{"id":174451,"date":"2025-02-25T19:20:00","date_gmt":"2025-02-25T18:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=174451"},"modified":"2025-02-25T19:23:41","modified_gmt":"2025-02-25T18:23:41","slug":"lvme-01-vendredi-10-mai-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/lvme-01-vendredi-10-mai-2024\/","title":{"rendered":"#LVME #1 \u00e0 14 | un petit immeuble"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"#p-1\">01 &#8211; vendredi 10 mai 2024<\/a><br><a href=\"#p-2\">02 &#8211; l&rsquo;homme au sac \u00e0 dos<\/a><br><a href=\"#prop3\">03 &#8211; cuisine ouverte<\/a><br><a href=\"#contribution4\">04 &#8211; en circulant<\/a><br><a href=\"#le05\">05 &#8211; un album<\/a><br><a href=\"#mon6\">06 &#8211; on dit que<\/a><br><a href=\"#mon7\" data-type=\"internal\" data-id=\"#mon7\">07 &#8211; tentative d&rsquo;index<\/a><br><a href=\"#mon8\">08 &#8211; \u00e9bauche d&rsquo;une liste<\/a><br><a href=\"#mon9\">09 &#8211; le fleuriste<\/a><br><a href=\"#mon10\">10 &#8211; les deux Paul<\/a><br><a href=\"#mon11\">11 &#8211; les tiroirs \u00e0 dessin<\/a><br><a href=\"#mon12\">12 &#8211; les livres partis pour Ginasservis<\/a><br><a href=\"#mon13\">13 &#8211; l&rsquo;histoire du petit immeubl<\/a>e<br><a href=\"#mon14\">14 &#8211; les derniers<\/a><br><br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"p-1\">01 &#8211; vendredi 10 mai 2024<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce vendredi 10 mai 2024 \u00e0 7 heures trente du matin, il arrive devant le rideau de fer ; il se penche et enclenche la cl\u00e9 ; le rideau se l\u00e8ve d\u00e9couvrant vitrines et porte ; il p\u00e9n\u00e8tre dans la boutique, ferme la porte \u00e0 cl\u00e9, se dirige vers le fond, allume le lustre central, entre dans la r\u00e9serve.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce vendredi le 10 mai 2024 \u00e0 7 heures trente du matin, en un seul mouvement coul\u00e9, sans pause, elle d\u00e9croche une tasse pendue en sous face d\u2019un placard, se retourne pour attraper la cafeti\u00e8re, emplit la tasse&nbsp; ramasse son paquet de gauloises et un briquet sur le buffet, ouvre la porte de la cour, sort, colle son dos au mur, allume une cigarette. Stop. Le temps de quatre bouff\u00e9es. Elle rentre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce vendredi le 10 mai 2024 \u00e0 7 heures trente du matin, il referme la porte de la chambre avec une lenteur, une douceur extr\u00eame, se dirige vers la fen\u00eatre, regarde les fen\u00eatres d\u2019en face sur lesquelles ricoche la lumi\u00e8re, baisse les yeux sur la rue, reste immobile un moment comme r\u00eavant, se retourne, parcourt la pi\u00e8ce du regard, va vers une porte qui s\u2019ouvre sur la salle de bain.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce vendredi 10 mai 2024 \u00e0 7 heures trente du matin, elle appuie ses deux mains sur les bras de son fauteuil, elle se l\u00e8ve en fredonnant, va laver sa tasse de chocolat, reste immobile un moment, se murmure un ordre ou une d\u00e9cision et toujours murmurant des mots sans suite se dirige une main appliqu\u00e9e sur son dos pour soulager sa hanche sort de la pi\u00e8ce, passe dans son salon et se dirige vers son secr\u00e9taire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce vendredi 10 mai 2024 \u00e0 7 heures trente du matin, il prend sa canne, d\u00e9croche son chapeau, le met en se regardant dans un miroir pendu pr\u00e8s de la porte, pose la main sur la poign\u00e9e, s\u2019arr\u00eate, \u00e9coutant, se d\u00e9tourne, va vers la fen\u00eatre, attend un moment les yeux dans le rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce vendredi 10 mai 2024 \u00e0 7 heures trente du matin, elle referme la porte pali\u00e8re, \u00e9coute une seconde en souriant, rentre dans la cuisine, finit sa tasse de th\u00e9, se l\u00e8ve pour d\u00e9barrasser la vaisselle du petit d\u00e9jeuner, son t\u00e9l\u00e9phone sonne, elle le cherche un peu, le trouve, r\u00e9pond.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"p-2\">02 &#8211; l&rsquo;homme au sac \u00e0 dos<\/h2>\n\n\n\n<p><br>Un scooter vient se garer devant la vitrine \u2014 l\u2019homme | jogging gris clair, blouson rouge, bonnet gris, un sac carr\u00e9 d\u2019un vert clair sali au dos | en descend \u2014 se penche&nbsp; pour le caler sur sa b\u00e9quille \u2014 se dirige vers la porte \u00e0 gauche de la fa\u00e7ade \u2014 cherche dans sa poche un papier et y jette un coup d\u2019oeil \u2014 parcourt rapidement en descendant le long d\u2019une plaque m\u00e9tallique pos\u00e9e \u00e0 droite dans l\u2019embrasure les \u00e9tiquettes coll\u00e9es | \u00e9critures plus ou moins lisibles et dans un cas un long rectangle d\u00e9coup\u00e9 dans une carte de visite sous un ruban de scotch vieilli | \u2014 reprend la lecture remontant en touchant chaque \u00e9tiquette comme pour ancrer son attention. Une pause. Il se dirige vers la boutique mais se heurte \u00e0 une porte ferm\u00e9e \u00e0 cl\u00e9 \u2014 revient vers la port et l\u00e8ve la t\u00eate pour regarder les deux rang\u00e9es de cinq fen\u00eatres ferm\u00e9es derri\u00e8re des volets entreb\u00e2ill\u00e9s. Il appuie sur un bouton \u2014 recule pour observer les rang\u00e9es de volets \u2014 la hoche \u2014 revient \u2014 essaie un second bouton. Un bourdonnement transmet une voix il s\u2019excuse et prononce avec difficult\u00e9 un nom \u00e9trange en terminant sur une note haute interrogative\u2026 La fen\u00eatre de gauche au premier \u00e9tage s\u2019ouvre \u2014 une t\u00eate \u00e9bouriff\u00e9e de femme \u00e2g\u00e9e \u2014 un sourire \u2014 elle tend le bras pour montrer la plaque \u2014 elle dit \u00ab&nbsp;\u00e7a doit \u00eatre la location appuyez sur le dernier bouton&nbsp;\u00bb \u2014 elle se redresse \u2014 s\u2019\u00e9loigne de sa fen\u00eatre mais reste l\u00e0 guettant.&nbsp; Les volets de la derni\u00e8re fen\u00eatre sont pouss\u00e9s, la t\u00eate blonde d\u2019un jeune-homme se penche \u00ab&nbsp; oh ok mer-ci I go down&nbsp;\u00bb. La vieille dame sourit et se recule \u2014 l\u2019homme pose \u00e0 terre son sac isotherme \u2014 l\u2019ouvre et en tire deux sacs gonfl\u00e9s en fort papier kraft qu\u2019il tient d\u2019une seule main \u2014 r\u00e9cup\u00e8re dans sa poche la feuille et en fouillant un peu un feutre \u2014 un pas en arri\u00e8re \u2014 il attend. La porte s\u2019ouvre sur une jeune-femme, il la rejoint, lui met en main la feuille, lui en d\u00e9signe d\u2019un coup de menton le bas en lui tendant le feutre.&nbsp; Elle signe et lui rend le papier \u2014 remercie | gu\u00e8re d\u2019accent dans son cas | \u2014 fait une grimace de gourmandise \u2014 prend les deux sacs qu\u2019il lui tend \u2014 en fait passer un dans sa main gauche\u2014 elle rentre lui demandant par dessus son \u00e9paule de fermer la porte ce qu\u2019il fait. Il endosse le sac et cherche dans l\u2019autre poche du blouson l\u2019adresse et le nom de son prochain client. Il d\u00e9marre. La vieille femme referme sa fen\u00eatre laissant les volets ouverts.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"prop3\">03 &#8211; cuisine ouverte<\/h2>\n\n\n\n<p><br>La porte de droite au deuxi\u00e8me \u00e9tage de l\u2019escalier s\u2019ouvrait sur un espace rectangulaire, face \u00e0 un grand miroir, et en se retournant vers la fa\u00e7ade on se trouvait, au del\u00e0 d\u2019une courte cloison perc\u00e9e d\u2019une porte \u00e9troite, attir\u00e9 vers une pi\u00e8ce de taille moyenne \u00e9clair\u00e9e par une haute fen\u00eatre en cintre entour\u00e9e d\u2019une biblioth\u00e8que de bois blond et d\u2019un petit secr\u00e9taire de style restauration. Si l\u2019on poussait la petite porte c\u2019\u00e9tait la brique, une brique d\u2019un rouge pale comme us\u00e9 qui sautait aux yeux, premi\u00e8re impression que donnait ce qui semblait un couloir d\u2019une certaine largeur, qui se r\u00e9v\u00e9lait \u00eatre en fait une cuisine&nbsp; assez \u00e9troite et profonde dispos\u00e9e avec une rigueur adoucie par les couleurs comportant depuis l\u2019entr\u00e9e la haute colonne d\u2019un r\u00e9frig\u00e9rateur surmont\u00e9 d\u2019un cong\u00e9lateur, unis en un rectangle \u00e9troit sous une fa\u00e7ade m\u00e9tallique, puis sous une rang\u00e9e de placards en bois peint en rouge sombre et sous une rang\u00e9e de placards hauts de m\u00eame teinte, un plan de travail rev\u00eatu d\u2019un carrelage un peu plus p\u00e2le que les briques du mur ainsi que du mur du fond, sur lequel se succ\u00e9daient un petit espace libre, un \u00e9vier rectangulaire en inox encastr\u00e9, un espace de travail libre avant, de nouveau encastr\u00e9, un ensemble constitu\u00e9 du rectangle \u00e9troit d\u2019une plaque de cuisson vitroc\u00e9ramique des quatre fines bandes de l\u2019a\u00e9rateur puis d\u2019un grill de m\u00eame largeur que la plaque avant une grande zone de travail au bout de laquelle \u00e9tait pos\u00e9 un grand four micro-ondes. Outre les couleurs cet ensemble d\u2019une nettet\u00e9 impeccable et d\u2019une modernit\u00e9 un peu agressive qui semblait sortir d\u2019un catalogue et ne jamais avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 se faisait souriant par le contraste avec la pi\u00e8ce sur laquelle il \u00e9tait ouvert par del\u00e0 un muret rev\u00eatu du m\u00eame&nbsp; carrelage que le plan de travail, \u00e9largi pour former&nbsp; une table sous laquelle se glissaient quatre tabourets hauts de bar (m\u00e9tal et cuir rouge sombre en \u00e9cho aux placards), pi\u00e8ce qui donnait une sensation de vie avec le l\u00e9ger d\u00e9sordre de ses meubles, m\u00e9lange de copies d\u2019ancien et de quelques \u00e9l\u00e9ments d\u2019osier, et la grande et haute fen\u00eatre s\u2019ouvrant sur la fa\u00e7ade sculpt\u00e9e d\u2019un des h\u00f4tels anciens de la rue\u2026 et pour humaniser d\u2019avantage les appareils un livret r\u00e9unissant un mode d\u2019emploi des appareils et l\u2019inventaire de la vaisselle et des casseroles et autres ustensiles fait pos\u00e9 sur cette table.