{"id":180208,"date":"2025-05-20T17:10:00","date_gmt":"2025-05-20T15:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=180208"},"modified":"2025-05-21T13:32:24","modified_gmt":"2025-05-21T11:32:24","slug":"boots-001-terre-ou-terres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boots-001-terre-ou-terres\/","title":{"rendered":"#boost #00 \u00e0 12"},"content":{"rendered":"\n<p>table des mati\u00e8res<br> <br><a href=\"http:\/\/mon00\">00 &#8211; 43 55 46 359 N 4 46 23974 E<\/a><br><a href=\"#mon01\">01 &#8211; terre ou terres<\/a><br><a href=\"#mon02\">02 &#8211; portes ouvertes<\/a><br><a href=\"#mon3\" data-type=\"internal\" data-id=\"#mon3\">03 &#8211; souviens toi de la crainte<\/a><br><a href=\"#mon4\">04 &#8211; tenir t\u00eate \u00e0 l&rsquo;acceptation<\/a><br><a href=\"#mon5\">05 &#8211; le cri qui jaillit<\/a><br><a href=\"#mon6\">06 &#8211; ces visages, ces regards<\/a><br><a href=\"#mon7\">07 &#8211; conjurations<\/a><br><a href=\"#mon8\">08 &#8211; moments<\/a><br><a href=\"#mon9\">09 &#8211; entr\u00e9e dans le jour<\/a><br><a href=\"#mon10\">10 &#8211; aller aller, plus loin, au del\u00e0, se hater<\/a><br><a href=\"#mon11\">11 &#8211; Nous, la nuit et son sortir<\/a><br><a href=\"#mon11bis\">11bis &#8211; une certitude<\/a><br><a href=\"#mon11ter\">11ter &#8211; nos trois pr\u00e9senc<\/a><br><a href=\"#mon12\">12 &#8211; Narbonne ou Ajaccio ou avant encore en ces lieux de toi<\/a><br><\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon00\">#boost 00 &#8211; 43 55 46 359 N 4 46 23974 E<\/h2>\n\n\n\n<p><br>La ville n\u2019est l\u00e0 qu&rsquo;administrativement et le d\u00e9partement se pr\u00e9pare \u00e0 changer de nom pour s&rsquo;en aller jusqu&rsquo;au delta et la mer. Un projet de quartier nouveau devrait \u00e9merger \u00e0 partir de quelques ateliers, d&rsquo;une ou deux r\u00e9sidences de vieillards et de la gare avec sa couverture bris\u00e9e au dessus des voies et son esplanade menant au b\u00e2timent pos\u00e9 l\u00e0 pour servir d&rsquo;op\u00e9ra provisoire, points avanc\u00e9s de vie&nbsp; mais il est douteux qu\u2019il s\u2019\u00e9tende jusqu\u2019\u00e0 cette rencontre des deux courants invisibles, s\u00e9par\u00e9e qu&rsquo;est la route de leurs lits et de leur rencontre par une lev\u00e9e de terre et au devant d\u2019elle par une petite \u00e9tendue laiss\u00e9e libre pour les crues. Il y a eu, longtemps apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 sous le b\u00e9ton de la voie, cette route creus\u00e9e entre la civilisation virtuelle et, au del\u00e0 d&rsquo;une bande d&rsquo;herbe et buissons longeant un \u00e9troit canal, la barri\u00e8re de terre les s\u00e9parant de la rive du courant qui vient des basses montagnes et sert de fronti\u00e8re avec le midi, les deux pentes couvertes d&rsquo;herbe pel\u00e9e et d&rsquo;arbustes avec les quelques \u00e9v\u00e9nements que sont les rares petits arbres et bosquets. Il y a eu lentement la descente du terrain vou\u00e9 au futur quartier au niveau de la route et le dessin de quelques chemins ou routes sans destination \u00e9vidente, une canalisation \u00e9mergeant du sol face \u00e0 un petit cube de b\u00e9ton perc\u00e9 de deux ouvertures ferm\u00e9es pour franchir le canal sur un semblant de pont en bois peint en blanc, une haie de cypr\u00e8s sur la droite au fond d&rsquo;une prairie, une s\u00e9rie d&rsquo;arbres hirsutes au sommet de la lev\u00e9e de terre sur la gauche dont la hauteur s&rsquo;accroit l\u00e9g\u00e8rement, l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;arbres plus importants au bord du canal, l&rsquo;\u00e9largissement de la bande d&rsquo;herbe, la survenue perpendiculaire \u00e0 la route d&rsquo;une longue all\u00e9e bord\u00e9e de deux alignements de grands arbres, une petite courbe \u00e9loignant la route du canal environ deux cents m\u00e8tres avant ce moment o\u00f9 elle se tord pour remonter vers le nord, ce point o\u00f9, derri\u00e8re les lev\u00e9es de terre et ourlets de terrain se rencontrent la rivi\u00e8re et le puissant fleuve, invisibles mais dont la pr\u00e9sence est sensible, la limite de la ville et la jonction de trois d\u00e9partements.