{"id":178587,"date":"2025-01-23T12:01:19","date_gmt":"2025-01-23T11:01:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=178587"},"modified":"2025-01-23T13:05:27","modified_gmt":"2025-01-23T12:05:27","slug":"lvme-11-la-collection-de-walter-walberg-et-autres-images","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/lvme-11-la-collection-de-walter-walberg-et-autres-images\/","title":{"rendered":"#LVME #11 |\u00a0la collection de Walter Walberg et autres images"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019appartement du rez-de-chauss\u00e9e, l\u00e0 o\u00f9 ont v\u00e9cu les Paturel pendant plus de cinquante ans, est bien trop grand pour abriter une personne seule. Sauf, bien \u00e9videmment, si cet homme ou cette femme est charg\u00e9 d\u2019un lourd fardeau de souvenirs, de douleurs ou d\u2019autres choses encombrantes. Ce qui est pr\u00e9cis\u00e9ment le cas de Walter Walberg qui a pris possession de l\u2019appartement et de son jardin \u00e0 l\u2019automne&nbsp;2019 apr\u00e8s les d\u00e9c\u00e8s simultan\u00e9s de Paul et Pierrette Paturel. De m\u00e9moire de r\u00e9sident du 12 rue \u00c9variste Murray, jamais am\u00e9nagement n\u2019avait autant relev\u00e9 l\u2019attention du voisinage. Pas tant par la quantit\u00e9 de meubles, \u00e9quipements \u00e9lectro-m\u00e9nagers et cartons de diverses tailles qui ont \u00e9t\u00e9 engloutis dans l\u2019appartement, qu\u2019en nombre de tableaux et autres cadres destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre suspendus. Ce que les observateurs de l\u2019arriv\u00e9e de Walter Walberg ne savaient pas, c\u2019est que, lors de sa premi\u00e8re visite, l\u2019homme avait pris des mesures pr\u00e9cises des murs afin d\u2019en d\u00e9terminer la surface exacte dans chaque pi\u00e8ce pour y accrocher sa riche collection de tableaux. Et que cet appartement du rez-de-chauss\u00e9e \u00e9tait l\u2019un des rares qu\u2019il ait visit\u00e9s \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019exigence initiale. Le jardin avait fini par le convaincre pour qu\u2019il l\u2019\u00e9lise au rang de priorit\u00e9 pour devenir sa future demeure. Le reste fut une simple formalit\u00e9 que son compte en banque lui permettait.<br>La collection de Walter Walberg est compos\u00e9e d\u2019une cinquantaine de toiles de toutes dimensions, allant de la miniature de la taille d\u2019une carte postale \u00e0 l\u2019encadrement au format grand monde (130x100cm) et m\u00eame une toile carr\u00e9e de 140&nbsp;cm de c\u00f4t\u00e9s. Mais l\u2019essentiel de sa collection se limite au format raisin (65x50cm) ou au-dessous. Tous les tableaux de sa collection ne sont pas accroch\u00e9s en m\u00eame temps, certaines expositions ne sont que saisonni\u00e8res et les cadres peuvent \u00e9galement changer d\u2019endroit selon la lumi\u00e8re ou, plus simplement les envies de leur propri\u00e9taire. Une pi\u00e8ce du grand appartement sert d\u2019entrep\u00f4t o\u00f9 les toiles non expos\u00e9es peuvent dormir en attendant d\u2019\u00eatre accroch\u00e9es. Enfin, la totalit\u00e9 de la collection r\u00e9pond \u00e0 une th\u00e9matique bien pr\u00e9cise&nbsp;: Walter Walberg poss\u00e8de sans aucun doute l\u2019une des plus grandes collections priv\u00e9es, copies et originaux m\u00e9lang\u00e9s, de tableaux o\u00f9 figurent des parapluies ou des ombrelles. Il s\u2019amuse m\u00eame \u00e0 d\u00e9jouer la m\u00e9t\u00e9o en sortant les parapluies en plein \u00e9t\u00e9 et les ombrelles lorsque le chauffage ronronne. Walter Walberg aime \u00e0 dire que chez lui, il fait la pluie et le beau temps.