{"id":173312,"date":"2024-11-01T21:28:22","date_gmt":"2024-11-01T20:28:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=173312"},"modified":"2024-11-04T13:07:41","modified_gmt":"2024-11-04T12:07:41","slug":"ecopoetique05-la-remue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique05-la-remue\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #05 | La remue"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/ecopoetique05-ChaletMilieu-1024x683.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-173313\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/ecopoetique05-ChaletMilieu-1024x683.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/ecopoetique05-ChaletMilieu-420x280.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/ecopoetique05-ChaletMilieu-768x512.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/ecopoetique05-ChaletMilieu-1536x1024.jpeg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/ecopoetique05-ChaletMilieu-2048x1365.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Avant, on s\u2019en servait pour la remue. Fin de l\u2019hiver, sortir les b\u00eates et suivre la pente, monter, en suivant la fonte des neiges, la pousse des herbes. Petit \u00e0 petit, progresser par \u00e9tapes et finir en alpage pour y passer l\u2019\u00e9t\u00e9. Monter, de la ferme principale au refuge du dessus, et celui au-dessus, avec tous les objets qui feront le continu pour vivre le quotidien. Sortir les b\u00eates, sortir d\u00e8s que c\u2019est possible. On pense d\u2019abord aux b\u00eates, mais en m\u00eame temps aux gens, parce que b\u00eates et gens c\u2019est un peu la m\u00eame chose. Les b\u00eates pour qu\u2019elles mangent mieux, qu\u2019elles fassent un meilleur lait, qu\u2019elles fassent un lait plus riche, qui sera vendu plus cher, pour faire les gens plus riches. Au moins la vie vivable avec un peu moins de peur au moment de penser \u00e0 ce qui viendra demain. Surtout, enfin de l\u2019air, du grand air du vrai air et pas du renferm\u00e9, de l\u2019aigre du foin d\u2019en dessous, souvent un peu humide, voire compl\u00e8tement pourri. Du grand m\u00e9nage aussi, du fumier \u00e0 sortir, \u00e0 mettre sur le potager, surtout ne rien jeter, ne pas jeter la merde, ressource trop importante pour qu\u2019on puisse la g\u00e2cher, s\u2019en servir sans en perdre pour enrichir la terre. Ramasser sur le sol sous les sabots des vaches, descendre au potager. Le b\u00e2timent du milieu comporte deux \u00e9tages. Rez de chauss\u00e9e en pierre, l\u2019\u00e9tage des animaux. Le long du mur du fond une rang\u00e9e de mangeoires, vagues de bois en temp\u00eates, une t\u00eate \u00e0 chaque fois, avec trappes au plafond pour faire tomber le foin stock\u00e9 juste au-dessus. \u00c0 chaque vache sa mangeoire, six places, six vaches, au maximum. Dans un autre coin de la pi\u00e8ce, une mangeoire plus petite, pour un \u00e2ne ou un cheval, comme un triangle \u00e0 foin, avec ici aussi une trappe au plafond. Au-dessus il n\u2019y a rien, toute la place pour le foin, juste un coin pour le reste. On n\u2019est pas loin de la ferme, un c\u00e2ble et puis une benne port\u00e9e par deux poulies r\u00e9solvait le p\u00e9nible de monter et descendre le lait ou les outils ou le pr\u00e9cieux fumier. L\u2019eau c\u2019est un peu plus loin un demi-tonneau pos\u00e9 sous un tuyau rouill\u00e9. Et de feu pas question, pour ne pas tout bruler, d\u2019autant plus qu\u2019ici c\u2019\u00e9tait juste au printemps et aussi \u00e0 l\u2019automne, mais avec un bon pull, \u00e7a pouvait tr\u00e8s bien faire.&nbsp;<br>Depuis rien n\u2019a chang\u00e9. Il n\u2019y a plus de vaches mais il reste un peu de foin. Le toit tout de t\u00f4les neuves garde le tout au sec, tout ce qu\u2019on a stock\u00e9 l\u00e0, oubli\u00e9, d\u00e9laiss\u00e9. Une vielle voiture d\u2019enfant, profonde comme deux berceaux, quatre toutes petites roues, dont une juste \u00e0 moiti\u00e9, remplie de bout de bois. Une brouette sans sa roue, une pelle sans son manche et une botte de ficelles pour faire les bottes de foin. Tout en bas de la porte le trou pour que le chat puisse rentrer et sortir comme il entend le faire. Sur un montant de porte, un visage sculpt\u00e9, grand sourire, yeux rieurs et ni cheveux ni oreilles, la t\u00eate se perd dans le bois, tout autant que le corps. Quelques planches sont tomb\u00e9es et laissent entrer, de nuit, de silencieuses chouettes qui sont install\u00e9es l\u00e0 et laissent leurs pelotes comme preuves de leurs festins, parfois m\u00eame quelques plumes, signe qu\u2019elles sont l\u00e0 chez elles, mieux qu\u2019un acte notari\u00e9. Sur le sol de ce qui \u00e9tait avant l\u2019\u00e9table, la terre est toute battue par des pattes, des sabots ou bien des coussinets, refuge toujours ouvert, on ne ferme pas la porte. Depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, la remue ne se fait plus, l\u2019endroit n\u2019est pas class\u00e9 comme une zone habitable, ni eau, ni chemin d\u2019acc\u00e8s, ni \u00e9lectricit\u00e9. Ici on a v\u00e9cu, mais on ne vivra plus&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant, on s\u2019en servait pour la remue. Fin de l\u2019hiver, sortir les b\u00eates et suivre la pente, monter, en suivant la fonte des neiges, la pousse des herbes. Petit \u00e0 petit, progresser par \u00e9tapes et finir en alpage pour y passer l\u2019\u00e9t\u00e9. 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