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon01\">#boost 01 &#8211; terre ou terres<\/h2>\n\n\n\n<p>S1&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>la terre et l\u2019arbre ou les plantes modestes qui partent coloniser les corniches, les ressauts du rocher, la terre que l\u2019arbre semble cr\u00e9er pour y ancrer les graines que le vent a plaqu\u00e9 sur cette minuscule accroche ;<\/p>\n\n\n\n<p>la terre que les plantes retiennent dans sa plong\u00e9e dans le fleuve ;<\/p>\n\n\n\n<p>les tapis de plantes qui nagent au dessus de la terre coll\u00e9e au fond du fleuve, juste fris\u00e9e par le courant ;<\/p>\n\n\n\n<p>la terre caillout\u00e9e du terre plein que le vent emporte et fait courir&nbsp; sur elle-m\u00eame, sur ses couches durcies et qui ,ne porte d\u2019herbe qu\u2019\u00e0 l\u2019abri des blocs de pierre dispos\u00e9s comme si\u00e8ges ;<\/p>\n\n\n\n<p>la terre assoiff\u00e9e qui ouvre ses sillons comme une bouche pour se nourrir de vie ;<\/p>\n\n\n\n<p>la terre amorphe dont un coup de pelle d\u00e9couvre le grouillement de vies ;<\/p>\n\n\n\n<p>la machine qui descend son bras rouge dans la terre, qui l\u2019\u00e9ventre pour annoncer les fondations ;<\/p>\n\n\n\n<p>S2<\/p>\n\n\n\n<p>cheminement trac\u00e9 vers le sens dans le m\u00e9lange de&nbsp; l\u00e9g\u00e8re terre poussi\u00e9reuse sem\u00e9e d&rsquo;aiguilles de pin ;<\/p>\n\n\n\n<p>apr\u00e8s l&rsquo;averse la terre luisante sur laquelle glisse l&rsquo;avanc\u00e9e ind\u00e9cise qui perd son chemin ;<\/p>\n\n\n\n<p>la boue o\u00f9 s&rsquo;engluent les pas et les mots ;<\/p>\n\n\n\n<p>travailler le langage comme on travaille la terre, creuser pour qu\u2019advienne nourriture ;<\/p>\n\n\n\n<p>le brun rouge\u00e2tre de la terre de Sienne, l\u2019ocre rouge devenu terre sur les chemins de Roussillon ;<\/p>\n\n\n\n<p>la terre noire qui p\u00e9trit les \u00e9corces, le bois p\u00e9trifi\u00e9, les champignons, l\u2019humus pour en faire deux mots qui roulent rudement et emplissent ;<\/p>\n\n\n\n<p>la terre en mer ce mot de l\u2019autre vie ;<\/p>\n\n\n\n<p>S3<\/p>\n\n\n\n<p>marcher sur la terre s\u00e8che, la terre morte, en portant des banni\u00e8res et en l\u2019arrosant d\u2019encens ;<\/p>\n\n\n\n<p>se pencher, prendre dans le bac lourde brass\u00e9e de terre, la porter courb\u00e9e, la poser, l\u2019humecter, la taper longuement avec un b\u00e2ton et p\u00e9trir l\u2019argile ;<\/p>\n\n\n\n<p>les doigts qui s\u2019allongent dans la terre pour la fa\u00e7onner la paume qui s\u2019applique pour lisser et renforcer, le contact de l\u2019essentiel, la vie qui s\u2019\u00e9change ;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>la banalit\u00e9 de la terre, la sensualit\u00e9 de la terre ;<\/p>\n\n\n\n<p>creuser la terre et saluer les vers ;<\/p>\n\n\n\n<p>trancher la pente de terre et retenir l\u2019effondrement avec des pierre s\u00e8ches, de terrasse en restanque ;<\/p>\n\n\n\n<p>appuyer sur les bras de l\u2019araire pour labourer l\u2019\u00e9troite terrasse ;<\/p>\n\n\n\n<p>S4<\/p>\n\n\n\n<p> atterrir, atterrage, terrain, terrasser, terrassement , l\u2019humus, le sable, l\u2019argile, le loess, le terreau,<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon02\">#boost 02 &#8211; portes ouvertes<\/h2>\n\n\n\n<p><br><br>Petits pas chaloup\u00e9s sur ciment corps \u00e9tir\u00e9 et bras lev\u00e9 hiss\u00e9s&nbsp; sur pointes des pieds doigts pos\u00e9s sur le bout du bec de canne en aluminum corps rabattu sur talons en poussant et ouverture brusque de la porte de bois brun. Une grande pi\u00e8ce peinte en blanc vide sauf quatre petits bancs au ras du sol. Sur tomettes jusqu\u2019\u00e0 la porte simple de bois peinte en jaune pouss\u00e9e par la main juste pos\u00e9e sur le panneau. La p\u00e9nombre et l\u2019odeur du thym sur la table \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un tian. Le macadam une marche la grille peinte en noire comme la grosse serrure grin\u00e7ant sous la cl\u00e9 sortie de la poche poids du portail b\u00e9ant soudainement.&nbsp; La terre battue et l\u2019herbe rare de l\u2019espace nomm\u00e9 jardin. Au bout de l\u2018all\u00e9e de dalles ciment\u00e9es la porte bleue \u00e0 imposte de vers cath\u00e9drale doigt sur sonnette ronde peinte en bleu dans l\u2019embrasure blanche tap-taps sonnant derri\u00e8re porte. Corps s\u2019effa\u00e7ant et vestibule pierre de taille. Un bras tendu devant l\u2018attente vers la poign\u00e9e de cuivre des doubles glaces de la porte vitr\u00e9e. Une femme assise dans un salon de chintz \u00e0 grandes fleurs de bois blonds et de vitrines pour c\u00e9ramiques. Sur le trottoir devant lourde porte de bois sculpt\u00e9 un doigt en face d\u2019un des noms sur la plaque \u00e9maill\u00e9e un gr\u00e9sillement et un d\u00e9clic serrure. Vestibule mur beiges moulur\u00e9s carreaux de sol dessinant un tapis un ascenseur derri\u00e8re une grille \u00e0 gauche. Deux pas vers la double porte de ch\u00eane clair entreb\u00e2ill\u00e9e. Une tenture \u00e0 repousser sur un vestibule allong\u00e9 entre doubles portes vitr\u00e9es. Vers la porte vitr\u00e9e de droite ouverte par le bras de l\u2019annonciatrice. Salon bourgeois sans grand caract\u00e8re et sourire chaleureux. Le long de la plate bande et les roses tr\u00e9mi\u00e8res vers la double fen\u00eatre \u00e0 droite de la porte sous auvent de tuiles et la petite cloche jug\u00e9e trop bruyante un profil aper\u00e7u derri\u00e8re mousseline carreau frapp\u00e9 par un doigt repli\u00e9 un appel et ouverture de la porte. Une petite entr\u00e9e pat\u00e8res pour v\u00eatements petite table \u00e0 gros bouquet et une silhouette s\u2019effa\u00e7ant pour invite.