{"id":175091,"date":"2024-12-04T13:09:10","date_gmt":"2024-12-04T12:09:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=175091"},"modified":"2025-01-07T18:29:43","modified_gmt":"2025-01-07T17:29:43","slug":"testard_roman_maison_1_2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/","title":{"rendered":"#LVME #01 | Six heures (ou pas)"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"la_piscine\">6 heures sont pass\u00e9es et le chantier de la piscine repose. Rien n&rsquo;y a boug\u00e9 depuis plus d&rsquo;une semaine, les terres se tassent <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_1\/#la_piscine\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. Meubles. Le terrain est sableux. La voisine dit qu&rsquo;il y avait un \u00e9tang. Que c&rsquo;\u00e9tait une mare. Que se trouvait dans cette ancienne sabli\u00e8re une r\u00e9serve d&rsquo;eau, pendant la guerre. Le 7 a pris un RTT, le jour est important. Il lui faut \u00eatre l\u00e0 pour, sinon superviser comme il en a la fonction dans son entrep\u00f4t de logistique, du moins constater, suivre, veiller. Les camions-toupies vont se relayer ce matin en provenance de la centrale \u00e0 b\u00e9ton \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la zone vrac du port \u00e0 quelques vols d&rsquo;oiseaux si ce sont des mouettes. Ou des cormorans. Des aigrettes. Des cygnes. Il n&rsquo;est pas pass\u00e9 par la salle de bain, ou dans le noir. On le sait parce que le velux ne s&rsquo;est pas allum\u00e9, pas embu\u00e9 entre 6 et 7. Le velux du milieu, l&rsquo;un des trois qui donnent sur le jardin \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re, dans ce pan de toit. On le sait parce qu&rsquo;on conna\u00eet le plan de la maison. Parce qu&rsquo;on distribue sa vie en fonction du m\u00eame plan \u00e0 deux num\u00e9ros de l\u00e0, la salle de bain entour\u00e9e de trois chambres \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage. Parce qu&rsquo;on occupe la maison t\u00e9moin dans cet ensemble mitoyen, on le sait parce que la voisine le dit, la vieille voisine qui a achet\u00e9 sur plan, la m\u00e9moire du lotissement. Que cette maison \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la rue, appartenant \u00e0 la premi\u00e8re tranche construite, servait d&rsquo;int\u00e9rieur t\u00e9moin pour la vente des autres lots. D&rsquo;o\u00f9 la quasi absence de cloisons au rez-de-chauss\u00e9e, d&rsquo;o\u00f9 les planchers bois de l&rsquo;\u00e9tage, aucune chape de b\u00e9ton n&rsquo;ayant, par la suite, \u00e9t\u00e9 coul\u00e9e dans cette maison type de ville ayant de tout temps \u00e9t\u00e9 lou\u00e9e, n&rsquo;ayant pas connu d&rsquo;autre propri\u00e9taire que le constructeur lui-m\u00eame, entrepreneur en ma\u00e7onnerie qui occupait ainsi, ce sont les dires de la voisine, ses ouvriers entre deux plus gros chantiers. D&rsquo;o\u00f9 le volume sonore. Les bruits des pas dans les escaliers se propageant d&rsquo;une maison \u00e0 l&rsquo;autre par la dalle au-dessus des caves, et les voix de la t\u00e9l\u00e9 dans le faux buffet en ch\u00eane. La S\u00e9rie 1, le RAV4 ont \u00e9t\u00e9 stationn\u00e9s un peu plus loin le long du stade. D\u00e9gag\u00e9 l&rsquo;acc\u00e8s. Nuage de vapoteuse, le 7 se tient avant le jour, au bord du trou de sa piscine.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"la_zone\">L&rsquo;air est comme un frigo ferm\u00e9, sans <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_1\/#la_zone\">[&nbsp;]<\/a><\/strong> un mouvement. Sauf un rouge-gorge, unique, timide cri de contact, <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_1\/#l_oiseau\">[&nbsp;]<\/a><\/strong> un flappement d&rsquo;ailes par les jardins aussit\u00f4t \u00e9touff\u00e9, rien dans la nuit ne bouge. On n&rsquo;\u00e9chappe pas au silence. Un frigo qui cependant reste allum\u00e9 une fois ferm\u00e9. \u00c9clairant de l&rsquo;int\u00e9rieur. Six heures, est-ce un horaire d&rsquo;ouverture&nbsp;? On est loin d&rsquo;\u00eatre six heures, alors&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce qui \u00e9claire&nbsp;? Quelle porte au ciel ne fait plus contact&nbsp;? Le frigo fait d\u00f4me. D\u00f4me ou oreiller, appuy\u00e9 sur les yeux, l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une paupi\u00e8re. Ils sont pourtant ouverts, sur. Sous une zone d&rsquo;activit\u00e9 lumineuse dans ce coin du ciel. \u00c9lectrique. \u00c9lectris\u00e9. Sensibilis\u00e9. Qu&rsquo;est-ce que cette zone sensible au ciel&nbsp;? Zone active&nbsp;? Cet appel de lumi\u00e8re, si ce n&rsquo;est pas d&rsquo;air, intrigue. Le ciel vient au contact, d&rsquo;au-del\u00e0 du lotissement, s&rsquo;\u00e9pancher dans l&rsquo;\u0153il.