o\u00f9 l\u2019on secoue les parapluies en les refermant, les v\u00eatements d\u00e9tremp\u00e9s et le long de la large rue montante vers le sommet du ciel, son reflet boulevers\u00e9 de grosses masses d\u2019\u00e9cume blanche boursoufflant le rev\u00eatement lisse, le miroir humide, glissant, avec la voix d\u2019une femme tout en haut touchant le ciel, silhouette d\u00e9coup\u00e9e en noir sur fond de tumulte blanc et qui crie look at the rainbow, look at the rainbow, look at the rainbow.<\/p>\n\n\n\n<p>Tarmac du petit a\u00e9rodrome o\u00f9 la chaleur fait vibrer la ligne de rencontre avec le paysage \u00e0 l\u2019horizon mobile et brouill\u00e9 sur lequel \u2014 et dans cette frange mince \u2014 sont emprisonn\u00e9s liquides, courent des silhouettes incertaines, se croisent des sortes de v\u00e9hicules lanc\u00e9s \u00e0 toute vitesse et qui ont l\u2019air de fondre en leur point de rencontre, tandis que les jambes, piquet\u00e9es de ce fin sable partout insinu\u00e9, dansant sur les contours mobiles des pistes, avancent dans l\u2019air \u00e9pais, se taillent une route dans la fournaise avec le poids des bagages au bout des bras mous.<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Atelier Fran\u00e7ois Bon \u2013 \u00e9t\u00e9&nbsp; 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