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">#boost 03 &#8211; souviens toi de la crainte<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"mon3\"><br><br><br>Tus as eu un sourire navr\u00e9 devant son recul, ce d\u00e9but vite jugul\u00e9 de fuite mais tu la connais la crainte, tes craintes de maintenant et de toujours, crainte du noir profond, crainte de la solitude quand elle se fait abandon, crainte de la foule, crainte d\u2019avoir peur, crainte d\u2019\u00eatre emport\u00e9e, crainte de d\u00e9tester, crainte d\u2019endormir col\u00e8re, crainte de la perdre cette col\u00e8re, crainte de te perdre, crainte d\u2019accepter, crainte de l\u2019engloutissement, crainte de la furie ab\u00eatie, crainte de perdre sagesse, crainte de ne plus voir, crainte de perdre accueil, crainte de ne pas voir beaut\u00e9, crainte de perdre sourire, crainte du silence absolu, crainte des bruits de liesse avin\u00e9e, crainte du tonnerre, crainte des chuchotements, crainte des amateurs de nouvelles, crainte des regards, crainte d\u2019\u00eatre vue, crainte d\u2019\u00eatre ni\u00e9e, crainte de n\u00e9gliger, crainte de blesser, crainte de mentir, crainte d\u2019\u00eatre courtisane, crainte d\u2019\u00eatre impolie, crainte de la b\u00eatise ass\u00e9n\u00e9e, crainte de la cruaut\u00e9, crainte de ne pouvoir aider, crainte de renoncer, crainte des blessures, crainte de la douleur ent\u00eat\u00e9e, crainte des pleurs publics, crainte du fiel, crainte de la sournoiserie, crainte du m\u00e9pris des cons, crainte de l\u2019assurance, crainte de l\u2019autorit\u00e9 imb\u00e9cile, crainte des \u00e9vidences consacr\u00e9es, crainte de l\u2019irruption, crainte du soudain, crainte du froid, crainte de la chute, crainte du moche, crainte de m\u00e9priser, crainte de la d\u00e9pendance, crainte des maux mais crainte surtout du Mal, crainte de ne savoir aimer, crainte de ne pouvoir aimer, crainte de l\u2019amour, crainte de ne plus craindre.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon4\">#bosst 04 &#8211; tenir t\u00eate \u00e0 l&rsquo;acceptation<\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><br>Tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation \u2014 de ne pas penser \u2014 de ne pas penser soi-m\u00eame \u2014 \u00e0 l\u2019acceptation de ce qui est ass\u00e9n\u00e9 \u2014 maintenant que la r\u00e9alit\u00e9 se veut virtuelle&nbsp; \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation du d\u00e9sarroi \u2014 du d\u00e9sarroi caus\u00e9 par l\u2019injonction \u00e0 suivre les regards enseign\u00e9s sur la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019\u00e9conomie \u2014 les regards qui orientent les choix des nouvelles des grands m\u00e9dias \u2014 le regard port\u00e9 par les \u00e9ditorialistes vedettes et leurs volontaires ou involontaires aveuglements \u2014 tenir t\u00eate aux mensonges des puissants se voulant disrupteurs de droite radicale \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation des discours et r\u00e9cits n\u00e9s des algorithmes \u2014 de l\u2019IA et de sa salade \u00e0 partir de ce qui se dit \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation&nbsp; \u2014 l\u2019acceptation de ne pas croire la r\u00e9alit\u00e9 discr\u00e8te \u2014 celle qui est \u00e9vidente \u2014 qui d\u00e9coule de la raison \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation des passions \u2014 les passions tristes \u2014 celles que l\u2019on dit majoritaires \u2014 celles de l\u2019int\u00e9r\u00eat \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation \u2014 \u00e0 l\u2019acceptation du refus de prendre comme r\u00e8gle la sensibilit\u00e9 \u2014 de se refuser l\u2019empathie \u2014 de tenir nos tentatives d\u2019empathie pour de la sensiblerie \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation \u2014 l\u2019acceptation du m\u00e9pris et de la d\u00e9fiance pour les actes et regards g\u00e9n\u00e9reux \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation \u2014 de la tristesse et du d\u00e9sarroi&nbsp; qu\u2019apportent