{"id":174280,"date":"2024-11-22T15:46:24","date_gmt":"2024-11-22T14:46:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=174280"},"modified":"2025-01-07T18:12:08","modified_gmt":"2025-01-07T17:12:08","slug":"testard_roman_maison_1_1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_roman_maison_1_1\/","title":{"rendered":"#LVME #01 | Il n&rsquo;est pas six heures"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"le_journal\">Il n&rsquo;est pas six heures les phares braqu\u00e9s dans l&rsquo;axe de la rue. Une auto vide, le moteur tourne, tousse et tourne porti\u00e8re ouverte. Le plafonnier de l&rsquo;habitacle allum\u00e9, un clignotant ? Ni clignotant, ni warnings par la rue vide, les rues sans mouvement, la rue arrach\u00e9e \u00e0 la nuit\u00a0; des voix dont le d\u00e9bit, l&rsquo;enjouement ne sont pas ceux de la matinale, inconnues s&rsquo;y invitent, ou d&rsquo;une station de radio inconnue, s&rsquo;y font \u00e9chos. On ouvre les volets. Le chauffage qui se perd, les paroles qui se perdent, pas un chat. L&rsquo;homme, si c&rsquo;est un homme, ou c&rsquo;est un autre, bient\u00f4t d\u00e9bouche de derri\u00e8re le mur aux bo\u00eetes aux lettres entre le panneau stop <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_4_1\/#la_bande_blanche\">[\u00a0]<\/a><\/strong> et la plaque de la rue, porti\u00e8re claqu\u00e9e, l&rsquo;auto disparue aussit\u00f4t, le noir revenu. Le porteur du journal <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_7_1\/\">[\u00a0]<\/a><\/strong> avait de l&rsquo;avance.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"les_poubelles\">Horizon sonore mouvant. Les minutes qui viennent. Il n&rsquo;est pas six heures que leur camion se fait entendre depuis l&rsquo;autre bout de la rue. Ses arr\u00eats le signalent. Le grondement de moteur. Sa progression ponctu\u00e9e du couinement des freins. Du choc sourd, plus, moins, des conteneurs. Des couvercles bascul\u00e9s qui lib\u00e8rent. Soit la chute \u00e9touff\u00e9e. Soit la coul\u00e9e sonore. De tout ce qui tombe en s&rsquo;approchant. En faisant le grand tour des jardins. En d\u00e9bouchant entre les fa\u00e7ades, c&rsquo;en est fini de la vo\u00fbte auditive, a\u00e9rienne que leur tourn\u00e9e \u00e0 travers le quartier dessine au-dessus, dans la n\u00e9bulosit\u00e9 dense, basse. Maintenant c&rsquo;est les phares <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_2_1\/\">[ ]<\/a><\/strong>. Gyrophares. Ce sont les combinaisons fluo, les gestes. Les mains, nues, qui prennent, s&rsquo;agrippent, la course des jambes. C&rsquo;est le ballet m\u00e9canique. Des hommes qu&rsquo;on devine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"le_chat\">La rue devant le 2 s&rsquo;allume. Sorti de sous l&rsquo;auto <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_4_1\/#le_ch%C3%A2ssis\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>, le chat. D\u00e9tecteur de mouvement, le museau effleurant la flaque, bondit dans le bac de la lavande au coin. Cela ne pr\u00e9vient pas. La rue qui l&rsquo;instant d&rsquo;avant \u00e9tait dans le noir, un dos un instant tourn\u00e9 suffit \u00e0 la retrouver baign\u00e9e d&rsquo;orange, d&rsquo;orange gris\u00e9 importun, d\u00e9colorant. S&rsquo;avivant. Donc il est six heures et gris est le chat roux \u00e0 la limite de l&rsquo;ombre de la lavande grise. De l&rsquo;alth\u00e9a. Du nez blanc de l&rsquo;auto. Du rebord du muret. De l&rsquo;\u00e9clairage public. Gris et l\u00e0, \u00e9voluant \u00e0 tout moment l\u00e0. Ou l\u00e0 <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_1\/#l_oiseau\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. Et l\u00e0 suivant des lignes qui ne sont qu&rsquo;\u00e0 lui. Ou l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre l\u00e0. Le chat et son air\u2026 Absorbant des yeux la rue selon tous ses angles, toutes ses heures, sa vie, sans que rien n&rsquo;en ressorte. Permanence du chat. Dans les yeux du chat la rue vide. Transparente.