{"id":180452,"date":"2025-04-17T23:19:08","date_gmt":"2025-04-17T21:19:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=180452"},"modified":"2025-04-17T23:19:08","modified_gmt":"2025-04-17T21:19:08","slug":"boost-00-365131-8n-101949-9e","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-00-365131-8n-101949-9e\/","title":{"rendered":"#BOOST #02 | Portes d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"#Carthage\">#00 | 36\u00b051&rsquo;31.8&Prime;N 10\u00b019&rsquo;49.9&Prime;E<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#terre\">#01 | Terre de passage<\/a><br><a href=\"#portes\">#02 | Portes d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"portes\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>#02 | Portes d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Double consigne simple\u00a0: <em>on garde la forme bloc on garde la seule ponctuation les points dans ce texte \u00b7 porte franchir entrer porte franchir entrer d'un point \u00e0 un autre point quelle image une fois qu'on a tenu l'image qu'elle tremble le point la fixe elle ne tremble plus mais on est pass\u00e9 \u00e0 une autre image on a franchi on est entr\u00e9 et une autre porte on entre un autre int\u00e9rieur<\/em> \u2014 c\u2019est dans la vid\u00e9o de <em>f<\/em>.<br><br>Et pour commencer, j\u2019ai envie de donner un peu d\u2019\u00e9lan au texte, m\u00eame si un peu ralenti, de poser des fondations, un vrai bloc, avec un escalier, une vol\u00e9e de marches pour acc\u00e9der \u00e0 la premi\u00e8re porte. Et pour le point, un point m\u00e9dian, \u00e7a fonctionne aussi\u00a0? non\u00a0? c\u2019est pas un vrai point d\u2019arr\u00eat, plut\u00f4t un point d\u2019articulation\u00a0? on veut quoi, une pause ou un relais\u00a0? on recommence la course ou on passe le t\u00e9moin\u00a0? J\u2019aime bien l\u2019id\u00e9e du t\u00e9moin.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Allez, apr\u00e8s les portes d\u2019entr\u00e9e de deux maisons et quatre portes de la premi\u00e8re maison \u2014 en fait, un m\u00e9lange de portes et d\u2019int\u00e9rieurs de l\u2019autre \u2014 les quatre autres \u2014 plus vite fait (j\u2019esp\u00e8re), <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-x-au-fur-et-a-mesure\/#02\">comme Patrick Blanchon<\/a>.<br><br>(On ne dit pas porte de sortie, mais les sorties de secours sont bien des portes.)<br><br>\u00c0 la fin (demain), on rassemble et redistribue les phrases.<\/pre>\n\n\n\n<p>Un vieil escalier en pierre en une vol\u00e9e de dix marches ou onze marches un peu us\u00e9es au centre creuses comme des lignes rel\u00e2ch\u00e9es et au sommet une porte marron en bois peint d\u00e9lav\u00e9 \u00e9caill\u00e9 le panneau d\u2019appui griff\u00e9 la traverse au pied rong\u00e9e et une imposte en verre avec une structure de rouille noire dessinant un losange recouvert par une toile d\u2019araign\u00e9e et quand on entre la poign\u00e9e b\u00e9quille droite grise et mate trop haute claque le chien passe le premier pousse la porte qui claque contre l\u2019\u00e9vier en pierre derri\u00e8re dans l\u2019entr\u00e9e bleu ciel aux murs \u00e9pais et ses quatre portes \u00e0 gauche \u00e0 droite et deux en face dans une paroi en bois brut gris fendu deux portes \u00e0 loquets un lino \u00e0 carreaux effac\u00e9s au sol une ampoule simple trop faible au plafond au fil tordu l\u2019interrupteur noir derri\u00e8re la porte. La porte de m\u00e9tal d\u2019un bleu p\u00e2le piqu\u00e9 de rouille large lourde et bloqu\u00e9e qu\u2019on cogne et qui couine la vitre en plexiglass voil\u00e9e pleine de rayures tremblant et m\u00eame derri\u00e8re les g\u00e9raniums. La petite porte vert anis au jeu de fl\u00e9chette et plein de petits trous autour le bouton de porte dor\u00e9 branlant attention \u00e0 la marche baisse la t\u00eate la pendule