les passions tristes \u2014 \u00e0 l\u2019acceptation du d\u00e9sarroi n\u00e9 des mensonges ou des regards paresseux et limit\u00e9s \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 la foi dans les puissants grotesques et ridicules \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 la foi en les sachants officiels born\u00e9s et paresseux \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation \u2014 l\u2019acceptation de la violence de ceux qui n\u2019ont qu\u2019id\u00e9ologie g\u00e9n\u00e9reuse qui s\u2019aigrit en haine pour leurs adversaires volontaires ou suiveurs apathiques \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation \u2014 l\u2019acceptation \u00e0 la tentation de rejoindre une meute \u2014 tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation \u2014 la l\u00e2che acceptation de la tristesse de d\u00e9tester \u2014 de craindre \u2014 ne pas tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019acceptation du plaisir d\u2019admirer \u2014 l\u2019acceptation de&nbsp; l\u2019action en commun avec ceux qui sont d\u00e9daign\u00e9s ou poursuivis pour leur nature seule \u2014 l\u2019acceptation aussi de ses limites \u2014 ne pas tenir t\u00eate \u00e0 la joie d\u2019admirer la force des exclus et de leurs amis aidants<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">#boost 05 &#8211; le cri qui jaillit<\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Cette force cette horreur cette rage qui sont en moi qui font se tordre me nerfs qui tournent qui se heurtent aux parois pour trouver issue qui viennent se hisser hors du ventre et se frapper comme on se fracasse sur les poumons d\u2019o\u00f9 cherchent \u00e0 jaillir en un vacarme&nbsp; ne le peuvent&nbsp; repouss\u00e9s par la pr\u00e9sence de vos regards et mon image de femme ne peut \u00eatre l\u2019image de la folie terrifiante d\u2019une m\u00e9nade. Car dehors vous \u00eates et vous l\u2019entendrez le verrez de l\u2019ext\u00e9rieur mon cri. Je veux qu\u2019il soit en vous. Je ne veux pas de votre jugement. Je veux vous emporter dans mon cri. Qu\u2019il sorte qu\u2019il m\u2019emporte oui mais besoin de le propager qu\u2019il soit accompagn\u00e9 comme les pleurs d\u2019une pleureuse expriment mais font na\u00eetre plus puisants les pleurs int\u00e9rieurs qui sont refoul\u00e9s. Que le cri soit et non plus moi, que la rage soit mais vous habite. Que vous ne me voyez plus mais l\u2019image du cri que vos regards ne me jugent mais le lib\u00e8rent. Que ma faiblesse de femme tremblante sous son \u00e9lan refr\u00e9n\u00e9 lib\u00e8re la force l\u2019absolu la puissance f\u00e9minines. Que de mes entrailles bless\u00e9es de mon ventre comprim\u00e9 dans sa force monte le bruit le fracas la volcanique&nbsp; puissance devenue cri et qu\u2019avec la force du souffle il heurte \u00e9carte les dents se jette en vous, s\u2019y abrite.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"mon5\"><em>Codicille : ai h\u00e9sit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 mardi soir \u00e0 ouvrir cette proposition et \u00e0 partir d\u2019une phrase de Artaud (toujours peur le lisant de c\u00e9der \u00e0 la facile tentation de le rejoindre trop intimement | ce qui n\u2019est souhaitable ni pour moi ni pour une \u00e9ventuelle \u00e9criture) mais\u2026 m&rsquo;y suis risqu\u00e9e, quelque chose est sorti que j&rsquo;ai \u00e9crit, relu, arr\u00eat\u00e9 l\u00e0 et adopt\u00e9 au risque de la pi\u00e8tre trahison<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon6\">#boost 6 &#8211; ces visages, ces regards<\/h2>\n\n\n\n<p>Visages tant habit\u00e9s par le feu int\u00e9rieur qui convulse les chairs les distend les contracte tant model\u00e9s par les tensions de ces forces qui les traverse qu\u2019ils en sont marqu\u00e9s pour toujours affichant impun\u00e9ment l\u2019esprit horrifi\u00e9 occup\u00e9 de lui-m\u00eame coup\u00e9 des regards et du monde avec dans les yeux un \u00e9clair d\u2019appel muet | le visage calme le l\u00e9ger sourire de celui-ci parmi eux et l\u2019absence de ses yeux o\u00f9 se r\u00e9fugie le dialogue interne et l\u2019absence au monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Visage de ce corps de femme interrogatif dress\u00e9 regard \u00e0 la fois insistant et indiff\u00e9rent dans le visage rendu neutre par une attente distraite fix\u00e9 sur le visage de l\u2019homme au rictus \u00e0 demi cach\u00e9 par le chandail dont ses deux mains crisp\u00e9es tordues remonte le col&nbsp; pour se refuser se dissimuler paupi\u00e8res baiss\u00e9es dans&nbsp; le refus de voir et d\u2019\u00eatre p\u00e9n\u00e9tr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les vieilles mains tordues en gros plan dress\u00e9es devant le regard qui se laisse apercevoir guettant, les deux mains dont les doigts s\u2019\u00e9cartent, les deux mains qui retombent d\u00e9voilant le visage aust\u00e8re la peau parchemin\u00e9e les chemins qui y ont creus\u00e9 les pens\u00e9es la bouche ouverte sur l\u2019absence de sourire&nbsp; les l\u00e8vres aval\u00e9es et tordues le regard filtr\u00e9 entre les paupi\u00e8res sans cils dard\u00e9 en se d\u00e9tournant sur le vide quelque part sur la droite.