{"id":171187,"date":"2024-11-13T14:39:03","date_gmt":"2024-11-13T13:39:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=171187"},"modified":"2024-11-15T10:57:36","modified_gmt":"2024-11-15T09:57:36","slug":"ecopoetique3-mais-avant-tout-sans-doute-les-jardins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique3-mais-avant-tout-sans-doute-les-jardins\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #01 \u00e0 #10 | automne 2024"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"#01_\u00e9tendue-de-la-prairie\">#01   \u00e9tendue de la prairie <\/a><br><a href=\"#02-ce-qui-reste\">#02   ce qui reste apr\u00e8s leur passage <\/a><br><a href=\"#03-mais-avant-tout\">#03   mais avant tout les jardins<\/a><br><a href=\"#4-du-latin-aurum\">#04  du latin aurum<\/a><br><a href=\"#5-odeur-de-neige\">#5 odeur de neige<\/a><br><a href=\"#6-frapper-les-tambours\">#6 frapper-les-tambours<\/a><br><a href=\"#-7-luxuriance-qui-cache\">#7 luxuriance qui cache<\/a><br><a href=\"#8-eaux-indociles\">#8 visible ou invisible<\/a><br><a href=\"#9-s'enfoncer\">#9 s&rsquo;enfoncer<\/a><br><a href=\"#10-sombre-biotite\">#10 sombre biotite<\/a><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"01_\u00e9tendue-de-la-prairie\"><strong>#01 \u00e9tendue de la prairie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180322-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-171262\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180322-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180322-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180322-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180322-768x767.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180322-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180322-2048x2046.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:22px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">La masse v\u00e9g\u00e9tale prend possession des espaces pour peu qu&rsquo;on la laisse tranquille et les arbres prennent leur temps pour s&rsquo;\u00e9riger droit vers le ciel. Les cr\u00e9atures s&rsquo;affirment en ces lieux telles d&rsquo;\u00e9tranges incarnations se d\u00e9pla\u00e7ant chacune \u00e0 son rythme et \u00e0 son allure. Elles sont sauvages, impossibles \u00e0 discipliner &#8212; l&rsquo;homme fabrique des aff\u00fbts pour les observer. <br>On ne prend pas la nature, c&rsquo;est elle qui nous prend, peu \u00e0 peu, sans qu&rsquo;on s&rsquo;en aper\u00e7oive.<br>Pour ma part, habitant d\u00e9sormais au c\u0153ur du vert sur le flanc ouest du vieux massif central, je n&rsquo;ai pas construit d&rsquo;aff\u00fbt mais je dispose d&rsquo;un observatoire. Et c&rsquo;est depuis cette position dominante que j&rsquo;ai d\u00e9couvert la prairie, je veux dire l&rsquo;\u00e9tendue de la prairie et ce qui s&rsquo;y trame. Point question de silence, l\u00e0, et m\u00eame je pense que c&rsquo;est compl\u00e8tement le contraire alors que le calme semble r\u00e9gner. Il m&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 fallu un premier cycle entier de saisons pour apprendre ces \u00e9tendues \u00e9bouriff\u00e9es et changeantes. Ensuite seulement j&rsquo;ai pu les entendre. Un ensemble de souffles ou un ensemble de petits cris selon l&rsquo;humeur du ciel, brise, vent en bourrasques, respiration du matin ou du soir, nuages averses orages. \u00c0 la sortie de l&rsquo;hiver, c&rsquo;est presque rien, terre encore fig\u00e9e, chaumes givr\u00e9s. De ce presque rien \u00e7a monte lentement au fil de la croissance des plantes, et \u00e7a se construit comme une symphonie dans des fr\u00e9quences peu perceptibles par l&rsquo;oreille, \u00e7a devient tumulte \u00e7a gratte \u00e7a frotte \u00e7a grignote \u00e7a craqu\u00e8te \u00e7a brasse \u00e7a rampe \u00e7a cogne \u00e7a flambe, \u00e7a ne s&rsquo;arr\u00eate jamais, et m\u00eame au c\u0153ur de la nuit avec les petites b\u00eates qui s&rsquo;activent avec la lune presque enti\u00e8re \u00e0 m\u00e2chonner le pied des herbes ou les graines \u00e9parpill\u00e9es. Le silence s&rsquo;offre entre ces bribes de sons vivants, mati\u00e8re d&rsquo;interstices issue de la contemplation des \u00e9toiles.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"02-ce-qui-reste\"><strong>#02 ce qui reste apr\u00e8s leur passage<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180272_carre-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-171255\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180272_carre-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180272_carre-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180272_carre-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180272_carre-768x767.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180272_carre-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1180272_carre-2048x2046.