te toise du plafond de son \u0153il \u00e0 aiguilles cisel\u00e9es d\u2019un in\u00e9luctable balancier. Une porte basse un barom\u00e8tre \u00e0 aiguille la vitre fissur\u00e9e un gros linteau \u00e7a passe juste la chambre sentait la cire d\u2019abeille on glissait sur des patins. La porte ouverte en grand d\u00e9coupait la petite table en formica blanc \u00e9caill\u00e9 aux pieds chrom\u00e9s et deux chaises bancales assorties sous la lumi\u00e8re d\u2019un n\u00e9on dont on n\u2019entendait que le ronronnement ou c\u2019\u00e9tait le frigo sur fond de rideau blanc d\u2019arabesques bleues et la petite tortue qui finira par se glisser dessous. La grande porte \u00e0 quatre panneaux et sa poign\u00e9e b\u00e9quille l\u00e2che qui sautait sous les coups de boutoir des enceintes dans la grande chambre illumin\u00e9e par les petits n\u00e9ons et les spots multicolores d\u00e9coup\u00e9e par les flashs du stroboscope. La petite porte de vieux bois gris toute fissur\u00e9e comme rid\u00e9e avec ce loquet bloqu\u00e9 et quand \u00e7a s\u2019ouvre la porte sursaute et peut-\u00eatre l\u2019escalier du grenier derri\u00e8re les marches du m\u00eame vieux bois grin\u00e7ant et instable sauf pour le chat rest\u00e9 enferm\u00e9 qui d\u00e9campe. La trappe en bois dont la poign\u00e9e et le petit loquet en m\u00e9tal sonnaient \u00e0 chaque pas la trappe en bois qu\u2019on raclait sur le ciment la trappe en bois qui faisait tomber un peu de poussi\u00e8re sur la t\u00eate la trappe en bois qui \u00e9tait rest\u00e9e bloqu\u00e9e et la pile qui faiblissait la trappe en bois de la cave les noms d\u2019oiseaux qui fusaient la nuit se glissant par les deux petits soupiraux. La porte d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 sym\u00e9trique pour une cage d\u2019escalier de pierres apparentes de parpaings bruts de planchettes en \u00e9quilibre instable et de grosses toiles d\u2019araign\u00e9es dessous mais qu\u2019est-ce que tu fais dessous sans autre lumi\u00e8re que celle qui monte du chai. La porte marron vernie et granuleuse contenait un long couloir vide murs placo plafond panneaux de polystyr\u00e8ne et sol ciment. Une vieille porte bancale encore aujourd\u2019hui pour on ne sait quelle pi\u00e8ce en forme de couloir sans issue encombr\u00e9 de mille et une petites choses d\u00e9pareill\u00e9es sur un mur briquettes rouges.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">(Il y a eu aussi <a href=\"http:\/\/willweb.unblog.fr\/2021\/01\/13\/porte-couleurs\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ces trois autres portes<\/a>, de la structure o\u00f9 je travaille. C\u2019\u00e9tait une fin d\u2019apr\u00e8s-midi d\u2019hiver, la nuit tombait, quoi qu\u2019en montrent les photos. Du temps, aussi, o\u00f9 les arbres \u00e9taient encore sur pied.)<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div id=\"terre\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>#01 | Terre de passage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Allez, ce soir on s\u2019y remet, on essaye, les quatre petits textes pour la terre, quatre fragments de terre en mouvement, au pluriel, en mati\u00e8re, de terre et de langue, en soi-m\u00eame, pour moi, et en un mot d\u00e9fini en une phrase ou deux.<\/pre>\n\n\n\n<p><strong>ST1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ici la terre point, la terre se soul\u00e8ve, elle se dresse, d\u2019un trait compact, elle s\u2019\u00e9l\u00e8ve et se tord, retombe et s\u2019enroule, la terre sort de la terre compacte, lisse, long boyau fuyant de terre tordue, entrelac\u00e9e, s\u2019\u00e9levant et s\u2019enroulant, retombant entortill\u00e9e, en petit tas de terre agglutin\u00e9, de petits tours de terre en turricule.