{"id":179526,"date":"2025-02-06T21:30:35","date_gmt":"2025-02-06T20:30:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=179526"},"modified":"2025-02-12T21:51:13","modified_gmt":"2025-02-12T20:51:13","slug":"lvme-roman-maison-4-5-6-7-8-9-10-11-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/lvme-roman-maison-4-5-6-7-8-9-10-11-12\/","title":{"rendered":"# LVME  | 1 &#8211; 2 &#8211; 3 &#8211; 4 &#8211; 5 &#8211; 6 &#8211; 7 &#8211; 8 &#8211; 9 &#8211; 10 &#8211; 11 &#8211; 12"},"content":{"rendered":"\n<p># 01 En juin de cette ann\u00e9e 19\u2026, en face une silhouette devant un mur de 4 m\u00e8tres de long et 4 m\u00e8tres de haut, la pi\u00e8ce est l\u00e9g\u00e8rement trap\u00e9zo\u00efdale, la silhouette passe devant une carte du monde \u00e9pingl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Mois de juin&nbsp;: 3 tasses de th\u00e9 et une th\u00e9i\u00e8re sont pos\u00e9es devant une plante grasse sur une table en bambou&nbsp;; en bas dans le vallon une radio \u00e9met toute la nuit&nbsp;: les paroles sont inaudibles, mais de temps en temps, on devine une chanson en italien.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin juin&nbsp;: un poste de t\u00e9l\u00e9vision envoie des \u00e9clats de lumi\u00e8re \u00e0 intervalles r\u00e9gulier. &nbsp;Les lampadaires des rues sont encore allum\u00e9s, mais \u00e0 minuit, ils s\u2019\u00e9teignent, la rue est subitement dans l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour de juin&nbsp;: un long couloir distribue les pi\u00e8ces, toutes sont moquett\u00e9es, du velours au mur. Une table, quelques chaises, des commodes. L\u2019atmosph\u00e8re est bleut\u00e9e. Des verres \u00e0 pied, des coupelles de fruits sont pos\u00e9es sur une table. Plusieurs \u00e9ventails avec des reproductions d\u2019Hokusai&nbsp;; Un Mah Jong dont les pi\u00e8ces sont dispers\u00e9es&nbsp;: nord, sud, orchid\u00e9e, printemps, bambou.<\/p>\n\n\n\n<p>23 juin 19\u2026 Une salle bain, une baignoire en \u00e9mail, l\u2019eau coule, de la mousse apparait. Une voix chante une rengaine connue. L\u2019air est lourd en ce d\u00e9but juin 19\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Juin&nbsp;: Un v\u00e9lo, des cadavres d\u2019ordinateur, des jerricans, une armoire, des boites, des cartons, empil\u00e9s, des livres, des chaises pli\u00e9es contre le mur, une table \u00e0 repasser, un carton de veilles photos, des instruments de musique&nbsp;: guitare, cymbales, maracas, synth\u00e9tiseur.<\/p>\n\n\n\n<p># 02<\/p>\n\n\n\n<p>Il vient soit chercher quelque chose \u2013 soit d\u00e9poser une offrande, il vient, juste avec ses paroles, il a un petit sac en toile de jute qui symbolise les paroles, il vient les voir\u00a0: il s\u2019arr\u00eate d\u2019abord dans la cour centrale, et poursuit son rituel, il va voir chacun et pose le petit sac \u00e0 palabre sur la table. Ils lui donnent quelque chose\u00a0: ils troquent &#8211; quelqu\u2019un lui donne un v\u00eatement, l\u2019autre un journal en \u00e9change ils parlent, depuis des mois il fait sa tourn\u00e9e chaque samedi. Ils parlent, ils parlent longtemps\u00a0: il ramasse son sac \u00e0 palabre et part ailleurs. Aujourd\u2019hui il a pris son instrument de musique. Ils en viennent \u00e0 lui parler de ceux qui habitaient ici, dont on a plus entendu parler. Certains n\u2019ont pas le temps, mais en sortant ils le saluent. L\u2019homme de passage est l\u2019homme \u00e0 parole, l\u2019homme \u00e0 musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a re\u00e7u, elle a pris la couleur des choses d\u00e9pos\u00e9es : les ombres des potirons, les boites, les pots de verre emplis de c\u00e9r\u00e9ales, de l\u00e9gumes s\u00e9ch\u00e9s de