{"id":178271,"date":"2025-01-19T04:44:03","date_gmt":"2025-01-19T03:44:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=178271"},"modified":"2025-01-21T10:16:30","modified_gmt":"2025-01-21T09:16:30","slug":"roman-maison-09-14-entree-entrez","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/roman-maison-09-14-entree-entrez\/","title":{"rendered":"#LVME #09\u00a0|\u00a0entr\u00e9e, entrez"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L\u2019Entr\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une fronti\u00e8re. Un seuil. Un lieu o\u00f9 le monde ext\u00e9rieur et l\u2019intimit\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur se heurtent, se croisent, s\u2019\u00e9vitent parfois. Tout commence ici, ou tout finit. Cela d\u00e9pend de ce que l\u2019on porte en soi, ou de ce que l\u2019on laisse derri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 droite, un escalier monte, ses marches en pierre polie us\u00e9es par des ann\u00e9es de pas. Il donne l\u2019impression d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 l\u00e0 bien avant la maison elle-m\u00eame, comme une colonne vert\u00e9brale solide et immuable. \u00c0 droite de la droite, un autre escalier descend. Mais ici, les contours se brouillent. Le b\u00e9ton est mang\u00e9 par l\u2019ombre, et les premi\u00e8res marches disparaissent dans une obscurit\u00e9 moelleuse et profonde, celle qui ne refl\u00e8te aucune lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sol, un b\u00e9ton cir\u00e9 qui a connu des jours meilleurs, porte les marques de vies pass\u00e9es, on pourrait presque entendre les murmures des pas qui les ont trac\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Un alignement chaotique de chaussures hante le bord des murs : des baskets fluo, escarpins d\u2019un rose criard d\u00e9fiant toute harmonie. Une botte orpheline noire et \u00e9l\u00e9gante attend son double. Plus loin, une sandale de corde tourne sur elle-m\u00eame, seule, comme si elle esp\u00e9rait encore le retour d\u2019une paire disparue.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur une table en demi-lune un capharna\u00fcm fascinant une \u00e9tranget\u00e9. Des cl\u00e9s, trop nombreuses pour appartenir \u00e0 un seul endroit. Certaines sont droites et simples, d\u2019autres tordues, oxyd\u00e9es, inutilisables, mais gard\u00e9es comme des amulettes. Entre elles se nichent des porte-cl\u00e9s : une girafe miniature, un vieux jeton de casino, une dent de lait en r\u00e9sine. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, une pile de courriers se dresse comme une menace. Factures non ouvertes, recommand\u00e9s, et au sommet, un jeu de cartes o\u00f9 le joker fixe celui qui oserait le regarder trop longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p>Adoss\u00e9 au mur, un meuble aux multiples casiers semble raconter l\u2019histoire de ses occupants. Une \u00e9charpe aux teintes automnales repose sur un bonnet fluo, des gants \u2013 souvent d\u00e9pareill\u00e9s \u2013 s\u2019empilent au hasard, des lunettes \u00e0 montures vintage se cachent derri\u00e8re des mod\u00e8les dernier cri. Ici, tout s\u2019entrem\u00eale : pass\u00e9 et pr\u00e9sent, utile et superflu.<\/p>\n\n\n\n<p>Une odeur d\u2019humidit\u00e9 m\u00eal\u00e9e \u00e0 un parfum d\u2019agrumes flotte comme un avertissement ou un souvenir. Les murs, stri\u00e9s de traces de vie observent.<\/p>\n\n\n\n<p>Une chatte r\u00f4de. Elle est grise, fine, presque invisible dans la p\u00e9nombre. Ses yeux, deux fentes luminescentes scrutent tout, comme si elle \u00e9tait la gardienne du lieu. Elle se glisse sur la table, sa queue effleurant les cl\u00e9s qui tintent doucement. Ses mouvements sont fluides, hypnotiques, et lorsqu\u2019elle saute sur le meuble, une lumi\u00e8re s\u2019allume.<\/p>\n\n\n\n<p>Personne ne l\u2019a touch\u00e9e. L\u2019ampoule suspendue au plafond gr\u00e9sille faiblement avant d\u2019inonder la pi\u00e8ce d\u2019une clart\u00e9 crue. Cela ne devrait pas \u00eatre \u00e9trange \u2013 un capteur, peut-\u00eatre ? &#8211; Mais la lumi\u00e8re s\u2019allume toujours au moment exact o\u00f9 la chatte passe. Comme si elle savait. Est-ce une histoire de chat qui dort dans les r\u00eaves d\u2019un autre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Et les bruits. Oh, les bruits. Le frottement d\u2019une porte, une voix \u00e9touff\u00e9e dans le lointain. Les sons se m\u00ealent, se heurtent, se confondent, en quelque chose d\u2019ind\u00e9finissable.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entr\u00e9e est un th\u00e9\u00e2tre. Des sc\u00e8nes s\u2019y improvisent, des rencontres mises en sc\u00e8ne \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, des passants. Monter ? Descendre ? Attendre ? Ici, tout reste possible,  quelque chose observe l\u2019impr\u00e9vu, oui quelque chose, quoi qu\u2019il en soit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Entr\u00e9e Une fronti\u00e8re. Un seuil. Un lieu o\u00f9 le monde ext\u00e9rieur et l\u2019intimit\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur se heurtent, se croisent, s\u2019\u00e9vitent parfois. Tout commence ici, ou tout finit. Cela d\u00e9pend de ce que l\u2019on porte en soi, ou de ce que l\u2019on laisse derri\u00e8re. \u00c0 droite, un escalier monte, ses marches en pierre polie us\u00e9es par des ann\u00e9es de pas. Il <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/roman-maison-09-14-entree-entrez\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#LVME #09\u00a0|\u00a0entr\u00e9e, entrez<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":604,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7255,7131],"tags":[],"class_list":["post-178271","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-09-perec-medecin-de-quartier","category-roman-maison"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178271","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/604"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=178271"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178271\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":178388,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178271\/revisions\/178388"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=178271"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=178271"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=178271"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}