{"id":170120,"date":"2024-08-15T03:58:09","date_gmt":"2024-08-15T01:58:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=170120"},"modified":"2024-08-15T03:58:10","modified_gmt":"2024-08-15T01:58:10","slug":"anthologie-28-ajout-dart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-28-ajout-dart\/","title":{"rendered":"#anthologie #28 | ajout d&rsquo;art"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/PXL_20240815_013425188-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-170121\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/PXL_20240815_013425188-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/PXL_20240815_013425188-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/PXL_20240815_013425188-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/PXL_20240815_013425188-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/PXL_20240815_013425188-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019id\u00e9al serait une pi\u00e8ce blanche avec une grande fen\u00eatre, un bureau en bois de seconde (au minimum) main, une chaise raide, un tableau <mark class=\"has-inline-color has-blue-color\">\u2014 particuli\u00e8rement si la pi\u00e8ce est situ\u00e9e ville ; une trou\u00e9e dans le mur comme savait les pratiquer Th\u00e9odore Rousseau serait alors presque indispensable \u2014<\/mark>, une plante \u2014 peut-\u00eatre un cactus \u2014, une biblioth\u00e8que de travail, un futon et un rocking-chair pas trop imposant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis dans cette maison extraordinaire, sur le canap\u00e9 du salon. Tout ici m\u2019est encore inconnu et l\u2019accumulation des \u0153uvres ne va pas aider \u00e0 lever le voile. <mark class=\"has-inline-color has-blue-color\">Il y a notamment cet homme crayeux et gras, aux yeux jaunes, mont\u00e9 sur une esp\u00e8ce de chien globuleux, qui, j\u2019en suis s\u00fbr, conna\u00eet les secrets des \u0153uvres guat\u00e9maliennes qui ont transit\u00e9 par ici. <\/mark>Le soleil use le tapis et y d\u00e9coupe les ombres de statues. Les terres cuites retrouvent, un peu chaque jour, la chaleur qui leur a donn\u00e9, dans des pass\u00e9s et des endroits que j\u2019imagine lointains, leur forme d\u00e9finitive. Dans une heure, il est s\u00fbr que ces statues ne me para\u00eetront pas si blanches. D\u2019autres, en bronze, restent \u00e0 l\u2019ombre. Le soleil progresse sur le tapis. La tranche d\u2019un livre brille maintenant ; il s\u2019agira d\u2019aller y voir. Je vis dans un tr\u00e9sor ici. Dans le tr\u00e9sor qu\u2019on a en t\u00eate lorsqu\u2019on imagine un tr\u00e9sor : les pi\u00e8ces dor\u00e9es, les rubis, les \u00e9meraudes, les saphirs, les colliers de perles ; \u00e7a d\u00e9gueule du coffre, \u00e7a \u00e9tincelle en \u00e9toile. D\u00e9j\u00e0, les argiles s\u2019ocrent, se grisent. L\u2019orange des fauteuils se ternit. Je fatigue. Le soleil est \u00e0 la lisi\u00e8re du tapis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Silicon Valley s\u2019\u00e9tend au c\u0153ur de la Californie comme une mosa\u00efque de b\u00e9ton, de verre et de verdure, chaque d\u00e9tail peignant un portrait unique de ce centre n\u00e9vralgique de l\u2019innovation technologique. Les campus des g\u00e9ants de la technologie, tels que Google et Apple, s\u2019\u00e9tendent comme des villes en miniature, leurs b\u00e2timents aux fa\u00e7ades de verre r\u00e9fl\u00e9chissant le ciel bleu clair. Les structures modernes, souvent con\u00e7ues par des architectes de renom, pr\u00e9sentent des lignes \u00e9pur\u00e9es, des courbes audacieuses et des mat\u00e9riaux comme l\u2019acier inoxydable et le b\u00e9ton poli. Les vastes espaces verts entre les b\u00e2timents, entretenus avec soin, accueillent des sculptures contemporaines et des installations artistiques <mark class=\"has-inline-color has-blue-color\">\u2014 plusieurs Rodin en bronze dans un jardin de l\u2019universit\u00e9 de Stanford, tirages coul\u00e9s tardivement dans les moules d\u2019origines et gard\u00e9s par des rangs de palmiers <em>\u2014<\/em><\/mark>, contrastant avec l\u2019agencement high-tech des lieux. Les employ\u00e9s, en tenue d\u00e9contract\u00e9e mais soign\u00e9e, arpentent les all\u00e9es des campus, souvent les yeux riv\u00e9s sur leurs smartphones ou leurs