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"contribution4\">04 &#8211; en circulant<\/h2>\n\n\n\n<p>Un rectangle l\u00e9g\u00e8rement allong\u00e9 de carreaux vieillots&nbsp; au sol de cette entr\u00e9e \u00e9voquant un tapis : constitu\u00e9 d\u2019une bande \u00e0 motifs v\u00e9g\u00e9taux noirs et bordeaux sur un fond beige ros\u00e9 qui encadre une mosa\u00efque de motifs g\u00e9om\u00e9triques dans les m\u00eames teintes ;&nbsp; l\u2019espace s\u2019\u00e9tendant du d\u00e9part de l\u2019escalier sur la droite jusqu\u2019\u00e0 une porte peinte en ocre roux menant au reste du rez-de-chauss\u00e9e reprend le m\u00eame principe sous forme d\u2019un carr\u00e9. Le mur de gauche est en pierres apparentes beiges, rousses,&nbsp; brunes et tous les autres murs sont enduits d\u2019une derni\u00e8re couche de cr\u00e9pi ocre p\u00e2le tirant sur le jaune.<\/p>\n\n\n\n<p>Une petite entr\u00e9e peinte en blanc cass\u00e9, le mur de droite \u00e9tant presqu\u2019enti\u00e8rement occup\u00e9 par un grand miroir sans bordure \u2014- au sol des carreaux de c\u00e9ramique vieux rose.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande pi\u00e8ce aux murs peints \u00e0 l\u2019\u00e9ponge en un p\u00e2le beige ocr\u00e9, sur le mur du fond une porte en bois plein peinte en brun comme les longues bandes de bois verticales coll\u00e9es \u00e0 des intervalles de largeur moyenne, une partie de ce mur est remplac\u00e9e par un muret recouvert d\u2019une tablette de bois peint dans le m\u00eame ton ; le sol est de tomettes anciennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une salle de bains, deux murs rev\u00eatus de petits carreaux de gr\u00e8s c\u00e9rame jaune sans \u00e9clat, les deux autres rev\u00eatus d\u2019une peinture laqu\u00e9e brun tr\u00e8s clair. Le sol est en carrelage de gr\u00e8s c\u00e9rame du m\u00eame brun un peu plus soutenu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une cuisine : peinture laqu\u00e9e ocre clair sur les deux murs lat\u00e9raux entre les placards peints en blanc mat \u2014 le mur du fond autour des placards suspendus peints de m\u00eame fa\u00e7on est rev\u00eatu de carreaux alternativement blancs et ivoires \u2014 le quatri\u00e8me mur est remplac\u00e9 par un muret recouvert d\u2019une planche de bois peint en brun laissant un passage \u00e0 gauche vers la grande pi\u00e8ce aux murs d\u2019un beige ocr\u00e9 \u2014 comme dans cette pi\u00e8ce le sol est en tomettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une chambre : sol en tomettes anciennes et aux murs d\u2019un jaune moyen un peu pass\u00e9, comme ancien, les boiseries des deux porte-fen\u00eatres ouvrant sur la cour sont peintes en blanc cass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une pi\u00e8ce aux murs chaul\u00e9s et au sol de tomettes anciennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Un bureau peint en gris ; au sol des dalles carr\u00e9es blanches.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soubassement des deux vitrines et l\u2019entourage de la double porte en verre de la boutique ainsi que leurs boiseries-menuiseries sont peints en vert clair lumineux, comme ce qu\u2019on devine du mur du fond \u00e0 travers la s\u00e9paration en croisillons de bois vernis qui limite la zone atelier. Les deux murs lat\u00e9raux sont recouverts d\u2019un papier peint au motif de grandes feuilles de lierre d\u2019un vert sombre sur un fond gris et le sol est rev\u00eatu d\u2019un linol\u00e9um d\u2019un gris moyen.<\/p>\n\n\n\n<p>Une cage d\u2019escalier aux murs couverts d\u2019un \u00e9pais enduit cr\u00e9pi apparent teint\u00e9 d\u2019ocre clair tirant sur le jaune ; les trois premi\u00e8res vol\u00e9es occupent un \u00e9tage en se retournant apr\u00e8s chaque&nbsp; palier (deux vol\u00e9es un peu plus raides pour le second et dernier). Les marches comme les paliers sont rev\u00eatus de grands carreaux de terre cuite, avec des nez en bois clair.<\/p>\n\n\n\n<p>Une entr\u00e9e rectangulaire dall\u00e9e de carreaux gr\u00e8ges. Les quatre portes ouvrant sur des pi\u00e8ces ainsi que la porte pali\u00e8re sont en bois clair se d\u00e9tachant sur la peinture velout\u00e9e des murs d\u2019une teinte d\u2019un rouge pomp\u00e9ien us\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une tr\u00e8s grande pi\u00e8ce que seuls des restes de cloisons enduites de blanc comme les murs principaux d\u00e9coupent en deux grands espaces, r\u00e9ception et chambre divis\u00e9s eux-m\u00eames par une cloison plus petite pour abriter\/ouvrir une cuisine&nbsp; pour la premi\u00e8re, et pour la seconde un espace pour la baignoire, le lavabo et les toilettes se r\u00e9fugiant dans un recoin invisible. Tout le sol est couvert de grands carreaux de terre cuite sable et les menuiseries des fen\u00eatres sur rue et de la porte fen\u00eatre menant \u00e0 une petite terrasse dominant la cour int\u00e9rieure sont peintes en bleu franc.<\/p>\n\n\n\n<p>Une chambre assez grande peinte en jaune p\u00e2le, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un grand panneau \u00e0 la peinture laqu\u00e9e blanche, le sol est en tomettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande pi\u00e8ce aux tomettes rose p\u00e2le et aux murs d\u2019un gris tr\u00e8s clair.<\/p>\n\n\n\n<p>Une cuisine carr\u00e9e&nbsp; aux murs peints en beige&nbsp; \u2014&nbsp; derri\u00e8re l\u2019\u00e9vier et le plan de travail bandeau de carreaux gris \u00e0 petits motifs verts (feuilles ou oiseaux) lesquels recouvrent \u00e9galement le dessus des meubles&nbsp; bas \u00e0 la peinture gris clair, comme les deux petits placards accroch\u00e9s au dessus de l\u2019\u00e9vier, \u00e0 cot\u00e9 d\u2019un four. Le sol est en tomettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une chambre aux murs gris p\u00e2le et aux tomettes roses ouvrant par une arcade sur la grande pi\u00e8ce voisine.<\/p>\n\n\n\n<p>Une petite salle de bains, carrelage gr\u00e8ge au sol, carrelage mural en gr\u00e8s c\u00e9rame vert \u00e9meraude derri\u00e8re la baignoire et le grand lavabo blancs ; les murs et l\u2019\u00e9troit et haut placard sont peints en gris perle.<\/p>\n\n\n\n<p>Une petite entr\u00e9e tapiss\u00e9e d\u2019un papier imitant une \u00e9toffe damass\u00e9e qui fut d\u2019un vert clair maintenant tach\u00e9 de poussi\u00e8re de fa\u00e7on irr\u00e9guli\u00e8re ; au sol&nbsp; des carreaux vernis bordeaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande pi\u00e8ce faisant office de salon et de salle \u00e0 manger ; les murs ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment repeints en blanc cass\u00e9 \u00e0 l\u2019exception du mur c\u00f4t\u00e9 rue qui garde autour des fen\u00eatres les restes d\u2019un papier peint d\u00e9cor\u00e9 de bergeries en cama\u00efeu de roux sur un fond ivoire&nbsp; d\u00e9chir\u00e9 par endroits et le sol est rev\u00eatu d\u2019un linol\u00e9um imitant un parquet Versailles.<\/p>\n\n\n\n<p>Une chambre peinte en rose comme le couloir \u00e9troit qui y conduit, au sol un rev\u00eatement en sisal chaume.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande pi\u00e8ce peinte en blanc gris\u00e9 \u00e0 l\u2019exception du coin cuisine, au del\u00e0 d\u2019un muret dont les murs sont rev\u00eatus de briques sur lesquels sont accroch\u00e9s des placards peints en rouge sombre et adoss\u00e9s des appareils \u00e0 la fa\u00e7ade m\u00e9tallique. Le sol de la grande pi\u00e8ce est en tomettes de tons p\u00e2les et celui du coin cuisine de carreaux verniss\u00e9s d\u2019un rouge moyen.