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:22px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Le mieux c&rsquo;est d&rsquo;avoir des poules. Je les ai install\u00e9es tout de suite. Enfin, le plus t\u00f4t possible. Parce qu&rsquo;il fallait d&rsquo;abord leur cr\u00e9er un enclos dans lequel il y aurait un grand ch\u00eane dans un angle pour l&rsquo;ombre. Un enclos grillag\u00e9 avec les bordures enfonc\u00e9es profond dans la terre. Les pr\u00e9dateurs sont nombreux par ici, aptes \u00e0 gratter pour se faufiler sous les cl\u00f4tures &#8212; pas seulement les renards, aussi les fouines, les belettes sans compter les autours des palombes ou autres rapaces qui, eux, font fi des cl\u00f4tures et pourraient en faire leur d\u00eener. Puis nettoyer la petite d\u00e9pendance en pierre, construire un grand nichoir et une \u00e9chelle en bois r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, garnir de paille. Apr\u00e8s seulement elle sont arriv\u00e9es, trois jeunes rousses, apeur\u00e9es au d\u00e9but. Une bonne semaine pour qu&rsquo;elles s&rsquo;acclimatent et sortent d\u00e9couvrir leur nouveau monde. A pr\u00e9sent elles n&rsquo;arr\u00eatent jamais, toujours \u00e0 cavaler, \u00e0 gratter, \u00e0 picorer l&rsquo;herbe et les mottes. Tout ce qu&rsquo;on leur donne finit par y passer, suffit de couper en petit les pelures, les trognons, les \u00e9corces. Non seulement elles sont famili\u00e8res et joyeuses mais elles font des \u0153ufs avec un jaune si intense en couleur qu&rsquo;on mesure le soufre qu&rsquo;ils contiennent, indispensable \u00e0 nos articulations. Elles adorent les graines de melon, les peaux de raisin, les restes de riz, le gras de jambon. De toute fa\u00e7on apr\u00e8s leur passage il ne reste rien. Elles ont des noms bien s\u00fbr, elles connaissent ma voix et se laissent volontiers prendre sous le bras et caresser sous la gorge.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"03-mais-avant-tout\"><strong>#3 mais avant tout sans doute les jardins<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1022\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1200152_carre-1022x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-171190\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1200152_carre-1022x1024.jpg 1022w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1200152_carre-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1200152_carre-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1200152_carre-768x770.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1200152_carre.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 1022px) 100vw, 1022px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:22px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\"><em>Mais avant tout sans doute les jardins<\/em>\u2026 dans cette affaire il n\u2019y a pas de <em>sans doute<\/em> qui tienne puisque, ces jardins-l\u00e0, je les ai am\u00e9nag\u00e9s de mes bras, y ai mis ma force au quotidien, et j\u2019ai un souvenir pr\u00e9cis du commencement des choses. Environ dix-huit mois en arri\u00e8re. Rien qu\u2019une friche en face de la maison qui servait de terrain de jeu pour le chien des propri\u00e9taires pr\u00e9c\u00e9dents, une friche d\u00e9finie d\u2019un c\u00f4t\u00e9 par une haie de lilas et d\u2019arbres \u00e0 papillons infest\u00e9s de ronces, de l\u2019autre par un muret moussu bord\u00e9 de cytises. <em>Mais avant tout sans doute le potager<\/em>\u2026 touffes d\u2019oseille et plant de rhubarbe pouss\u00e9 sur le compost en t\u00e9moignent tout comme cet arrosoir d\u00e9glingu\u00e9 oubli\u00e9 dans l\u2019herbe. \u00c0 noter un clapier au voisinage du talus, un magnolia pour le printemps, un rosier jaune pareil \u00e0 un petit arbre, de ces esp\u00e8ces rustiques et parfum\u00e9es qu\u2019on ne croise plus que dans les jardins de province et qui ne cesse de fleurir tout l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Pas de trace de platebandes, l\u2019herbe a tout envahi. Je me suis demand\u00e9e de quelle couleur \u00e9tait la terre. <em>Avant sans doute<\/em> quantit\u00e9 de choux poireaux haricots carottes navets, tout ce qu\u2019il faut pour une soupe, un pot \u00e0 feu, un gratin selon la saison. La maison est au proche, bien pratique, et il y a de l\u2019eau de source \u00e0 l\u2019abreuvoir pour laver les l\u00e9gumes. Les b\u00eates sont au pr\u00e9, plus loin \u00e0 l\u2019or\u00e9e des bois.