champignons, de lentilles, toutes les couleurs refl\u00e9t\u00e9es sur les murs ; cuisine-agr\u00e9ment, les cuisines sont vendues, \u00e0 travers les spots t\u00e9l\u00e9, combien de cuisines possible, choisir des plaques infrarouges, ou le gaz, ou la plaque \u00e9lectrique ? \u00c9viter le four \u00e0 micro ondes : Il est la cause de douleur articulaire \u2013 la cuisine est en longueur, il faut des tables \u00e9troites, celles-ci avec des paniers, o appelle cela une desserte ; le dessus est en carreaux de c\u00e9ramique blancs, un fil de fer tendu entre les \u00e9querre de l\u2019\u00e9tag\u00e8re, c\u2019est pratique pour accrocher un dessin, des fleurs s\u00e9ch\u00e9es le calendrier et des meubles de r\u00e9cup peint en bleu lavande pour les pots d\u2019\u00e9pices. Voil\u00e0, en rentrant, il faut que \u00e7a donne envie de cuisiner, il fut des boites et pots e verre transparent, enlever tous les conditionnements, mettre en pot. Rentrer dans la cuisine et avoir envie de cuisiner. Depuis la premi\u00e8re id\u00e9e de cuisine, il a fallu composer avec l\u2019existant et les choix se sont simplifi\u00e9s. Une cuisine des ann\u00e9es 60, elle n\u2019a pas boug\u00e9, les carreaux jaune paille maintenant vintage. La cuisine high tech, non, une cuisine de campagne finalement.<\/p>\n\n\n\n<p># 04<\/p>\n\n\n\n<p>Des carreaux avec dessins clairs fonc\u00e9s une alternance, les carreaux font des fleurs, le murs blanchis en marchant les carreaux d\u00e9fient les motifs reviennent les talons frappent \u00e0 terre, le mur arrive blanc, des crevasses en les carreaux les talons qui frappent le sol pendant la marche. Les carreaux disparaissent, un sol gris vein\u00e9s comme du marbre, une peu vernis l\u00e9g\u00e8rement brillant, un sol en terre battue, des murs sombres, des carreaux de c\u00e9ramiques, avec des motifs en forme de tr\u00e8fles \u00e0 quatre feuilles, des murs jaune paille d\u00e9lav\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>#05<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une boite d\u2019archives, une liasse de photos \u00e9taient m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 des lettres et des documents administratifs, des factures, les photos avaient encore le bord canel\u00e9s des photos anciennes. Il y avait 120 photos de 10 cm sur 8 cm. Dans un premier temps on cherchait une vue d\u2019ensemble, du lieu qu\u2019elle repr\u00e9sentait. Il fallait un temps avant d comprendre qu\u2019elle repr\u00e9sent\u00e9es vue partielle du m\u00eame endroit. Ici, le cours d\u2019eau un talus et un pont, un pont en ciment et une voie ferr\u00e9e. Les b\u00e2timents commencent \u00e0 apparaitre. Les toits en tuile et pentus attendent la neige. Le ciel est plomb\u00e9, elle ne semble pas loin. Le clich\u00e9 a quelque chose d\u2019hivernal, le b\u00e2timent \u00e9tait con\u00e7u autour d\u2019une cour, les fen\u00eatres donnaient sur cette coure&nbsp;: une des photos est prise d\u2019une fen\u00eatre, on voit la cour et les une partie des fen\u00eatres d\u2019en face&nbsp;; les autres fen\u00eatres au sud nord donnent sur les montagnes, le b\u00e2timent est excentr\u00e9 par rapport au village. Dedans la cour il y a une charrette, des caisses en bois. Une autre photo montre une route bord\u00e9e de platanes et un cours d\u2019eau. Les grandes masses d\u2019ombre des arbres et la surface scintillante de l\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>#06<\/p>\n\n\n\n<p>Comme Don Quichotte, il avait un fier destrier, il avait lib\u00e9r\u00e9, dit-on, une cit\u00e9 enti\u00e8re des ennemis du Nord. Il \u00e9tait grand blond, des yeux bleu lavande. Il avait parait-il d\u00e9couvert une ile jadis dans le Pacifique, il