{"id":179768,"date":"2025-02-09T15:36:10","date_gmt":"2025-02-09T14:36:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=179768"},"modified":"2025-02-24T21:28:47","modified_gmt":"2025-02-24T20:28:47","slug":"179768-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/179768-2\/","title":{"rendered":"#boost# 00\/01\/ 02 \/ 03\/ 44\u00b0 14&prime; 35.16&Prime;\u00a0Y: 5\u00b0 4&prime; 8.4&Prime;\/ Du toit, la terre, attention \u00e0 la fermeture des portes, Tante Sybille"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>44\u00b0 14&prime; 35.16&Prime;&nbsp;Y: 5\u00b0 4&prime; 8.4&Prime;, un bout de monde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La pluie depuis des jours, un flot continu. C\u2019est une sorte de pluie chaude, \u00e0 regarder tomber le ciel, je ne fais plus de diff\u00e9rence entre le haut et le bas&nbsp;. Tout devient liquide.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e8re prie le ciel pour que \u00e7a s\u2019arr\u00eate&nbsp;; mais je vois bien \u00e0 son d\u00e9sespoir que ce n\u2019est pas pr\u00e9vu. La m\u00e9t\u00e9o nous a juste mis en vigilance rouge. \u00c7a veut dire monter aux \u00e9tages de la maison, la rivi\u00e8re sort de son lit, inond\u00e9e par le fleuve, d\u00e9bord\u00e9 par les chutes d\u2019 eau de ces derniers jours. Pourquoi&nbsp;? La faute au r\u00e9chauffement climatique, c\u2019est trop tard dit maman, c\u2019est fini, on ne pourra plus revenir en arri\u00e8re, ce qui est fait est fait, il faut partir d\u2019ici.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu vois j\u2019ai cru qu\u2019on \u00e9tait arriv\u00e9 dans notre bout du monde, elle dit, qu\u2019il n\u2019 y avait plus rien&nbsp; ni derri\u00e8re nous, ni devant nous, que de ma fen\u00eatre scintillent les collines de tournesol et de lavande sous le soleil pour toujours. Les rues pav\u00e9es du village fleuri, les murs ocres et les volets bleus des maisons de carte-postale. Que l\u00e0 , nous sommes arriv\u00e9s et que nous y resterons jusqu\u2018\u00e0 la fin des temps tellement c\u2019est beau.<\/p>\n\n\n\n<p>En soixante ans, jamais vu autant d\u2019eau. Rien ne pouvait pr\u00e9dire ce d\u00e9luge. Maman pleure&nbsp;: son bout du monde est fichu. Tout est an\u00e9anti. Les efforts, les \u00e9conomies, les sacrifices de toutes ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Elle en veut \u00e0 la terre enti\u00e8re mais n\u2019a personne contre qui se mettre en col\u00e8re, c\u2019est \u00e7a le pire.<\/p>\n\n\n\n<p>Viens, on monte \u00e0 l\u2019\u00e9tage, elle dit, en me tenant la main. Prends ton sac \u00e0 dos. On va y mettre quelques affaires. Ils nous ont dit de ne pas nous charger. On va attendre les secours. Ton p\u00e8re est mont\u00e9 sur le toit, il surveille le passage des pompiers. On va surement prendre un canot.<\/p>\n\n\n\n<p>Je retiens mes larmes, pour ne pas rajouter de pleurs \u00e0 toute cette eau qui nous a envahi.<\/p>\n\n\n\n<p>En me retournant, je jette un coup d\u2019\u0153il vers ma chambre en montant l\u2019escalier et par la porte, je vois que tout mon bout de monde est immerg\u00e9. Mon lit, ma table, mon ourson, et m\u00eame mon globe terrestre flottent. Je comprends, je ne retrouverai plus rien. Mon journal noy\u00e9 dans ma biblioth\u00e8que, tous mes souvenirs d\u00e9finitivement engloutis.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Du toit, la terre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">ST1<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Mon p\u00e8re vient nous chercher , le temps que les secours arrivent. Du toit de la maison, je ne vois que la vase s&rsquo;insinuant partout. Un m\u00e9lange d&rsquo;eau et tout ce qu &lsquo;elle entraine dans son flot discontinu. arbres, terre, racines d &lsquo;arbres, pots de fleur, fleurs , terreau de jardini\u00e8re, cailloux , rochers, bancs et tables de pierre, puis une sable ocre-rouge. on dirait du sang, je regarde des zones toutes jaunes et ocre. Autour de ma maison , c &lsquo;est plut\u00f4t une boue verd\u00e2tre. Papa me dit qu&rsquo;il y a trois ans, il ne pouvait m\u00eame plus la rincer, c&rsquo;\u00e9tait tout collant partout: les murs , les portes, les meubles, dans la cuisine, tout \u00e9tait irr\u00e9cup\u00e9rable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">ST2<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Un