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Le mot jardin implique pour moi l\u2019id\u00e9e d\u2019une surface modeste, taill\u00e9e \u00e0 l\u2019aune du jardinier et de ses moyens. \u00c0 l&rsquo;entour de la maison et de son potager, les espaces sont vastes, trop vastes, se chiffrent par hectares. D\u2019o\u00f9 ce besoin de redessiner des petits coins pour planter, pour s\u2019y sentir bien. J\u2019ai vite rep\u00e9r\u00e9 certains endroits prot\u00e9g\u00e9s des vents et plus propices \u00e0 la contemplation et \u00e0 la confidence. Le bois de ch\u00e2taignier disponible \u00e0 volont\u00e9 sert \u00e0 construire des barri\u00e8res, des sortes de petites fronti\u00e8res pour d\u00e9finir des parterres, autant pour les fleurs que pour les plantes potag\u00e8res. Toutes se c\u00f4toient volontiers, s&rsquo;harmonisent. C\u2019est ainsi que de nouveaux jardins se dessinent, jardin de roses, jardin d\u2019aromates, jardin de lecture, petites terrasses agr\u00e9ment\u00e9es d\u2019hortensias et de g\u00e9raniums sauvages avec all\u00e9es bord\u00e9es de gramin\u00e9es pour les relier.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:44px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"4-du-latin-aurum\"><strong>#4 du latin aurum<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/20231120_122429-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-171431\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/20231120_122429-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/20231120_122429-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/20231120_122429-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/20231120_122429-768x767.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/20231120_122429-1536x1534.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/20231120_122429-2048x2046.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:21px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Je me demande de quoi il pourrait \u00eatre question dans l&rsquo;exploration quotidienne de ce lieu devenu mien et terrain d\u2019\u00e9criture, simple et attachant dans son costume de pays d\u00e9sert avec arbres tr\u00e8s vieux et b\u00eates sauvages. Je m\u2019empare avec mes yeux de ce qui est visible mais diff\u00e9rentes r\u00e9alit\u00e9s coexistent au-del\u00e0 de la m\u00e9moire et de l\u2019imagination. Pas de fronti\u00e8re pr\u00e9cise entre le bois et la terre, entre le vent qui la balaie ou la neige qui la recouvre. Ce qui est cach\u00e9 r\u00f4de sans doute en arri\u00e8re de leurs formes identifi\u00e9es, sous le couvert des arbres, dans les rochers en profondeur. Ce qui r\u00f4de parle de menace. Voil\u00e0 ce que je ressens et voil\u00e0 o\u00f9 j&rsquo;en suis dans ma propre histoire. L\u2019image paisible saisie \u00e0 premi\u00e8re vue ne serait-elle qu\u2019illusion&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Je rencontre un certain Mr Dumas l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier \u00e0 la f\u00eate du village. Il me raconte le d\u00e9peuplement du village depuis la fermeture de la mine d\u2019or. Dans les ann\u00e9es 1960, pr\u00e8s de 80 enfants fr\u00e9quentaient l\u2019\u00e9cole communale. Il en parle comme d\u2019une fiert\u00e9 et semble regretter ces temps pas si lointains o\u00f9 il y avait du travail, donc plus de vie. Je n\u2019avais aucune id\u00e9e jusque-l\u00e0 de la pr\u00e9sence et de l\u2019exploitation d\u2019or natif dans les granites \u00e0 biotite de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Or, du latin <em>aurum<\/em>. Ressource, richesse, num\u00e9ro atomique 79. Beaucoup se sont tu\u00e9s pour en poss\u00e9der une pinc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Le gisement de la Petite Faye a \u00e9t\u00e9 explor\u00e9 depuis 1909. D\u00e9j\u00e0 connu des Romains, le site est rest\u00e9 ouvert jusqu\u2019en 1962 et a produit 321,30 kg d&rsquo;or. Il faut vraiment que j\u2019aille voir Mr Dumas pour qu\u2019il m&rsquo;en dise plus et qu&rsquo;il me conduise sur les lieux du puits remblay\u00e9. La nature a d\u00fb reprendre le dessus. Je lis quelque part que l\u2019acc\u00e8s au site est interdit. Propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Souvent on parle de patrimoine perdu.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Plusieurs cavit\u00e9s souterraines sont inventori\u00e9es sur la commune dans un rayon de 2 km de la Petite Faye. On trouve trace de leurs noms. Les mines antiques de Cuculour et le Trou aux f\u00e9es correspondraient \u00e0 d\u2019anciennes mines d\u2019or exploit\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque gallo-romaine. Leurs positionnements sont impr\u00e9cis, pour la mine du Mont Pelat l\u2019\u00e2ge ind\u00e9termin\u00e9. Souhaitant acc\u00e9der au dossier d\u2019\u00e9tude intitul\u00e9 <em>Relations entre sols et v\u00e9g\u00e9tation sur des r\u00e9sidus d&rsquo;anciennes mines d&rsquo;or<\/em>, je n\u2019obtiens qu\u2019une erreur de serveur. Nombreuses sont les pages qui ouvrent sur le vide. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Pers\u00e9v\u00e9rer, continuer \u00e0 explorer l\u00e0 o\u00f9 il est question de perte.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Je d\u00e9cide de m&rsquo;y rendre seule. Les belles vaches limousines me regardent passer. Les bois respirent l\u2019automne, rien de particulier. Je me faufile et le silence m\u2019accompagne, de toute fa\u00e7on il n\u2019y a personne. Il reste bien peu de traces, seulement des terrils encore visibles sur un terrain par ailleurs plat. L&rsquo;ancien poste \u00e9lectrique est encore en place. Dans un document g\u00e9ologique, j\u2019ai relev\u00e9 \u00e0 propos de la <em>flottation<\/em>, technique utilis\u00e9e sur le site pour l&rsquo;extraction : \u00ab&nbsp;Le minerai est flott\u00e9 : un produit mouillant permet aux fines paillettes d&rsquo;or de remonter en surface d&rsquo;un lavoir. \u00bb Et puis plus loin : \u00ab&nbsp;Les boues issues de cette op\u00e9ration ont \u00e9t\u00e9 stock\u00e9es dans un bassin de d\u00e9cantation d&rsquo;une superficie de 1,5 ha.&nbsp;\u00bb Je m\u2019interroge sur la nature de ce produit mouillant et sur l&rsquo;existence du bassin devenu mar\u00e9cage impraticable. Je le cherche mais je prends peur et me retire sur la pointe des pieds. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Soulever un coin du voile. Les demandes de permis d\u2019exploitation sont des \u00ab&nbsp;mascarades de d\u00e9mocratie&nbsp;\u00bb, les risques pass\u00e9s sous silence. Le profit prime. La soif de l&rsquo;or.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Au passage j\u2019ai appris un nouveau mot : halde. Il d\u00e9signe l&rsquo;amoncellement de d\u00e9chets et st\u00e9riles issus de l&rsquo;extraction de minerai. Sorte de synonyme de terril. Je vais demander \u00e0 Mr Dumas s&rsquo;il conna\u00eet ce mot et ce qu&rsquo;il sait sur la pollution du lieu.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"420\" height=\"272\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/f-gravie-420x272.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-171429\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/f-gravie-420x272.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/f-gravie-768x497.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/f-gravie.jpg 861w\" sizes=\"auto, (max-width: 420px) 100vw, 420px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00e0 fouiller bien au-del\u00e0... <br>pers\u00e9v\u00e9rer... oui continuer \u00e0 enqu\u00eater, ne pas tarder \u00e0 rencontrer Mr Dumas, retourner sur place, trouver les haldes et les photographier, interroger les \u00e9leveurs du c\u00f4t\u00e9 de la Grande Faye...<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:47px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"5-odeur-de-neige\"><strong>#5 odeur de neige<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1190460_carre-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-171896\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1190460_carre-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1190460_carre-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1190460_carre-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1190460_carre-768x767.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/P1190460_carre.jpg 1441w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>(m\u00eame lieu, jour d\u2019automne)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Je me dis&nbsp;qu\u2019avant \u00e7a vivait autrement. Il y avait le roulement des charrettes, les aboiements des chiens quand l\u2019\u00e9tranger pointait le nez. Il y avait les troupeaux qui remontaient depuis le chemin et passaient \u00e0 fr\u00f4ler le b\u00e2timent principal en rentrant du pr\u00e9. Il y avait les bruits, les cris, les odeurs \u2014&nbsp;l\u2019odeur du fumier stock\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de l\u2019\u00e9table, l&rsquo;odeur des ensilages, l\u2019odeur de la terre mouill\u00e9e, l\u2019odeur des cuirs et des pelages, l\u2019odeur du foin coup\u00e9, l\u2019odeur des foss\u00e9s, l\u2019odeur de l\u2019hiver qui court les bois, l\u2019odeur de l\u2019\u00e2tre, l\u2019odeur des premi\u00e8res roses \u00e0 l\u2019or\u00e9e du potager, l\u2019odeur des sauges et des prairies, l\u2019odeur de la soupe pour le cochon, l\u2019odeur des champignons, l&rsquo;odeur des ch\u00e2taignes, l\u2019odeur du bois fendu \u00e0 la hache, l\u2019odeur de la pluie qui frappe les ardoises, l\u2019odeur de la neige quand elle tombait en quantit\u00e9, l\u2019odeur des tilleuls en fleur, l\u2019odeur du four \u00e0 pain, l\u2019odeur du sang, l\u2019odeur de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">L\u2019odeur m\u2019appara\u00eet soudain comme l\u2019indice de temporalit\u00e9 le plus fiable, aussi puissant que les courbes de l\u2019espace, aussi patient et endurant que les circulations des hommes et des b\u00eates entre les b\u00e2timents. L\u2019odeur me reconduit vers la pierre des murs, vers ce qui est incrust\u00e9 l\u00e0 depuis longtemps, vers ce qu\u2019on ne voit pas.