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici la terre gicle. La terre friable, de tas en tas, de petits jets. Ou juste accumul\u00e9e par petites touches. Et le tas qui grossit, qui monte par morceaux, par fragments, par grains de terre \u00e9ject\u00e9s. Et la terre qui glisse, la motte qui roule. Le trou qui s\u2019ouvre. La t\u00eate noire et aveugle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici la terre court. Entre les hautes herbes, la terre se fraye un chemin, file d\u2019une ligne sinueuse. Elle surgit dans une zone nue, foul\u00e9e, pi\u00e9tin\u00e9e. Et court de plus belle, fuit dans le d\u00e9sordre des traces, des pinces, peut-\u00eatre des gardes \u00e0 peine visibles. Elle court la terre, entre les herbes luisantes, elle allonge la coul\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Ce que je voudrais, c\u2019est la terre sous l\u2019esp\u00e8ce de l\u2019animal. En lisant Tarkos, j\u2019ai d\u2019abord pens\u00e9 au sanglier qui <em>fourrajhe<\/em> avec son groin. Et puis les turricules des vers de terre, le monticule de terre d\u2019une taupe, la coul\u00e9e et les traces d\u2019un chevreuil. Pour la terre labour\u00e9e, la mati\u00e8re&nbsp;?<\/pre>\n\n\n\n<p><strong>ST2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand la terre se retourne sous la m\u00e2che de fer, houe, b\u00eache, soc. La terre s\u2019enroule, s\u2019\u00e9gr\u00e8ne, s\u2019agr\u00e8ge. La terre fendue, ouverte. Les cailloux \u00e0 nu, des pierres en \u00e9clats, griff\u00e9es, racl\u00e9es, morsures rouille. La terre fra\u00eeche d\u00e9couverte, noire persill\u00e9e de blancs, de jaunes, de verts, recouverts de motte s\u00e8che. La terre \u00e0 l\u2019air, d\u2019insectes renvers\u00e9s, de vers fuyants, de lignes instables.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ST3<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et la fois o\u00f9 tu as mordu la poussi\u00e8re, tu te souviens, la premi\u00e8re fois, par terre, une terre s\u00e8che, une terre dure, m\u00e9lange de gravier et de sable, une terre de rouge et de gris, fine, poudreuse \u00e0 force d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 battue sous les pas, cette terre de passage, tu te souviens que tu te roulais avec l\u2019autre, tu te d\u00e9battais dans cette terre faite poussi\u00e8re, avant-go\u00fbt au sens litt\u00e9ral, concret, mat\u00e9riel, substantifique peut-\u00eatre, de l\u2019expression toute faite, la t\u00eate dedans, la terre, la poussi\u00e8re, partout sur toi, partout sur l\u2019autre, jusque dans la t\u00eate, jusque sur le visage et dans la bouche, cette terre rouge de pin\u00e8de, le go\u00fbt que \u00e7a avait, quel go\u00fbt \u00e7a pouvait avoir cette poudre rouille, ces grains craquant sur la langue, un go\u00fbt de fer, un go\u00fbt de nerf, \u00e0 l\u2019un comme \u00e0 l\u2019autre, un go\u00fbt de noms de dieux et autant de crachats<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ST4<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Rajher<\/em> consiste \u00e0 labourer une premi\u00e8re fois en rejetant les mottes dans les sillons. \u2014 <em>Fourrajher<\/em> serait ce d\u00e9riv\u00e9 d\u00e9signant la fa\u00e7on de fouir de certains animaux, en creusant et en rebouchant, pour former une liti\u00e8re de terre.<\/p>\n\n\n\n<p>(<a href=\"http:\/\/willweb.unblog.fr\/search\/turricule\">http:\/\/willweb.unblog.fr\/search\/turricule<\/a> \u2014 C&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en puissance l\u00e0 ?)