collectionnait tout ce qui se rattachait \u00e0 l\u2019univers marin et aux peuples vivant dans ses \u00eeles&nbsp;: masques, sextant de navigation, boussole, lances, cannes. Il se faisait appeler le Capitaine, il avait une voix de stentor. Il aurait aussi servi dans la marine anglaise et descendrait en ligne directe d\u2019un Timol\u00e9on d\u2019Espinays de Saint Luc, mar\u00e9chal de France. Son appartement donnait sur la cour, il \u00e9tait traversant et aujourd\u2019hui la fen\u00eatre donnait sur les cr\u00eates d\u00e9chiquet\u00e9e et aride du sud de la France. Curieusement, il avait gard\u00e9 un accent anglais.<\/p>\n\n\n\n<p><em>On l\u2019appelle le Capitaine, \u00e0 cause de sa casquette bleu marine viss\u00e9e sur sa t\u00eate. Il est trapu, il travaillait au village, maintenant il est comme en pension, quelqu\u2019un lui am\u00e8ne ses plats, il sort tous les jours va au troquet t\u00f4t le matin comme les marins, il boit tout de suite de quoi se r\u00e9chauffer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Celui qu\u2019elle a \u00e9pous\u00e9 a \u00e9t\u00e9 bannit de la cour&nbsp;: elle est roturi\u00e8re et anglaise de surcroit, il a d\u00fb renoncer \u00e0 la couronne, on dit qu\u2019il ne remit jamais les pieds dans sa patrie d\u2019origine, on les voit sortant bras dessus bras dessous, toujours bien mis, une voiture les attend parfois dans la cour&nbsp;: elle contraste avec l\u2019immeuble, c\u2019est une voiture am\u00e9ricaine tr\u00e8s confortable au luxe discret. Les malles sont entass\u00e9es, t\u00f4t le matin, ils disparaissent des semaines durant sans que personne n\u2019en sache plus. Un parfum de myst\u00e8re les enveloppe, ils semblent avoir b\u00e2ti une forteresse dans la forteresse. Ils semblent m\u00eame marcher dans un halo de brouillard, rendant leurs gestes plus lents et le bruit de leurs pas \u00e9touff\u00e9s. Ils saluent tout le monde d\u2019un l\u00e9ger hochement de t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ici sur la plaque on lit monsieur et madame Dumont -Lilas, certes, une Am\u00e9ricaine s\u2019arr\u00eate dans la cour, mais elle attend le monsieur de 99 ans pour une promenade les 10 du mois. La fille de ce monsieur a \u00e9pous\u00e9 le pr\u00e9sident de l\u2019association des voitures anciennes du chef-lieu. Les dix de chaque mois il emm\u00e8ne monsieur de 99 ans visiter On a pu voir des malles entass\u00e9es au petit matin, on a d\u00fb confondre, ce jour-l\u00e0 il y avait du brouillard et du givre. Les autres jours, les 10 du mois, on n\u2019a rien vu. La voiture est pass\u00e9e inaper\u00e7u. On ne connait pas la fille mari\u00e9e au pr\u00e9sident du club.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Madame Jacqueline, madame Matou, et madame E. elles se rencontraient toujours dans le salon dans ce salon, les colonnes ne poss\u00e9daient pas de poutis en stuc ni de dorure, mais une berg\u00e8re et des meubles style Louis\u2026, je n\u2019ai rien vu de style Empire, aucune r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019Empereur, donc aucun sacre en perspective, les journ\u00e9es o\u00f9 elles se rencontraient. Bridge interminable&nbsp;? ragots perp\u00e9tr\u00e9s&nbsp;? A priori rien de cela, parlaient-elles du roi, elles parlaient des rois et des reines, aper\u00e7u dans Jour de France, elles \u00e9taient vielle France comme on dit, la plus jeune, Jacqueline tr\u00f4nait dans la cuisine, comme une madone de salon, allait chercher quelque chose, ou restait l\u00e0 \u00e0 les \u00e9couter&nbsp;; les jeux de miroirs, les \u0153uvres au murs faisant penser aux Vel\u00e1zquez, aux Rembrandt, des jeux de perspective renvoyant \u00e0 a la rationalit\u00e9&nbsp;: Vel\u00e1zquez, au bouquet de Renoir, (les bouquets) des bouquets \u00e0 profusion, le peintre ici aimait les impressionnistes. Elle jouait donc un air de Debussy dans ces dialogues.