{"id":180631,"date":"2025-02-17T10:48:47","date_gmt":"2025-02-17T09:48:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=180631"},"modified":"2025-02-17T10:50:51","modified_gmt":"2025-02-17T09:50:51","slug":"boost-02-de-lune-a-lautre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-02-de-lune-a-lautre\/","title":{"rendered":"# Boost # 02 | de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre"},"content":{"rendered":"\n<p>La g\u00e9ante de vieux ch\u00eane qu\u2019on pousse apr\u00e8s les marches du perron r\u00e9v\u00e8le le couloir aux losanges froids, \u00e9pous\u00e9 par un coffre \u00e0 jouets long et massif au couvercle si lourd, du m\u00eame bois que la porte. D\u2019elle oubli\u00e9e surgit \u00e0 pr\u00e9sent juste une impression, comme un livre debout : dans l\u2019angle, le lit donne sur la fen\u00eatre, laquelle s\u2019ouvre sur la page du chien qui se transforme en loup et s\u2019\u00e9chappe dans le domaine magnifique o\u00f9 il est abattu. Au bout de l\u2019autre couloir aux sons assourdis par le long tapis, \u00e0 Reims, chez mamie qui comprend presque tout, la porte du fond ne ferme pas et le serin chante dans sa cage. Apr\u00e8s d\u00e9m\u00e9nagement, celle des Granges en bas fait penser \u00e0 la porte d\u2019une serre avec verri\u00e8re et g\u00e9raniums paternels : on entre sans transition par la cuisine, offrant sur la gauche une cuisini\u00e8re \u00e0 mazout, l\u2019odeur du fuel qui flotte pendant le petit d\u00e9jeuner, les cercles de la cuisini\u00e8re, avant le d\u00e9part vers l\u2019\u00e9cole puis vers le lyc\u00e9e comme s\u2019il fallait \u00e9chapper au retard, fuir quelque chose. Celle du premier \u00e9tage, \u00e0 gauche apr\u00e8s l\u2019armoire qui plombe l\u2019espace et amortit le moment o\u00f9 il faut tourner la poign\u00e9e sans faire de bruit quand on rentre tard dans le noir apr\u00e8s les vertiges adolescents et que la porte juste apr\u00e8s est celle de la chambre des parents. Porte de l\u2019\u00e9cuyer, en bas, dans son \u00e9crin de pierres, prenant la chaleur avec toi appuy\u00e9e contre elle qui fait semblant d\u2019\u00eatre ferm\u00e9e pour mieux s\u2019ouvrir sur le bel escalier aventureux, et sur la salle lambriss\u00e9e, concentr\u00e9e autour de la chemin\u00e9e rayonnante. Vient un portillon qui barre le passage mais on entre dans le jardin en passant par la br\u00e8che et c\u2019est l\u00e0 que le po\u00e8te vient voir qui joue de la musique dehors en pleine nuit avant de t\u2019introduire par la grande porte de sa maison dans laquelle tout de suite, tu embrasses du regard la vaste salle, avec table longue pour accueillir les Transparents, ceux de la route. Celle qu\u2019il ouvre doucement quand tu donnes les trois petits coups rituels et qu\u2019il t\u2019entraine pr\u00e8s de la table de travail o\u00f9 vient de naitre l\u2019\u00eele nue dans un parfum d\u2019encens, d\u2019eau sauvage et de fibres de coco. S\u2019impose, un jour de larmes, la vieille porte fracass\u00e9e par un enfant malade qui ne sait plus s\u2019il entre ou sort par le sas aux \u00e9pis accroch\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des trois femmes dessin\u00e9es de dos, envelopp\u00e9es dans leurs grands ch\u00e2les. Celle qui l\u2019a remplac\u00e9e, serrure trois points, vitr\u00e9e, en bois trait\u00e9, couleur ocre jaune, qu\u2019on ferme en levant la poign\u00e9e pour enclencher la s\u00e9curit\u00e9 en ayant la possibilit\u00e9 de deviner la personne qui se pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et se retrouve comme avant au m\u00eame endroit. Porte de l\u2019\u00e9tage, comme toutes les autres, bleu vert, avec juste un num\u00e9ro discret, pour ne pas risquer l\u2019invasion, quand de l\u2019int\u00e9rieur tu l\u2019ouvres doucement, \u00e0 ceux qui savent ou devinent, pieds nus dans l\u2019entr\u00e9e entour\u00e9e de murs tapiss\u00e9s d\u2019un rouge sombre sur lequel ressortent quelques astres en dentelle de Burano. Porte de la chambre, blanche, portant au recto une affiche de l\u2019exposition Sarah Bernhardt, visage intense de l\u2019embarquement et au verso, le reflet du couchant qui allume aussi les livres, le marouflage Gris de Payne le long du lit, la loupe \u00e0 main pos\u00e9e sur la lettre tant de fois relue une fois la porte close.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Codicille : C\u2019est comme avancer en rappel, \u00e0 l\u2019aveugle au fil de l\u2019avanc\u00e9e, avec au fur et \u00e0 mesure, la propagation d\u2019une forme et d\u2019un acc\u00e8s dans le m\u00eame mouvement, le franchissement des fronti\u00e8res, petite ouverture ou suite.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La g\u00e9ante de vieux ch\u00eane qu\u2019on pousse apr\u00e8s les marches du perron r\u00e9v\u00e8le le couloir aux losanges froids, \u00e9pous\u00e9 par un coffre \u00e0 jouets long et massif au couvercle si lourd, du m\u00eame bois que la porte. 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