&nbsp;<br>Le premier tableau de sa collection, offert par une riche h\u00e9riti\u00e8re qui avait succomb\u00e9 une trentaine d\u2019ann\u00e9es auparavant au charme de ce c\u00e9libataire t\u00e9n\u00e9breux, est un original de Gustave Caillebotte repr\u00e9sentant une rue de Paris par temps de pluie. La derni\u00e8re acquisition de sa collection est une \u0153uvre de petite dimension peinte sur bois non sign\u00e9e repr\u00e9sentant un parapluie rouge en train de s\u2019envoler. Entre-temps, il y a une remarquable copie du parasol japonais de Frederick Carl Frieseke glan\u00e9e chez un antiquaire bruxellois, une aquarelle de parapluies multicolores dont les couleurs d\u00e9goulinent avec l\u2019eau de la pluie portant les initiales FR en bas \u00e0 droite ramen\u00e9e d\u2019un vide-grenier \u00e0 Lyon\u2009; il y a des parapluies joyeux\u2009; des ombrelles tristes\u2009; des parapluies mouill\u00e9s\u2009; des parasols d\u00e9lav\u00e9s\u2009; il y a un couple se tenant lui par la taille et elle par le bras et s\u2019\u00e9loignant de dos sous une grande ombre octogonale verte \u00e0 l\u2019abri des gouttes comme autant de tirets blancs verticaux\u2009; il y a un Claude Monet soi-disant original m\u00eame si cela para\u00eet peu probable\u2009; il y a des taches rondes brillant de mille couleurs refl\u00e9t\u00e9es par la chauss\u00e9e d\u00e9tremp\u00e9e\u2009; un Renoir triste et sombre comme un enterrement obscurci par le plafond noir des parapluies en deuil\u2009; deux parasols s\u2019unissant dans un yin et yang stylis\u00e9\u2009; il y a un pastel sign\u00e9 \u00c9douard Manet sorti d\u2019une \u00e9cole des beaux-arts\u2009; il y a un Edward Potthast sur une plage de Long Beach\u2009; un Federico Zandomeneghi dans un champ d\u2019oliviers de Toscane\u2009; un Emile Eisman-Semenowsky dans un patio alg\u00e9rois\u2009; il y a un magnifique douanier Rousseau repr\u00e9sentant une femme en robe rouge dans une for\u00eat exotique portant sur l\u2019\u00e9paule une ombrelle jaune\u2009; il y a tant de tableaux pour faire et d\u00e9faire le temps.<\/p>\n\n\n\n<p>chez les Vincent, un calendrier des PTT est affich\u00e9 dans la salle \u00e0 manger exposant une photo d\u2019une plage de sable trop jaune devant une mer trop verte\u2009;\u00a0<br>chez les Paturel, une photo en noir et blanc d\u2019un homme au visage aust\u00e8re est pos\u00e9e sur la commode de la chambre de la grand-m\u00e8re\u2009;<br>chez les Elissegaray, un tableau sombre pr\u00e9sentant l\u2019entr\u00e9e d\u2019un immeuble est suspendu dans le couloir\u2009;<br>chez les Castelletti, la photo d\u2019une manifestation est gliss\u00e9e dans un livre retra\u00e7ant l\u2019histoire du Parti Communiste Fran\u00e7ais durant la r\u00e9sistance\u2009;<br>chez Quentin Qu\u00e9mener, le portrait de Jean-Paul Sartre est imprim\u00e9 sur la couverture du livre pos\u00e9 sur la table de nuit\u2009;<br>chez les Murray, l\u2019\u00e9cran de la t\u00e9l\u00e9vision en noir et blanc affiche les premi\u00e8res images du dernier \u00e9pisode du feuilleton Fontcouverte\u2009;<br>chez Oriane Otavio, une dizaine de toiles abstraites peintes \u00e0 l\u2019acrylique sont rang\u00e9es dans l\u2019atelier de la peintre\u2009;<br>chez les Paturel, la copie d\u2019un fragment de la tapisserie de Bayeux occupe la presque totalit\u00e9 de la surface d\u2019un mur du salon\u2009;<br>chez les Paturel, encore, une carte postale encadr\u00e9e repr\u00e9sentant la rue centrale d\u2019un village du Haut-Var dans les ann\u00e9es trente est supendue au-dessus du