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"la_zone\">On ouvre le volet&nbsp;: pas encore six heures. L&rsquo;air n&rsquo;est pas froid, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il ne bouge pas, pas un mouvement de l&rsquo;air <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/#la_zone\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. Dans la rue non plus. La rue est dans le noir, c&rsquo;est le ciel qui frappe.&nbsp;Orange. Ou jaune. Citron o\u00f9 ce devrait \u00eatre incolore, jaune citron givr\u00e9. Ou vert. Citron vert ou bleu, bleu gris ou gris\u00e9, m\u00e9tallique, m\u00e9tallis\u00e9, il y a du bruit bleu dans le citron du ciel. Une zone orange, citron press\u00e9 contre terre l&rsquo;a envahi. Une zone dans ce coin de ciel. Le ciel est fi\u00e9vreux, tr\u00e8s tr\u00e8s bas, va se poser l\u00e0. Frapp\u00e9 d&rsquo;une incandescence banane ou menthe. Il fait froid et non. Ou d&rsquo;une irritation, le ciel lance \u00e0 cet endroit. Le grain du ciel est visible et fourmille d&rsquo;une sueur froide de ce c\u00f4t\u00e9 suspendue, c\u00f4t\u00e9 rue, gouttelettes condens\u00e9es au-dessus des fa\u00eetes, des pignons noirs. Une esp\u00e8ce d&rsquo;enflure, comme d&rsquo;une intense activit\u00e9. Une attirance. Un ciel d&rsquo;attraction, dr\u00f4lement citron. Signal. Une illumination.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"l_oiseau\">Six heures sont pass\u00e9es, l&rsquo;oiseau se fait rare. Le merle invisible. Muet. La merlette elle, pique du bec <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_4_1\/#le_jardin\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>, entre deux bonds dans l&rsquo;herbe, en sort une larve blanche, par chance un ver. Elle se confond avec la terre. Avec l&rsquo;heure. Les r\u00e9verb\u00e8res n&rsquo;ont pas perc\u00e9 la poche d&rsquo;obscurit\u00e9 des jardins. Que devient-il, le merle au mi-sol-sol-do des toits de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue&nbsp;? Il \u00e9tait six heures et il faisait jour, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e. La phrase liquide comme crachot\u00e9e d&rsquo;un arroseur, le rouge-gorge occupe l&rsquo;espace ainsi laiss\u00e9. Il a son <em>tsiih<\/em>, pour le contact <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/#la_zone\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. Qu&rsquo;on pourrait prendre pour soi\u2026 C&rsquo;est dans l&rsquo;effroi ou l&rsquo;alarme que lui et la merlette se rejoignent. Qu&rsquo;est-ce que cette coul\u00e9e d&rsquo;un air gris fonc\u00e9 sur la terrasse ? Il semble que le chat suivant sa ligne, acc\u00e8s direct <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_1\/#le_chat\">[&nbsp;]<\/a><\/strong> a travers\u00e9 le s\u00e9jour\u2026<\/p>\n\n\n\n<p id=\"la_piscine\">6 heures et quelques. Le 7 est dans son jardin, face r\u00e9tro\u00e9clair\u00e9e portable. Impossible de dormir avec ce qui vient et d&rsquo;abord qui n&rsquo;y est pas, \u00e0 deux jardins de l\u00e0, hein&nbsp;? Maintenant que le cerisier est coup\u00e9, on profite enfin de l&rsquo;\u00e9clairage de la rue dans l&rsquo;axe du portail. \u00c9videmment on n&rsquo;y rentrera plus la petite S\u00e9rie&nbsp;1\u2026 Ce qu&rsquo;\u00e9claire la rue, c&rsquo;est l&rsquo;aur\u00e9ole marron autour de la future piscine <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/#la_piscine\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. Les coffrages sont termin\u00e9s, il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 couler, am\u00e9nagement de ma piscine enterr\u00e9e, \u00e9tape&nbsp;5. Est-ce que les autos sortent des garages&nbsp;? Bof\u2026 Fait le tour des bo\u00eetes aux lettres il y a deux jours, le voisinage est pourtant pr\u00e9venu. \u00c0 tous les habitants de la rue. Avec les rotations de la toupie \u00e0 b\u00e9ton + la pompe, ce vendredi de 8h \u00e0 10h la rue sera bloqu\u00e9e. Le trampoline toujours pas revendu\u2026 D\u00e9gager la poubelle \u00e0 verres. Sortir le chien.