&nbsp;Est-ce l&rsquo;agglo par l\u00e0&nbsp;? D\u00e9j\u00e0&nbsp;? En activit\u00e9&nbsp;? Il y a quelque chose d&rsquo;intense, de concentr\u00e9 au sol, l\u00e0-bas, qui se communique \u00e0 la rue autour, aux fa\u00e7ades des maisons par le biais, par le milieu, la pr\u00e9sence du ciel.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"le_thuya\">Des yeux. Sont les ombres qu&rsquo;il projette sur le mur du garage. Il les prend d&rsquo;ailleurs. Plut\u00f4t les laisse venir. D&rsquo;hors, de plus loin que lui. En arri\u00e8re <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_2_1\/#la_lumi\u00e8re\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. Et traverser. Rayons sont ces yeux qu&rsquo;il fait, darde. Des contours d&rsquo;yeux, des cils. Pr\u00e9cis\u00e9ment. Il joue avec des ombres. Et lui arrive de n&rsquo;\u00eatre plus qu&rsquo;elles. Sit\u00f4t six heures, les lumi\u00e8res, des yeux sont ce qui lui arrive. De n&rsquo;\u00eatre que cela, travers\u00e9. Bien qu&rsquo;il se montre imp\u00e9n\u00e9trable <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_4_1\/#les_branches\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>, ou des plus rebutants, le jour le montrera. Vert, mais non pas tendre, sempiternellement vert, il tient une permanence l\u00e0, le long. C&rsquo;est qu&rsquo;il l&rsquo;est profond\u00e9ment, travers\u00e9e&nbsp;de tout son \u00eatre, seuls, la lumi\u00e8re, les passereaux le savent, le vent. Qui l&rsquo;animent. Cela est son mouvement, son mouvement sp\u00e9cifique, ou g\u00e9n\u00e9rique. Cela est sa gestuelle, il s&rsquo;en d\u00e9charge sur l&rsquo;air. L&rsquo;air et ses revirements, l&rsquo;atmosph\u00e8re et ses cycles, il repose en l&rsquo;air. Et dans la verticalit\u00e9, cela est ce qu&rsquo;on lui demande, sa raison d&rsquo;\u00eatre. D&rsquo;\u00eatre l\u00e0. Il ne fait que cela, baigner en l&rsquo;air. Cela et plonger, courir en terre. Baigner est tout ce qu&rsquo;il sait. Fait tout ce qu&rsquo;il est. Baigner est son mode d&rsquo;\u00eatre, n&rsquo;est-il pas des plus quelconques en cela&nbsp;? N&rsquo;est-il pas une image comme tout le monde&nbsp;? Il a le geste restreint, ou r\u00e9serv\u00e9 ou est-ce qu&rsquo;on n&rsquo;y voit pas un geste. On le r\u00e9duit \u00e0 une posture. Il se voit r\u00e9duit \u00e0 un mur <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/#la_cour\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. La r\u00e9duction est sa chance, sa dimension, il y prosp\u00e8re. Vert il est toujours, vert il est partout. \u00c0 vrai dire il n&rsquo;est pas seul, sauf qu&rsquo;ils ne font qu&rsquo;un. La contrainte ou la r\u00e9duction, la simplification qui s&rsquo;impose \u00e0 lui le fait nombre. Sans qu&rsquo;il soit plusieurs. Ils ne sont jamais qu&rsquo;un. Jamais qu&rsquo;une longueur. Qu&rsquo;une ombre. Une cl\u00f4ture. Occultant, ce doit \u00eatre sa nature. \u00c0 l&rsquo;individuation il n&rsquo;a pas acc\u00e8s. Il n&rsquo;est pas \u00e0 lui seul un sujet. Le seul sujet qui le concernant vaille est celui qui les d\u00e9borde ou englobe tous. Soit leur ensemble. Soit leur appartenance chacun, indiff\u00e9remment \u00e0 leur ensemble. Ils ne sont qu&rsquo;ensemble, il n&rsquo;est qu&rsquo;ensemble. Il ne saurait pousser au-del\u00e0, au-del\u00e0 de son esp\u00e8ce. Soit le thuya.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-medium-gray-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-bcfa8ab93cba44ecab9e20627a839c9b\"><em>\u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une vapeur aux \u00e9tirements irr\u00e9guliers<\/em><br>G.