{"id":179242,"date":"2025-02-04T17:22:53","date_gmt":"2025-02-04T16:22:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=179242"},"modified":"2025-02-04T22:08:43","modified_gmt":"2025-02-04T21:08:43","slug":"boost-00-bailly-rue-du-bout-du-monde-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-00-bailly-rue-du-bout-du-monde-2\/","title":{"rendered":"#boost #00 | Bailly, rue du Bout du Monde"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>43.833328 Y: 5.7 ; DMS X: 43\u00b0 49&prime; 59.98&Prime; Y: 5\u00b0 42&prime; 0&Prime; ; UTM (en m\u00e8tres) Zone 31T X: 717079 Y<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En ce bout du monde, des chiffres et des lettres grav\u00e9s sur une rose des vents, inscrits comme une \u00e9quation incertaine qui scande la rondeur de la terre, \u00e0 l&rsquo;est le village et ses toits de tuiles rondes, \u00e0 l&rsquo;ouest la rotonde du ch\u00e2teau en b\u00e9ton battu, massif et silencieux, t\u00e9moin d\u2019un autre temps. L\u00e0, une ruelle \u00e9troite qui serpente, elle d\u00e9bouche estuaire encombr\u00e9 de restes \u00e9pars, une poubelle ouverte sur un quotidien qu\u2019on jette ; deux anciennes b\u00e2tisses de quartier se dressent, d\u00e9s\u0153uvr\u00e9es, empes\u00e9es dans le souffle de l\u2019oubli. Elle m\u00e8ne \u00e0 l\u2019arri\u00e8re d\u2019une maison qui garde son myst\u00e8re, un silence de pierre, un mur dont la porte de bois semble peser de toute l\u2019histoire qu\u2019elle retient. Par-del\u00e0, rien, pas un bruit, pas une rumeur, seulement le poids dense de l\u2019impasse. Un retour \u00e0 la rotonde s\u2019impose, un pas puis un autre, en contournant la colline du Castella.<br>Le chemin est rugueux sous les semelles il se fait fil tendu entre les buissons d\u2019\u00e9pineux, les bouquets de thym et de laurier qui s\u2019accrochent aux l\u00e8vres du sol, les roses tr\u00e9mi\u00e8res insolentes jaillissent sans logique du goudron, \u00e9clats de vie incongrus et tenaces. L\u00e0, un pigeonnier d\u00e9fra\u00eechi, une maison de Parisiens en vacances, traces \u00e9ph\u00e9m\u00e8res de passages saisonniers. Puis, la mont\u00e9e vers le Castella, les pas qui se font lourds, le souffle court, l\u2019effort qui ouvre enfin l\u2019horizon, d\u00e9roule un panorama sur la vall\u00e9e de la Durance, la rivi\u00e8re qui d\u00e9file, serpente entre les replis d\u2019une g\u00e9ographie ancienne insaisissable.<br>Face au Castella, le Moulin de Montfuron, silhouette d\u2019un autre si\u00e8cle, pos\u00e9 sur la cr\u00eate comme un guetteur immobile. Ses ailes arrach\u00e9es par le vent, il veille. Il porte en lui des histoires, des secrets enfouis. Ici, on raconte qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de tout, des disparitions, des d\u00e9parts sans retour. Un personnage de polar \u00e0 ciel ouvert, fig\u00e9 dans le vent, complice muet du mistral qui hurle et emporte les traces.<\/p>\n\n\n\n<p>Devant des jardins s\u2019\u00e9tirent en strates odorantes, des pins s\u2019\u00e9lancent, des lavandes ondulent, des bignones \u00e9clatantes. Plus loin, des champs de bl\u00e9, des collines, et puis, l\u00e0-bas, ITER, monolithe de science, la centrale de recherche sur la fusion, l\u2019imitation fragile du c\u0153ur du soleil, promesse d\u2019une \u00e9nergie durable et pure, lib\u00e9r\u00e9e des poisons invisibles.<br>La Durance se glisse, esquisse des courbes trace sa propre histoire dans la terre et la roche avant de se fondre, fil conducteur qui rejoint d\u2019autres horizons, des bouts de monde encore \u00e0 parcourir. L\u00e0-bas la Sainte-Victoire de C\u00e9zanne, surveill\u00e9e par les aigles, effleur\u00e9e par les fauvettes, fr\u00f4l\u00e9e par les bruants qui tracent d\u2019autres routes.<br>Le mistral souffle ici avec une force indomptable, un vent sauvage qui balaie les collines, d\u00e9racine les certitudes et courbe les cypr\u00e8s comme de fr\u00eales roseaux. Il s\u2019engouffre dans les ruelles, siffle entre les b\u00e2tisses, emporte avec lui des brass\u00e9es d\u2019aiguilles de pin et de poussi\u00e8re dor\u00e9e. Il creuse le ciel, le lave de tout nuage, offrant aux jours le bleu absolu \u00e9clatant et souverain tranchant de l\u2019azur, il r\u00e9sonne comme une note suspendue. Sous cette lumi\u00e8re crue qui embrase la pierre et les feuillages d\u2019une clart\u00e9 mordor\u00e9e chaque contour se d\u00e9coupe avec une pr\u00e9cision implacable, chaque ombre tranche net, projetant sur les fa\u00e7ades un jeu de contrastes fulgurant, une pr\u00e9cision irr\u00e9elle. Le mistral, une pr\u00e9sence, un battement, une cadence impr\u00e9visible qui sculpte le paysage et marque les visages. Il gifle, caresse, gronde, se tait, puis revient, impitoyable et joueur, gardien invisible de cette terre battue de soleil et rythm\u00e9e par le chant obs\u00e9dant des cigales.<br>\u00c0 la tomb\u00e9e du jour, le ciel proven\u00e7al se pare d\u2019un bleu profond, une vo\u00fbte immense o\u00f9 les premi\u00e8res \u00e9toiles \u00e9clatent dans une lumi\u00e8re fragile. Puis viennent les filantes, traits fugaces qui z\u00e8brent l\u2019obscurit\u00e9, esquissant des promesses secr\u00e8tes. La nuit se tend en silence, constell\u00e9e de points incandescents, t\u00e9moins imm\u00e9moriaux des voyages cosmiques cherchant, en attente d\u2019autres bouts de monde.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Alenko-Au-dela-de-Gaia.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>43.833328 Y: 5.7 ; DMS X: 43\u00b0 49&prime; 59.98&Prime; Y: 5\u00b0 42&prime; 0&Prime; ; UTM (en m\u00e8tres) Zone 31T X: 717079 Y En ce bout du monde, des chiffres et des lettres grav\u00e9s sur une rose des vents, inscrits comme une \u00e9quation incertaine qui scande la rondeur de la terre, \u00e0 l&rsquo;est le village et ses toits de tuiles rondes, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-00-bailly-rue-du-bout-du-monde-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#boost #00 | Bailly, rue du Bout du Monde<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":604,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7303,7302],"tags":[],"class_list":["post-179242","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-boost-01-bailly-bout-du-monde","category-boost"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179242","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/604"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=179242"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179242\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":179274,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179242\/revisions\/179274"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=179242"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=179242"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=179242"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}