{"id":172487,"date":"2024-10-13T12:40:45","date_gmt":"2024-10-13T10:40:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=172487"},"modified":"2024-10-13T13:22:53","modified_gmt":"2024-10-13T11:22:53","slug":"dans-la-riviere-a-sec","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/dans-la-riviere-a-sec\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #04 |\u00a0Dans la rivi\u00e8re \u00e0 sec"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Le sac \u00e0 dos, l\u2019id\u00e9e lui est venue un jour en se promenant dans le lit de la rivi\u00e8re, \u00e0 sec. C\u2019\u00e9tait par une journ\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9 indien, en fin d\u2019apr\u00e8s-midi. Il avait chaud tout l\u2019\u00e9t\u00e9, il n\u2019avait presque pas plu. Quelques orages violents, mais peu nombreux. Et l\u2019\u00e9t\u00e9 ne voulait pas l\u00e2cher prise. La Toussaint approchait, il faisait beau, il faisait doux. Et la rivi\u00e8re, \u00e0 sec, offrait \u00e0 la marche du jour un chemin surprise. Un chemin constamment ombrag\u00e9 sous les arbres, une sorte de vo\u00fbte v\u00e9g\u00e9tale. Et un chemin enfoui en partie dans la terre. Le lit \u00e9tait assez large, mais profond de plus d\u2019un m\u00e8tre, et plus de deux par endroits. Elle ne voyait pas souvent le paysage au-dessus de la berge. Elle ne savait pas o\u00f9 elle se situait par rapport \u00e0 son trajet habituel, le long de la rivi\u00e8re. D\u2019autant moins que le chemin sinuait et que le paysage interne variait, ici une ligne droite plate, couverte de feuilles mortes, l\u00e0 une s\u00e9rie de bancs de sable herbeux et quelques trous d\u2019eau, l\u00e0 des amas de grosses pierres, comme un mur effondr\u00e9, l\u00e0 une voie bossel\u00e9e, sec, et des trous noirs sous les racines des arbres, l\u00e0 encore un passage plus \u00e9troit, des branches plus basses entrem\u00eal\u00e9es, des feuillages plus denses, l\u00e0 comme une clairi\u00e8re avant une descente sous un pont, l\u00e0 une barque et sur la rive comme un jardin et une cabane d\u2019enfant. Jusqu\u2019\u00e0 une esp\u00e8ce de retenue d\u2019eau, apr\u00e8s une s\u00e9rie de virages, qui ne retenait rien que ces restes, un corps de panneaux de m\u00e9tal rouill\u00e9s, \u00e9ventr\u00e9s, un bras tordu, inarticul\u00e9, au pied de nouveaux blocs de pierre d\u00e9lav\u00e9s en vrac. Et toujours le souffle conjugu\u00e9 des arbres, du vent, de la lumi\u00e8re en dentelle flottante.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce qui l\u2019a impressionn\u00e9e, c\u2019est le nombre de d\u00e9chets qu\u2019elle a rencontr\u00e9s. Si elle avait eu un sac \u00e0 dos pour les r\u00e9colter, elle aurait pu le remplir. \u00c0 d\u00e9faut, elle en a photographi\u00e9 quelques-uns, histoire d\u2019en saisir la diversit\u00e9. Et dans son carnet elle a not\u00e9, en fin de soir\u00e9e\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-left\"><strong>23102023<\/strong><br><br>Je suis all\u00e9e me promener. Je pensais longer la rivi\u00e8re, mais deux coups de feu m\u2019ont surpris. \u00c7a provenait du champ de ma\u00efs derri\u00e8re la haie. Je l\u2019ai travers\u00e9e en empruntant la trou\u00e9e des ragondins dans le foss\u00e9. Quelques m\u00e8tres comme \u00e7a, jusqu\u2019\u00e0 la rivi\u00e8re, o\u00f9 je me suis aper\u00e7ue qu\u2019elle \u00e9tait vide. J\u2019ai saut\u00e9 dedans et je l\u2019ai descendue. Le lit \u00e9tait vraiment \u00e0 sec.<br><br>Il y avait une poign\u00e9e de cartouches vides dans le foss\u00e9, en plastique et rouill\u00e9es. Pourquoi\u00a0? Pourquoi ne pas les remettre \u00e0 leur emplacement dans la cartouchi\u00e8re\u00a0?<br><br>Je me suis retrouv\u00e9e devant un mur. Un vrai mur de grosses pierres taill\u00e9es, plus ou moins bien imbriqu\u00e9es, couvertes de mousses s\u00e8ches. On trouve, comme \u00e7a, de gros blocs de pierre \u00e0 plusieurs endroits de la rivi\u00e8re. On les aura install\u00e9s un jour pour consolider la rive, et le temps aura jou\u00e9 contre eux. Ils auront gliss\u00e9 et roul\u00e9 au milieu de la rivi\u00e8re.