&nbsp;Simenon<\/p>\n\n\n\n<p id=\"les_volets\"><br>Des minutes passent, quoi d\u2019autre&nbsp;<a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_1\/#la_voisine\"><strong>[ ]<\/strong><\/a>. Six heures. C\u2019est l\u2019\u00e9clairage de la rue et six heures, les volets roulants qui se rel\u00e8vent. Horloges. Seuls. Simultan\u00e9ment c\u00f4t\u00e9s jardin et rue. L\u2019affaire de sept secondes, trous d\u2019abord, traits, puis fentes, le cliquetis plastique. En lignes, rangs successifs, en ordre, l\u2019enroulement. Enfin par en-dessous, en d\u00e9grad\u00e9 la vague lumi\u00e8re, remontante. La salle \u00e0 manger-salon a sa fen\u00eatre sur rue, une porte-fen\u00eatre sur le jardin, et le sens de la longueur. L\u2019\u00e9clairage public y infuse, on imagine. On est chez la voisine. Avec les bibelots. Entre le pouf en cuir. La table en marbre. Le serviteur de chemin\u00e9e, sa fonte, le canap\u00e9 \u00e9lectrique. Les chaises, droites comme des h. Le ch\u00eane massif du meuble de t\u00e9l\u00e9, un porte-revue. Entre eux l\u2019air entendu, silence. La fen\u00eatre est orange et l\u2019int\u00e9rieur aussi, dans les gris. Orange \u00e9teint ou p\u00e2le et puis cette ti\u00e9deur couleur braise, ou chair, refroidit, p\u00e2lit encore, la rue s\u2019\u00e9teint. C\u2019est le jour, que voil\u00e0. Dedans. Le jour non d\u00e9partag\u00e9 des ombres, les ombres encore un pied dans la nuit. D&rsquo;abord. Puis. Des d\u00e9tails insensiblement se pr\u00e9cisent. Des places sont reprises, le repos du jour. Le jour flottant, bient\u00f4t pr\u00e9gnant comme un souvenir. Bient\u00f4t sans l&rsquo;ombre d&rsquo;un myst\u00e8re. Dans les voilages. Passe et s\u2019\u00e9tale. Dans le dallage. Progresse. Alexa inflexible, se tait.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"la_perturbation\">Elle vient avec un corps, s&rsquo;en va avec une tra\u00eene. L&rsquo;avant est calme. Le calme l&rsquo;annonce. Le corps est cause de pr\u00e9cipitations, forme un front, la perturbation a un passage, le vent en rafales l&rsquo;accompagne. La tra\u00eene est \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re, le nom l&rsquo;indique. Dit de tra\u00eene est un ciel d\u2019aspect changeant. Est le ciel qu&rsquo;apr\u00e8s elle elle laisse, il alterne \u00e9claircies et passages nuageux. Elle, n\u2019est que pluie et vent. Elle n&rsquo;est que douceur. Elle est invasive et douce. Elle est une masse d\u2019air. Elle avance en masse. Elle est massivement douce, l&rsquo;est frontalement&nbsp;: une vague <a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/#la_descente\"><strong>[&nbsp;]<\/strong><\/a>. Se dit&nbsp;: une vague de douceur. Atmosph\u00e9rique. S&rsquo;\u00e9tire sur plusieurs milliers de kilom\u00e8tres et s&rsquo;enroule autour d&rsquo;un centre&nbsp;: d\u00e9pressionnaire. Elle na\u00eet en mer. De nombreux records de douceur dans la nuit ont \u00e9t\u00e9 battus. Se laisser gagner.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"la_cour\">Il fait irruption dehors. Le 1 prend le travers de sa cour. Six heures bien tass\u00e9es. Le surpoids le fait tanguer sur les pas japonais. Il chantonne, chevrotant, a surgi de sa cuisine. Siffle. L&rsquo;air est reconnaissable. La cour, c&rsquo;est quatre murs, dont un vert <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/#le_thuya\">[\u00a0]<\/a><\/strong>. L&rsquo;arri\u00e8re de sa cuisine. Une profondeur de garage. Bribe d&rsquo;air siffl\u00e9 saisi entre deux portes, pour passer de sa cuisine dans la rue il faut passer dans la cour et par le garage, dehors, dedans, dehors. Pour rentrer les poubelles. S&rsquo;est jet\u00e9 dans sa cour comme dans une bataille. Sans massacrer d&rsquo;air, il enrage, d\u00e9j\u00e0. La courette en est t\u00e9moin. S&rsquo;en fait \u00e9cho. Il constatera ce matin encore la g\u00e9n\u00e9ralisation des stops gliss\u00e9s <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_7_1\">[\u00a0]<\/a><\/strong>, qui sont des non-respects, en h\u00e9lera alors les auteurs. Les autos. Lui le chauffeur de bus. Dans sa cour il parle dans sa t\u00eate. Siffle pour se faire taire, sans faire tomber la pression. Le joint au bas de la porte lat\u00e9rale du garage produit son bruit de baiser \u00e0 ses pieds, cela l&rsquo;attendrit-il\u00a0? L&rsquo;air gaillard est feint, est d\u00e9fiant, le ciel en est pris \u00e0 t\u00e9moin, \u00e0 partie tout ce qui est en-dessous. Depuis l&rsquo;enclos <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_4_1\/#le_fa%C3%AEte\">[\u00a0]<\/a><\/strong> de ses murs, qu&rsquo;a-t-il d&rsquo;autre comme soupape, comme vue, comme vis-\u00e0-vis que ce pan-l\u00e0\u00a0? C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il se jette dehors, puis dans la rue, dans la vue, \u00e0 la vue du monde. Son retour s&rsquo;effectue dans les ahans. Le conteneur du tri rejoindra le coin de la terrasse, \u00e0 un jet de conserve vide de la cuisine, il retentit maintenant ente les murs, les souffles, brinquebale sur ces maudits pas japonais. La marche est un encha\u00eenement de d\u00e9s\u00e9quilibres se contrebalan\u00e7ant, c&rsquo;est flagrant ici, la chute le guette. Le 1 n&rsquo;a peur que d&rsquo;une chose, ceci explique sa h\u00e2te \u00e0 retrouver le toit de sa maison. Se retrouver dans ses murs. Que sa travers\u00e9e se soit faite \u00e9clair, lui foudre. Il tente de se contenir, il d\u00e9borde. Il s&#8217;emporte, cela se voit. Cela ne peut \u00e9chapper. Il ne souhaite pas que \u00e7a d\u00e9passe sa cour, mais c&rsquo;est plus fort que lui. Dans un souffle il l\u00e2che un juron.