bureau\u2009;<br>chez les Imbert, une gravure repr\u00e9sentant le Pont Charles \u00e0 Prague est accroch\u00e9e au-dessus du lit\u2009;<br>chez Ulysse Uzan, un c\u0153ur trac\u00e9 au stylo bille rouge sur une page \u00e0 petits carreaux est scotch\u00e9 sur la vitre du four \u00e0 micro-ondes\u2009;<br>chez les Paturel, une photo impr\u00e9cise sortie d\u2019une imprimante \u00e0 jet d\u2019encre de l\u2019immeuble vu de dessus est punais\u00e9e pr\u00e8s du bureau dans la chambre des gar\u00e7ons\u2009;<br>chez Georges Grigorian, une photo d\u00e9coup\u00e9e dans un journal repr\u00e9sentant un cycliste portant une m\u00e9daille autour du cou est pos\u00e9e dans son cadre sur le vaisselier\u2009;<br>chez les Kadiri, la photo d\u2019un sommet enneig\u00e9 dans la chaine de l\u2019Atlas est fix\u00e9e avec de la p\u00e2te adh\u00e9sive sur la porte d\u2019entr\u00e9e\u2009;<br>chez les Anderson, une affiche repr\u00e9sentant une voiture de course domine le lit dans la chambre du dernier\u2009;<br>chez les Jourdan, c\u2019est l\u2019affiche du film Le Seigneur des Anneaux qui est dispos\u00e9e au-dessus du lit dans la chambre du fils\u2009;<br>chez les Stankovic, il y un dessin d\u2019enfant repr\u00e9sentant une maison, rang\u00e9 dans un tiroir du bureau\u2009;<br>chez Th\u00e9r\u00e8se Tabarlet, une image de la Sainte-Vierge sert de marque-page dans un livre pos\u00e9 sur le gu\u00e9ridon\u2009;<br>chez Roger Randriamampionona, un paresseux stylis\u00e9 est visible sur la paroi d\u2019une canette de soda dispos\u00e9 dans le r\u00e9frig\u00e9rateur\u2009;<br>chez Yolanda Yann, une \u00e9dition num\u00e9rot\u00e9e 42\/200 d\u2019une eau-forte repr\u00e9sentant le visage de l\u2019\u00e9crivain Georges Perec est suspendue au mur pr\u00e8s de la porte-fen\u00eatre\u2009;<br>chez Fanny Floyd et Firmine Farcy, une repr\u00e9sentation du baron Samedi et de maman Brigitte fait la couverture d\u2019un livre retra\u00e7ant l\u2019art vaudou\u2009;<br>chez No\u00e9mie Noureev, les illustrations des centaines de timbres collectionn\u00e9s envahissent les pages de ses albums\u2009;<br>chez No\u00e9mie Noureev, il y aussi la photo d\u2019une aurore bor\u00e9ale gliss\u00e9e entre les pages d\u2019un de ses albums de timbres\u2009;<br>chez B\u00e9reng\u00e8re Buchet, il n\u2019y a aucune photo de chats, juste une affichette \u00e9pingl\u00e9e dans les toilettes r\u00e9pertoriant les oiseaux de la r\u00e9gion\u2009;<br>chez les Lynagh, une peinture aborig\u00e8ne repr\u00e9sentant l\u2019inselberg d\u2019Ayers Rock est pos\u00e9e sur une chaise\u2009;<br>chez les Herrmann, un calendrier dans lequel figurent les photos des sp\u00e9cialit\u00e9s culinaires alsaciennes est accroch\u00e9 dans la cuisine\u2009;<br>chez les Dunand, le miroir de la salle de bain refl\u00e8te chaque matin une image de la transformation adolescente du fils\u2009;<br>chez les Stankovic, une photo en couleurs dans le salon rappelle les jours heureux de la famille un jour de vacances au bord de la mer\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/mike-petrucci-f6Xv0xs9JWg-unsplash-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-178593\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/mike-petrucci-f6Xv0xs9JWg-unsplash-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/mike-petrucci-f6Xv0xs9JWg-unsplash-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/mike-petrucci-f6Xv0xs9JWg-unsplash-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/mike-petrucci-f6Xv0xs9JWg-unsplash-1536x1152.jpg 1536w, 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