{"id":171081,"date":"2024-09-16T21:19:57","date_gmt":"2024-09-16T19:19:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=171081"},"modified":"2024-09-24T08:29:32","modified_gmt":"2024-09-24T06:29:32","slug":"ecopoetique-03-lensauvagement-utile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-03-lensauvagement-utile\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #03 | L&rsquo;ensauvagement utile"},"content":{"rendered":"\n<p>Il n&rsquo;y a rien de plus infid\u00e8le qu&rsquo;un jardin d&rsquo;agr\u00e9ment et de plus ingrat qu&rsquo;un jardin potager !  Cette r\u00e9flexion ne vient pas d&rsquo;un jardinier r\u00e9el mais d&rsquo;un contemplatif d\u00e9sireux de ne plus intervenir sur l&rsquo;agencement de la Nature. Un sourire un peu las au coin de sa barbe hirsute,  une cigarette plate roul\u00e9e au coin des l\u00e8vres, il a pratiqu\u00e9 autrefois la permaculture avec des cornes de vache remplies de bouse et d&rsquo;ingr\u00e9dients chamanes, il a fait l&rsquo;indien dans des huttes de sudation. Il en est revenu, ou plut\u00f4t il a pouss\u00e9 la spiritualit\u00e9 plus loin, du c\u00f4t\u00e9 des religions imparfaites car criminelles. Il prie des femmes dans les chapelles et les \u00e9glises marginales dont l&rsquo;\u00e9tat immobilier est de plus en plus pr\u00e9caire. Les croyances s&rsquo;effritent comme le reste. Il n&rsquo;y a pas de miracle dans ces domaines.  Aujourd&rsquo;hui, il pr\u00e9f\u00e8re marcher et manger ce qu&rsquo;il trouve le long des chemins, et dans les jardins g\u00e9n\u00e9reux des autres contemporains. Il sait que tout cela est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle fait peur la Nature&#8230; Enfant, je n&rsquo;avais pas peur des arbres et puis ils se sont mis \u00e0 tomber comme des b\u00e2tons de mikado, de plus en plus souvent, ou tout au moins les reportages se sont multipli\u00e9s et rassembl\u00e9s dans des flash d&rsquo;infos, juste le temps de s&rsquo;apitoyer et de zapper, on se dit que \u00e7a peut arriver, on ne sait pas quand, ni o\u00f9. Il y a des tas de gens qui vivent dans des r\u00e9gions dangereuses et qui s&rsquo;y habituent en priant le ciel de ne pas leur tomber sur la t\u00eate. Pareil pour les \u00e9pid\u00e9mies, pendant longtemps, elles ont \u00e9t\u00e9 confin\u00e9es en des r\u00e9gions lointaines et d\u00e9favoris\u00e9es. Aujourd&rsquo;hui , l&rsquo;id\u00e9e de Pand\u00e9mie a trac\u00e9 ses circuits et ses nouvelles normes de promiscuit\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire. Elle a r\u00e9habilit\u00e9 les contr\u00f4les stricts aux fronti\u00e8res et ostracis\u00e9 des nations ou des communaut\u00e9s enti\u00e8res. Enfant, je n&rsquo;avais pas peur des maladies, on en parlait beaucoup, mais c&rsquo;\u00e9tait chez les autres, et on croyait au pouvoir m\u00e9dical. Enfant , je n&rsquo;avais pas peur de l&rsquo;eau de boisson, on avait des combines lorsqu&rsquo;elle se mettait \u00e0 couler glauque&#8230; La chimie paternelle r\u00e9solvait (presque) tout&#8230; Enfant, je n&rsquo;avais pas peur des animaux ordinaires tels que les chiens et les chats, les oiseaux et les poules, les lapins et les mulots&#8230; On vivait avec, on avait lu le Petit Prince&#8230; Enfant, je n&rsquo;avais pas peur  du ciel, aujourd&rsquo;hui, je rejoins sans rire les superstitions gauloises&#8230; On ne sait pas ce qui peut nous d\u00e9gringoler sur le cr\u00e2ne. Enfant , je ne savais pas que le Monde allait autant changer et tout chambouler. Enfant, je croyais que les guerres ne reviendraient plus&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Tu me croiras si tu peux. Les paysages sont in\u00e9puisables et ils ne racontent pas la m\u00eame chose \u00e0 chacun.e d&rsquo;entre nous. En lisant le dernier livre d&rsquo;Am\u00e9lie NOTHOMB, <em>L&rsquo;impossible retour<\/em>, tu te prouves \u00e0 chaque page que nos visions et nos projections mentales respectives sont inconciliables. Interroger la beaut\u00e9 d&rsquo;un paysage en pr\u00e9sence de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9dulcorer d&rsquo;avance et le r\u00e9duire \u00e0 sa portion pingre&#8230;C&rsquo;est la fameuse question du \u00ab\u00a0point de vue\u00a0\u00bb qu&rsquo;ont soulign\u00e9 les premiers photographes. Une question de focale et de lumi\u00e8re mais pas seulement. A une \u00e9poque o\u00f9 on zoome \u00e0 mort pour traquer l&rsquo;infiniment petit et l&rsquo;infiniment petit, l&rsquo;oeil humain para\u00eet infirme et emp\u00eatr\u00e9 dans son empan \u00e9troit&#8230;Certains po\u00e8tes comme Bernard NO\u00cbL, imaginait m\u00eame un regard scrutateur dans son dos pour l&rsquo;aider \u00e0 concevoir l&rsquo;espace, celui du dehors comme celui du dedans. Il faut pr\u00e9ciser aussi qu&rsquo;il avait lu Henri MICHAUX et ses exp\u00e9rimentations d&rsquo;\u00e9criture sous substances psychotropes. Quelqu&rsquo;un s&rsquo;interrogeait dans le Tiers Livre, \u00e0 propos du R\u00e9el, Gilda , je crois&#8230;Elle rouvre ta propre question sur l&rsquo;utilit\u00e9 ou non du voyage, pour savoir \u00e0 quels paysages nous pouvons nous arrimer ou nous amarrer pour \u00e9crire &#8230; Pour vivre, a-t-on besoin de le savoir ? Il semble que pour la plupart des gens, le choix n&rsquo;existe pas.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n&rsquo;y a rien de plus infid\u00e8le qu&rsquo;un jardin d&rsquo;agr\u00e9ment et de plus ingrat qu&rsquo;un jardin potager ! Cette r\u00e9flexion ne vient pas d&rsquo;un jardinier r\u00e9el mais d&rsquo;un contemplatif d\u00e9sireux de ne plus intervenir sur l&rsquo;agencement de la Nature. 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