<\/p>\n\n\n\n<p>Une chambre peinte en blanc gris\u00e9 sauf un panneau face aux fen\u00eatres sur rue tapiss\u00e9 d\u2019une \u00e9toffe velout\u00e9e vert d\u2019eau. Le sol est en tomettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une salle de bains tapiss\u00e9e d\u2019un papier peint d\u00e9cor\u00e9 de petites fleurs imitant un tissu liberty sauf un bandeau de carreaux bleu clair r\u00e9gnant derri\u00e8re baignoire et double lavabo. Le sol est en carrelage vernis d\u2019un bleu roi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le05\"><br>05 &#8211; un album<\/h2>\n\n\n\n<p>Sous l\u2019onglet Photos.Google descendre vers les albums, la souris h\u00e9site entre les ic\u00f4nes, s\u2019arr\u00eate au dessus d\u2019un intitul\u00e9 inhabituel \u00ab&nbsp;ch\u00fbtes&nbsp;\u00bb et l\u2019indication engageante qu\u2019il ne contient que sept \u00e9l\u00e9ments, clique, ouvre le premier des petits fichiers puis circule de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre et d\u00e9couvre<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 une photo surexpos\u00e9e d\u2019un mur en gros moellons, sur la gauche un trou noir ou plut\u00f4t gris sombre avec de petits pixels lumineux bord\u00e9 d\u2019une verticale s\u2019infl\u00e9chissant en haut par l\u2019amorce de la courbe d\u2019une ouverture gothique<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 un ciel stri\u00e9 de fins nuages sur lesquels se d\u00e9coupe un cypr\u00e8s s\u2019\u00e9lan\u00e7ant parall\u00e8le \u00e0 une tou de clocher dont on ne voit que la moiti\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 un tr\u00e8s bref clip : une rue \u00e9troite en pente relativement faible, vue dans l\u2019axe, bord\u00e9e de fa\u00e7ades \u00e0 deux \u00e9tages aux percements in\u00e9gaux dans des fa\u00e7ades enduites de ciment gris clair ou ocre, sauf la premi\u00e8re \u00e0 gauche en belles pierres apparentes, l\u2019image commence \u00e0 descendre la pente avec une certaine lenteur et s\u2019arr\u00eate au bout de deux minutes sans int\u00e9r\u00eat<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 les deux volets entreb\u00e2ill\u00e9s d\u2019une fen\u00eatre au premier \u00e9tage vus depuis la rue, on distingue un petit pot contenant des plantes grasses accroch\u00e9 \u00e0 une rambarde de fonte \u00e0 volutes<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 une place enti\u00e8rement pav\u00e9e, vide et ensoleill\u00e9e , vue depuis une rue qui s\u2019y jette, au centre un \u00eelot de tables et chaises sous deux pins parasols<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 l\u2019image, qui \u00e9voque un peu par l\u2019attitude d\u2019assurance d\u00e9contract\u00e9e de propri\u00e9taire du portrait&nbsp; du fr\u00e8re de Caillebotte&nbsp; devant sa fen\u00eatre dominant un boulevard parisien, d\u2019un homme vu&nbsp; de dos, jambes un peu \u00e9cart\u00e9es en jean sombre, buste ferme serr\u00e9 dans un jersey bleu sombre, mains dans les poches du jean devant un petit balcon au dessus d\u2019un bout de rue longeant un fleuve<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 un gamin accroupi qui fait rouler une miniature d\u2019auto am\u00e9ricaine des ann\u00e9es 50 \u00e0 la peinture tr\u00e8s \u00e9caill\u00e9e sur le gravier d\u2019un jardin devant une bordure de petits fleurs d\u2019o\u00f9 jaillit un groupe de quatre agapanthes<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon6\">06 &#8211; on dit que<\/h2>\n\n\n\n<p>Autrefois, dans les ann\u00e9es 2000 &#8211; oui c\u2019est \u00e7a \u2014 le fleuriste \u00e9tait l\u00e0 depuis deux ans au moment de la grande f\u00eate d\u2019inauguration du mus\u00e9e, c\u2019est lui qui avait d\u00e9cor\u00e9 les pi\u00e8ces&nbsp; \u2014 la boutique \u00e9tait occup\u00e9e par un libraire \u2014 un couple, mais on voyait rarement la femme, elle ne venait que de temps en temps pour aider quand la jeune vendeuse \u00e9tait absente ou en fin d\u2019ann\u00e9es quand on offre des livres, elle se tenait d\u2019ordinaire dans l\u2019appartement qui occupe les petits b\u00e2timents entourant deux c\u00f4t\u00e9s de la cour au rez-de-chauss\u00e9e et depuis que leur fils \u00e9tait \u00e0 Paris elle faisait partie de la m\u00eame \u00e9quipe de b\u00e9n\u00e9voles tenant une biblioth\u00e8que associative que la soeur du maire qui racontait qu\u2019elle parlait fi\u00e8rement ce que ce jeune m\u00e9decin | ou peut-\u00eatre ne l\u2019\u00e9tait-il pas, disons soignant | lui racontait dans ses lettes, elle \u00e9tait toute excit\u00e9e chaque fois, elles \u00e9taient rares les lettres, sur les pays lointains o\u00f9 il se trouvait. Un jour il est arriv\u00e9 avec sa toute jeune femme, enceinte jusqu\u2019aux yeux\u2026 on ne savait m\u00eame pas qu\u2019il s\u2019\u00e9tait mari\u00e9, sur \u00e7a la m\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 discr\u00e8te\u2026 et comme l\u2019appartement du premier \u00e0 droite venait de se lib\u00e9rer, sans doute les parents l\u2019avaient-il appris, ils se sont install\u00e9s, juste avant qu\u2019il reparte. Il n\u2019est jamais revenu, un accident, on en a beaucoup parl\u00e9, un petit avion\u2026 la belle m\u00e8re s\u2019occupait de sa bru et du b\u00e9b\u00e9, on les voyait tout le temps ensemble, puis a gard\u00e9 l\u2019enfant pendant que la jeune-femme aidait son beau-p\u00e8re, avant d\u2019entrer comme vendeuse chez un antiquaire ami pr\u00e8s de la cath\u00e9drale, et quand ils ont pris leur retraite les parents et sont partis au Portugal elle a repris l\u2019appartement du rez-de-chauss\u00e9e, c\u2019\u00e9tait mieux avec son fils qui \u00e9tait un grand lyc\u00e9en et avait besoin de place\u2026 il est \u00e9tudiant maintenant, ne vient plus que pour les vacances.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019appartement de la cour, non c\u2019est la soeur du fleuriste qui l\u2019occupe mais ce n\u2019est pas lou\u00e9 en m\u00eame temps. Elle est venue s\u2019installer apr\u00e8s son divorce avec son fils. Elle est aimable mais on la voit rarement.. ce n\u2019est pas facile entre sa m\u00e8re malade qui ne veut pas quitter son logement et son travail, elle tient le bar de la boite de nuit de la rue des Ortolans.<\/p>\n\n\n\n<p>La vendeuse du fleuriste est toujours souriante. Ils font une bonne \u00e9quipe, et c\u2019est pratique elle habite au rez-de-chauss\u00e9e sur la cour. C\u2019est lui qui lui a fait avoir cette location. C\u2019est son premier emploi. Ne s\u2019entendait pas, dit-on, avec ses beaux-parents. Ils tiennent la grande boulangerie-p\u00e2tisserie sur la grande place du chef-lieu. Elle est partie \u00e0 la mort de son mari\u2026 Un cancer foudroyant ou quelque chose comme \u00e7a, savez ce que c\u2019est. Oui ils s\u2019entendent tr\u00e8s bien, elle et le fleuriste\u2026 trop bien vous voulez dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces bruits qui courent, les gens ont une imagination folle\u2026 Avant le fleuriste actuel il y avait un autre couple de fleuristes, mais le changement n\u2019a eu lieu qu\u2019il y a cinq ans bien apr\u00e8s que la dame du rez-de-chauss\u00e9e se soit install\u00e9e, mais oui elle vient bien de Paris, elle a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e un peu apr\u00e8s son veuvage institutrice de l\u2019\u00e9cole des nonnes du quartier des Coursini\u00e8res | n\u2019a pas boug\u00e9 curieusement et elle est directrice maintenant pour la partie scolarit\u00e9 des premi\u00e8res classes sous la gouverne l\u00e2che de la sup\u00e9rieure. On ne sait ce que faisait son mari. Elle n\u2019a aucun lien avec la famille qui tient la boutique, ni soeur de la femme m\u00eame si elles sont devenues amies, ni vendeuse et encore moins amie ch\u00e8re du mari quelle id\u00e9e comique\u2026 non qu\u2019il soit tr\u00e8s empress\u00e9 aupr\u00e8s de sa femme, mais il est ainsi\u2026 en dehors de sa boutique il ne s\u2019int\u00e9resse qu\u2019\u00e0 son club de foot, tellement que c\u2019est elle qui fait le gros du travail, heureusement la jeune-femme | on est habitu\u00e9 \u00e0 la voir ainsi et d\u2019ailleurs elle est toujours fra\u00eeche, \u00e7a \u00e9tonne quand on la voit avec son fils | vient l\u2019aider de temps en temps, et c\u2019est bien agr\u00e9able quand on a un livre \u00e0 offrir\u2026 l\u2019est de bon conseil.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon7\">07 &#8211; tentative d\u2019index<\/h2>\n\n\n\n<p>APT sous-pr\u00e9fecture du Vaucluse entre le Lub\u00e9ron et les monts du Vaucluse<\/p>\n\n\n\n<p>AQUIER Marcelin, fils de Paul Aquier et de Marie V\u00e9ron n\u00e9e Boursac, \u00e9tudiant Avignon<\/p>\n\n\n\n<p>AQUIER Paul, second mari de Madame V\u00e9ron n\u00e9e Boursac, directeur d\u2019\u00e9cole de plong\u00e9e \u00e0 Cassis, tu\u00e9 dans un accident de voiture, p\u00e8re de Marcelin Aquier<\/p>\n\n\n\n<p>ARLES sous-pr\u00e9fecture des Bouches-du-Rh\u00f4ne, commune de France la plus \u00e9tendue<\/p>\n\n\n\n<p>AVIGNON pr\u00e9fecture du Vaucluse &#8211;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>BALI \u00eele du sud de l\u2019Indon\u00e9sie entres les \u00eeles de Java et Lombok<\/p>\n\n\n\n<p>BARD Paul, premier mari de Madame V\u00e9ron, Avocat, ils ont divorc\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>BEAUMES De VENISE commune du Vaucluse<\/p>\n\n\n\n<p>BERGER Beno\u00eete voir Beno\u00eete Bourgeois<\/p>\n\n\n\n<p>BERGER Nicolas Colonel de gendarmerie, p\u00e8re de Beno\u00eete Bourgeois<\/p>\n\n\n\n<p>BONHOMME Catherine, \u00e9pouse Nicolas Berger, dessinatrice, m\u00e8re de Beno\u00eete Bourgeois<\/p>\n\n\n\n<p>BOURGEOIS Beno\u00eete n\u00e9e Berger,&nbsp; directrice d\u2019\u00e9cole, veuve de Jean Bourgeois<\/p>\n\n\n\n<p>BOURGEOIS Val\u00e8re fils de Jean et Beno\u00eete Bourgeois, \u00e9tudiant \u00e0 Agroparc (Avignon)<\/p>\n\n\n\n<p>BOURGEOIS Jean, professeur de lettres au Lyc\u00e9e Moli\u00e8re \u00e0 Paris, mort de maladie<\/p>\n\n\n\n<p>BOURSAC Clothilde n\u00e9e Coucougrain, m\u00e8re de S\u00e9bastien Boursac<\/p>\n\n\n\n<p>BOURSAC Edouard, fils de Jean-Luc Boursac et Lucie Emplain, fr\u00e8re de Marie V\u00e9ron, \u00e9poux de Clothile Coucougrain, comptable d\u2019une entreprise de carrelage, p\u00e8re de S\u00e9bastien