<br><br>Je me suis aussi retrouv\u00e9e devant un muret. Une petite pi\u00e8ce de ma\u00e7onnerie, cr\u00e9pie, en arc, servant d\u2019enceinte de protection \u00e0 un trou, \u00e0 une canalisation fich\u00e9e dedans au pied d\u2019un arbre. Elle descendait s\u00fbrement dans la nappe phr\u00e9atique. Si la rivi\u00e8re est \u00e0 sec durant des mois, de la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 No\u00ebl parfois, c\u2019est aussi parce que l\u2019eau passe dessous, dans une rivi\u00e8re souterraine, m\u2019a dit le voisin.<br><br>Parfois, quelques grandes flaques d\u2019eau r\u00e9siduelle, dans un m\u00e9lange de terre et de gravier souvent. Quelques bandes argileuses plus ou moins molles, plus compactes, des \u00e9tendues herbeuses, et de grandes zones de feuilles mortes. Je ne sais quel oiseau y fourrageait.<br><br>J\u2019ai aussi trouv\u00e9 de nombreux morceaux de plastique en tous genres\u00a0: des plastiques d\u2019un noir d\u00e9lav\u00e9, des plastiques d\u2019un gris bleu, des plastiques orange, blanc, des restes de sacs, de b\u00e2ches, un filet rose, mauve, des bouteilles en verre, en plastique, marron, blanches ou vertes, piqu\u00e9es de terre, d\u2019argile, de mousses, recouvertes de feuilles. Une corde.<br><br>J\u2019ai aussi trouv\u00e9 quelques plumes. D\u2019abord, un ensemble de plumes d\u2019un gris terreux au bout, puis blanc, de la palombe que les deux coups de feu auront abattue. Et puis des plumes isol\u00e9es d\u2019oiseaux inconnus, une toute blanche, duveteuse, une autre \u00e0 barbes noires au bout, d\u2019un gris plus ou moins clair en son centre, plus sombre au niveau du calamus, et une longue et fine et belle plume d\u2019un gris anthracite, z\u00e9br\u00e9e de noir. Une plume de faisan qui avait l\u2019air d\u2019une peau s\u00e8che, morte.<br><br>Et ce fragment de je ne sais quoi plus rigide en forme de trap\u00e8ze, d\u2019un blanc ros\u00e9 et stri\u00e9, des lignes granuleuses, o\u00f9 de l\u2019argile semblait s\u2019y \u00eatre fix\u00e9e et lui donnait l\u2019air d\u2019une antique tablette \u00e0 l\u2019\u00e9criture illisible, inconnue.<br><br>J\u2019ai remont\u00e9 la rivi\u00e8re jusqu\u2019au repaire des enfants avec ses deux piquets de chantier en rouge et blanc. C\u2019est l\u00e0 que la moiss-batt, que j\u2019entendais tourner au loin, mais de plus en plus fort, est arriv\u00e9e dans un grand fracas en crachant un nuage de poussi\u00e8re qui a envahi la zone. On d\u00e9gage.<br><br>Il y avait aussi cette fa\u00e7on dont la structure de la rive, d\u00e9gag\u00e9e en bordure, semble former un mur \u00e0 part enti\u00e8re. Comme un mur de terre sombre soutenu par un muret de racines d\u2019arbres ramifi\u00e9es, enchev\u00eatr\u00e9es, et blanches, comme p\u00e9trifi\u00e9es ou fossilis\u00e9es. Et un terrier sous des racines, le trou de je ne sais quel animal. Trop petit, je crois, pour \u00eatre celui d\u2019un ragondin.<br><br><strong>26102023<\/strong><br><br>Nouvelle exploration de la Seugne \u00e0 sec, en amont cette fois. Quelques plumes, la d\u00e9pouille d\u2019une palombe, des carapaces d\u2019\u00e9crevisses. Une grosse bouteille d\u00e9capit\u00e9e, des morceaux de plastique d\u00e9chiquet\u00e9s, un bout de pneu de v\u00e9lo annel\u00e9 comme une peau de serpent. Des barres m\u00e9talliques tordues, restes d\u2019une barri\u00e8re qui aura \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e un jour de crue par la masse de branches et de d\u00e9bris v\u00e9g\u00e9taux accumul\u00e9s. Un large couloir comportant de nombreux terriers, des trous dans la rive, sous les racines, des feuilles et des restes d\u2019\u00e9pi de ma\u00efs. Un ragondin traverse et file se cacher tant bien que mal, son arri\u00e8re-train et sa queue d\u00e9passent du terrier. Une vieille passerelle en bois plus ou moins pourri. Un canard en plastique noir au bout d\u2019une corde attach\u00e9e \u00e0 un arbre.