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"le_stationnement\">Man\u0153uvres de six heures pass\u00e9es. D\u00e9marrer la blanche. Phares jaunes. Avancer devant la verte, sortir, revenir sur ses pas, ouvrir le garage. Sortir la noire, phares blancs, du garage. Garer la noire \u00e0 la place de la blanche. Ras\u00e9 le mur, contact coup\u00e9 descendre de la noire. Contourn\u00e9es la verte, la flaque devant la porte d&rsquo;entr\u00e9e, laisser les cl\u00e9s dans le vestibule <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_3_1\/#l_int\u00e9grale\">[ ]<\/a><\/strong>. La blanche a chauff\u00e9, garder le manteau, partir avec la petite, la blanche de fonction, laisser la grosse, la noire, le A autocollant, stationn\u00e9e pour la journ\u00e9e \u00e0 la place. Le garage vide. Dans la rue. La verte, la vieille verte partie aussi, d\u00e9marrage diesel, plus tard, retour midi. Les phares blancs de la noire balayant le mur du s\u00e9jour au-dessus de la banquette, se prenant dans la guirlande y font courir des ombres en sortant du garage, quand les projecteurs de la verte font contre la cloison d&rsquo;en face d\u00e9taler devant eux, en quittant sa place en braquant \u00e0 fond, les barreaux de la rampe d&rsquo;escalier.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"la_voisine\">L&rsquo;\u00e9clairage de la rue infuse dans le s\u00e9jour. La septi\u00e8me heure tictaque et on n&rsquo;a rien fait, une fois ouverts les volets. Comme on a dormi on se r\u00e9veille, s&rsquo;est lev\u00e9. Tel on tombe du lit, tel on descend l&rsquo;escalier. Nues les minutes. Nu le carrelage, et l&rsquo;air dessus, nuit encore. Les minutes passent, rien d&rsquo;autre. Sinon dans l&rsquo;air, ou les murs le cliquetis des volets <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_3_1\/#les_volets\">[ ]<\/a><\/strong> du rez-de-chauss\u00e9e chez la voisine. Ce qui ne signifie plus rien quant au sommeil, ou \u00e0 la vie de la vieille voisine. Ses volets sont roulants depuis peu. \u00c9lectriques, programmables sur jardin et rue, ils se ferment et s&rsquo;ouvrent seuls. On attendra <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/#les_volets\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. On le saura quand ce sera \u00e7a. On l&rsquo;entendra venir. Il sera un peu plus de midi. Elle aura claqu\u00e9 sa porte. Cela prendra quelques secondes, on entendra la pierre, boug\u00e9e, r\u00e9sonner contre le rebord de la fen\u00eatre. C&rsquo;est elle, la voisine qui l&rsquo;aura prise dans sa main pour la red\u00e9poser, amortie, sur le journal <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_1\/#le_journal\">[&nbsp;]<\/a><\/strong> de la veille. Le pas est lent, tra\u00eenant presque, cela et le vent maintenant lev\u00e9 se discerne \u00e0 travers les lattes de la porte, d&rsquo;entr\u00e9e. Dans son ombre. De l\u00e0, hors de la vue de la rue, s&rsquo;\u00e9gr\u00e8neront les secondes avant que de retour des bo\u00eetes aux lettres, du stop, la dame ne repasse devant l&rsquo;une, puis l&rsquo;autre des fen\u00eatres du bas le Parisien <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_5_1\/\">[&nbsp;]<\/a><\/strong> du jour, son courrier et le courant d&rsquo;air de la rue contre elle. Quelques secondes encore avant qu&rsquo;on r\u00e9entende la porte derri\u00e8re elle claquer.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/241122_LVME_1_3-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-174590\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/241122_LVME_1_3-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/241122_LVME_1_3-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/241122_LVME_1_3-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/241122_LVME_1_3-768x768.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/241122_LVME_1_3-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/241122_LVME_1_3-2048x2048.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n&rsquo;est pas six heures les phares braqu\u00e9s dans l&rsquo;axe de la rue. 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