{"id":180646,"date":"2025-02-17T16:02:35","date_gmt":"2025-02-17T15:02:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=180646"},"modified":"2025-02-17T17:35:43","modified_gmt":"2025-02-17T16:35:43","slug":"de-seuil-en-seuil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/de-seuil-en-seuil\/","title":{"rendered":"#boost #02 |\u00a0De seuil en seuil"},"content":{"rendered":"\n<p>Sur les cicatrices de l&rsquo;\u00e2me de la porte la main pousse le battant et franchit le seuil de ce qui fut jadis faisant fi des verrous dont les cl\u00e9s se sont \u00e9gar\u00e9es. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;aide du pied puis de l&rsquo;\u00e9paule qu&rsquo;il faut aider la porte vitale haute et lourde \u00e0 s&rsquo;entreb\u00e2iller sur un long couloir sombre dont on sait une noirceur encore plus profonde. Une fois que le bouton de laiton est bien en place entre les doigts il suffit de tourner et d&rsquo;entendre le l\u00e9ger cliquetis occasionn\u00e9 pour mettre au monde l&rsquo;odeur de parfum de rose qui s&rsquo;\u00e9chappe de la chambre. Avant m\u00eame d&rsquo;approcher de la porte siffloter chantonner pour annoncer son arriv\u00e9e afficher la joie d&rsquo;un sourire et esp\u00e9rer le miroir du sien. D&rsquo;une extr\u00e9mit\u00e9 de soi un doigt le bout du pied le sommet du cr\u00e2ne on repousse le portillon aux charni\u00e8res bien huil\u00e9es et le ventre de la cabane s&rsquo;\u00e9panche. Sans mot de passe il faut bien p\u00e9n\u00e9trer dans l&rsquo;antre o\u00f9 l&rsquo;on restera enferm\u00e9 durant des ann\u00e9es avec face \u00e0 soi des visages se superposant. La poign\u00e9e froide de la papeterie abaiss\u00e9e les clochettes ayant retenti le vendeur v\u00eatu de son \u00e9ternelle blouse grise pouvait nous accueillir de son sourire et les tr\u00e9sors recherch\u00e9s s&rsquo;\u00e9taler sous les yeux. Une porte automatique serait comme franchir une ligne d&rsquo;ombre dans un jardin de lumi\u00e8re o\u00f9 l&rsquo;on p\u00e9n\u00e8trerait un songe. Entrer dans la chambre que l&rsquo;on a quitt\u00e9e il y a peu et d\u00e9sormais c&rsquo;est la chambre d&rsquo;un mort et le sourire que l&rsquo;on plaquait sur le visage ne sert plus \u00e0 rien alors on abaisse la poign\u00e9e et le sol se d\u00e9robe sous le corps. Se tenir devant la porte en bois vernie du cinqui\u00e8me \u00e9tage avec le trousseau de cl\u00e9s n\u00e9cessaires car la porte de couleur miel est bien cadenass\u00e9e avec son judas qui fixe juste au-dessus de la plaque nominative sans un monsieur ou madame accol\u00e9 aux lettres capitales du nom que je porte qu&rsquo;il faudra d\u00e9coller puisque l&rsquo;appartement sera vid\u00e9 et qu&rsquo;une vie sera close. Gr\u00e2ce \u00e0 la dislocation op\u00e9r\u00e9e par des yeux de myope le bloc-porte semble une muraille sans la licence du franchissement autre que celui de la contemplation car ici c&rsquo;est sans doute la porte de l&rsquo;arriv\u00e9e celle qui ne s&rsquo;ouvre qu&rsquo;avec un s\u00e9same que l&rsquo;on n&rsquo;a pas encore mais rien ne presse on veut bien rester encore dehors. De la porte ne pas aimer la serrure mais le seuil comme un possible une promesse de commencement comme une avant-sc\u00e8ne de vie avec ou sans cicatrices \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Codicille: des portes pouss\u00e9es, d&rsquo;autres oubli\u00e9es, et d&rsquo;autres encore o\u00f9 l&rsquo;on reste devant; il n&rsquo;est pas toujours bon d&rsquo;entrer<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur les cicatrices de l&rsquo;\u00e2me de la porte la main pousse le battant et franchit le seuil de ce qui fut jadis faisant fi des verrous dont les cl\u00e9s se sont \u00e9gar\u00e9es. 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