Boursac&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>BOURSAC Jean-Luc, marchand de tissu, \u00e9poux de Lucie Emplain, p\u00e8re de Edouard Boursac et Marie V\u00e9ron<\/p>\n\n\n\n<p>BOURSAC Lucie, n\u00e9e Emplain, m\u00e8re de Marie V\u00e9ron, fille de Louis et Marie-Rose Emplain &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>BOURSAC Marie, veuve, a \u00e9t\u00e9 mari\u00e9e \u00e0 Paul Bard, Paul Aquier et Vincent V\u00e9ron<\/p>\n\n\n\n<p>BOURSAC S\u00e9bastien, fils d\u2019Edouard et Clothilde Boursac, dessinateur dans un cabinet d\u2019architecte \u00e0 Carpentras<\/p>\n\n\n\n<p>BOURGEOIS Jean, professeur de lettres au Lyc\u00e9e Moli\u00e8re \u00e0 Paris, mort de maladie<\/p>\n\n\n\n<p>BUZZATI Chiara n\u00e9e Burati, sans profession, Tr\u00e9vise, femme de Marco Buzzati&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>BUZZATI Giovanna, \u00e9tudiante en architecture \u00e0 Venise, fille de Marco et Chiara Buzzati<\/p>\n\n\n\n<p>BUZZATI Marco (sans lien de famille avec Dino Buzzati) libraire \u00e0 Tr\u00e9vise, p\u00e8re de Giovanna<\/p>\n\n\n\n<p>CARPENTRAS, sous-pr\u00e9fecture de Vaucluse&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>CASSIS port dans la grande banlieue de Marseille<\/p>\n\n\n\n<p>COUCOUGRAIN Clothilde, \u00e9pouse d\u2019Edouard Emplain &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>DEROSE Marguerite n\u00e9e Dupond, \u00e9pouse de Pierre Derose<\/p>\n\n\n\n<p>DEROSE Pierre, retrait\u00e9 \u00e0 Ginassevis, ancien fleuriste dans l\u2019immeuble<\/p>\n\n\n\n<p>DUBOIS Magali, \u00e9pouse de G\u00e9rard Gr\u00e9mier, m\u00e8re de Marie-Fran\u00e7oise Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>DUPOND Marguerite, \u00e9pouse de Pierre Rose&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>EMPLAIN Louis, horticulteur retrait\u00e9 \u00e9poux de Marie-Rose Fleuriot, p\u00e8re de Lucie Emplain<\/p>\n\n\n\n<p>EMPLAIN Lucie, retrait\u00e9e, fille de Louis et Marie-Rose Emplain, \u00e9pouse de Jean-Luc Boursac, m\u00e8re d\u2019Edouard Boursac et Marie V\u00e9ron<\/p>\n\n\n\n<p>FLEURIOT Marie-Rose, \u00e9pouse de Louis Emplain<\/p>\n\n\n\n<p>FLORANGE Jeanne, fleuriste, \u00e9pouse de Bernard Lavall\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>FORSIN Jeanne, \u00e9pouse de Pierre Loyal, morte \u00e0 30 ans, m\u00e8re de Guillaume Loyal<\/p>\n\n\n\n<p>GINASSERVIS, commune du Haut-Var<\/p>\n\n\n\n<p>GREMIER G\u00e9rard, \u00e9picier p\u00e8re de Marie-Fran\u00e7oise Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>GREMIER Magali n\u00e9e Dubois, \u00e9pouse de G\u00e9rard Gr\u00e9mier, m\u00e8re de Marie-Fran\u00e7oise Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>GREMIER Marie-Fran\u00e7oise, femme de Francis Moulin, infirmi\u00e8re lib\u00e9rale, m\u00e8re de G\u00e9rard et Martine Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>HARRISSON Nyoman, am\u00e9ricain n\u00e9 \u00e0 Bali fils de William Harrisson et de Ayunda X<\/p>\n\n\n\n<p>HARRISSON William, am\u00e9ricain, n\u00e9gociant \u00e0 Bali, p\u00e8re de Nyoman Harrisson<\/p>\n\n\n\n<p>LAVALLEE Bernard, fleuriste<\/p>\n\n\n\n<p>LAVALLEE Jeanne n\u00e9e Florange, \u00e9pouse de Bernard Lavall\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>LOYAL Guillaume, propri\u00e9taire de l\u2019immeuble, ancien notaire, habite Carpentras&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>LOYAL Jeanne n\u00e9e Forsin, morte, m\u00e8re de Guillaume Loyal<\/p>\n\n\n\n<p>LOYAL Pierre, propri\u00e9taire et \u00e9b\u00e9niste, p\u00e8re de Guillaume Loyal, d\u00e9c\u00e9d\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>MOULIN Anne-Marie, habite Avignon, retrait\u00e9e PTT, femme de Pascal Moulin, m\u00e8re de Francis Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>MOULIN Francis directeur d\u2019exploitation d\u2019un vignoble \u00e0 Beaumes-de-Venise, p\u00e8re de G\u00e9rard et Martine Moulin, fils de Pascal et Anne-Marie Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>MOULIN G\u00e9rard fils de Francis et Marie-Fran\u00e7oise Moulin, pr\u00e9pare un BEP Management \u00e0 Avignon<\/p>\n\n\n\n<p>MOULIN Marie-Fran\u00e7oise n\u00e9e Gr\u00e9mier,&nbsp; femme de Francis Moulin, infirmi\u00e8re lib\u00e9rale, m\u00e8re de G\u00e9rard et Martine Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>MOULIN Martine, fille de. Francis et Marie-Fran\u00e7oise Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>MOULIN Pascal, habite Avignon, retrait\u00e9 SNCF, p\u00e8re de Francis Moulin, grand-p\u00e8re de Martine et G\u00e9rard Moulin<\/p>\n\n\n\n<p>NIGAUD Dieudonn\u00e9, fils d\u2019un garagiste d\u2019Apt, antiquaire \u00e0 Carpentras, locataire de Guillaume Laval<\/p>\n\n\n\n<p>PAOLI Caroline, Avignon, amie de Val\u00e8re Bourgeois<\/p>\n\n\n\n<p>PARIS <em>rue Delambre <\/em>ancien appartement de Jean et Beno\u00eete Bourgeois<\/p>\n\n\n\n<p>SEIGNOLLE Valentin, professeur retrait\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>VERON Marie n\u00e9e Boursac, divorc\u00e9e de Paul Bard, veuve de Paul Aquier, divorc\u00e9e de Vincent V\u00e9ron, m\u00e8re de Marcelin Aquier, sans profession.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>VERON Vincent, banquier Arles<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon8\"><br>08 &#8211; \u00e9bauche d\u2019une liste<\/h2>\n\n\n\n<p>l\u2019histoire d\u2019une balinaise qui ne voulait pas danser<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019histoire d\u2019un dessin<\/p>\n\n\n\n<p>histoire de dessins de pierres et de tissus<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019histoire des deux Paul<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019histoire d\u2019un divorce qui n\u2019eut pas le temps<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019histoire du fleuriste qui aimait les livres<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019histoire du propri\u00e9taire foncier \u00e9b\u00e9niste<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><br>09 &#8211; le fleuriste<\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p id=\"mon9\"><br>Des passants longent les pots pos\u00e9s \u00e0 m\u00eame le trotoir ou sur une \u00e9tag\u00e8re en retrait align\u00e9s devant les deux vitrines et les grands pots de plantes install\u00e9s devant le bout de mur aveugle de la boutique du fleuristes, quelques uns s\u2019arr\u00eatent, regardent ; une femme ceinte d\u2019un tablier est en train de disposer deux grands vases de bouquets de roses pour l\u2019un, de bouquets m\u00e9lang\u00e9s ou de lys pour&nbsp; l\u2019autre sur l\u2019espace libre \u00e0 gauche de l\u2019\u00e9tag\u00e8re devant le mur ; un jeune couple s\u2019est faufil\u00e9 entre pots et \u00e9tag\u00e8res pour tenter de voir l\u2019int\u00e9rieur de la boutique ; la femme les interroge, acquiesce, les pr\u00e9c\u00e8de \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur o\u00f9 un homme en tablier compose un bouquet \u00e0 la demande d\u2019un jeune femme press\u00e9e pendant que deux hommes patientent ; le premier un trentenaire assez petit et un peu rond en trench kaki, regarde avec un d\u00e9tachement ennuy\u00e9 la rue derri\u00e8re une rang\u00e9e de petits cyclamens sur un pr\u00e9sentoir, l\u2019autre, sans \u00e2ge, en complet bleu sombre&nbsp; bien coup\u00e9, plant\u00e9 jambes un peu \u00e9cart\u00e9es devant le mur de gauche prom\u00e8ne ses yeux sur les grandes feuilles de lierre d\u2019un vert sombre sur le fond gris du papier peint, se retournant de temps en temps vers la confection du bouquet, soulevant le poignet de son veston pour v\u00e9rifier l\u2019heure pour affirmer son droit \u00e0 \u00eatre le prochain client et son d\u00e9sir ferme d\u2019\u00eatre servi rapidement, faisant un petit pas de c\u00f4t\u00e9 pour \u00e9viter de g\u00eaner le jeune couple et leur guide qui ouvre la porte perc\u00e9e dans le mur, au fond, pr\u00e8s de la cl\u00f4ture en croisillon de la zone atelier et s\u2019efface pour les laisser p\u00e9n\u00e9trer dans la pi\u00e8ce \u00e9clair\u00e9e par une grande fen\u00eatre sur la cour. Une femme assise dans un fauteuil de toile, devant une table rectangulaire dispos\u00e9e au centre de la pi\u00e8ce \u00e0 mi chemin du bureau entour\u00e9 d\u2019\u00e9tag\u00e8res portant des dossiers fond de la pi\u00e8ce, l\u00e8ve les yeux une seconde puis les rabaisse sur le catalogue illustr\u00e9 de photos de d\u00e9corations fleuries pour des centres de table qu\u2019elle consultait comme si elle ne voyait pas le jeune couple qui prend une air coupable en s\u2019approchant, la jeune femme \u00e9cartant les mains pour dire qu\u2019elle est d\u00e9sol\u00e9e, qu\u2019ils n\u2019y peuvent rien, qu\u2019elle, sa m\u00e8re, se doit de les excuser pour ce retard\u2026&nbsp; d\u00e9bouchant&nbsp; de l\u2019atelier une jeune fille arrive, portant un carnet sur lequel sont esquiss\u00e9s des projets de petits bouquets ronds\u2026 et la femme levant la t\u00eate salue les projets ou le couple d\u2019un \u00ab&nbsp;ah voil\u00e0\u2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon10\">10 &#8211; les deux Paul<\/h2>\n\n\n\n<p>Marie V\u00e9ron entre dans la pi\u00e8ce, laisse tomber sur la console de fer entre les deux fen\u00eatres de la cour les journaux et enveloppes qu\u2019elle tenait