{"id":182232,"date":"2025-03-10T23:19:32","date_gmt":"2025-03-10T22:19:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=182232"},"modified":"2025-03-10T23:19:33","modified_gmt":"2025-03-10T22:19:33","slug":"boost-05-voici-venir-la-nuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-05-voici-venir-la-nuit\/","title":{"rendered":"boost #05 | Voici venir la nuit"},"content":{"rendered":"\n<p>C&rsquo;est une pouss\u00e9e secr\u00e8te, cach\u00e9e, une torsion interne \u00e0 la lisi\u00e8re du corps juste au bord, des ombres derri\u00e8re les rideaux. Un \u00e9branlement sans contours. Une dilatation du silence. En r\u00eave je vais t\u2019y retrouver. Vaille que vaille. Cela fait d\u00e9j\u00e0 quelques minutes que je n&rsquo;entends plus rien, d\u00e9sormais les voici rejet\u00e9es. Quelque chose gronde en-de\u00e7\u00e0 du son, et des meutes de chiens, dans la tension qui monte mais ne se lib\u00e8re pas encore. La bouche ferm\u00e9e, le souffle court, coup\u00e9, gorge serr\u00e9e sur elle-m\u00eame. Plus rien ne sort. Combien je voudrais, je voudrais. Un frisson d&rsquo;air traverse le ventre, remonte en spirale, contre les poumons sans les heurter. La voix des morts toujours se fait entendre. Une attente interminable qui enfle dans l\u2019obscur, dans la peur des ombres. Point de r\u00e9tention, \u00e0 la limite de l&rsquo;implosion, c\u2019est tout comme.<br>C&rsquo;est avant la fracture. C\u2019est l\u2019heure voici venir la nuit. Le bruit n&rsquo;existe pas encore, pr\u00e9mices qui s\u2019agrippent aux os, il se fond dans la moelle selon les jours selon. Il n\u2019a pas de forme, tout entier tremblement, dans la r\u00e9volte qui gronde. Encore prisonnier, il se nourrit de sa propre privation. Il ne sortira pas tout de suite. Pas plus qu\u2019hier il ne sera demain. Ab\u00eeme qui s\u2019ouvre lentement, aspiration, appel muet. Il dissout le corps en ondes invisibles qui passent sans laisser m\u00eame la moindre trace.<br>Un d\u00e9sir, une d\u00e9tonation, une absence. L&rsquo;attente p\u00e8se et creuse en dedans, pr\u00e9sent et sit\u00f4t s\u2019\u00e9vapore sans bruit. Tout est l\u00e0, au bord. On sait si peu de choses. Un jour peut-\u00eatre. Le corps ploie, l\u2019espace s\u2019inverse devant nous, une cavit\u00e9 s\u2019ouvre sans s\u2019effondrer dans l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019instant, un \u00e9tat extr\u00eame d\u2019excitation et de confusion.<br>La peau frissonne, le souffle r\u00e9tract\u00e9 se condense en un point n\u00e9vralgique d&rsquo;une densit\u00e9 sourde. Qu\u2019y a-t-il de r\u00e9el \u00e0 tout cela ? Toutes les images disparaissent. Il faut tomber pour le sentir, plonger avant de se heurter au vide, s\u2019effacer avant d\u2019exister. C\u2019est une tension absolue, un temps qu&rsquo;on regrette d\u00e9j\u00e0. Lumi\u00e8re d\u2019avant la d\u00e9chirure. Un grondement dans la chair. C\u2019est un retour de flamme. Une disparition. \u00c0 contretemps. Puis, l\u2019air se fend.<\/p>\n\n\n\n<p><em><em>Codicille : C\u2019est-\u00e0-dire que quand j&rsquo;\u00e9cris, le texte r\u00e9v\u00e8le en moi son propre chemin qu&rsquo;il me faut suivre pour mieux m&rsquo;y perdre, m\u2019y \u00e9garer, exp\u00e9rimenter en dehors des sentiers battus. Le chemin est plus important que la destination.<\/em><\/em> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est une pouss\u00e9e secr\u00e8te, cach\u00e9e, une torsion interne \u00e0 la lisi\u00e8re du corps juste au bord, des ombres derri\u00e8re les rideaux. Un \u00e9branlement sans contours. Une dilatation du silence. En r\u00eave je vais t\u2019y retrouver. Vaille que vaille. Cela fait d\u00e9j\u00e0 quelques minutes que je n&rsquo;entends plus rien, d\u00e9sormais les voici rejet\u00e9es. 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