{"id":179245,"date":"2025-04-15T16:44:06","date_gmt":"2025-04-15T14:44:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=179245"},"modified":"2025-04-15T19:21:02","modified_gmt":"2025-04-15T17:21:02","slug":"boost-2025-francoise-renaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-2025-francoise-renaud\/","title":{"rendered":"#boost #00 \u00e0 #10 | travers\u00e9es, hiver &amp; printemps 2025"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><em><a href=\"#00-plage-des-fees\">#00 plage des F\u00e9es<\/a><br><a href=\"#01-elle-ne-fait-que-donner\">#01 crisse marmonne craqu\u00e8le<\/a><\/em><br><em><a href=\"#02-porte-int\u00e9rieur-porte\">#02 presque le soir sans doute<\/a><\/em><br><em><a href=\"#03-la-peur-en-l'autre\">#03 sa vie m\u00eame<\/a><\/em><br><a href=\"#04-tenir-t\u00eate\" data-type=\"internal\" data-id=\"#04-tenir-t\u00eate\"><em>#04 et qui sourd en soi<\/em><\/a><br><em><a href=\"#5-le-cri\" data-type=\"internal\" data-id=\"#5-le-cri\">#05 et c&rsquo;est ici que la rage invisible<\/a><br><a href=\"#6-le-visage-qu'il-va-peindre\">#06 ainsi marqu\u00e9e<\/a><\/em><br><em><a href=\"#7-conjurations\">#07 il n&rsquo;y aura qu&rsquo;une peur<\/a><\/em><br><em><a href=\"#08-travers\u00e9es-du-temps\">#08 travers\u00e9es du temps<\/a><\/em><br><em><a href=\"#9-une-vraie-minute\">#09 une vraie minute<\/a><br><a href=\"#10-aller-aller\">#10 aller aller<\/a><\/em><\/h4>\n\n\n\n<div style=\"height:25px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\"><em>#00 bout du monde<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"575\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1150295-1024x575.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-179246\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1150295-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1150295-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1150295-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1150295-1536x863.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1150295-2048x1151.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">c\u00f4te de jade, \u00a9fran\u00e7oise renaud, 2022<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><em><strong>Plage des F\u00e9es 47\u00b007\u201905\u2019\u2019N2\u00b010\u201901\u2019\u2019W<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Ici c\u2019est la mer qui commande, commande la terre et ses bordures, \u00e9rode les roches et les arbres, ici la mer s\u2019annonce quel que soit l\u2019endroit o\u00f9 l\u2019on se tient dans le pays, et sit\u00f4t qu\u2019on se met \u00e0 marcher, l\u2019air se transforme et nous conduit forc\u00e9ment dans la bonne direction tout au bout de la terre et \u00e0 chaque fois \u00e7a ressemble \u00e0 un bout du monde<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">touristes rares \u00e0 l\u2019\u00e9poque, petites routes de la c\u00f4te d\u00e9sertes, sentiers libres et sauvages, chacune s\u2019initiant dans les champs et prairies de l\u2019int\u00e9rieur s\u2019orientant \u00e0 un moment donn\u00e9 vers le sud, cette fois emprunter la route de la Plage du Portmain (sans doute qu\u2019elle ne portait pas encore ce nom-l\u00e0), maisons basses accroupies pour mieux se prot\u00e9ger des vents forts, jardins aux bordures v\u00e9g\u00e9tales exub\u00e9rantes, bient\u00f4t gramin\u00e9es ondulantes sur les talus schisteux dominant la surface liquide bleue ou verte (ce jour-l\u00e0 il n\u2019y a personne), d\u00e9passer la cale \u00e0 d\u00e9riveurs et le petit parking pas commode \u00e0 man\u0153uvrer, poursuivre \u00e0 droite vers le nord-ouest le chemin des Fontenis, en g\u00e9n\u00e9ral \u00e7a souffle et il n\u2019y a rien \u00e0 enlever au paysage, il est brut puissant et infini, ses horizons secrets et mauves<br>et juste apr\u00e8s la plage des F\u00e9es, plantes \u00e0 l\u2019unisson constituant la lande ponctu\u00e9e d\u2019arbres g\u00e9ants habitu\u00e9s des temp\u00eates,&nbsp;<br>avancer \u00e0 pied ou \u00e0 v\u00e9lo,<br>terre d\u00e9tremp\u00e9e (c\u2019est l\u2019hiver), larges flaques abreuvoirs pour les traquets motteux des taillis, ajoncs ramass\u00e9s en zones denses imp\u00e9n\u00e9trables o\u00f9 cohabitent des oiseaux et des lapins et d\u2019autres animaux, troncs de cypr\u00e8s lamberts abattus ci et l\u00e0 offerts \u00e0 la d\u00e9gradation in\u00e9luctable.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Ici, r\u00e9seau de sentiers que j\u2019ai parcourus dans tous les sens depuis ma naissance, aucun panneau indicateur, ici c\u2019est la mer qui sert de rep\u00e8re et aussi son odeur, elle fait partie de moi, et quand les vagues se faisaient d\u00e9ferlantes en \u00e9t\u00e9 j\u2019aimais m\u2019y rendre en v\u00e9lo avec les camarades les plus t\u00e9m\u00e9raires pour rouler dans ces vagues qui d\u00e9chiraient le rivage en travers et lutter contre les courants, s\u2019\u00e9tourdir \u00e0 y perdre le souffle sans jamais avoir peur (\u00e0 pr\u00e9sent il y a des bancs pour les promeneurs et des palissades pour les emp\u00eacher d\u2019\u00e9corcher la lande \u00e0 trop approcher des falaises), si belles et dangereuses ces franges maritimes qui ourlent le pays de campagne.