serr\u00e9s contre son manteau dans l\u2019escalier et en p\u00e9n\u00e9trant chez elle, d\u00e9boutonne et jette sur le large divan le v\u00eatement , va ouvrir dans le m\u00eame mouvement la porte-fen\u00eatre donnant au bout de la pi\u00e8ce sur sa petite terrasse, attrape au passage une boite de cigarillos sur son petit bureau et un lourd briquet de bronze ; elle sort, pench\u00e9e sur le petit cigare qu\u2019elle allume, se redresse, secoue un peu la t\u00eate, re\u00e7oit sur son visage les rayons obliques du soleil qui descend vers la nuit, remue un peu les \u00e9paules pour entrer dans son moi,&nbsp; et puis, fronti\u00e8re pass\u00e9e entre la dame dans la vie et l\u2019\u00eatre dans l\u2019abri, rentre, pose le cendrier, va trier le petit tas de courrier\u2026 jette directement dans la corbeille les enveloppes qui semblent contenir des publicit\u00e9s, en ouvre d\u2019autres et met de c\u00f4t\u00e9 une demande de fonds, lance, loupant son but, l\u2019enveloppe du Monde Diplomatique vers la table basse, regarde avec m\u00e9fiance la derni\u00e8re enveloppe qu\u2019elle avait rep\u00e9r\u00e9e en ouvrant sa bo\u00eete aux lettres et \u00e9vit\u00e9e le plus longtemps possible, retourne l\u2019enveloppe pour lire l\u2019adresse de l\u2019exp\u00e9diteur qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 devin\u00e9e et se d\u00e9cide \u00e0 l\u2019ouvrir<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ma ch\u00e8re Marie,<\/p>\n\n\n\n<p>Tu me permets de t\u2019appeler ainsi et de forcer la porte\u2026 mal dit, tant pis je m\u2019en moque&nbsp;\u00bb elle sent qu\u2019elle tord la bouche au moins en esprit et pense : viens-en au fait.. \u00ab&nbsp;je vois toujours de temps en temps ton fr\u00e8re Edouard (tu m&rsquo;as fait perdre un ami, je n\u2019ai pas oser m\u2019inviter \u00e0 son enterrement puisque tu ne m\u2019y avais pas convi\u00e9, mais de notre p\u00e9riode me reste ton fr\u00e8re), je dine parfois chez lui et il nous rend visite \u00e0 Virginie et \u00e0 moi. J\u2019ai eu dimanche dernier la surprise de rencontrer chez lui un ami de son fils, un grand gar\u00e7on, plus souriant que S\u00e9bastien qui a toujours l\u2019air d\u2019enterrer le monde et ses parents, ce qui gr\u00e2ce \u00e0 Dieu est faux\u2026 un ami de S\u00e9bastien dont le nom et quelque chose dans le sourire m\u2019ont fait sursauter : tu le devines je pense, c\u2019est un d\u00e9nomm\u00e9 Valentin Aquier qui serait \u00e9tudiant \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Avignon, et qui, je ne te l\u2019apprends pas, est fils de Paul Aquier et de sa veuve n\u00e9e Boursac qui fut, un temps, Marie Bard\u2026 Je lui ai expliqu\u00e9 ma surprise, me suis nomm\u00e9, Edouard ne l\u2019ayant pas fait, et j\u2019ai mentionn\u00e9 le lien entre nous\u2026 Nous avons un peu parl\u00e9\u2026 Tu l\u2019as bien \u00e9lev\u00e9, il est clair et courtois, je l\u2019ai bien aim\u00e9, je me demande s\u2019il s\u2019entendrait avec Pauline (oui \u00e7a a \u00e9t\u00e9 une Pauline cette attente qui a provoqu\u00e9 la fin de notre histoire, je pense que tu l\u2019as appris), ils iraient bien ensemble\u2026 et ils doivent \u00eatre \u00e0 peu pr\u00e8s, ou plut\u00f4t tr\u00e8s pr\u00e8s d\u2019\u00eatre du m\u00eame \u00e2ge non ? Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas pour cela que je t\u2019\u00e9cris mais parce que cette rencontre jointe \u00e0 une remarque de Virginie qui t\u2019a crois\u00e9e sans que tu semble la voir il y a quelque temps dans Avignon et m\u2019a d\u00e9clar\u00e9, pensant que tu habitais maintenant dans le coin, que cette brouille entre nous \u00e9tait stupide et qu\u2019il \u00e9tait temps d\u2019y mettre fin, m\u2019ont d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 te proposer de renouer notre amiti\u00e9 sur nouvelles bases.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Souviens-toi comme nous avons bien ri ensemble, et aussi avec Virginie que tu avais \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 remarquer. J\u2019ai appris par Edouard ton adresse actuelle et par la m\u00eame occasion ton nouveau nom avec un r\u00e9sum\u00e9 de cette nouvelle union rat\u00e9e. Qu\u2019en penses-tu\u2026 quant \u00e0 nos enfants nous n\u2019avons pas besoin, sans doute est-ce pr\u00e9f\u00e9rable, de les inclure dans notre cercle.<\/p>\n\n\n\n<p>Amicalement je l\u2019esp\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Paul Bard&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle plie la lettre, elle rumine un instant et puis elle rit sans gentillesse.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La sonnerie de l\u2019interphone sonne au moment o\u00f9 Marie raccompagne vers l\u2019entr\u00e9e un couple d\u2019amis, elle appuie sur le bouton pour ouvrir la porte de l\u2019immeuble. L\u2019homme dit \u00ab&nbsp;ah \u00e7a doit \u00eatre votre fils\u2026 content de le saluer\u2026&nbsp;\u00bb et elle sourit l\u00e8vres serr\u00e9s. Depuis le seuil de sa porte au premier \u00e9tage, en attente main pos\u00e9e sur le fer forg\u00e9 de la poign\u00e9e, elle les entend descendre, croiser son fils, \u00e9changer quelques mots, elle le voit tourner pour entamer la seconde vol\u00e9e de marches, les yeux lev\u00e9s vers elle. Ils entrent. Il pose au sol son sac de linge, lui flanque &nbsp; dans les mains un bouquet rond, l\u2019embrasse, se recule, montre les fleurs \u00ab&nbsp;elles te plaisent ?&nbsp;\u00bb ajoute que c\u2019est la fleuriste qui les a choisies, s\u2019affale sur le divan, lui demande comment elle va, en la regardant vraiment, semble satisfait, encha\u00eene en disant qu\u2019il a rencontr\u00e9 le dimanche pr\u00e9c\u00e9dent chez son oncle un curieux personnage \u00ab&nbsp;curieux parce qu\u2019\u00e9trange et curieux parce que questionneur.. que tu as connu autrefois, tr\u00e8s bien m\u00eame&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;je sais, il m\u2019a \u00e9crit&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Ah ? Il te parle de moi ?&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;oui, il en profite pour me proposer de renouer notre amiti\u00e9&nbsp;\u00bb (elle d\u00e9taille les syllabes avec ironie) \u00ab&nbsp;mais je ne suis presque certaine de ne pas le vouloir. Rien d\u2019autre \u00e0 me raconter ?&nbsp;\u00bb.. Et comme le sujet revient toujours dans leur conversation d\u00e9cousue, elle lui dit d\u2019ouvrir le tiroir du bas du secr\u00e9taire et de lui amener l\u2019album vert sombre \u00e0 gauche. Assis c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te il l\u2019interroge, commente, veut savoir ce qu\u2019elle connait de leur amiti\u00e9 \u00ab&nbsp;ah tous les deux ils sont copains depuis l\u2019enfance, on les appelait les deux Paul, ils \u00e9taient complices. L\u00e0, sur ces photos, Paul Bart \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 avocat, mari\u00e9 oui, avec moi oui, stable et ton p\u00e8re revenait d\u2019une vie d\u2019errance et de petits aventures, se reposait un peu chez ses parents avant de reprendre sa qu\u00eate de financement pour ouvrir son \u00e9cole de plong\u00e9e\u2026 oui tout le monde se moquait de lui mais \u00e7a le laissait indiff\u00e9rent\u2026 oui il est beau, \u00e7a tu le sais, ce ne sont pas les premi\u00e8res photos que tu vois.. aussi beau que toi.. oui il est blond et oui Paul Bard est brun, ton grand p\u00e8re aussi\u2026 va chercher l\u2019album blanc, c\u2019est ta grand-m\u00e8re qui me l\u2019a donn\u00e9,&nbsp; ce sont des photos de ton p\u00e8re enfant\u2026 tu ne l\u2019as jamais vu ? Pourtant si mais tu ne t\u2019en souviens pas\u2026 c\u2019est vrai qu\u2019\u00e0 Arles les albums \u00e9taient dans des caisses\u2026 Regarde le bel homme qu\u2019\u00e9tait ton grand p\u00e8re et brun presque \u00e0 l\u2019exc\u00e8s, cela saute des g\u00e9n\u00e9rations. Si \u00e7a t\u2019int\u00e9resse tu sais o\u00f9 ils sont maintenant, range-les. Tu as un programme pour demain ?&nbsp;\u00bb. Et un peu plus tard \u00ab&nbsp;il est tr\u00e8s gentil Paul Bard mais si tu le rencontres ne sois jamais en confiance totale. Il est un peu lourd, un peu fielleux, un peu affabulateur et tr\u00e8s possessif&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Une recherche dans les archives du journal local de Cassis a permis \u00e0 Valentin de constater que l\u2019annonce de l\u2019ouverture d\u2019une \u00e9cole de plong\u00e9e portant le nom emphatique de \u00ab&nbsp;Les ab\u00eemes bleus&nbsp;\u00bb dirig\u00e9e par Monsieur Paul Aquier est parue un mois jour pour jour apr\u00e8s le faire-part de mariage de Monsieur Paul Aquier et Madame Marie Bard n\u00e9e Boursac et deux mois environ avant que sa naissance&nbsp; figure dans la liste des nouveaux-n\u00e9s avec une photo illisible d\u2019un truc blanc sur lequel se penchent deux profils adultes. Il n\u2019a pas cherch\u00e9, comme l\u2019avait pr\u00e9vu, la date du divorce Bard\/Boursac ni celle du remariage de Paul Bard, trop occup\u00e9 par les r\u00e9p\u00e9titions du spectacle de fin d\u2019ann\u00e9e de son groupe de th\u00e9\u00e2tre et par la certitude de son amour grandissant pour sa partenaire.