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Avant, juste l\u00e0, c\u2019\u00e9tait un abattoir, voil\u00e0 ce qu\u2019on m\u2019a dit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Demeure la structure m\u00e9tallique entre les solives o\u00f9 \u00e9taient pendues les carcasses d\u2019animaux et il est \u00e9mouvant de la regarder.<br>L\u2019abattoir est devenu garage depuis qu\u2019il y a des voitures. Son histoire est dissimul\u00e9e dans la toiture et sous la glycine qui pousse \u00e0 son flanc.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Avant \u00e7a vivait autrement. Les familles visaient l\u2019autonomie, les hommes s\u2019entraidaient. Ils savaient remercier le ciel pour ses bienfaits, c\u00e9l\u00e9braient l\u2019abondance des moissons. Ils ne mangeaient de la viande que le dimanche et encore. <br>Aujourd\u2019hui la neige en quantit\u00e9 est devenue rare et l\u2019odeur du sang a coul\u00e9 profond dans la terre. Me reste l\u2019odeur de la brume tenace, l\u2019odeur des roses anciennes et l&rsquo;extr\u00eame gentillesse de mes voisins pour m\u2019y retrouver et m&rsquo;accompagner dans cette g\u00e9ographie des si\u00e8cles et des saisons.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:0px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"6-frapper-les-tambours\"><strong>#6 frapper les tambours<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1170999_carre-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-172216\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1170999_carre-1024x1024.jpg 1024w, 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toutes qui avez battu mon enfance,<br>avancez donc jusqu\u2019aux hameaux<br>rafales grains ond\u00e9es, cinglez mon visage jusqu\u2019\u00e0 ruisseler, cr\u00e9er des ruisseaux, revigorer les champs fissur\u00e9s par de longues s\u00e9cheresses<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Vous toutes, \u00f4 pluies, je vous ai convoqu\u00e9es aux heures o\u00f9 br\u00fblaient mes jardins<br>o\u00f9 \u00e9tiez-vous pass\u00e9es&nbsp;?<br>Je dansais comme les Indiens des plaines pour appeler \u00e0 la tr\u00eave<br>frappais les tambours, r\u00e9citais des complaintes<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Je vous ai tant esp\u00e9r\u00e9es<br>parfois je vous ai tant ha\u00efes, d\u00e9luges fracassants acidit\u00e9s destructions derri\u00e8re vous<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Vous toutes qui avez battu mes paupi\u00e8res, alourdi mes cheveux<br>demeurez indulgentes et g\u00e9n\u00e9reuses comme il faut<br>abreuvez nos corps, noyez nos prairies, circulez au profond des ar\u00e8nes granitiques<br>Vous toutes tant esp\u00e9r\u00e9es<br>lavez aussi les feuilles d\u2019arbre, purifiez les frondaisons, les lignes d\u2019horizon<br>alimentez nos sources d\u2019un chant clair<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Les crotales s\u2019en sont retourn\u00e9s vers leurs terriers<br>il vous suffira de les suivre.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:35px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"-7-luxuriance-qui-cache\">#7 ni le touffu<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1180772_carreNB-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-172961\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1180772_carreNB-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1180772_carreNB-420x420.jpg 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neige ni l\u2019odeur d\u2019amande de l\u2019arsenic ni le mar\u00e9cage d\u00e9pourvu de visage ni la folie de l\u2019or ni la soif de poss\u00e9der (m\u00eame pour \u00e9chapper \u00e0 sa condition) ni l\u2019exploitation de ces paysans aux visages bl\u00eames et \u00e0 la respiration saccad\u00e9e ni l\u2019\u00e9tayage approximatif des galeries avec du bois fragile ni la dose d\u2019angoisse \u00e0 descendre au profond de la terre et \u00e0 respirer les \u00e9manations malsaines et m\u00eame capables de tuer ni l\u2019enlisement des dossiers ni la mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart des rapports d\u2019enqu\u00eate commandit\u00e9es par les opposants ni le temps pass\u00e9 ni la qu\u00eate de la v\u00e9rit\u00e9 ni le corps des tr\u00e9pass\u00e9s oubli\u00e9s dont on ne retrouve plus les noms ni la m\u00e9moire bienveillante de Mr Dumas qui finalement ne sait pas grand-chose sinon que les habitants \u00e9taient