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"la_descente\">Elle se rel\u00e8ve. Le lit est vide. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle la place est libre <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_4_1\/#la_chambre\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>, l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du lit, est froid. Tremp\u00e9e. Elle tient son bras tendu de ce c\u00f4t\u00e9, personne, balaie, sent le drap sous le bras parfaitement lisse, invraisemblablement retendu sous la couette. Pas un pli, une vague <strong><a href=\"\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/#la_perturbation\">[&nbsp;]<\/a><\/strong>. Un estran. Plus un souffle. Il pleut. La conscience, la surprise, l&rsquo;inqui\u00e9tude finissent de la redresser. Qu\u2019entend-t-elle&nbsp;? Elle sort de son lit. Elle se l\u00e8ve. Elle fait \u00e0 t\u00e2tons le tour du lit, attention \u00e0 sa t\u00eate, son autre main \u00e0 la soupente en parade, nue jusqu&rsquo;\u00e0 ses deux mains prises chacune dans le noir de son c\u00f4t\u00e9, sans un mobile pour l&rsquo;\u00e9clairer, qui pend \u00e0 charger \u00e0 la prise pr\u00e8s du seuil, jusqu&rsquo;au pied, attention \u00e0 la marche, la t\u00eate dans l&#8217;embrasure encore rentr\u00e9e. Ouvre les yeux. Sur le palier l&rsquo;indicateur d&rsquo;alimentation du d\u00e9tecteur de fum\u00e9e lui fait, au-dessus des yeux&nbsp;et sans \u00e9clairer rien, l\u2019effet d\u2019un orage \u00e9loign\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9clair unique, noy\u00e9 dans l\u2019horizon, et muet. Elle descend. Par degr\u00e9s, doigts et museaux de souris de la pluie qui tapotait au velux au-dessus du lit s&rsquo;effacent, se font chant, chant et haleine. Dans l&rsquo;escalier le volume gagne, et la fra\u00eecheur. Il n&rsquo;est pas six heures, qu&rsquo;au tournant de l\u2019escalier elle voit, c\u00f4t\u00e9s rue et jardin les volets et les fen\u00eatres ouverts dans le s\u00e9jour et la nuit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/241217_1408-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176183\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/241217_1408-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/241217_1408-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/241217_1408-200x200.jpg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/241217_1408-768x768.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/241217_1408-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/241217_1408-2048x2048.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle vient avec un corps, s&rsquo;en va avec une tra\u00eene. L&rsquo;avant est calme. Le calme l&rsquo;annonce. Le corps est cause de pr\u00e9cipitations, forme un front, la perturbation a un passage, le vent en rafales l&rsquo;accompagne. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_roman_maison_1_2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#LVME #01 | Six heures (ou pas)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":334,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7132,7131],"tags":[],"class_list":["post-175091","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-01-en-ce-jour-et-a-cette-heure","category-roman-maison"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175091","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/334"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=175091"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175091\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":177638,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175091\/revisions\/177638"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=175091"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=175091"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=175091"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}