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"Carthage\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>#00 | 36\u00b051&rsquo;31.8&Prime;N 10\u00b019&rsquo;49.9&Prime;E<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tais sorti pour trouver un coin o\u00f9 manger, je venais de descendre l\u2019avenue, il y avait du monde, c\u2019est juste si \u00e7a se bousculait pas, je comprenais rien \u00e0 la langue d\u2019ici, sauf les prix dans les boutiques, et le concert de klaxons, je suis pass\u00e9 dans l\u2019all\u00e9e centrale, pi\u00e9tonne et arbor\u00e9e, entre les deux axes routiers satur\u00e9s de v\u00e9hicules, et le tram qui filait entre, j\u2019arrivais \u00e0 la petite place de je sais plus qui, un po\u00e8te et philosophe d\u2019ici, antique, au pied d\u2019une fontaine, juste en face de l\u2019ambassade. Et c\u2019est l\u00e0. L\u2019ambassade, le drapeau, mon pays. Personne sur le trottoir. Il y avait du monde, mais on l\u2019\u00e9vitait, on le contournait, le trottoir. On passait au bord, sur la route. Et bien oblig\u00e9, avec les barbel\u00e9s. Des centaines de m\u00e8tres de fil barbel\u00e9, enroul\u00e9, \u00e9tendu. Devant l\u2019ambassade. Devant le drapeau. Devant la gu\u00e9rite et le soldat arm\u00e9. Et la Jeep plus haut. Et des blind\u00e9s plus bas. Que m\u00eame si je voulais entrer, m\u00eame avec mon passeport, pas s\u00fbr qu\u2019on m\u2019aurait laiss\u00e9 entrer pour visiter, pour voir comment c\u2019est mon pays, en quelques m\u00e8tres carr\u00e9s, vu d\u2019ici, l\u00e0-bas. Je suis rest\u00e9 l\u00e0, comme \u00e7a, devant cette entr\u00e9e barbel\u00e9e au pied de la statue. Et je suis rentr\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel avec ce que je venais de voir, de vivre, ici \u00e0 l\u2019\u00e9tranger comme au bout du monde, une esp\u00e8ce d\u2019inqui\u00e9tante identit\u00e9, intimit\u00e9 peut-\u00eatre mais retourn\u00e9e comme un gant. C\u2019\u00e9tait rien pourtant. C\u2019\u00e9tait courant. Tout le monde passait sans s\u2019arr\u00eater. La vie continuait. \u00c0 croire qu\u2019on s\u2019habitue aux barbel\u00e9s. Mais moi \u00e7a me trottait, \u00e7a me courait dans la t\u00eate cette histoire. Alors je suis sorti. J\u2019allais pas rester dans ma chambre d\u2019h\u00f4tel avec \u00e7a dans la t\u00eate, \u00e0 ressasser. Je suis ressorti, direction la gare. J\u2019allais pas rester comme \u00e7a dans cette ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviens pas du train. M\u00eame pas d\u2019un style, moderne ou ancien, ni de l\u2019ambiance dedans. Et encore moins des gens. C\u2019\u00e9tait un petit train. C\u2019\u00e9tait des petits wagons. \u00c0 la limite c\u2019\u00e9tait comme le tramway. Les gens montaient, descendaient. Les stations \u00e9taient rapproch\u00e9es. \u00c0 un moment, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 plus long. On longeait route, une autoroute pr\u00e9cis\u00e9ment, sur une bande de sable. Et derri\u00e8re, la mer. Tout autour, la mer. Elle n\u2019est pas bleue, mais grise. Par moments, argent\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis les maisons reviennent. De petites maisons blanches, aux toits terrasses. Des arbres. Un couple semble emprunter le m\u00eame chemin que moi, que je ne connais pas. Je les suis, sur le trottoir, \u00e0 quelques m\u00e8tres. \u00c0 droite, \u00e0 gauche, dans les rues d\u00e9sertes. Sauf le bruit d\u2019une voiture, d\u2019un train. On dirait qu\u2019il va pleuvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019amphith\u00e9\u00e2tre, c\u2019\u00e9tait en entrant ou en sortant&nbsp;? Un antique amphith\u00e9\u00e2tre de blocs de pierres parfois fissur\u00e9s, \u00e9clat\u00e9s, ciment\u00e9s, et quelques herbes sauvages dans les interstices. Des \u00e9boulis au sommet, m\u00e9langes de pierres et de poussi\u00e8re retourn\u00e9e par la bruine. Deux parapluies au premier rang, devant une fosse et un parterre en forme de grille m\u00e9tallique. Et une sc\u00e8ne vide. Une structure de tubes et de spots de lumi\u00e8re noirs.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entr\u00e9e pour trois fois rien. Une barri\u00e8re tourniquet simple, \u00e0 mi-hauteur, au milieu d\u2019un bosquet. Le gardien s\u2019en retourne.