{"id":174508,"date":"2024-11-22T09:24:31","date_gmt":"2024-11-22T08:24:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=174508"},"modified":"2024-11-22T09:24:32","modified_gmt":"2024-11-22T08:24:32","slug":"ecopoetique-08-la-voie-romaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecopoetique-08-la-voie-romaine\/","title":{"rendered":"#\u00e9copo\u00e9tique #08 | La voie romaine"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>Certains couchers de soleil prennent des airs de clair de lune. L\u2019ombre s\u2019allonge sur le chemin blanc, toujours plus p\u00e2le, tr\u00e9buchant sur les cailloux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019air est gorg\u00e9 de machines. Derri\u00e8re, les v\u00e9hicules tout schuss sur la route. Devant, un bruit de tracteur au ralenti. Plus loin, une esp\u00e8ce de souffle. On remonte la rue du hameau, les murets, les grillages, les portails, les jardins et les hangars. La vieille Fuego sur ses cales, le tas de pierres, la r\u00e9serve d\u2019eau \u00e0 sec. Les fa\u00e7ades, les murs.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout, la petite Victoire fait du v\u00e9lo entre l\u2019\u00e9table et la maison. Elle tourne autour du tracteur de son p\u00e8re, en train de v\u00e9rifier les dents de fer d\u2019une herse. Elle sourit. Pas le chien gris chin\u00e9 qui s\u2019avance en aboyant, se glisse derri\u00e8re vous et vous suit un instant en silence.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le jardin clos de la maison, le chien noir n\u2019aboie plus. Il reste assis devant le grillage et vous regarde passer. \u00c0 moins qu\u2019il observe, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les gar\u00e7ons courir dans le hangar et dispara\u00eetre derri\u00e8re la b\u00e9taill\u00e8re. Des bottes de paille jusqu\u2019au plafond forment un mur, un banc \u00e0 son pied.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tas de pneus, une moissonneuse sans barre de coupe. Le troupeau de vaches, des limousines \u00e0 robe froment vif, autour d\u2019un grand abreuvoir et d\u2019un r\u00e2telier \u00e0 foin, les sabots largement enfonc\u00e9s dans la boue. Tout le monde vous regarde passer en ruminant, l\u2019\u0153il grand ouvert.<\/p>\n\n\n\n<p>Le souffle d\u2019on ne sait quelle machine s\u2019est arr\u00eat\u00e9. Au passage de la haie, un oiseau s\u2019est enfui en piaillant, invisible.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chemin file entre leur pr\u00e9 herbeux et un grand tapis de terre labour\u00e9e, hers\u00e9e, et comme tamis\u00e9e, en nuances de gris. L\u2019ombre s\u2019allonge, encore plus p\u00e2le, butant sur celles des cailloux qui craquent.<\/p>\n\n\n\n<p>On arrive au carrefour de la voie romaine, en chemin blanc et quelques flaques \u00e0 gauche, en chemin de terre \u00e0 orni\u00e8res \u00e0 droite. En face, \u00e0 flanc de coteau, les rangs de vigne, l\u2019herbe haute. Certaines pentes douces ont des allures de mur d\u2019airain. Entre les lignes de ceps noueux, aux feuilles fl\u00e9tries, d\u00e9chir\u00e9es, la terre s\u2019\u00e9l\u00e8ve, l\u2019herbe s\u2019\u00e9paissit. On monte, on s\u2019enfonce, un peu de vent dans le dos, les pieds au frais. La lev\u00e9e se boucle frontalement. Une haie d\u2019arbres se dresse, derni\u00e8re vague d\u2019ombre persill\u00e9e absorbant les ultimes rayons du soleil d\u2019un rose, enfin, blafard et fuyant. On glisse, on s\u2019enroule. On imagine s\u2019insinuer dans un des terriers qui se faufilent entre les racines, m\u00eame si la galerie est \u00e9troite et humide. On d\u00e9loge l\u2019animal. Et plus au fond, la terre poisseuse laisse place \u00e0 une voie plus resserr\u00e9e, mais bien plus libre, entre les murs de la roche blanche, a\u00e9r\u00e9e, friable, ti\u00e8de, qui d\u00e9bouchera sur un retour chez soi. On se retournera tant bien que mal. La ligne d\u2019horizon sonnant le clair-obscur.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Coucher-de-soleil-photoperso-20241116_165835-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-174509\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Coucher-de-soleil-photoperso-20241116_165835-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Coucher-de-soleil-photoperso-20241116_165835-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Coucher-de-soleil-photoperso-20241116_165835-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Coucher-de-soleil-photoperso-20241116_165835-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Coucher-de-soleil-photoperso-20241116_165835-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certains couchers de soleil prennent des airs de clair de lune. 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