nombreux quand la mine tournait et qu\u2019ils faisaient des enfants et qu\u2019ils avaient tous de quoi manger ni l\u2019\u00e9tourdissement \u00e0 comprendre tout cela ni l\u2019absence de traces tangibles de la menace<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">juste devant moi un bois anodin parmi les autres bois<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">juste devant moi soudain la luxuriance v\u00e9g\u00e9tale devenue pareille \u00e0 un sable mouvant qui cache la br\u00fblure et l\u2019\u00e9vidence de l\u2019avant dans l\u2019apr\u00e8s<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"8-eaux-indociles\">#8 visible ou invisible<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/NB_riviere-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-173116\" 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l\u2019eau vient de toutes parts et s\u2019assemble, plus loin ressort en sources claires et chantantes (on les entend quand on se prom\u00e8ne au hasard des vallons incurv\u00e9s) | d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre l\u2019eau rejoint la rivi\u00e8re, celle qui est partout et qui parcourt le monde d\u2019ici et dont on ne cesse de croiser le nom sur les panneaux | elle se tortille, revient sur ses pas, dispara\u00eet, difficile de dire dans quelle direction elle se r\u00e9pand exactement, on la soup\u00e7onne ici et l\u00e0, on vient de loin pour la voir, on l\u2019approche avec prudence, on la cherche dans les mar\u00e9cages, personne n\u2019y nage, de toute fa\u00e7on on pr\u00e9f\u00e8rerait se laisser aller dans son courant plut\u00f4t que de le remonter | elle paresse au bord des friches longe les pr\u00e9s irrigue les bois | les b\u00eates de troupeau la regardent passer, on peut y chercher de l\u2019or, en sortir son lot de poissons <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">et je pense \u00e0 ce qu&rsquo;un tel flot continu irrigue de cr\u00e9atures en vie et de cadavres, quelques barques abandonn\u00e9es \u00e0 l\u2019hiver, salamandres dans les ar\u00f4mes d\u2019herbes touffues, courses et cachettes improvis\u00e9es pour l\u2019enfance, peu de danger quoique l\u2019eau se comporte de fa\u00e7on surprenante mais pas autant que la mar\u00e9e | et si je glissais au fil de sa peau liquide, je verrais de la verdure en quantit\u00e9, la vo\u00fbte des ponts anciens, humerais la pierre suintante, aurais tout juste le temps d\u2019aviser quelque silhouette de p\u00eacheur de carpes, s\u00fbrement un habitu\u00e9 accompagn\u00e9 de son fils si c\u2019est un mercredi, j\u2019entreverrais la masse trapue de l\u2019\u00e9glise tellement proche du pont que le parvis r\u00e9guli\u00e8rement s\u2019inonde, je surprendrais mille jardins myst\u00e9rieux qui r\u00e9veilleraient mes souvenirs, tout ce qui s\u2019entasse \u00e0 force de vivre et se rassemble en nous comme un fleuve, et ces souvenirs se croiseraient avec ceux des hommes qui vivent l\u00e0 sur ces berges, pas de villes, pas de b\u00e9ton, rien que villages install\u00e9s en fonction des contours dessin\u00e9s par l\u2019eau et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;on l&rsquo;observe le mieux, enfin voil\u00e0 ce que je verrais passant \u00e0 fleur de rive et pour peu que l\u2019automne gonfle le flot, je sentirais par le dessous le remuement inqui\u00e9tant du courant qui parfois me passerait sur la t\u00eate, alors je pousserais mes jambes par le fond et regagnerais le bord, m\u2019\u00e9brouant comme un chien et me demandant quel diable m\u2019a prise d\u2019aller m\u2019immerger dans ces eaux indociles<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">ce fragment toujours dans l'id\u00e9e d'utiliser les propositions du cycle pour continuer l'exploration du m\u00eame lieu (comme une contrainte suppl\u00e9mentaire)...<br>cette fois \u00e9vocation de la Gartempe, la rivi\u00e8re d'ici si pr\u00e9sente<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:31px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"9-s'enfoncer\">#9 s&rsquo;enfoncer<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1170681_carre-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-173698\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1170681_carre-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1170681_carre-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1170681_carre-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1170681_carre-768x767.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/P1170681_carre-1536x1536.jpg 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Je marche dans la prairie \u2014&nbsp;toujours la m\u00eame prairie&nbsp;\u2014 jusqu\u2019au sommet du coteau, regarde le sol recouvert de sa toison d\u2019herbes s\u00e8ches, fleurs en graines devenues noires, fruits, fragments de branche, bogues \u00e9pineuses lentement d\u00e9grad\u00e9es par la pluie et le vent, tout ce qui va bient\u00f4t dispara\u00eetre sous la neige.