{"id":180734,"date":"2025-02-18T18:44:38","date_gmt":"2025-02-18T17:44:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=180734"},"modified":"2025-02-18T18:44:39","modified_gmt":"2025-02-18T17:44:39","slug":"boost-02-les-dernieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-02-les-dernieres\/","title":{"rendered":"# BOOST # 02 | les derni\u00e8res"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-medium-gray-background-color has-background\"><code><em>il me semble bien que figure dans le film de Giuseppe Ferrara <\/em>Il caso Moro (1986) <em>la sc\u00e8ne d\u00e9crite ici (sauf la fin) (je ne me souviens plus) - comme elle l'a \u00e9t\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/revue\/spip.php?article855\" data-type=\"link\" data-id=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/revue\/spip.php?article855\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>ailleurs<\/strong><\/a>. Exercice de style peut-\u00eatre je ne sais pas bien non plus - exercice tout court peut-\u00eatre aussi pour conjurer ou tenter d'\u00e9loigner la peur de tout perdre quelques moments de ce qui ne fait pas exactement conte de f\u00e9e mais qui en aurait l'apparence - j'aurais aim\u00e9 parvenir \u00e0 changer le cours des choses par exemple - en tout cas quelques unes et la derni\u00e8re pour faire pendant au premier texte de ce #2. <\/em><\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas un souvenir mais quelque chose qui ne peut pas ne pas avoir eu lieu comme un peu toujours dans cette histoire. Quelquefois ces choses-l\u00e0 n\u2019arrivent jamais il suffit qu\u2019on soit \u00e0 un certain niveau et on ne les ouvre jamais ou du moins j\u2019en ai l\u2019impression. Vu d\u2019ici il me semble que jamais ces portes ne s\u2019ouvrent sinon par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un laquais ou d\u2019un portier. Obs\u00e9quieux oui. Mais de ce matin-l\u00e0 je peux faire l\u2019inventaire de celles qu\u2019il n\u2019a pas ouvertes du fait de son statut ou parce qu\u2019il n\u2019en avait pas les moyens et qu\u2019il n\u2019avait aucune libert\u00e9 de ses mouvements. Le matin qui peut savoir si au troisi\u00e8me celle de son appartement sa femme ou son aide de camp ne la lui a pas ouverte et s\u2019est effac\u00e9 pour le laisser passer\u00a0? S\u2019il s\u2019agissait de Noretta il l\u2019a embrass\u00e9e \u00e7a ne fait aucun doute. Il avait \u00e0 bout de bras deux de ses cartables. L&rsquo;autre les lui a pris peut-\u00eatre. Puis a-t-il appel\u00e9 l\u2019ascenseur\u00a0? L\u2019immeuble est moderne et les portes s\u2019ouvrent seules \u00a0ils entrent elles se referment. Il est avec son aide de camp. Ils discutent peut-\u00eatre voil\u00e0 vingt ans qu\u2019ils travaillent ensemble. Ils arrivent. L\u2019autre lui ouvre la porte de l\u2019immeuble il y a un bouton qui d\u00e9clenche le loquet et le pr\u00e9sident passe. Les portes s\u2019ouvrent devant les pr\u00e9sidents \u2013 et devant les pr\u00e9sidentes aussi. Comme pour les reines et leurs rois. Un peu comme les parapluies. Ils s\u2019ouvrent et des gens les portent pour prot\u00e9ger ces \u00e9minences. Dans la courette attend la voiture noire. Une Fiat Cent-trente gar\u00e9e face \u00e0 la rue. La porte arri\u00e8re gauche est tenue ouverte par le chauffeur. L\u2019aide de camp va s\u2019asseoir devant \u00e0 la place du mort. Sous son fauteuil il dissimule son revolver. Le pr\u00e9sident s\u2019est assis et a pos\u00e9 l\u2019un de ses cartables derri\u00e8re le si\u00e8ge avant. Derri\u00e8re lui on a referm\u00e9 la porte. Noire. Vivement les voitures ont d\u00e9marr\u00e9 et sont sorties de la courette. Apr\u00e8s quelques centaines de m\u00e8tres elles ont tourn\u00e9 \u00e0 gauche puis encore ont suivi une rue puis une autre et puis \u00e7a a \u00e9t\u00e9 la place de l\u2019\u00e9glise o\u00f9 ils se sont gar\u00e9s. L\u00e0 je ne sais pas mais normalement le chauffeur sort ouvre au pr\u00e9sident qui descend l\u2019aide de camp le pr\u00e9c\u00e8de et lui ouvre la porte de l\u2019\u00e9glise. Ou pas. Souvent il y en a deux. L\u2019\u00e9glise est sacr\u00e9e. Les gens dans la rue et les enfants qui vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ce jour-l\u00e0 il ne pleuvait pas et dix minutes plus tard peut-\u00eatre il en est ressorti et il se peut qu\u2019il ait pouss\u00e9 devant lui la premi\u00e8re puis la seconde porte capitonn\u00e9e parce que le chauffeur ou est-ce son autre garde du corps je ne sais pas mais on l\u2019attend sur le pas de la porte de cette \u00e9glise moderne et ronde on attend \u00a0qu\u2019il revienne. On le prot\u00e8ge et on est sur ses gardes. Par la m\u00eame porte arri\u00e8re gauche il entre dans la voiture. Il reprend un journal. Le chauffeur et l\u2019aide de camp ne le savent pas en se rasseyant \u00e0 leur place mais c\u2019est bient\u00f4t fini. Le chauffeur voit peut-\u00eatre devant lui au loin une jeune femme avec un bouquet de