<\/p>\n\n\n\n<p>On se retrouve dans un lieu d\u00e9sert, moiti\u00e9 carri\u00e8re de terre et de sable fauves, ocres, \u00e9crus, abandonn\u00e9e, moiti\u00e9 ruines de cit\u00e9 disparue. Des statues d\u00e9capit\u00e9es, des colonnes couch\u00e9es, des piliers rong\u00e9s, murailles et murets bris\u00e9s, des blocs, des niches, des trous. Des vestiges qu\u2019on aura d\u00e9caiss\u00e9s, d\u00e9gag\u00e9s, nettoy\u00e9s, remis \u00e0 l\u2019air libre et fatalement rendus au ciel, au soleil, au vent, plus friables et solubles que jamais sous la pluie fine et les embruns de la mer pas si loin. Et rien d\u2019autre pour me couvrir que l\u2019esp\u00e8ce de tunnel dans lequel \u00e9taient stock\u00e9es des centaines de plaques orn\u00e9es de figures, de lettres, de signes plus ou moins visibles et lisibles. Le gardien me raconte l\u2019histoire du lieu, en fonction de ce que repr\u00e9sentent les plaques, les mosa\u00efques, les arabesques, les svastikas et quelques rares sc\u00e8nes figuratives, grandeurs et mis\u00e8res des civilisations.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les all\u00e9es, les grandes dalles sont glissantes. Elles sont parfois bord\u00e9es de palmiers, de cypr\u00e8s, de pins, d\u2019oliviers. Il y en a une grande qui monte vers un b\u00e2timent neuf qui a l\u2019air d\u2019un bloc de pierre \u00e9norme, surmont\u00e9 d\u2019une coupole et domin\u00e9 par une fl\u00e8che gigantesque, au milieu de rien. Une autre, qui la coupe, remonte encore un peu la colline et, au sommet, sous la pluie, c\u2019est la mer par-dessus les toits, les arbres, et une faible perc\u00e9e du soleil.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de rentrer, je suis all\u00e9 au hasard dans les rues du quartier, vers le sommet d\u2019une autre colline. Je pensais voir \u00e0 quoi ressemblait l&rsquo;b\u00e2timent blanc, mais les rues se sont referm\u00e9es. Sur un socle blanc, la carcasse d\u2019une voiture accident\u00e9e, br\u00fbl\u00e9e, rouill\u00e9e et repeinte.<\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#00 | 36\u00b051&rsquo;31.8&Prime;N 10\u00b019&rsquo;49.9&Prime;E#01 | Terre de passage#02 | Portes d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 #02 | Portes d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 Double consigne simple\u00a0: on garde la forme bloc on garde la seule ponctuation les points dans ce texte \u00b7 porte franchir entrer porte franchir entrer d&rsquo;un point \u00e0 un autre point quelle image une fois qu&rsquo;on a tenu l&rsquo;image qu&rsquo;elle tremble le point <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-00-365131-8n-101949-9e\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#BOOST #02 | Portes d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":158,"featured_media":184516,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7303,7317,7342,7302],"tags":[2962],"class_list":["post-180452","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-boost-01-bailly-bout-du-monde","category-boost-01-tarkos-la-terre","category-boost-02-beckett-portes","category-boost","tag-portes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180452","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/158"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=180452"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180452\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":184517,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180452\/revisions\/184517"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/184516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180452"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180452"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=180452"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}