{"id":172038,"date":"2024-10-07T01:42:38","date_gmt":"2024-10-06T23:42:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=172038"},"modified":"2024-10-07T01:52:17","modified_gmt":"2024-10-06T23:52:17","slug":"ecopoetique-01-le-silence-ca-nexiste-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-01-le-silence-ca-nexiste-pas\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #01 | le silence, \u00e7a n&rsquo;existe pas"},"content":{"rendered":"\n<p>La torpeur du soleil faisait taire la ville endormie. Assomm\u00e9e. Abrutie. Au fur et \u00e0 mesure o\u00f9 elle s\u2019\u00e9loignait de l\u2019axe routier principal, le silence gagnait. En \u00e9paisseur. M\u00eame si le silence, \u00e7a n\u2019existe pas. Ce qu\u2019elle croyait. Fr\u00f4lement des pas dans les herbes, p\u00e9piement des oiseaux, froissements. Le silence, pensait-elle, c\u2019est l\u2019inhabit\u00e9. Le d\u00e9sert, c\u2019est le silence. Elle d\u00e9ambulait au hasard des quartiers, d\u00e9dales de rues et de friches. Et p\u00e9n\u00e9trait dans ce qu\u2019on appelait ici la Ville-Feuille, celle qui \u00e9chappe aux plans, aux guides, aux atlas&nbsp;: depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, les friches gagnaient du terrain, \u00e0 mesure que les habitants quittaient l\u2019\u00eele en laissant les maisons \u00e0 l\u2019abandon. A force de querelles d\u2019indivis sans fin. Le silence gagnait \u00e0 mesure que la ville se taisait. Les toits des maisons en bois ouvertes pour certaines aux quatre vents mena\u00e7aient de s\u2019\u00e9crouler. La v\u00e9g\u00e9tation s\u2019emparait des murs, courait les terrasses, mangeait bient\u00f4t les int\u00e9rieurs. Oui, la ville se taisait sur ce territoire et le silence gagnait. Une dalle en b\u00e9ton dont ne subsistait que le cadre de porte d\u2019une habitation fant\u00f4me \u00e9tait envahie de lianes. Un papayer poussait au creux des quelques marches qui en marquaient l\u2019entr\u00e9e. Des t\u00f4les noircies et une grille rouill\u00e9e disparaissaient presque sous les herbes folles. Elle prit un chemin de traverse, une de ses traces m\u00e9nag\u00e9es par les habitants \u00e0 m\u00eame la v\u00e9g\u00e9tation pour rallier entre eux des quartiers. Les traces elles-m\u00eames s\u2019effa\u00e7aient, envahies d\u2019herbes folles et coupantes. Depuis quelques temps elle \u00e9tait hant\u00e9e par la destruction et la disparition. De part et d\u2019autre de la sente, une v\u00e9g\u00e9tation dense que trouaient des vestiges d\u2019une vie pass\u00e9e&nbsp;: un sol de fa\u00efence bleu et blanc, un ancien four \u00e0 pain, une vierge \u00e0 l\u2019enfant face contre terre et tout autour quelques bougies encrass\u00e9es, des d\u00e9chets de toutes sortes. Un peu plus loin, un figuier maudit enserrait les restes d\u2019un pont de pierre. Et dans tout cet effondrement, elle per\u00e7ut alors le silence qu\u2019elle confondit avec la solitude.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-medium-gray-background-color has-background\"><code>R\u00e9\u00e9criture de : #40jours #11 | du mot \u00ab perdu \u00bb (mais avec Franz Kafka &amp; Jacques Abeille...)<\/code><\/pre>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La torpeur du soleil faisait taire la ville endormie. Assomm\u00e9e. Abrutie. Au fur et \u00e0 mesure o\u00f9 elle s\u2019\u00e9loignait de l\u2019axe routier principal, le silence gagnait. En \u00e9paisseur. M\u00eame si le silence, \u00e7a n\u2019existe pas. Ce qu\u2019elle croyait. Fr\u00f4lement des pas dans les herbes, p\u00e9piement des oiseaux, froissements. Le silence, pensait-elle, c\u2019est l\u2019inhabit\u00e9. Le d\u00e9sert, c\u2019est le silence. 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