{"id":172017,"date":"2024-10-06T16:41:06","date_gmt":"2024-10-06T14:41:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=172017"},"modified":"2024-10-06T22:16:16","modified_gmt":"2024-10-06T20:16:16","slug":"ecopoetiques-05-vignes-planes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetiques-05-vignes-planes\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tiques #05 | Vignes Planes"},"content":{"rendered":"\n<p>C\u2019est un chemin. Un chemin, \u00e7a n\u2019a pas de nom. C\u2019est un chemin en terre, un chemin \u00e9troit, bord\u00e9 de hauts talus. On l\u2019emprunte pour aller en ville. On dit en ville, on devrait dire au centre du bourg. Personne ne dit le bourg. On dit ville, on pense village. On ne croise pas grand monde sur le chemin. Le plus souvent, on ne croise personne. On marche, on regarde, on ramasse des m\u00fbres, on pousse le landau, la poussette, on tient les enfants par la main, on les laisse gambader. A gauche, un potager, un jardin, une maison sans cl\u00f4ture, un tas d\u2019herbe qui fume, chaque jour il les br\u00fble les herbes, un terrain vague, un champ, \u00e0 droite les chevaux, l\u2019\u00e2ne, des champs de cerisiers, des potagers, et juste derri\u00e8re les mimosas, le canal d\u2019arrosage avec ses ponts de pierre, on s\u2019y arr\u00eate pour go\u00fbter, le chien court \u00e0 toute berzingue dans le champ. On emprunte le chemin, on dit emprunter, il ne nous appartient pas, le chemin qui est l\u00e0, qui conduit en ville. Ce sera d\u2019abord, sur la gauche, la maison refuge pour les sans-abris, la maison du sculpteur, le facteur Cheval local, la fontaine naturelle, le ranch, la place et puis la ville, le centre-ville, un boulevard et une poign\u00e9e de ruelles. Depuis le bureau, on voit le chemin, la campagne, les arbres, le potager, le poulailler d\u2019Achille. On entend le braiment de l\u2019\u00e2ne. On resterait bien l\u00e0 une vie enti\u00e8re. Un panneau, une affiche, un plan, un nom : lotissement <em>Vignes Planes<\/em>. Partir.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une avenue. Une avenue \u00e0 deux voies, avec emplacements de parkings, larges trottoirs, passages pi\u00e9tons, ralentisseurs. C\u2019est une avenue bitum\u00e9e. Les voitures s\u2018y croisent. C\u2019est la voie la plus pratique, la plus utilis\u00e9e pour aller en ville. A gauche, le potager, la maison -le jardin a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9- on ne voit plus de fum\u00e9e. L\u2019\u00e9cobuage est interdit. Une enfilade de petites villas avec jardinets cl\u00f4tur\u00e9s. La maison refuge a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, les sans abris envoy\u00e9s plus loin, hors de la ville maintenant que la ville commence ici. A droite, des rang\u00e9es de maisons \u00e0 \u00e9tages, mitoyennes, aux fa\u00e7ades peintes en gris, jaune, orange. Des pots de fleurs pos\u00e9s sur le bitume, un institut de beaut\u00e9. Les fen\u00eatres sont en PVC, les portails sont en PVC. Les poubelles sont regroup\u00e9es, dans des bacs semi-enterr\u00e9s (verre &#8211; carton &#8211; ordures m\u00e9nag\u00e8res). Ici on trie. Sur les trottoirs on se presse, pi\u00e9tons, v\u00e9los, trottoirs et pistes cyclables confondues. Sur l\u2019avenue on circule vite, nombreux, voitures, bus. Dans le bitume on a coul\u00e9 une rang\u00e9e de lampadaires, et un peu en arri\u00e8re une rang\u00e9e d\u2019oliviers, les lampadaires dominent, en hauteur, en nombre, en utilit\u00e9, en modernit\u00e9. Des lampadaires peints en vert, des lampadaires qu\u2019on \u00e9teint d\u00e8s minuit pass\u00e9 parce qu\u2019on a compris qu\u2019il faut respecter la plan\u00e8te.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est un chemin. Un chemin, \u00e7a n\u2019a pas de nom. C\u2019est un chemin en terre, un chemin \u00e9troit, bord\u00e9 de hauts talus. On l\u2019emprunte pour aller en ville. On dit en ville, on devrait dire au centre du bourg. Personne ne dit le bourg. 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