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Codicille : en feuilletant le livre \u00ab&nbsp;Asile&nbsp;\u00bb publi\u00e9 par <\/em><a href=\"http:\/\/publie.net\"><em>publie.net<\/em><\/a><em> texte de Maryse Hache (que vais relire ce soir je pense, mais que pr\u00e9f\u00e9rais laisser dormir le temps de tenter d\u2019\u00e9crire) et photos de Tina Kazakhisvili<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon7\">#boost 07 &#8211; conjurations<\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Contempler le pied droit un peu tordu pour adh\u00e9rer au carrelage sur lequel il est plant\u00e9 au bout du tibia en biais qui porte l\u2019autre jambe | tenter de se r\u00e9duire \u00e0 ce petit espace entre la chaussure et le bas de la jambe.<\/p>\n\n\n\n<p>Marcher sur le bas c\u00f4t\u00e9 d\u2019une chauss\u00e9e \u00e9tincelante les yeux perdus sur l\u2019horizon jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement.<\/p>\n\n\n\n<p>Contempler les&nbsp; cumulus \u00e9pars en croyant deviner leur nage infiniment lente dans le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p>Caresser le haut du front \u00e0 la lisi\u00e8re des cheveux en \u00e9coutant les voix charnelles de nonnes se perdre dans l\u2019\u00e9ther rythm\u00e9 du gr\u00e9gorien jusqu\u2019\u00e0 ce que la main de plus en pus alentie s\u2019immobilise.<\/p>\n\n\n\n<p>Contempler les taches de lumi\u00e8re qui suivent le flot du fleuve en lente et irr\u00e9sistible coul\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ecouter le faux silence de la nuit se dissoudre pour accueillir les premiers bruits de l\u2019aube attendue.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon8\">#boost 08 &#8211; moments<\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Un moment qui ne fut pas, ou ne fut pas lui, ou fut indiscernable, qui passa tr\u00e8s vite, entra\u00een\u00e9, pouss\u00e9 par les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Un moment qui se fit attendre, si longuement que quand il passa ce fut avec une discr\u00e9tion aga\u00e7ante, noy\u00e9 parmi les autres ne laissant que le sentiment qu\u2019il \u00e9tait pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un moment qui s\u2019\u00e9ternise, distendu par la saveur aig\u00fce d\u2019un rayon de beaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un moment qui fut bref et d\u00e9testable de la survenue d\u2019une offense qui ne sera pas relev\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment \u00e9trange et choquant o\u00f9 dans la rue on croise avec le regard d\u2019un autre un \u00eatre que l\u2019on d\u00e9couvre dans un reflet \u00eatre un soi ignor\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un moment o\u00f9 le corps s\u2019active \u00e0 des gestes r\u00e9p\u00e9titifs et o\u00f9 l\u2019esprit lib\u00e9r\u00e9 s\u2019en va pensant et un moment o\u00f9 l\u2019esprit n\u2019est plus qu\u2019un corps s\u2019activant avec une attention passionn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment du r\u00e9veil quand le corps tente de rattraper l\u2019esprit d\u00e9sorient\u00e9 qui ne sait ni quand ni o\u00f9 ni quel il est.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce moment o\u00f9 le d\u00e9sarroi du r\u00e9veil est mod\u00e9r\u00e9 par une pouss\u00e9e de l\u2019humour premier \u00e9veill\u00e9 qui aide \u00e0 sortir les jambes du lit en prenant conscience du geste.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce moment o\u00f9 les vieux se recouchent et o\u00f9 la chute de la temp\u00e9rature, le silence plus profond, le noir de la nuit attaqu\u00e9 par la cendre annoncent l\u2019approche de l\u2019aube.<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment o\u00f9 le soleil en feu s\u2019enfonce dans la mer quand dans un bref silence on entend les vaguelettes embrasser le sable et les haubans faseyer doucement.