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Jacqueline habite en ville, dans un appartement sombre, en centre-ville, elle est institutrice, ou secr\u00e9taire au minist\u00e8re. Matou ne s\u2019est jamais mari\u00e9e, elle arriv\u00e9e avec un homme \u2013 un m\u00e9decin. Un jour on en a plus entendu parler, il a disparu. Le m\u00e9decin de famille devait en savoir quelque chose, \u00e7a se sentait mais serment d\u2019Hippocrate oblige\u2026 Quand E, elle est revenue ici, quelque temp. <\/em>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#07<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>R\u00e9pertoire de noms<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Yvan Divon , Psychanalyste<\/p>\n\n\n\n<p>M Lilevich Mardoch\u00e9, Professeur d\u2019histoire g\u00e9o<\/p>\n\n\n\n<p>Charles Dumont, Secr\u00e9taire d\u2019\u00e9tat<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Issoire, Notaire<\/p>\n\n\n\n<p>Madame Utrecht et ses s\u0153urs Alba, Cassandra,, H\u00e9riti\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre-Yves Lamotte, architecte<\/p>\n\n\n\n<p>Suzanne Deslilas, La concierge<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Charon, Libraire &#8211; Voyageur, a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re en empruntant la route du Ziz, dans le Haut atlas, en tant que cartographe<\/p>\n\n\n\n<p>Le repr\u00e9sentant et sa femme, Monsieur Neschastel et sa femme Madame Ursula Neschastel<\/p>\n\n\n\n<p>Les Lavilli\u00e8res, Un couple<\/p>\n\n\n\n<p>Marie Coumba Waly Diaye mari\u00e9e avec Eug\u00e8ne P.<\/p>\n\n\n\n<p>Constance Ad\u00e9la\u00efde, petite fille de Marie Coumba, cousine de Cassandra Utrecht.<\/p>\n\n\n\n<p>Une voyante cartomancienne, Philom\u00e8na de la Ni\u0334\u0334\u0334na<\/p>\n\n\n\n<p>Le diplomate et sa femme, Edwin et Paquita Marshall<\/p>\n\n\n\n<p>Le peintre, Edouard Meninsieux<\/p>\n\n\n\n<p>Mohamed H, Boulanger<\/p>\n\n\n\n<p>Rick Lagrange, Ancien clochard, artiste, travaille sur les chantiers<\/p>\n\n\n\n<p>Hippolyte, Chanteur des rues<\/p>\n\n\n\n<p>Ad\u00e8le et Georges Lagarde, Merciers<\/p>\n\n\n\n<p>Lucienne et Jean Patson, Cordonnier et maraich\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 viennent-ils, Cohorte informe venue du pass\u00e9 ou fant\u00f4mes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>#8 Les histoires&nbsp;: certains ont leurs souvenirs, certains les ont connus depuis longtemps les ann\u00e9es s\u2019empilent certains gardent une partie des fondations, par exemple, le libraire Andr\u00e9 Charon. Les murs de son appartement sont tendus de tissus fins vieux rose. Il y a la vague d\u2019Hokusai, et en \u00e9cho une encyclop\u00e9die sur l\u2019art et l\u2019histoire de Chine, une vielle \u00e9dition. Il collectionne les \u00e9ditions sur Hokusa\u00ef. Philom\u00e9na de la Nina vient souvent boire le th\u00e9 chez le monsieur. Elle vient les jeudis avec sa Constance Ad\u00e9la\u00efde, une cousine de Cassandra Utrecht.&nbsp; Elle a bien sur voulu lui tirer les cartes. Il a servi le th\u00e9 sur la table des mandarines. Il est actif, il a pass\u00e9 un moment \u00e0 tout archiver, il a donn\u00e9 beaucoup de livres il ne garde que les \u00e9ditions anciennes, il a \u00e9tudi\u00e9 le chinois \u2013 il travaillait \u00e0 la Messagerie Hachette. Philom\u00e9na voudrait savoir d\u2019o\u00f9 vient sa passion pour la Chine. Il lui raconte ses voyages, la Grande Muraille, la cit\u00e9 interdite dans les ann\u00e9es 1950. C\u2019est l\u2018\u00e9poque de Mao, son pass\u00e9 de cartographe dans le Haut-Atlas.