{"id":171322,"date":"2024-09-22T15:00:04","date_gmt":"2024-09-22T13:00:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=171322"},"modified":"2024-10-19T23:02:56","modified_gmt":"2024-10-19T21:02:56","slug":"ecopoetique-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-3\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #03 \/ le composteur"},"content":{"rendered":"\n<p>Au fond du jardin, il y a cette grosse caisse en bois. Coinc\u00e9e entre le mur de moellons et la haie. D\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment soustraite \u00e0 la vue. Comme si le simple assemblage horizontal de planches de pin manquait de noblesse pour \u00eatre ainsi expos\u00e9. Mais plus certainement parce que ce qui se trame \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur se doit d\u2019\u00eatre cach\u00e9. Apr\u00e8s tout, c\u2019est le royaume de la d\u00e9composition, de la putr\u00e9faction, de la d\u00e9liquescence. C\u2019est un cloaque. Ne vaut-il pas mieux s\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce qui pousse tout autour ? Ce qui se trouve l\u00e0 dans le potager ; les fleurs, les fruits. Tout cet environnement visible qui offre cette nourriture si essentielle \u00e0 l\u2019Homme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut soulever le couvercle pour d\u00e9couvrir un monde \u00e0 part. Un microcosme coinc\u00e9 entre quatre planches. C\u2019est d\u2019abord l\u2019\u00e9vidence. De petits moucherons dronisent sans but. Dans un recoin, quelques escargots sommeillent au-dessus du maelstr\u00f6m inerte de d\u00e9chets. Des \u00e9pluchures de l\u00e9gumes gisent \u00e9parpill\u00e9es sur un amas de r\u00e9sidu de tonte. Une composition color\u00e9e sur un lit fine paille : des peaux de tomates, des lambeaux de poivrons, des fanes de navets. Au fond, de fines branches \u00e9chou\u00e9es sur un amoncellement de feuilles dominent le territoire. Et au milieu, comme un terril sur une plaine verdoyante, se dresse un sombre chaos de bogues de noix. D\u2019un \u00e9clair, une araign\u00e9e s\u2019\u00e9clipse sous une \u00e9paisse feuille de laurier s\u00e8che. Une limace n\u2019y pr\u00eate aucune attention. Elle cherche juste \u00e0 \u00e9viter la moisissure qui recouvre un quignon de pain.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e7a demande \u00e0 \u00eatre brass\u00e9, m\u00e9lang\u00e9. Il faut alors creuser, retourner, remonter \u00e0 la surface ce qui est enfoui. Tout y proc\u00e8de de la strate, de la g\u00e9ologie du vivant. Plus l\u2019excavation est profonde, moins le compost se fait grossier. Et avec \u00e9merge tout une foisonnante faune chthonienne. Les vers de terres, entrem\u00eal\u00e9s et fuyants imposent leur essentielle pr\u00e9sence. Ils volent la vedette aux colportes, collemboles et autres microscopiques d\u00e9trivores. Mais jamais ils n\u2019arrivent \u00e0 prendre celle des grosses larves blanches avec leurs mandibules fonc\u00e9es et ac\u00e9r\u00e9es des c\u00e9toines, star des composteurs. Le c\u0153ur de ce r\u00e9acteur du vivant a aussi ses monstres sacr\u00e9s. Tout y est vie, mort, transformation et renaissance. Seul un vieux couteau rouill\u00e9, oubli\u00e9 l\u00e0 depuis longtemps, r\u00e9siste encore aux assauts de la machine biologique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au fond du jardin, il y a cette grosse caisse en bois. Coinc\u00e9e entre le mur de moellons et la haie. D\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment soustraite \u00e0 la vue. Comme si le simple assemblage horizontal de planches de pin manquait de noblesse pour \u00eatre ainsi expos\u00e9. Mais plus certainement parce que ce qui se trame \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur se doit d\u2019\u00eatre cach\u00e9. Apr\u00e8s tout, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-3\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9copo\u00e9tique #03 \/ le composteur<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":629,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[6994,6017],"tags":[],"class_list":["post-171322","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecopoetique-03-bailly-jardins","category-ecopoetique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171322","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/629"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=171322"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171322\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":172993,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171322\/revisions\/172993"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=171322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=171322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=171322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}