<\/p>\n\n\n\n<p>Un moment d\u2019attendrissement en voyant les yeux pench\u00e9s de son chien le regardant<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment tant attendu o\u00f9 il osera s\u2019en aller<\/p>\n\n\n\n<p>Ce moment si rapide et sans limite d\u2019une chute quand la vie dure quelques secondes<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment o\u00f9 perdu dans le bonheur d\u2019une musique on sent son cou ployer et ses yeux demander \u00e0 se fermer<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment o\u00f9 avan\u00e7ant dans la rue on a brusquement le sentiment m\u00eal\u00e9 d\u2019un doute que l\u2019on vient de croiser sans r\u00e9action une connaissance<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment o\u00f9 on secoue mentalement les \u00e9paules pour trouver courage d\u2019entrer dans le jour<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment o\u00f9 on cherche l\u2019app\u00e9tit assis pr\u00e8s ou en face de quelqu\u2019un qui en a trop<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le moment o\u00f9 la lumi\u00e8re d\u2019un vitrail se posant sur un profil ingrat en r\u00e9v\u00e8le la beaut\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le moment o\u00f9 on se perd dans a d\u00e9tente de la beaut\u00e9 d\u2019une musique \u00e9cout\u00e9e en concert et o\u00f9 on sent les yeux se voiler et le cou fl\u00e9chir malgr\u00e9 la lutte contre l\u2019absence<\/p>\n\n\n\n<p>Un moment d\u2019attente joyeuse ou craintive o\u00f9 les yeux ne quittent pas l\u2019affichage du temps qui vient<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon9\">#boost 09 &#8211; entr\u00e9e dans le jour<\/h2>\n\n\n\n<p><br>un jour indistinct s&rsquo;\u00e9veille sans couleur entre les cils des paupi\u00e8res inconscientes et se force un passage jusqu&rsquo;\u00e0 les entrouvrir encore insensibles \u00e0 leur mouvement et l&rsquo;affaiblissement du noir \u2013 le cou se tourne se soulevant instinctivement vers l&rsquo;\u00e9bauche de jour \u2013 une douleur dans l&rsquo;\u00e9paule froiss\u00e9e allume la conscience \u2013 la main droite s&rsquo;appuie sur le drap amenant le redressement du buste pivotant vers la fen\u00eatre \u2013 une jambe tente de se mouvoir en s&#8217;emp\u00eatrant dans des plis \u2013 le buste pour entra\u00eener le reste du corps transmet \u00e0 la jambe l&rsquo;id\u00e9e de drap pendant qu&rsquo;elle continue son mouvement \u2013 les orteils effleurent le sol et la main gauche se tend dans le vide pour aider au pivotement \u2013 le pied se pose et le bassin suit le mouvement en s&rsquo;\u00e9veillant avec douleur \u2013 la main tendue se rabat vers les reins \u2013 la seconde jambe commence sa lutte pour se d\u00e9gager du drap \u2013 le poignet droit tourne sur le bord du lit pour affermir son soutien &#8212; le buste s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve entra\u00eenant la jambe prisonni\u00e8re \u2013 la lumi\u00e8re d&rsquo;un jour blafard se d\u00e9cide \u00e0 saluer l&rsquo;entr\u00e9e dans une nouvelle journ\u00e9e \u2013 le second pied t\u00e2tonne et se plante sur le sol pendant que le corps se d\u00e9gage un peu de travers du lit sur lequel s&rsquo;appuie toujours la main droite \u2013 elle vient rejoindre sa s\u0153ur sur les reins et le corps se dresse presque droit pour amorcer un premier pas tr\u00e9buchant<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon10\">#boost 10 &#8211;  aller aller, plus loin, au del\u00e0, se hater<\/h2>\n\n\n\n<p>Aller aller plus loin, au del\u00e0; aller, aller, se hater<\/p>\n\n\n\n<p>Aller aller vers la terre que l\u2019arbre semble cr\u00e9er pour y ancrer les graines que le vent a plaqu\u00e9 sur la minuscule accroche du rocher,&nbsp; la terre assoiff\u00e9e qui ouvre ses sillons comme une bouche pour se nourrir de vie, l\u2019ocre rouge devenu terre sur les chemins de Roussillon, la l\u00e9g\u00e8re terre poussi\u00e9reuse sem\u00e9e d&rsquo;aiguilles de pin,<\/p>\n\n\n\n<p>Aller vers la crainte de la foule, crainte d\u2019avoir peur, les craintes \u00e0 affronter. Aller en gardant raison vers les discours et r\u00e9cits n\u00e9s des algorithmes, de l\u2019IA et de sa salade.<\/p>\n\n\n\n<p>Aller en gardant sagement brid\u00e9e en soi ses rages que femme ne doit exhiber, aller sous les regards, aller en tentant sourire vers les moments de d\u00e9tresse, aller vers le triste en s\u2019appuyant sur les douces brindilles de la vie. Aller sans peur, avec tendresse vers l\u2019\u00e9tranget\u00e9 des autres, les regards qui appellent depuis leur \u00e9garement. Aller en opposant aux douleurs des petits rites idiots en y mettant sa sauvegarde.<\/p>\n\n\n\n<p>Aller dans ce jour qui attend.