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:29px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"01-elle-ne-fait-que-donner\" style=\"font-size:22px\"><em>#01 quatre strates de la terre<\/em><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"575\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170687-1024x575.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-179833\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170687-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170687-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170687-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170687-1536x863.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170687-2048x1151.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">sol, \u00a9fran\u00e7oise renaud, 2023<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>crisse marmonne craqu\u00e8le <\/em><\/strong><br>(<em><strong>elle ne fait que donner<\/strong><\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:11px\">ST1&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Terre entourant composant le domaine \u2014&nbsp;on la voit depuis les fen\u00eatres ou quand on roule en voiture dans le pays de collines et de petites for\u00eats. En champ en friche en bois en prairie. En rotation de saison en saison, en mutation depuis la feuillaison jusqu\u2019au temps de la perte, en r\u00e9ception de ce qui vient d\u2019en-haut. Terre vivante respirante. Terre absorbant tout ce qui tombe sur elle, r\u00e9sidus v\u00e9g\u00e9taux, pollutions, poussi\u00e8res d\u2019\u00e9toile, et toute cette eau qui vient par secousses ou en bruine et qui modifie sa texture et sa couleur. C\u2019est selon la nature de la pluie, selon la nature de la pente, selon l\u2019esp\u00e8ce des arbres s\u2019il y en a. Terre \u00e0 peine humide et sombre. Ou alors mottes collantes. Ou alors grasse et luisante. Ou alors inond\u00e9e, larges flaques dessinant des marelles qui refl\u00e8tent le ciel dans les champs. Pattes d\u2019aigrettes blanches plant\u00e9es l\u00e0, fid\u00e8les \u00e0 ces parcelles o\u00f9 elles trouvent leur lot.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:11px\"><br>ST2&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">je parle crisse marmonne craqu\u00e8le je sors je lui parle \u00e0 elle comme au ciel je glisse dans la pente je criaille d\u00e9rape je me casse les os mes mots d\u00e9rapent et ruiss\u00e8lent dans la pente qui transporte toute chose glisse et d\u00e9rape ma langue s\u2019embourbe dans la vase tant que la pluie tombe je r\u00e2le chuchote marmonne en prends mon parti quand ma bouche se remplit de terre contrairement au bec de l\u2019aigrette qui la filtre crisse craqu\u00e8le les d\u00e9bris de coquilles les os bris\u00e9s enterr\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:11px\">ST3&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Mes pieds avancent dans la terre douce et ti\u00e8de. Parfois froide et pleine de cailloux. Mon corps se penche. Mes mains se battent avec elle, s\u2019ins\u00e8rent en elle, dessinent des niches et des sillons pour semer planter. Une belle terre capable de nourrir. L\u2019herbe aussi peut nourrir, les lapins, les brebis, les fourmis. Les oiseaux fouillent avec leur bec dans l\u2019herbe et dans la terre. Ils trouvent de quoi manger. Je n\u2019ai pas d\u2019organe pour faire comme eux, seulement des pieds \u00e0 poser dans l\u2019herbe pour marcher et glisser dans la pente, et des mains pour pr\u00e9parer la terre sous l\u2019herbe et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019herbe, pour caresser les \u00e9corces arrach\u00e9es par la temp\u00eate. Je m\u2019assois sur le sol, gratte avec mes ongles quand \u00e7a r\u00e9siste, attrape un outil. Je me d\u00e9brouille avec sa chair, en retour elle ne fait que donner.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:11px\">ST4<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">La racine r\u00e9clame de se faufiler jusqu\u2019au granite.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Tout ce qui est vivant crie dans le silence des mottes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:29px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"02-porte-int\u00e9rieur-porte\" style=\"font-size:22px\"><em>#02 porte int\u00e9rieur porte <\/em><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170787-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-180595\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170787-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170787-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170787-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170787-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1170787-2048x1151.