arbre flotte , l&rsquo;eau l&rsquo;a d\u00e9pouill\u00e9 de ses feuilles qui sont all\u00e9es pourrir l\u00e0 o\u00f9 elles peuvent. Elle a mis \u00e0 nu toutes ses racines, il semble lav\u00e9 de sa terre, de ses insectes, des ses vers et de ses larves nich\u00e9es dans son \u00e9corce. Ce n &lsquo;est plus un arbre , c&rsquo;est un squelette d&rsquo;arbre. Son corps vient se fracasser sur les murs de pierre du village qui sont immerg\u00e9s et qui commencent \u00e0 de d\u00e9sagr\u00e9ger, se fendiller et on voit des pierres enti\u00e8res se d\u00e9chausser des murs et venir grossir les \u00e9boulements qui alourdissent le flux de la rivi\u00e8re. Les sauveteurs, en haut-de -chausses, arrivent \u00e0 peine \u00e0 se d\u00e9placer dans cette vase collante et encombr\u00e9e de d\u00e9tritus; \u00e0 cela , s &lsquo;ajoute la puanteur des canalisations qui d\u00e9bordent elles-aussi . Mais il faut bien sortir de ce carnage, et quelques canots d\u00e9ambulent dans la ville, tir\u00e9s par ces hommes en rouge qui tracent de nouvelles lignes dans l &lsquo;eau \u00e9paisse et boueuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">ST3<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Puis la rivi\u00e8re amorce sa d\u00e9crue, et l\u00e0 , c &lsquo;est encore bien pire. Sur le sol meuble, les cadavres d&rsquo; animaux d &lsquo;abord enterr\u00e9s dans la boue affleurent. On peine \u00e0 distinguer un t\u00eate de chien , un corps de chat , des oiseaux morts comme pos\u00e9s l\u00e9g\u00e8rement sur la boue, alors m\u00eame qu&rsquo;ils \u00e9taient surement \u00e9puis\u00e9s \u00e0 vouloir se d\u00e9battre dans cette glu terreuse qui entraine, dans ses profondeurs tout ce qui ose se poser sur elle. Nous regardons ce d\u00e9sastre comme hypnotis\u00e9s, des corps ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s sans vie, noy\u00e9s , chez eux ou englu\u00e9s dans leur jardin, alors qu&rsquo;ils essayaient de se sauver. Mais, rien \u00e0 faire , il fallait monter, monter le plus haut possible et attendre&#8230; on avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venu&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">La terre n&rsquo; est rien devant ces millions de tonnes d &lsquo;eau qui la gonflent, la d\u00e9forment, lui enl\u00e8vent toutes traces de vie: plus de cultures, de jardins, de fruits, de nourriture. Reste les mouches et les moustiques qui tournoient autour des cadavres et des d\u00e9tritus, notre jardin d &lsquo;Eden est noy\u00e9, qu &lsquo;avons-nous fait? dit mon p\u00e8re, la sueur coll\u00e9e au front, essayant de remplir, \u00e0 la p\u00e8le, des seaux de boue remont\u00e9s jusqu&rsquo;au premier \u00e9tage.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p><em>La terre inonde le ciel qui pleut. Elle vomit, \u00e9ructe, se dess\u00e8che, se noie dans la voie lact\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Attention \u00e0 la fermeture des portes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A Vaison la porte d\u2019entr\u00e9e de sa maison est rest\u00e9e b\u00e9ante laissant passer fleuve et rivi\u00e8res. Lit, placard et maison de Barbie restent immobiles dans la boue stagnante. La d\u00e9crue arrive le d\u00e9sastre \u00e9merge alors qu\u2019un soleil \u00e9clatant inonde de lumi\u00e8re les restes du cataclysme. Plus de col\u00e8re pour claquer la porte de la chambre aux huisseries englu\u00e9es. C\u2019\u00e9tait piti\u00e9 et tristesse \u00e0 c\u0153ur ouvert. Maison ferm\u00e9e sous scell\u00e9es un pas devant l\u2019autre elle est accompagn\u00e9e dignement jusqu\u2019aux porti\u00e8res du train qui se referment dans un claquement d\u2019une violence inou\u00efe. Puis c\u2019est un long voyage qui enfile les pays et les paysages jusqu\u2019\u00e0 la grisaille parisienne. Une autre main aux ongles presque crochus la tire jusqu\u2019\u00e0 la gigantesque porte de la gare surmont\u00e9e d\u2019une horloge aux aiguilles disciplin\u00e9es. Puis c\u2019est encore les portes du m\u00e9tro au bruit m\u00e9tallique qui l\u2019enferment dans le silence. Pas un mot, pour dire l\u2019avant et puis un peu d\u2019apr\u00e8s, histoires d\u2019espoir. Rien. Tourniquet, courant d\u2019 