{"id":170096,"date":"2024-08-14T12:31:13","date_gmt":"2024-08-14T10:31:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=170096"},"modified":"2024-08-14T12:31:13","modified_gmt":"2024-08-14T10:31:13","slug":"anthologie-32-ville-vague","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-32-ville-vague\/","title":{"rendered":"#anthologie #32 | Ville vague"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aimerais \u00eatre accompagn\u00e9e ainsi. Leurs mains en biais se tiennent, leur bras, blancs, se croisent les uns les autres, leurs visages de profil, le rouge \u00e0 l\u00e8vre encore visible, on voit \u00e0 peine une touffe de cheveux noir qui sortent de leurs voiles couleurs vives, rouge, bleu, orange, vert \u00e9meraude, dans une tresse des bras et des voiles, elles forment un mur, c\u2019est la danse du passage entre la vie et la mort, j\u2019entends le rythme, tu me montres ces images de danseuses, grecques, peintures du Museo Archeologico di Napoli, pourquoi je ne les ai jamais vu&nbsp;? Les cigales ne cessent de nous accompagner, nous avons termin\u00e9 de marcher dans l\u2019Orto Botanico \u00e0 Palermo e ora che siamo ferme in mezzo alle piante mi fai vedere queste immagini di Napoli. Nous sommes rest\u00e9e ensemble dans cette ville un peu par hasard, retrouv\u00e9es de mani\u00e8re impr\u00e9vues, les pas de l\u2019une dans les pas de l\u2019autre, pas inquiets sur les pav\u00e9s des m\u00eames villes \u00e0 quelque g\u00e9n\u00e9ration de distances. Je me suis perdue au milieu du march\u00e9 comme dans un terrain vague, tout \u00e9tait presque termin\u00e9, les \u00e9tals vides, les cris rares, quelques rires des tables, la chanson napolitaine qui r\u00e8gne \u00e0 Palerme comme \u00e0 Naples, neomelodica, dans les ruelles et les march\u00e9s et les repas da famille et un homme qui commence \u00e0 claquer ses mains et tout le monde qui continue et un couple qui s\u2019enlace et danse, plus loin la coupole en fa\u00efence, questo blu e verde acqua della maiolica che d\u00e0 colore e pace al quartiere, et l\u00e0 la place qui s\u2019ouvre, la piazza affastellata ancora dalle strutture metaliche del mercato et quelques tables encore attabl\u00e9s devant l\u2019\u00e9glise du Carmine Maggiore, un groupe de jeunes qui termine son repas, je franchis les marches de l\u2019\u00e9glise et ne trouve pas de repaire non plus au sein de l\u2019\u00e9glise, vide et chaude, les tissus blanc et rouge \u00e0 parure, le baroque ne donne pas de tr\u00eave \u00e0 cette journ\u00e9e de chaleur, je me perds dans cette ville comme dans un terrain vague, dans un tourniquet d\u2019\u00e9glises, la dame devant la cath\u00e9drale presse son jus de citron avec du sel, c\u2019est gr\u00e2ce au sel que je ne m\u2019\u00e9vanouis pas, cette fois\u2013ci je vis \u00e0 la via Carini, entre la via Tripoli e la via Tunisi, une ville entre dans l\u2019autre, une ville revient dans l\u2019autre ville, et les villes coloniales sont l\u00e0, toujours inscrites dans nos rues, nos histoires, invisibles, \u00e0 nouveau tout se joue encore une fois entre des rues coloniales, dans cette guerre s\u00e9culaire. La Arabes \u00e0 Palerme n\u2019ont pas le visage tendu comme en France, il n\u2019y pas la m\u00eame convulsion, ici ils savent d\u2019\u00eatre chez eux, ils retrouvent leurs traces dans la langue et dans les rues, reconnus en ancien ra\u00efs, ils ne sont pas l\u2019ennemi, ils connaissent les secrets de l\u2019irrigation, de la p\u00eache, de l\u2019art, \u00e0 lo Spasimo une fille voil\u00e9e r\u00e8gne sur le murales de la cit\u00e9, en vierge palestinienne, ses yeux irrigu\u00e9s de larmes, Palestina free, mais ils sont extermin\u00e9s \u00e0 coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans le th\u00e9\u00e2tre des Pupi et dans la mer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019aimerais \u00eatre accompagn\u00e9e ainsi. 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