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9fran\u00e7oise renaud, 2024<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>Presque le soir sans doute<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Presque le soir sans doute porte \u00e0 demi ouverte porte de la chambre des parents mais rien n\u2019est ordinaire ce jour-l\u00e0 il y a du monde dans la pi\u00e8ce une seule fen\u00eatre avec voilages tir\u00e9s la morte la petite morte est couch\u00e9e sous le drap blanc elle est mont\u00e9e au ciel c\u2019est la premi\u00e8re porte pouss\u00e9e de ma vie rien que pleurs supports \u00e0 ma m\u00e9moire parce que c\u2019est un fait voil\u00e0 \u00e7a a bien commenc\u00e9 comme \u00e7a. Autre porte soudainement dessin\u00e9e dans le mur au milieu des motifs d\u00e9suets de la tapisserie violette dont la poign\u00e9e r\u00e9siste il faut pousser fort trouver le bon mouvement du poignet accompagn\u00e9 d\u2019une pouss\u00e9e du genou pour d\u00e9tacher le battant du chambranle et d\u00e9couvrir derri\u00e8re une sorte d\u2019endroit sombre et sauvage avec comme un grouillement dans le sol terreux o\u00f9 l\u2019on sent que la nature pourrait \u00e0 nouveau jaillir prendre possession du b\u00e2timent tout recouvrir envahir c\u2019est comme une sensation de terre puissante. Et puis l&rsquo;autre sans poign\u00e9e qu\u2019on croirait enti\u00e8rement tiss\u00e9e de mati\u00e8res v\u00e9g\u00e9tales dissimul\u00e9e dans l\u2019obscurit\u00e9 un peu comme la porte d\u2019un temple qu\u2019on h\u00e9site \u00e0 emprunter tant elle est ancienne et peut-\u00eatre bien que son seuil est instable ou maudit ou les deux la franchir pourtant marcher vers la seule lumi\u00e8re vacillante d\u2019une lanterne pos\u00e9e sur une table ou un autel et cette lumi\u00e8re faible incertaine qui m&rsquo;encourage et guide mon voyage. Celle-ci de grandes dimensions avec de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 une lumi\u00e8re aveuglante en provenance d\u2019une large baie vitr\u00e9e qui donnerait sur la mer pas de doute c\u2019est une lumi\u00e8re qui dans l\u2019heure de midi \u00e9blouit les gens de la famille r\u00e9unis \u00e0 table comme dans un tableau de ma\u00eetre leurs gestes suspendus et les expressions de leurs visages impossibles \u00e0 saisir. Une porte de service \u00e0 l\u2019arri\u00e8re id\u00e9ale pour s\u2019\u00e9chapper sans savoir qui est l\u00e0 ou qui manque \u00e0 l\u2019appel juste s&rsquo;\u00e9vanouir. Un peu la m\u00eame qui \u00e9chappe au regard car dissimul\u00e9e en arri\u00e8re d\u2019un lourd rideau donnant sur une cage d\u2019escalier qui sent la cuisine et l\u2019humidit\u00e9 on dirait un lieu tr\u00e8s ancien aussi mais il n\u2019y a personne il n\u2019y a pas de cris pas de bruits. Une autre confondue dans le mur pas de loquet pas de serrure il suffit de la remarquer et de la pousser simplement avec l\u2019\u00e9paule afin d\u2019atteindre la galerie o\u00f9 se r\u00e9fugient les corps de ceux qui ne tiennent pas en place parce qu\u2019ils sont maudits ind\u00e9sir\u00e9s voire d\u00e9rangeants \u00e9nervants et l\u00e0 comme condamn\u00e9s pas d\u2019autre issue on ne peut que la poursuivre jusqu\u2019au bout. Et puis il y en a une encore qui donne sur une corniche en plancher qui fait le tour de l\u2019\u00e9tage et propose diff\u00e9rentes portes qui ouvrent sur des chambres occup\u00e9es par des invit\u00e9s rassembl\u00e9s pour la circonstance sans doute une noce en grande pompe ou un anniversaire exceptionnel et tout va s\u2019agiter longtemps jusqu\u2019\u00e0 pas d\u2019heure puis grand calme abattu sur une courte nuit les rires dans la coursive. Encore une autre celle que je pr\u00e9f\u00e8re qui a une odeur de jardin et qui permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 d\u2019autres espaces plus fluides plus a\u00e9riens. Ainsi de suite.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">j'avais entendu que la proposition d'\u00e9crire disait : une porte une phrase un int\u00e9rieur, puis une autre porte une autre phrase, et l'id\u00e9e aussi de reparcourir des moments diff\u00e9rents encha\u00een\u00e9s de notre vie<br>et c'est ce rythme en un seul bloc qui m'a contrainte et guid\u00e9e<br>\u00e7a aurait pu aller toute la nuit de r\u00e9el en r\u00e9el, de r\u00eave en r\u00eave<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:39px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"03-la-peur-en-l'autre\" style=\"font-size:22px\"><em>#03 la peur en l&rsquo;autre<\/em><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1010075-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-181071\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1010075-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1010075-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1010075-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1010075-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1010075-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9fran\u00e7oise renaud, C\u00e9vennes 2018<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>Sa vie m\u00eame<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">ce n\u2019est pas se souvenir, c\u2019est dire sa vie m\u00eame, sa jeune vie dans le village de Taiknalundur<br>elle l\u2019enfant Dalia, fille de Mermel, dix ans pas plus<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">elle dit qu\u2019elle a<br><br>peur d\u2019aller au-del\u00e0 des remparts dans les zones interdites aux enfants, peur d\u2019\u00eatre prise en flagrant d\u00e9lit mais oser le faire quand m\u00eame, peur de se faire gronder, peur de la for\u00eat, peur de ce qui gronde dans la for\u00eat, peur de croiser le loup ou le diable (dans ce pays c\u2019est l\u2019ours le plus dangereux, l\u2019un d\u2019eux avait terrass\u00e9 le grand chef Linagred), peur de franchir la ligne, peur d\u2019approcher la fronti\u00e8re tellement envie pourtant, peur du sauvage, peur des b\u00eates cruelles et du torrent sauvage