{"id":180221,"date":"2025-02-20T12:22:49","date_gmt":"2025-02-20T11:22:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=180221"},"modified":"2025-02-20T12:22:50","modified_gmt":"2025-02-20T11:22:50","slug":"boost-02-beckett-porte-a-porte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-02-beckett-porte-a-porte\/","title":{"rendered":"# Boost # 02. Beckett. Porte \u00e0 porte."},"content":{"rendered":"\n<p>Je pousse la porte et j&rsquo;entre un peu essouffl\u00e9 six \u00e9tages \u00e0 monter. La porte est fine un bois pas tr\u00e8s \u00e9pais mais ouvre sur un int\u00e9rieur qu&rsquo;elle prot\u00e8ge le mien. Pass\u00e9 le seuil \u00e0 main gauche un \u00e9vier deux plaques de cuisson dessous un frigo au dessus deux placards. A main droite le mur vide puis les piliers d&rsquo;une mezzanine bois clair doux tendre. l&rsquo;espace est petit quinze m\u00e8tres carr\u00e9s en tout il faut y loger tout un appartement alors mezzanine. Au dessus le lit au dessous le salon. un canap\u00e9 un tapis rouge orientale une table basse. En face une chaise de paille. A droite de la chaise l&rsquo;unique fen\u00eatre mais grande qui donne sur une cour fleurie calme malgr\u00e9 le c\u0153ur de Paris. Devant la chaise un bureau qui est une vieille table dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle de cuisine en bois sombre avec petit tiroir en son milieu. Sur la table deux briques rouges soutiennent deux planches de bois blanc qui soutiennent mes livres. Au mur un tableau. Je pousse la porte et j&rsquo;entre. une soupente avec fen\u00eatre petite donnant sur des montagnes vertes et noires. aux murs un papier peint couleur aubergine parsem\u00e9 de petits cercles bleus pales organis\u00e9s en rondes formants des fleurs. M\u00eame papier m\u00eame motifs au sol un tout petit peu plus clair permettant de distinguer horizontalit\u00e9 et verticalit\u00e9. Face au regard une table recouverte d&rsquo;une nappe peut \u00eatre en toile cir\u00e9e peut \u00eatre en toile tout court orange parcourues de lin\u00e9aments blancs cr\u00e8me courbes. Dessus une statuette un pot ou bien un samovar une coupelle contenant deux figues fra\u00eeches pas encore mures. Au milieu de la table pos\u00e9es dessus en vrac trois aubergines ventrues et fermes. A gauche un miroir dans lequel se refl\u00e8te de biais la table. Derri\u00e8re la table un paravent de tissus ou de papier vert d&rsquo;eau parcouru de motifs dansants blancs. A droite grand rectangle de tissus ou papier jaune moutarde imprim\u00e9 de fines fleurs blanches aux branches noires pour masquer un trou du paravent. Derri\u00e8re le paravent on distingue une porte ouverte avec derri\u00e8re un rideau. Je pousse la porte et j&rsquo;entre. Le sol est un parquet us\u00e9 qui semble avoir \u00e9t\u00e9 peint en bleu vert p\u00e2le puis malhabilement ponc\u00e9. \u00c0 main gauche une chaise de paille cal\u00e9e devant  une porte bleue. Juste apr\u00e8s cette porte bleue dans le mur bleu \u00e9galement un clou pour soutenir un torchon de coton blanc \u00e9pais et sale lourd liser\u00e9 d&rsquo;un filet rouge. A droite du torchon une vielle table dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle de cuisine en bois sombre avec petit tiroir en son milieu supportant un broc de toilette dans une bassine une brosse un savon un verre une carafe deux fioles. Derri\u00e8re la table un miroir de barbier dans un cadre de fer blanc accroch\u00e9 au mur par une cha\u00eene reli\u00e9e \u00e0 un clou plant\u00e9. A droite du miroir une petite fen\u00eatre \u00e0 cadre de bois ouverte \u00e0 l&rsquo;espagnolette sans visibilit\u00e9 sur l\u2019ext\u00e9rieur puis un porte manteau horizontal clou\u00e9 dans le mur supportant trois chemises blanches bleus d&rsquo;ouvrier sous un petit tableau de paysage. Sous le porte manteau une autre chaise de paille et \u00e0 droite de la chaise en amont du porte manteau un lit gigogne coll\u00e9 contre le mur auquel sont suspendus quatre tableaux encadr\u00e9s deux paysages surmont\u00e9s de deux portraits un homme et une femme. L&rsquo;homme pourrait \u00eatre l&rsquo;occupant de cette chambre. C&rsquo;est m\u00eame certainement lui. Au pieds du lit \u00e0 main droite une porte. Je pousse la porte et j&rsquo;entre.<br><br><br>Codicille : La premi\u00e8re porte qui s&rsquo;impose \u00e0 moi, dans cette consigne \u00e0 teneur autobiographique est le petit studio parisien qui fut mon premier \u00ab chez moi \u00bb apr\u00e8s avoir navigu\u00e9 de chambres de bonnes en chambres de bonnes, comme en de simples lieux de somme dans le Paris de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1980. Petit studio qui fut \u00e0 la fois terrier et ouverture vers le monde : isolation volontaire du socius, plong\u00e9e dans l&rsquo;art. D&rsquo;o\u00f9 la pirouette narrative de ce texte dans lequel je d\u00e9cide d&rsquo;ouvrir les portes sur des tableaux de peintres qui  m&rsquo;accompagn\u00e8rent \u00e0 cette \u00e9poque. Ici donc, choisis parmi d&rsquo;autres, la \u00ab Nature morte aux aubergines \u00bb de Matisse et  la chambre de Vincent van Gogh \u00e0 Arles. Je choisis d&#8217;employer comme \u00e9l\u00e9ments de lien entre la peinture et ma propre vie une m\u00eame description au mot pr\u00e8s d&rsquo;un m\u00eame objet ( la table) dans le tableau de van Gogh et le studio d\u00e9crit en premier dans le texte ainsi que la m\u00eame chaise, arch\u00e9types qu&rsquo;on trouvait en quantit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, chez Emma\u00fcs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je pousse la porte et j&rsquo;entre un peu essouffl\u00e9 six \u00e9tages \u00e0 monter. La porte est fine un bois pas tr\u00e8s \u00e9pais mais ouvre sur un int\u00e9rieur qu&rsquo;elle prot\u00e8ge le mien. Pass\u00e9 le seuil \u00e0 main gauche un \u00e9vier deux plaques de cuisson dessous un frigo au dessus deux placards. A main droite le mur vide puis les piliers d&rsquo;une <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-02-beckett-porte-a-porte\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># Boost # 02. 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