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon11\">11 &#8211; les tiroirs \u00e0 dessins<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la grande pi\u00e8ce partiellement refaite du 2\u00e8me \u00e9tage gauche, sur les derniers m\u00e8tres du mur r\u00e9cemment repeint en blanc cass\u00e9 face aux fen\u00eatres, s\u2019alignent trois meubles r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s dans une ancienne \u00e9tude, superpositions de longs tiroirs de petite hauteur qui servaient sans doute \u00e0 classer les dossiers d\u2019un notaire ou des \u00e9chantillons de passementerie. La face de chacun des tiroirs de ch\u00eane d\u00e9cor\u00e9e d\u2019un liser\u00e9 de cuivre peut, lorsqu\u2019il est tir\u00e9, basculer pour faciliter l\u2019extraction de ce qu\u2019il contient, non pas des dossiers ou quels que soient les objets ou \u00e9crits auxquels ils \u00e9taient destin\u00e9s mais, entre de fins papiers verts, des dessins \u00e0 la plume au crayon ou au fusain et quelques aquarelles dont la tranquillit\u00e9 est tr\u00e8s rarement viol\u00e9e. Valentin Seignolle y a rassembl\u00e9 les \u00ab&nbsp;bouts de papier&nbsp;\u00bb laiss\u00e9s par son compagnon lors de leur rupture, sans tenter r\u00e9ellement une \u00e9bauche de classement et apr\u00e8s les avoir un temps regard\u00e9s pour que la peine le r\u00e9veille et avec l\u2019espoir que l\u2019autre vienne le r\u00e9cup\u00e9rer, puis d\u2019un oeil morose pour v\u00e9rifier qu\u2019il y eut un temps une part faussement tue du moins au lyc\u00e9e dans sa vie de professeur \u00e0 l\u2019allure s\u00e9v\u00e8re et les garde maintenant par habitude, pour les meubles ou parce qu\u2019il ne sait comment s\u2019en d\u00e9barrasser<\/p>\n\n\n\n<p>un balcon au dessus d\u2019une pente descendant vers un pin pench\u00e9 au dessus d\u2019une \u00e9tendue de sable, au fond la croupe bois\u00e9e d\u2019une colline sur un carton aquarell\u00e9 sous une feuille blanche o\u00f9 sont dessin\u00e9es \u00e0 l\u2019encre plusieurs \u00e9tudes de main, et sur un contre-coll\u00e9 un d\u00e9tail de chapiteau lavis d\u2019encre de chine sous des feuilles de journaux portant des silhouettes aux crayons de couleur ;<\/p>\n\n\n\n<p>des fusains repr\u00e9sentant une plante verte, une nuque sous une t\u00eate boucl\u00e9e pench\u00e9e sur une feuille, une automobile \u00e0 moiti\u00e9 effac\u00e9e etc\u2026 sur la derni\u00e8re encadr\u00e9e et sous verre un homme nu sur un drap retrouss\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 mi jambes ;<\/p>\n\n\n\n<p>sur une feuille de journal une photo d\u2019actrice rehauss\u00e9e dont les yeux et la bouche ont \u00e9t\u00e9 peints en violet, dessous une feuille de papier \u00e0 dessin avec le relev\u00e9 d\u2019une fa\u00e7ade \u00e0 l\u2019encre, le d\u00e9tail d\u2019une boucle au pinceau pos\u00e9 sur une s\u00e9rie de croquis d\u2019hommes au travail sur un chantier coll\u00e9s sur un rectangle de carton ; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>une s\u00e9rie d\u2019enveloppes contenant chacune des regroupements de dessins, au crayon, \u00e0 la plume, en technique mixte, sur chaque enveloppe est inscrite un th\u00e8me, fleurs, maison des champs, portraits de Valentin, gens des rues, festival de Juan les Pins, plage, arbres ;<\/p>\n\n\n\n<p>dans le tiroir du haut de la colonne suivante une autre s\u00e9rie d\u2019enveloppes r\u00e9unissant des paysages de Tlemcem, des portraits ou fragments de portrait d\u2019une B\u00e9atrice (jeune soeur de l\u2019auteur des dessins Jean-David Dieudonn\u00e9), des d\u00e9tails divers d\u2019ameublements et deux enveloppes sans menton contenant de petites vignettes tr\u00e8s travaill\u00e9es \u00e0 la plume ;<\/p>\n\n\n\n<p>les deux tiroirs du dessous sont vides ;<\/p>\n\n\n\n<p>dans le dernier tiroir de cette colonne juste au dessus du socle, une grande photo de Jean-David, deux fleurs s\u00e8ches, un carnet de croquis de costumes pour un spectacle f\u00e9\u00e9rique ,<\/p>\n\n\n\n<p>les autres tiroirs rec\u00e8lent des fouillis encore plus apparents o\u00f9 les papiers, cartons, dessins se d\u00e9truisent peu \u00e0 peu et les trois derniers contiennent en pagaille des photos intimes et sages comme le sont les photos de famille des deux hommes en vacance, lors de r\u00e9ception ou \u00e0 des moments de loisir dans l\u2019appartement ou pr\u00e8s d\u2019une maison dans un paysage que l\u2019in retrouve dans certains dessins.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon12\">12 &#8211; les livres partis pour Ginasservis<\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En 2018 lorsque Pierre Derose, l\u2019ancien fleuriste qui tenait la boutique depuis pr\u00e8s de quarante ans prit sa retraite et partit s\u2019installer \u00e0 Ginasservis dans la villa qu\u2019il avait achet\u00e9 au centre d\u2019un grand terrain en l\u00e9g\u00e8re pente qui faisait la joie de sa femme Marguerite laquelle y avait cr\u00e9\u00e9, enrichit, peaufin\u00e9 depuis dix ans un merveilleux jardin m\u00e9diterran\u00e9en avec l\u2019aide d\u2019un jeune passionn\u00e9 charg\u00e9 de son entretien et, hors les p\u00e9riodes de vacances o\u00f9 elle pouvait quitter la boutique dont elle assurait la bonne marche, de la recherche de nouveaux plants rares et des terrassements pour modeler le paysage sous sa direction gr\u00e2ce \u00e0 un incessant \u00e9change de courrier, le probl\u00e8me furent les livres depuis longtemps sa seule passion \u00e0 lui, son seul int\u00e9r\u00eat au point d\u2019avoir peu \u00e0 peu introduit depuis le noyau constitu\u00e9 dans une bonne partie de ce qu\u2019elle appelait son laboratoire, r\u00e9serve de plantes dans lequel elle cr\u00e9ait bouquets, couronnes ou coussins mortuaires et garnitures de salles et tables de f\u00eates, des rayonnages garnis de livres doublant tous les murs de la boutique qui fascinaient de plus en plus d\u2019amateurs, en en faisant un mixte devenu c\u00e9l\u00e8bre entre fleuriste comme l\u2019indiquait l\u2019enseigne, le grand comptoir et les pr\u00e9sentoirs entre lesquels circulaient les clients et de biblioth\u00e8que o\u00f9 enfants et adultes parfois venus d\u2019assez loin venaient emprunter des livres contre un \u00e9margement dans des cahiers rang\u00e9s dans un tiroir de l\u2019arri\u00e8re boutique ou la lecture dans un des fauteuils install\u00e9s dans un coin derri\u00e8re un rempart de rosiers, b\u00e9gonias et autres plantes. D\u00e9clarant qu\u2019il en \u00e9tait lass\u00e9 et, que puisque nouvelle vie allait avoir elle serait consacr\u00e9e \u00e0&nbsp; sa vraie vocation la cuisine et il r\u00e9partit entre la biblioth\u00e8que municipale, celle que cr\u00e9a Madame Bourgeois, leur voisine, la locataire du b\u00e2timents d\u2019un seul \u00e9tage bornant deux des c\u00f4t\u00e9s de la cour dans l\u2019\u00e9cole o\u00f9 elle professait avant de la diriger, le reste \u00e9tant emport\u00e9 gratuitement par un bouquiniste. Il ne garda \u00e0 titre de souvenir qu\u2019un \u00e9chantillonnage, choisissant de pr\u00e9lever pour chaque lettre de l\u2019alphabet le nom d\u2019un auteur repr\u00e9sent\u00e9 par un seul titre, soit<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Dix-huit le\u00e7ons sur la soci\u00e9t\u00e9 industrielle&nbsp;\u00bb de Raymond Aron ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La Prochaine Fois, le feu&nbsp;\u00bb de James Balwin ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Si par une nuit d\u2019huiver&nbsp;\u00bb d\u2019Italo Calvino ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Apocalypse B\u00e9b\u00e9&nbsp;\u00bb de Virginie Despentes ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Causes amusantes et connues&nbsp;\u00bb de Robert Estienne ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Histoire de Tom Jones, enfant trouv\u00e9&nbsp;\u00bb d\u2019Henry Fielding ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le D\u00e9serteur&nbsp;\u00bb de Jean Giono ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Rome imp\u00e9riale et l\u2019urbanisme dans l\u2019antiquit\u00e9&nbsp;\u00bb de L\u00e9on Home ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La Salamandre&nbsp;\u00bb de Masuji Ibuse ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Chapelle ardente&nbsp;\u00bb de Jacques Josse ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le d\u00eener&nbsp;\u00bb d\u2019Herman Koch ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Haut-mal&nbsp;\u00bb de Michel Leiris ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019Hom\u00e8re travesti, ou L\u2019Iliade en vers burlesques&nbsp;\u00bb de Pierre Carlet de Marivaux ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Trilby ou le lutin d\u2019Argall&nbsp;\u00bb de Charles Nodier ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Volont\u00e9&nbsp;\u00bb de Georges Ohnet ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Canzoniere&nbsp;\u00bb de Fran\u00e7ois P\u00e9trarque ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Petite Cosmogonie portative&nbsp;\u00bb de Raymond Queneau ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le vue&nbsp;\u00bb de Raymond Roussel ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Pauvre Blaise&nbsp;\u00bb de la Comtesse de S\u00e9gur ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Anachronisme&nbsp;\u00bb de Christophe Tarkos&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;Rues de la for\u00eat belle&nbsp;\u00bb d\u2019Andr\u00e9 Ughetto ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les chiens errants n\u2019ont pas besoin de capuche de Thomas Vinau ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Po\u00e8mes&nbsp;\u00bb de Romain Weingarten ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019Hypparque&nbsp;\u00bb de X\u00e9nophon ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Douze nuits au s\u00e9rail&nbsp;\u00bb de Yannis Youlounta ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le ventre de Paris&nbsp;\u00bb d\u2019Emile Zola.