qui emporte jusqu\u2019\u00e0 la mer, peur de l\u2019inconnu, peur des hommes inconnus, peur peur peur \u00e0 voir les hommes comme ils font avec leurs yeux et leurs mains quand ils ont bu, peur des hommes qui braillent, peur des cris, peur des regards qui plongent dans le corps des fillettes et des femmes et des mains qui forcent, peur des rapaces qui mangent les yeux, peur des montagnes si hautes qu\u2019on ne s\u2019en sort jamais vivant, peur des points immobiles qui brillent dans le ciel et ressemblent \u00e0 des astres ignor\u00e9s, peur que les lapereaux derniers-n\u00e9s meurent de froid ou de maladie, peur qu\u2019il n\u2019y ait plus rien \u00e0 manger sinon des os et des lani\u00e8res de cuir \u00e0 sucer, peur que la vie s\u2019arr\u00eate tout court, peur que le soleil ne revienne jamais du moins pas assez fort pour faire pousser l\u2019orge, peur de ne pas se r\u00e9veiller apr\u00e8s une nuit blanche de neige, peur d\u2019\u00eatre s\u00e9par\u00e9e du clan et d\u2019\u00eatre ensevelie dans un \u00e9boulis de rocher, peur de Mermel son p\u00e8re quand il est en col\u00e8re, peur qu\u2019il ne revienne pas de la chasse tu\u00e9 par un ours, peur du torrent qui avale le cadavre des p\u00e8res qui ne rentrent pas de la chasse \u00e7a s\u2019est d\u00e9j\u00e0 vu dans les provinces de l\u2019Est, peur de ne pas savoir quand il faut prendre ses jambes \u00e0 son cou, peur de sortir du village envie pourtant<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">j'ai choisi de retrouver l'enfant Dalia, personnage d'un de mes chantiers en cours que j'aime appeler \"Mes hommes du Nord\", l'enfant Dalia ne parle jamais, elle ne fait qu'observer ce qui arrive \u00e0 Taiknalundur<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:18px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"04-tenir-t\u00eate\" style=\"font-size:22px\"><em>#04 tenir t\u00eate<\/em><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1070940-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-181607\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1070940-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1070940-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1070940-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1070940-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P1070940-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9fran\u00e7oise renaud, jardin 2023<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:18px\"><em>Qui sourd en soi<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Tenir t\u00eate \u00e0 la tradition et aux obligations&nbsp;\u2013&nbsp;trahir la confiance de la m\u00e8re qui vous croit \u00e0 la messe et le p\u00e8re qui veut vous voir r\u00e9ussir et le fr\u00e8re qui lui file doux&nbsp;\u2013&nbsp;trahir les principes sur lesquels ils se sont appuy\u00e9s tous longtemps avant soi \u2013 fuir loin du giron&nbsp;\u2013&nbsp;fuir prendre sa libert\u00e9 \u00e9chapper au carcan s\u2019\u00e9lever contre&nbsp;\u2013&nbsp;je ne veux pas non je ne veux pas&nbsp;\u2013&nbsp;oui mais tu verras plus tard quand tu n\u2019auras plus rien \u00e0 quoi te raccrocher&nbsp;\u2013&nbsp;eh bien alors oui je verrai ce qui se passera \u00e7a m\u2019est bien \u00e9gal et je tiens t\u00eate grogne m\u2019insurge impossible de faire autrement tous mes sens engorg\u00e9s rougeoyants&nbsp;\u2013&nbsp;Tenir t\u00eate oser avancer dans l\u2019all\u00e9e sombre et \u00e9troite sous les arbres o\u00f9 guettent les dangers&nbsp;\u2013&nbsp;tenir t\u00eate avec le corps avec le ventre toute la force du ventre quand on est dress\u00e9 face \u00e0 l\u2019ennemi face \u00e0 la barri\u00e8re \u00e0 la falaise \u00e0 la peur quand on sait que tout demeure possible&nbsp;\u2013&nbsp;non je ne veux pas je ne veux pas me pr\u00e9occuper de l\u2019apr\u00e8s juste respirer me tenir \u00e0 flot me hisser \u00e0 n\u2019importe quel endroit de la rive&nbsp;\u2013&nbsp;tenir \u00e0 table tenir sous le regard des oncles tenir jusqu\u2019\u00e0 la limite rejoindre les chiens qui jouent dehors s\u2019enfuir&nbsp;\u2013&nbsp;tenir t\u00eate lever la t\u00eate&nbsp;\u2013&nbsp;jeter les yeux en avant tout en gardant les mots dans la gorge ce sera pour plus tard la d\u00e9livrance&nbsp;\u2013&nbsp;une longue respiration comme en ce soir de printemps quelque chose qui vous fait frissonner quelque chose qui ressemble au temps int\u00e9rieur au temps qui n\u2019est qu\u2019\u00e0 soi et qui sourd en soi&nbsp;\u2013&nbsp;Fuir oser pas peur<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:38px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"5-le-cri\" style=\"font-size:22px\"><em>#05 le cri<\/em><\/h4>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>Et c&rsquo;est ici que la rage invisible<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Tenir t\u00eate encore ici | retenir le cri le cri dedans enferm\u00e9 la r\u00e9volte d\u00e9j\u00e0 de la fillette que le p\u00e8re oublie de regarder | sa plainte \u00e0 elle qui creuse un trou comme dans l\u2019espace et la puissance des astres en rotation | sans doute qu\u2019elle se dresse pour que le cri progresse \u00e0 travers les mati\u00e8res les tissus de son corps de fille qui veut grandir et qui r\u00eave qu\u2019elle tombe dans le noir entre les \u00e9toiles | d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e elle l\u00e8ve la t\u00eate vers lui le p\u00e8re qui crie lui aussi sur tout le monde il ne sait pas faire autrement et elle l\u00e8ve la t\u00eate vers lui \u00e0 se courber \u00e0 se briser les vert\u00e8bres | elle n\u2019a pas peur | sa bouche dessine le cri&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Et c\u2019est ici que la rage invisible commence \u00e0 tourner dans la bouche<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Codicille&nbsp;: tr\u00e8s peu de temps cette semaine, juste r\u00e9unir les derni\u00e8res sensations v\u00e9cues en ces temps d'\u00e9criture de Boost \u00e0 la lueur des cataractes, mettre ensemble comme le r\u00eave rassemble dans le sommeil<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:27px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"6-le-visage-qu'il-va-peindre\" style=\"font-size:22px\"><em>#06 le visage qu&rsquo;il va peindre<\/em><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200576-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-182555\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200576-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200576-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200576-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200576-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200576-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9fran\u00e7oise renaud, 16 mars 2025<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>Ainsi marqu\u00e9e<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">il surgit resurgit sans cesse, inscrit dans les yeux depuis l\u2019enfance, imprim\u00e9 en dedans \u00e0 cause du cri, visage qui rugit grimace fronce les peaux ramollies avec l\u2019\u00e2ge et la fatigue du vivre, crie sans savoir qu\u2019il crie et qu\u2019il fait peur aux enfants comme si dans le pass\u00e9 tout se r\u00e9sumait \u00e0 la crainte des mots qu\u2019il \u00e9tait sur le point de prononcer et des d\u00e9cisions qu\u2019il prendrait pour lui et pour sa famille, forc\u00e9ment gardant la main sur tout parce qu\u2019il est l\u2019\u00e9poux le p\u00e8re,<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">et c\u2019est par le souffle rauque qu\u2019il poss\u00e8de les siens impose sa loi, ses traits durs contract\u00e9s (on dirait comme des traits de peinture au couteau sur les joues et au bord des yeux) distordus par l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019\u00e9prouver autre chose que de la col\u00e8re et de la frustration et qui radote par petits bouts des exploits invent\u00e9s, tout ce qui se r\u00e9v\u00e8le s\u2019accentue dans le rapprochement soudain de la t\u00eate courrouc\u00e9e \u00e0 l\u2019entour du corps (petit corps de fillette le mien sans doute oui le mien), toutes les expressions connues vol\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rents moments des jours et des nuits soudain confondues en une seule et unique impression qui d\u00e9vaste, sa t\u00eate rapace griffant cinglant l\u00e0 o\u00f9 le regard se fixe, sa bouche tendue comme un fil, il tient le d\u00e9fi, il n\u2019abandonne jamais,<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">et ce geste ex\u00e9cut\u00e9 par le petit corps pour prot\u00e9ger son visage de la b\u00e9ance s\u00e9v\u00e8re, ce recul alors qu\u2019il attend de l\u2019amour<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">ainsi marqu\u00e9e, j\u2019en garde l\u2019image<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:29px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"7-conjurations\" style=\"font-size:22px\"><em>#07 conjurations<\/em><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200193_NB-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-182926\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200193_NB-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200193_NB-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200193_NB-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200193_NB-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200193_NB-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9fran\u00e7oise renaud, automne 2024<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>Il n&rsquo;y aura qu&rsquo;une peur<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>1<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Il n\u2019y aura qu\u2019une peur, celle de souffrir de la mort, de la venue de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">tout \u00e7a ne tiendra \u00e0 rien<br>froissement fulgurance frisson<br>tu observeras les corps d\u2019oiseau affair\u00e9s dans les haies<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">tu les connais, fillette, tu les \u00e9pies souvent<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">tu d\u00e9nicheras les b\u00eates sortant du long repos d\u2019hiver et tu leur porteras l\u2019eau et le gras n\u00e9cessaire \u00e0 leur r\u00e9surrection, tu caresseras leur fourrure, rugiras tout comme elles avec cette force organique qui n\u2019appartient qu\u2019au cri et aux espaces premiers, tu seras li\u00e9e \u00e0 l\u2019origine, tu conna\u00eetras la source &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>2<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Il n\u2019y aura plus qu\u2019une peur, celle du noir de la fin.