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">C\u2019est comme une nouvelle aventure qui commence avec cet acte de marcher, pieds s\u2019enfon\u00e7ant dans le paillage moelleux constitu\u00e9 de toutes esp\u00e8ces de mati\u00e8res tomb\u00e9es de l\u2019air et des arbres au cours des derni\u00e8res saisons et d\u2019autres aussi pouss\u00e9es de la terre elle-m\u00eame puis retourn\u00e9es \u00e0 l\u2019origine apr\u00e8s maturit\u00e9, tiges feuillages fleurs racines, autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments se d\u00e9composant, se coulant dans l\u2019humus, le nourrissant, le fortifiant, et l\u2019humus travaill\u00e9 aussi par des petits rongeurs aveugles devenant de plus en plus sombre et gras \u00e0 s\u2019enfoncer et grouillant de cr\u00e9atures \u2014&nbsp;tels ann\u00e9lides mangeurs de terre, insectes \u00e0 carapaces, bact\u00e9ries adapt\u00e9es \u00e0 ces \u00e9tages de moins en moins oxyg\u00e9n\u00e9s&nbsp;\u2014, pierres informes elles de plus en plus nombreuses \u00e0 se m\u00ealer au gras et litages de plus en plus minces et diff\u00e9remment color\u00e9s \u00e0 descendre, r\u00e9v\u00e9lant une stratigraphie capable de raconter une histoire \u00e0 force d\u2019accumulation de substances \u2014&nbsp;une strate identifiable par cycle v\u00e9g\u00e9tal complet \u00e0 la fa\u00e7on des cercles concentriques qui r\u00e9v\u00e8lent les ann\u00e9es de croissance de l&rsquo;arbre&nbsp;\u2014, litages non seulement de plus en plus minces mais aussi de plus en plus tass\u00e9s avec la pression qui augmente de haut en bas, porteurs d\u2019empreintes et de fossiles \u00e9cras\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">C\u2019est comme une descente en ascenseur dans une mine, un voyage au long d\u2019une fissure, d\u2019une tranch\u00e9e verticale jusqu\u2019\u00e0 rejoindre la base souterraine du coteau \u2014&nbsp;car c\u2019est l\u00e0 le projet&nbsp;: atteindre le niveau des sources qui surgissent au creux du vallon \u00e0 cinquante m\u00e8tres au-dessous la maison, et rien de l\u00e9ger l\u00e0-dedans, il faut du lest, il faut du lourd. Descendre encore, s&rsquo;enfouir plus profond tout en demeurant sensible \u00e0 la temp\u00e9rature et \u00e0 la pression qui g\u00eane la respiration, viser la trajectoire id\u00e9ale apte \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler une bonne coupe g\u00e9ologique du coteau. Au fur et \u00e0 mesure de la descente, l&rsquo;examiner \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019une frontale et m\u00eame \u00e0 la loupe apr\u00e8s avoir heurt\u00e9 la roche avec un piolet pour r\u00e9cup\u00e9rer un \u00e9clat de rocher. Une fois d\u00e9pass\u00e9 la cro\u00fbte et les zones \u00e0 conglom\u00e9rats, entrer dans le dur de la mati\u00e8re m\u00e9tamorphique \u00e0 gros cristaux de feldspath \u2014&nbsp;\u00e7a date de 300 millions d\u2019ann\u00e9es, \u00f4 vertige&nbsp;\u2014, l&rsquo;ensemble affect\u00e9 de diaclases permettant la circulation des fluides \u00e0 travers le chaos. On touche au but quand s\u2019annonce un lit de marnes grises et d\u2019ar\u00e8nes granitiques. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Il n\u2019existe pas de filtre plus efficace et merveilleux pour les eaux de pluie infiltr\u00e9es de l\u2019hiver. L\u00e0, au fond du puits for\u00e9 par l&rsquo;imaginaire, l\u2019odeur de l\u2019eau circulant pure et libre.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:27px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:38px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"10-sombre-biotite\">#10 sombre biotite<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/P1170805_carreNB-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-173975\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/P1170805_carreNB-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/P1170805_carreNB-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/P1170805_carreNB-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/P1170805_carreNB-768x768.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/P1170805_carreNB-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/P1170805_carreNB-2048x2048.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">partir de l'\u00e9clat de rocher survenu dans la #9 et creuser ou augmenter le zoom en explorant le noir...