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin que l\u2019espace ouvert par la porte de bois brun, plus loin que la femme assise dans un royaume de chintz, plus loin que la sagesse.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin que la certitude enseign\u00e9e que le cri ne doit pas \u00eatre prof\u00e9r\u00e9, ne doit pas sortir du ventre crisp\u00e9 dans un sourire pour ne pas le laisser jaillir avec une violence joyeuse de cette libert\u00e9. Plus loin que le recul craintif devant une \u00e9tranget\u00e9, m\u00eame discr\u00e8te, plus loin que la bouche tordue la joue en boule et le regard fuyant, plus loin que la barri\u00e8re de ce visage, au fond des yeux qui appellent. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin avec les nuages navigant dans le ciel mais pas plus loin que la puret\u00e9 sereine du chant des nonnes, non pas plus loin pas jusqu\u2019\u00e0 la spiritualit\u00e9 qui nourrit leur chant ou \u00e0 l\u2019indiff\u00e9rence qui assure la basse soutenant le chant.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Au del\u00e0 du silence qui accompagne le fr\u00e9missement blanc du jour s\u2019appr\u00eatant \u00e0 \u00eatre, au del\u00e0 de la tendresse conquise de l\u2019oubli nocturne, au d\u00e9j\u00e0 de l\u2019instant enfui trop vite pour \u00eatre, au del\u00e0 de l\u2019attendrissement devant ce qui accompagne ce qu\u2019on n\u2019ose aimer.<\/p>\n\n\n\n<p>Au del\u00e0 du recul de peur et au del\u00e0 de l\u2019attirance vers la diff\u00e9rence, au del\u00e0 de la foi en la possibilit\u00e9 d\u2019une empathie pour le parcours dans l\u2019enfer&nbsp; que traverse par ce corps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au del\u00e0 des conventions, au del\u00e0 de la sagesse, au del\u00e0 du souci de ne pas d\u00e9ranger, au del\u00e0 de la peur de peser, au del\u00e0 de l\u2019inutilit\u00e9, au del\u00e0 de la crainte de laisser l\u2019intime expos\u00e9, au del\u00e0 des gestes brusquement achev\u00e9s, au del\u00e0 des voix fortes, au del\u00e0 du rempart de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9j\u00e0 du carreau de vitre qui d\u00e9forme ce profil absorb\u00e9 dans la lecture, au del\u00e0 des chemins du jardin, de l\u2019odeur de la terre mouill\u00e9e, des fleurs qui se penchent.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Par derri\u00e8re les mains qui s\u2019activent savoir le silence de l\u2019esprit qui les guide en leur laissant le discours, par derri\u00e8re les yeux qui se d\u00e9tournent deviner l\u2019ignorance la crainte l\u2019indiff\u00e9rence, ou une urgence, par derri\u00e8re les sourires \u00e9chang\u00e9s courtoisement et les phrases qui ne d\u00e9bordent pas le travail entendre le r\u00eave le cri des esprits.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Se hater pour ne pouvoir \u00eatre arr\u00eat\u00e9e, se hater parce que n\u00e9cessaire, se hater pour montrer l\u2019empressement, se hater parce que d\u00e9sir.<\/p>\n\n\n\n<p>Se hater de poser une barri\u00e8re pour qu\u2019une souffrance&nbsp; devin\u00e9e s\u2019y abrite. Se hater derri\u00e8re une banderole en laquelle on ne croit qu\u2019\u00e0 demi pour la chaleur du compagnonnage avec tous ces d\u00e9sirs m\u00eal\u00e9s de r\u00e9serves; Se hater d\u2019aimer et se hater de le taire. Se hater ostensiblement vers un but assign\u00e9 en souhaitant des embuches.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Se hater d\u2019oublier et ne le pouvoir. Se hater de se concentrer pour que dise sinc\u00e9rit\u00e9 le sourire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Se hater de trouver un chemin de traverse, se hater de ralentir les grands pas pour que l\u2019impr\u00e9vu s\u2019en vienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Se hater, ou le dire, mais \u00e9viter de d\u00e9ranger le moi secre<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon11\">#boost 11 &#8211; Nous, la nuit et son sortir<\/h2>\n\n\n\n<p>\/Nous pens\u00e2mes<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pens\u00e2mes que nous vivions sans doute en un lieu, en un lieu dont rien ne savions<\/p>\n\n\n\n<p>Nous y pens\u00e2mes \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans la nuit et nous y pens\u00e2mes \u00e0 chaque moment de cette nuit dans ce lieu vague dont rien ne savions<\/p>\n\n\n\n<p>Nous y pens\u00e2mes \u00e0 ce moment o\u00f9 nous cr\u00fbmes que l\u2019aube avait vaincu l\u2019aurore car nous pouvions figer dans l\u2019ind\u00e9cis du temps et des tons ce passage<\/p>\n\n\n\n<p>Car nous avions perdu tout savoir et toute raison et chacun de nous le savait.