{"id":172394,"date":"2024-10-11T08:37:56","date_gmt":"2024-10-11T06:37:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=172394"},"modified":"2024-11-14T07:11:32","modified_gmt":"2024-11-14T06:11:32","slug":"ecopoetique-06-pluies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-06-pluies\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #06 | Pluies"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20230804_123416-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-172395\" style=\"width:589px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20230804_123416-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20230804_123416-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20230804_123416-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20230804_123416-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20230804_123416-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> Photo 2023 Anne Dejardin<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Tombez, <em>\u00f4 Pluies<\/em>, sur les petits pav\u00e9s bomb\u00e9s comme les enduire de laque, les&nbsp; faire briller des lumi\u00e8res de la ville, parce que la nuit d\u2019hiver semble ne jamais devoir rel\u00e2cher sa prise sur le jour comme l\u2019\u00e9touffer sous un oreiller, quand la joie n\u2019aura pour s\u2019arrimer que ces \u00e9clats de n\u00e9ons et de lampadaires pour le corps trouver de quoi presser le pas, avancer, un regard \u00e0 la montre, ne pas \u00eatre en retard, le pas vif de la jeunesse, le pas sonnant des talons hauts, si longtemps \u00e0 en avoir r\u00eav\u00e9, \u00eatre enfin en \u00e2ge, et du coup obligation de perdre le go\u00fbt de sauter dans les flaques, il faut le pas zigzag du corps pour les \u00e9viter. Quand pour ramener le spleen des origines, il n\u2019y a plus que vous, <em>\u00f4 Pluies<\/em>, chantez et bercez-moi dans votre liquide amniotique.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pluie affront\u00e9e<\/em>, ravigote, fouette, gifle le visage pour r\u00e9veiller tout le corps en footing, <em>pluie ruisselante<\/em>, noie dans l\u2019insignifiance les larmes qui perlaient, pluie esp\u00e9r\u00e9e, \u00e9teins l\u2019incendie des bronches de la peau en irruption, <em>pluie inventeuse de mots<\/em> qui n\u2019existent pas, il drache, il plevine, il bruine, <em>pluie des origines<\/em>, il pleut sur Nantes, il pleure dans mon c\u0153ur, <em>pluie d\u2019hiver<\/em>, r\u00e9veille les douleurs, \u00e9teint les envies de vivre, pr\u00e9cipite les suicides, <em>pluie d\u2019hier<\/em>, ram\u00e8ne les souvenirs du temps pass\u00e9, <em>pluie d\u2019hier<\/em>, qui se sublimerait en neige, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puiser un jour, <em>pluie d\u2019hier, <\/em>quand j\u2019allais un cartable prune pesant au bras, le dos contrebalan\u00e7ant le poids dans la main, pluie du petit matin ton sur ton gris aussi le trench doubl\u00e9 de fausse fourrure, l\u2019ath\u00e9n\u00e9e avait invent\u00e9 une heure z\u00e9ro, celle pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019ouverture habituelle, pour caser les heures qu\u2019on n\u2019avait pas pu placer ailleurs. <em>Pluie d\u2019hier<\/em> sur le b\u00e9b\u00e9 nouveau-n\u00e9 \u00e0 poser \u00e0 la cr\u00e8che. <em>Pluie d\u2019hier<\/em> \u00e0 deux se serrer sous le parapluie bleu avec son chat rouge, l\u2019arr\u00eat de bus, la foire, l\u2019ind\u00e9cence du chat &nbsp;rouge \u00e0 l\u2019enterrement de la m\u00e8re de l\u2019ami, pas vingt ans, \u00e0 deux sous le parapluie, grelotter \u00e0 tenter d\u2019imaginer ce que lui vivait, la mort de la m\u00e8re\u2026 <em>Pluie sans parapluie <\/em>de les avoir laiss\u00e9s l\u00e0, \u00e0 terre, aux pieds, dans un porte-parapluie pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019entr\u00e9e ou de hasard, tout faire pour se d\u00e9barrasser de lui ou lui, glac\u00e9, d\u00e9goulinant, encombrant, avec son manche en vrai bois recourb\u00e9 et d\u2019\u00eatre repartie en les oubliant, parce que sans doute la pluie avait cess\u00e9. <em>Pluie des origines<\/em> qui a cette particularit\u00e9, celle de ne jamais durer. Comme la <em>Pluie d\u2019hier<\/em>, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-small-font-size\">Prolonger ce texte avec celui du commentaire de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Peyrin comme \u00e9crire en \u00e9cho&#8230;<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Des souvenirs comme s\u2019il en pleuvait, des vrais et des invent\u00e9s de toute pi\u00e8ce pour remplir la page absorbante de l\u2019\u00e9criture. C\u2019est au degr\u00e9 d\u2019humidit\u00e9 et de tarissement que le parapluie de la voix scande le floc \u00e0 floc dans cette danse imm\u00e9moriale de l\u2019ond\u00e9e c\u00e9leste qui chute sur la terre doucement ou avec fracas. L\u2019image des pav\u00e9s glisse sous la r\u00e9tine comme un diad\u00e8me \u00e9ph\u00e9m\u00e8re perdu par Cendrillon un jour de bal, ou Poucette un jour d\u2019\u00e9cole. Un porte parapluie vide est -il signe d\u2019adieu ? La pluie fait- elle grandir ? Pourquoi les chats rouges viennent-ils aux enterrements pluvieux ? La pluie tombe aussi sur les tombes et elle s\u2019en fout. C\u2019est toute la vie qui passe dans ce texte, l\u2019air de rien\u2026<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tombez, \u00f4 Pluies, sur les petits pav\u00e9s bomb\u00e9s comme les enduire de laque, les&nbsp; faire briller des lumi\u00e8res de la ville, parce que la nuit d\u2019hiver semble ne jamais devoir rel\u00e2cher sa prise sur le jour comme l\u2019\u00e9touffer sous un oreiller, quand la joie n\u2019aura pour s\u2019arrimer que ces \u00e9clats de n\u00e9ons et de lampadaires pour le corps trouver de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-06-pluies\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9copo\u00e9tique #06 | Pluies<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7050,6017],"tags":[7063,7062],"class_list":["post-172394","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecopoetique-06-pluies-saint-john-perse","category-ecopoetique","tag-pluieplage","tag-pluies-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/172394","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/87"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=172394"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/172394\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":173996,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/172394\/revisions\/173996"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=172394"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=172394"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=172394"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}