{"id":171147,"date":"2024-09-17T15:01:29","date_gmt":"2024-09-17T13:01:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=171147"},"modified":"2024-09-18T10:21:55","modified_gmt":"2024-09-18T08:21:55","slug":"ecopoetique-03-bailly-boussole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-03-bailly-boussole\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #03 | Boussole"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je n&rsquo;ai pas re\u00e7u la main verte en h\u00e9ritage. Mais le regard, oui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maison quasiment adoss\u00e9e aux jardins ouvriers qui germinent sur les pentes sud de la colline de Montaud. Lazarets de verdure o\u00f9 reprendre souffle, tout en voyant la ville, ses routes qui la ceignent, les rues qui la perforent, la pollution qui s&rsquo;en \u00e9chappe, et, plus loin, dans un horizon d&rsquo;appel les collines d&rsquo;un autre possible. L\u00e0, \u00e0 quelques pas d&rsquo;o\u00f9 je vis, les jardins o\u00f9 contempler un monde dont je ne sais pas grand chose. O\u00f9, selon l&rsquo;heure o\u00f9 je les effleure, s&rsquo;activent ceux et celles qui aiment triturer la terre, arroser laitues, haricots ou potirons, papillonner leurs doigts autour de p\u00e9tales blancs ou rouges s&rsquo;\u00e9panouissant en lisi\u00e8res des parcelles. Le piochon se charge des <em>mauvaises herbes, <\/em>celles qui ont droit de cit\u00e9 dans le jardin qui entoure ma maison et que je laisse fol\u00e2trer comme mes id\u00e9es. Sur le sentier qui sinue entre les jardins ouvriers, on se salue avec un sourire ou un bonjour franc, et s\u00fbre que si je rencontrais les m\u00eames personnes sur le trottoir cinquante m\u00e8tres plus bas, nos regards ne se croiseraient pas. C&rsquo;est un petit coin de campagne au sein de la ville, un petit coin o\u00f9 l&rsquo;on se comporte encore comme dans un village.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces \u00eelots de terre tous reli\u00e9s, mais en partage, avec pour chacun la fleur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, le l\u00e9gume incontournable, et quelque clin d&rsquo;\u0153il d&rsquo;originalit\u00e9 avec un \u00e9pouvantail rev\u00eatu de beaux atours, plus pour attirer le regard du passant et engager la conversation que pour effrayer les oiseaux. De grands \u00e9clats de ciel pour regarder passer les heures quand la fatigue prend. \u00c0 terre, la grammaire horticole, celle que je n&rsquo;ai pas apprise, une langue color\u00e9e de tons de gris et de verts, les signes du temps qu&rsquo;il faut pour qu&rsquo;une graine s&rsquo;\u00e9panouisse en fleurs d&rsquo;images, en fruits d&rsquo;\u00e9moi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment oublier cette p\u00e9riode du confinement avec le kilom\u00e8tre autour de chez soi pour exorciser ses craintes? Tous les jours j&rsquo;arpentais le sentier qui sinue entre les jardins ouvriers. Jamais mes yeux ne se sont pos\u00e9s avec autant d&rsquo;ardeur en regardant la terre, cherchant \u00e0 d\u00e9tailler chaque plante, chaque hampe, chaque branche. Une n\u00e9cessit\u00e9 de se reconnecter avec la nature. Au bord d&rsquo;un monde dont on ne comprenait plus rien, se confronter \u00e0 l&rsquo;intimit\u00e9 de la plante, au balbutiement d&rsquo;une brise dans le feuillage nouveau, au ravissement d&rsquo;un oiseau . Comme le lichen se cramponne au v\u00e9g\u00e9tal ou au min\u00e9ral, je m&rsquo;accrochais \u00e0 ces jardins comme une d\u00e9racin\u00e9e. D\u00e9sir d&rsquo;un contact qui n&rsquo;\u00e9tait plus admis. Il fallait des jardins pour bleuir les horizons bien sombres. Une nouvelle boussole pour inventer les jours. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_1789-768x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-171148\" style=\"aspect-ratio:4\/3;object-fit:cover;width:287px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_1789-768x1024.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_1789-315x420.jpeg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_1789-1152x1536.jpeg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_1789-1536x2048.jpeg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_1789-scaled.jpeg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je n&rsquo;ai pas re\u00e7u la main verte en h\u00e9ritage. Mais le regard, oui. Maison quasiment adoss\u00e9e aux jardins ouvriers qui germinent sur les pentes sud de la colline de Montaud. Lazarets de verdure o\u00f9 reprendre souffle, tout en voyant la ville, ses routes qui la ceignent, les rues qui la perforent, la pollution qui s&rsquo;en \u00e9chappe, et, plus loin, dans <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-03-bailly-boussole\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9copo\u00e9tique #03 | Boussole<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":75,"featured_media":171148,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[6994,6017],"tags":[7003,2892],"class_list":["post-171147","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ecopoetique-03-bailly-jardins","category-ecopoetique","tag-jardins-ouvriers","tag-saint-etienne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171147","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/75"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=171147"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171147\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":171186,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171147\/revisions\/171186"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/171148"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=171147"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=171147"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=171147"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}