air, pollution, escalier, goudron, t\u00eate baiss\u00e9e, elle se laisse tirer jusqu\u2019au seuil d\u2019un immeuble ancien aux lourds vantaux de bois sculpt\u00e9s. Eux aussi se referment sur un petit claquement sec et d\u00e9finitif. Elle sait apr\u00e8s \u00e7a plus de retour possible dans le monde d\u2019avant. D\u2019un tour de cl\u00e9 on l \u2019a fait entrer dans un appartement en noir et blanc puis dans ce qu\u2019 on lui pr\u00e9sente comme son coin. Une sorte de cellule \u00e9troite lit&nbsp; tablette \u00e9tag\u00e8re fen\u00eatre &nbsp;sur cour sombre. Demain c\u2019est la porte du coll\u00e8ge, dormir, r\u00e9veil \u00e0 7h00. \u00c9puis\u00e9e, paupi\u00e8res referm\u00e9es, pens\u00e9es cadenass\u00e9es. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tante Sybille<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">A l\u2019aube, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 le soleil a peine \u00e0 se lever, tante Sybille doit venir me chercher \u00e0 la gare de Lyon. Tante Sybille est la s\u0153ur de ma m\u00e8re. Elle habite Paris, a d\u00fb venir nous voir quelques fois quand j\u2019\u00e9tais petite. Maman me dit qu\u2019elle me conna\u00eet bien, mais moi, je ne me souviens pas de cette femme, elle vit seule, elle n\u2019a pas d\u2019enfant. Maman me dit d\u2019\u00eatre gentille et de faire attention \u00e0 mes affaires, de surtout tout ranger. Elle a peur que je sois impolie et ou d\u00e9sagr\u00e9able avec tante Sybille. Elle nous rend service de bien vouloir m\u2019accueillir le temps, pour eux, de nettoyer et de r\u00e9parer la maison. Maman me dit que \u00e7a peut durer des mois. Tante Sybille m\u2019 a inscrit au coll\u00e8ge jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire. Elle est vraiment tr\u00e8s gentille de me prendre chez elle, je rentrerai pendant les vacances scolaires si c\u2019est possible, m\u2019a dit maman.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Moi, je m\u2019assois sur ma valise . J\u2019attends Tante Sybille sur le quai, tous les passagers descendent du train, bagage \u00e0 la main et se dirigent vers la sortie d\u2019un pas press\u00e9. Tante Sybille devrait arriver. Le temps est long, il fait froid sur le quai.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Et pourtant je n\u2019ai pas peur du vent mais j\u2019ai peur de la pluie. Je n\u2019 ai pas peur des autres mais j\u2019ai peur de rester sans amis. Je n\u2019ai pas peur de tante Sybille, mais j\u2019ai peur d\u2019\u00eatre seule, de me sentir perdue, dans cette ville, des parisiens, des gens, des grands, des petits, des sans-abris, des voleurs, de kidnappeurs, d\u2019\u00e9trangleurs de jeune fille de province, j\u2019ai froid, j\u2019ai des frissons, j\u2019attends. Je n\u2019ai pas peur de tante Sybille, je ne la connais pas. Je n\u2019ai pas peur de l\u2019inconnu, ou si j\u2019ai peur, qu\u2019elle soit froide, s\u00e8che, stricte et s\u00e9v\u00e8re, comme les m\u00e9chantes des contes. J\u2019ai peur qu\u2019elle ne me parle pas,&nbsp; qu\u2019elle ne me connaisse pas, ne me reconnaisse pas. J\u2019ai peur d\u2019attendre sur le quai et qu\u2019elle n\u2019arrive jamais. Que tout&nbsp; s\u2019arr\u00eate, l\u00e0, maintenant. Je crois que le soleil s\u2019est enfin lev\u00e9, &nbsp;je le cherche des yeux , je ne le vois pas. j\u2019ai peur qu\u2019il disparaisse de ma vie. Je me retourne ne le vois nulle part, personne ne peut voir le soleil dans cette gare;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">J\u2019aper\u00e7ois une silhouette au bout du quai. El\u00e9gante, perch\u00e9e sur des escarpins, en imperm\u00e9able, tr\u00e8s grande, avec des jambes toutes fines et de long bras. Elle porte un chapeau cloche. sui cache son visage. Je ne sais pas si c\u2019est tante Sybille. J\u2019attends un signe. Rien. Cette &nbsp;femme marche tout droit en ma direction. D\u2019un pas s\u00fbr et rapide. Pas un geste, pas m\u00eame un signe de reconnaissance. J\u2019attends et ne bouge pas. Tout me fait peur. Elle, le temps, la pluie, le gris. Paris.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>44\u00b0 14&prime; 35.16&Prime;&nbsp;Y: 5\u00b0 4&prime; 8.4&Prime;, un bout de monde La pluie depuis des jours, un flot continu. 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