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">#boost 11bis &#8211; une certitude<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"mon11bis\">\u00ab&nbsp;Nous pens\u00e2mes que nous vivions sans doute en un lieu, en un lieu dont rien ne savions&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pens\u00e2mes alors, en ce moment de sursaut, de brusque prise de conscience, alors que le froid nous faisait trembler, nous pens\u00e2mes alors, et en cet instant o\u00f9 nos regards se croisaient l&rsquo;un de nous dit et les autres, hochant la t\u00eate, donn\u00e8rent leur accord \u00e0 ces mots : que nous vivions sans doute en un lieu dont ne savions rien auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous regard\u00e2mes, et nos visages disaient notre accord, notre commune r\u00e9action, du moins nous le cr\u00fbmes&#8230; notre accord sur cette id\u00e9e qui nous venait : certainement en sera-t-il ainsi ensuite, et aucun de nous ne cherchait \u00e0 comprendre ce qui nous le faisait croire.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon11ter\">#boost 11ter &#8211; nos trois pr\u00e9sences<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous trois, et d\u2019abord Claude Ludion nous marchions vers la fin de ce jour<\/p>\n\n\n\n<p>Nous trois et toi surtout le sauvage Bertrand Dusang nous avons march\u00e9 vers la fin de ce jour<\/p>\n\n\n\n<p>Nous trois et premier Kl\u00e9ber Pascal nous avions cess\u00e9 de guetter le passage d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ensemble et s\u00e9par\u00e9s nous avons cess\u00e9 de guetter le passage d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ensemble Claude Bertrand et Kl\u00e9ber nous r\u00eavions quand il ne le fallait pas<\/p>\n\n\n\n<p id=\"mon11ter\">Nous ensemble nous avons r\u00eav\u00e9 et il ne le fallait pas.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon12\">#boost 12 &#8211; Narbonne ou Ajaccio ou avant encore en ces lieux de toi<\/h2>\n\n\n\n<p>le delta ou la baie<\/p>\n\n\n\n<p>la brume toujours<\/p>\n\n\n\n<p>de quand tu \u00e9tais jeune et quand je n&rsquo;\u00e9tais pas<\/p>\n\n\n\n<p>Ajaccio o\u00f9 nous \u00e9tions l&rsquo;une contre l&rsquo;autre<\/p>\n\n\n\n<p>un jour de lumi\u00e8re et les murs ouvert sous les bombes<\/p>\n\n\n\n<p>quand tu avais \u00e9t\u00e9 malade en mangeant la langouste offerte parce que je remuais en toi<\/p>\n\n\n\n<p>Narbonne o\u00f9 tu \u00e9tais jeune \u00e9pouse radieuse<\/p>\n\n\n\n<p>Narbone o\u00f9 je n&rsquo;\u00e9tais que cette chose qui prenait forme en toi<\/p>\n\n\n\n<p id=\"mon12\">Nous et nos liens<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>table des mati\u00e8res 00 &#8211; 43 55 46 359 N 4 46 23974 E01 &#8211; terre ou terres02 &#8211; portes ouvertes03 &#8211; souviens toi de la crainte04 &#8211; tenir t\u00eate \u00e0 l&rsquo;acceptation05 &#8211; le cri qui jaillit06 &#8211; ces visages, ces regards07 &#8211; conjurations08 &#8211; moments09 &#8211; entr\u00e9e dans le jour10 &#8211; aller aller, plus loin, au del\u00e0, se hater11 <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boots-001-terre-ou-terres\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#boost #00 \u00e0 12<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":95,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7317,7342,7351,7363,7369,7386,7390,7395,7404,7410,7441,7450,7458,7476,7302],"tags":[],"class_list":["post-180208","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-boost-01-tarkos-la-terre","category-boost-02-beckett-portes","category-boost-03-jeanney-la-peur-en-lautre","category-boost-04-paul-valet-tenir-tete-a","category-boost-05-artaud-le-cri","category-boost-06-michaux-visages","category-boost-07-virginie-poitrasson-conjurations","category-boost-08-michaux-moments","category-boost-09-kafka-une-minute","category-10-saint-john-perse-aller","category-11-draeger-marcher-dans-la-nuit","category-11bis-manuela-drager-avant-apres","category-boost-11ter-faulkner-eclater-le-nous","category-boost-12-micolet-chez-nicole","category-boost"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180208","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/95"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=180208"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180208\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":186298,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180208\/revisions\/186298"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180208"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180208"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=180208"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}