{"id":174643,"date":"2024-11-29T00:11:18","date_gmt":"2024-11-28T23:11:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=174643"},"modified":"2024-11-29T10:02:53","modified_gmt":"2024-11-29T09:02:53","slug":"a-7h50-comme-chaque-lundi-tout-recommencera","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/a-7h50-comme-chaque-lundi-tout-recommencera\/","title":{"rendered":"#LVME #01 |\u00a0A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera, mais pour l\u2019instant tout est calme. La lumi\u00e8re rasante du soleil d\u2019hiver r\u00e9v\u00e8le peu \u00e0 peu la grande structure m\u00e9tallique surmont\u00e9e d\u2019une sorte d\u2019aile qui pourrait aussi faire penser \u00e0 un navire. Des ombres commencent \u00e0 franchir la grille d\u2019entr\u00e9e qui donne sur la esplanade l\u00e9g\u00e8rement pentue, qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du b\u00e2timent principal. <br>Dans la chaleur de la clim\u2019 qu\u2019on lui a install\u00e9e derni\u00e8rement, elle les voit arriver d\u2019un pas lent ou bien press\u00e9, depuis son petit habitacle en verre. Devant elle, un tricot \u00e0 peine commenc\u00e9. <br><br>A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera, mais pour l\u2019instant tout est calme. Son t\u00e9l\u00e9phone pos\u00e9 sur un gros parapheur noir de son bureau n\u2019a pas encore sonn\u00e9. La lumi\u00e8re bleue de son ordinateur vient de quitter le mode veille. Confortablement install\u00e9 dans son fauteuil en cuir il tourne le dos \u00e0 un meuble imitation bois, sur lequel et pos\u00e9e une lettre sous verre, \u00e9crite en espagnol. <br><br>A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera, mais pour l\u2019instant tout est calme. Ou \u00e0 peu pr\u00e8s. Les portes d\u2019acc\u00e8s au b\u00e2timent B tintent \u00e0 chaque fois qu\u2019une forme engonc\u00e9e dans son surv\u00eat\u2019\/capuche passe et heurte la poign\u00e9e m\u00e9tallique. Les lumi\u00e8res du hall d\u2019entr\u00e9e qui viennent d\u2019\u00eatre allum\u00e9es colorent de jaune le mur sur lequel est incrust\u00e9 non loin de l\u2019escalier A, le buste d\u2019un homme portant perruque. Au dessous de lui on peut lire \u00ab\u00a0Labore et Constantia\u00a0\u00bb. <br><br>A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera, mais pour l\u2019instant tout est calme. Il vient de pousser la porte de la \u00ab\u00a0salle des personnels\u00a0\u00bb et de saluer une coll\u00e8gue. Devant lui se dresse le grand L que forment les cent vingt casiers en bois qui s\u00e9parent la grande salle des deux toilettes qui sont comme cach\u00e9es derri\u00e8re. A droite une sorte de petite verri\u00e8re donne sur un patio o\u00f9 la lumi\u00e8re matinale laisse entrevoir de l\u2019herbe mouill\u00e9e et un enchev\u00eatrement de branches d\u2019un prunus. Sur le mur oppos\u00e9, un grand espace recouvert de li\u00e8ge accueille un patchwork d\u2019affiches petites ou grandes et de feuilles \u00e9pingl\u00e9es que personne ou presque ne lit. Une banderole de tissu blanc pendouille dans un coin. <br><br>A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera, mais pour l\u2019instant tout est calme.<br>Le couloir du deuxi\u00e8me, mal \u00e9clair\u00e9 laisse voir des trou\u00e9es de lumi\u00e8res provenant des trois cages d\u2019escaliers. Une femme pousse un chariot sur lequel s\u2019entassent des produites de nettoyage et des sacs poubelles ainsi qu\u2019un plumeau et des brosses. Lorsqu\u2019elle passe sous l\u2019une des lampes blafardes, on peut voir son uniforme bleu et le fichu qu\u2019elle a dans les cheveux. Elle vient de croiser un homme de petite taille qui porte un sac \u00e0 dos assez lourd. Ils se saluent timidement. <br><br>A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera, mais pour l\u2019instant tout est calme. Elle est arriv\u00e9e, comme d\u2019habitude, la premi\u00e8re dans la salle o\u00f9 tr\u00f4nent quatre grosses photocopieuses. Elle sort de son sac une chemise jaune qu\u2019elle ouvre et en tire un feuillet qu\u2019elle glisse dans le trieur et soupire avant d\u2019actionner le bouton qui mettra en branle la machine dont le moteur tournera tout en faisant un bruit saccad\u00e9. Des premi\u00e8res feuilles qui sortent toute chaudes on peut entrevoir un titre, \u00ab\u00a0L\u2019invitation au voyage\u00a0\u00bb. <br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera, mais pour l\u2019instant tout est calme. La lumi\u00e8re rasante du soleil d\u2019hiver r\u00e9v\u00e8le peu \u00e0 peu la grande structure m\u00e9tallique surmont\u00e9e d\u2019une sorte d\u2019aile qui pourrait aussi faire penser \u00e0 un navire. Des ombres commencent \u00e0 franchir la grille d\u2019entr\u00e9e qui donne sur la esplanade l\u00e9g\u00e8rement pentue, qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019entr\u00e9e <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/a-7h50-comme-chaque-lundi-tout-recommencera\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#LVME #01 |\u00a0A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7132,7131,1],"tags":[7164,2205,7165,7166,7163,437,7167,2962,5899,2665,5932],"class_list":["post-174643","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-01-en-ce-jour-et-a-cette-heure","category-roman-maison","category-atelier","tag-batiment","tag-bureau","tag-casiers","tag-collegue","tag-grilles","tag-patio","tag-photocopieurs","tag-portes","tag-poubelles","tag-salle","tag-verriere"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/174643","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=174643"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/174643\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":175006,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/174643\/revisions\/175006"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=174643"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=174643"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=174643"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}