ordinateurs portables. Les hommes en chemises \u00e0 carreaux et les femmes en pantalons chinos discutent de code et de strat\u00e9gies, leurs conversations souvent interrompues par le vrombissement des trottinettes \u00e9lectriques et des v\u00e9los partag\u00e9s qui traversent les sentiers pav\u00e9s. Les espaces de travail sont con\u00e7us pour favoriser la cr\u00e9ativit\u00e9 : bureaux ouverts, zones de d\u00e9tente avec des canap\u00e9s color\u00e9s, et murs recouverts de tableaux blancs pour griffonner id\u00e9es et projets. Les caf\u00e9s internes, avec leurs comptoirs de bois et leurs machines \u00e0 caf\u00e9 sophistiqu\u00e9es, sont des lieux de rencontre, o\u00f9 les discussions se d\u00e9roulent autour de caf\u00e9s expresso et de p\u00e2tisseries fra\u00eeches. En dehors des campus, la vall\u00e9e est parsem\u00e9e de maisons modernes et d\u2019immeubles r\u00e9sidentiels, souvent dot\u00e9s de piscines et de jardins paysagers. Les quartiers r\u00e9sidentiels, aux rues bord\u00e9es de palmiers et de bougainvilliers, d\u00e9gagent une atmosph\u00e8re de tranquillit\u00e9 contrastant avec l&rsquo;effervescence des lieux de travail. Les voitures \u00e9lectriques et hybrides, en particulier les Tesla, circulent le long des routes impeccables, tandis que les trottoirs sont souvent occup\u00e9s par des joggeurs ou des familles promenant leurs chiens. Les animaux, bien que moins visibles dans les environnements urbains, trouvent refuge dans les parcs locaux et les r\u00e9serves naturelles qui entourent la vall\u00e9e. Les \u00e9cureuils, familiers des zones r\u00e9sidentielles, se d\u00e9placent agilement entre les arbres, tandis que les oiseaux, tels que les geais et les moineaux, cr\u00e9ent un ballet a\u00e9rien constant. Les zones naturelles, parfois pr\u00e9serv\u00e9es autour des campus, offrent un habitat pour les cerfs et les coyotes, qui s\u2019aventurent discr\u00e8tement hors des sentiers battus. Les startups, souvent log\u00e9es dans de petits bureaux partag\u00e9s ou dans des incubateurs d\u2019entreprises, ajoutent une dimension vivante et dynamique au paysage. Les b\u00e2timents de ces jeunes entreprises, g\u00e9n\u00e9ralement moins sophistiqu\u00e9s, sont caract\u00e9ris\u00e9s par des enseignes improvis\u00e9es et des d\u00e9corations de bureau \u00e9clectiques. Les employ\u00e9s de ces startups, plus jeunes en moyenne, portent souvent des v\u00eatements encore plus d\u00e9contract\u00e9s, avec des T-shirts aux slogans amusants et des sneakers color\u00e9s. Les espaces publics, tels que les centres commerciaux et les zones de loisirs, ajoutent une touche de diversit\u00e9 \u00e0 la Silicon Valley. Les centres commerciaux modernes pr\u00e9sentent des boutiques haut de gamme, des restaurants raffin\u00e9s et des espaces de d\u00e9tente, souvent con\u00e7us pour attirer les professionnels en pause ou les familles du week-end. Les parcs, eux, sont anim\u00e9s par des \u00e9v\u00e9nements communautaires, des march\u00e9s fermiers et des festivals, apportant une touche de couleur et de vie \u00e0 ce centre technologique. La Silicon Valley, avec ses nuances de technologie, de nature et de vie quotidienne, se d\u00e9ploie comme un tableau complexe o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e9ment, du b\u00e2timent au passant, joue un r\u00f4le dans la grande symphonie de l\u2019innovation et de la modernit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">sortie du cin\u00e9ma dans cette nuit \u00e9lectrique des villes acier-verre-b\u00e9ton Les dalles au sol sont propres, mais pas ici <mark class=\"has-inline-color has-blue-color\">On a trac\u00e9, autrefois, son pr\u00e9nom ou des signes plus \u00e9sot\u00e9riques encore dans la mati\u00e8re encore molle<\/mark> Je passai une ruelle o\u00f9 des hommes et des femmes \u00e9taient courb\u00e9s \u00e0 angle droit, contractions musculaires lues si terriblement douloureuses qu\u2019elles obligent \u00e0 la prise d\u2019une autre dose lorsque la chimie se dissipe Je remarquai, avec au ventre la honte de l\u2019avoir fait, des boules de v\u00eatements au pied des murs, de la peau abim\u00e9e, des billes en verre poli, des mouvements de fauves ; des futurs cadavres, juste pos\u00e9s l\u00e0 ; des vomissements, fesses \u00e0 l\u2019air La rue raidissait \u00e0 mesure que je m\u2019extirpais du caniveau Les pentes de San Francisco, ce n\u2019est pas le trolley qui les marque, mais l\u2019\u00e9coulement vers le fond de la vall\u00e9e Les pupuser\u00edas se transmogriffent brusquement en \u00e9piceries biologiques, ce sont les distances am\u00e9ricaines qui diluent l\u2019appr\u00e9ciation Bloc apr\u00e8s bloc, comme un enfant, je marchai un pas par carr\u00e9 O\u00f9 dorment les voitures qui roulent toutes seules Attendant que le pictogramme m\u2019invite \u00e0 continuer, je vis des travailleurs se pr\u00e9parer \u2014 place conducteur \u2014 pour le sommeil La nuit, le colibri du jardin entre dans une torpeur hypothermique afin de conserver son \u00e9nergie Je remontai Rhode Island, passant les pick-ups gar\u00e9s \u00e0 la perpendiculaire Partout, des plans de films ; il n\u2019y aurait qu\u2019\u00e0 poser la cam\u00e9ra Est-ce le cin\u00e9ma qui a influenc\u00e9 l\u2019architecture ou l\u2019inverse En haut de la colline, c\u2019\u00e9tait encore autre chose, comme si l\u2019on avait tir\u00e9 un tissu vert et incrust\u00e9 un fond d\u2019\u00e9cran Apple Il est rare que je trouve des choses construites aujourd\u2019hui belles \u00e0 en couper le souffle Les racines des eucalyptus poussaient le b\u00eaton vers le ciel Au niveau du collet des immeubles, l\u2019humus de la mis\u00e8re Dans la maison, moquette au sol, je bus un verre d\u2019eau qu\u2019il est dur de remplir tant ici les pentes sont raides Mon reflet dans la vitre Le colibri \u00e0 quelques pas<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019\u00e9tait hier, dans les collines de Los Angeles. Mac m\u2019a accueilli en hoodie rouge Nintendo et short vert Snoopy : \u00ab Sacrebleu ! Here you are ! Mi casa es tu casa. \u00bb \u00c7a sentait la cigarette, bien s\u00fbr. Il m\u2019a offert un caf\u00e9, fier de sa machine capable de servir le m\u00eame jus que dans les <em>diners<\/em>. Kiera \u00e9tait l\u00e0, Pickles aussi, mais malade.<br>J\u2019ai aper\u00e7u la <em>Cardboard Queen<\/em> pendue \u00e0 un mur. Mac m\u2019a montr\u00e9 quelques vinyles, <mark class=\"has-inline-color has-blue-color\">\u2014dont un exemplaire de Neo geo par Ry\u016bichi Sakamoto, envoy\u00e9 par un fan et accompagn\u00e9 d\u2019un mot : \u00ab Heard you like the sak \u00bb \u2014<\/mark> , sa collection de faux hamburgers, celle de ses montres, ses vieux jeux vid\u00e9o, son Jar Jar Sith. Il a retrouv\u00e9 ses p\u00e9dales d\u2019effets pendant que nous faisions le tour. Son rideau de douche est \u00e0 l\u2019effigie de Joe.<br>On est pass\u00e9 par le jardin plein de bordel pour atteindre le studio. Le piano est de location, pas s\u00fbr que les loueurs le r\u00e9cup\u00e8re un jour. Mac a enfil\u00e9 un masque de chat glabre, s\u2019est mis \u00e0 jouer le th\u00e8me d\u2019Aeris et l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e9tait pass\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019id\u00e9al serait une pi\u00e8ce blanche avec une grande fen\u00eatre, un bureau en bois de seconde (au minimum) main, une chaise raide, un tableau \u2014 particuli\u00e8rement si la pi\u00e8ce est situ\u00e9e ville ; une trou\u00e9e dans le mur comme savait les pratiquer Th\u00e9odore Rousseau serait alors presque indispensable \u2014, une plante \u2014 peut-\u00eatre un cactus \u2014, une biblioth\u00e8que de travail, un <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/anthologie-28-ajout-dart\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#anthologie #28 | ajout d&rsquo;art<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":342,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[6750,6056],"tags":[],"class_list":["post-170120","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-28-edouard-leve-oeuvres","category-cycle-ete-2024"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/170120","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/342"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=170120"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/170120\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=170120"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=170120"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=170120"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}