<\/p>\n\n\n\n<p>Edouard Meninsieux re\u00e7oit chez lui mod\u00e8les et curieux, acheteurs et collectionneurs. Il re\u00e7oit un jour par courrier une invitation \u00e0 exposer dans un pays \u00e9tranger. Il est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019invitation. Il commence \u00e0 penser au th\u00e8me de cette exposition. Puis il ach\u00e8te du mat\u00e9riel pour r\u00e9aliser des moulages et travaillent fr\u00e9n\u00e9tiquement. Il investit de l\u2019argent, il r\u00e9alise ensuite, qu\u2019il ne peut plus voyager. Il a pass\u00e9 longtemps \u00e0 travailler la sculpture. L\u2019heure du voyage est pass\u00e9e. Les visiteurs ne viennent plus le voir. Son appartement est devenu un atelier de sculpteur. Des bustes des figures animales entrelac\u00e9es peuplent son appartement. Le soir, les ombres des cr\u00e9atures se projettent sur les murs. Ils passent au milieu d\u2019elles et il s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9 un peuple. Il nomme le continent, invente une g\u00e9ographie. Il sort de moins en moins. Les cr\u00e9atures prennent vie chaque soir sur les murs, il vit au milieu d\u2019un th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombre. Meninsieux tient un journal. Dans ce journal il raconte comment il a v\u00e9cu avant, comment il a rencontr\u00e9 Sophia, comment elle a disparu.<\/p>\n\n\n\n<p>Monsieur Neschastel est repr\u00e9sentant de commerce multi carte. Il a un catalogue de produit dans un domaine pr\u00e9cis. Il vend de la papeterie et des produits pour les peintres. C\u2019est comme cela qu\u2019il a rencontr\u00e9 M\u00e9ninssieux. Meninssieux venait au magasin, puis Neschastel est venu le voir chaque mois.<\/p>\n\n\n\n<p>Madame Utrecht et ses deux s\u0153urs ont une entreprise de construction. Elles ont repris l\u2019affaire de leur oncle. Elles rencontrent Madame Deslilas tous les matins. Elles ont construit dans d\u2019autres pays, des personnes de leur famille viennent les voir&nbsp;: un \u00e9crivain, un cousin\u2026<\/p>\n\n\n\n<p># 9 \u2013 10 Hier, elles ont appris qu\u2019on cherchait Monsieur T&nbsp;; le propri\u00e9taire du 4\u00e9me (aile nord du quadrilat\u00e8re) Sa voiture a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 \u00e0 100 kilom\u00e8tres, dans la voiture, il y avait le programme des concerts du mois dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Une couverture de brouillard enveloppait la voiture. On avait l\u2019impression de rouler dans un moment du pass\u00e9, envelopp\u00e9 de silence, c\u2019\u00e9tait rouler depuis si longtemps, vers un but inconnu, la route prise il y a quarante ans \u00e9tait la m\u00eame en quelque sorte que celle-ci. Comme de cela devait s\u2019exprimer enfin un \u00e9v\u00e8nement, c\u2019est pour cela, que l\u2019enqu\u00eateur \u00e9tait ouvert au moindre signe, au moindre micro-\u00e9v\u00e8nement. L\u2019enqu\u00eateur voulait refaire exactement tous les trajets, c\u2019est pour cela qu\u2019il a reconstitu\u00e9 l\u2019emploi du temps du disparu, est venu chaque locataire ou propri\u00e9taire des appartements.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez les Neschastels, il a pass\u00e9 une bonne demi-apr\u00e8s-midi dans cet appartement de haut fonctionnaire. Sur les tables des photos de personnages politiques importants, par exemple, une photo de Nasser, du barrage du Malpasset, sur une table basse en bois de teke, des fauteuils en cuir. Il va ensuite rendre visite \u00e0 Andrew Whyslo travaille au d\u00e9veloppement de robots utilisant l\u2019intelligence artificielle. Andrew voyage beaucoup il se rend souvent dans la Silicon Valley. L\u2019enqu\u00eateur