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">t\u2019emplir de la douceur du geste, porter la main vers la peau, vers la terre noire, vers la plantule fragile qui attend de trouver sa nourriture, t\u2019emplir la bouche de violettes, avaler une part de soleil<br>t\u2019emplir du suc de l\u2019arbre et recracher la terre, te rincer avec l\u2019eau du puits, laver le sang<br>t\u2019emplir la bouche du nom des amis apparus et disparus, passer \u00e0 travers ta peur de la perte pour t\u2019attacher profond\u00e9ment<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"08-travers\u00e9es-du-temps\" style=\"font-size:22px\"><em>#08 travers\u00e9es du temps<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200150-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-183617\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200150-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200150-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200150-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200150-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1200150-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">mon jardin, \u00a9fran\u00e7oise renaud, \u00e9t\u00e9 2024<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>Sans cesse l&rsquo;enfance \u00e0 rebours <\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moment de la venue au jour<br>moment du cri, la douleur de chair chez elle escort\u00e9e par le cri &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moments suspendus, seule avec le tout-petit avant de rentrer \u00e0 la maison<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moments de s\u00e9paration, le pass\u00e9 le pr\u00e9sent, le noir le blanc, l\u2019avanc\u00e9e le retrait, quand tout se d\u00e9fait s\u2019enflamme se d\u00e9balle se d\u00e9truit<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moment au centre du b\u00e2timent o\u00f9 se prom\u00e8nent les monstres et les fant\u00f4mes de la nuit<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">l\u2019espace, la chute sans fin, le corps qui plonge dans la stupeur \u00e0 cause des pens\u00e9es noires &nbsp;<br>sans cesse l\u2019enfance \u00e0 rebours<br>sans cesse l\u2019appel \u00e0 la tendresse<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">et puis la peur \u00e0 cause de l\u2019autre incapable de tendre la main, \u00e0 cause des r\u00e9surgences br\u00fblantes de l\u2019enfance qui obscurcissent le cerveau et d\u00e9roulent des sc\u00e8nes oubli\u00e9es, film muet en noir et blanc projet\u00e9 en boucle et en arri\u00e8re-plan &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moments \u00e0 peine entrevus dans la bri\u00e8vet\u00e9 d\u2019une lumi\u00e8re clignotante, aveuglante, charg\u00e9e des poussi\u00e8res de plan\u00e8tes lointaines, le genre de lumi\u00e8re qui r\u00e9anime d\u2019autres moments \u00e9cart\u00e9s du souvenir comme pass\u00e9s \u00e0 la trappe<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moments exempts de sens avec sensation de d\u00e9chirure si intense qu\u2019elle ne peut \u00eatre dite<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moment de miracle face \u00e0 l\u2019aube nouvelle toute habit\u00e9e de piaillements d\u2019oiseaux<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">basculements arrachements lignes bris\u00e9es secousses s\u00e9ismes violences rapprochements soudains<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moments en d\u2019autres pays qui racontent des histoires ignor\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moments de d\u00e9composition de l\u2019espoir<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">secrets rages d\u00e9bordements ardeur des sentiments et des saisons flamboyantes qui tournent en temp\u00eates&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">moments d\u2019\u00e9treinte, chaleur, mains serr\u00e9s, regards pour se r\u00e9concilier<br>moments de l\u2019abandon du corps \u00e0 cause de la fi\u00e8vre ou de l\u2019amour<br>moments de gr\u00e2ce avant le soir<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:28px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"9-une-vraie-minute\" style=\"font-size:22px\"><em>#09 une vraie minute<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"575\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1190023-1024x575.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-183926\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1190023-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1190023-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1190023-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1190023-1536x863.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/P1190023-2048x1151.