<br><br>Et Mimi Neveu au pont d\u2019\u00c9tourneau. C\u2019est vrai qu\u2019il a un air de Raimu, mais crois\u00e9 d\u2019un ours mal l\u00e9ch\u00e9, avec ses cheveux en bataille et son langage non moins hirsute, un patois de charretier plus que charentais pas facile \u00e0 comprendre. Il m\u2019a tenu la jambe trop longtemps.<br><br>Il n\u2019y eut de mur qu\u2019une poign\u00e9e de pierres de taille d\u00e9lav\u00e9es, isol\u00e9es, pr\u00e8s de la rive, comme jet\u00e9es l\u00e0. \u00c0 l\u2019abandon.<br><br>J\u2019ai poursuivi jusqu\u2019\u00e0 un pertuis dont la lame maintenue par des filins est d\u00e9fonc\u00e9e. Elle aussi couverte de branches, de d\u00e9bris et de feuilles mortes. Une ruine en somme. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, \u00e0 tr\u00e8s bas niveau, stagnante, la rivi\u00e8re semble reprendre son cours. Ou plut\u00f4t, elle s\u2019arr\u00eate l\u00e0. Jusqu\u2019o\u00f9 remonte-t-elle ? Et pourquoi s\u2019arr\u00eate-t-elle ici ? Une perte par infiltration ?<br><br><strong>31102023<\/strong><br><br>Aujourd\u2019hui, j\u2019ai explor\u00e9 un bras de la rivi\u00e8re, un bief que je ne connaissais pas. Il m\u00e8ne au moulin en ruines de la grande b\u00e2tisse qui se trouve au fond du village du Sablon. On aper\u00e7oit bien son trac\u00e9 sur une carte, comment la rivi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9e, il suffit de suivre les lignes des arbres.<br><br>En chemin, je suis pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un champ en friche o\u00f9 je ne sais quelle plante noire a s\u00e9ch\u00e9. Et une roue en lisi\u00e8re de bois.<br><br>\u00c9trange, comme la figure que forment les lignes de la rivi\u00e8re et du bief m\u2019\u00e9voque non seulement un visage tr\u00e8s sch\u00e9matique, renvers\u00e9, mais en particulier un de ces grands visages allong\u00e9s des statues sur l\u2019\u00eele de P\u00e2ques, les beaux moa\u00efs. J\u2019aurai \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9e par le r\u00e9cent article du <em>Monde<\/em>, alertant sur leur d\u00e9gradation.<br><br>Dans ce bief, j\u2019ai retrouv\u00e9 les m\u00eames types de d\u00e9chets que dans la rivi\u00e8re. Sauf que plus je me rapprochais du village, plus il y avait de d\u00e9chets. Et au pied du moulin, cach\u00e9 derri\u00e8re une lev\u00e9e de terre et la v\u00e9g\u00e9tation, une vraie d\u00e9chetterie\u00a0: des plaques et des caisses de polystyr\u00e8ne, effrit\u00e9es, des bouteilles en plastique, des bidons d\u2019huile ou de gasoil coup\u00e9s en deux, des flacons, un bidon en plastique rouge sur la rive, en bordure de champ, des restes sacs d\u2019engrais en plastique blanc, des pots de fleurs en plastique noir, une bo\u00eete herm\u00e9tique en plastique vert. \u00c0 chaque couleur son esp\u00e8ce de plastique diff\u00e9rente, j\u2019imagine.<br><br>Et \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du bief, en plein milieu, un pneu de tracteur plant\u00e9 dans le sol, aux reflets verts. \u00c7a repr\u00e9sente quoi ce cercle noir couvert de lichens, de mousses ou de champignons microscopiques\u00a0? Rien\u00a0? La vie qui va quand m\u00eame par-dessus les d\u00e9chets humains\u00a0? Ou c\u2019est un signe\u00a0? Comme pour indiquer qu\u2019on entre en territoire inconnu\u00a0? Interdit\u00a0?<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20231028_183139-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-172489\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20231028_183139-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20231028_183139-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20231028_183139-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20231028_183139-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/20231028_183139-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sac \u00e0 dos, l\u2019id\u00e9e lui est venue un jour en se promenant dans le lit de la rivi\u00e8re, \u00e0 sec. 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