va voir ce couple, ils sont rencontr\u00e9s sur un site internet, lui travaiille dans le renseignement, dans la s\u00e9curit\u00e9 \u2026 sa compagne a un passetemps&nbsp;: l\u2019\u00e9criture, <em>elle lui raconte ce qu\u2019elle \u00e9crit l\u2019histoire d\u2019un couple traversant les \u00e2ges de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;: de l\u2019invention du feu \u00e0 l\u2019invention de la bombe atomique, une histoire bas\u00e9e sur le Reamker, le Maharabatha cambodgien. &nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p># 11 &#8211; 12<\/p>\n\n\n\n<p>Des images et des signes<\/p>\n\n\n\n<p>Images : l\u2019\u00e9pop\u00e9e du Reamker ; l\u2019attaque de l\u2019arm\u00e9e des singes gravures ; dessins des masques khmers \u00e0 la plume (anonyme) ; des paysages industriels (album de photos du 20\u00e8me si\u00e8cle) ; des peintures d\u2019Hokusai ; les cartes du tarot : la Maison-dieu, l\u2019Hermite, l\u2019Imp\u00e9ratrice ; des cartes g\u00e9ographiques de la Silicon Valley ; les tableaux de Meninssieux : une fresque g\u00e9ante de l\u2019histoire du monde et des sc\u00e8nes de combats ; des photos du Haut-Atlas&nbsp;; 120 photos de l\u2019immeuble en forme de quadrilat\u00e8re avec une cour.<\/p>\n\n\n\n<p>Signes : les programmes des concerts ; les notes du libraire Andr\u00e9 Charon ; des marque-pages ; des textes \u00e9crits en chinois ; des pages arrach\u00e9es d\u2019un manuel d\u2019apprentissage du chinois ; la r\u00e8gle du jeu de mahjong ; les panneaux de signalisation ; les affichages publicitaires le long de la D\u00e9partementale ; les textes en haut des portraits de peintres chinois ; le texte original traduit du Reamker.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p># 01 En juin de cette ann\u00e9e 19\u2026, en face une silhouette devant un mur de 4 m\u00e8tres de long et 4 m\u00e8tres de haut, la pi\u00e8ce est l\u00e9g\u00e8rement trap\u00e9zo\u00efdale, la silhouette passe devant une carte du monde \u00e9pingl\u00e9e. Mois de juin&nbsp;: 3 tasses de th\u00e9 et une th\u00e9i\u00e8re sont pos\u00e9es devant une plante grasse sur une table en bambou&nbsp;; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/lvme-roman-maison-4-5-6-7-8-9-10-11-12\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># LVME  | 1 &#8211; 2 &#8211; 3 &#8211; 4 &#8211; 5 &#8211; 6 &#8211; 7 &#8211; 8 &#8211; 9 &#8211; 10 &#8211; 11 &#8211; 12<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":328,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7175,7188,7210,7211,7212,7243,7255,7256,7287,7288,7131],"tags":[],"class_list":["post-179526","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-03-interieurs-avec-meubles-cusines","category-04-sols-murs-22-fois","category-05-vue-exterieure","category-06-commencer-par-la-fiction","category-07-le-repertoire-des-noms","category-08-le-repertoire-des-histoires","category-09-perec-medecin-de-quartier","category-10-perec-auteur-de-polar","category-11-point-virgule-les-images","category-12-point-virgule-les-signes-mots-textes","category-roman-maison"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179526","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/328"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=179526"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179526\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":180163,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179526\/revisions\/180163"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=179526"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=179526"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=179526"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}