fleurs c\u2019est comme un signe qui l\u2019agite du haut de cette petite colline. Il fait beau et les deux autos empruntent la via Fani. Surgit devant la voiture du pr\u00e9sident une petite Fiat 128 et blanche immatricul\u00e9e en corps diplomatique. Ce n\u2019est pas qu\u2019elle tra\u00eene mais elle ne va pas aussi vite que le chauffeur de la voiture du pr\u00e9sident\u00a0le voudrait. Il se peut qu\u2019il ait klaxonn\u00e9 et que la petite Fiat en ait doubl\u00e9 une autre encore plus petite qui elle cherche \u00e0 se garer. Puis acc\u00e9l\u00e8re. Le convoi double aussi la petite voiture conduite par un policier qui racontera s\u2019\u00eatre fait doubler pendant qu\u2019il cherchait \u00e0 se garer ce matin-l\u00e0 dans cette rue o\u00f9 il habite. Au carrefour de la via Stresa il y a un stop juste l\u00e0 et la petite voiture blanche freine puis s\u2019arr\u00eate compl\u00e8tement. A gauche de la haie de tro\u00e8nes surgissent quatre pilotes de ligne Alitalia des uniformes des armes du feu. Toute l\u2019escorte meurt. La porte est ouverte on se saisit du pr\u00e9sident. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue une autre Fiat la porte ouverte on pousse le pr\u00e9sident \u00e0 l\u2019arri\u00e8re on l\u2019allonge entre les si\u00e8ges on le recouvre d\u2019un plaid \u00e9cossais on s\u2019en va. On change de voiture sur une place. La porte lat\u00e9rale d\u2019une camionnette Fiat 850 grise ouverte on le pousse \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. L\u00e0 une esp\u00e8ce de boite en bois dans laquelle on l\u2019oblige \u00e0 entrer. Il se recroqueville . Probablement terroris\u00e9. Subjugu\u00e9. T\u00e9tanis\u00e9. Ce n\u2019est pas une porte mais un couvercle qu\u2019on referme sur lui. Des trous pour respirer. Pour ne rien voir. Un quart d\u2019heure plus tard tout au plus il ne le verra pas non plus mais on transporte cette caisse de la camionnette \u00e0 une Citro\u00ebn Ami 6 break. La porte arri\u00e8re (on dit le hayon) referm\u00e9e on part pour arriver au garage dix minutes plus tard o\u00f9 la porte devant le break s\u2019ouvre man\u0153uvr\u00e9e par la jeune fille qui attendait l\u00e0 depuis une minute. La porte du break la porte du garage la porte de l\u2019ascenseur puis la porte pali\u00e8re de l\u2019ascenseur celle de l\u2019appartement celle du bureau. On pose la caisse on en ouvre le couvercle la petite porte \u00e0 peine visible sous la biblioth\u00e8que puis celle du r\u00e9duit. Il entre. Derri\u00e8re lui on referme. Au verrou. Prospero dira qu\u2019un soir il l\u2019entendit mal respirer et ouvrit la porte tout en lui faisant promettre de ne pas crier. Le pr\u00e9sident promit. Il s\u2019y tint cinquante-cinq jours. Ce sont ces cinquante-cinq jours qu\u2019on raconte. Le matin du cinquante-cinqui\u00e8me vers six heures on ouvrira la porte on le r\u00e9veillera il s\u2019habillera des m\u00eame v\u00eatements qu\u2019il portait le jour de son rapt. On lui dit d\u2019entrer dans un panier d\u2019osier un couvercle la porte du bureau celle de l\u2019appartement celles de l\u2019ascenseur celle du garage. On porte le panier on le pose il sort. Une voiture en marche arri\u00e8re gar\u00e9e dans un box le hayon est ouvert au fond.\u00a0 Entrez allongez-vous pr\u00e9sident. On le recouvre d\u2019un plaid. Ecossais. Les neuf\u00a0 coups de feu d\u2019une rafale de mitraillette. Une des douilles restera dans le coffre. Comme lui. On refermera ce maudit hayon on\u00a0 sortira on s\u2019en ira. Vers sept heures et demie la voiture rouge sera abandonn\u00e9e en plein centre de Rome.<br>\u00a0<br>\u00a0<br>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce n\u2019est pas un souvenir mais quelque chose qui ne peut pas ne pas avoir eu lieu comme un peu toujours dans cette histoire. Quelquefois ces choses-l\u00e0 n\u2019arrivent jamais il suffit qu\u2019on soit \u00e0 un certain niveau et on ne les ouvre jamais ou du moins j\u2019en ai l\u2019impression. Vu d\u2019ici il me semble que jamais ces portes ne s\u2019ouvrent <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-02-les-dernieres\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># BOOST # 02 | les derni\u00e8res<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7342,7302],"tags":[],"class_list":["post-180734","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-boost-02-beckett-portes","category-boost"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180734","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=180734"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180734\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":180735,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180734\/revisions\/180735"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180734"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180734"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=180734"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}