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon13\">13 &#8211; l&rsquo;histoire du petit immeuble<\/h2>\n\n\n\n<p>La nuit en hiver tomberait t\u00f4t sur la cour et c\u2019est dans la nuit que Beno\u00eete Bourgeois assise en cette saison dans sa grande&nbsp; pi\u00e8ce, devant la longue table au centre de l\u2019espace, vers le fond, ou sur son canap\u00e9 dur une planche pos\u00e9e sur ses genoux face \u00e0 la cour dont elle ne verrait que son reflet dans la vitre \u00e9crirait comme chaque soir. Cela aurait \u00e9t\u00e9 longtemps son journal mais comme cela l\u2019aurait ennuy\u00e9e et aurait par trop risqu\u00e9 de tourner \u00e0 l\u2019introspection fig\u00e9e et donc inefficace, elle aurait entrepris ce qu\u2019elle appellerait le&nbsp; journal de l\u2019immeuble y consignant ce dont elle se souviendrait, ce qu\u2019elle aurait recr\u00e9\u00e9 ou reconstitu\u00e9 \u00e0 partir des conversations avec Monsieur Seignole, le plus vieil occupant avec elle, par des brides cueillies ici ou l\u00e0, et plus r\u00e9cemment dans les papiers de Guillaume Loyal dont elle aurait tri\u00e9 les courriers et carnets en qualit\u00e9 d\u2019un&nbsp; des ex\u00e9cuteurs testamentaires,&nbsp; des trente derni\u00e8res ann\u00e9es de la vie de l\u2019immeuble, de l\u2019immeuble et de ses occupants pass\u00e9s ou actuels dont elle car bien entendu elle aurait \u00e9t\u00e9 dans ce journal, mais comme elle ne r\u00e9v\u00e9lerait pas ses sources, comme elle \u00e9crirait \u00e0 la troisi\u00e8me personne, elle n\u2019y figurerait que comme un \u00e9l\u00e9ment de l\u2019ensemble, \u00e9l\u00e9ment qui ne serait d\u2019ailleurs pas encore l\u2019objet d\u2019un r\u00e9cit particulier.<\/p>\n\n\n\n<p>Beno\u00eete \u00e9crirait chaque soir, pendant un peu moins d\u2019une heure, comme une derni\u00e8re t\u00e2che, un texte sur l\u2019immeuble et sa vie dont elle serait une partie, une description rapide des diff\u00e9rentes pi\u00e8ces en leur \u00e9tat pr\u00e9sent, ce qu\u2019elle pourrait en deviner ou ce qu\u2019elle saurait ou un tableau de ce qui se serait d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 un moment pr\u00e9cis, et elle serait l\u00e0 chez Monsieur Seignole au deuxi\u00e8me \u00e9tage gauche buvant un mauvais th\u00e9 debout devant les blocs de tiroirs dont il lui d\u00e9crirait une partie du contenu sans les ouvrir.<\/p>\n\n\n\n<p>Beno\u00eete \u00e9crirait dans la cour en \u00e9t\u00e9 sur un coin d\u2019une des planches sur tr\u00e9teaux portant des pots de simples et elle relaterait une livraison de Uber-eats et le jeune couple qui occuperait cette semaine l\u00e0 l\u2019appartement vou\u00e9 \u00e0 la location \u00e9ph\u00e9m\u00e8re au premier \u00e9tage droite, cette location Airbnb d\u00e9notant dans l\u2019immeuble, un couple aussi sympathique que d\u00e9pays\u00e9 et d\u00e9paysant compos\u00e9 d\u2019un m\u00e9tis am\u00e9ricain\/balinais \u00e9tudiant en architecture \u00e0 Venise et de sa presque fianc\u00e9e une jeune italienne d\u00e9couvrant la vie dont aurait fait connaissance par hasard Beno\u00eete Bourgeois la locataire du rez-de-chauss\u00e9e sur cour.<\/p>\n\n\n\n<p>Beno\u00eete \u00e9crirait sur les lattes de bois de la table du balcon face \u00e0 la mer de la chambre d\u2019h\u00f4tel \u00e0 La Ciotat o\u00f9 elle passerait un mois de vacances, elle \u00e9voquerait la f\u00eate de d\u00e9part des Derose, les anciens fleuristes , la dispersion des livres de Pierre l\u2019amoureux des livres&nbsp; qui avait transform\u00e9 une partie de la boutique en cabinet de lecture pendant que sa femme assumait le r\u00f4le de fleuriste et elle sera l\u00e0 dans un autre chapitre recevant de Ginnasservis une grande boite dans laquelle Madame&nbsp; Derose aurait dispos\u00e9 avec soin, bien prot\u00e9g\u00e9s par des papiers&nbsp; des gla\u00efeuls et des fleurs \u00e9tranges aux couleurs improbables venant de son jardin, son nouveau royaume, avec une carte de voeux pour son anniversaire, comme elle serait l\u00e0 dans la boutique de fleuriste, plus loin dans le texte, aidant en plaisantant son amie la jeune Jeanne Lavall\u00e9e un jour o\u00f9, une fois de plus, Bernard Lavall\u00e9e aurait d\u00e9sert\u00e9 pour s\u2019occuper du club de foot.<\/p>\n\n\n\n<p>Beno\u00eete \u00e9crirait debout devant le plan de travail de sa cuisine au fond de la cour, elle dresserait pour faire le point une liste des habitants actuels ou qui y auraient v\u00e9cu pendant ces ann\u00e9es, et puis elle ajouterait ceux qui \u00e9tait en lien avec eux, et elle y figurerait avec Jean Bourgeois son mari, maintenant d\u00e9c\u00e9d\u00e9, \u00e0 Paris o\u00f9 il \u00e9tait professeur au Lyc\u00e9e Moli\u00e8re, o\u00f9 elle \u00e9tait \u00e9tudiante en histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Benoite \u00e9crirait entortill\u00e9e dans un ch\u00e2le, assise sur le canap\u00e9 face la nuit, les pieds pos\u00e9s sur la traverse basse de la table roulante o\u00f9 elle aurait pos\u00e9 son carnet et elle serait dans le livre avec Marie V\u00e9ron qui, chez elle, au premier \u00e9tage lui parlerait de son fils et de ses trois maris ; elle s\u2019\u00e9crirait \u00e9coutant Marie, bavarde par besoin et ennui, un de ces samedis soirs o\u00f9 elles se retrouveraient comme elles en auraient pris l\u2019habitude (en principe un samedi sur deux) pour un th\u00e9-d\u00eenatoire, et en m\u00eame temps elle revivrait le pass\u00e9 de ces vies.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon14\">14 &#8211; les derniers<\/h2>\n\n\n\n<p>Valentin Seignolle plant\u00e9 devant l\u2019une des fen\u00eatres de sa grande pi\u00e8ce, pour tenter de se distraire de ce qu\u2019avait d\u2019in\u00e9luctable le vide de la pi\u00e8ce, les cartons empil\u00e9s o\u00f9 il avait soigneusement rang\u00e9 les \u00ab&nbsp;papiers&nbsp;\u00bb et oeuvres de Dieudonn\u00e9 dont il n\u2019avait pu se r\u00e9soudre \u00e0 se s\u00e9parer compl\u00e8tement et qui devaient trouver asile dans un petit garde-meuble | il attend la camionnette qui doit les y transporter| les meubles \u00e0 tiroirs o\u00f9 ils dormaient le rass\u00e9r\u00e9nant par leur pr\u00e9sence ne pouvant trouver place dans la pi\u00e8ce | grande pourtant cette pi\u00e8ce puisque cr\u00e9\u00e9e par la r\u00e9union de trois chambres de bonnes et d\u2019un petit couloir | qu\u2019il \u00e9tait si heureux d\u2019avoir trouv\u00e9, l\u00e0, en face, tout en haut de l\u2019immeuble noble.. le plus beau et le plus ancien de la rue, trace de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le bourg s\u2019\u00e9tait imagin\u00e9 un avenir de petite ville\u2026 une fa\u00e7on de ne pas faire compl\u00e8tement son deuil de son ancienne vie, quand il \u00e9tait jeune puis un peu moins puis vieillissant\u2026 cette pi\u00e8ce aux fen\u00eatres de laquelle il sourit pour la remercier de la facilit\u00e9 de l\u2019accueil qu\u2019elle leur r\u00e9servait \u00e0 lui et au reste de son mobilier pour ces deux premi\u00e8res nuits. Baissant les yeux vers le trottoir veuf maintenant de l\u2019\u00e9talage des plantes du fleuriste | les Lavaill\u00e9 ont obtenu la concession de la boutique de l\u2019avenue \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019arc de l\u2019\u00e9glise, mais comme le dit Jeanne, \u00e7a n\u2019est pas la m\u00eame chose bien que \u00ab&nbsp;pour le commerce \u00e7a va \u00eatre nettement plus favorable&nbsp;\u00bb selon son mari | il voit Beno\u00eete Bourgeois regarder la fa\u00e7ade aux fen\u00eatres mortes avant d\u2019y entrer et lui fait signe, elle lui sourit, il lui fait signe, elle mime une mont\u00e9e d\u2019escalier et il acquiesce.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux heures plus tard, les cartons \u00e9tant d\u00fbment embarqu\u00e9s dans la camionnette de l\u2019ami serviable, il la regarde s\u2019affairer pour pr\u00e9parer un d\u00e9jeuner improvis\u00e9 dans le coin cuisine de la pi\u00e8ce ouverte sur le printemps de la cour comme ils en sont convenus lors de leur rapide entrevue pour se lamenter ensemble tous les deux sur la fin de l\u2019immeuble, eux les derniers et les plus anciens de ses occupants, elle surtout qui l\u2019habitait depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9e \u00ab&nbsp;Guillaume, Monsieur Loyal, vivait encore ici, dans les deux logements du deuxi\u00e8me \u00e9tage, il n\u2019est parti que deux ans apr\u00e8s, lorsqu\u2019il a vendu son \u00e9tude est s\u2019est install\u00e9 chez son p\u00e8re | vous ne l\u2019avez pas connu Pierre, c\u2019\u00e9tait un seigneur aimable et exigeant pour son entourage | dans la belle maison de Carpentras, ils ont fait un petit club p\u00e8re-fils pendant trois ans et puis il a pris possession de tout \u00e0 la mort de Pierre et voil\u00e0 qu\u2019il est mort \u00e0 son &nbsp; tour, bien plus t\u00f4t qu\u2019il le pensait et que Dieudonn\u00e9 je ne sais jamais son nom mais ce pr\u00e9nom \u00e7a ne s\u2019oublie pas, l\u2019antiquaire, son ami et h\u00e9ritier, nous a vendus, et bien vendus je crois, \u00e0 un promoteur&nbsp;\u00bb elle lui fait une grimace \u00ab&nbsp;je crains que les travaux soient p\u00e9nibles, au lieu de voir la maison que vous aimez disiez-vous avec sa dignit\u00e9 \u00e2g\u00e9e vous serez dedans et regardant le chantier le nez assailli par la poussi\u00e8re de la d\u00e9molition, et les oreilles et le cerveau mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve\u2026 quant \u00e0 ce qui va suivre, le chantier, et peut \u00eatre pire ce qui va prendre la place\u2026 vous avez vu le projet ?