<\/pre>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">\u00c7a ressemble \u00e0 une chose compacte contre laquelle on bute, on tombe et on se casse un os, on s\u2019esquinte les genoux. Dur comme pierre, on dit. Pierre dure et lourde, insoup\u00e7onnable sous le couvert v\u00e9g\u00e9tal. On se penche. Elle est l\u00e0 partout, dans le chemin, dans les foss\u00e9s. Elle constitue la masse de la colline. Elle est plancher socle continent. Elle est notre \u00eele. Son corps r\u00e9siste depuis des mill\u00e9naires et il faut des outils de m\u00e9tal pour la griffer. Profitant de l&rsquo;alt\u00e9ration en surface entra\u00een\u00e9e par les pluies et les pollutions, le lichen s\u2019y \u00e9tale comme sur un dos d\u2019animal \u2014\u00a0<em>rhizocarpon geographicum, ridescens, lavatum<\/em>\u00a0\u2014, mais sous sa peau offerte au monde, elle reste dure et grenue. Immortelle. Elle n\u2019appartient \u00e0 personne et impossible de la cacher dans sa poche.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Dans le champ pr\u00e8s de la maison, les blocs sous les arbres ont l\u2019air bourru et informe. Faire sauter un \u00e9clat avec un marteau \u00e0 t\u00eate lisse de g\u00e9ologue, regarder \u00e0 la loupe, plonger dans le champ du noir&nbsp;: paillettes brillantes un peu mouill\u00e9es, texture douce, aspect feuillet\u00e9, plans de clivage parfaits comme cir\u00e9s verniss\u00e9s aptes \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" style=\"font-size:17px\"><em>sombre biotite<\/em><br><em>fer aluminium magn\u00e9sium.<\/em><br><em>elle est la partie noire et friable du granite<\/em><br>de <em>l\u2019esp\u00e8ce des micas<\/em><br><em>ses reflets sont intenses, ses vertus s\u00fbrement innombrables<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">Les paillettes sont des mouchetis dans le corps de la pierre pareils \u00e0 des points de couleur dans un tricot. Elles attirent le regard une fois la pierre d\u00e9barrass\u00e9e de son feutre et frott\u00e9e. Elles sont \u00e9critures \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du rocher, dessinant une carte contre le rose ou le gris du granite. Le noir devient trace, vestige du profond lointain. <br>Je ne veux pas m\u2019approprier la mati\u00e8re ni l\u2019emporter avec moi, je veux seulement l\u2019approcher. Il me faudrait pour \u00e7a des microscopes, des outils \u00e0 voir profond pour d\u00e9couvrir la mati\u00e8re subtile qui serait noire, aurait la douceur du talc et le go\u00fbt de fines lamelles de chocolat relev\u00e9 d&rsquo;une pointe sal\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><em>Photographies \u00a9Fran\u00e7oise Renaud, 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#01 \u00e9tendue de la prairie #02 ce qui reste apr\u00e8s leur passage #03 mais avant tout les jardins#04 du latin aurum#5 odeur de neige#6 frapper-les-tambours#7 luxuriance qui cache#8 visible ou invisible#9 s&rsquo;enfoncer#10 sombre biotite #01 \u00e9tendue de la prairie La masse v\u00e9g\u00e9tale prend possession des espaces pour peu qu&rsquo;on la laisse tranquille et les arbres prennent leur temps pour s&rsquo;\u00e9riger <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique3-mais-avant-tout-sans-doute-les-jardins\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9copo\u00e9tique #01 \u00e0 #10 | automne 2024<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":149,"featured_media":173975,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[6994,7012,7028,7050,7068,7076,7092,7116,6017],"tags":[2325,7124,7081,7123,7004,7005,7009,7125,7107,7039,7122,7109,443,7108],"class_list":["post-171187","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ecopoetique-03-bailly-jardins","category-ecopoetique-04-claire-dutrait-arsenic","category-ecopoetique-05-joy-sorman-linhabitable","category-ecopoetique-06-pluies-saint-john-perse","category-ecopoetique-07-ni-car-ni","category-ecopoetique-08-pierre-patrolin","category-ecopoetique-09-patrolin-un-enfoncement","category-ecopoetique-10-caillois-pierres","category-ecopoetique","tag-abattoir","tag-biotite","tag-eaux-invisibles","tag-granite","tag-jardin-de-lecture","tag-jardin-de-roses","tag-meditation","tag-mica-noir","tag-odeur-de-leau","tag-odeur-de-neige","tag-pierre-insoupconnable","tag-purete","tag-riviere","tag-souterraine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171187","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/149"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=171187"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171187\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":174088,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171187\/revisions\/174088"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/173975"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=171187"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=171187"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=171187"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}