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>Souvenir du murmure<\/em><\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><em>Moment \u00e0 peine entrevu dans la bri\u00e8vet\u00e9 d\u2019une lumi\u00e8re clignotante, aveuglante, charg\u00e9e des poussi\u00e8res de plan\u00e8tes lointaines, le genre de lumi\u00e8re qui r\u00e9anime d\u2019autres moments \u00e9cart\u00e9s du souvenir comme pass\u00e9s \u00e0 la trappe<\/em> et qui d\u00e9ploie le temps on se demande comment, un peu \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019une carte ouverte sur la table de la salle \u00e0 manger dans l\u2019attente d\u2019un voyage, un lien sans doute entre la lumi\u00e8re (qualit\u00e9 tonalit\u00e9 intensit\u00e9) et l\u2019espace large o\u00f9 elle s\u2019\u00e9tale entra\u00eenant dans son sillage un sentiment unique et troublant li\u00e9 \u00e0 la vie et \u00e0 la mort, \u00e0 ce passage du souffle au n\u00e9ant qu\u2019on a rarement l\u2019occasion de saisir \u2014&nbsp;en veillant au chevet de l\u2019autre qui s\u2019approche de l\u2019ultime fronti\u00e8re, on s\u2019absente un instant, on s\u2019assoupit, d\u00e9j\u00e0 le moment enfui \u00e0 travers la for\u00eat profonde &nbsp;\u2014 et aussi sans doute qu\u2019il y a ce murmure, cette vibration, ce bruit \u00e0 peine audible qui pourrait \u00eatre le simple souvenir du murmure qui sortait avant de la bouche, ce qui subsisterait d\u2019un cri pouss\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9 de la nuit ou du bourdonnement d\u2019une chanson d\u2019amour, de quoi s\u2019accrocher \u00e0 la rambarde de la jet\u00e9e d\u2019o\u00f9 on a coutume de contempler la mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e, les poussi\u00e8res de plan\u00e8te et les poudres de nacre se d\u00e9posent sur le visage, en fait rien de violent, le passage est lent et indolore jusqu\u2019\u00e0 ce que la main se d\u00e9pose sur le sable et racle la surface jusqu\u2019\u00e0 trouver le rocher, le dur du monde, moment \u00e0 peine entrevu mais rare, intense, ouvrant acc\u00e8s au pr\u00e9cieux de notre existence et \u00e0 la beaut\u00e9 de la mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e, et alors que la folie s\u2019empare des flots, le souvenir devient reflet d\u2019argent, \u00e9clair, incendie, essaim de papillons virevoltant dans une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 (les m\u00eames papillons couleur cendre qu\u2019on retrouve parfois en traversant les bois), mille lanternes rougeoyantes accroch\u00e9es \u00e0 de longs bambous plant\u00e9s autour de la tombe pour accompagner le voyage, on se perd en route, on perd la confiance mais la chanson d\u2019amour revient toute contenue dans le murmure, et c\u2019est \u00e0 cet endroit que se r\u00e9v\u00e8le l\u2019intensit\u00e9 de la chanson et que la lumi\u00e8re bleue remplit l\u2019espace large de la chambre jusqu&rsquo;\u00e0 s&#8217;emparer des recoins, le moment est br\u00fblant, il n\u2019en finit pas de se pr\u00e9ciser dans le suspens du soir et prend possession de ceux qui guettent les spasmes sur le visage comme endormi<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:32px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"10-aller-aller\" style=\"font-size:22px\"><em>#10 aller aller<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/P1030293-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-184426\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/P1030293-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/P1030293-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/P1030293-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/P1030293-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/P1030293.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">les Sablons \u00a9fran\u00e7oise renaud, 2024<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>Derni\u00e8re lueur<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">c\u2019\u00e9taient de tr\u00e8s grands vents qui se d\u00e9cha\u00eenaient en hiver et ravageaient la c\u00f4te, arasaient le rocher, arrachaient le sable \u00e0 l\u2019estran pour l\u2019emporter loin le d\u00e9poser au milieu de la baie, c\u2019\u00e9tait l\u2019enfance, on voyait de vastes sillons violemment creus\u00e9s comme si les plages avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9ventr\u00e9es tout en continuant \u00e0 suinter de l\u2019eau claire des averses<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">c\u2019\u00e9taient de tr\u00e8s grands vents qui nous effrayaient, on ignorait ce que plus tard ils nous r\u00e9apprendraient<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">aller aller nos jeunes t\u00eates \u00e9chevel\u00e9es, aller de tous nos pas avec les b\u00eates qui vont elles aussi sans se lasser, courant, flairant, visitant les terres de bruy\u00e8re souvent souill\u00e9es par ceux qui ignorent le soin qu\u2019on doit porter \u00e0 la nature<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">aller aller, le ciel appelle, la mer est un rep\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">aller chercher les \u00eeles vierges et les \u00eelots de v\u00e9g\u00e9tation prot\u00e9g\u00e9e, aller tourner autour des pierres lev\u00e9es, autant de choses d\u2019apparence immuable \u00e9branl\u00e9es pourtant par les secousses venues des profondeurs, aller au-del\u00e0 de la frange d\u2019\u00e9cume, aller au-del\u00e0 de soi-m\u00eame<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">et qu\u2019en est-il \u00e0 pr\u00e9sent de notre bout du monde aux horizons secrets et mauves&nbsp;? ce jour-l\u00e0 je marche, il n\u2019y a personne sur la plage des F\u00e9es, c\u2019est mar\u00e9e haute et c\u2019est le vent qui commande, mes pieds avancent et je parle crisse marmonne craqu\u00e8le je lui parle \u00e0 elle la mer je lui parle comme au ciel je glisse dans la pente je me casse les os me heurte \u00e0 la vague puissante et mes mots d\u00e9rapent et ruissellent dans la pente qui transporte toute chose capable de glisser et d\u00e9rape ma langue s\u2019embourbe dans le sable et l\u2019\u00e9cume tant que la pluie tombe je r\u00e2le chuchote marmonne en prends mon parti quand ma bouche se remplit d\u2019eau et de terre &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">plus loin d\u00e9ambule l\u2019oiseau \u00e0 longues pattes filtre crisse craqu\u00e8le les d\u00e9bris de coquilles les os bris\u00e9s enterr\u00e9s, l\u2019oiseau blanc est un rep\u00e8re, la mer est un rep\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">plus loin sur l\u2019autre rivage il n\u2019y a pas de porte \u00e0 pousser, elle dit qu\u2019il y a seulement la peur \u00e0 exhumer<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">elle dit qu\u2019elle a<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">peur et faim au-del\u00e0 de l\u2019ombre de la mer qui se rue dans les criques, la frange littorale respire de mille ast\u00e9ries, il n\u2019y a personne en promenade&nbsp; et les grands vents se ruent et ruinent la lande d\u00e9pourvue de remparts, il ne reste rien dans la bouche sinon le go\u00fbt du sel, du sang et de la terre acide<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">elle dit qu\u2019elle a<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">besoin de tenir t\u00eate avec le corps avec le ventre toute la force du ventre, dress\u00e9e face \u00e0 la falaise de sa propre peur quand on sait que tout demeure possible&nbsp;\u2013&nbsp;non je ne veux pas je ne veux pas me pr\u00e9occuper de l\u2019apr\u00e8s juste respirer me tenir \u00e0 flot me hisser \u00e0 n\u2019importe quel endroit de la rive&nbsp;\u2014<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">mais il faut se h\u00e2ter avant que le soir ne nous enl\u00e8ve au jour<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">se h\u00e2ter pour voir encore quelque chose de ce qui remue et habite la terre longue et crissante de ces contr\u00e9es sauvages, les ann\u00e9lides, les nucelles, les hermelles, les an\u00e9mones, les crabes, les oiseaux, populations soumises au flux phosphorescent des eaux<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:20px\">se h\u00e2ter pour saisir la derni\u00e8re lueur qui d\u00e9voile et se d\u00e9brouiller avec la chair du monde<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">j'ai \u00e9crit comme si c'\u00e9tait la suite de la #09, comme une n\u00e9cessit\u00e9 d'un affrontement \u00e0 la mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e au sortir de la chambre o\u00f9 aurait repos\u00e9 le petit corps<br>et puis c\u00e9der \u00e0 la po\u00e9tique de St John Perse<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:23px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#00 plage des F\u00e9es#01 crisse marmonne craqu\u00e8le#02 presque le soir sans doute#03 sa vie m\u00eame#04 et qui sourd en soi#05 et c&rsquo;est ici que la rage invisible#06 ainsi marqu\u00e9e#07 il n&rsquo;y aura qu&rsquo;une peur#08 travers\u00e9es du temps#09 une vraie minute#10 aller aller #00 bout du monde Plage des F\u00e9es 47\u00b007\u201905\u2019\u2019N2\u00b010\u201901\u2019\u2019W Ici c\u2019est la mer qui commande, commande la terre et <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-2025-francoise-renaud\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#boost #00 \u00e0 #10 | travers\u00e9es, hiver &amp; printemps 2025<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":149,"featured_media":184426,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7303,7317,7342,7351,7363,7369,7386,7390,7395,7404,7410,7302,1],"tags":[7309,7308,7405,7391,7406,277,1048,7387,7356,7354,7355,7388,77],"class_list":["post-179245","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-boost-01-bailly-bout-du-monde","category-boost-01-tarkos-la-terre","category-boost-02-beckett-portes","category-boost-03-jeanney-la-peur-en-lautre","category-boost-04-paul-valet-tenir-tete-a","category-boost-05-artaud-le-cri","category-boost-06-michaux-visages","category-boost-07-virginie-poitrasson-conjurations","category-boost-08-michaux-moments","category-boost-09-kafka-une-minute","category-10-saint-john-perse-aller","category-boost","category-atelier","tag-boost","tag-bout-du-monde","tag-bref","tag-corps-des-betes","tag-lumiere-aveuglante","tag-mort","tag-murmure","tag-noir-des-etoiles","tag-peur-de-lautre","tag-peur-du-pere","tag-peur-du-sauvage","tag-se-briser","tag-terre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179245","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/149"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=179245"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179245\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":184450,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179245\/revisions\/184450"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/184426"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=179245"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=179245"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=179245"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}