&nbsp;\u00bb Et ils s\u2019\u00e9tonnent, ils pensaient qu\u2019il y avait une protection sur le quartier \u00ab&nbsp;non cela s\u2019arr\u00eate \u00e0 la place et je ne suis pas certain que cela soit \u00e9crit noir sur blanc, c\u2019est juste une convention, cela n\u2019aurait d\u2019autre valeur imp\u00e9rative que le bon vouloir du Maire et de son Conseil Municipal&nbsp;\u00bb&nbsp; \u2014 \u00ab&nbsp;oui pour le permis de construire &#8211; et avec l\u2019actuel.. veut attirer une population plus riche et amatrice de confort, de modernit\u00e9 classieuse, d\u2019\u00e9cologie d\u00e9corative aussi\u2026 Ce n\u2019est pas comme si nous \u00e9tions \u00e0 Carpentras ou encore moins Avignon, quoique m\u00eame Avignon, pas tant\u2026 la prison\u2026&nbsp;\u00bb elle pose assiettes et couverts sur la grande table \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui \u00ab&nbsp;la prison, oh ce n\u2019est qu\u2019accompagnement dans ce secteur si j\u2019ai bien compris et ils avaient l\u2019accord des B\u00e2timents de France&nbsp;\u00bb il s\u2019est lev\u00e9 et coupe le pain \u00ab&nbsp;Vous en \u00eates o\u00f9 ?&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2014 \u00ab&nbsp;c\u2019est sign\u00e9 mais je ne m\u2019installe qu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire\u2026 je prends ma retraite moi aussi, je veux finir bien et \u00e9viter les trajets trop longs entre l\u2019\u00e9cole et mon int\u00e9rieur, j\u2019ai l\u2019accord, les travaux ici ne sont pas pr\u00e8s de commencer, n\u2019ont toujours pas la bicoque et le champ derri\u00e8re, le bonhomme ne veut pas vendre\u2026&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;je sais cela risque de remettre en cause tout le plan, pas de b\u00e2timent en U avec un jardin entre deux ailes \u00e0 arcades pro-ven-\u00e7ales &#8211; c\u2019est quoi ? Vous en avez vu ?&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;un peu tout de m\u00eame, \u00e0 la Balance et \u00e0 Villeneuve&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;Passons\u2026 ni b\u00e2timent en retrait ouvrant sur le champ op-ti-mi-s\u00e9.. que devient leur \u00e9cologie m\u00eame d\u00e9corative ?&nbsp;\u00bb Elle touille la salade \u00ab&nbsp;Ils auraient pu attendre d\u2019\u00eatre certains tout de m\u00eame\u2026 oh, ce qui symbolisera l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9cologie&nbsp; ils le mettront sur le toit. Vous serez juste \u00e0 niveau pour vous promener dedans avec les yeux. Comme moi depuis mon appartement dans le haussement de sourcil de la prison j\u2019aurai le rocher et une zone d\u2019herbe le long de la route et du fleuve pour me consoler de ma cour.. bon j\u2019aurais mon fils aussi tant que sera \u00e9tudiant&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ils prient le caf\u00e9 pour prendre la cr\u00e9maill\u00e8re dans le nouveau domaine de Valentin Seignolle, et les yeux sur le petit immeuble ils listent<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 \u00ab&nbsp;les fleuristes ont la boutique pr\u00e8s de l\u2019arcade mais il n\u2019habitent pas au dessus, c\u2019est toujours\u2026&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2014 \u00ab&nbsp;non, ils avaient toujours gard\u00e9, la louaient pour quelques jours de temps en temps, une petite maison sur la route de Vacqu\u00e9ras&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;les Moulin occupent le logement qui \u00e9tait pr\u00e9vu pour eux sur le domaine o\u00f9 il travaille \u00e0 Beaumes\u2026 elle s\u2019y fera, de toute fa\u00e7on elle garde son cabinet d\u2019infirmi\u00e8re avec ses coll\u00e8gues, le trajet n\u2019est pas long , c\u2019est \u00e0 son tour de le faire et puis il y a les enfants \u00e0 convoyer&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2014 \u00ab&nbsp;Marie V\u00e9ron est \u00e0 Cassis, je ne comprends pas qu\u2019elle s\u2019\u00e9loigne de ses parents et de son fr\u00e8re apr\u00e8s \u00eatre venue se r\u00e9fugier pr\u00e8s d\u2019eux et de son enfance&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 \u00ab&nbsp;je crois qu\u2019elle a h\u00e9sit\u00e9 surtout pour Marcelin parce qu\u2019il continue son \u00e9cole de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Avignon et ce sera plus loin\u2026 mais je l\u2019ai rencontr\u00e9e la veille de son d\u00e9part | l\u2019ai un peu aid\u00e9e | elle \u00e9tait toute souriante et bavarde comme jamais, je pense qu\u2019elle y avait \u00e9t\u00e9 si heureuse avec son Paul Aquier, le notaire d\u2019Arles ce n\u2019\u00e9tait pas la m\u00eame chose et le premier \u00e7a avait dur\u00e9 si peu.. d\u2019ailleurs et pour Marcelin c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il est n\u00e9 et qu\u2019il a grandi\u2026 j\u2019ai devin\u00e9 qu\u2019elle ne s\u2019entendait pas vraiment avec m\u00e8re. Non le plus \u00e9tonnant c\u2019est Dieudonn\u00e9 Rigaud&nbsp;\u00bb &#8212; \u00ab&nbsp;Pourquoi ?&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab il garde la boutique au rez-de-chauss\u00e9e de la maison des Loyal, et puis l\u2019appartement\u2026 d\u2019ailleurs il l\u2019habitait d\u00e9j\u00e0 avec Guillaume&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;\u00e7a explique qu\u2019il h\u00e9rite\u2026 mais \u00e7a n\u2019a rien de vraiment \u00e9tonnant&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp; je l\u2019ai rencontr\u00e9 chez le promoteur l\u2019autre jour, il m\u2019a appris que sous les arcades du nouveau bidule, l\u00e0 en face | quel que soit finalement le plan ils tiennent \u00e0 leurs arcades | il y aura une boutique pour lui, une succursale pour des lampes, des objets, des trucs de d\u00e9coration, lui qui n\u2019a jamais mis les pieds ici \u00e0 ma connaissance. Pourrez y faire un tour\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>`<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>01 &#8211; vendredi 10 mai 202402 &#8211; l&rsquo;homme au sac \u00e0 dos03 &#8211; cuisine ouverte04 &#8211; en circulant05 &#8211; un album06 &#8211; on dit que07 &#8211; tentative d&rsquo;index08 &#8211; \u00e9bauche d&rsquo;une liste09 &#8211; le fleuriste10 &#8211; les deux Paul11 &#8211; les tiroirs \u00e0 dessin12 &#8211; les livres partis pour Ginasservis13 &#8211; l&rsquo;histoire du petit immeuble14 &#8211; les derniers 01 &#8211; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/lvme-01-vendredi-10-mai-2024\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#LVME #1 \u00e0 14 | un petit immeuble<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":95,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7132,7142,7175,7188,7210,7211,7212,7243,7255,7256,7287,7288,7326,7131],"tags":[7177,7233,284,5925,7201,1030,7136,7237,7236,2204,805,1800,1163,7205,2202,7204,5761,7206,1877,714,7207,7203,6275,5480],"class_list":["post-174451","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-01-en-ce-jour-et-a-cette-heure","category-02-lhomme-de-passage","category-03-interieurs-avec-meubles-cusines","category-04-sols-murs-22-fois","category-05-vue-exterieure","category-06-commencer-par-la-fiction","category-07-le-repertoire-des-noms","category-08-le-repertoire-des-histoires","category-09-perec-medecin-de-quartier","category-10-perec-auteur-de-polar","category-11-point-virgule-les-images","category-12-point-virgule-les-signes-mots-textes","category-13-il-se-peindrait-dans-son-tableau","category-roman-maison","tag-appareils","tag-bnquier","tag-bois","tag-boutique","tag-carrelage","tag-cuisine","tag-cur","tag-divorce","tag-ebeniste-2","tag-etudiant","tag-fenetre","tag-fleuriste","tag-histoire","tag-li","tag-livre","tag-mirs","tag-mo","tag-oleum","tag-peinture","tag-porte","tag-sisal","tag-spl","tag-tomettes","tag-veuve"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/174451","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/95"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=174451"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/174451\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":181161,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/174451\/revisions\/181161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=174451"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=174451"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=174451"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}